dimanche 30 novembre 2008

Christian Estrosi élu président du Réseau des villes Euromed

Nice va succéder à Marseille à la présidence du réseau Euromed. La ville a été élue pour une période de deux ans lors de la rencontre des membres du réseau, réunis aujourd'hui à l'occasion de la semaine économique de Marseille.
Christian Estrosi, le député-maire de Nice, s’était déplacé pour présenter la candidature de sa ville qu'il considère comme étant un symbole de ce que représente l'esprit euro-méditerranéen.
laprovence.com - le 21 novembre 2008
Le réseau des villes Euromed, réuni vendredi à Marseille, a élu la ville de Nice à sa présidence pour une période de deux ans, ont annoncé les villes de Nice et Marseille, qui présidait depuis 2007 cette organisation.
Les deux vices-présidences ont été attribuées à Fès (Maroc) et Jdeidé (Liban).
Le réseau des villes Euromed, créé en 2000 dans le prolongement de la déclaration de Barcelone sur la coopération euroméditerarnéenne de 1995, rassemble 37 villes européennes et 40 villes méditerranéennes. Il vise à accélérer la coopération en Méditerranée au niveau des villes. Des sessions de formation sont aussi organisées, par exemple dans le domaine touristique, ainsi que des opérations de lobbying auprès de la commission européenne, a précisé dans un communiqué la municipalité de Marseille.
AFP - le 21 novembre 2008

Rendez-vous au Menton Medias Méditerranée

Des journalistes venus des vingt-trois pays bordant la Méditerranée seront rassemblés du 16 au 18 janvier 2009 à Menton. Il s'agira du Menton Medias Méditerranée ou MMM, initié par le Club de la Presse Méditerranée 06 dont le siège est à Nice, avec le soutien de la ville de Menton. Cette manifestation sera ouverte au public.
Durant deux jours, les professionnels de l’information débattront des conditions d’exercice de leur profession dans le ou les contextes méditerranéens à travers des thématiques précises : les sujets traités, les angles choisis, les publics visés ; la place des femmes journalistes et la place des femmes méditerranéennes dans l’information ; la révolution des nouvelles technologies ; la formation des jeunes journalistes etc…
Les échanges auront d’abord lieu en ateliers puis un grand débat, ouvert au public, permettra de dresser un bilan approfondi de la situation. « Au moment où l’Union de la Méditerranée s’efforce de créer de nouvelles dynamiques, il faut partager la parole et, dans le domaine qui est le nôtre, celui de l’information, travailler à décloisonner notre Méditerranée. Nous ne savons pas si c’est possible, explique Dominique Antoni, le Président du Club de la presse Méditerranée 06, mais c’est très certainement nécessaire ».
Jean-Claude Guibal, le député-maire de Menton, par ailleurs rapporteur de la mission parlementaire d’information sur la construction d’une Union méditerranéenne, s’est montré très favorable à cette manifestation dans laquelle il voit de la part des Méditerranéens « une sorte d’attirance pour la confrontation, dans l’impatience de l’autre, dans l’attente de l’autre…jusqu’à rechercher dans l’adversité ou dans le conflit la part de vérité que chacun porte en soi ».
L’événement sera notamment marqué par la remise de deux prix : un prix attribué à un photojournaliste de l’association Fedephoto, qui par son travail dans les pays de la Méditerranée, aura trouvé le « regard juste », et le Prix Menton Medias Méditerranée, attribué à un journaliste qui sera ainsi récompensé pour son engagement professionnel en faveur d'une Méditerranée pluriculturelle, tolérante et volontaire pour un destin commun.
Christian Chesnot, journaliste à France Inter, ex-otage en Irak (2004) sera le « Grand Témoin » de la manifestation.L’antenne de Science Po Moyen-Orient, installée à Menton, est associée au MMM.
Un site
http://www.menton-medias-mediterranee.com est en ligne depuis le lundi 29 septembre 2008. Il permettra de suivre au jour le jour la mise en place du projet et servira de point d’inscription pour participer à la manifestation.
Par la rédaction du Club - http://www.club-presse-provence.com - le 27 novembre 2008

ARLEM,l’Assemblée des régions et des villes de la Méditerranée (ARLEM)

Luc Van den Brande, Président du Comité des Régions, a été invité par la co-Présidence franco-égyptienne du Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée à participer à la session d'ouverture de la réunion des 43 Ministres des Affaires étrangères du partenariat euro-méditerranéen, lundi 3 novembre à Marseille (France). Luc Van den Brande y a présenté les propositions du Comité des Régions sur la création d’une dimension territoriale à ce Processus, propositions qui ont ensuite été reprises dans les conclusions de la réunion ministérielle.
Dans les conclusions qu'ils ont adoptées, "les Ministres mettent l'accent sur la nécessité de promouvoir la mise en œuvre d'actions concrètes au niveau local et régional. Ils prennent aussi bonne note de l'avis du Comité des Régions du 9 octobre 2008 et de sa proposition de créer une Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM). Les Ministres appellent à une réflexion sur la possibilité d'impliquer l'ARLEM, une fois sera établie, dans le Partenariat euro-méditerranéen".

Par http://www.regionsmagazine.com/ - le 27 novembre 2008
Retrouvez plus de détails sur l'ARLEM dans l'avis du Comité des Régions
"Le processus de Barcelone: une Union pour la Méditerranée, quelle implication pour les collectivités territoriales?"

Lutte contre l'immigration clandestine : l’Algérie «héberge» l’observatoire méditerranéen

Il s’agit surtout de mettre en place une banque de données sur la situation de l’immigration clandestine en Méditerranée.
L’immigration: ce phénomène est devenu un véritable casse-tête chinois qui menace aussi bien les pays développés que les pays sous-développés. Les pays méditerranéens ne cessent de conjuguer leurs efforts afin de trouver les mécanismes fiables pour y faire face.
Vu sa situation géographique qui constitue un portail sur la rive nord, l’Algérie n’échappe pas, elle aussi, à ce fléau. Pour lutter contre l’immigration clandestine, notre pays a lancé un projet de création d’un observatoire méditerranéen.
L’annonce a été faite par Djamal Ould Abbès, ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l’étranger. Il sera mis en place à partir du mois de janvier prochain.
L’objectif de cet observatoire est de mettre en place des mécanismes de sensibilisation, des programmes de communication et une banque de données sur la situation de l’immigration clandestine en Méditerranée, a rapporté l’APS.
Rapportant les propos du ministre Ould Abbès, la même source précise que cette structure vise à élaborer un plan d’action sur les moyens de prise en charge des jeunes en situation d’émigration clandestine. Plusieurs élus et des représentants du mouvement associatif des pays de la rive nord comme la France et l’Italie y prendront part pour l’élaboration des premières étapes du projet.
Ce «cauchemar» empêche, également, les pays européens de dormir. S’engageant pour une meilleure «régulation» de ce phénomène, les pays européens tentent d’exporter leur plan de lutte au continent africain.Un programme de coopération triennal (2009-2011) a été adopté mardi dernier à Paris lors de la conférence euro-africaine. Cette conférence, 2e du genre après celle de Rabat en 2006, a vu la participation des 27 pays de UE et autant de pays africains. La question des faux papiers continuait l’axe principal de cette conférence.
C’est dans ce sens que la contre-fraude des documents figure parmi ce plan d’action adopté. Il a été aussi proposé de «renforcer le contrôle aux frontières» en aidant à «la création de postes frontières communs», rapporte l’AFP. Toutefois, cet accord «unanime» à propos du plan d’action ne cache, pas les divergences qui existent entre les eprésentants des deux continents.
Le Pacte européen sur l’immigration et l’asile, proposé par la France à l’occasion de sa présidence à l’UE et adopté par tous les pays membres, constitue la pomme de discorde lors de cette conférence. Un bon nombre de pays africains «rejettent» ce document.Les responsables africains estiment que la politique de migration européenne restrictive pourrait contribuer à l’augmentation des flux d’immigration irrégulière.
Des ministres africains n’ont pas manqué de demander l’assouplissement des conditions d’entrée en Europe, sous peine de voir les mêmes problèmes perdurer.
Lors de cet événement et afin d’organiser la migration légale, on envisage la création ou le renforcement, dans les pays d’origine, d’«agences spécialisées en matière d’emploi» à l’instar du Cigem récemment installé à Bamako (Mali) et financé par l’Union européenne.Le programme cherche à trouver un équilibre entre l’option européenne de l’immigration choisie en évoquant l’accueil de «travailleurs hautement qualifiés», et celle des Africains soucieux de «prévenir la fuite des cerveaux».
Tahar FATTANI - Lexpressiondz.com - le 27 novembre 2008

vendredi 28 novembre 2008

Les ministres euro-méditerranéens des affaires étrangères ont défini les futurs programmes de travail et domaines de coopération pour l’année 2009

Les ministres euro-méditerranéens des affaires étrangères, lors de leur réunion à Marseille, ont adopté une déclaration finale de 28 pages qui aborde les quatre thèmes suivants : les structures institutionnelles du « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », son programme de travail pour 2009, les domaines dans lesquels poursuivre la coopération en 2009 et l’état d’avancement de la mise en œuvre des projets dont la liste est mentionnée dans l’annexe de la déclaration de Paris.

Les ministres ont proposé qu’à partir de la réunion de Marseille, qui s'est tenue les 3 et 4 novembre, le nom du « Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée » devienne « Union pour la Méditerranée ». Ils ont décidé que la Ligue des États arabes participera à toutes les réunions à tous les niveaux afin de contribuer de façon positive aux objectifs du processus, à savoir l’établissement de la paix, de la prospérité et de la stabilité dans la région méditerranéenne.

Quant à la structure de l’Union pour la Méditerranée, il a été décidé, entre autres, que la coprésidence s’appliquera aux sommets et aux réunions, l’un des coprésidents provenant de l’Union européenne et l’autre des pays partenaires méditerranéens. Le siège du secrétariat se situera à Barcelone.

Les ministres ont établi une liste indicative des réunions ministérielles pour 2009, dont quatre qui se tiendront pour la première fois et porteront sur des projets de développement durable, sur la sécurité alimentaire, sur l’agriculture et le développement rural, sur la justice, la liberté et la sécurité et sur le développement humain.

Les domaines de coopération à poursuivre sont : Le dialogue politique et sécuritaire, la sécurité maritime, le partenariat économique et financier (énergie, transport, environnement, société de l’information, tourisme) et la coopération sociale, humaine et culturelle.

Les ministres ont défini les actions à prendre en vue de réaliser l’établissement d’une zone de libre échange euro-méditerranéenne. Ils ont aussi souligné l’importance du rôle de la fiabilité des statistiques, facteur important dans les prises de décisions, et ils ont noté que les services statistiques dans les pays partenaires reçoivent une assistance technique du programme régional MEDSTAT II, qui se poursuit jusqu’en septembre 2009.

Ils ont aussi mentionné le rôle d’autres programmes régionaux financés au titre des domaines prioritaires de la coopération, comme Euro-Med Justice II et Euro-Med Police II.

Quant au renforcement du rôle des femmes dans la société, ils ont décidé de mettre place deux groupes de travail au cours de l’année 2009 afin de préparer la prochaine conférence ministérielle. Pour ce qui est de la coopération à la jeunesse, il a été dit que le programme EuroMed Jeunesse IV se poursuivra parallèlement au programme Jeunesse en action.

D’autres points à l’ordre du jour ont également été abordés, comme la nécessité d’une plus grande visibilité à donner au partenariat afin d’arriver à la compréhension et à l’acceptation ainsi que sa responsabilité et sa légitimité. Les questions de migration ont aussi été débattues et à ce sujet, le lancement du programme régional Euro-Med Migration II (2008-2011) a été souligné.

Les ministres ont pris acte d’une recommandation de l’Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne et ont rappelé que la position de cette dernière doit être renforcée et que son travail doit mieux s’articuler avec celui des autres institutions du partenariat. Ils ont également insisté sur la nécessité de promouvoir la mise en œuvre d’une action concrète au niveau local et régional et ils ont constaté l’importance du rôle et de la contribution de la société civile ainsi que des conseils économiques et sociaux et d’institutions semblables.

En ce qui concerne la mise en œuvre de projets inclus dans la déclaration de Paris (13 juillet), ils ont salué les progrès réalisés en matière de dépollution de la Méditerranée et ont constaté le travail accompli en vue du développement d’une « autoroute de la mer". En outre, ils ont fait référence aux avancées réalisées et ont proposé des suggestions en matière de protection civile et d’énergies alternatives : plan solaire méditerranéen, enseignement supérieur et recherche et initiative méditerranéenne de développement des entreprises.

Les ministres ont également réaffirmé leur engagement à arriver à une solution juste, complète et durable au conflit israélo-arabe et ils ont mentionné d’autres points nécessaires, notamment les pourparlers indirects entre Israël et la Syrie, sous les auspices de la Turquie, ainsi que l'établissement de relations entre le Liban et la Syrie.

Ils ont aussi salué le dévouement et l’intérêt qu’ont exprimés trois nouveaux membres du Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée, à savoir la Bosnie-Herzégovine, la république de Croatie et le Monténégro, auxquels s’ajoute l’Albanie, pour contribuer à la réussite de l’intégration des pays adriatiques dans les initiatives et projets actuels et futurs dans la région euro-méditerranéenne.

Les ministres des affaires étrangères du « Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée » se réuniront au cours du deuxième trimestre de 2009 pour faire le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du programme de travail pour 2009 et sur les projets convenus, en particulier les principales initiatives définies lors du sommet de Paris. À cette occasion, ils prépareront le sommet suivant, qui aura lieu en 2010.
Par Euromedinfo.eu - le 5 novembre 2008


Déclaration de Marseilles
Remarques de Javier Solana
Communiqué de presse de la Commission européenne (31 octobre)
EuroMed Info Centre
Union pour la Méditerranée

