samedi 26 janvier 2008

Union de la Méditerranée - Point de vue d'experts

"Le Président Sarkozy, lors de sa campagne électorale, a beaucoup milité pour la création de l’Union Méditerranéenne. Il part d’un constat d’échec du processus de Barcelone entamé en 1995, pour différentes raisons. D’après lui, la priorité de l’Union européenne était plus orientée vers l’Est que vers le Sud. Le processus de Barcelone a plus privilégié le commerce que la coopération. Il n’a pas réussi à briser la frontière invisible, qui depuis si longtemps, coupe en deux la Méditerranée.
Aussi propose t-il une nouvelle vision qui consisterait à créer une Union entre les pays méditerranéens du Nord (France, Portugal, Espagne, Italie, Grèce et Chypre) et les pays sud-méditerranéens.
Il inclut dans ces derniers la Turquie, qui d’après lui, n’a pas vocation à devenir membre de l’Union européenne. Au contraire, la Turquie, vu son poids démographique et économique, pourrait jouer un rôle moteur dans la future Union Méditerranéenne".
Une présence française
"Cette Union Méditerranéenne serait dotée d’institutions communes, d’un Conseil de la Méditerranée, et de Sommets périodiques des Chefs d’Etats et de Gouvernement. L’Union Méditerranéenne établirait un système de sécurité collective, où la France jouerait un rôle primordial par des moyens accrus, aériens et maritimes.
Cette sécurité collective consisterait à lutter ensemble contre la corruption, la crime organisé, la drogue, et le terrorisme, adossé à un espace judiciaire commun. L’Union Méditerranéenne tenterait d’établir un lien de confiance entre les pays du Nord et ceux du Sud, par la compréhension, le respect de la diversité des cultures et des mentalités, et par la prise en considération des problèmes concrets des pays du Sud".

Ambition socio-économique
"C’est sur le plan économique et social que la vision du Président Sarkozy est la plus ambitieuse. Il a insisté dans tous ses discours sur le co-développement, qui devrait être un développement solidaire, ayant pour objectif l’intérêt méditerranéen commun.
Sur le volet pratique, il préconise le partage de la technologie, de la connaissance, et des compétences entre les pays, devant aboutir à des pôles de compétitivité et des laboratoires communs.
Il propose la création d’une Banque Méditerranéenne d’Investissements sur le modèle de la BEI, et l’instauration d’une zone de libre échange négociée et régulée. Enfin, il appelle de ses vœux une coopération entre les entreprises du Nord et du Sud de la Méditerranée, devant couvrir tous les secteurs économiques, sans oublier l’énergie, l’eau et l’écologie.
Sur le plan social, le Président Sarkozy prévoit une coopération très étroite entre le Nord et le Sud dans le domaine de l’Education, par l’instauration d’Universités communes, et la création d’une Université interculturelle méditerranéenne.
De même, il insiste sur la coopération dans le domaine la santé et le partage des médicaments".
Vision novatrice et généreuse
"La vision du Président Sarkozy est novatrice et généreuse. Novatrice parce qu’elle n’inclut dans l’Union Méditerranéenne que les pays européens du Sud. Et c’est vrai que les pays du Nord et de l’Est de l’Europe sont peu intéressés par le Sud de la Méditerranée.
Elle propose une position de choix dans l’Union Méditerranéenne à la Turquie, dans le cas où ce dernier pays ne serait pas admis à l’Union européenne. Elle préconise une nouveauté, à savoir l’instauration d’institutions communes : Conseil de la Méditerranée et Sommets périodiques.
La vision est également généreuse dans tout ce qui est prévu dans le co-développement, notamment l’institution d’une Banque Méditerranéenne d’Investissements, et une coopération tout azimut dans tous les domaines économiques et sociaux.Cependant, cette vision bute sur plusieurs obstacles.
Le premier est celui de l’Union européenne elle-même, qui a mis en place le processus de Barcelone et la Politique européenne de voisinage qui couvre les pays sud-méditerranéens".
Résoudre le conflit israélo-arabe
"Est-ce que l’Union européenne va remplacer la Politique européenne de voisinage par l’Union Méditerranéenne pour les pays sud-méditerranéens, ou va-elle instaurer l’Union Méditerranéenne en parallèle ? Quelle va être la position des pays du Nord et de l’Est de l’Union européenne vis-à-vis de cette nouvelle initiative ?
La Turquie a fait savoir qu’elle n’est pas prête à accepter son adhésion à l’Union Méditerranéenne, en lieu et place à son adhésion à l’Union européenne. Comment envisager des institutions communes de l’Union Méditerranéenne, alors que la plupart des pays arabes sud-méditerranéens ne reconnaissent pas Israël ?
Autant de questions qui ont fait dire aux détracteurs du Président Sarkozy, que l’Union Méditerranéenne n’est qu’un slogan électoral et un projet politicien. Nous allons suivre l’évolution de ce dossier dans les mois à venir.
Une chose est cependant certaine : rien de solide ne pourra être construit en Méditerranée, tant que le conflit israélo-arabe n’aura pas trouvé de solution".
Jawad Kerdoudi. Consultant économiste et Président de l’IMRI
Extrait du "lepetitjournal"- Casablanca

Renforcer l’intégration économique entre les pays d’Afrique du Nord est un préalable à l’Union méditerranéenne. L’Union méditerranéenne devrait être une nouvelle fois au cœur du déplacement de Nicolas Sarkozy en Algérie début décembre, tandis que la diplomatie française s’active pour préciser le contenu de ce projet. Dans un entretien accordé à EurActiv France, Jacques Mistral, directeur des études économiques de l’IFRI, explique qu’un approfondissement de l’intégration économique du Maghreb est, selon lui, un préalable nécessaire à toute forme d’Union méditerranéenne. Si le projet d’Union méditerranéenne de Nicolas Sarkozy « part d’une bonne intuition », il faut néanmoins « revoir la technique et la méthode de discussion avec nos partenaires », estime Jacques Mistral, directeur des études économiques de l’IFRI et membre du Cercle des économistes.

Malgré l’échec du processus de Barcelone et la nécessité d’une relance politique de la relation euro-méditerranéenne, les partenaires de la France n’ont en effet pas accueilli avec un grand enthousiasme un projet lancé en fanfare, avant que le contenu en ait été précisément défini et sans consulter quiconque préalablement.
L’IFRI organise le 22 novembre un petit-déjeuner débat intitulé « Quel socle économique pour l’Union méditerranéenne ? » autour d’un ouvrage, 5+5= 32, Feuille de route pour l’Union méditerranéenne, rédigé par le Cercle des économistes.
Cet ouvrage propose une approche différente de celle de l’Union de la Méditerranée dans son ensemble. Jacques Mistral explique qu’il s’agit de « nourrir sur le plan économique » et de « trouver une forme politique appropriée » à une relation entre les cinq pays du Nord (Portugal, Espagne, France, Italie et Malte) et les cinq pays du Sud (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et Lybie) de la Méditerranée qui ont les relations les plus étroites entre eux.

Analysant les exemples historiques de coopération régionale à travers le monde, le directeur des études économiques de l’IFRI considère que l’exemple asiatique est plus intéressant que l’exemple nord-américain. Le modèle de la zone de libre-échange du type de l’ALENA entre le Mexique, les Etats-Unis et l’Europe n’est pas, selon lui, « de nature à débloquer la relation méditerranéenne ».
En revanche, l’intégration économique croissante en Asie de l’est autour de la Chine est riche d’enseignements. Jacques Mistral précise toutefois que la comparaison entre la Méditerranée et l’Asie de l’est souffre du fait qu’il y a « trop peu de firmes qui font le pari que l’économie du Maghreb pourrait être une plateforme d’exportation comme la Chine en Asie de l’est ».

Le préalable nécessaire à la réussite d’une coopération entre les deux rives de la Méditerranée est « une sorte d’intégration maghrébine, de marché commun » entre les pays d’Afrique du Nord, qui pourraient alors « avoir une chance de devenir, dans leur ensemble, comme l’ont été les pays d’Europe centrale, des partenaires beaucoup plus actifs de l’UE ».

Il ajoute que l’investissement commun dans des infrastructures physiques et institutionnelles fera « décoller » l’économie des pays du Maghreb et transformera leurs relations avec l’Europe. Ainsi, aux côtés de l’énergie, de l’agriculture, ou de la finance, le développement des infrastructures est un exemple de coopération concrète envisageable entre les pays nord-africains et entre le sud et le nord de la Méditerranée.

Si les bénéfices d’une Union méditerranéenne en termes de développement pour les Etats d’Afrique du Nord sont clairs, Jacques Mistral rappelle aussi qu’une telle coopération renforcée autour de la Méditerranée est également dans l’intérêt des Européens. Selon lui, l’Europe risque de perdre son influence si elle venait à laisser sa place de choix en Afrique du Nord aux Chinois, déjà présents économiquement de manière croissante, et aux Américains, qui y ont un intérêt direct dans le cadre de leur politique étrangère du Greater Middle East.

Le projet français d’Union méditerranéenne fait face à un vent de scepticisme

La France a détaillé son projet d’Union méditerranéenne devant l’ensemble des pays membres du partenariat euro-méditerranéen, lors d’une conférence à Lisbonne. L’accueil a été peu enthousiaste. Le flou des propositions, les problèmes d’articulation avec les programmes de coopération existants ainsi que le manque de consultation ont été notamment dénoncés.
Le contexte:
Une réunion des ministres des affaires étrangères des 37 Etats participants au partenariat euro-méditerranéen s’est déroulée le mardi 6 novembre à Lisbonne, quelques jours seulement après qu’a eu lieu, la 1 er novembre, à Sharm El Sheikh (Egypte), la première conférence UE - Afrique - Moyen-Orient sur l’énergie.

Le projet français d’Union méditerranéenne a été lancé par Nicolas Sarkozy dès sa campagne présidentielle. Le président de la République en a ensuite présenté les grandes lignes, à l’occasion d’une visite au Maroc, le 23 octobre.
A Lisbonne, Alain Le Roy, ambassadeur chargé de la mise en œuvre du projet, a détaillé pour la première fois le contenu de cette initiative française devant l'ensemble des pays concernés.
Les enjeux:
L’Union méditerranéenne prendrait la forme d’un forum d'échange annuel ou bi-annuel entre les pays riverains de la Méditerranée, mais aucune institution nouvelle ne serait créée, a expliqué Alain Leroy.

Il s’agirait d’une « union de projets » fondée sur des programmes concrets, comme une agence de l'eau chargée de lutter contre la pollution de la Méditerranée, ou une agence de développement des petites et moyennes entreprises. Chaque initiative serait seulement soutenue par les pays qui le désirent.

La Commission européenne avait indiqué auparavant que si elle accueillait favorablement, sur le principe, l’initiative française, elle s’inquiétait de son articulation avec les projets européens existants en matière de coopération euro-méditerranéenne.

A Lisbonne, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a rappelé un certain nombre d’aboutissements atteints dans le cadre du Partenariat euro-méditerranéen ou du Processus de Barcelone, entamé en 1995, avec neuf Etats du sud et de l'est de la Méditerranée et l’Autorité palestinienne. Elle a également évoqué les avancées de la politique européenne de voisinage, lancée en 2004 à l'adresse des pays du sud et de l'est de l'Union.

Ces accomplissements témoignent, selon elle, d’un « partenariat solide et durable » même si elle reconnaît que « le Partenariat euro-méditerranéen n’a pas encore réalisé tout son potentiel ».

La commissaire a déclaré que des idées telles que celles du président Sarkozy « peuvent donner une impulsion politique », mais doivent « se développer à partir de l’expérience et des structures établies par les politiques régionales existantes » avec une entière association de la Commission et de l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne.

Afin d'apaiser ces inquiétudes, un statut d’« observateur » serait envisagé par la France pour les pays non riverains de la Méditerranée tandis que l'Union européenne, représentée par la Commission, ainsi que par la Ligue arabe, serait membre de droit de l'Union méditerranéenne.

A Sharm El Sheikh, Ferrero-Waldner et le commissaire à l’Energie Andris Piebalgs avaient qualifié de « priorité » l’approfondissement des relations énergétiques entre l’UE et les pays de la région méditerranéenne. Cependant, pas un mot n’avait été prononcé sur le projet d'Union méditerranéenne défendu par Nicolas Sarkozy. Celui-ci place pourtant l’énergie au cœur des coopérations concrètes autour desquelles cette Union devrait se construire.

Les positions :
Plusieurs représentants arabes ont regretté le flou de la proposition française. Le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, a ainsi déclaré : « C’est une bonne idée. Mais qu’y a-t-il dedans ? ». De même le ministre égyptien des affaires étrangères, Ahmed Abou Al-Gheit, a qualifié le projet de « vue de l’esprit » et regretté qu’il ait été lancé « sans consulter personne ».

Au contraire, le président tunisien Ben Ali a de son côté réitéré, le 25 octobre, le soutien de la Tunisie à la création d'une Union Méditerranéenne tout en proposant de contribuer à en définir les contours et les objectifs. S’adressant à Nicolas Sarkozy lors de sa visite, le roi du Maroc, Mohammed VI, a qualifié de « projet visionnaire et audacieux » l’idée d’Union de la Méditerranée.

En Europe, les Etats non riverains de la Méditerranée semblent réticents. L'Allemagne s'est abstenue de faire le moindre commentaire. Quant au ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, il a indiqué que le « gros problème » de l’initiative française était son financement.

Les Etats méditerranéens de l’Union européenne soutiennent quant à eux plutôt l’initiative, mais souhaiteraient être davantage associés à son élaboration. Hôte de la rencontre interministérielle de l’Euromed, le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, a souligné que « M. Sarkozy a eu le mérite de souligner la nécessité d’approfondir notre partenariat avec les pays du sud de la Méditerranée ».
Dans un entretien au Quotidien d'Oran publié le lundi 5 novembre, le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, affirme que l'Espagne est prête à soutenir le projet d'Union méditerranéenne du président français. Enfin, selon des propos rapportés par l’Elysée, le président grec Karolos Papoulias aurait considéré le projet d’Union méditerranéenne comme « une très bonne idée », lors d’une rencontre avec Nicolas Sarkozy le 17 octobre dernier.

L'Union méditerranéenne se précise mais reste critiquée -
L’Union méditerranéenne s’oriente vers une structure allégée, d’après les précisions apportées par la diplomatie française. Elle sera uniquement basée sur un nombre limité de coopérations économiques concrètes dans des domaines bien ciblés et fonctionnera sur l’adhésion volontaire, projet par projet, des pays intéressés

Nicolas Sarkozy avait lancé pendant sa campagne présidentielle l’idée de créer une Union méditerranéenne. Le président de la République, ainsi que la diplomatie française, se consacrent aujourd'hui activement à préciser la teneur de ce projet. Depuis juillet, le chef de l’Etat s’est ainsi rendu en Tunisie, en Algérie, au Maroc et en Libye et le président égyptien, Hosni Moubarak, a été reçu à l’Elysée le 1er août.

L’ambassadeur chargé par Nicolas Sarkozy de la mise en œuvre de l’Union méditerranéenne, Alain Le Roy, ainsi que le secrétaire d'Etat aux affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, mènent actuellement une diplomatie active pour tenter de surmonter le scepticisme, relativement généralisé, de partenaires de la France, au sud comme au nord de la Méditerranée. Ils s'attachent notamment à préciser le contenu du projet français.

Les enjeux :
La forme institutionnelle que prendra l’Union méditerranéenne est encore floue. à l’occasion d’une conférence à l’IFRI, le 22 novembre, Alain Le Roy à estimé que cette situation était à la fois "logique et légitime", le projet étant encore au au stade de la discussion entre tous les partenaires intéressés, les gouvernements comme la société civile.
Dans un débat avec ses homologues espagnol et allemand, le 26 novembre, Jean-Pierre Jouyet a ainsi indiqué que la France était actuellement "dans une position d'écoute pour recueillir les propositions".
Tirant les leçons de l’échec au moins relatif du processus de Barcelone, l’ambition de l’Union méditerranéenne sera cependant limitée à institutionnaliser des projets économiques, par le biais, par exemple, d’une agence méditerranéenne de l’eau, voire d’une banque méditerranéenne d’investissement. Il ne s'agit donc pas de constuire un projet politique.

La réunion des dirigeants des Etats riverains de la Méditerranée qui aura lieu en France à l’invitation de Nicolas Sarkozy, en juin 2008, devrait ainsi être consacrée à la "sélection d’un nombre limité de ces projets", a expliqué Alain Le Roy. D’ici là, la diplomatie française travaillera avec ses homologues méditerranéens ainsi qu’avec la société civile pour "proposer, élaborer et évaluer" des propositions de coopération, a-t-il ajouté.

Le Cercle des économistes, une structure regroupant des universitaires, a identifié cinq domaines d’action potentiels pour la future Inion méditérranéenne : l’agriculture et la pêche, l’industrie (et particulièrement l’énergie, le textile et les technologies de l’information et de la communication), l’immigration choisie, l’investissement (notamment le financement des PME) et la protection civile (incendies).