Quelles perspectives pour l’Union Pour la Méditerranée, par Georges Corm

L’initiative du président Sarkozy modifiera-t-elle en profondeur les relations entre les deux rives de la Méditerranée ? Georges Corm, ancien ministre des Finances du Liban, n’y croit guère : « l’expérience des quinze dernières années de coopération euro-méditerranéenne indique bien que les modernisations de façade n’entraînent pas nécessairement la dynamisation des économies du Sud et ne suppriment pas les immenses poches de pauvreté, de chômage et, dans certains pays, d’analphabétisme. »
Par Georges Corm au Monde Diplomatique,
« Union méditerranéenne », « Union pour la Méditerranée », finalement « processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », les dénominations successives du projet lancé par le président Nicolas Sarkozy reflètent à la fois son flou et les oppositions qu’il a rencontrées chez nombre de partenaires européens de la France.
Suggérée durant la campagne présidentielle française de l’an dernier, l’idée n’avait, selon tous les observateurs, qu’un seul objectif : trouver un cadre qui permette d’intégrer la Turquie au moment même où Paris s’opposait à son adhésion à l’Union européenne.
Depuis, le projet a pris plus de consistance, mais au prix de nombreux amendements, imposés notamment par l’Allemagne, à qui il est demandé d’être le bailleur de fonds principal du projet. Par ailleurs, sur le plan politique, la question est posée de savoir comment concilier l’alignement français de plus en plus marqué sur Israël et la volonté d’intégrer les pays arabes, qui refusent de normaliser leurs relations avec l’Etat juif tant que celui-ci ne se retirera pas des territoires arabes occupés en 1967. Les réticences algériennes ou libyennes ont confirmé les obstacles à surmonter.
Des nombreux séminaires et colloques tenus en France et au Maghreb depuis quelques mois, on peut déduire que les problèmes de l’environnement - notamment ceux concernant l’eau et l’énergie - feront l’objet de nouveaux programmes. De même, des questions plus traditionnelles, comme celles des marchés financiers, de la libéralisation et de l’ouverture économique, occuperont une place centrale sous couvert de stimuler l’investissement et donc la croissance.
Ce qui sera sans doute oublié, une fois de plus, c’est l’économie réelle des Etats du sud de la Méditerranée, et ce malgré un juste diagnostic de ses blocages. Une étude récente réalisée pour l’Agence française de développement formule à leur sujet un diagnostic réaliste et courageux : « Au sortir des ajustements macroéconomiques menés avec l’appui des institutions financières internationales, leurs régimes de croissance ne se sont pas redressés en raison de blocages internes profondément enracinés. Les diverses rentes stratégiques dont ils ont “bénéficié” ont largement contribué à durcir ces blocages.
Plus largement et sur une longue période, ces pays n’ont pas réussi à amorcer la convergence de leurs revenus par tête avec ceux des pays de la rive nord de la Méditerranée. Le rythme de l’activité y reste largement dépendant des ressources externes, la croissance ne relève pas d’un processus autoentretenu (1). »
La Méditerranée représente un espace d’imaginaires exubérants depuis la plus haute Antiquité. Elle constitue aussi un enjeu économique et stratégique majeur pour les Etats riverains, comme pour les voisins et pour toute puissance à vocation impériale. Du début du XIXe siècle jusqu’à la moitié du XXe, la France et le Royaume-Uni en dominèrent complètement la rive sud.
A partir des années 1950, la décolonisation attira d’autres acteurs, en particulier l’URSS et les Etats-Unis. La Méditerranée devint alors un important espace d’affrontement pour les deux protagonistes de la guerre froide. Le conflit israélo-arabe puis la guerre entre l’Irak et l’Iran eurent également des répercussions importantes. Les anciennes puissances coloniales, et plus largement l’Europe, se trouvèrent politiquement marginalisées, même si les échanges économiques, culturels et humains conservèrent une importance majeure.
L’Europe occidentale se mobilisa essentiellement pour la réalisation du Marché commun et son extension aux pays méditerranéens européens (Grèce, Espagne, Portugal, puis Chypre et Malte), et aux pays du nord de l’Europe (Finlande, Suède), à l’Autriche et aux pays d’Europe centrale libérés de la tutelle soviétique (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, pays baltes et, plus récemment, Bulgarie et Roumanie). La Communauté économique européenne (CEE) se transforma en marché unique, puis en Union européenne, dotée d’une monnaie unique.
Au cours des trente dernières années, les pays membres de l’Union, en particulier la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni, délaissèrent leur influence politique traditionnelle en Méditerranée. Impulsée par le général de Gaulle, qui refusait l’occupation israélienne des territoires arabes, la politique arabe de la France fut progressivement grignotée et marginalisée. L’enceinte de dialogue euro-arabe créée après l’augmentation des prix du pétrole en 1973-1974 ne donna guère de résultats concrets, à part quelques réunions d’experts, notamment sur la question des transferts de technologie. Cette évolution déçut les espoirs des gouvernements arabes de voir l’Europe s’impliquer plus fortement dans la résolution du conflit israélo-arabe (2).
Il est vrai que, dès le début des années 1980, les regards européens se tournent vers le conflit militaire entre l’Irak, supposé moderniste et laïque, et l’Iran de la révolution islamique « subversive ». La fin de cette guerre entraîne un répit de courte durée. L’invasion du Koweït par l’armée irakienne, en août 1990, et la disparition du régime soviétique, en décembre 1991, permettent aux Etats-Unis de s’installer définitivement comme le gérant exclusif des situations conflictuelles de la Méditerranée et de son environnement proche-oriental.
L’Union européenne et ses Etats membres méditerranéens acceptent - ou se résignent à - un rôle secondaire d’appui à la politique américaine. Loin de tenter de redresser la balance inégale entre Arabes et Israéliens, ils se replient sur le domaine de la coopération économique, du contrôle des migrations, de la libéralisation des échanges entre les deux rives de la Méditerranée, et du dialogue interculturel.
Ce sera l’objet du processus de Barcelone impulsé en 1995 (3), pendant du processus de paix israélo-arabe de Madrid (1991), lancé sous l’égide des Etats-Unis à l’issue de l’expédition militaire occidentale (et accessoirement arabe) pour libérer le Koweït. Dès Madrid s’affirme l’ambition de régler non seulement le conflit sur les territoires occupés par Israël, mais aussi de mettre en place une vaste zone de libre-échange méditerranéenne allant de la Turquie au Maroc et incluant Israël. Washington organise ainsi successivement des sommets économiques d’hommes d’affaires et de dirigeants politiques du monde entier, à Casablanca, en 1994, puis à Amman, au Caire et au Qatar.
Un projet de banque méditerranéenne, un temps évoqué, restera sans suite. Et les accords israélo-palestiniens d’Oslo déboucheront sur plus de misère et de souffrances pour la population palestinienne.
Alors que le processus de Madrid se solde par un échec complet, celui de Barcelone entraîne des conséquences plus durables (4), notamment la nette augmentation des engagements d’aide de la Commission européenne et de la Banque européenne d’investissement (BEI) aux pays tiers méditerranéens (5).
Une partie importante de ces flux sert à poursuivre et à approfondir la politique d’ajustement structurel et de modernisation institutionnelle - économique, commerciale et financière - lancée au début des années 1980, sous la conduite de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI).
L’objectif est clair : faire progressivement converger les deux rives de la Méditerranée autour d’institutions homogènes qui établissent l’économie de marché, le libre-échange (sauf pour les produits agricoles de la rive sud) et la libre circulation des capitaux (mais non celle des êtres humains), la gestion rigoureuse des finances publiques, l’indépendance de la banque centrale et l’orthodoxie dans la gestion monétaire. Dans l’optique quelque peu naïve des dirigeants européens, imprégnés des doctrines néolibérales anglo-américaines, cette convergence institutionnelle doit entraîner celle des niveaux de vie si contrastés d’une rive à l’autre.
Les accords d’association comportent également un volet politique relatif aux droits de la personne et à l’Etat de droit, certaines dispositions donnant un pouvoir à l’Union dans ces domaines (6). En dehors du cas de la Turquie, où les pressions de Bruxelles ont accéléré des réformes démocratiques, ce volet n’a guère porté de fruits dans les autres pays. Leurs gouvernements demeurent tous autoritaires ou semi-autoritaires, prenant prétexte de la peur de débordements islamistes pour brider les libertés.
Quant au conflit israélopalestinien, l’Union n’a jamais invoqué l’article 2 de son accord avec Israël pour exiger de celui-ci le respect des résolutions des Nations unies. Le processus de Barcelone donne rapidement des résultats économiques substantiels conformes aux canons de l’orthodoxie financière. Les privatisations se généralisent dans les domaines les plus profitables, notamment les télécommunications ; les tarifs douaniers baissent, et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) s’implante avec succès presque partout ; les Bourses locales prennent un peu de couleur ; les secteurs bancaires, florissants, s’ouvrent aux investissements étrangers ; les finances publiques apparaissent mieux gérées, la gestion monétaire des banques centrales se conformant aux règles internationales en la matière.
Pourquoi l’Union européenne décide- t-elle alors, en 2005, de créer un nouvel instrument pour remplacer le processus de Barcelone - la « politique de voisinage », qui regroupe les pays tiers méditerranéens et certains autres (Moldavie, Russie, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie et Ukraine) ?
Désormais, les fonds d’aide sont inscrits dans ce nouveau schéma, et chaque pays doit définir des priorités centrées sur les domaines qui intéressent l’Union. C’est notamment le cas de la coopération en matière de sécurité, avec le renforcement des capacités de contrôle des frontières afin de parvenir à juguler les flux migratoires clandestins en provenance de la rive sud et de son environnement africain, mais aussi d’une meilleure prévention du crime organisé et du terrorisme.

L’expérience des « tigres » asiatiques
Au-delà, la « politique de voisinage » prend acte de l’échec du processus de Barcelone dans le domaine politique : il n’a atteint ni l’objectif d’un apaisement des conflits, ni celui d’une normalisation entre Israël et ses voisins, clé d’une intégration de l’Etat juif dans son environnement méditerranéen. En réalité, l’Europe abandonne ainsi aux Etats-Unis la gestion exclusive - et tout à fait partiale - du conflit israélo-arabe.

Le nouveau projet français intervient moins de quatre ans après le lancement de cette politique. Cependant, avant même de voir le jour, il a déjà suscité des tensions et des querelles feutrées, en particulier sur deux sujets : la structure institutionnelle à mettre en place et la répartition des pouvoirs entre Européens et Arabes méditerranéens. Quel mécanisme coordonnera la nouvelle structure avec la Commission européenne et la direction qui s’occupe des programmes destinés aux pays méditerranéens ?
Comment seront répartis les pouvoirs de décision, au sein de la nouvelle structure, entre représentants des gouvernements arabes méditerranéens et des gouvernements européens ? Sans compter les rivalités entre dirigeants arabes se disputant les positions bureaucratiques de poids...

Ces disputes interarabes et intereuropéennes, comme les querelles d’appareils bureaucratiques au sein même de l’Union, font douter de l’efficacité de cette nouvelle initiative. Elle ne s’attaquera vraisemblablement pas aux problèmes de l’économie réelle des pays du sud de la Méditerranée, et a fortiori n’élaborera pas un programme sérieux et correctement financé de convergence des niveaux de vie. L’expérience des quinze dernières années de coopération euro-méditerranéenne indique bien que les modernisations de façade n’entraînent pas nécessairement la dynamisation des économies du Sud et ne suppriment pas les immenses poches de pauvreté, de chômage et, dans certains pays, d’analphabétisme.

A l’inverse, l’expérience des « tigres » asiatiques et leurs succès économiques comme politiques le montrent : l’aide au développement ne constitue pas la principale clé de la croissance. Celle-ci dépend en premier lieu des dynamiques internes et de la volonté collective de briser le cercle du sous-développement. De ce point de vue, le processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée n’y changera pas grand-chose.Les fondements rentiers des économies méditerranéennes ne créent pas les conditions d’un saut dans l’économie productive (7).
Publication originale Le Monde Diplomatique
Georges Corm est ancien ministre libanais des finances, auteur de La Question religieuse au XXIe siècle, La Découverte, Paris, 2006, du Proche-Orient éclaté, 1956-2006, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 2006, et de Orient-Occident, la fracture imaginaire, La Découverte, Paris, 2005.
Notes :
(1) Dans Jacques Ould Aoudia, Croissance et réformes dans les pays arabes méditerranéens (PDF), Agence française de développement, Paris, 2006, p. 16-17.
(2) Si, en 1980, à Venise, une réunion de chefs d’Etat des pays membres de l’Union européenne adopta une déclaration réclamant l’établissement d’un Etat palestinien, celle-ci ne fut suivie d’aucun effet.
(3) Lire Francis Ghiles, « Actualités du dialogue euroméditerranéen », et Jean-Pierre Séréni, « Le sud de la Méditerranée oublié », Le Monde diplomatique, respectivement novembre 2000 et mars 2003.
(4) Plusieurs Etats arabes établiront des relations politiques de niveaux différents avec Israël. Dans le domaine économique, l’Egypte et la Jordanie ont des relations d’échange officielles. La Jordanie a mis en place une zone franche jordano-israélienne dont les produits sont exportés notamment vers les Etats-Unis.
(5) Les déboursements effectifs seront très lents pour des raisons de nature bureaucratique, aussi bien au niveau de la Commission que des Etats bénéficiaires. Les taux de déboursement se sont améliorés ces dernières années, en particulier au Maroc et en Tunisie.
(6) Les accords d’adhésion à la zone euro-méditerranéenne de libre-échange ont été signés avec l’Egypte, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, la Syrie. Avec ce dernier pays, la ratification européenne n’a pas eu lieu, pour des raisons politiques. La Turquie a signé un accord d’union douanière et, comme on le sait, demande à devenir membre à part entière de l’Union.
(7) Lire Ahmed Henni, Le Syndrome islamiste et les mutations du capitalisme, Non Lieu, Paris, 2008.

jeudi 27 novembre 2008

Conférence interministérielle du Caire - EUROMED Santé

Conférence interministérielle du Caire - EUROMED Santé : Roselyne Bachelot propose un calendrier et des objectifs
Dans son discours d’ouverture de la réunion interministérielle du Caire - EUROMED Santé qui se déroulait les 16 et 17 novembre en Egypte, la ministre de la Santé a proposé à ses homologues des pays de l’Union pour la Méditerranée (UpM) deux objectifs à l’échéance de la réunion de l’OMS en mai prochain à Genève : un état des lieux des programmes sanitaires de coopérations multilatérales ou bilatérales existants ainsi qu’un point sur l’avancement des projets évoqués au cours de leur réunion.
Cette conférence réunissait les ministres de la santé des 27 pays de l’Union Européenne et des 16 pays du pourtour méditerranéen, sous une coprésidence franco-égyptienne. A cette occasion, Roselyne Bachelot a souligné « l’intérêt commun évident pour les membres de l’Union pour la Méditerranée à coopérer davantage et mieux dans le cadre de ce nouveau processus politique né le 13 juillet dernier ».
De même, elle a rappelé à ses homologues « qu’ils étaient ici afin de donner naissance à ce nouveau processus politique, en définir ensemble le cadre et débattre de ce que pourraient être les thématiques prioritaires des futurs projets dans le domaine de la santé ».

Deux objectifs d’ici 6 mois
Roselyne Bachelot a déclaré que la coprésidence souhaitait, d’ici la prochaine assemblée mondiale de la santé organisée à Genève en mai 2009, être en mesure de « transmettre aux Etats membres ainsi qu’au futur secrétariat de l’UpM» deux documents.
Le premier listerait « l’ensemble des programmes de coopérations multilatérales ou bilatérales qui existent déjà dans le secteur sanitaire » entre les pays membres.« Il en existe un très grand nombre, qu’ils soient privés ou publics. La coprésidence de l’UpM fera appel à vous dans les semaines qui viennent pour nous aider à réaliser cet exercice de passage en revue de l’existant, des plus gros programmes de coopération jusqu’aux jumelages hospitaliers et aux actions des associations » a précisé Roselyne Bachelot à ses homologues.
La ministre a par ailleurs souhaité « une meilleure coordination de ces programmes, une mutualisation des expériences et leur évaluation, un partage de l’information, l’échange de bonnes pratiques » qui permettraient notamment de rendre ces programmes plus efficaces.

Le futur secrétariat de l’UpM en charge des nouveaux projets
Le deuxième document, quant à lui, ferait le point de « l’état d’avancement des projets évoqués au cours des deux journées de rencontres » du Caire. Roselyne Bachelot a par ailleurs rappelé que d’ici le mois de mai, le futur secrétariat de l’UpM sera entré en fonction et aura « justement pour tâche d’identifier, d’assurer le suivi et la promotion des nouveaux projets ainsi que la recherche de nouveaux financements et de partenaires pour leur mise en œuvre ».
Mypharma-editions.com - le 18 novembre 2008

Implantation de centrales solaires dans le Sahara ?

L’Union pour la Méditerranée vient de présenter son plan solaire méditerranéen. Parmi ses 60 propositions, l’une d’entre elles retient l’attention : l’implantation de centrales solaires dans le Sahara. L’idée est séduisante mais qu’en est-il de la réalité ? Alain Ferrière, spécialiste de l’énergie solaire au CNRS, répond à Planète Terra.

Planète Terra : Pour vous, l’installation de centrales solaires thermodynamiques dans le Sahara peut-elle être une solution aux besoins énergétiques des pays méditerranéens ?
Alain Ferrière : En terme de faisabilité, je dirai oui. Nous avons les capacités pour mettre en place des centrales. Les matériaux sont faciles à trouver : il s’agit essentiellement de verre et de métal. Les solutions techniques existent aussi pour le transport de cette énergie sur de grandes distances. Mais le problème majeur reste la question du stockage. Les technologies sont plurielles et comportent encore des faiblesses, des fragilités et un coût variable. Donc, même si on dispose des moyens techniques, il ne faut pas se précipiter sur ce genre de chantiers comme si c’était la réponse à tous les problèmes énergétiques du globe.

Une étude menée par le scientifique allemand Gerhard Knies montre “qu’un millième de la superficie des déserts suffirait à couvrir la demande mondiale en électricité”, qu’en pensez-vous ?
Il y a de nombreuse études faites sur le sujet. La capacité de production d’électricité du désert est colossale. La planète a des surface ensoleillées à revendre, c’est une réalité. Néanmoins, il faut rester réaliste. On ne peut pas transformer les déserts en vaste champs de panneaux solaires et se passer de toutes les autres formes d’énergie. Il faut se poser la question de la dépendance énergétique des pays, de la propriété des installations, du partage des connaissances, des populations locales et de la géopolitique. Il faut résolument aller vers ces technologies mais ne pas faire miroiter n’importe quoi.