Quid des membres de cette Union? Elle s'adresse "à l’ensemble des Etats volontaires riverains de la Méditerranée mais sera à géométrie variable", a expliqué Alain Le Roy à l'IFRI. "Si certains projets pourront ne regrouper qu’un petit nombre de pays, d’autres devront nécessairement concerner tout le monde", ajoute-t-il. Des problèmes tels que la pollution maritime, par exemple, ne peuvent, en effet, être traités efficacement que par une coopération généralisée à l’ensemble du pourtour méditerranéen.

Les positions :
Même si Jean-Pierre Jouyet a affirmé plusieurs fois que l'Union méditerranéenne respecterait les coopérations euro-méditerranéennes existantes, les partenaires européens de la France restent très sceptiques.Les Etats du sud de l'UE apprécient la nouvelle impulsion que l'initiative française compte donner aux relations autour de la Méditerrannée mais ils ne voient pas la nécessité d'ajouter une nouvelle institution.

Le ministre des Affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, a ainsi eu l'occasion de saluer ce qu'il voyait comme un "Barcelone +" mais l'Espagne reste convaincu qu'un tel approfondissement doit se faire dans les cadres communautaires existant, à savoir le processus de Barcelone et la politique de voisinage.La commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a elle-aussi estimé que le projet était « intéressant » mais à la double condition ferme qu’il "se développe à partir des structures existantes" et qu’il "associe pleinement la Commission et l’ensemble des Etats membres de l’UE".
Ainsi, le statut de simples "observateurs" ou "associés" que le projet français prévoit pour les pays de l'UE non-riverains de la Méditerrannée est très critiqué. L’Allemagne, à l’instar d’autre pays du Nord de l’Europe, est donc très hostile au projet. Elle dénonce son exclusion et le risque d’une fragmentation de la politique extérieure de l'UE, contraire à l’essence du projet européen.

Le ministre allemand délégué aux affaires européennes, Günter Gloser, a ainsi déclaré dans un interview à La Croix que "beaucoup d'Etats européens ont une politique méditerranéenne et tous veulent contribuer à celles de l'UE" et que, par conséquent, les "projets nouveaux en direction de la Méditerranée doivent se faire sous le toit de l'UE, pas à côté".

De l’autre côté de la Méditerranée, le roi du Maroc, Mohammed VI, le président tunisien, Ben Ali, le ministre des Affaires étrangères algérien, Mourad Medelci, et le président égyptien, Hosni Moubarak, ont tous exprimé leur soutien de principe aux propositions françaises. Un certain nombre de délégués arabes ont cependant dénoncé le flou des propositions françaises à la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Euromed.
La Libye, dont le leader, Mouammar Kadhafi, effectuera une visite historique à Paris au début du mois décembre, serait elle aussi favorable au projet mais une expression publique de ce soutien est encore attendue.
La question de la Turquie est bien plus épineuse. Ankara estime que ce projet est une façon détournée pour Nicolas Sarkozy de lui barrer les portes de l’adhésion à l’Union européenne. Alain Le Roy, qui se rendra prochainement à Ankara, pense cependant que "le climat d’hostilité turque à l’Union méditerranéenne est en train de s’apaiser".

Les réactions à l'Union méditerranéenne

Sommet franco-allemand : l'Union méditerranéenne critiquée par Berlin
Nicolas Sarkozy a reçu la chancelière allemande, jeudi 6 décembre à l'Elysée, à l'occasion du 32e sommet franco-allemand. Les dirigeants ont abordé la question du projet d'Union méditerranéenne (UM) porté par le Président français depuis plusieurs mois. Angela Merkel n'a pas dissimulé ses réserves sur l'idée d'une Union méditerranéenne.
Nicolas Sarkozy a proposé, en mai 2007, un projet d'union des pays du pourtour de la Méditerranée. Ce projet d'Union méditerranéenne suscite des réactions mitigées de la part de certains pays européens et non européens.
D'après les précisions apportées, l'Union méditerranéenne concernerait "tous les pays voisins de la Méditerranée" pour "faire de la Méditerranée un espace de coopération et de solidarité", organisé autour de projets concrets.Le projet fait craindre que la nouvelle union puisse faire double emploi avec la politique européenne déjà existante envers la Méditerranée, le processus de Barcelone, qui existe depuis 1995. Toutefois, la nouvelle organisation devrait être "complémentaire" au partenariat euro méditerranéen actuel qui après plus de dix ans d'existence n'a pas atteint les objectifs fixés. Jean-Pierre Jouyet a précisé que l'UM avait vocation à "enrichir" le processus de Barcelone.
En visite officielle en Algérie, mercredi 5 décembre, Nicolas Sarkozy a proposé de bâtir une Union méditerranéenne fondée sur "l'amitié franco-algérienne", tout "comme la France offrit jadis à l'Allemagne de construire l'Union de l'Europe" a déclaré le Président. Cette Union, "un défi" selon le Président, a déjà été proposée au Maroc et la Tunisie qui l'ont accueillie favorablement.

Le 32e sommet franco-allemand, qui s'est tenu jeudi 6 décembre 2007 à Paris, a permis de clarifier la position de l'Allemagne sur l'idée d'une Union méditerranéenne. "Il faut que la rive nord et la rive sud de la méditerranée apprennent à travailler ensemble pour porter un projet d'union" a déclaré le Président.
L'Allemagne craint que l'Union méditerranéenne ne comporte des risques de division entre les pays européens. Ne voulant pas se contenter d'un rôle d'observateur au sein de la future union, l'Allemagne soutient le projet français mais souhaite que tous les pays européens puissent participer, et non pas seulement les pays voisins de la méditerranée.
Angela Merkel a expliqué que "si à côté de l'Union européenne, les pays riverains de la méditerranée devaient constituer une deuxième union totalement distincte [...] alors cela [risque] d'être un épreuve dure pour l'Europe". La chancelière allemande a conclut en accordant un soutien aux "efforts d'initiative française" mais à la condition d'"une offre à tous les autres Etats européens".
"Il ne s'agit pas dans mon esprit de faire une deuxième Europe" a rassuré Nicolas Sarkozy. "Ma seule préoccupation est qu'on aboutisse à un système où il y ait tellement de gens que cela n'empêche pas d'avancer", a conclut le Président.
La chancelière allemande n'a pas caché son scepticisme, mais à l'issue de la rencontre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont affiché un accord poli. "Nous avons convenu que, par l'intermédiaire de nos sherpas [conseillers diplomatiques], nous allons travailler pour une proposition commune visant à associer tous les Européens qui le voudraient au projet d'Union de la Méditerranée" a annoncé le Président français lors de la conférence de presse à l'Elysée.

L'Espagne veut soutenir l'Union méditerranéenne prônée par Sarkozy
Dans un entretien au Quotidien d'Oran, le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos afffirme que l'Espagne est prête à soutenir le projet d'Union méditerranéenne du président français Nicolas Sarkozy.

Ces propos sont prononcés alors même que le Maroc et l'Espagne s'affrontent actuellement sur le plan diplomatique au sujet de l'épineux dossier du Sahara Occidental. Le Maroc a par ailleurs décidé, vendredi, de rappeler son ambassadeur à Madrid pour consultation à la suite de l'annonce de la visite du roi d'Espagne Juan Carlos à Ceuta et Mellila, deux enclaves espagnoles situées dans le nord du Maroc.

"Nous sommes prêts à travailler pour donner une nouvelle impulsion (aux relations entre l'Europe et les pays du sud de la Méditerranée), à travers l'initiative de l'Union méditerranéenne du président français", Nicolas Sarkozy, a déclaré M. Moratinos.
"Le temps est venu pour aller vers un "Barcelone plus" et de mettre en place un tas d'institutions pour que cela marche de façon plus systématique, et pour refléter davantage le partenariat. Il faut aller vers plus d'institutions communes, des projets et des engagements communs. C'est dans cet esprit que se situe l'initiative du président Sarkozy", a-t-il précisé.
« Le pourtour méditerranéen doit avoir une priorité dans la stratégie de l'Espagne et de l'Union européenne. Ce qui manque depuis de longues années, c'est un engagement stratégique de l'UE vis-à-vis de sa frontière sud", a-t-il poursuivi.
"Il faut un espace régional plus méditerranéen. Nous saluons la proposition française. Nous avons déjà parlé avec nos amis français qui sont tout à fait d'accord pour mener des projets stratégiques concrets, comme la sécurité, l'immigration, l'environnement, la culture, le dialogue des civilisations. Cela a beaucoup avancé. Tous ces sujets sont importants", a dit le ministre espagnol.
Pour rappel, le "processus de Barcelone" avait été lancé lors d'un sommet en 2005 avec pour ambition la promotion d'une stratégie de coopération avec le Sud semblable à celle mise en oeuvre avec les pays de l'Est européen après la chute du mur de Berlin, mais les partenaires méditerranéens de l'UE ont exprimé à plusieurs reprises leur "insatisfaction" concernant les résultats de cette politique.

L'Union méditerranéenne est un des projets phares en politique extérieure du nouveau président français qui devrait reposer sur quatre thèmes fédérateurs : l'environnement, le dialogue des cultures, la croissance économique et la sécurité. Henri Guaino, conseiller spécial du président et initiateur de ce projet, a été chargé de le piloter avec l'aide d'un diplomate, Alain Le Roy. Nicolas Sarkozy l'a exposé fin octobre au Maroc et doit l'exposer prochainement en Algérie et en Tunisie à l'occasion de visites d'Etat dans ces deux pays.

Le Président français souhaite que l'UM se développe, dans un premier temps, autour de thèmes consensuels, sur le modèle de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). L'objectif de l'Elysée est de donner le coup d'envoi de cette Union méditerranéenne en juin 2008, à Paris ou à Marseille, en réunissant les chefs d'Etats qui auront répondu à son appel.

Dans son allocution du 25 octobre 2007, le président Ben Ali a réitéré pour sa part le soutien de la Tunisie à la création d'une Union Méditerranéenne et sa disposition à contribuer à en définir les contours et les objectifs. Il a également déclaré que la Tunisie s’apprête à faire partie, début 2008, de la zone de libre-échange avec l'Union européenne. La mise en place d’une zone de libre-échange pour les produits manufacturés devrait avoir lieu selon lui conformément à l’échéancier prévu par l’Accord d’association avec l’Union européenne.

Mais tous le sujets sont loin de faire l 'unanimité de part et d'autre de la Méditerranée. Ainsi M. Moratinos a par ailleurs souligné que "le temps est venu pour que les efforts (du Maroc et du Front Polisario), sous les auspices de l'ONU, débouchent sur des résultats" pour une solution du conflit du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole annexée en 1975 par Rabat et dont le Polisario, soutenu par Alger, réclame l'indépendance.

"Nous ne pourrons plus continuer à rester inertes devant une situation de blocage au sein du Maghreb. La solution du problème du Sahara occidental ne doit pas être ajournée d'une façon éternelle et ne doit pas arrêter l'intégration maghrébine", a-t-il dit.

"Le Maroc a décidé de rappeler son ambassadeur à Madrid. Il s'agit d'un acte fort après que nous eûmes exprimé notre rejet de cette visite", a affirmé quant à lui vendredi le porte-parole du gouvernement marocain Khalid Naciri. Ce rappel pour une durée indéterminée est consécutif à "l'annonce officielle vendredi de la visite regrettable de sa majesté le roi Juan Carlos, les 5 et 6 novembre dans les deux villes occupées de Sebta (Ceuta en arabe) et Mellila", a précisé de son côté le ministère marocain des Affaires étrangères, dans un communiqué. C'est le roi Mohammed VI en personne qui "a décidé de rappeler Omar Azziman, ambassadeur de sa majesté le roi en Espagne, pour une période indéterminée", a souligné le ministère.
Pour M. Naciri "cette visite est regrettable, inappropriée et inopportune et elle ne s'inscrit pas dans l'excellence des relations entre les deux pays". Madrid a confirmé vendredi une visite du roi d'Espagne lundi et mardi dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla en dépit de la protestation de Rabat. Jeudi, le gouvernement marocain avait exprimé "son vif rejet et sa nette réprobation" de la visite que le roi d'Espagne Juan Carlos entreprend lundi dans les "villes marocaines spoliées" de Ceuta et Melilla. C'est la première visite officielle du roi Juan Carlos dans ces deux villes depuis son accession au trône en 1975.

Il s'agit d'une "provocation, les deux villes sont historiquement marocaines", a déclaré Abdelilah Benkirane, un des dirigeants du parti islamiste Justice et développement (PJD) lors d'une émission de la chaîne de télévision Al Jazeera captée dans la nuit de vendredi à samedi à Rabat. M. Benkirane, membre de la commission parlementaire des Affaires étrangères a en outre indiqué à Al Jazeera que le Maroc a le droit, en cas de besoin, de "recourir notamment à l'ONU et à la Cour internationale de justice (CIJ) pour récupérer les deux villes occupées".

« Pourquoi pas une autre +marche verte+" vers ces deux dernières, a-t-il ajouté, en faisant allusion à une marche organisée en 1975 par le roi défunt Hassan II vers le Sahara occidental et à laquelle avaient participé 350.000 Marocains. "Il faut être aveugle pour croire que Sebta (nom arabe de Ceuta) et Melilla ne sont pas marocaines", a jouté le responsable islamiste.

« La visite du président français Nicolas Sarkozy au Maroc a peut-être dérangé les intérêts espagnols dans notre pays où des contrats avec la France ont été conclus a-t-il encore argumenté. Benkirane a toutefois relativisé l'impact négatif de la visite de Juan Carlos sur les relations de son pays avec l'Espagne. "Je ne pense pas que cette visite puisse conduire à une grave crise politique entre les deux pays".

Le président d'une association de ressortissants marocains établis à Ceuta, Mohamed Ali, a estimé sur Al Jazeera que la programmation de cette visite faisait "partie d'un calcul politique interne en Espagne". "Les socialistes du PSOE et le Parti populaire de droite sont déjà en compétition (à travers ce voyage du roi) pour gagner des voix" en vue des élections législatives de 2008, a-t-il affirmé.
Sources : AFP, Le Monde

lundi 21 janvier 2008

Le tourisme culturel tunisien

En écho à mon précédent article sur le tourisme culturel en Tunisie, cette information récente souligne la volonté des autorités à miser sur ce marché porteur pour l'avenir...
La Tunisie constitue une destination prisée par les touristes de part le monde, grâce à sa position géographique stratégique, à ses spécificités culturelles et civilisationnelles et au climat de stabilité politique et sociale qui y prévaut.

Forte de ces atouts, la Tunisie a réussi à instaurer une industrie touristique développée, faisant de ce secteur un choix stratégique dans sa politique de développement.
Les spécificités culturelles représentent un facteur d'attraction des touristes qui veulent visiter les sites archéologiques, les monuments historiques et les musées et prendre connaissance des Arts et de l'artisanat ou assister aux manifestations culturelles comme les festivals, les expositions et les conférences.


C'est que le patrimoine attire un grand nombre de touristes d'autant qu'il constitue ''un produit'' que l'on peut visiter tout au long de l'année, car il n'est pas soumis à la concurrence directe dont souffrent les autres produits touristiques.
Il est, effet, ''un produit unique'' pour chaque nation ou civilisation.
Dans le cadre de l'intérêt accru porté au tourisme culturel dans le monde et à son rôle dans l'enrichissement du secteur touristique, la Tunisie s'est employée à promouvoir ce secteur au service du développement économique, surtout que les indicateurs du développement prennent désormais en compte la capacité des pays à exploiter la matière culturelle dans les plans de développement.

Par conséquent, la Tunisie a choisi d'exploiter la culture au service du secteur touristique, dans le cadre d'une approche visant à intégrer la culture dans le circuit économique, tout en veillant à préserver les attributs de l'identité nationale et les spécificités culturelles et civilisationnelles.
La sauvegarde du patrimoine et sa mise en valeur culturellement au service du tourisme constitue un pari à relever pour la Tunisie en vue de promouvoir le tourisme culturel, particulièrement ce qui concerne la protection des sites archéologiques, au service du tourisme culturel et écologique.

Dans le cadre de l'attention présidentielle accordée au secteur du tourisme culturel, le chef de l'Etat avait ordonné en 1999 l'élaboration d'un plan national pour la promotion du tourisme culturel comportant quatre axes portant sur la réalisation d'une carte nationale du tourisme culturel et environnemental, l'aménagement des sites archéologiques, la restauration des monuments historiques et la mise en place d'un programme visant l'intégration des diverses composantes du patrimoine dans les circuits touristiques afin d'attirer le plus grand nombre de touristes et de pénétrer de nouveaux marchés.