Vous invitez donc à la prudence ?
De la prudence mais pas de frilosité non plus. C’est le problème de la France qui est restée en retrait sur le sujet. Alors que des pays comme l’Espagne ou l’Allemagne ont encouragé leurs entreprises à se lancer dans ces technologies, il y a déjà plusieurs années. L’Hexagone a un retard de quinze ans, surtout au niveau industriel. En tant que scientifique, je pense qu’il est primordial de développer de nouvelles technologies. Mais avant de vouloir trouver de nouvelles ressources d’énergie, la solution, c’est avant tout d’en limiter la consommation.
Lucile Brizais - Planete-terra.fr

Plan solaire méditerranéen et l'association des agences nationales de maîtrise de l'energie

L'association méditerranéenne des agences nationales de maîtrise de l'énergie
Ses objectifs
C'est une structure souple et légère, qui a pour but de renforcer le partenariat interrégional par l'échange d'expériences, de savoir-faire et de "bonnes pratiques".
Elle organise des événements comme par exemple l'exposition-conférence sur les technologies de maîtrise de l'énergie de Tunisie en 2000 et élabore des propositions conjointes à soumettre aux instances internationales comme les projets de développement de l'énergie solaire thermique ou celui sur l'environnement urbain cofinancés par le programme MEDA de la Commission européenne.
Son rôle et son importance devraient s'accroître dans le contexte actuel de renforcement des politiques de maîtrise de l'énergie dans la région; elle est par exemple partie prenante dans le suivi du volet énergie de la Stratégie Méditerranéenne de Développement Durable (SMDD).L'association MEDENER s'est positionnée comme un acteur actif de la nouvelle Union pour la Méditerrannée en étant partie prenante et acteur majeur du futur Plan Solaire Méditerrannéen.

Le Plan Solaire pour la Méditerranée
Dans un cadre de forte hausse de la demande énergétique dans le sud et l'est méditerranéen et de la lutte contre le changement climatique, un élément de réponse important pourra être le Plan Solaire pour la Méditerranée qui permettra de limiter les émissions de gaz à effet de serre, de réduire la vulnérabilité du système énergétique et de renforcer l'accès à l'énergie des populations isolées :
- Le Plan Solaire pour la Méditerranée pourra prévoir la construction de capacités additionnelles de production d’électricité bas-carbone, et notamment solaire, dans les pays du pourtour méditerranéen.
- La consommation d’une partie importante de l’électricité produite par le marché local, accompagnée de mesures de maîtrise de la demande et d’efficacité énergétique, contribueront à satisfaire les besoins domestiques en forte croissance des pays du sud de la Méditerranée.
- La participation des investisseurs privés et l'exportation d’une partie de la production vers l’Europe pourront être recherchées pour assurer la rentabilité des projets.
Les membres de MEDENER
Elle réunit à ce jour 12 organisations en charge de l'énergie dans les différents pays du pourtour méditerranéen :
Agence pour la Promotion et la Rationalisation de l'Utilisation de l'Energie (Algérie)
Institut pour la Diversification et l'Economie de l'Energie (Espagne)
Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (France)
Centre des Ressources d'Energies Renouvelables (Grèce)
Agence Nationale Italienne pour les technologies Nouvelles l'Energie et l'Environnement (Italie)
Centre National de Recherche sur l'Energie (Jordanie)
Association Libanaise pour la Maîtrise de l'Energie et l'Environnement (Liban)
Centre de Développement des Energies renouvelables (Maroc)
Centre Palestinien pour l'Energie et l'environnement (Palestine)
Centre de la Conservation de l'Energie (Portugal)
Centre National de Recherche sur l'Energie (Syrie)
Agence Nationale des Energies Renouvelables (Tunisie)
En savoir plus
Déclaration des Chefs d'Etats et de Gouvernements pour la création de l'Union pour la Méditerranée (PDF - 165K)
Dossier de Presse du Sommet de Paris pour la Méditerranée (13 juillet 2008) (PDF - 833K)
Déclaration de MEDENER pour un plan solaire méditerranéen (PDF - 948K)
MEDENER et son programme d'actions
Le projet AESTBM a pour objectif de contribuer à l’émergence d’un marché solaire thermique autonome et durable dans chacun des sept pays du sud et de l’est méditerranéen partenaires : Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Maroc, Territoires palestiniens, Tunisie.
AESTBM : application de l'énergie solaire thermique dans le bassin méditerranéen
(Source Dossier de presse du Sommet de Paris pour la Méditerranée)

Mobilisation internationale pour réduire les rejets en mer

Des spécialistes des pollutions marines sont réunis à Marseille afin d'améliorer la collecte et la gestion des résidus polluants produits par les navires marchands.
Un phénomène particulièrement sensible en Méditerranée où se concentre environ 15% du trafic maritime mondial et où accostent chaque année près de 13 000 navires de commerce.
Or chacun de ces navires peut produire jusqu'à une tonne de résidus huileux par voyage. Si l'on tient compte du total des rejets accidentels (écoulements, fuites, mauvaises déconnections de tuyaux) ou volontaires (déballastages clandestins en haute mer), la Méditerranée serait victime chaque année d'une marée noire équivalente à 35 catastrophes de type "Erika".
D'où l'intérêt de cette conférence dont le but est de trouver au plus vite de nouvelles parades, mais aussi de renforcer les dispositifs existants, notamment en incitant un plus grand nombre de ports à s'équiper en stations de déballastage.
Laprovence.com - le 25 novembre 2008

300 acteurs réunis à Paris autour du Plan Solaire Méditerranéen

Afin de faire avancer concrètement le Plan Solaire Méditerranée, Jean-Louis Borloo, en charge de toutes les questions développement durable dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée, a réunit ce samedi à Paris, plus de 300 acteurs intéressés par une implication directe dans ce plan.
L'Union pour la Méditerranée (UPM), lancée le 13 juillet 2008 par le Président de la République et qui regroupe 43 Etats, a pour objectif de promouvoir une nouvelle politique de coopération et de développement dans toute la région méditerranéenne.
Le Plan Solaire Méditerranéen (PSM) est un des projets phares de l'UPM. Il vise à accroître l'utilisation des énergies renouvelables et à renforcer l'efficacité énergétique de chaque pays et de la région dans son ensemble. Ses objectifs sont ambitieux :
- Construire 20 Gigawatt de capacités additionnelles de production d'électricité bas carbone, et notamment solaire dans les pays du pourtour méditerranéen, à l'horizon 2020.- Garantir la rentabilité et la viabilité des projets en exportant une partie de l'énergie produite vers l'Union européenne.- Maîtriser la demande d'énergie tout en augmentant l'efficacité énergétique et les économies d'énergie dans tous les pays de la région.
"La meilleure réponse commune"
Ce sont ainsi des représentants des gouvernements égyptiens, marocains, espagnols, syriens, italiens et grecs, commission européenne, administrations nationales,
investisseurs, entreprises et associations professionnelles, institutions financières, agences spécialisées… qui se sont réunis pour discuter des grands enjeux qui vont permettre d'atteindre les objectifs fixés par le Plan Solaire Méditerranéen, après la conférence de Paris et la réunion des ministres des affaires étrangères à Marseille les 3 et 4 novembre. Parmi eux:
- la mise en place d'un cadre réglementaire et de mécanismes incitatifs adaptés pour le développement des énergies renouvelables et des réseaux électriques dans tous les pays de la Méditerranée.- la définition et la mise en œuvre du
financement des projets afin d'assurer leur rentabilité.- la définition d'un cadre pour l'exportation d'électricité verte d'une rive à l'autre de la Méditerranée.- enfin, une première analyse des projets déjà proposés.
Pour Jean-Louis Borloo, ce "Plan Solaire Méditerranéen est la meilleure réponse commune que nous, pays du Sud, de l'Est, du Nord de la Méditerranée pouvons apporter aux grands défis de notre planète : demande d'énergie croissante, prix de l'énergie fossile très fluctuant et rareté de cette ressource, et surtout nécessité absolue de lutte ensemble contre le changement climatique. C'est ensemble que nous pourrons faire face aux grands défis énergétiques, climatiques et économiques".

Source : http://www.enviro2b.com/ le 24 novembre 2008

2éme réunion des experts de l’agriculture euro-méditerranéens

La promotion de la coopération euro-méditerranéenne dans le secteur agricole dans la perspective de l’établissement de l’Union Pour la Méditerranée (UPM), a été au centre de la deuxième réunion du groupe de travail sur l’agriculture tenue mardi 25 novembre à Gammarth, constitué d’experts du secteur des pays du pourtour méditerranéen et ce en présence de représentants de la commission européenne.
Le débat a porté sur quatre axes principaux, à savoir le développement durable en milieu rural dans la méditerranée, la promotion de produits de qualité et le développement des indications géographiques, la sécurité alimentaire : normes sanitaires et phytosanitaires et la coordination de la recherche agricole.
Il s’agit de mettre en place un cadre de coopération et de transfert de savoir-faire et d’expertise dans le domaine agricole entre les pays des rives nord et sud de la méditerranée ainsi que de définir une conception euro-méditerranéenne du développement des régions rurales, d’aider les communautés rurales à mettre en place des projets qui leur soit propre, de préserver les ressources naturelles ainsi que d’encourager des projets visant une croissance durable et de favoriser l’émergence de porteurs de projets à vocation agricole.
Les propositions et projets issus de cette réunion seront soumis à la réunion des ministres de l’agriculture méditerranéens devant se tenir d’ici la fin 2009 en Turquie.
Les ministres de l’agriculture de la Méditerranée réunis en février dernier à Saragosse (Espagne), avaient décidé la création de ce groupe d’experts avec l’appui du centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM), dans l’objectif de promouvoir l’agriculture et de la pêche méditerranéennes.

La pêche au thon rouge réduite

Les possibilités de capture de thon rouge en Méditerranée et dans l'Atlantique vont être réduites de 30% en deux ans en vertu d'un accord international conclu au Maroc, une baisse qui selon l'UE va soulager l'espèce menacée mais a été qualifiée de "honte" par le WWF.
Le quota total de pêche pour ce poisson très prisé, mais victime de surpêche chronique depuis des années, va être réduit de 28.500 tonnes cette année à 22.000 tonnes l'an prochain, puis à 19.950 tonnes en 2010, "soit une réduction de 30% en deux ans", a indiqué aujourd'hui la Commission européenne.
Le volume autorisé pourrait diminuer encore à 18.500 tonnes en 2011, sous réserve d'un réexamen de la situation en 2010.
Source : AFP - LeFigaro.fr - le 25 novembre 2008

Réunie à Marrakech depuis le 17 novembre, l’ICCAT (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique) a rendu la nuit dernière son verdict concernant la pêcherie du thon rouge de Méditerranée : autorisation de prise de 22 000 tonnes pour 2009 alors que les scientifiques recommandaient un niveau maximum de 15000 tonnes.
Une décision désastreuse et honteuse pour Greenpeace qui montre l’incapacité de l’ICCAT d’adopter la moindre mesure permettant de reconstituer le stock de thon rouge qui est au bord de l’effondrement.Durant les négociations, l’Union européenne a réussi à imposer des mesures en contradiction totale avec les recommandations des scientifiques en matière de réduction des captures et de protection des zones de reproduction du thon rouge.
Les Etats favorables à des mesures fortes pour la conservation du thon rouge, comme le Japon, les Etats-Unis, le Canada, le Mexique, le Brésil, la Norvège et l’Islande n’ont pas pu résister aux pressions de l’UE. En outre, la pression des pays européens a été si forte qu’ils ont même réussi à éviter d’avoir à restituer leurs captures illégales et dépassements de quotas de 2007.
« La partie est finie, le cynisme a prévalu et l’ICCAT a manqué la dernière chance pour éviter l’effondrement du stock de thon rouge de Méditerranée » déclare François Chartier chargé de campagne océan à Greenpeace France. « Le thon rouge est maintenant une espèce en danger, tout comme la pêche dont l’avenir est menacé. Il est temps de se tourner vers des conventions comme la CITES (Convention Internationale pour le Commerce des Espèces Menacées) pour imposer des mesures de restriction du commerce international.
La semaine de réunion qui vient de s’écouler a montré que l’ICCAT n’est qu’une farce, les gouvernements et l’industrie se sont livrés à un vaste marchandage pour sauver leurs intérêts et se partager les derniers thons. »
Greenpeace demandait une fermeture immédiate de la pêcherie, jusqu’à l’adoption d’un plan de gestion en conformité avec les recommandations des scientifiques. En d’autres termes : un niveau de capture réduit à 15 000 T, la mise en place de réserves marines sur les zones de reproduction, une réduction de la capacité ou encore la fermeture de la pêche pendant les périodes de reproduction.
« La France assurant actuellement la présidence tournante de l’Union Européenne, M. Barnier, ministre de l’agriculture et de la pêche, porte donc une responsabilité toute particulière dans cet échec. En privilégiant les intérêts à court terme de l’industrie, il se rend complice de l’effondrement annoncé du stock de thon rouge et de la disparition d’une activité millénaire », conclut François Chartier.
http://blog.greenpeace.fr/ - le 25 novembre 2008

Au chevet du thon rouge

Thon rouge : Conférence internationale pour réglementer la pêche
La Commission internationale pour la conservation des thonidés (CICTA), s’est réunie à Marrakech du 17 au 24 novembre pour décider de l’avenir du thon rouge de Méditerranée, menacé par la surpêche.
Écologistes, associations et pêcheurs ont des points de vue radicalement différents. La décision de l’Iccat devrait être connue cette semaine.
Marrakech a accueilli, du 17 au 24 novembre, les délégués de la Commission internationale pour la conservation des thonidés (ICCAT ou CICTA), organisme qui a en charge la régulation de la pêche au thon à travers le monde. A l’ordre du jour : la disparition du thon rouge qui risque de disparaître en Méditerranée, en raison de la surpêche dont il est victime.
Gravement menacé, avec 60 000 tonnes capturées en 2007 pour un quota autorisé de 29 500 tonnes, l’espèce n’arriverait plus à se reproduire à un rythme suffisant pour repeupler son territoire.
Quotas ou moratoire ?
Devant la menace qui pèse sur cette espèce, l’ICCAT prône une réduction du quota officiel à 15.000 tonnes par an. Une position que la France semble vouloir suivre mais que dénoncent vigoureusement les écologistes qui réclament un moratoire pur et simple. L’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) se range à l’avis de ces derniers.
L’Espagne et le Japon, respectivement exportateur et importateur principaux, seraient également favorables à cette proposition. L’avis est diamétralement opposé du côté des pêcheurs qui demandent un maintien du quota atour de 25 000 tonnes par an assorti d’une surveillance accrue des flottes.
Car, l’Association européenne des thoniers méditerranéens (Aetm), présente à Marrakech, affirme que le thon n’est pas menacé par une pêche contrôlée. Pour elle, le problème vient des pêches « sauvages » des pays du Maghreb, de la Lybie, de la Turquie ou encore de la Croatie. L’Iccat devra trancher et donner sa décision cette semaine.
Patrick Cros http://www.developpementdurablelejournal.fr 24 novembre 2008,
GREENPEACE
*PRENEZ UNE MINUTE POUR LIRE CE MAIL*
Bonjour, la population de thon rouge de méditerranée est sur le point de s'effondrer du fait d'années de surpêche.Les scientifiques estiment que la quantité de thon rouge pêchée équivaut au double des quotas légaux et à quatre fois le niveau maximal permettant aux thons de se renouveler !
La situation actuelle est complètement hors de contrôle et la pêche au thon rouge doit être immédiatement fermée. Pour sauver ce trésor irremplaçable de la Méditerranée, nous devons mettre la pression sur les gouvernements français, espagnol et italien principaux responsables de cette pêche intensive. Cette semaine a lieu la Commission Internationale pour la préservation du Thon d'Atlantique (ICCAT), aidez-nous à envoyer un message clair aux décideurs : la fermeture immédiate de la pêche au thon rouge !Vite ! il ne nous reste plus que 4 jours !
CLIQUEZ ICI POUR ENVOYER VOTRE MESSAGE :

FAITES LE SUIVRE A VOS PROCHES !

Le capital humain : une chance pour la Méditerranée".