Dans ce contexte, il a été procédé à l'aménagement et à la restauration de 31 monuments et sites archéologiques et naturels, moyennant une enveloppe d'environ 39 millions de dinars, en collaboration avec la Banque mondiale.
Parmi les sites ciblés par cet effort figurent les parcs archéologiques de Carthage, Oudhna, les aqueducs de Zaghouan, Dougga et Sbeitla, outre le parc environnemental d'Ennahli, le parc la Falaise de Monastir et les parc nationaux d'Ichkeul, Bouhedma et Châambi, mais aussi les forts de Sousse, Hammamet et Mahdia, les sites archéologiques d'Utique, Bella-regia et Kerkouan, outre la restauration de pièces de musées et leur traitement par les services compétents du laboratoire du patrimoine.

Plusieurs musées bénéficient de travaux de réhabilitation dont le musée du Bardo qui connaît actuellement le réaménagement de son rez-de-chaussée et la rénovation de ses équipements électriques et de lutte contre l'incendie, ainsi que l'accès des visiteurs, au nombre de 500 mille par an.

Le musée de Sousse connait aussi des travaux pour améliorer l'espace d'accueil et le réseau d'éclairage.
Il s'agit, par ailleurs, d'assurer l'illumination artistique des sites et monuments pour les mettre en valeur.

Les travaux de restauration ont englobé les musées d'El Jem et de Djerba, outre la création de nouveaux musées et l'ouverture de plusieurs sites archéologiques aux visiteurs en vue de diversifier l'offre dans le domaine du patrimoine, particulièrement, celui situé à proximité des zones touristiques. Dans ce contexte, l'Agence de mise en valeur du patrimoine et du développement culturel s'emploie à consacrer le principe de la décentralisation en matière de sauvegarde du riche patrimoine national, tout en intégrant les industries culturelles pour faire connaître le patrimoine à travers les gadgets souvenirs, les répliques des pièces archéologiques, les dépliants et les cartes postales, outre l'incitation des investisseurs privés à s'engager sur cette voie.

Dans le cadre de ce plan, il sera procédé, pour la première fois, au recrutement de nouveaux guides touristiques diplômés de l'institut supérieur des métiers du patrimoine pour renforcer la promotion des sites et fournir des informations fiables au visiteur et au touriste.
L'Agence de mise en valeur du patrimoine et du developpement culturel a créé un site Web trilingue (arabe- français-anglais) couvrant toutes les regions du pays pour mette en exergue la richesse du patrimoine de la Tunisie.

Des nouvelles techniques audiovisuelles ont été mises à profit aux musées de Carthage et du Bardo, sans oublier la production des cd et Cd-rom en la matière.
La réalisation du plan national pour la promotion du tourisme culturel et environnemental se poursuit avec de nouveaux projets en cours d'exécution dont l'aménagement du site du ''cirque romain'', la clôture des ports puniques et la restauration du fort de Tabarka.
Il a été procédé aussi à l'aménagement de l'infrastructure de base des sites sahariens et des oasis et à la mise en valeur de l'architecture des médinas, des villages de montagne et des ksours sahariens, outre l'aménagement des stations thermales, la dynamisation des programmes de boisement et l'aménagement de circuits touristiques dans les oasis, afin de diversifier le produit touristique national, dans le cadre d'une politique qui assure le développement durable et la sauvegarde des spécificités culturelles locales.


Infotunisie. 19.01.2008

vendredi 18 janvier 2008

Appel de Rome pour l’Union pour la Méditerranée de la France, l’Italie et l’Espagne - (20 décembre 2007)

Convaincus du fait que la Méditerranée, creuset de culture et de civilisation, doit reprendre son rôle de zone de paix, de prospérité, de tolérance, le Président de la République Française, le Président du Conseil de Ministres de l’Italie et le Président du Gouvernement de l’Espagne se sont réunis à Rome le 20 décembre 2007 pour réfléchir ensemble aux lignes directrices du projet d’Union pour la Méditerranée.

L’Union pour la Méditerranée aura pour vocation de réunir Europe et Afrique autour des pays riverains de la Méditerranée et d’instituer un partenariat sur un pied d’égalité entre les pays du pourtour méditerranéen.

La valeur ajoutée de l’Union pour la Méditerranée devrait résider d’abord dans l’élan politique qu’elle devrait donner à la coopération autour de la Méditerranée et à la mobilisation des sociétés civiles, desentreprises, des collectivités locales, des associations et des ONG.
L’Union pour la Méditerranée aura vocation à être le coeur et le moteur de la coopération en Méditerranée et pour la Méditerranée.

Elle devrait viser à rendre plus claires et visibles les actions queles différentes institutions développent en faveur de la Méditerranée. L’Union devrait être fondée surle principe de la coopération et non sur celui de l’intégration.

À cette fin, ils se sont mis d’accord pour inviter les chefs d’État et de Gouvernement des pays riverains de la Méditerranée à se réunir avec les pays de l’Union Européenne le 14 juillet à Paris pour définirleur vision commune.

Ce sommet sera précédé d’une réunion des pays riverains le 13 juillet. Il devrait fixer les principes et l’organisation de l’Union pour la Méditerranée avec pour objectif demettre en oeuvre une approche fondée sur des projets concrets et sur la reconnaissance d’une part de destinée commune entre tous les pays riverains et avec l’Union Européenne.

Dans les mois à venir et jusqu’au sommet, la France, l’Espagne et l’Italie, entameront les travaux préparatoires en étroite consultation avec les pays appelés à y participer. Ces travaux auront pour but d’identifier les domaines de coopération prioritaire, les projets les plus appropriés, l’étude de leurfaisabilité et des sources de financement, d’envisager la liste des acteurs qui souhaiteraient s’engagerdans chaque projet concret.

L’Union n’a pas vocation à se substituer aux procédures de coopération et de dialogue qui réunissent déjà les pays de la Méditerranée, mais à les compléter, et à leur donner une impulsion supplémentairedans un esprit de complémentarité et de coopération avec toutes les institutions existantes.

Le Processus de Barcelone et la politique européenne de voisinage resteront, donc, centraux dans lepartenariat entre l’Union Européenne dans son ensemble et ses partenaires de la Méditerranée. L’Union pour la Méditerranée n’interfèrera ni dans le processus de stabilisation et d’association pourles pays concernés, ni dans le processus de négociation en cours entre l’Union européenne et la Croatie, d’une part, entre l’Union européenne et la Turquie, d’autre part.

Source Animaweb

Les enjeux des technopôles au Maghreb

Dans l’objectif de soutenir et de réamorcer une dynamique de croissance ainsi que de répondre au chômage très élevé auquel fait face la plupart des états du Maghreb, ces derniers ont entrepris, au début des années 2000, un renforcement des infrastructures de leurs métropoles visant à améliorer leur insertion dans l’économie mondiale des flux de connaissance.

Ces programmes fédérateurs se situent à la jonction de plusieurs problématiques, telles que la promotion des hautes technologies et de l’innovation, l’aménagement du territoire, le développement durable et l’attractivité vis-à-vis des investisseurs internationaux.

C’est dans ce cadre qu’ont émergé les premiers projets de technopôles qui, en associant étroitement entreprises, universités et centres de recherche, font partie intégrante de la stratégie de développement local et sont au cœur de la mise en œuvre d’une « économie de la connaissance » dans la région.

Les technopôles ou « Parcs technologiques et scientifiques » (PTS) présentent trois caractéristiques majeures :
- l’entretien de liens entre les universités et les centres de recherche,
- l’encouragement au développement d’industries à fort contenu technologique ou de services à
forte valeur ajoutée
- et la promotion du transfert de technologies vers les acteurs locaux.

Des programmes de ce type se sont rapidement développés dans le monde, tant dans les pays avancés que dans ceux en voie de développement. Les exemples les plus connus étant la Silicon Valley aux Etats-Unis, Sofia Antipolis en France ou le cluster de télécommunication de Rio de Janeiro au Brésil.

Au Maghreb, la démarche technopolitaine a connu un important succès depuis le début des années 2000 sous l’impulsion des pouvoirs publics et tend également à se développer au Machrek.

On peut ainsi citer les exemples du projet émergent de Sidi Abdallah en Algérie, du technopark de Casablanca au Maroc, de ceux d’Alexandrie et du Caire en Egypte.
Certains pôles, comme celui d’El Ghazala en Tunisie, ont d’ores et déjà atteint une taille importante.
L’expérience en matière de technopôles étant aujourd’hui suffisamment avancée pour permettre une analyse précise des conditions de leur réussite.

Se pose donc la question de la pertinence de ces démarches, de leur réel rôle de structuration en matière de développement économique local, de leur insertion dans le développement urbain et de leur capacité d’attraction des investisseurs étrangers.
En effet, le risque inhérent à l’effet de mode entourant le concept des PTS est que ces derniers apparaissent davantage comme des outils de communications que comme des projets véritablement structurants.

Leur réussite doit se mesurer au regard de deux facteurs-clés, identifiés dans un pré-rapport1 portant sur l’étude des différentes expériences de technopôles dans la zone MENA, que sont la force des liens entre le territoire de la métropole et celui du technopôle et la création de véritables synergies entre les différents acteurs d’un PTS.
L’intégration de ce dernier dans la structure urbaine se révèle en effet primordiale pour l’attractivité et la compétitivité d’un territoire, son éloignement pouvant a contrario engendrer un certain isolement de la zone d’activité.

Le second écueil à éviter concernant les technopôles réside dans la confusion entre proximité géographique et mise en place de réelles synergies.

Les enseignements retirés de l’observation du modèle de « technopôle réel » français ou japonais montrent qu’au delà des infrastructures nécessaires à l’installation des entreprises, des centres de recherche ou des universités, le technopôle doit prévoir la mise en place de superstructures accompagnant ces institutions dans leur installation (pépinières, incubateurs…), favorisant l’échange d’informations (déjeuners de travail, sessions de formation) et la visibilité du technopôle.
A l’aune de ces problématiques, l’agence de la Banque mondiale installée à Marseille depuis 2004, KNA-MENA (Knowledge Network Agency for the Middle-East and North Africa), qui a pour objectif la mise en réseau de la connaissance dans la région de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient, a inclus dans ses programmes d’actions celui des démarches technopolitaines dans le Maghreb afin de sensibiliser et de responsabiliser les décideurs locaux des villes de la région, ainsi que les responsables ministériels, aux problématiques des technopôles.

Dans le cadre de ce programme, elle conduit actuellement plusieurs études de cas sur les technopôles existants ou émergeants au Maghreb en vue de préparer un séminaire d’échange des bonnes pratiques en la matière.

Pour encourager le développement de telles initiatives et dans le cadre du réseau urbain Europe-MENA, la Banque mondiale et la ville de Marseille organiseront conjointement un séminaire d’échange d’expériences sur les technopôles qui accueillera quinze grandes villes du Maghreb ayant mis en place une démarche en ce sens ou souhaitant en développer une.

La réflexion autour de ce sujet regroupera les décideurs locaux mais également les services des ministères concernés ainsi que des représentants du secteur privé. Prévu pour le premier semestre 2007 en Tunisie, ce séminaire sera l’occasion de faire le point, dans quatre ateliers de travail, sur les problèmes de gouvernance, le rôle du secteur privé, l’articulation entre la structure urbaine et les technopôles ainsi que sur le lien entre ces derniers et la diffusion des nouvelles technologies.


Le pôle technologique et scientifique (PTS) d’El Ghazala a été créé en1999, à l’initiative du ministère des Technologies de la Communication, sur un site de 60 ha près de Tunis. Grâce à
un important effort de marketing politique, une trentaine d’entreprises se sont ensuite installées sur le site, parmi lesquelles 6 filiales de firmes multinationales (Alcatel, Ericsson, Huawei, Stonesoft, Archimed et une filiale de ST Micoelectronics).

Ce succès a enclenché une dynamique positive : le gouvernement tunisien a depuis inscrit dans son dixième plan de développement la création de 6 nouveaux PTS, dans des domaines aussi variés que l’environnement, les biotechnologies, l’industrie pharmaceutique, l’électronique, le textile et l’agroalimentaire.

Néanmoins, en dépit de cette réussite, une étude menée par l’Institut de Recherche du Maghreb Contemporain a mis en évidence plusieurs freins à la «dynamique technopolitaine» souhaitée par les pouvoirs publics à El Ghazala dont :
• une collaboration insuffisante entre les firmes du site
• une articulation imparfaite entre les entreprises et les centres de recherche. Orienté vers les
TIC, le centre de recherche public n’est en effet pas en symbiose avec les unités de recherche
publiques qui sont quant à elles centrées sur la recherche fondamentale.
• une surexposition promotionnelle du site, qui a conduit plusieurs entreprises à se relocaliser en
dehors, nuisant ainsi aux efforts de synergie.

La politique d’innovation volontariste menée à ElGhazala a donc permis de constituer un potentiel d’innovation technologique (notamment par la bonne formation et la bonne insertion des diplômés)mais n’a pas encore déclenché de dynamique autoentretenue de coopération entre les différents acteurs.

Par Guy Fleuret, Spécialiste principal en Urbanisme et Stéphane Tabarie
La lettre d’information trimestrielle du Groupe de la Banque mondiale au Maghreb - janvier 2007 - N° 4

jeudi 17 janvier 2008

Le déclin des salles de cinéma en Tunisie

Le cinéma, ce sont des images de la vie. Et ces images font l’histoire d’un pays, d’une société, et sont le reflet des individus, de leurs mœurs, de leurs peurs et de leurs espoirs…

Le cinéma dans les salles était très prisé en Tunisie jusqu'à la fin de années 1980 attirant des foules d’inconditionnels. Mais aujourd’hui, la situation a bien changé, elle est marqué par la désaffection du public pour une salle de cinéma considérée jusqu'alors comme un lieu essentiel de la vie sociale.
Les chiffres fournis par la chambre syndicale des exploitants et distributeurs cinématographiques relevant de l'Union Tunisienne de l'Industrie de Commerce et de l'Artisanat précisent que 56 salles ont fermé depuis et les autres sont au bord de la faillite.
Alors que dans certains pays d’Afrique du Nord, elles se multiplient, comme au Maroc sous l’impulsion du groupe français Megarama avec ses complexes cinématographiques, en Egypte où de nouveaux écrans ont été créés en trois ans, malgré le nombre sans cesse croissant des chaînes TV, publiques et privées.
La Tunisie, longtemps terre de la cinéphilie et berceau du premier festival international arabo-africain du 7e art, les Journées cinématographiques de Carthage (JCC), connaît une véritable hécatombe. Et cela en dépit de l'aide de l'Etat pour préserver les salles,… le parc se rétrécit de plus en plus. Les statistiques sont sans appel : en 1955, les salles de cinéma étaient au nombre de 116 ; en 1990, elles sont descendues à 78 ; en 1998 à 40, et en 2001 à 36 pour n'être aujourd'hui que 22.
Actuellement aucune salle dans tout le pays n'est bénéficiaire. Et si elles maintiennent, c'est parce que soit elle appartient à son exploitant qui y injecte de temps à autre de quoi la faire survivre, soit parce qu'on y diversifie les activités en y organisant à l'occasion des cycles d'une pièce à succès ou en la louant à une émission télé.
Les salles de cinéma n'attirent plus comme auparavant le large public et les raisons en sont multiples :
- Les salles sont dans la plupart des cas rebutantes, surtout à l'intérieur…, mauvaises conditions de projection, de sonorisation…
- Elles sont mal situées, ou plus adaptées à l’urbanisation moderne (rues désertes ou mal éclairées, difficulté de stationnement sécurisé, problèmes de transport…)
- Le recul de la cinéphilie, les ciné-club sont en déclin… Avec cette disparition des ciné-clubs, il n’y a plus de sensibilisation et de sensibilité au cinéma.
- L'irruption des nouvelles technologies numériques (DVD, CD, chaînes satellitaires et autres)
Plusieurs autres éléments, souvent externes au bon vouloir des exploitants dont en premier lieu le piratage, ont amené la désertion du public. La circulation de ces produits exclusifs s'étend aux vidéothèques et même à certains espaces culturels dont bon nombre ont recours à des vidéo-projecteurs pour diffuser à partir de cassettes louées à la journée, des longs métrages destinés au cinéma.
Ce phénomène de piratage tend à noircir le tableau, les salles de cinéma perdent l'exclusivité de la programmation. Très souvent, avant même qu'un film soit à l'affiche au cinéma, il est déjà sur le marché en format VCD ou DVD à un prix inférieur à celui d'une place de cinéma.

L'Etat, au plus haut niveau, a pesé de tout son poids en 2002 pour empêcher que les salles de cinéma continuent de fermer. Une enveloppe de trois millions de dinars a été débloquée pour la rénovation des espaces et le renouvellement du matériel. Des enveloppes entre 60 et 150 000 dinars ont ainsi été consenties à la majeure partie des exploitants.

Mais comme plusieurs de ces derniers avaient des arriérés avec différentes institutions (sécurité sociale, impôts…), ces aides ont surtout servi à assainir les états financiers et de gestion. Rares sont en effet les salles qui ont entrepris des travaux de réfection.

Cette baisse drastique de la fréquentation des salles de cinéma a des conséquences sur le cinéma tunisien, mais également sur l’environnement culturel et des loisirs :
- En effet, les propriétaires de salle rechignent de plus en plus à programmer des films nationaux qui, selon eux, « ne drainent plus, comme cela a été le cas dans les années 1990, le grand public ». D'où la frilosité à distribuer les films tunisiens, d'autant que cette opération nécessite une campagne promotionnelle judicieuse et bien étudiée afin d'attirer les masses.

- La production cinématographique tunisienne s’en ressent, et les films nationaux trouvent de moins en moins d’écrans pour s’exposer et rentabiliser une partie des investissements. Le film tunisien fut un vecteur important de l’image, de l’ouverture de la Tunisie et son recul dans les festivals internationaux nuit au pays

- Le secteur de cinéma manque également du soutien des médias et surtout de la télévision qui doit accorder un plus grand intérêt aux films projetés dans les salles obscures. Mais peut-on incriminer les responsables des chaînes de télévision face à la pauvreté de la programmation. Qui communiquerait sur un film de série B, ou déjà distribué en vidéo/DVD depuis des années en Europe ?

Par ailleurs, les jeunes sont de plus en plus attirés par d'autres formes de loisirs concurrentes du cinéma et beaucoup plus prisées que ce dernier. Parmi celles-ci, la télévision satellitaire et les produits dérivés des technologies de l'information et de la communication. Désormais branchés nouvelles technologies et Internet, les jeunes achètent à tour de bras les lecteurs Dvd et Vcd, PS2, Game Boy…dont les prix ne cessent de chuter.

Conscient de la gravité de la situation, le Ministre de la Culture a créé une commission pour diagnostiquer les maux de ce secteur et proposer, éventuellement, les solutions adéquates car outre la distribution, c’est toute l’industrie du cinéma qui risque d’être touchée.

Mais la solution réside peut être dans la venue d’investisseurs étrangers spécialisés, dans la distribution cinématographique, capable de gérer des multiplexes, et amener savoir-faire, technologie, formation, à un secteur stratégique pour la Tunisie.

Bien choisir ses zones de sous-traitance - La nouvelle zone de libre-échange PANEUROMED

Bien choisir l’origine des marchandises importées peut largement contribuer à la rentabilité des opérations internationales. Pour preuve la nouvelle zone de libre-échange pan-euro-méditerranéenne qui facilite les échanges croisés de marchandises originaires des pays du plateau européen et de la Méditerranée.

La matière étant complexe, et la zone non encore finalisée, voici un premier décryptage de l’existant !La déclaration de Barcelone adoptée lors de la conférence euro-méditerranéenne des 27 et 28 novembre 1995 visait à développer les échanges intra-régionaux de proximité, en facilitant l’intégration économique des pays riverains de la Méditerranée.
En d’autres termes, l’objectif de la zone Paneuromed est de maintenir et développer l’activité industrielle en zone Europe/Méditerranée et contrer l’émergence de l’Asie.

Cette zone devrait, à terme, être constituée de l’actuelle zone paneuropéenne (Communauté, AELE1, Bulgarie, Roumanie, Turquie), à laquelle s’ajouteront les Iles Féroé et des pays de l’Euromed (Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Syrie, Cisjordanie et bande de Gaza).
Pour l’heure, l’instauration de cette zone est soumise à signature d’accords de libre-échange et systèmes de coopération administrative entre ces pays, à adoption de règles identiques d’origine et à publication des accords dans les JO de l’Union européenne. Cette mise en place se faisant progressivement, la zone Paneuromed fonctionne actuellement « à géométrie variable » !

A ce jour, l’accord est effectif sur trois premières zones :
- CE + AELE + Maroc
- CE + AELE + Israël
- CE + AELE + Iles Féroé

La Turquie participe dans certains cas particuliers à cette nouvelle zone de libre-échange. A noter qu’il n’y a pas encore de passerelles entre le Maroc, Israël et les Iles Féroé…

Comment faciliter les échanges ?
L’idée est de créer une zone dénuée d’obstacles douaniers en privilégiant bien entendu les marchandises originaires de cette zone selon les règles d’origine édictées. Pour cela, le système du cumul des origines déjà en vigueur en zone paneuropéenne est progressivement étendu aux pays voisins.

Pour bénéficier du cumul Paneuromed 2:

- en règle générale, l’origine d’un produit fini est déterminée par la « dernière ouvraison ou transformation » effectuée, sous réserve que cette opération aille au-delà de celles jugées insuffisantes et listées dans l’accord (une simple peinture ou un emballage sont insuffisants) ;

- dans le cas où l’opération ne respecte pas cette dernière condition, l’origine du produit final est attribuée au pays qui a contribué pour la valeur la plus élevée. Pour ce faire, la valeur ajoutée dans le pays de production finale est comparée avec la valeur des matières originaires de chacun des autres pays;

- si aucune ouvraison ou transformation n’est effectuée dans le pays d’exportation, les matières ou produits conservent leur origine préférentielle s’ils sont exportés dans un des pays de la zone ;

- enfin, si des produits tiers à cette zone sont utilisés dans la fabrication, ils doivent subir une transformation suffisante selon les règles de l’accord.

Dans le cadre du cumul Paneuromed, nous vérifions que :
- L’opération réalisée sur les matières et composants Maroc + CE (parties à l’accord) va au-delà des opérations jugées insuffisantes, c’est ici le cas. L’entreprise française s’est parallèlement assurée que les produits fournis par ses fournisseurs communautaires sont bien d’origine CE, en exigeant de leur part des « déclarations du fournisseur ».

- Les composants taiwanais (tiers à la zone Paneuromed) sont suffisamment transformés selon la règle d’origine préférentielle afférente au produit fini et précisée dans l’accord EEE3 (la valeur des composants taiwanais ne doit pas excéder 30 % du prix départ usine France du fer à repasser). C’est le cas.
L’origine préférentielle CE est ainsi acquise au moment de réexporter les fers à repasser en Suisse, pays faisant partie de la zone Paneuromed. Les droits de douane suisses sur ces produits seront de 0 au lieu de 38 francs suisses le kilo. Le justificatif d’origine à fournir en douanes suisses sera un document de circulation EUR-MED, précisant « cumulation applied ».
De plus, si le client suisse réexporte ces produits en Norvège ou dans tout autre pays de la CE ou de l’AELE, la préférence tarifaire continuera de s’appliquer.

En revanche, lorsque ces fers sont exportés au Mexique, pays ayant signé un accord préférentiel avec la CE, mais hors accord Paneuromed, il convient d’appliquer la règle d’origine préférentielle afférente au chapitre 85 16 de l’accord CE/Mexique : « les matières non originaires (ni CE, ni Mexique) ne doivent pas excéder 40 % du prix départ usine France ».
Or, le sous-ensemble marocain, tiers à l’accord CE/Mexique, d’une valeur de 80 euros dépasse ce pourcentage : les fers à repasser ne bénéficieront pas de l’EUR 1 à destination du Mexique et seront donc taxés à 20 % au lieu de 0 %.

Les entreprises ont tout intérêt à maîtriser ces règles et à considérer le critère « origine » au moment de choisir leurs circuits de fabrication. Nous attendons avec impatience que cet accord soit ratifié par tous les pays voisins afin que les entreprises puissent tirer pleinement profit de ces avantages douaniers et organiser leurs flux industriels en fonction des préférences tarifaires que peut leur accorder cette super zone préférentielle.

Des précisions et autres éclaircissements dans la mise en œuvre du cumul Paneuromed doivent être publiés par l’Union européenne, relayée par la Douane française sur son site www.douane.gouv.fr, « documentation », « guide des publications douanières », « règlement particulier sur l’origine ».
A suivre avec attention…

Plus concrètement :
(1) AELE : Association européenne de libre-échange (Suisse, Liechtenstein, Norvège, Islande)
(2) Explications données par l’Union européenne, parues à l’avis C N° 16 du 21.01.2006
(3) Nouvel accord EEE (Espace économique européen) publié au JOUE L 321 du 08.12.05

Madeleine Nguyen-The,
consultant-formatrice en commerce international
Article paru dans le Magazine Classe Export de Mars 2006

lundi 14 janvier 2008

Tunisie - Un riche patrimoine encore à valoriser …

Le tourisme culturel est un pont, un lieu d’échange, de compréhension entre les deux rives de la Méditerranée, créateur d’une culture de dialogue et de reconnaissance de l’autre , loin de tout fanatisme, d’ignorance, de préjugés ou même de racisme, permettant aux uns et aux autres de se découvrir.

Antique, orientale et occidentale à la fois, possédant un patrimoine culturel d'une richesse exceptionnelle et trois fois millénaire, la Tunisie symbolise l’esprit d'ouverture, la sagesse, la convivialité et une culture propre aux plus grandes civilisations de la Méditerranée.

La plupart des villes tunisiennes sont d'anciens comptoirs phéniciens, l'héritage de villes grecques ou romaines ou encore de médinas arabes, mais également des ksours, des zaouïas, des villages berbères.

Amphithéâtres, thermes, odéons, colisées, habitats troglodytes, témoignent de la splendeur d'un empereur, d'une civilisation. Mais bien après le triomphe de l'Antiquité, les architectes arabes ont su montrer le génie de leur art : la grande mosquée de Kairouan en est un magnifique exemple.

Outre la splendeur de son patrimoine bâti, la Tunisie s'enorgueillit de la profusion et de la diversité de ses témoignages culturels : les arts et métiers traditionnels (céramique, chéchia, tissage et broderie, tapis, margoum, couscous), le patrimoine écrit (inscriptions, manuscrits, calligraphie…), les paysages variés dont les oasis sont les joyaux, en sont autant d'exemples.

Le patrimoine, historique d'un peuple est la mémoire vivante de sa culture et il constitue une ressource essentielle au plan de l'identité nationale. Cette ressource est fragile, elle doit être protégée tout en étant développée. Les responsabilités de sa protection et de sa sauvegarde sont partagées entre l’État, l'ensemble des citoyens et les acteurs économiques.

La Tunisie, parce qu'elle est elle-même une parfaite synthèse de la diversité culturelle, s’est toujours attachée à promouvoir le dialogue des cultures et des civilisations. Sa démarche met en relief la richesse de son passé qui est une richesse collective, tout en tenant compte des principes de développement durable.

De nouveaux modes de vie apparaissent qui mettent au jour deux évidences ; d'une part, la préservation du patrimoine culturel d'un pays peut renforcer l’attractivité touristique et d'autre part, le développement du tourisme peut aussi contribuer à la préservation du patrimoine culturel, puisqu'un site qui ne suscite pas d'intérêt risque de tomber dans l'oubli.

Jusqu'à présent, le tourisme est surtout balnéaire, mais l'Etat a compris l'importance du tourisme culturel, qui devient un des principaux véhicules d'échanges, tout en gardant à l'esprit qu'un tourisme excessif peut de la même façon qu'un tourisme inexistant ou mal géré nuire à l'intégrité physique et à la signification du patrimoine.

En cette période de globalisation croissante, la protection, la conservation, l'interprétation et la présentation du patrimoine et de la diversité culturelle de chaque lieu ou région, sont un enjeu important pour tous et partout.

Pleinement conscient de l'importance du tourisme et de la culture dans la dynamisation de son économie, le Gouvernement tunisien et en premier lieu le Ministère de la Culture accordent une attention privilégiée à ces secteurs et s'efforcent constamment de valoriser le patrimoine culturel, historique, géographique du pays.

Une meilleure gestion du patrimoine peut donc favoriser l'essor économique en créant des débouchés pour les populations locales, notamment l'artisanat, le tourisme culturel, l'émergence de nouveaux métiers et de nouvelles formes de créativité.

La culture doit servir de support à la promotion de la destination Tunisie ; elle constitue un terrain prioritaire d'action car il est tout à la fois facteur essentiel d'identité et de compréhension mutuelle entre les civilisations.

La formation comme élément clés de la stratégie de valorisation du patrimoine culturel en Tunisie

Dans un contexte mondial marqué par la montée des questions de développement durable, quelles soient urbaines, environnementales, sociales ou culturelles, la Tunisie est soucieuse de renforcer la sauvegarde et l’attractivité de ses sites archéologiques qui constituent l‘un des principaux leviers d’intégration dans l’espace économique euro-méditerranéen et international.
En effet l’apport de la culture est bénéfique en terme d’image et de cohésion territoriale, elle crée une notoriété et est susceptible d’attirer des investisseurs et des touristes.

Avec presque 6 millions de visiteurs par an, la Tunisie est l’un des premiers espaces touristiques de la région méditerranéenne et possède un potentiel culturel exceptionnel avec plus de 26.000 sites archéologiques et historiques, des monuments prestigieux, des musées au rayonnement national et international.

Aujourd’hui, s’impose l’idée de la sauvegarde et de la mise en valeur des monuments anciens.

Cette richesse et la politique volontariste de valorisation du patrimoine ont un impact sur l’attractivité de la Tunisie, un impact au niveau des activités économiques connexes et des emplois induits et un impact au niveau des infrastructures générales.

En Tunisie le patrimoine n’est plus considéré, aujourd’hui, uniquement comme valeur culturelle mais également comme moyen de progrès et de développement.

Sauver les noyaux historiques imprégnés de culture, chargés d’histoire, mémoire collective de tout un peuple, les intégrer dans un monde contemporain, en pleine mutation technologique, n’est pas une tache aisée. Elle nécessite des hommes, des savoir-faire, des compétences, une adaptation continue. La culture est génératrice d’emplois, vivier économique elle est un atout dans la reconquête d’un tourisme haut de gamme, de valeurs.

La participation de tous les acteurs conditionne le succès de toute intervention. L’information au même titre que la formation sont considérées comme composantes fondamentales dans toute stratégie de sauvegarde adéquate.

La nécessité de mettre en place une véritable gestion des ressources humaines et l’élaboration d’un plan de formation devient cruciale. Il faut donc développer au mieux les ressources humaines et, à leur source, la formation aux métiers du patrimoine sans quoi cette stratégie ne pourrait aboutir, tant l'importance du processus d'éducation et de formation est capitale pour conserver, gérer et préserver les trésors du patrimoine tunisien.

Par l’enrichissement continue des compétences, la formation permet au personnel de s’adapter aux changements de techniques et d’organisation du travail, elle favorise leur évolution professionnelle.
Elle constitue le bras de levier du management dans l’accompagnement de ses objectifs, et ceux-ci ne manquent point tels que : l’ouverture de nouveaux musées, le montage d’expositions, l’émission de publications, la création de parcs archéologiques (Carthage, Dougga, Sbeïtla), les activités de sensibilisation auprès des élèves grâce à des visites de sites ou encore les actions de préservation et de promotion des médinas.

L’urgence en est dictée par la volonté de développer une politique de tourisme culturel, stratégique pour la croissance économique du secteur, mais aussi et surtout pour préserver, restaurer, sauvegarder, valoriser le riche patrimoine tunisien.

Il est donc nécessaire, pour la valorisation du patrimoine et le développement du secteur culturel dans tous ses aspects, d’adopter un management moderne de ses activités, d’adapter les structures de fonctionnement à son évolution et de le doter de personnel qualifié.

Une action durable en matière de patrimoine culturel passe par la valorisation des ressources humaines, donc des métiers des acteurs du patrimoine.

La formation en devient essentielle car tout le système de mise en valeur va reposer sur la qualité de ceux qui le mettront en œuvre.

Note de présentation sur le secteur agroalimentaire en Tunisie

Cette présentation reprend une note de synthèse de 2004 qui souligne les opportunités d'investissement dans le secteur agroalimentaire en Tunisie. Elle a servi de base pour plusieurs clients.

Les industries agroalimentaires (IAA) étaient naturellement très dépendantes de l’agriculture et se contentaient de stabiliser les produits par le conditionnement et le stockage. Au fur et à mesure qu’elles perfectionnent leurs procédés et qu’elles incorporent des services de plus en plus nombreux dans leur production, les IAA s’émancipent de l’agriculture.

La production agricole en Tunisie a connu une croissance continue mais irrégulière. La croissance agricole présente les caractéristiques suivantes :
- la part de l’agricole dans le PIB est passée de 21% au début des années soixante à moins de 12% à la fin des années quatre vingt-dix.,
- durant les 38 dernières années, la production agricole a évolué à un rythme plus rapide que celui de l’évolution démographique (3,53% contre 2,32%) mais moins rapide que celui de l’ensemble de l’économie.

En termes d’investissements, la part des IAA dans la FBCF totale des industries manufacturières a connu une baisse jusqu’au milieu des années 80. Elle représentait en 1986 moins que 10% des investissements réalisés dans les industries manufacturières, cette part a connu une forte reprise durant la deuxième moitié des années 90, elle dépasse 20%.
Les IAA constituent la deuxième activité industrielle en termes de contribution à la valeur ajoutée des industries manufacturières, avec une part de valeur ajoutée de 17,5%, elles se placent après le textile et le cuir, 35,4%, et devancent les industries mécaniques et électriques, 13,2%.