Déclaration de l’Institut de la Méditerranée et du Cercle des économistes
Les 4èmes Rendez-vous Economiques de la Méditerranée se sont tenus à Marseille le 22 Novembre 2008. Ils ont conduit au constat suivant :
L’inadéquation tant dans les pays du Nord que dans ceux du Sud de la Méditerranée, des systèmes de formation académiques et professionnels, et ceci à tous les niveaux du primaire au supérieur, s’avère extrêmement pénalisante pour l’insertion des jeunes sur le marché du travail.
Ce diagnostic, rendu encore plus aigu du fait de la dégradation brutale de la situation économique mondiale, conduit aux conclusions suivantes :
- Le choc macro économiques que nous vivons fait que demain le Capital humain sera plus que le capital financier au centre d’un nouvel ordre économique mondial d’un new-deal planétaire, or cette crise est l’occasion unique pour l’Europe et les pays riverain de la Méditerranée de rebondir, de redéployer leur capital vers les secteurs de demain porteurs d’un nouveau modèle de croissance
- Il est urgent de coordonner la définition et de garantir, ensuite, pour tous, la maîtrise d’un même socle de base - maîtrise de la lecture, de l’écriture, des techniques de base de l’informatique, du calcul et d’une langue étrangère
- Il est indispensable d’identifier les cinquante métiers d’avenir indispensables dans la région euro-med ainsi que les compétences liées et de mettre en place un dispositif régional de mise à disposition de modules de formation et de formateurs.
- Il est nécessaire de développer un Erasmus tant pour les universitaires que pour les étudiants de sciences dures et appliquées
- Il faut enfin encourager la création de fonds spécialisés permettant la mobilisation de l’épargne privée pour les besoins éducatifs.

dimanche 23 novembre 2008

Assemblée Parlementaire de la Méditerranée : une charte pour la paix

Pendant 3 jours, la Principauté a été la capitale de la Méditerranée. A l’invitation de Stéphane Valeri, Président du Conseil national, 200 députés et sénateurs venant de 25 pays se sont retrouvés à Monaco pour débattre des actions à mener autour de la grande Bleue. Un rendez-vous auquel le Prince Albert II a apporté tout son soutien.
En juin 2006, les 25 pays à l’origine de la Conférence pour la sécurité et la coopération en Méditerranée ont décidé d’intensifier leurs relations en créant une institution plus fonctionnelle et plus démocratique au travers de l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée.
Pour la 3ème Session de l’Assemblée, c’est Monaco sous l’égide de son Conseil national qui accueillait ce rendez-vous tout particulier puisqu’a été lancée la Charte de la Méditerranée. Dans son discours d’ouverture des travaux le Prince Souverain a rappelé que « La situation géographique de la Principauté, son Histoire, sa culture, la passion qu’elle porte à l’espace méditerranéen la prédestinent à vous recevoir. Chacun de nos pays est singulier.
Mais ils peuvent, s’ils savent s’unir autour de desseins communs, représenter une authentique force. (…) Monaco, qui a engagé ces dernières années des efforts substantiels sur son territoire dans le domaine de l’environnement, est disposé à mettre en partage son expérience en cette matière au profit d’autres pays. »
Un discours partagé par Stéphane Valeri qui a rappelé que « Il y a deux ans naissait votre Assemblée, issue de la Commission de Coopération et de Sécurité en Méditerranée. En ces temps de plus en plus difficiles, la Méditerranée est au cœur de nombreuses turbulences qui agitent le monde. Dans une époque toujours plus agitée, toute initiative qui peut rapprocher les peuples protagonistes, et malheureusement, parfois antagonistes, répartis autour du Bassin Méditerranéen, doit, plus que jamais, être encouragée et aidée. »
D’autant que ce sont des thématiques clés qui ont été débattues pendant ces 3 jours : énergie, dialogue culturel et religieux, gestion régionale des ressources dont l’eau. Au cœur des discussions, le lancement de la Charte méditerranéenne qui servira de manifestation politique à l’Assemblée parlementaire de la Méditerranée où les engagements pour le processus de paix, de sécurité et de prospérité seront consacrés au nom de la population de la Méditerranée. Et là encore Monaco, comme le souligne le Prince Souverain a un rôle à jouer « Notre neutralité représente un précieux atout, à l’écart des clivages politiques hérités de l’Histoire qui, hélas trop souvent, opposent tel ou tel pays ».
Par par Nathalie Orvoën - http://www.monaco.mc/
Plus d’infos
http://www.apm.org.mt/

EuroMedScola: des lycéens des deux rives de la Méditerranée au Parlement européen

La première édition d'EuroMedScola a permis à 250 jeunes de 16 à 18 ans de débattre des principaux enjeux de la Méditerranée comme les migrations, l'éducation ou l'énergie et les transports.
Dans l'hémicycle du Parlement, les lycéens qui se sont mis dans la peau de députés de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (APEM), ont présenté leurs conclusions ce lundi à Hans-Gert Pöttering, président du PE et président en exercice de l'APEM.
"En organisant ces journées EuroMedScola, le Parlement européen tient à affirmer avec force que la coopération entre les peuples d'Europe et de Méditerranée est votre projet", a déclaré le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering, en conclusion de cette première édition d'EuroMedScola qui s'est tenue à Strasbourg dimanche 16 et lundi 17 novembre.
"C'est avec grand intérêt que j'ai pris connaissance des messages que vous avez élaboré conjointement sur des sujets aussi cruciaux que l'environnement, l'égalité des chances, l'éducation, les migrations et la liberté d'information. Ces messages sont pour moi, et j'en suis sûr pour l'ensemble de mes collègues députés, des sources d'information et d'inspiration : ils expriment votre regard, votre analyse et vos opinions sur des sujets dont vous êtes les premiers concernés. Ils démontrent aussi, et c'est le plus important, que la mosaïque des citoyennes et des citoyens d'Europe et des pays de la Méditerranée est capable de s'exprimer d'une seule voix sur des sujets d'intérêts commun".
Conclusions des groupes de travail
Parmi les messages qu'ils ont présenté au Président du PE, les jeunes souhaitent que "des programmes d'échanges entre les élèves des pays partenaires de l'Union pour la méditerranée" soient développés. Pour ces derniers, "la politique d'immigration devrait être davantage centrée sur l'intégration" qu'elle ne l'est actuellement. Ils conseillent aussi aux gouvernements de la région Euromed de "promouvoir les réformes éducatives permettant la diffusion de l'idée d'égalité des chances à tous les niveaux".
Par groupes de travail autour de thèmes relatifs à la région euro-méditerranéenne, les lycéens ont travaillé sur des thèmes "Education et Avenir", "Liberté d'information et culture citoyenne", "Migrations et intégration", "Egalité de chances, vecteur de démocratisation" et "Environnement, transport et énergies renouvelables".
Initiée par la présidence du Parlement européen avec le concours de la Commission européenne, EuroMedScola s'inscrit dans le cadre de 2008, Année du dialogue interculturel. L'objectif principal de cette rencontre était de sensibiliser les participants à l'importance du dialogue, du respect de la diversité culturelle et linguistique et du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vingt-sept délégations de l'Union européenne - une par Etat-membre -, neuf pays membres de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (APEM) (1), ainsi que l'Albanie et la Mauritanie ont participé aux premières journées EuroMedScola destinées aux lycéens âgés de 16 à 18 ans.
(1) l'Algérie, l'Egypte, le Maroc, Israël, la Jordanie, le Liban, l'autorité palestinienne, la Tunisie et la Turquie
Source : Commission Européenne (europa.eu.int) - Actualité publiée le 18 Novembre 2008

mardi 18 novembre 2008

"Méditerranée : une Union pour quoi faire ?" - Forum Citoyen

"Méditerranée : une Union pour quoi faire ?" - Forum Citoyen avec les députés européens - Jeudi 20 novembre 2008 - 18h00-21h00 - Bibliothèque de l'Alcazar- Marseille www.forumcitoyen.eu
Dans le cadre de la deuxième édition de la semaine économique de la Méditerranée, le bureau du Parlement européen à Marseille organise une rencontre grand public avec les députés européens jeudi 20 novembre à la bibliothèque de l'Alcazar sur le dialogue interculturel et les relations entre l'Europe et la Méditerranée.
Aujourd'hui se dessine un nouveau projet d'"Union pour la Méditerranée", de quoi s'agit-il ? Qu'en attendent les citoyens ? Ce projet peut-il contribuer utilement au dialogue entre les hommes et les cultures ? Le Parlement européen donne la parole au public à l'occasion de ce nouveau forum citoyen.

18h00 - 18h45 : Conférence d'introduction "Dialogue interculturel et Méditerranée" par Salah Stétié, poète et diplomate libanais, dernier ouvrage paru "Violence et Culture en Méditerranée ", ed. Actes Sud, mai 2008, il est aussi le traducteur en français de l'ouvrage "le prophète" de Gebrane Khalil Gebrane
18h45 - 20h30 : Débat public "Méditerranée : une Union pour quoi faire ?" avec les députés européens Jean-Luc Bennahmias (MoDem, Verts-ALE) Ari Vatanen (UMP-PPE-DE) Dominique Vlasto (UMP, PPE-DE) en présence de Pierre Deusy (DG Relex, Commission européenne)
suivi d'un verre de l'amitié..

Entrée gratuite, inscriptions et blog sur www.forumcitoyen.eu ou par tel : 04 96 11 52 90.
Contact presse :
Isabelle Coustet - bureau du Parlement européen pour le sud Est - 0637 682 638 ou 04 96 11 52 92 isabelle.coustet@europarl.europa.eu
Sandra Tiab - Chargée de communication - sandra.tiab@agencemars.com



Transports: recherche de fonds pour un réseau multimodal en Méditerranée

La recherche de fonds pour un futur réseau de transport multimodal pour la Méditerranée occidentale a été au centre d'une réunion des ministres de Transports européens et maghrébins lundi à Tunis, a constaté l'AFP.
La 5ème réunion du Groupe travail des ministres de Transports de Méditerranée Occidentale (GTMO), un forum dit "5+5", a rassemblé les représentants de cinq Etats du Maghreb (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) et de cinq pays de l'Europe du sud (Espagne, France, Italie, Malte, Portugal) avec le vice-président de la Commission européenne pour le Transport Antonio Tajani.
Le groupe a fait le point des "projets prioritaires" de coopération avec l'Union Européenne (UE), notamment la modernisation de l'axe ferroviaire transmaghrébin entre Tunis, Alger et Casablanca, l'amélioration des services et l'étude de faisabilité d'un TGV maghrébin devant relier Tripoli (Libye) à Casablanca (Maroc), via Tunis (Tunisie) et Alger (Algérie).
La recherche de fonds concerne aussi les "maillons transfrontaliers" manquant à la connexion de l'axe autoroutier à travers les pays du Maghreb.
La fermeture de la frontière entre l'Algérie et le Maroc n'a pas été évoquée durant la réunion, suivie par le secrétaire général de l'Union du Maghreb arabe Habib Ben Yahia.
Le ministre marocain, Karim Ghallab, a minimisé ce fait, préférant parler de "réalisations concrètes" de part et d'autre en attendant la réouverture.
Le président sortant du GTMO et ministre tunisien des Transports Abderrahim Zouari a indiqué que les projets identifiés dans le cadre du groupe étaient arrivés à l'étape de leur concrétisation, demandant des crédits souples et des taux préférentiels.
"Le financement est un élément déterminant", a-t-il lancé, déplorant l'insuffisance de fonds en provenance de l'UE. "Le volume de cette assistance varie de 1 à 40 entre les pays candidats à l'adhésion à l'UE et les pays de voisinage", a-t-il affirmé.
Le ministre algérien Amar Tou a exprimé la crainte de voir la crise financière freiner le développement de l'infrastructure routière et ferroviaire programmé jusqu'en 2013.
Les participants ont souhaité une implication accrue de la Commission européenne pour la construction d'un réseau trans-méditerranéen similaire à celui de l'Europe.
Antonio Tajini a indiqué que les projets retenus par le GTMO seront présentés au forum euro-méditerranéen de décembre prochain à Bruxelles, insistant, par ailleurs, sur la participation du secteur privé dans la mobilisation de fonds.
Créé en 1995 dans le cadre du processus de Barcelone, le GTMO est un forum régional de coopération, dont la présidence a été confiée à l'Italie jusqu'en 2010.
AFP - Romandie News - le 17 novembre 2008

Les ministres des Transports des pays de la Méditerranée occidentale en conclave à Tunis
La ”5e réunion des ministres des Transports des pays de la Méditerranée occidentale”(GTMO 5+5), s’est ouverte, lundi à Gammarth.
Présidée par la Tunisie (2007-2009), la réunion a porté sur les moyens de financer et de concrétiser plusieurs projets de transport prioritaires et d’infrastructure, dans la perspective de la mise en place d’un réseau de transport multimodal pour la Méditerranée occidentale.
Les projets prioritaires de coopération entre le groupe GTMO 5+5 et l’Union Européenne (UE), concernent la modernisation et l’interopérabilité de l’axe ferroviaire trans-maghrébin reliant Tunis-Alger-Casablanca et l’amélioration de ses services, la réalisation d’une étude de faisabilité du train maghrébin à grande vitesse dénommé TGVM, reliant Tripoli à Casablanca, via Tunis et Alger, ainsi que l’examen de la possibilité pour l’UE de financer des maillons transfrontaliers dans la réalisation de l’autoroute de l’Union maghrébine.
Il s’agit, également de l’émergence des autoroutes de la mer en Méditerranée Occidentale. La Tunisie a, à cet effet, présenté sa candidature à l’UE sur les axes Radès-Marseille/Radès-Gènes.
Ouvrant la réunion, M. Abderrahim Zouari, ministre du Transport, a souligné l’évolution des relations euro-méditerranéennes d’une approche axée sur les accords de partenariat à la politique de voisinage, appelée à progresser vers un “statut avancé” pour les pays sud-méditerranéens, ce qui reflète une volonté partagée de réaliser des objectifs communs de développement, de stabilité et de paix.
Il a mis en exergue le rôle de l’infrastructure de base dans la réalisation de l’intégration économique et l’impulsion du développement, faisant remarquer que le financement est un élement déterminant dans la concrétisation des objectifs en la matière.
Malgré les efforts déployés par les institutions de financement internationales et la commission européenne pour la mobilisation de ressources financières supplémentaires et la mise en place de nouveaux mécanismes de financement pour les projets d’infrastructure, tels que la FEMIP (facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat), la facilité d’investissement voisinage (FIV), outre les facilités d’investissement dans les projets propres à vocation écologique, la problématique du financement reste posée, notamment pour les crédits concessionnels a commenté le ministre.
M. Zouari a fait observer que les différences au niveau du volumes d’aides octroyées par l’Union Européenne (UE) par habitant, varie de 1 à 40 entre les pays candidats à l’adhésion à l’union et les pays de voisinage.
Les derniers bouleversements sur les marchés financiers ont démontré, a t-il relevé, la fragilité de l’économie financière, ce qui constitue une occasion de développer davantage l’économie réelle, par le renforcement des financements destinés aux projets d’infrastructures de base.
La Tunisie qui a été la première à signer un accord d’association avec l’UE, a t-il encore rappelé, a entrepris de renforcer l’action maghrébine sous l’impulsion du président Zine El Abidine Ben Ali et des autres dirigeants maghrébins, par l’élaboration de projets mixtes dont notamment la modernisation du train maghrébin, la réalisation de l’autoroute de l’union maghrébine et l’étude de faisabilité du TGVM.
Le ministre a rappelé la signature du protocole pour la coopération dans le domaine des transports en Méditerranée occidentale du GTMO 5+5, établi à Tunis en mars 2007, qui a constitué une base de travail pour le groupe.
Cette coopération s’est ensuite renforcée en Avril 2008, a-t-il précisé, par la signature d’un mémorandum d’entente entre le GTMO et l’union pour le maghreb arabe (UMA).
Il a fait, également, référence au PART (plan action régional du transport) pour la période 2007-2013, fruit des recommandations de la réunion de Marrakech des ministres des transports méditerranéens (Décembre 2005) visant le développement du transport dans la région sud-méditerranéenne par le renforcement du transport multimodal et de la logistique.
Le sommet de la constitution de l’Union pour la Méditerranée, tenu à Paris en juillet 2008, a donné au secteur du transport, une portée stratégique en axant sur les autoroutes de la mer, la lutte contre la pollution marine et l’initiative euro-méditerranéenne de promotion des affaires, a conclu le ministre.
La réunion du GTMO 5+5 va englober l’ensemble des domaines et projets de coopération avec l’UE, en matière de transport, notamment les autoroutes de la mer en Méditerranée, la création d’un institut de formation aux métiers de la mer, la dépollution de la mer Méditerranée, la mise en place d’un système intégré de contrôle du trafic maritime, de surveillance des activités en mer et d’assistance en cas de détresse ou d’accident maritime.
Cette coopération intéressera, encore, la mise en place d’un système intégré d’échanges de données informatisées relatives au transport maritime des marchandises (EDI), outre l’identification et la mise en oeuvre d’un système d’indicateurs de mesure de la qualité de services dans les aéroports méditerranéens.
M. Antonio Tajani, vice-président de la commission européenne, chargé des transports a indiqué que les objectifs escomptés sont la création d’un réseau multimodal trans-méditerranéen de transport et l’établissement dans le cadre de la coopération euro-méditerranéenne, de plans d’action régionaux en matière de transport et d’infrastructure, outre l’oeuvre commune devant être entreprise pour l’harmonisation des textes réglementaires.
Ces projets seront proposés au forum euro-mediterranen qui se tiendra à Bruxelles au mois de décembre.
Le vice-président de la commission européenne (CE) a relevé l’importance de se pencher ensemble sur la liste des projets d’infrastructure prioritaires à réaliser en commun, indiquant avoir engagé des discussions avec les institutions de financement internationales et la banque européenne d’investissement pour le financement de ces projets. Il a affirmé l’engagement de l’Europe à apporter l’aide nécessaire à la création d’un réseau trans-africain des transports, qui débutera par le réseau sud-méditerranéen. M. Habib Ben Yahia, Secrétaire Général de l’UMA, a souligné, de son côté l’importance d’approfondir la reflexion commune pour la mise en place d’un réseau trans-méditerranéen, relevant la volonté politique de tous les pays de mettre ce domaine vital au service du développement.
Il a mis l’accent sur l’importance de rechercher les financements nécessaires pour la concrétisation des projets maghrébins en matière de transport et notamment le train trans-maghrébin dont les lignes seront doublées et électrifiées pour porter sa vitesse à 160 KM/h. M. Serge Degallaix, ambassadeur de France à Tunis, a rappelé lors de cette réunion, que la croissance européenne s’est faite sur la base du développement de l’infrastructure, estimant que ce processus devrait être transposé au réseau méditerranéen avec la participation des pays concernés.
Il a indiqué que le sommet de Paris a mis en place les axes de travail devant faire l’objet de projets précis dans le cadre d’une approche de transport multimodal et en promouvant, essentiellement, la liaison ferroviaire trans-maghrebine.
M. Diederick Zambon, représentant de la Banque européenne d’investissement (BEI) a souligné l’importance d’encourager la participation du secteur privé au financement et à la réalisation de projets d’infrastructure et de transport euro-méditerranéens.
Les ministres des rives nord et sud de la Méditerranée ont à leur tour, discuté lors de cette réunion des projets menés au sein de leurs pays pour développer le secteur du transport ainsi que des efforts devant être déployés pour assoir un réseau trans-méditererranen de transport.
Il y a lieu de rappeler que des études techniques ont été déjà réalisées à cette fin, telles que “L’élaboration de la principale base de données et d’informations existant sur les transports en Méditerranée occidentale”, l’étude “Inframed” sur les besoins en infrastructures de transport en Méditerranée occidentale et le projet “Reg-Med” qui consiste à analyser et définir les priorités relatives à la facilitation du transport international de marchandises en Méditerranée occidentale.
Le secrétariat du GTMO 5+5 est le centre d’études des transports en Méditerranée Occidentale, dont le siège est à Barcelone.
Infotunisie.com - le 17 novembre 2008