Les principales caractéristiques du secteur se présentent comme suit :

Durant la période 1991-1998, la croissance du secteur agricole était en moyenne de 1% par an, celles des IAA de 3,5%, alors que les industries manufacturières, ont évolué à un rythme de 5,4%.
Près de 5,5% de la production est redevable aux activités de transformation de grains, 18%, d’abattage d’animaux, 22%, et de fabrication d’huile d’olive, 15%.
Le secteur est constitué de près de 4.800 entreprises dont 2.400 boulangeries et 1.440 huileries, soit 80% du total. Il reste dominé par la petite entreprise individuelle, à faibles moyens techniques et financiers.

Les IAA représentent 10% des exportations de biens et emploient 73.000 personnes correspondant à 20% des emplois des industries manufacturières. La branche souffre de difficultés dues à la faible qualification de la main-d’œuvre, l’irrégularité des approvisionnements en intrants, l’obsolescence des équipements de plusieurs unités, l’insuffisance des normes d’hygiène et de qualité, la prédominance de la petite entreprise individuelle et aux faibles moyens techniques et financiers.
La production céréalière est en moyenne de 16,8 millions de quintaux de céréales par an, pour la période 1990-1998. Les importations se situent à 15,3 millions de quintaux représentant près de 45% des importations alimentaires. Les activités de transformation de céréales se caractérisent par l’activité de minoterie et de semoulerie qui compte 25 entreprises d’une capacité moyenne de transformation de 26 millions de quintaux par an. Les pâtes alimentaires sont produites par 11 entreprises dont 4 détiennent 75% de la capacité de production. Celle-ci est utilisée à moins de 60%.

- Les céréales : des opportunités de partenariat
Le secteur céréalier présente de faibles opportunités de partenariat à l’exception de la transformation du blé (couscous, pâtes alimentaires) et de la biscuiterie. Cette dernière semble offrir de bonnes opportunités de partenariat mais suppose une meilleure maîtrise de la technologie, une amélioration de la qualité, des produits et surtout des stratégies marketing adaptées.
La production de l’huile d’olive en Tunisie a connu un taux de croissance moyen de 3% par an permettant d’atteindre une moyenne de 164.000 t/an durant la dernière décennie. Les activités de conserves alimentaires présentent les caractéristiques suivantes : la conserve de tomate présente environ 90% de l’activité de conserves de fruits et légumes. Le double concentré de tomates est considéré comme produit stratégique pour la consommation intérieure. Le secteur présente les caractéristiques suivantes : une faible utilisation de la capacité de production (55 à 60% selon les récoltes). Un manque de personnel technique, de gestion et une faible maîtrise du process; une offre locale non diversifiée, les produits de tomates pelées, pulpe de tomates, tomates en cubes, etc. sont presque inexistants. Les rendements de la production de tomate ont connu une importante amélioration en passant de 10,8 t/ha durant les années 60 à 27,5 t/ha à la fin des années 90. Ces rendements sont actuellement équivalents à la moyenne mondiale alors qu’ils ne représentaient que 60% de cette moyenne durant les années 60.
Le marché s’oriente vers les produits substituts, à savoir la tomate pelée. Ces nouveaux créneaux représentent de nouvelles opportunités de partenariat dans le secteur.
Conserves de piment : l’harissa. Le piment constitue un légume de première importance de l’alimentation tunisienne, il est utilisé comme légume vert, légume mur, conservé par séchage naturel ou artificiel.
La transformation de piment en harissa (21.000 t/an) représente en moyenne près de 12% de la production (180.000 t/an). L’essentiel de la production est destiné au marché local. Les autres conserves de légumes représentent de petites productions fluctuantes et marginales. La transformation se fait uniquement pour les excédents de production lorsque les prix baissent. Elles représentent peu d’opportunités réelles d’exportation et/ou de développement de partenariat. Les conserves de fruits varient de 4.000 à 11.000 t/an. Elles concernent les coings, les abricots, les poires, les pommes, les pêches…

- La diversification de l’offre -
L’offre est peu diversifiée et les variétés dominantes pour les fruits sont peu adaptées à la fabrication de confitures. La production des semi-conserves est très importante. Le marché offre une grande variété de produits: olives, câpres, carottes.

Ce marché est dominé par les petites et micro entreprises qui offrent des produits de qualité très variable. Les produits laitiers ont connu un développement considérable au cours des dernières décennies grâce à l’accroissement des effectifs bovins de race pure et améliorée. Le développement de la collecte et l’installation de centrales laitières ont permis pour la première fois l’approvisionnement exclusif du pays en lait frais industriel. Les unités transforment moins de 50% de l’ensemble de la production laitière. la production de lait de boisson a connu une évolution remarquable au cours des dernières années.

La collecte est passée de moins de 75 millions de litres en 1992 à plus de 380 millions de litres en 1998. Cette évolution se situe à un taux annuel moyen de 8,2% entre 1992 et 1998. Cela a permis une réduction considérable de l’utilisation du lait régénéré à base de poudre dans le lait de boisson.

L’autosuffisance a été atteinte en 1998. Les principales mesures ayant contribué à sa réalisation sont la révision régulière du prix du lait au niveau de la production compte tenu de l’évolution de son coût et la révision régulière de la prime de collecte du lait, la consolidation du parc de collecte du lait d’une capacité complémentaire de 406.000 litres entre 1995 et 2000, l’instauration d’une prime de lait refroidi livré aux centrales laitières, enfin l’augmentation des droits et taxes sur l’importation de la poudre de lait.

La production du yaourt obtenu essentiellement à base de lait frais a connu aussi un développement considérable au cours des 20 dernières années. La capacité actuelle de production installée et en cours de réalisation permettrait de couvrir les besoins du marché devenu très concurrentiel. Les entreprises tunisiennes en s’associant avec des partenaires de dimension internationale essaient d’acquérir des avantages compétitifs face à la concurrence au niveau de la notoriété commerciale et en matière de technique de production et de gestion.

La Tunisie compte actuellement une vingtaine d’entreprises de fabrication de fromage. Cette activité a souffert au cours des dernières décennies de la faiblesse de la production du lait frais, acheté en priorité par les laiteries et les entreprises de fabrication de yaourt. L’augmentation de la production de lait frais prévue pour les prochaines années poserait le problème de la conservation de l’excédent de production. L’industrie de fabrication de fromages pourrait bénéficier de cet excédent et permettre une régulation économique. La fabrication de fromage offre des opportunités de partenariat pour améliorer et diversifier l’offre locale.

- Les firmes internationales intéressées par l’investissement en Tunisie
La capacité de production de beurre à partir du lait frais est estimée à 9.000 t/an. Le développement de la production et du traitement du lait fais par les nouvelles laiteries et les extensions des unités permettraient une couverture presque totale des besoins du pays en beurre.
Les formes envisageables de partenariat dans le secteur laitier concerneraient l’investissement direct, l’assistance technique, le marketing, l’acquisition d’équipements, la formation, etc. Des initiatives de partenariats ont été réalisées avec des firmes internationales. D’autres opportunités existent. Elles concernent l’élargissement des interventions des firmes déjà établies en Tunisie et l’introduction de nouvelles firmes internationales.

La production de boissons gazeuse est assurée par 15 grandes unités de marques internationales et une dizaine de petites unités de marques locales. Au cours des cinq dernières années, la production a été en moyenne de 2,7 millions d’hectolitres. La branche procure 3.000 emplois dont 2.000 permanents. Elles est dominée par trois entreprises travaillant avec des concessions de marques internationales et assurant près de 95% de la production. Le groupe SFBT détient près de 70% de cette capacité. Les grands groupes qui contrôlent la plus grande part du marché ont amené un réel savoir-faire en termes de process, de technologies performantes, de contrôle de qualité et de commercialisation.
La branche des eaux minérales et eaux de table compte une dizaine d’unités de conditionnement dont une totalement exportatrice. Elles exploitent des sources naturelles ou des forages dans les différentes régions du pays totalisant une production de près de 130 millions de litres. La branche offre 1.000 emplois dont 700 permanents. La capacité de production installée est de 300 millions de bouteilles/an. La branche connaît un taux de croissance de 12% par an.
La consommation est passée de 10 litres par personne et par an en 1992 à 16 litres en 1996. Cette hausse s’explique par l’arrivée sur le marché de la bouteille d’eau minérale en plastique. Les possibilités d’exploitation sur les marchés africains et les marchés limitrophes sont réelles moyennant des efforts promotionnels et des soutiens au niveau des tarifs de transport. En 1996, près de 7,7 millions de bouteilles ont été exportées vers l’Algérie et l’Afrique de l’Ouest. La production de sucre est assurée par deux unités de production de sucre blanc à partir de la betterave et par 3 unités de production de sucre aggloméré d’une capacité de 65.000 t/an utilisée à hauteur de 30%. Les besoins du marché domestique en sucre dépassent les 200.000t importées à hauteur de 90% avec un coût annuel en devises estimé à plus de 50M DT.
La branche de la chocolaterie et des confiseries compte environ 25 unités en activité disposant d’une capacité de production de plus de 45.000 t/an en confiserie, et 5.200 t en chocolaterie. La quasi-totalité de la production est destinée au marché local.
Aucun des grands groupes internationaux de la confiserie n’est encore installé en Tunisie.

- Le potentiel des fruits et légumes à l’export
En Tunisie, les cultures maraîchères occupent 3% des terres exploitées et 37% des périmètres irrigués.
La situation actuelle des cultures maraîchères en Tunisie montre que la plupart de ces produits servent à approvisionner le marché local et que l’exportation se fait à travers les produits de contre-saison. Les principales espèces exportées sont, en premier lieu, les légumes sous abris serres chauffés.
La moyenne des deux dernières années (2002-2003) des superficies cultivées sous abris serres chauffés ont atteint 100 hectares, et ce, sur un potentiel hydrique géothermal qui permet l’exploitation de 400 hectares.
Ces ressources sont concentrées principalement dans les régions du Sud tunisien : Gabès, Kébili, Tozeur et Nabeul. La moyenne de la production entre 2002 et 2004 a atteint 10.700 tonnes.
Par contre, les exportations en légumes frais produits sous abris serres chauffés n’ont pas dépassé les 2.000 tonnes.
Les tomates sont le premier produit exporté, elles représentent 80% des quantités.
Les cultures de plein champ, dont principalement la pomme de terre de consommation, ont augmenté de 3% par rapport à la campagne 2000-2001, et ce, en raison de l’extension des superficies dans les nouveaux périmètres irrigués.

La production de la pomme de terre est destinée essentiellement à l’approvisionnement du marché local de consommation, la satisfaction des besoins en semences locales pour la culture de pomme de terre d’arrière-saison et l’exportation (de la pomme de terre) issue des cultures d’arrière-saison et de primeurs.
Par ailleurs, «la fraise, dont les coûts de production sont relativement élevés, présente une inadéquation avec les variétés demandées à l’exportation».

Les exportations en légumes frais sont irrégulières. Cette irrégularité est due aux exportations de la pomme de terre qui sont faibles, fluctuantes et tributaires du volume de la production nationale qui dépend des conditions climatiques.

Les exportations en tomates sont presque constantes car la tomate tunisienne occupe la deuxième place après la tomate française, mais le prix de vente est supérieur à celui des concurrents, à savoir le Maroc et l’Espagne.
Les principales raisons qui freinent les exportations des légumes tunisiens :
- Tout d’abord, les quantités exportées en légumes frais sont irrégulières,
- Une insuffisance des producteurs spécialisés dans les produits destinés à l’exportation,

d’ou la volonté du Gouvernement de pousser à la création de Joint-Venture dans ce secteur d’avenir
- L’exportation est souvent tributaire des coûts de production et du transport élevés.
- Le manque de structures de collecte et de conditionnement;

Le Gouvernement table donc sur :
- une série de solutions dont la diversification des variétés à l’export,
- l’amélioration des techniques de production,
- la spécialisation des producteurs,
- l’adaptation aux nouvelles exigences des marchés européens
- la prospection de nouveaux marchés.

Le nécessaire élargissement sectoriel :
Les partenariats internationaux dans les IAA ne peuvent être circonscrits aux seules firmes agroalimentaires stricto sensu. Le partenaire étranger peut aussi bien être une firme ou un groupe de l’agroalimentaire ou une entreprise relevant d’un autre secteur d’activité mais concernée par le développement des IAA tunisiennes :
- groupes de distribution,
- équipementiers, logisticiens
- autres spécialistes du conditionnement et du contrôle qualité.

Note de présentation sur la filière fruits et légumes au Maroc

Cette note de pésentation est une synthèse d'un dossier de l'Association marocaine des producteurs et producteurs exportateurs de fruits et légumes (APEFEL) qui a servi de base pour un projet d'implantation au Maroc en 2004.




1) Le secteur des fruits et légumes frais au Maroc -

La filière fruits et légumes est un des piliers du secteur agricole et agro-alimentaire au Maroc. Le secteur des fruits et légumes occupe une superficie 700.000 hectares dont 460.000 hectares de plantations fruitières (non compris l'olivier) et 240.000 hectares de cultures maraîchères.

Les espèces produites sont variées et diverses. Elles sont généralement regroupées en sous secteurs plus ou moins homogènes dont les principaux sont : les agrumes, l'amandier, les rosacées fruitières autres que l'amandier, la vigne, le palmier dattier, le bananier et les cultures maraîchères.

Les agrumes et les primeurs sont les piliers de la filière. La production globale moyenne est de l'ordre de 7 millions de tonnes dont près de 3 millions de tonnes de fruits et plus de 4 millions de tonnes de légumes. Le Maroc produit annuellement de près d’un million à un million et demi de tonnes d’agrumes principalement les variétés d’oranges Maroc-late et Navel ainsi que les clémentines. 40 à 50% de la production est exportée.


La production de primeurs occupe une place significative dans l’agriculture marocaine avec 25 000 hectares cultivés et autour d’un million de tonnes de produits récoltés. La tomate, avec près de 500 000 tonnes, représente la moitié de la production de primeurs, devançant largement la pomme de terre (entre 120 000 et 200 000 tonnes selon les années), le haricot vert ou la fraise qui connaissent un important développement. Les cultures de fraises, melons, poivrons, raisins de table, haricots verts et courgettes, peu développées il y une dizaine d’années, sont désormais en forte croissance.


D’autres niches commencent à se former comme les pois mange-tout, les avocats, les pêches, les nectarines, les poires, les kiwis, les pruneaux et les produits biologiques.


Le secteur des primeurs occupe environ 8.000 producteurs, crée plus de 12 millions de journées de travail, contribue largement à la modernisation du secteur agricole et au développement industriel et connaît depuis 1985 une évolution importante au niveau de la diversification des espèces, des débouchés, de la logistique et des modes de commercialisation.


D’une manière générale, le Maroc compte plusieurs grandes régions agricoles : le Souss-Massa (Agadir) , la zone côtière située entre El Jadida et Larache, Marrakech, Fès, Meknès, Azrou, Khénifra, Nador, Taza, Béni Mellal, El Hajeb, Oujda, la vallée de la Moulouya, Tétouan, Tanger et le Gharb.

Les exportations de fruits et légumes frais constituent une source de devises importante pour le Maroc. Au fil des ans, de grands groupes exportateurs (Delassus, Maraissa, GPA, Prim Atlas, Les Domaines, Somea Avryl, etc.) se sont constitués et sont en mesure de répondre aux exigences (normes Eurepgap ou BRC par exemple) des marchés acheteurs dont le plus important est l’Union européenne.

Le secteur est néanmoins tenu de chercher une meilleure intégration à son environnement national et international en menant des actions portant notamment sur : l’organisation d’infrastructures et de circuits de commercialisation et de distribution, le renforcement de l’organisation professionnelle et interprofessionnelle en filières pour une meilleure intégration, l’instauration de partenariats entre divers opérateurs nationaux et internationaux sur des rapports contractuels négociés et équilibrés.


De nombreux opérateurs étrangers ont fait le choix de s’installer au Maroc avec ou sans partenaire (Azura, Pomona, Idyl, Soldive, Pro Natura, Castel, etc.) pour mieux profiter des atouts des différentes filières et des incitations existantes en matière d’investissement et de mise à niveau du secteur.


Investir au Maroc dans la production agricole est une opportunité car le secteur offre un potentiel certain de réussite car notamment :

Les demandes locales et à l’export sont très fortes.

Le Maroc entend, au plan politique et économique, développer durablement et en priorité, les activités dans l'agriculture en faisant de plus en plus appel à des investisseurs privés étrangers. Les avantages proposés et les
incitations de toutes natures sont significatifs.