dimanche 16 novembre 2008

Tunisie : un Fonds de Garantie de l’Efficacité Energétique pour les PME

Le FGEE est destiné à garantir les crédits à moyen terme accordés par les établissements de crédit aux Entreprises Industrielles ou aux Entreprises de Services Energétiques (ESE) pour le financement des actions d’Efficacité Energétique.

La Société Tunisienne de Garantie
"La Société Tunisienne de Garantie (SOTUGAR) est une société d’intérêt public créée en 2003 pour renforcer l’ensemble des mécanismes mis en place pour le développement et la promotion des PME durant les phases les plus décisives de leur cycle de vie (création, extension, restructuration)". La SOTUGAR est placée sous la tutelle du ministère des Finances, son capital social est détenu à hauteur de 37% par l’Etat et 63% par les banques.

Fonds de Garantie de l’Efficacité Energétique (FGEE)
Dans le cadre du Projet d’Efficacité Energétique dans le Secteur Industriel financé par le FEM à travers la Banque Mondiale, l’Agence National pour la Maîtrise de l’Energie (ANME) a confié la gestion du FGEE à la SOTUGAR, le FGEE est destiné à garantir les crédits à moyen terme accordés par les établissements de crédit aux Entreprises Industrielles ou aux Entreprises de Services Energétiques (ESE) pour le financement des actions d’Efficacité Energétique.
1. Entreprises éligibles à la garantie : sont éligibles à la garantie du FGEE, les moyennes et grandes entreprises industrielles :
¤ Opérant dans le secteur industriel depuis au moins deux ans,
¤ Désirant réaliser des actions d’efficacité énergétique avec le recours à des ESE et dont le coût total est supérieur ou égal à cinquante milles dinars et dont le temps de retour de l’investissement est inférieur à trois ans.
2. Formes et modalités d’intervention du FGEE :
¤ Refinancement de la moitié et prise en charge des intérêts de trésorerie de l’autre moitié des montants impayés en principal des crédits acceptés à la garantie conformément à la répartition de prise en charge des montants irrécouvrables des crédits entre le FGEE et l’établissement de crédit, et ce, dès l’engagement d’une procédure judiciaire à l’encontre du bénéficiaire du crédit.
¤ Prise en charge de 75% des montants irrécouvrables des crédits acceptées à la garantie et des frais de poursuite et de recouvrement contentieux desdits crédits. L’indemnisation de la perte finale interviendra au plus tard trois ans à partir de la date du refinancement (versement de l’avance).
Source : article publié sur le site de la
SOTUGAR
René Massé, Gret, 4 novembre 2008

Un cable pour relier le solaire algérien à l'Allemagne

L'Algérie exportera de l'électricité à destination de l'Allemagne, via un câble de 3000 km de long.
C'est en marge de la visite du Président de la république fédérale allemande et en présence du chef du gouvernement algérien, qu'a été révélé le projet de résseau d'électricité solaire reliant l'Algérie à l'Allemagne.
Face à la nécessité de l'Allemagne de diversifier et sécuriser ses réseaux d'approvisionnement énergétique, des centrales solaires seront implantées dans le sud de l'Algérie. Des compagnies algériennes et allemandes rachèteront l'électricité produite pour la distribuer en Allemagne.
La liaison entre les deux pays nécessitera l'installation d'un câble long de 3 000 km qui, partant de la ville de Adrar, traversera la Sardaigne, l'Italie du Nord et la Suisse pour atteindre Aachen (Aix-la-Chapelle). L'exportation sera prise en charge par la société New Energy Algeria (NEAL)
Le projet attend l'accord des responsables politiques des deux parties, ainsi que du consortium d'investisseurs.Le coût de la liaison est estimé à 2 milliards d'euros, et celui des centrales solaires entre 12 et 18 milliards.Elles devront fournir 6 000 Mégawatts.

Source - Le Quotidien d'Oran
Un câble électrique reliera l’Algérie à l’Allemagne
Clean power from desert » est le nom du mégaprojet que compte lancer la société New Energy Algeria (Neal) en partenariat avec un consortium d’entreprises étrangères consistant en la réalisation d’un câble électrique long de 3000 km reliant la ville d’Adrar à celle d’Aachen en Allemagne.
L’annonce a été faite par le PDG de Neal, Toufik Hasni, lors de la conférence algéro-allemande tenue hier à l’hôtel Sheraton et traitant du thème de « Sécurité énergétique et changement climatique ».
Le tracé de ce mégaprojet devrait passer par la Sardaigne, le nord de l’Italie, la Suisse et enfin l’Allemagne. Selon les estimations faites par l’agence spatiale allemande, le coût du projet est estimé à 2 milliards d’euros et devra transporter une capacité de 6000 MW.
« L’impact du câble Adrar - Aachen consiste en la diversification des ressources d’énergie propre importées par l’Union européenne et de sécuriser les sources d’approvisionnement en énergie électrique », a indiqué le premier responsable de Neal. La concrétisation du projet « Adrar-Aachen » attend l’accord des responsables politiques des deux pays et l’implication d’un consortium d’investisseurs qui vont acheter l’électricité solaire, dont Sonatrach et plusieurs sociétés allemandes, a ajouté le DG de Neal. L’électricité transportée sera produite, souligne le promoteur du projet, en premier lieu à partir de centrales électriques hybrides (solaire - gaz naturel) afin d’assurer une rentabilité certaine au projet.
Le solaire prendra par la suite, indique-t-il, une part de plus en plus importante dans la production de l’électricité pour atteindre les 80% au bout de la dixième année du démarrage de la production. A noter que ce méga projet sera présenté le 28 novembre au Parlement européen pour approbation. Côté officiel algérien, le projet est qualifié, à première vue, d’« intéressant » par le ministre de l’Industrie et du Développement des investissements, Abdelhamid Temmar, rencontré en marge de la conférence.
Pour rappel, le ministre de l’Energie, Chakib Khelil, a posé le 3 novembre la première pierre d’une centrale hybride utilisant le soleil et le gaz naturel pour produire 180 MW dans la zone gazière de Hassi R’mel. Ce projet est le premier à l’échelle mondiale combinant turbines à gaz et énergie solaire.
La centrale fait partie d’un programme de quatre unités hybrides dont la construction est prévue en Algérie. Cette première centrale s’étendra sur une superficie de 152 ha et utilisera des miroirs paraboliques géants sur une superficie de 18 ha avec des panneaux solaires de 100 m2 chacun pour générer de l’électricité. La centrale doit démarrer en 2010 et pourra à terme permettre l’exportation de l’électricité vers l’Europe, selon le projet.
Par
Salah Slimani - Elwatan.com

Progression de MEDGAZ de l’Algérie vers l’Europe

La partie la plus délicate du gazoduc MEDGAZ, qui acheminera le gaz algérien vers l’Europe, vient d’être achevée. Le tronçon sous la méditerranée est désormais en place.
Et c’est exactement 210 Km de tuyaux qui ont été posés au fond de la mer méditerranée, parfois à plus de 2 Km de profondeur, pour réaliser cet important projet gazier.
A terme, MEDGAZ c’est plus de 1000 Km de gazoduc, connectant directement le sud de l’Algérie à l’Est de l’Espagne. Les 550 Km en territoire algérien sont déjà construits, les 210 Km au fond de la mer viennent donc d’être achevés. Ne reste plus maintenant qu’à compléter la station de compression de Beni Saf en Algérie, et à construire la liaison terrestre entre Almeria et Albacete au sud-ouest de Valence.
MEDGAZ entrera ensuite en fonction, mise en route prévue à l’été 2009, par un consortium constitué de la SONATRACH (majoritaire), des espagnols (Cepsa, Iberdrola et Endesa) et du français GDF. Outre ces impressionnants travaux de pose sous-marine et offshore, MEDGAZ c’est aussi la capacité d’exporter directement 8 milliards de mètres cubes de gaz par an vers l’Espagne. Ajoutons enfin qu’une extension de MEDGAZ vers la France, est en cours de réalisation.
Maghrebinfo.actu-monde.com - 4 novembre 2008

Union européenne • Bruxelles veut son indépendance énergétique

Au moment où le sommet UE-Russie s'ouvre à Nice, la Commission européenne propose d'unifier les réseaux électriques et de construire de nouveaux gazoducs dans le but à peine voilé de réduire la dépendance de l'Union vis-à-vis de Moscou.
La création d'un superréseau énergétique pour protéger l'Europe de la menace d'un étranglement russe devait être annoncée le 13 novembre. Le projet, tel qu'il apparaît dans un document de la Commission européenne, s'appuierait principalement sur de nouveaux câbles reliant les éoliennes de la mer du Nord et sur un système rassemblant les différents réseaux électriques de la région baltique et des pays riverains de la Méditerranée.
Les membres de l'UE devraient également être sollicités pour financer au moins deux gazoducs ambitieux afin d'importer du gaz d'Asie centrale et d'Afrique. La mise en place d'un système communautaire qui permettrait aux pays de l'Union de partager leurs réserves si la Russie coupait les robinets est par ailleurs envisagée. Les experts estiment que ces deux projets coûteraient des milliards d'euros.
Le plan de sécurité énergétique de l'UE rappelle que l'Europe importe 61 % de son gaz, un chiffre qui, selon les projections, devrait atteindre 73 % d'ici 2020. La Russie vend à l'Union environ 40 % de ce total, et fournit intégralement plusieurs de ses membres. Ces propositions sont formulées à la veille du sommet UE-Russie en France, qui a pour objectif de rouvrir le dialogue sur un accord qui couvrirait les relations économiques et énergétiques, après la crise suscitée par la guerre en Géorgie cet été.
L'Europe doit faire "les premiers pas pour rompre le cycle d'une consommation d'énergie en expansion, d'importations en hausse et d'exportations croissantes de richesses créées dans l'UE pour payer les producteurs d'énergie", explique le document de la Commission.
Sans faire précisément référence à la Russie, le texte ajoute : "Les réserves restantes et les capacités de production se trouvent de plus en plus concentrées entre les mains de quelques-uns. En ce qui concerne l'UE, cela est particulièrement inquiétant dans le secteur gazier, où un certain nombre d'Etats membres sont totalement dépendants d'un seul fournisseur. Des incidents politiques dans des pays fournisseurs ou de transit, des accidents ou des catastrophes naturelles […] rappellent à l'UE la vulnérabilité de ses sources d'énergie immédiates."
Londres soutient la première étape du projet de superréseau, qui vise à relier toutes les éoliennes de la mer du Nord. Le système concentrera l'électricité sur un site centralisé à partir des eaux de plusieurs pays, dont les Pays-Bas, l'Allemagne, la Norvège et le Royaume-Uni.
Les partisans du projet affirment que chaque pays sera ainsi moins dépendant des conditions météorologiques locales pour l'énergie renouvelable, le but étant de remplacer les hydrocarbures russes.
Des connexions de même type devraient être proposées pour la région baltique et la Méditerranée, avec pour objectif à long terme un unique réseau européen. Pour y parvenir, il faudra construire un gazoduc méridional, afin de transporter le gaz d'Azerbaïdjan, et un gazoduc transsaharien pour le gaz du Nigeria.
Mais l'UE se heurte à la rude concurrence de Gazprom, l'énorme conglomérat gazier russe, déjà occupé à négocier avec ces deux pays la livraison de gaz pour des projets rivaux.
Toutes ces mesures correspondent aux intentions de l'UE, qui souhaite accroître son rendement énergétique de 20 % d'ici 2020, réduire ses émissions de dioxyde de carbone de 20 % et que 20 % de son énergie provienne de sources renouvelables, ce que l'on appelle "l"objectif 20-20-20".
La Commission européenne va mettre l'accent sur le caractère crucial des progrès à réaliser dans le domaine de la sécurité énergétique, à cause de la domination russe et des incertitudes économiques entourant les importations. "Ce travail constitue un élément clé de la réaction de l'UE à la crise financière actuelle et devrait donc s'accélérer", peut-on lire dans le document qui accompagne le projet.
David Charter _ The Times - Courrierinternational.com - 13 novembre 2008


vendredi 14 novembre 2008

La France arrache un accord global sur l'Union pour la Méditerranée

C'est une victoire à l'arraché qu'a emportée la France, mardi 4 novembre, à Marseille, au deuxième et dernier jour de la conférence des ministres des affaires étrangères du "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée".
Un accord global a été trouvé sur trois points clés. Barcelone abritera le siège du secrétariat de l'UPM. La Ligue arabe est admise au sein de la nouvelle organisation (avec un statut cependant assez vague). Et Israël obtient un poste de secrétaire général adjoint.
Visiblement exténués, les Français ne cachaient pas leur soulagement, mardi soir. Ils avaient frôlé l'échec. La veille, l'UPM butait sur la question du Proche-Orient. Et puis, coup de théâtre. Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française, propose "l'impossible", selon l'expression de l'un des participants : qu'Israël se voie accorder un secrétariat général adjoint en échange de la participation de la Ligue arabe à toutes les réunions de l'UPM. Etonnament, les pays arabes ne s'indignent pas. "Personne n'a osé dire non. Chacun attendait que le voisin tempête !", raconte un témoin.
En réalité, l'Algérie proteste, mais elle obtient du ministre français que ses "réserves" soient inscrites dans la déclaration finale. On l'assure en outre que la fonction d'Israël sera débattue ultérieurement par les deux coprésidents de l'UPM, Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak. La Syrie, quant à elle, ne bronche pas, sans doute parce qu'elle a obtenu satisfaction sur un point qui lui tenait à coeur : que le siège de l'UPM soit à Barcelone, et non à Tunis. "En réalité, nous ne voulions pas jouer les trouble-fête et mettre nos amis français dans l'embarras", affirme-t-on, côté syrien.
Pour sortir de l'impasse, la France aura distribué sans compter les lots de consolation. Cinq - voire six - postes de secrétaire général adjoint ont ainsi été créés. L'Autorité palestinienne en obtient un, de même que la Grèce, l'Italie, Malte, et probablement la Turquie, sans compter Israël. Le poste de secrétaire général, en revanche, reste vacant. La Tunisie a déclaré forfait, supportant mal de s'être fait rafler le siège de l'UPM par Barcelone. Pour manifester sa mauvaise humeur, Tunis a refusé de briguer la fonction, comme il était prévu. Et à Marseille, elle n'avait pas dépêché son ministre des affaires étrangères mais un secrétaire d'Etat. Le message a été reçu par Bernard Kouchner, qui a émis le souhait publiquement, mardi, que la Tunisie change d'avis. Pour l'heure, seule la Jordanie s'est portée candidate, mais l'Algérie examinerait, elle aussi, cette éventualité.
Si Israël ne cache pas sa satisfaction, les pays arabes font preuve en coulisse d'un enthousiasme très mesuré. "C'est une bonne réunion, mais qu'on ne parle pas d'accord historique ! Nous avons besoin de d'éclaircir un certain nombre de questions qui n'ont pas fait l'objet de consensus", déclarait le ministre algérien des affaires étrangères, Mourad Medelci, mardi soir, dans une allusion à Israël.
La délégation française, elle, se félicitait que Bernard Kouchner ait réussi à mêler "talent et chance". Un consensus a même été trouvé sur la question controversée de la coprésidence française de l'UPM, après la fin du mandat de la France à la tête de l'Union européenne le 1er janvier. Les Tchèques, qui prendront le relais, partageront leur fauteuil avec Paris pendant dix-huit mois. Enfin, le nom du projet si cher à Nicolas Sarkozy se simplifie et devient l'"Union pour la Méditerranée". Cadeau de remerciement de l'Espagne, satisfaite d'obtenir le siège de l'UPM.
Florence Beaugé - LeMonde.fr - le 5 novembre 2008

jeudi 13 novembre 2008

Investissement étranger : la rive sud de la Méditerranée relativement épargnée par la crise

Marseille, 5 novembre 2008. Selon l'observatoire MIPO, maintenu par ANIMA dans le cadre du programme Invest in Med, les pays de la rive sud de la Méditerranée maintiennent leur attractivité en 2008, dans un environnement régional et global marqué par l’instabilité et l’incertitude : brutal retournement de cycle dans l’immobilier, turbulences sur les marchés de l’énergie et des matières premières, difficultés d’accès au financement (assèchement des liquidités sur les marchés internationaux, prudence des investisseurs institutionnels).
Les données provisoires montrent que les pays Med (du Maroc à la Turquie), ont attiré sur les 3 premiers trimestres de 2008 environ 600 projets d’investissement, avec un montant brut annoncé proche de 26 milliards d’euros. Extrapolés sur l’année entière, ces chiffres (800 projets, 35 Mds d’euros ou 52,5 Mds d’US$) sont assez proches des volumes observés en 2006 et 2007 (selon la CNUCED, respectivement 59 et 55 Mds d’US$).
Malgré cette consolidation relative, la résilience des flux d’IDE destinés aux pays MED s’accompagne d’une nouvelle donne régionale: moins de grandes privatisations et de mégaprojets immobiliers, mais davantage de projets industriels et de services de moindre envergure, selon des modes moins risqués et moins gourmands en capitaux, mais créateurs d’emplois.
La recherche de nouveaux gisements de croissance (ralentissement de l’activité sur les marchés développés), le redéploiement vers le sud des chaînes de production dans l’espace Euromed, les projets très rentables d’extraction minérale ou d’hydrocarbures, la poursuite des projets d’infrastructure public-privé et le fine tuning des politiques d'attractivité des pays MED, concentrées sur certains pôles industriels et logistiques, expliquent également les succès à cette région.

L’année 2008 a été riche en annonces de projets : cluster automobile de Tanger-Med autour de Renault-Nissan, pôle métallurgique de Bellara en Algérie (AFV Beltrame, ArcelorMittal, Al Ezz), usine Airbus en Tunisie, projets high tech pour la Jordan Valley israélienne, BTP en Palestine, projet Areva en Jordanie (uranium), Lafarge-Orascom et BinLaden en Syrie (matériaux de construction), retour des investisseurs du Golfe au Liban…
En termes de destination, les champions économiques MED font bonne figure : l’Egypte a enregistré sur les 3 premiers trimestres 2008 un flux d’IDE entrant supérieur au total annuel 2007, tandis que la Turquie attend 15 milliards de dollars d’IDE en 2008 (22 milliards en 2007). Mais tous les pays continuent de bénéficier de la manne des IDE.
Invest in Med est un projet de trois ans co-financé par la Commission européenne et lancé le 18 avril 2008. Il est coordonné par ANIMA Investment Network, leader d’un consortium qui réunit Businessmed, Eurochambres, Ascame et leurs partenaires spéciaux l’EPA Euroméditerranée, GTZ, et l’ONUDI.
Opérant comme une agence de développement économique centrée sur l’investissement et les partenariats d’affaires, le projet bénéficie à 9 Pays partenaires méditerranéens de l’UE : Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Autorité Palestinienne, Syrie et Tunisie. http://www.invest-in-med.eu
ANIMA Investment Network est une plate-forme multi pays pour le développement économique de la Méditerranée,
rassemblant une cinquantaine d’agences gouvernementales et de réseaux internationaux. L’objectif d’ANIMA est de
contribuer à l’amélioration du climat des affaires et à la croissance de l’investissement vers la région méditerranéenne. http://www.anima.coop/
Source : ANIMA Investment Network (France) - le 6 novembre 2008

Le changement climatique et l'énergie en Méditerranée

Le Plan Bleu annonce la publication d'une nouvelle étude régionale réalisée avec le support de la BEI sur le thème " Changement climatique et énergie en Méditerranée ".
Selon le dernier rapport du GIEC, la Méditerranée, en particulier la rive Sud et Est, sera plus touchée par le changement climatique au cours du 21ème siècle que la plupart de nombreuses autres régions du monde.
Les impacts de la hausse des températures, la diminution des précipitations, l'augmentation du nombre et de l'intensité des événements extrêmes et la hausse possible du niveau de la mer se superposent et amplifient les pressions liées aux activités humaines déjà existantes sur l'environnement naturel.
L'énergie se trouve au coeur de la problématique du changement climatique. D'une part, c'est le principal secteur émetteur de gaz à effet de serre. D'autre part, la production est contrainte par le climat. Enfin, la demande en énergie est en très forte hausse. Une croissance incontrôlée de la demande en énergie et des émissions de CO2 ne sont pas inévitables. Investir aujourd'hui dans l'efficacité énergétique et les énergie renouvelables présente des avantages économiques réels à l'horizon 2015 et participe à l'atténuation des effets du changement climatique .
C'est ce que cette étude, disponible aujourd'hui sur les sites de la BEI et du Plan Bleu démontre en fournissant un tableau complet des enjeux et des défis auxquels les pays méditerranéens seront confrontés.

Par Héléne ROUSSEAUX - Mediaterre.org - 2008
Les liens connexes :
Pour en savoir plus

Marseille, capitale d'un jour de l'Union pour la Méditerranée

La ville accueille aujourd'hui et demain les 27 ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne et leurs homologues des 16 pays de la rive sud. C'est le premier sommet de l'UPM depuis son lancement en juillet à Paris
L'heure d'un premier bilan de l'Union pour la Méditerranée va sonner, aujourd'hui et demain, à Marseille, où se rencontrent les 27 ministres européens des Affaires étrangères et leurs homologues des 16 pays de la rive sud. Quel chemin a été parcouru depuis le lancement de l'UPM le 13 juillet à Paris ? Nicolas Sarkozy avait alors réussi un joli sommet réunissant 40 chefs d'État et de gouvernement. Dans la foulée, le Liban et la Syrie sont convenus d'échanger des ambassadeurs.
Mais la question israélo-palestinienne n'a pas évolué et n'évoluera pas à Marseille: la ministre des Affaires étrangères Tsipi Livni, qui vient d'échouer à former un gouvernement, restera en Israël. Les ailes du rêve sarkozien d'une Union méditerranéenne ayant été rognées par l'Allemagne, qui a obligé le président français à redéfinir une Union pour la Méditerranée dans le cadre du processus de Barcelone, reste à espérer des avancées sur les projets concrets : autoroutes de la mer, dépollution, aide aux PME et à l'enseignement supérieur, Plan solaire et protection civile. Des avancées qui ne seront possibles que si une nouvelle gouvernance est adoptée.
Notre dossier montre que Marseille n'est pas favorite pour accueillir le siège de l'UPM et que les pays de la rive sud ont eux aussi leur vision de la Mare Nostrum.
L'interview de Henri Guaino / conseiller spécial du président de la République Nicolas Sorkozy, inspirateur du projet qu'il suit de près "Il faut maintenant que l'UMP soit le plus vite possible en ordre de marche"

- L'Union pour la Méditerranée a-t-elle avancé depuis son lancement au mois de juillet ?
Henri Guaino : Le sommet du 13 juillet à Paris, qui a réuni les 44 chefs d'État et de gouvernement de l'Europe et de la Méditerranée à l'initiative de la France, a constitué un succès historique en faisant s'asseoir à la même table des gens qui ne se parlaient plus et dont certains sont encore en état de guerre.
C'est dire combien l'impulsion politique donnée au lancement de l'Union pour la Méditerranée a été forte. Depuis, tout le monde s'est mis au travail pour élaborer les règles de fonctionnement de cette Union et pour faire avancer les projets qui en seront le coeur comme la dépollution de la Méditerranée, le plan solaire méditerranéen, la construction d'un espace méditerranéen de la science, d'un espace universitaire, des autoroutes de la mer, la coopération en matière de sécurité civile… Il faut maintenant que l'UPM soit le plus vite possible en ordre de marche.
Je crois qu'il y a tout lieu d'être optimiste.

- Les relations israélo-palestiniennes freinent l'avancée des discussions. Qu'en est-il exactement ?
Henri Guaino : Personne n'a jamais pensé que l'UPM allait dissoudre comme par miracle toutes les tragédies du Moyen-Orient. Faire travailler ensemble des peuples qui se combattent pour qu'ils apprennent à se connaître, à se respecter, et qui sait, peut-être un jour à s'aimer, sera de toute façon un processus très long.
Des difficultés il y en a mais elles sont en passe d'être résolues. Maintenant on va pouvoir se concentrer sur les projets, ce qui est le plus important. Plus important en tout cas que de savoir dans quelles conditions la Ligue Arabe peut prendre la parole ou à quel endroit il faut placer les virgules dans d'interminables déclarations sur le processus de paix qui ne font pas avancer la cause de la paix d'un centimètre. Est-ce difficile ? Bien sûr. Qui a jamais pensé que ce serait facile?
- Nicolas Sarkozy peut-il continuer à coprésider l'UPM s'il n'est plus président de l'UE fin décembre ?
Henri Guaino : L'accord passé avec la présidence tchèque qui laisse la coprésidence à la France est un premier pas important. Je pense qu'à Marseille on devrait pouvoir trouver une solution raisonnable pour assurer à l'UPM une certaine continuité.
L'UPM est une construction politique originale pour laquelle il faut inventer des règles qui lui permettent de fonctionner et de garantir un réel partage des responsabilités entre le Nord et le Sud. Je crois qu'on va y parvenir.
- La question de la ville candidate pour accueillir le siège de l'UPM sera tranchée. Marseille a-t-elle des chances ?
Henri Guaino : Il y a d'autres candidates, le choix sera fait par consensus, lors de ce sommet. Mais Marseille, capitale européenne de la Culture, avec son histoire, son potentiel économique, Marseille, qui est en pleine renaissance, a vocation à être l'une des grandes capitales de la Méditerranée. La France veillera à ce qu'elle joue un rôle de premier plan dans l'UPM.
- Vous étiez l'inspirateur de l'Union méditerranéenne, version 2007, êtes-vous déçu par l'Union pour la Méditerranée version 2008 ?
Henri Guaino : Non. Vous savez on ne fait pas l'Union tout seul. Au début, on avait imaginé qu'elle regrouperait seulement les pays riverains. Puis tout le monde est tombé d'accord pour qu'elle englobe tous les pays membres de l'Union européenne et qu'elle remplace le processus de Barcelone. D'une certaine manière ce projet est plus ambitieux que le projet initial.
- L'UPM est-elle une priorité alors que le monde traverse une crise sans précédent ?
Henri Guaino : L'UPM est une priorité de la politique française. C'est un projet qui, s'il réussit, s'inscrira dans l'histoire. L'enjeu en effet est décisif puisqu'il s'agit d'empêcher le choc des civilisations et les guerres de religion, de conjurer des risques de catastrophes écologiques, de mettre un terme aux tragédies qui entretiennent les haines et les rancoeurs.
La crise économique et financière sans précédent qui s'abat sur le monde représente un défi terrible et de plus court terme. Construire l'unité de la Méditerranée prendra du temps, la crise financière, elle, ne nous laisse pas de temps. Il faut agir tout de suite pour éviter un désastre.
C'est ce que font partout les banques centrales et les États. C'est ce que nous avons fait en France avec le plan de sauvetage des banques. En donnant une impulsion nouvelle à l'économie méditerranéenne, l'UPM ne peut que contribuer positivement à la sortie de la crise.