Les terres de grande qualité, disponibles en location sur 99 ans, sont nombreuses (les exploitations disponibles de 200, 400 hectares ou plus sont nombreuses, l’Etat Marocain va concéder 50 000 hectares appartenant à la SOGETA et à la SODEA).

Les ressources humaines sont importantes, et la qualité de la main d’œuvre est excellente et son coût est faible.

Les cultures possibles sont : la fraise (sous réserve de produire une variété de qualité supérieure et à contre temps), le melon, les agrumes, les fruits à pépins et à noyaux, les fruits rouges (framboises, groseille, cassis), les amandes, les olives, les figues, le pruneau, le raisin de table, le kiwi, les fruits de la passion, l’avocat, les dattes, les primeurs, le chou-fleur, les haricots verts et les petits pois, la tomate industrielle (pour le concentré), le coton, les épices (poivre, câpre, genévrier, ail, autres), la graine oléagineuse (tournesol, soja, maïs, autres), la lavande, les fleurs, les plantes ornementales...
Les pouvoirs publics marocains privilégient des projets intégrés (production, transformation, commercialisation) orientés si possible vers la culture d’oliviers, de fruits, d’agrumes, de vignes ou de produits maraîchers.
L’accord de libre-échange conclu entre les Etats-Unis et le Maroc en 2004 prévoit une ouverture complète et sans quota aux exportations marocaines de fruits et légumes frais.
2) Le secteur Agro-industriel au Maroc -

1700 entreprises développent leur activité dans ce secteur. Elles représentent 25 % des établissements industriels. Les plus importantes sociétés du secteur appartiennent à de grands groupes marocains (ONA, Dyana Holding, Holmarcom, etc.) ou étrangers (Castel, Bel, Danone, Yoplait, Tramier, Bongrain, Orangina, Lesaffre, Amora, Vanelli, etc.).

Le tissu des industries agro-industrielles marocaines est composé à 95 % de PMI de moins de 200 salariés.

L’atteinte de l’autonomie alimentaire recherchée par les pouvoirs publics marocains a permis au Maroc de disposer d’industries dans presque toutes les branches de l’agro-alimentaire (conserves, surgelés, fabrication de produits laitiers et carnés, confiserie, de produits laitiers, etc.).

Le volontarisme très fort de l’Etat (produits subventionnés, protections douanières, monopoles, etc.), réduit certes depuis une quinzaine d’année, a maintenu en vie des secteurs peu compétitifs et favorisé le développement d’une offre technique et qualitative globalement moyennes. En outre, le marché local n’est pas en mesure de rentabiliser seul des investissements lourds nécessaires à la fabrication de produits à forte valeur ajoutée.

Seuls les secteurs exportateurs ont fait l’objet d’investissements réguliers (produits de la mer, conserves végétales). Il existe néanmoins aujourd’hui une dynamisation des différents marchés sous l’impulsion de certains opérateurs (confiserie, lait, huiles végétales, chocolateries, boissons notamment) attestent d’une montée en gamme des productions locales et d’un accroissement de la concurrence positifs pour le secteur.

Les industries restent soumises à certaines contraintes. On peut notamment noter à ce propos que les aléas climatiques rendent leur approvisionnement irrégulier car les producteurs donnent la préférence aux marchés d’exportation, les capacités de production sont sous exploitées, la diversification des débouchés reste limitée et l’innovation manque, le coût du transport et des facteurs de production sont encore élevés, les entreprises ont des structures financières faibles et le marché local reste restreint à cause du faible pouvoir d’achat de la population.

Les dix prochaines années seront déterminantes pour les industries agro-alimentaires marocaines qui vont se trouver confrontées à plusieurs chocs qui modifieront leurs modes de fonctionnement, leurs structures et qui éprouveront tous les opérateurs, y compris les plus performants.
Elles doivent notamment prendre en considération la mesure des exigences posées par la grande distribution dont les parts de marché augmentent rapidement, se préparer à l’arrivée massive de nouveaux produits étrangers ainsi qu’à l’ouverture des frontières et à l’entrée en vigueur des accords de libre échange (Union Européenne, USA, Turquie, etc.), affronter la complexité croissante des marchés internationaux, se mettre à niveau, travailler de nouvelles niches, diversifier les offres.
Les entreprises françaises et européennes (partenaires, capitalistiques, équipementiers, investisseurs, etc.) ont une vraie place à prendre pour prendre part au processus de transition et le dynamiser car il reste encore très lent.


3) Les zones industrielles et plates formes de stockage -

Le plan de développement économique puis de soutien à la création d’entreprises et à l’investissement mis en œuvre au Maroc prévoit de développer les infrastructures d’accueil à différents niveaux (zones d’activités économiques, réhabilitation de zones industrielles, création de pépinières d’entreprises, constitution de réserves foncières mises à la disposition de collectivités locales pour attirer des investisseurs potentiels, développement de parcs et de zones industrielles avec le soutien du fonds Hassan II).

Les zones industrielles existantes réparties à travers tout le pays offrent des disponibilités d’accueil importantes (entre 65 et 600 hectares). De nouvelles zones sont en cours de création ou d’extension et sont identifiées comme étant prioritaires (Tanger, Gueznaya, Nouaceur, Jorf Lasfar, Bouskoura, Aït Oullal, Meknes, Nador).

La zone franche logistique adjacente au port de Tanger Méditerranée peut être citée en exemple. Elle est attractive en terme de taille et de flexibilité. Elle s’étalera sur 60 à 98 hectares, proposera à la location des entrepôts construits sur une superficie de 49 000 m² et offrira de nombreuses possibilités d’extension vers d’autres zones du ressort territorial de Tanger Méditerranée S.A.
De plus, tout comme l’ensemble de la Zone Economique Spéciale, elle bénéficiera de dispositions très avantageuses en matières fiscale, douanière et de transfert de devises.

L’article 17 de la charte d’investissement prévoit l’octroi d’avantages divers aux zones industrielles et aux projets implantés dans ces zones et notamment une exonération totale ou partielle de certaines dépenses liées à l’installation.


Les principales structures de logistique intervenant sur le territoire marocain dont Graveleau, Eurotrans-Partners, et autres disposant de superficies à Casablanca, Tanger, Marrakech comprises entre 15 000 et 40 000 mètres carrés en moyenne.

dimanche 13 janvier 2008

BREVES - Lancement de la Fondation pour le monde méditerranéen

La Fondation du Monde Méditerranéen, a été lancée le 12 décembre 2007 en présence du Ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner, du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, du conseiller spécial du Président de la République, Henri Guaino, de l'ambassadeur chargé du projet de l'Union de la Méditerranée, Alain Leroy, et de près de 130 chefs d'entreprises et experts du nord et du sud de la Méditerranée.

La Fondation du Monde Méditerranéen a été créée dans le cadre du projet d'Union Méditerranéenne initié par le Président de la République Nicolas Sarkozy, et dans lequel la société civile - en particulier les entreprises et collectivités - jouera un rôle moteur. Il s'agit d'un outil dont disposeront les chefs d'entreprises du Nord et du Sud pour développer un partenariat privilégié entre les pays riverains de la Méditerranée et mettre en œuvre des projets concrets liés à l'eau, à l'espace financier, au tourisme, à l'agriculture, à l'énergie, au développement durable...

samedi 12 janvier 2008

Le Maghreb des technologies de l'information et de la communication


Le développement des nouvelles technologies est un des enjeux essentiels du discours politique officiel des pays tiers méditerranéens et entre dans les options stratégiques et industrielles prioritaires.

De la Tunisie au Maroc, de l’Algérie au Liban, de la Jordanie à l’Egypte, la volonté politique est là.
Pas question pour les gouvernants de rater ce virage technologique porteur d'emplois et de développement. Les pays arabes sont en train de passer de l'or noir du pétrole à l'or gris des nouvelles technologies.

Mais chaque pays a sa stratégie, et la compétitivité de chacun ne réside pas dans le coût de la main d’œuvre mais dans une véritable volonté, vision des politiques et des décideurs économiques.

Cette révolution technologique provoque des transformations à la fois rapides et profondes de l'économie et de la société, et représente des opportunités à même de stimuler la croissance et renforcer la capacité de l'économie à générer des emplois, le problème crucial des gouvernants de la région.

Cette mutation a nécessité la mise à niveau et la valorisation des ressources humaines, le développement de l'infrastructure, le renouvellement des équipements et l'amélioration de l'environnement en général.

Aujourd’hui la plupart des pays de la zone ont libéralisé le secteur des télécoms, il existe au moins deux opérateurs de téléphonie mobile dans chacun d’eux, et l’attribution des licences s’est faite dans la transparence.
Les télécommunications et les TIC sont considérées comme un facteur de croissance et de positionnement sur le marché mondial, c’est un élément clé pour attirer les investissements étrangers, au même titre que les infrastructures et les aides financières.

Le premier parc high-tech du Maghreb a vu le jour à Tunis et est classé parmi les 46 premiers parcs technologiques du monde par le magazine américain très branché Wired, juste après Sophia-Antipolis.
Mais les initiatives dans la zone se multiplient avec les Syriens qui se lancent dans l'aventure des zones technologiques avec l'université de Bath, près de Homs, les Libanais, dont le pôle technologique Berytech, lancé par les universités mais est désormais entièrement privé, l'Algérie dans les télécommunications avec le premier "cyberparck",entièrement financé par le groupe privé Khalifa, le Cyberpark de Casablanca, la Gizah Valley en Egypte, la Telecom Area en Jordanie.

L’internationalisation des marchés, des échanges et des stratégies de grandes firmes ont permis aux entreprises des pays méditerranéens mais surtout du Maghreb de se positionner sur les marchés de sous-traitance et du off-shore.

La facilité croissante des communications, l'abaissement des barrières tarifaires et non tarifaires, la forte concurrence sur les marchés de consommation ont poussé les industriels européens à améliorer leur compétitivité en tirant profit des conditions de production avantageuses des pays du Maghreb.

La délocalisation, notamment dans le secteur électronique ou des nouvelles technologies, permet de réduire les coûts, de s'approvisionner hors de son marché domestique, de déplacer une partie ou la totalité de son processus de production.

C'est la solution qu'adoptent de plus en plus des moyennes ou grandes entreprises européennes qui y trouvent une réponse mieux adaptée aux contraintes des marchés européens.

Au lieu d'utiliser des mesures protectionnistes, elles s’associent avec des partenaires locaux, transférant des technologies, un savoir-faire, des produits, et en échange le partenaire local apporte à la société sa connaissance du marché national, régional, arabe et africain.

La société qui investit dans cette approche, cette vision élargira par l’intermédiaire de son partenaire son horizon d’action, de commercialisation. Ses produits sont fabriqués à bas coût et adaptés, donc plus compétitif pour pénétrer les marchés émergents d’Afrique et du monde arabe, mais surtout pour préparer la mise en place de la future zone euro-méditerranéenne de libre-échange de 2010.

Aujourd’hui nombreux sont les cabinets conseils en télécommunications et informatiques européens à utiliser le savoir-faire, l’expertise des sociétés tunisiennes et marocaines sur les marchés africains et arabes pour remporter les appels d’offre.

Cet avantage permet également à ces produits fabriqués aux normes européennes d’être distribué sur les marchés européens ou la société n’est pas compétitive.
C’est ainsi que des fabricants de composants électroniques ont pu conquérir de nouveaux marchés et préservés les leurs par l’intermédiaire de leur filiale au Maghreb.

La logistique de plus en plus performante, avec moins d'une semaine entre les nouvelles commandes et les livraisons constituent une force durable pour les fabricants et sous-traitants des pays de l'Union européenne installés au Maghreb, le groupe ABX Logistics l’a compris en se positionnant sur ce marché en devenir.

Co-développer et sous-traiter, deux mots-clés qui représentent l’avenir des nouvelles technologies, de la nouvelle économie au Maghreb et qui reposent beaucoup sur le dynamisme des jeunes entrepreneurs, des cas qui se situent à contre-courant du problème de l'intensification des départs des ressources locales vers l'étranger.

Il en est ainsi de Dhamir Mannai, ingénieur en énergétique et en informatique formé aux Etats-Unis, qui en fondant Cynex dans son propre pays, la Tunisie, une start-up utilisant une technologie de pointe, en l'occurrence le développement de logiciels intégrés dans les télécommunications.

Une idée mûrit alors qu'il était conseiller du vice-président de Nortel aux Etats-Unis, en persuadant les responsables de Nortel de l'intérêt de se délocaliser en Tunisie pour contourner la pénurie d'ingénieurs informaticiens à laquelle le groupe était confronté.

La délocalisation fut difficile à arracher car les américains sont assez réticents face au transfert de technologies mais la disponibilité et la compétence de cadres qualifiés en Tunisie, à des coûts salariaux compétitifs, a permis d'emporter la décision.
Cynex développe des logiciels utilisés dans les télécoms et installe des commutateurs pour le compte de clients aux Etats-Unis, en Pologne, en Grande-Bretagne, en Tunisie et même en Afrique.

Mohamed Hourani, marocain est à la tête de Hightech Payment Systems (HPS), une société largement leader sur le marché monétique domestique et réussi à exporter ses produits dans plus d'une quinzaine de pays. Son fer de lance s'appelle PowerCARD, un progiciel permettant de gérer en toute sécurité tous les systèmes de paiement de n'importe quelle institution financière.

Il en est de même de S2M la filiale du Groupe Marocain COFIMAG, qui développe des logiciels bancaires exportées sur tous les continents et qui aujourd’hui sous-traite la gestion des e.mail pour AOL.

De nombreux nouveaux acteurs internationaux se sont implantés afin de créer de la valeur ajoutée dans la région, notamment en tentant de créer une industrie de la sous-traitance informatique et électronique renforçant la volonté des pays méditerranéens dans leur vocation technologique.

Chacun essayant d’attirer un nombre croissant de sociétés du secteur sur son territoire, mais le Maroc et la Tunisie semblent les mieux placés sur ce créneaux.

Le Maroc est souvent choisi par les grandes multinationales pour devenir leur siège régional, Compaq, Cisco, SAP,…La sous-traitance informatiques et électroniques se développent, comme avec ST Microelectronic mais la grande ambition du Maroc s’est de drainer l’implantation de call-center dont la présence est déjà effective avec H2A, Altitude Marketing, Teletech et bien d’autres.
Autre exemple d'application " off-shore " à Casablanca : des clavistes marocains tapent des ouvrages français pour la société parisienne de photocomposition Eurocompo. Ils reçoivent le travail à composer par fax, et ce qu'ils tapent arrive directement dans l'ordinateur central de Sèvres grâce à une " liaison spécialisée " avec le Maroc.

La Tunisie bien que consciente que les centres d’appels constituent une réelle opportunités, l’implantation de Téléperformance un des leaders mondiaux en est l’exemple et beaucoup d’autre à venir, est au contraire mieux perçue comme une plate-forme de développement de logiciel et d’ingénierie électronique, IBM, Alcatel, Nortel, …et des entreprises totalement tunisiennes installées sur le parc technologiques telles que BFI, Cynex, Picosoft sont devenues exportatrices de logiciels.

Dans la sous-traitance électronique une trentaine d’entreprises à capitaux mixte tuniso-européen (Allemand, Anglais, Italiens, Hollandais, Français…) travaillent en off-shore et ce marché ne cesse de croître.

La Recherche & Développement commence à être externalisée en Tunisie dans le secteur électronique & informatique. Notre cabinet travaille sur deux projets tout à fait novateur dans ce sens ou l’on utilise après une formation en France, les compétences des ingénieurs informaticiens tunisiens qui collabore avec des chercheurs européens pour la mise en place de nouveaux process.

Que ce soit la Tunisie ou le Maroc, ces deux pays ont accès la croissance de la sous-traitance dans les TIC par le développement de l'éducation, de la formation, la télé-formation , mettant compétence et savoir en avant pour faire face au besoin d’un secteur prometteur en pleine expansion.

La Tunisie en adoptant son Xéme plan accès sur la société du savoir, des compétences et des ressources humaines semble avoir pris de l’avance dans son match à devenir un hub high- tech sur le Maroc d’après le magazine Economia de Mai 2002, mais aussi sur les autres pays arabes de la région.

Article paru dans la revue Classe Export en 2002

vendredi 11 janvier 2008

Le capital humain et l'investissement étranger au Maghreb

Dans le contexte de la mise en place de la zone de libre échange euro-méditerranéenne, la mondialisation, l’utilisation des nouvelles technologies des communications et de l’information, les nouveaux enjeux, comme les normes du travail et de l'environnement, …bien gérer les conséquences sociales et locales des restructurations est un aspect majeur pour les Gouvernements des pays du Maghreb qui visent à allier compétitivité économique, cohésion sociale des entreprises, et stimuler les investissements étrangers

Si le Maghreb est un formidable tremplin à la fois vers l'Europe, l'Afrique et le Moyen Orient, une zone d’avenir et de proximité, il n’en demeure pas moins quelques risques liés à la phase de mutation et de transition, à l’ajustement des réformes que connaissent ses pays.