- Pensez-vous que le plus dur de la tourmente boursière est derrière nous ?
Henri Guaino : Nul ne sait où vont aller les bourses, mais la tourmente boursière n'est pas vraiment le problème majeur de cette crise. Les vrais problèmes, ce sont les difficultés des banques parce qu'à travers elles c'est la question du financement de toute l'économie et la question de la sauvegarde de l'épargne des Français qui se trouvent posées. Elles ne sont pas terminées.
Ce qui compte ce sont aussi les conséquences sur l'activité économique, l'emploi, le pouvoir d'achat. Et de ce point de vue, le plus dur est peut-être à venir.
- Les conséquences sur l'économie réelle seront-elles graves ?
Henri Guaino : Cette crise n'est pas une crise française, c'est une crise mondiale. C'est la première véritable crise de la globalisation. On sait d'ores et déjà que ses conséquences seront graves. Jusqu'où ? Jusqu'à quand ? Personne n'en sait rien. Mais il faut tout faire pour limiter les dégâts. C'est ce que nous faisons.
Par Thierry Noir
www.laprovence-presse.fr; Recueilli par Marjory Chouraqui , le 3 novembre 2008

L'UPM sauvée des eaux

L'Union pour la Méditerranée (UPM) chère à Nicolas Sarkozy avait eu une gestation difficile et une naissance grandiose avec le sommet de quarante-quatre chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Paris à la veille du 14-Juillet.
Ses premiers pas auront été chancelants. Mais les ministres des affaires étrangères des pays participants ont réussi, lundi 3 et mardi 4 novembre à Marseille, à surmonter les obstacles.
Certains étaient de pure forme, bien que lourds de signification politique. Le siège du secrétariat général, d'abord.
Bruxelles, La Valette, Tunis ou Barcelone ? Les Français voulaient faire plaisir à leur ami le président tunisien Ben Ali. Les Espagnols tenaient à Barcelone parce que c'est là qu'avait été lancé en 1995 le processus du même nom détrôné par l'UPM. Ils ont eu gain de cause. En revanche, M. Sarkozy, qui souhaitait partager pendant deux ans la présidence avec son collègue égyptien Hosni Moubarak, a imposé son point de vue. Avec, toutefois, une concession à la présidence tournante de l'Union européenne : au cours du prochain semestre, la France sera flanquée de la République tchèque. Quand viendra le tour de la Suède, le 1er juillet 2009, il sera temps d'aviser.
L'autre obstacle, plus sérieux, concernait les relations entre les Israéliens et les pays arabes. Les premiers ne voulaient pas que la Ligue arabe participe à part entière à l'UPM. Ils ont fini par accepter contre la promesse d'un poste de secrétaire général adjoint.
Ces compromis permettent à la nouvelle institution de fonctionner, et le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, n'a pas caché que la presse lui ferait plaisir en qualifiant la réunion de Marseille de "succès". Ils montrent aussi que les difficultés ayant embourbé le processus de Barcelone n'ont pas disparu comme par enchantement. Le volontarisme de Nicolas Sarkozy a certes relancé l'idée de l'indispensable coopération entre les deux rives de la Méditerranée. Toutefois, les faits sont têtus. L'hétérogénéité des participants, les rivalités entre pays du Sud et du Nord, les différences de régimes politiques et surtout l'interminable conflit israélo-palestinien ne sauraient être ignorés. La coopération méditerranéenne peut aider à les dépasser, mais il est illusoire de prétendre les mettre entre parenthèses.
Le Monde.fr - article paru dans l'édition du - 6 novembre 08

La France veut mettre en place un centre d'alerte aux tsunamis pour la Méditerranée occidentale

La France souhaite accueillir le centre d'alerte aux tsunamis pour la Méditerranée occidentale qui couvrirait le littoral français, celui de la péninsule ibérique et de l'Italie occidentale, ont annoncé hier le MEEDDAT et le Ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
Depuis le 3 novembre, une réunion du groupe intergouvernemental de coordination pour la mise en place d'un système d'alerte aux tsunamis et autres aléas côtiers en Méditerranée et Atlantique du Nord-Est, est organisée à Athènes par la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l'Unesco, et s'achèvera aujourd'hui.
La délégation française exprimera son intention de mettre en place ce centre régional d'alerte aux tsunamis pour la zone de la Méditerranée occidentale et de contribuer activement au réseau d'observations des données et à son développement.
Ce centre sera financé par un consortium européen que la France va contribuer à développer, ont précisé les Ministères.Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, et Nathalie Koscisuko-Morizet, secrétaire d'État à l'Écologie, indiquent qu'ils sont confiants dans la capacité de la délégation française à convaincre ses homologues de la pertinence du projet français.
Par R. BOUGHRIET - Actu-Environnement.com - le 5 novembre 2008

mercredi 12 novembre 2008

La Copeam et l' Audiovisuel méditerranéen

Le patrimoine audio des pays méditerranéens sauvé
Les pays de la Méditerranée vont bientôt partager leur patrimoine audiovisuel grâce au lancement d'un site internet
Un site internet va être réalisé avec l'Institut national de l'audiovisuel, maître d'oeuvre du projet présenté lundi à Marseille par son Pdg, Emmanuel Hoog. MedMem (pour Méditerranée Mémoire), s'étend sur 3 ans et réunit 18 partenaires dont 10 télévisions de la Méditerranée, 3 organismes professionnels, des partenaires culturels et scientifiques.
Le site doit voir le jour en 2010."L'idée est de rassembler le maximum d'acteurs audiovisuels du pourtour de la Méditerranée qui disposent d'archives vidéo et de les réunir sur un site commun, en premier temps dans trois langues, français, anglais et arabe", a expliqué Emmanuel Hoog, qui préside depuis mai dernier la COPEAM (Conférence permanente de l'audiovisuel méditerranéen).
Le plan de financement du projet (2 à 2,5 millions d'euros), pour lequel un appel d'offre européen a été lancé, est en phase finale.
MedMem proposera une sélection de plus de 4.000 vidéos sur 23 pays du bassin méditerranéen. Ces archives seront classées en six grands chapitres: "Les sites culturels" (sites archéologiques, monuments, villes, grands musées), "Coutumes, traditions, métiers, savoirs", "Paysages et environnement", "Les expressions culturelles et artistiques", "Histoire" et "Tourisme".
"L'Union pour la Méditerranée, qui se constitue, a inscrit dans sa résolution l'audiovisuel comme un des champs d'activité et d'intérêt. Ce portail sera la première expression concrète en matière audiovisuelle d'un projet commun porté par un nombre de partenaires significatifs", souligne M. Hoog.
Israël mais aussi la Palestine, la Libye, l'Egypte, la Jordanie, le Maroc se retrouvent notamment associés dans ce projet. Avec des points de vue sur l'histoire et l'actualité qui souvent divergent.
"Un groupe éditorial composé de professionnels de l'audiovisuel et d'universitaires a été mis en place pour que l'on ait des regards d'historiens apportant des éléments de contexte. Pour accepter qu'une histoire soit partagée même si c'est une histoire qui nous divise", a dit le patron de l'Ina.
Le site de cette mémoire partagée a vocation à grandir. A terme il devrait s'enrichir de nouvelles langues et de nouveaux partenaires.
En début d'année, l'Ina a remis à la télévision publique algérienne (EPTV) l'ensemble de ses archives sur l'histoire de l'Algérie sous la colonisation française, de 1940 jusqu'à l'indépendance en 1962. Récemment, l'institut et la radio algérienne ont également signé un accord sur la restitution du patrimoine radio à l'Algérie.Marseille accueille les 4 et 5 novembre les Etats généraux culturels de la Méditerranée et les 3 et 4 novembre le Comité directeur de la COPEAM.
Visiter le site de la Copeam

Déclaration des régulateurs de l'audiovisuel méditerranéen

Déclaration sur la régulation des contenus audiovisuels du réseau des institutions méditerranéennes
La déclaration sur la régulation des contenus audiovisuels a été adoptée par le Réseau des institustions de régulation mediterranéennes lors de la 10ème réunion du réseau qui s'est tenue à Reggio Calabria les 2 et 3 octobre 2008.
Elle constitue un socle de principes communs et essentiels pour les contenus audiovisuels auquel, les institutions de régulation mediterranéennes s'engagent à sensibiliser les éditeurs de chaînes.
Elle repose sur le respect des valeurs, principes et droits fondamentaux tels que le respect de la personne humaine et de l'altérité, la préservation de l'état de droit, la protection de l'enfance et de l'adolescence et l'éducation des mineurs au respect des droits humains, l'honnêteté de l'information et le respect du pluralisme des opinions et d'expression.
Elle prévoit des mécanismes de coopération internationale dont la transparence et l'information mutuelle dans le cas des contenus audiovisuels transfrontières.
Par Rirm - http://www.rirm.org/ - octobre 2008
Téléchargez le document (DOC / 74.5 Ko)

Marseille : réflexion sur l’audiovisuel méditerranéen

La grand-messe en zone Euromed s’est ouverte mardi dernier à Marseille en marge du sommet de l’Union pour la Méditerranée organisé au niveau des ministres des Affaires étrangères de la zone. Au programme, une série d’ateliers sur des thèmes culturels différents. C’est l’atelier « Cinéma, audiovisuel, images » qui a été suivi de près par « L’Orient-Le Jour ».
C’est sous une pluie battante que se sont ouverts à Marseille mardi dernier les États généraux culturels méditerranéens en marge du sommet de l’Union pour la méditerranée (UPM).
Plus de 300 personnes des 25 pays méditerranéens ont ainsi été invitées à discuter et à proposer des idées nouvelles et des moyens permettant de faire avancer la coopération culturelle en zone Euromed. Un événement ayant nécessité une logistique importante qui n’a pas toujours été sans faille…
La journée a notamment été entamée par des allocutions prononcées par le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, l’ambassadeur en charge du volet culturel de l’UPM, Jacques Huntzinger, et le président de l’Institut pour la Méditerranée, Henry Roux-Alezais.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée au Pharo, au cœur de Marseille, puis les différents ateliers prévus ont notamment été tenus à l’hôtel de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, comme l’atelier « Images, audiovisuel, cinéma » auquel un panel d’une vingtaine de participants ont pour l’occasion été conviés à réfléchir sur la manière de favoriser encore plus la coopération culturelle et plus spécifiquement médiatique.
Organisé par le Centre méditerranéen de la communication audiovisuelle (CMCA), l’atelier a été inauguré par Martine Viglione, directrice du CMCA, qui a affirmé à cette occasion que « l’intention de l’atelier “Images, audiovisuel, cinéma” est de s’appuyer sur les conclusions des trois précédentes rencontres de Paris, Séville et Alexandrie. Lors de ces rencontres, la réflexion avait porté sur les “ images, les écrits et la circulation culturelle et artistique” ». Elle ajoute : « Les médias sont un vecteur essentiel de la diffusion des représentations culturelles. Ils sont donc au centre du combat pour la diversité culturelle.
Dans un paysage audiovisuel méditerranéen en pleine mutation, entre le public et le privé, l’hertzien et le satellitaire, les médias satellitaires du Golfe à forte diffusion dans le monde arabe, les médias européens et les médias publics des différents États, dans un environnement dominé par le marché, mais également par la tutelle des pouvoirs publics, une voie de dialogue doit “se faire entendre”, des synergies se mettre en place pour la production et la diffusion d’“ images partagées”, une “méditerranéité” audiovisuelle s’affirmer.
Partager les images et les sons, les aider à circuler dans le respect de la diversité, c’est bien l’enjeu de cette réflexion. » Celle-ci doit se faire en prenant en compte l’impact de « la vague numérique » sur la frange de la population la plus jeune sachant que « plus de 40 % des 263 millions d’habitants des 10 pays du pourtour sud de la Méditerranée ont moins de 25 ans ».
Après les ateliers de Séville, Paris et Alexandrie, et les conclusions des différentes rencontres organisées dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée, l’atelier 2008 « Images, audiovisuel, cinéma » a choisi d’orienter sa réflexion vers trois thématiques : produire et coproduire en Méditerranée, diffuser et faire circuler les œuvres en Méditerranée et structurer l’offre et la demande en Méditerranée.
Il est important de souligner l’absence de nombreux acteurs de la société d’information dans les pays riverains du Sud, ce qui est d’autant plus regrettable que l’objectif premier de ces tables rondes reste l’échange et, par conséquent, la coopération.
Pas de vecteur ni de marché « méditerranéen » Luciano Rispoli, attaché audiovisuel près l’ambassade de France en Turquie, a d’emblée insisté sur l’absence de divertissement à l’échelle euroméditérranéenne et sur l’absence de « concept exporté dans cette zone, en dehors des documentaires informationnels et culturels ».
Il s’est ensuite demandé s’il existait un véritable public Euromed et a soutenu qu’il existe indiscutablement une « audience » Nord-Sud, mais que les chaînes de télévision ne sont pas « ouvertes aux pays du Sud de manière générale parce qu’en plus, il existe des différences sur le plan qualitatif, des différences qu’il faut combler ».
« Donc aujourd’hui, même s’il y a un public, il n’y a pas de vecteur car il n’y a pas de chaîne proprement méditerranéenne généraliste. Il y a bien une chaîne, Euronews, qui est l’ancêtre du dialogue méditerranéen, mais nous rêvons de mettre en place une chaîne publique euroméditerranéenne qui serait basée à la Bibliothèque d’Alexandrie… », ajoute le diplomate.
Le président de l’Institut national de l’audiovisuel français (INA), Alexandre Hoog, a de son côté soulevé l’ « asymétrie » qui existe entre le Nord et le Sud, avec « des écarts qui demeurent très lointains, au-delà de la proposition politique de Barcelone qui demeurait par bien des égards illusoire et très peu pratique ». Toutefois, « les rêves d’il y a 15 ans sont aujourd’hui à portée de main » grâce à l’avancée des technologies de l’information, puisque « le numérique a considérablement réduit le coût des œuvres ».
Ce qui manque véritablement aujourd’hui, selon M. Hoog, c’est bien « l’absence d’un véritable marché. Il n’y a pas de véritables outils mis en place parce que ces liens ont été construits pendant une période très politique, plus politique que professionnelle ». Il poursuit : « Il faut aujourd’hui des produits télévisuels méditerranéens capables de passer, d’attirer 10 à 15 pays d’un seul coup, à l’instar de l’impact des films américains. Or aujourd’hui, ce type de produits n’existe pas. »
Le cinéma en zone Euromed
Prenant la parole, la responsable du département Société de l’information auprès de la Commission européenne, Aviva Silver, a présenté les deux programmes mis en place par la Commission : Média et Média Mundos. Ces deux programmes apportent un soutien aux producteurs de cinéma et de télévision notamment en doublage et sous-titrage, mais comprennent aussi un volet « aide aux radiodiffuseurs ».
Mettant en relief l’existence d’un « Fonds Sud », elle a en outre souligné que celui-ci demeurait insuffisant et que « Média Mundos envisage de pallier ce manque, même s’il ne dispose pour le moment que d’un budget limité de 2 millions d’euros. Nous aspirons à un budget de 5 millions à l’horizon 2010 lorsque les résultats du projet pilote auront été connus. »
Enrico Chiesa, responsable de l’assistance technique Euromed, a ensuite exposé les types d’aide apportés au cinéma du Sud : « L’exportation et la formation d’opérateurs cinéma du Sud pour qu’ils puissent être en mesure d’aborder les marchés internationaux, la sensibilisation des agents de vente des deux côtés de la Méditerranée, le renforcement de la coproduction et l’harmonisation des législations notamment au niveau de la propriété intellectuelle. ».
M. Chiesa a soutenu que l’aide à l’investissement est également importante, car elle permet de « reconstruire des salles au Maghreb, l’aider à se numériser et à adopter le multiplex alors qu’au Machrek, les salles existent déjà ».
D’autre part, « l’aide de soutien pour financer le lancement d’un film, une assistance directe aux distributeurs et aux salles qui décident de diffuser des films d’auteur » est également primordiale, selon lui. Le but de cet atelier était de récolter des propositions concrètes, toutefois celles-ci ont souvent été écartées au profit de polémiques pas toujours très constructives, mais qui ont eu le mérite de mettre le doigt sur la différence de perception qui existe entre les deux rives de la Méditerranée et, souvent, la prédominance des problèmes politiques dans certains pays, un élément important qui les empêche souvent de progresser non seulement dans le domaine de l’audiovisuel, mais dans tous les secteurs.
Lélia MEZHER - www.lorient-lejour.com.lb/ - le 12 novembre 2008

La Méditerranée et le plan solaire européen

L'Europe veut se rendre moins dépendante des hydrocarbures grâce aux gisements de soleil de l'autre côté de la Méditerranée.
L'Europe veut profiter du lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM) pour promouvoir un projet longuement discuté à Bruxelles, celui de mettre en oeuvre un plan sur l'énergie solaire. La Commission européenne, qui a élaboré la déclaration adoptée à Paris par les 44 chefs d'Etat au sommet fondateur de l'UPM du 13 juillet 2008, a invité le futur secrétariat de ce nouvel ensemble à « explorer la faisabilité de développer un plan méditerranéen d'énergie solaire ».

La ville allemande d'Aachen devra être reliée à la ville algérienne d'Adrar par un câble de 3000 km qui transportera de l'électricité solaire. Baptisé « clean power from desert », le projet est estimé à 2 milliards d'euros.

La raison y est clairement expliquée : « L'actuelle dépendance du pétrole et du gaz comme sources d'énergie est porteuse de beaucoup de risques avec la réduction de la production dans un future proche ». Cette préoccupation sur la diversification des sources d'énergie paraît plus présente au nord qu'au sud. Depuis la grave crise de l'hiver 2005 entre la Russie et l'Ukraine sur la fourniture en gaz, la sécurité énergétique est devenue une priorité partagée par tous les membres de l'Union européenne (UE). L'UE a tracé un programme sur les énergies renouvelables s'étalant jusqu'à 2020, avec pour perspective de réduire les gaz à effet de serre. Un plan est également tracé pour le développement des biocarburants.