La politique de concurrence avec ses effets dynamiques, aura un impact certain sur la qualité des structures et des produits du Maghreb, qui seront amenés, grâce à la spécialisation des entreprises et au redimentionnement des structures productives, à être plus compétitif et plus performant.
L'enjeu socio-économique le plus important pour les pays du Maghreb est désormais de se préparer au mieux à l'ancrage européen de 2010.

La mise à niveau est l'un des points essentiels de l'accord de partenariat euro-méditerranéen, et des milliers d’entreprises sont concernées par ce programme.

Il leurs faudra être capable d'atteindre les standards mondiaux en terme de professionnalisation, de rendre des services de qualité dans un souci de rentabilité, afin de rivaliser avec les entreprises européennes et asiatiques.

Le succès économique pour le Maghreb ne dépend plus des matières premières et des technologies, mais des salariés et de leur motivation. Dès lors, la qualité des compétences internes et externes est une garantie de compétitivité et de pérennité.

Il s'agit pour les gouvernants d’Afrique du Nord de transcrire cette nouvelle donne économique internationale par une meilleure gestion des ressources humaines reconnaître que le processus de libéralisation et la mondialisation ne doivent pas uniquement signifier fuite des cerveaux et des compétences formés chèrement par eux et exportés gratuitement vers l’Europe et l’Amérique du Nord, faute d'un environnement favorable à leur épanouissement.

Il s’agit également de reconnaître que ce capital humain à une valeur inestimable et qu’il est un facteur important pour leur croissance économique et leur développement, qu’il est déterminant dans le choix final des investisseurs.

La valorisation du capital humain est un des éléments clés du développement et de l’attraction des investissements.

Des politiques économiques saines (la qualité des infrastructures, un cadre législatif favorable, la stabilité macroéconomique, le coût et la qualité du travail...) sont nécessaires pour attirer les investissements étrangers et nationaux. Mais ce n’est pas la seule condition à la venue des investissements étrangers.

Ces mesures incitatives jouent certes un rôle significatif dans ce processus, mais les bénéfices induits par les investissements directs étrangers sont plus importants dans les pays dotés d’un capital humain bien développé.

La croissance économique et les niveaux d’étude sont toujours étroitement corrélés, un pays qui investit dans l’éducation voit la productivité de son économie augmenter, accroissant ainsi les salaires de la main d’œuvre qualifiée et donc les taux de croissance économique.

Il est donc nécessaire de mettre en place des priorités stratégiques en matière d’éducation pour permettre aux économies des pays du Maghreb d’exploiter les ressources disponibles en capital humain.

Les étudiants diplômés qui ne trouvent pas d’emploi à la mesure de leurs qualifications, sont une main-d’œuvre qualifiée gaspillée, sacrifiée car leurs compétences sont très rarement utiles aux activités traditionnelles. De plus, si cette main-d’œuvre n’est pas accueillie par un environnement économique qui lui permette de se réaliser pleinement, on risque d’assister à une fuite de cerveaux.

Cette fuite des cerveaux est favorisée par le manque d’expertise dans certain secteur d’activité (nouvelles technologies de la communication et l’information, ingénierie…) et dans certains pays occidentaux.

Dans les générations maghrébines actuelles, ils n’existent pratiquement plus d’attitude de fidélité, attirées par les côtés matériels (rémunérations, temps de travail, qualité de travail, plaisir au travail), elles sont plus sensibles à des notions nouvelles telles que l’initiative, l’autonomie, l’évolution de carrière, la gestion des compétences, la formation continue tout au long de la vie… car ayant suivi des cursus en Europe ou en Amérique du Nord.

Or le marché actuel recherche cette expertise, les entreprises internationales et nationales veulent recruter du personnel compétent et rapidement opérationnel quand elles décident d’investir dans la région, alors comment concilier cette demande et les attentes des diplômés, c’est tout le challenge que devront supporter les Gouvernants du Maghreb.

Pour rechercher une productivité maximale et un prix des plus compétitif, et afin de justifier leur implantation au Maghreb, les entreprises étrangères qui vont investir s’orienteront sur des machines technologiquement de plus en plus performantes et complexes.
Le choix du pays se portera sur le facteur humain, sur un personnel qualifié, formé capable de maintenir les machines et de répondre aux exigences de l’évolution des technologies, le défi sera de permettre aux salariés d’accéder et de s’adapter à ces technologies.

La mondialisation a comme principal corollaire que la plupart des entreprises internationales disposent des mêmes outils et moyens de production et sont capables de reproduire à l'identique des objets ou des procédés qui s'adresseront de plus aux même marchés.
En réaction à ces pressions multiples, pour être compétitive, l’entreprise maghrébine devra faire face à des enjeux de réactivité, de flexibilité, d'optimisation des ressources et de performance. Les structures existantes s’en trouveront changées et de nouvelles organisations du travail introduites.
La différence se faisant alors sur les ressources humaines qui deviennent la principale richesse et valeur de l’entreprise.

Pour le Maghreb développer la matière grise, l’éducation, la formation devra être le souci premier.
Article paru dans la revue Classe Export en 2001

L'industrie agroalimentaire au Maghreb

L’industrie agroalimentaire au Maghreb est confrontée à plusieurs défis majeurs, à la mise en place de la zone de libre échange euro-méditerranéenne, à la libéralisation du commerce international, à la mondialisation, à la croissance de la demande alimentaire et à une urbanisation rapide.

Les pays du Maghreb dépendent des marchés de l’Union européenne pour leurs produits dits méditerranéens à savoir les fruits et légumes, l’huile d’olive, et les vins. Et cela engendre une concurrence accrue entre les pays méditerranéens de l’UE et les pays de l’Est de la Méditerranée.

De plus, la multiplication des cultures sous-serre a tendance à remettre en cause la complémentarité naturelle entre les productions maraîchères de contre-saison du Maghreb et de l’Est de la Méditerranée et les productions méditerranéennes de l’Europe.

Il existe également un compétitivité entre les deux rives que le coût de production tels que: la qualité, la différenciation des produits, la conservation ainsi que la capacité à répondre à l’évolution du marché (rapidité du transport, adaptation de la production en fonction de la demande, modification de la qualité pour répondre à l’évolution des préférences).
Compte tenu de l’importance de ce secteur pour l’exportation, les producteurs du Maghreb devront mettre à niveau leurs outils de production et leurs ressources humaines, s’adapter aux produits de qualités et aux exigences internationales, innover, trouver de nouveaux marchés et être plus compétitifs.

Dépendant largement des aléas climatiques, cette industrie agroalimentaire doit faire face aux mutations et s’orienter de plus en plus vers la transformation, la conservation, et la commercialisation des produits agricoles en direct.

Car l’industrie alimentaire maghrébine doit faire face aussi aux appétits des géants mondiaux du secteurs tels Danone, Nestlé, Unilever qui s’allient ou rachètent les entreprises locales pour s’assurer de la production, de la distribution et de la communication, en imposant un savoir-faire qui à déjà fait ses preuves en d’autres lieux.

Ces groupes apportent de la valeur ajoutée, des produits de qualité, des techniques de commercialisation, et possèdent les pratiques des réseaux de distributions que sont les Carrefour, Auchan ou Géant Casino qui se sont implantés au Maghreb.

Avec la télévision par satellite tous les maghrébins connaissent les produits Danone ou Nestlé, et il est difficile pour les acteurs locaux de résister à une telle concurrence.

Conscientes de ces enjeux les autorités maghrébines ont encouragé des programmes de développement et de privatisation pour relancer ce secteur stratégique et assurer la survie d'une partie des entreprises de ce domaine.

Algérie :

L’agroalimentaire est l’un des secteurs ou l’investissement privé (51% de l’ensemble des investissement en 2000) s’est le plus impliqué, encouragé par l’ouverture à l’économie de marché et un plan national de développement de l’agriculture (PNDA).

Pour relancer cette activité l’Etat a accepté de mettre en concession des terrains pour 99 ans, et espère la mise en valeur de 900 000 ha de terre agricole. Le PNDA lancé en juillet 2000 a contribué à la création de 123 000 emplois.

Le PIB agricole s’est accru de d’environ 16% entraînant la création de plus de 2000 entreprises agricoles et d’une trentaine en agroalimentaire.

Malgré cela, le secteur alimentaire ne parvient pas encore à satisfaire la demande intérieure du fait de l’explosion démographique et de la croissance économique, et est dépendant pour environ 83% des importations.

Le gouvernement algérien a adopté des actions en faveur de la modernisation des exploitations viticoles, et il espère ainsi accroître l’exportation de vin de table, plus rentable et compétitif.

La production algérienne d'agrumes est plutôt faible malgré l’ancienneté des vergers et les rendements sont insuffisants. Un programme national de développement agricole prévoit l'arrachage de 5.000 hectares, la plantation de 25.000 hectares, et le développement de l'irrigation.

Les Algériens sont les plus gros consommateurs de lait du Maghreb, la demande de consommation est deux fois supérieure à l’offre d’où la nécessité d’importation environ plus de 2.200 millions de litres. La consommation de légumes secs par an est également fortement importatrice

L’agroalimentaire publique cède rapidement la place au privé, de nouveaux groupes algériens Cévital, Batouche, Yahiaoui, symbolisent le dynamisme de cette activité, des nouvelles usines se créent, des partenariats se nouent Gefi et Yoplait, Flash Algérie en partenariat avec une firme espagnole pour constituer une usine de confiserie.

L’essor du secteur agricole a entraîné celui de l’industrie agroalimentaire mais pour être compétitif face aux autres pays méditerranéens il faudra attirer des investisseurs étrangers qui pourront apporter leur savoir-faire, leur réseau de distribution, leur connaissance dans la logistique et la transformation des produits.

L’expansion des industries agroalimentaires, fortes consommatrices d’emballages, la qualité du conditionnement et les caractéristiques de conservation deviennent des éléments déterminants dans le choix des consommateurs algériens, offrent des perspectives aux fournisseurs en équipement de matériel pour le conditionnement alimentaire.

Tunisie :
Avec plus de 4700 unités, le secteur agroalimentaire constitue une des composantes essentielles de l’industrie tunisienne (59% des industries agroalimentaires concernent les céréales et dérivés, 32% concernent les huiles).

Le Gouvernement a mis en place, un vaste programme de mise à niveau du secteur agricole et de l’industrie agroalimentaire, la restructuration de l’outil de production, la modernisation des usines de transformation, des normes draconienne de qualité et de sécurité alimentaire, permettant ainsi aux entreprises d’être plus compétitives.

L’avantage comparatif de la Tunisie dans la logistique, la transformation, et la commercialisation ainsi que l’essor qualitatif et l’amélioration de la production a entraîné l’arrivée de nombreux investisseurs privés étrangers (le secteur compte 71 entreprises à participation étrangère dont 10 sont à capitaux 100% étrangers).

En 1999, l’industrie agroalimentaire a occupé la première place en matière d’investissement, suivi du secteur des industries textiles et de l’habillement.

L’accord d’association signé en 1995 entre la Tunisie et l’Union européenne va accroître les échanges et encourager les investissements notamment dans le conditionnement, la transformation, et la préparation de plats cuisinés.

L'industrie de la pêche tunisienne et l’aquaculture présentent de nombreuses opportunités notamment dans des unités de congélation pour pouvoir stocker le poisson et de transformation du poisson, la demande en biens d'équipements à destination de la filière pêche devrait s'accroître. Le littoral renferme des richesses poissonnières exceptionnelles en Méditerranée, dont une large part est inexploitée, au niveau de la côte Nord.
Le Gouvernement tunisien a fait de l’agriculture biologique un des axes majeurs du développement du secteur pour les années a venir: les superficies en produits biologiques ont atteint 16.900 hectares en 2001 contre 8.900 hectares en 2000. 12.500 hectares concernent la production d'olives, 260 hectares la production de dattes. Le Groupe Horchani Dattes s’est fait connaître sur les marchés européens pour la qualité des produits bio.

Les exportations agroalimentaires ont atteint 480 millions d'euros, les importations 350 millions d'euros. L'huile d'olive représente 63% des exportations totales.

Les exportations tunisiennes de dattes en 2000-2001 ont atteint 36.000 tonnes, contre 27.000 tonnes pour la saison précédente. La performance est due à une meilleure sélection des variétés, parmi lesquelles la Deglet Nour, et à des actions de promotion efficaces, 81% des exportations ont concerné les pays de l'Union européenne.

Maroc :
L’industrie agroalimentaire marocaine est confrontée aux même défis que l’industrie tunisienne, effort de mise à niveau et implantation de démarche qualité pour conquérir de nouveaux marchés, aux mutations socio-économiques, à l'importance de la part de ce marché à l'exportation (23.5% des exportations totales).

35% du tissu industriel est composé par l'industrie agroalimentaire, c’est un secteur en mutation qui cherche ses marques, il a certes beaucoup à gagner avec l’accord d’association qui lie le Maroc et l’Union européenne mais il gagnera encore plus à améliorer sa compétitivité.

Le gouvernement marocain encourage l’exportation vers de nouvelles régions aux potentialités croissantes tels l'Europe de l'Est, l'Asie et quelques pays arabes, et a mis en place des mesures pour assister les entreprises en matière de qualité et améliorer leur productivité, avec la création d’un centre technique pour l’industrie agroalimentaire.

Les autorités marocaines ont décidé d’améliorer la qualité du lait et libéraliser le marché de promouvoir un cheptel de qualité et encourager l'innovation en abaissant les droits de douane sur les importations d'équipement pour les laiteries.

L’industrie agroalimentaire comptait à fin 2000 près de 1.700 établissements, soit un quart des unités industrielles nationales, représentant 35% du total du secteur industriel.

Pour préserver ses parts de marchés, l’industrie agroalimentaire marocaine a beaucoup investit dans la qualité répondant ainsi aux exigences internationales. Le secteur a exporté pour 8,3 milliards de DH dont l'essentiel concerne les conserves de fruits, légumes et poissons.

Comme dans les autres pays du Maghreb c’est un secteur qui connaît une croissance soutenue et présente des perspectives de développement et d’opportunités d’investissement très importantes, notamment au niveau de la transformation pour les produits agricole et halieutiques.

L’industrie agroalimentaire marocaine s’est diversifié vers les surgelés, en devenant rapidement un des leaders de la fraise et de l’abricot sur le marché européen pour la pâtisserie et les laitages. Mais le coût de l’énergie ne permet pas à l’heure actuelle de développer ce secteur aux opportunités réelles.

Les consommateurs occidentaux ont pris conscience de la nécessité d'un retour à la nature et de consommer sain d’où l’essor de la production bio et l’encouragement aux investissements, car les coûts de revient sont faibles. Certaines filières se sont facilement reconverties, comme la culture de légumes, d’agrumes et de céréales.

La culture bio nécessite un savoir-faire et des techniques particuliers qui font encore défaut au Maroc d’ou l’appel aux partenariats étrangers.

L’industrie agroalimentaire marocaine se tourne également vers de nouvelles filières telles que les plantes aromatisées et les pépinières.

En mon sens les nouvelles orientations pour l’industrie agroalimentaire au Maghreb sont :

- Développer les moyens d’information pour avoir une meilleure connaissance des marchés
agroalimentaires, pour répondre aux tendances de la consommation alimentaire , identifier les
attentes en produit de qualité des utilisateurs.
- L’Europe doit aider les pays du Maghreb à diversifier leurs exportations et donc à trouver
d’autres débouchés hors Europe?
- Faire appel et être accompagner par des experts du commerce international dans l’exploration
des nouveaux marchés.
- Favoriser le développement de la main-d’œuvre, de sa formation et son adaptation aux
mutations technologiques, professionnaliser le secteur.
- Améliorer les procédés de conditionnement, la chaîne du froid pour orienter leurs exportations
vers des débouchés où la demande est la plus forte comme par exemple les produits à forte
technologie ajoutée (les produits frais, ou surgelés).
- Développer la recherche agroalimentaire, la sécurité des aliments, la gestion des risques
sanitaires, harmoniser les normes.


Article est paru en 2001 dans la revue Classe Export.

jeudi 10 janvier 2008

Les enjeux de l’élargissement à l’Est pour les pays méditerranéens

La nouvelle donne de l’Europe à 27 avec ses 492 millions d’habitants en perspective, change la perception de l’Union européenne dans les pays méditerranéens et la place accordée au projet de zone libre-échange Euromed, suscitant inquiétudes, interrogations, et mobilisation des gouvernements et des opérateurs économiques.
C’est un défi stratégique pour les pays de la rive Sud, car l'élargissement ne se discute plus. C'est un fait, considéré par tous comme légitime.

Pour l’Union européenne, cet élargissement présente l’avantage d’étendre la zone de stabilité à tout le continent européen afin d’éviter les conflits et préserver la paix, mais également de stimuler la croissance économique et commerciale.

L’Union européenne a choisi un autre mode de partenariat, appelé euro-méditerranéen, mais qui se fait dans un cadre spécial celui du libre échange. Lors de sa création en 1995 à Barcelone, le processus euro-méditerranéen fut un acte très ambitieux. Il donnait une vision globale impliquant à la fois les volets politique, économique et culturel, mais le constat est aujourd’hui amer et décevant se limitant strictement aux relations commerciales sans plus ni moins.
Certaines études sont clairement pessimistes parce qu'elles attestent que l'impact de la zone de libre échange est encore faible en terme de production des richesses et de développement socio-économique.

Alors, l’élargissement de l’Europe va-t-il accentuer ce déséquilibre et être un risque supplémentaire pour les pays méditerranéens et notamment ceux du Maghreb ?

L'adhésion de nouveaux pays va créer des liens supplémentaires entre les pays du Nord de l’Europe et la Méditerranée et modifier leur perception de la géographie car Varsovie n'est pas plus loin de la Méditerranée Adriatique que Paris de Marseille.

La perspective positive pour les pays méditerranéens, est qu’ils vont devenir les partenaires des nouveaux pays et que des marchés additionnels d’environ 120 millions de consommateurs s’ouvrent pour les exportateurs de la rive Sud.

En regardant de plus près, une concurrence frontale devrait se dérouler sur les produits à valeur ajoutée, tels que l’électronique, les composants électriques, la sous-traitance dans l'industrie automobile, la plasturgie, domaines importants pour les pays méditerranéens qui tablaient sur ces secteurs d’activités pour se moderniser.
Mais le choc concurrentiel sera fort dans un premier temps.

En revanche, les industriels du textile se félicitent de l'élargissement en tablant sur une hausse du niveau de vie et des salaires des nouveaux membres qui devraient voir leur compétitivité inversement décliner dans les secteurs à forte main d’œuvre, un constat d'autant plus d'actualité avec la forte appréciation de l'euro face au dollar qui, mois après mois, grignote la compétitivité des produits européens.

L’élargissement à l’Est fait craindre une nouvelle vague de délocalisation, d’implantation de sites industriels. A priori les PECO cumulent effectivement des atouts pour attirer les investisseurs en quête de gains de productivité, mais la plupart des experts soulignent que l’intérêt à délocaliser sa production à l’Est va diminuer à la faveur de l’élargissement, car le salaire réel et par conséquent le coût du travail va augmenter dans ces pays au même rythme que la production globale. En effet, les salaires dans les pays candidats vont suivre exactement ce qui s’est passé lors de l’introduction du Marché unique, à savoir, s’aligner graduellement.
Ainsi les salariés tchèques et hongrois viennent de subir les effets pervers de cette compétitivité, Flextronics a transféré la production de la X-Box en Chine et IBM a arrêté sa production de disques durs.

On peut espérer qu’à l’avenir les pays méditerranéens pourraient accueillir une part grandissante des investissements directs étrangers. Pour cela ils devront continuer à accélérer le programme d’ouverture de leur économie.

La structure des exportations des pays méditerranéens et particulièrement celle du Maghreb vers l'UE traduit une spécialisation de type pays en voie de développement : le Textile-Habillement et les produits agricoles constituent les 2/3 des exportations du Maroc et de la Tunisie tandis que l'énergie représente 85% des exportations algériennes

Les PECO disposent eux, d'une spécialisation moins marquée traduisant une base économique plus large, leurs points forts à l'exportation se situant dans l'agroalimentaire, la filière bois-meubles, les produits sidérurgiques et les métaux non ferreux.

Les avantages comparatifs des PECO par rapport aux pays méditerranéens : formation et qualifications de la main d’œuvre, existence d'un tissu industriel, proximité géographique et diversité des modes de transport,…tendront progressivement à s’amenuiser.

Pensons à la Tunisie, qui a fait du développement humain (formation, éducation, santé, culture) un axe prioritaire de son Xème Plan pour l’attraction des investissements.
Mais c’est peut-être dans le domaine de l’immigration que l’élargissement de l’Union va poser le plus de problème aux pays méditerranéens et plus particulièrement aux pays du Maghreb.
Les ressortissants des PECO, intégrés à l’Union, pourront y circuler et travailler librement, tandis que les travailleurs du Sud resteront soumis aux même restrictions qu’aujourd’hui. Les pays de l’Europe de l’Ouest redoutent cet afflux de travailleurs de l’Est après l’élargissement. Toutefois les pays qui le souhaitaient, peuvaient maintenir leurs frontières fermées jusqu’à sept ans après l’élargissement et protéger certains secteurs fortement exposés à la concurrence tel que celui des transports. Rare sont ceux qui appliquent cette régle.

L’autre point d’achoppement entre les pays méditerranéens et l’Union européenne est la part de l’aide consacré au développement.
L'analyse des flux financiers de l'Union vers la rive Sud d'une part et les douze pays adhérents d'autre part montre que globalement les populations du Sud ont reçu en 1998, environ 4,5 euros par habitant contre 23 pour leurs homologues de l'Est, soit un rapport de 1 à 5, alors que les niveaux de développement, les besoins en modernisation et en infrastructures devraient militer pour une inversion de ce ratio.

Autre exemple de distorsion, dans le cadre du programme Phare institué en 1990 en faveur des pays de l'Est, l'enveloppe était de l'ordre de 16 milliards d'euros, pour la période allant de 1990 à 1999, soit une moyenne annuelle de 1,6 milliards d'euros. Pour les pays méditerranéens, le programme Meda, lancé en 1996, était doté d'une enveloppe de 4,5 milliards d'euros, soit une moyenne annuelle de 0,9 milliards, sans oublier les difficultés dans les procédures et les lenteurs de mise en œuvre des projets. Les pays de l’Est ont bénéficié de la création de la Banque Européenne d'Investissement, alors que la Banque Méditerranéenne d’Investissement n’a pas vu le jour, seulement un guichet dépendant de la BEI.

Quand on sait que le coût de l’élargissement est évalué par la Commission européenne à 60 milliards de d’euros entre 2000 et 2006, la crainte des pays méditerranéens d’un détournement de la contribution financière de l’Union n’est pas à prendre à la légère.

Les économies méditerranéennes et notamment maghrébines assistent en outre à l'intégration européenne alors que la création de leur propre marché régional est toujours en panne.
Plus de 18 ans après sa proclamation, l'Union du Maghreb arabe (UMA, Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie et Libye et maintenant l’Egypte qui demande un statut d’observateur) n'a pas dépassé le stade des bonnes intentions et reste bloquée par la rivalité entre le Maroc et l'Algérie sur l'épineuse question du Sahara-Occidental.

Paradoxalement, les pays PECO bénéficient eux de l'existence d'une région économique favorisant l'échange inter-PECO dominés par la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne.

Les relations historiques et bilatérales qui existaient du temps du « rideau de fer » avec Moscou et chacun des pays dits satellites, se poursuivent aujourd’hui à une différence près, c’est l'Union européenne qui est devenu le principal partenaire.

Ce glissement vers l'Union européenne se traduit par un accroissement de la part de l'échange avec l'Europe de 30% en 1990 à 65% de nos jours alors que les échanges inter-PECO représentent 20% du total des échanges.

Le constat est formel, et tous les experts le reconnaissent seul une Union du Maghreb voire arabe serait susceptible d'élargir la taille du marché, favoriserait le développement des échanges commerciaux et offrirait aux entreprises l'occasion de réaliser des économies d'échelle, qui constitue un handicap de taille pour les économies des pays arabes et du Maghreb en particulier.

Face à l'élargissement à dix pays supplémentaires, l'un des principaux défis de l'Union européenne est celui de la Méditerranée : il est primordial pour une question d’équilibre que cet élargissement ne se fasse pas au détriment des pays du Sud, et en particulier des pays du Maghreb.

L'Europe a tout à perdre, son objectif sera de maintenir une répartition saine dans les relations commerciales, et cesser de penser l'immigration seulement dans une optique sécuritaire défensive mais également dans une optique du développement, et pour cela maintenir ses investissements et les transferts de technologies.

Sur le plan des échanges commerciaux avec cette nouvelle Europe en construction, outre le maintien de l'équilibre régional, il faudra améliorer la connaissance réciproque entre les pays de l’Est et les pays Méditerranéens. La Slovénie, la Slovaquie et la Slavonie (province croate) ne doivent pas être confondues. Les pays méditerranéens doivent être aussi chacun considérés séparément.

L'Union européenne même élargie aura besoin de ses autres partenaires du sud, et c’est à elle de jouer son rôle de fédérateur en rassemblant tous ses partenaires autour d'un projet porteur qui aura l'adhésion de tous et qui pourra bénéficier à tous.

Pour atténuer les craintes et dissiper les doutes, un afflux de touristes des pays PECO serait le bienvenu, car tous les gouvernements de la zone méditerranéenne espèrent secrètement à un moment ou un autre profiter de leur croissance économique et de leur augmentation du pouvoir d’achat.

Euromed une zone de prospérité partagée ?

La mondialisation et la régionalisation étant devenues les caractéristiques indispensables de l’économie mondiale, la constitution de zones économiques régionales, dans un contexte d’interdépendance croissante, s’avère impérative.

D’où la volonté de l’Union européenne et des pays tiers méditerranéens de créer une zone de paix, de stabilité, et de construire un espace de prospérité partagée par l'instauration progressive et régulée du libre-échange.

Le développement économique constitue la base de cette stabilité. A cette fin, l’Union propose la mise en place, à l’horizon 2010, d’une zone de libre-échange entre l’Europe et chacun des pays tiers méditerranéens, mais aussi entre ces pays.

La Conférence de Barcelone, les 27 et 28 novembre 1995, a solennisé l’instauration de ce partenariat.
Afin d’atteindre les objectifs assignés, un certain nombre de conditions doivent être réunies et satisfaites :

· La réduction des barrières tarifaires
· Pour attirer les investisseurs et compenser les pertes dues aux démantèlements tarifaires, il
faut une stabilité économique, une réforme du cadre juridique, et une réduction de la dette
extérieure
· Afin de créer de nouveaux emplois et surseoir aux flux migratoires, un politique sociale devra
être mise en œuvre avec de programmes de formation, amélioration du système éducatif, de la
santé..

La démarche proposée par l’Union est réellement novatrice. En rétablissant la symétrie dans le libre-échange pour les produits industriels, elle place les pays méditerranéens en position de partenaires économiques à part entière et attribue pleinement au marché le rôle de stimulant du développement.

De ce fait, elle diminue ainsi la dimension d’assistance dans ses relations avec les pays méditerranéens, et elle les incite au travers de :

· L’amélioration des systèmes de certification, leur reconnaissance et harmonisation
· L’adoption des règles d’origine pour la coopération douanière
· L’harmonisation des législations avec les règles et pratiques européennes
· L’adoption des normes optimales de protection de la propriété intellectuelle ;
· L’adoption des règles de concurrence analogues ;
· La poursuite et le développement des politiques basées sur l’économie de marché et
l’intégration des économies des pays de la région ;
· L’ajustement et ma modernisation des structures économiques et sociales ainsi que le
développement du secteur privé et de la politique sociale conséquente et adéquate ;
· La promotion des mécanismes favorables aux transferts technologiques…

et d’actions de coopération, au libre-échange entre eux, mais aussi avec les PECO.

Cette transition de l’aide au partenariat est la volonté de mettre en œuvre une politique plus audacieuse, à même de répondre aux défis auxquels devraient faire face les pays méditerranéens et de bâtir avec eux une communauté de destin viable.

La coopération classique s’avérant insuffisante, plusieurs innovations ont été apportées, notamment le renforcement des éléments de conditionnalité de l’assistance financière (programme MEDA) en liant une partie des aides au rythme d’avancée des réformes.

La réussite du processus suppose néanmoins de réunir plusieurs conditions.
En premier lieu, cette réussite dépend de la qualité des politiques d’accompagnement qui seront mises en oeuvre par les autorités des pays concernés, essentiellement de leur capacité à accélérer le rythme des réformes.

Elle dépend en second lieu de l’accroissement significatif du flux des investissements directs étrangers qui viendront dynamiser l’appareil productif et rééquilibrer la balance courante de ces pays.

Mais douze ans après que reste t-il de ce bel enthousiasme ?

Force est de constater aujourd’hui que le processus de Barcelone est plus ou moins dans une impasse, qu’il soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses, aucune vision stratégique ne se dégage qui pourrait ouvrir la voie vers cette réelle coopération entre les deux rives qui était envisagé.

Les citoyens des deux rives n'ont point été associé à cette belle initiative. L'événement est resté confiné auprès de quelques spécialistes, industriels, consultants, milieu associatif....

Alors pourquoi cette stagnation ?

Il existe à l’heure actuelle plusieurs handicaps et entraves :

· L'extrême complexité de sa mise en œuvre de ce partenariat qui concerne plusieurs Etats et leurs sociétés civiles.

· Le manque de détermination politique forte et un environnement régional en proie au doute après l’attentat du 11 septembre 2001 et vraiment pacifié, à celà s'ajoute la gestion des flux migratoires, le chomage des jeunes, la lutte contre le terrorisme et d'autres problèmes sous adjcents.

· Du côté européen, les erreurs d’appréciation et de comportement ont aussi été lourdes. La lenteur des ratifications par les parlements nationaux des quinze a été mal perçue par les partenaires méditerranéens. C’est la crédibilité même de la démarche européenne qui a été remise en cause.

· La perspective de l’élargissement à de nouveaux Etats membres va signifier davantage de compétition, d’arbitrages, de défense d’intérêts nationaux conflictuels, et la situation économique de certains Etats membres ne plaident pas vraiment pour une intensification du processus.

· Quant aux moyens financiers, le principe du partenariat repose essentiellement sur la mobilisation des financements compensatoires du programme MEDA et sur la logique de l'investissement direct des entreprises étrangères.

· Or, la difficulté de mise en œuvre des instruments économiques et financiers affectés à cette politique illustre les dysfonctionnements de certaines procédures communautaires qui, lorsqu’il s’agit de conduire des actions extérieures. Ainsi, une décision de financement dans le cadre de MEDA doit-elle satisfaire à plusieurs obligations administratives différentes, vérifiées une à une.

· L'accord Euromed passe quasiment sous silence le secteur de l'agriculture (l’exclusion de ce volet agricole et le refus de remettre en cause les objectifs de la politique agricole commune où les subventions des productions européennes pénalisent les productions vitales des pays méditerranéens), le développement des échanges sud-sud, l'état des dettes extérieures des pays du Sud.

· L'évolution des investissements directs et le flux des partenariats européens au Sud reste très en dessous du niveau attendu, et la coopération financière n’a pas touché les domaines essentiels à la croissance économique qui est celui de l’industrie.

· L’importance donnée au secteur de l’énergie est beaucoup plus favorable aux pays européens dont l’objectif est le renforcement de la politique énergétique de l’Union européenne.

· La faiblesse de la coopération technique et scientifique touchant principalement le transfert de technologie, la maîtrise des procédés de fabrications et sans aides techniques aux PME méditerranéennes il ne peut y avoir évolution.

En la matière, la vraie question est : pourquoi cette région est-elle moins attrayante que d'autres régions du monde qui ne sont pas mieux dotées en hommes ou en ressources naturelles ?

De multiples facteurs concourent à façonner un climat économique. Parmi elles, le poids de l'économie administrée, les lourdeurs bureaucratiques, l'insécurité des réglementations pour les opérateurs économiques, la taille et le poids des marchés, la situation géopolitique sont dénoncées.

Le plus souvent avec raison mais à t-on le droit de nier la volonté de pays tels que la Tunisie, le Maroc (qui ont lancé un grand programme de mise à niveau de leurs entreprises, restructuré le secteur bancaire, procédé à des privatisations, mis en place de politique de formation et d’éducation…) de l'Egypte, de la Jordanie qui ont déployé de réels efforts tant humains qu’organisationnel pour répondre à toutes ces critiques.

Alors la formule consacrée du processus de Barcelone "créer une zone de prospérité partagée" recouvre t-elle de la naïveté ou au pire de la tromperie ?

Je pense sincèrement que non, la complémentarité entre les économies des deux rives de la Méditerranée est-elle, qu’elle doit permettre aux pays méditerranéens en général et aux pays maghrébins en particulier d’amorcer un véritable décollage économique si le nouveau cadre de coopération qui a été revu lors des dernières Conférences de Marseille, Valence, Lisbonne consent un véritable transfert de technologie et des connaissances, l’afflux des investissements directs étrangers, et une aide financière mieux appropriée.

Les objectifs de Barcelone demeurent pertinents et doivent être redéfinis dans le cadre d’un partenariat mieux équilibré entre le Nord et le Sud, mais aussi dans le sens d’une nouvelle dynamique Sud-Sud, pour tenir compte de la nécessité d’un véritable co-développement.

Toute coopération a besoin de proximités humaines tout autant que géographiques.
Article paru dans la revue Classe Export en 2001