Les gisements solaires du sud intéressent le nord
Le plan solaire de l'UPM est donc inscrit dans une logique claire qui ne doit rien au hasard. Selon l'agence spatiale allemande, l'Algérie possède le plus grand gisement solaire de la région : 169,44 térawatts heure/an (TWH/an) pour le solaire thermique et 13,9 TWH/an pour le solaire photovoltaïque.
Le Maroc a aussi un grand potentiel : 30% du territoire reçoit chaque année plus de 2000 kWh par m2 d'ensoleillement. Des villages au sud du Maroc sont électrifiés grâce à l'énergie solaire (ce qui évite un raccordement à un réseau national).
La Tunisie a tracé un programme d'installation de 55 000 m2 de capteurs solaires, des chauffe-eau solaires et des systèmes de climatisation. Selon les experts, le solaire thermique connaît un grand essor actuellement. D'où l'intérêt des entreprises qui maîtrisent le processus technologique de fabrication du matériel. A titre d'exemple, le Français Giordano, qui produit les capteurs thermiques, s'est bien installé en Tunisie.
La volonté de l'Algérie et de l'Egypte de construire des centrales électriques hybrides gaz/solaire a mis en concurrence plusieurs grandes entreprises européennes et américaines. L'Algérie a lancé les travaux de construction d'une centrale hybride d'une capacité de 180 megawatts à Hassi Rmel (sud) qui utilisera des panneaux solaires de 100 mètres étalés sur une superficie de 18 hectares. Le coût de l'investissement est de 150 millions de dollars. Trois autres centrales sont programmées. L'Algérie a l'ambition de produire 5% de son électricité à partir de l'énergie solaire d'ici à 2015, et d'en exporter une partie vers l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne.

Un câble de 3000 km pour l'électricité solaire
L'Algérie et l'Allemagne ont signé, début 2008, un accord de coopération pour développer l'énergie solaire et étudier la possibilité de produire de l'hydrogène à partir de cette énergie ainsi que des piles à combustible. La ville allemande d'Aachen devra être reliée à la ville algérienne d'Adrar par un câble de 3000 km qui transportera de l'électricité solaire. Baptisé « clean power from desert », le projet, qui est estimé à 2 milliards d'euros, attend des financements. L'exploitation du câble, dont le produit est durable autant que l'est le soleil, sera une juteuse affaire.
Elle suscite déjà l'intérêt de la firme algérienne Sonatrach et de plusieurs entreprises allemandes. L'Allemagne est le deuxième producteur mondial de l'électricité à partir de l'énergie solaire, derrière le Japon et devant les Etats-Unis. On comprend donc que le plan solaire de l'UPM a été imposé par Berlin avec l'assentiment de Lisbonne, Madrid et Rome.
Le Portugal construit déjà la plus grande centrale solaire photovoltaïque du monde avec une capacité de 11 mégawatts. En Italie, le groupe pétrolier italien ENI a annoncé récemment la création d'un centre de recherche sur l'énergie solaire, baptisé ENI solar frontiers center, en partenariat avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT, Etats Unis). Le but ? « Encourager un monde moins dépendant des hydrocarbures », a expliqué un responsable du groupe.
http://www.fmes-france.net/ - 2008

Sécurité maritime en méditerranée : l’exercice El Med, en Algérie

Premier exercice multilatéral organisé par la marine algérienne, El Med a réuni, entre le 20 et le 30 octobre 2008, neuf navires venus d’Espagne, d’Italie, du Maroc, de Tunisie, de France et du pays hôte. L’aviso Commandant Ducuing a représenté la Marine Nationale.
Organisé dans le cadre de l’ « Initiative 5+5 » de coopération euro-méditerranéenne en matière de sécurité, cet exercice avait pour thème le contrôle de la navigation commerciale. Il a notamment permis d’installer divers systèmes d’information et de commandement compatibles sur tous les navires participants.
Lancée le 21 décembre 2004, à Paris, par les ministres de la défense de dix états du bassin de la Méditerranée occidentale : l’initiative tire son nom de cette réunion de cinq états de la rive nord (Espagne, France, Italie, Malte, Portugal) et de cinq de la rive sud (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie).
Cette coopération euro-méditerranéenne a pour objectif de mettre en commun des expertises et des savoirs-faires. Les domaines concernés sont la protection civile, la lutte contre la pollution maritime accidentelle, la surveillance maritime et le secours en mer.
Depuis les débuts de cette coopération, des exercices de la lutte contre les trafics illicites et de sauvetage en mer ont été réalisés. Le prochain se déroulera du 16 au 21 novembre, en Tunisie, avec les forces armées françaises et tunisiennes, ainsi que les autres pays partenaires à titre d’observateurs, sur le thème du secours d’urgence.
Linda Verhaeghe - http://www.defense.gouv.fr/defense/breves -
En savoir plus :
L’article sur le site de la Marine Nationale

Bilan de la réunion des ministres de l’Industrie de l’Union pour la Méditerranée

Luc Chatel et son homologue égyptien Rachid Mohamed Rachid ont réuni les ministres de l’industrie de l’UPM pour renforcer leur partenariat industriel.
Luc Chatel, secrétaire d’État chargé de l’industrie et de la consommation, Porte-parole du Gouvernement et Rachid Mohamed Rachid, ministre égyptien du Commerce et de l''Industrie, ont réuni aujourd’hui à Nice les ministres de l’industrie de l’Union pour la Méditerranée (UPM), à l’occasion de la 7e conférence « Union pour la Méditerranée : Industrie». A l’issue de cette réunion, les ministres ont approuvé de nouveaux projets pour concrétiser le partenariat euro-méditerranéen.
Au cours de cette journée, s’inscrivant dans le cadre du « processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », et en présence de Günter Verheugen, Vice-président de la Commission européenne, les ministres se sont penchés sur 3 questions :
1) Comment porter les pays membres de l’Union pour la Méditerranée aux meilleurs niveaux de compétitivité ?
2) Comment optimiser la coopération industrielle pour promouvoir l’économie du savoir ?
3) Comment placer le développement industriel durable au cœur de la coopération industrielle de l’Union pour la Méditerranée ?
Les ministres ont pris des engagements concrets :
- Le programme Invest in Med, lancé en juillet dernier avec 12 millions € sur 3 ans pour accompagner l’investissement dans les pays de l’UPM ;
- Le programme Med Connect : ce programme d’extension de très haut débit dans les pays du Sud sera doté d’un budget de 5 millions € sur deux ans. Il permettra un accès haut débit à 2000 à 3000 chercheurs et universitaires, dans une quinzaine d’universités et centres de recherches ;
- La création d’un label Med Tech : décerné par une agence d’expertise indépendante, il aidera les projets innovants labellisés à trouver des financements ;
- Sur le développement industriel durable : demande à la BEI de faire des propositions d’ici juin pour le financement d’un plan de développement de l’énergie solaire dans la zone euro-méditerranéenne.
Par ailleurs, les ministres ont convenu d’une réunion en janvier 2009 au Caire avec les principales institutions financières arabes, européennes, et méditerranéennes pour mettre en place les financements des projets industriels notamment dans les axes prioritaires définis le 13 juillet dernier à Paris par les chefs d’État et de Gouvernement (autoroutes de la mer, dépollution de la Méditerranée, plan solaire méditerranéen…).
S‘inscrivant dans le cadre du processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée, dont le premier Sommet a eu lieu le 13 juillet 2008 à Paris, cette conférence réunissait les États membres de l’Union européenne et les partenaires méditerranéens (Albanie, Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Mauritanie, Syrie, Territoires Palestiniens, Tunisie, Turquie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Monaco, Monténégro et la Libye) membres de l’Union pour la Méditerranée en présence de Günter Verheugen, Vice-président de la Commission européenne.
Des représentants du secteur privé et des fédérations professionnelles euro-méditerranéennes participaient également aux travaux. Il s’agit d’un partenariat multilatéral visant à accroître le potentiel d’intégration et de cohésions régionales.
Contacts Presse : Cabinet de Luc CHATEL – Aurélia JUBLIN : 01 53 18 45 13 / Diane ÉLIARD : 01 53 18 46 28 / Anne-Caroline BAYONNE : 01 42 75 52 13
© Copyright ministère de l'Économie, de l'industrie et de l'emploi, le 6 novembre 2008

mardi 11 novembre 2008

L'Union pour la Méditerranée - Barcelone abrite le siège

Un consensus s'est dégagé au cours de la réunion ministérielle
Un «consensus général» s'est dégagé pour que Barcelone héberge le siège de l'Union pour la Méditerranée (UPM) au cours d'une réunion ministérielle à Marseille (Sud), a déclaré mardi un diplomate espagnol en précisant qu'il n'y avait pas encore «d'accord officiel».

Il y a un consensus général en faveur de Barcelone comme siège», a indiqué ce diplomate espagnol à l'AFP. «D'un point de vue diplomatique, toutefois, il n'y a pas d'accord tant qu'il n'est pas officiel», a-t-il dit. «Ce qu'il y a, c'est un large consensus» obtenu à l'issue de réunions informelles, a-t-il poursuivi.
«C'est un pré-accord», a-t-il précisé, ajoutant: «Ce n'est pas un document officiel». Le diplomate en chef de l'Union européenne, l'Espagnol Javier Solana, s'est déclaré «heureux» mardi de voir qu'un consensus s'est dégagé pour que Barcelone héberge le siège de l'Union pour la Méditerranée (UPM) au cours d'une réunion ministérielle à Marseille (sud). «Oui, je suis heureux de le dire», a déclaré M. Solana à des journalistes qui lui demandaient si Barcelone (nord-est de l'Espagne) obtiendrait le siège de l'UPM. «C'est une grande joie pour moi», a-t-il ajouté.
Un diplomate espagnol avait déclaré auparavant à l'AFP qu'il y avait un «consensus général» en faveur de Barcelone mais pas encore «d'accord officiel». La décision officielle devait être annoncée mardi en début d'après-midi lors d'une conférence de presse de la coprésidence franco-égyptienne.
Parmi les candidats figure, outre Barcelone, La Valette. Certains pays de la rive Sud insistaient quant à eux pour un secrétariat sur leur rive.Une diplomate marocaine a expliqué qu'«en contrepartie du siège au Nord, le secrétariat général reviendrait au Sud».
En revanche, les ministres peinaient toujours à trouver un consensus sur le statut de la Ligue Arabe. «Tous les pays arabes ont dit qu'il fallait une participation pleine et entière de la Ligue Arabe», a dit la même diplomate.Traditionnellement, la Ligue Arabe participe aux réunions des ministres des Affaires étrangères euro-méditerranéens, mais désormais elle et les pays arabes en veulent plus, au grand dam des Israéliens.
Malgré les espoirs de dépassement des clivages qui asphyxiaient le précédent partenariat euro-méditerranéen, rien ou presque n'a avancé en trois mois. Le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos a présenté début octobre la candidature de Barcelone, où a été lancé en 1995 le processus du même nom.
Tunis, pourtant soutenu par la présidence française, a renoncé vendredi à sa candidature. Les chefs de la diplomatie de l'Union européenne et du pourtour de la Méditerranée avaient entamé leurs discussions lundi soir au palais du Pharo, à Marseille. Le sommet de Paris du 13 juillet qui avait donné naissance à l'UPM avait renvoyé à cette réunion toutes les questions de «gouvernance» et notamment la localisation du siège.

La Ligue arabe et Israël
Un consensus ministériel s'est dégagé mardi pour que l'Union pour la Méditerranée siège à Barcelone et que la Ligue Arabe en soit membre à part entière en contrepartie d'un secrétariat général adjoint pour Israël, selon des sources diplomatiques concordantes. «Il y a un accord sur tous les points», a déclaré à la presse un diplomate proche de la présidence française de l'Union européenne. «L'annonce va être faite tout à l'heure», a-t-il dit.
Selon une source diplomatique israélienne, «il y a un accord pour que le secrétariat général de l'Union pour la Méditerranée ait cinq adjoints : trois européens et deux du sud, dont Israël». En contrepartie, Israël accepte que la Ligue Arabe puisse participer à l'UPM en tant que membre à part entière, une demande des pays arabes.
«C'est un compromis», a-t-on ajouté de même source. Le diplomate en chef de l'Union européenne Javier Solana s'était déclaré auparavant «heureux» de voir qu'un consensus s'était dégagé pour que Barcelone héberge le siège de l'UPM au cours d'une réunion ministérielle à Marseille (sud).
Par AFP - 5 novembre 2008

Solana confirme le consensus sur le siège à Barcelone
Oui, je suis heureux de le dire", a déclaré M. Solana à des journalistes qui lui demandaient si Barcelone (nord-est de l'Espagne) obtiendrait le siège de l'UPM. "C'est une grande joie pour moi", a-t-il ajouté.
Un diplomate espagnol avait déclaré auparavant à l'AFP qu'il y avait un "consensus général" en faveur de Barcelone mais pas encore "d'accord officiel".La décision officielle devrait être annoncée mardi en début d'après-midi lors d'une conférence de presse de la co-présidence franco-égyptienne.
Parmi les candidats figure, outre Barcelone, La Valette. Certains pays de la rive Sud insistaient quant à eux pour un secrétariat sur leur rive.
Une diplomate marocaine a expliqué qu'"en contrepartie du siège au Nord, le secrétariat général reviendrait au Sud". En revanche, les ministres peinaient toujours à trouver un consensus sur le statut de la Ligue arabe. "Tous les pays arabes ont dit qu'il fallait une participation pleine et entière de la Ligue arabe", a dit la même diplomate.
Traditionnellement, la Ligue arabe participe aux réunions des ministres des Affaires étrangères euro-méditerranéens, mais désormais elle et les pays arabes en veulent plus, au grand dam des Israéliens.Malgré les espoirs de dépassement des clivages qui asphyxiaient le précédent partenariat euro-méditerranéen, rien ou presque n'a avancé en trois mois.
Le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos a présenté début octobre la candidature de Barcelone, où a été lancé en 1995 le processus du même nom. Tunis, pourtant soutenu par la présidence française, a renoncé vendredi à sa candidature.
Les chefs de la diplomatie de l'Union européenne et du pourtour de la Méditerranée avaient entamé leurs discussions lundi soir au palais du Pharo, à Marseille.
Le Sommet de Paris du 13 juillet qui avait donné naissance à l'UPM avait renvoyé à cette réunion toutes les questions de "gouvernance" et notamment la localisation du siège.
Par AFP - 5 novembre 2008

Douanes en Méditerranée - Une lutte commune contre la fraude

Afin de favoriser les échanges commerciaux et de lutter contre les grands trafics souvent liés à la criminalité organisée (cigarettes, alcools, stupéfiants, contrefaçons …), des accords bilatéraux et des accords d'assistance mutuelle ont été conclus entre l'Union européenne et les pays tiers riverains de la Méditerranée.

Dans le but de dynamiser ces accords, la Commission européenne, représentée par l'Office européen de lutte antifraude (OLAF), en coordination avec la présidence française du Conseil de l'Union européenne, organise les 3 et 4 novembre 2008 à Tanger, une conférence régionale de coopération douanière.Cette conférence rassemble les États membres de l'Union européenne du pourtour méditerranéen (Chypre, France, Grèce, Italie, Malte, Portugal, Slovénie, Espagne, Royaume-Uni), les pays tiers partenaires du Processus de Barcelone (Albanie, Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Autorité Palestinienne, Syrie, Tunisie, Turquie) ainsi que certains pays des Balkans (Croatie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro).Les participants pourront ainsi partager les expériences acquises et réfléchir aux meilleurs moyens d'échanger des informations. Les possibilités d'effectuer des opérations douanières conjointes dans le cadre des accords d'assistance administrative mutuelle existants seront également abordées.Organisé près du nouveau port de Tanger Med, l'évènement sera, par ailleurs, l'occasion de sensibiliser les opérateurs portuaires aux nouvelles obligations imposées par l'Union européenne en matière de sûreté et de sécurité, dans le cadre des mesures prises au niveau international pour la sécurisation des flux de marchandises.

La conférence tenue à Tanger aura tenu toutes ses promesses. Des débats de haute facture puisque les participants ont pu passer au crible d'importantes questions techniques permettant de rendre l'espace méditerranéen plus étanche contre le commerce illégal et les pratiques frauduleuses.
Les uns et les autres ont ainsi passé au peigne fin, entre autres, la sécurisation de la chaîne logistique, l'échange sécurisé d'informations entre les autorités douanières de l'UE et du partenariat euro-méditerranéen et l'organisation d'opérations douanières conjointes.
L'un des axes de l'ordre du jour de cette conférence a en effet porté sur les questions de sensibilisation du grand public concernant les risques pour le citoyen liés à la fraude douanière, en partageant avec les pays participants l'expérience du Réseau des communications anti-fraude de l'OLAF (OAFCN) et de son partenariat avec la Fédération internationale des journalistes (IFJ-FIJ).
Dans la perspective de l'achèvement de la période de transition permettant aux pays du Partenariat euro-méditerranéen (Processus de Barcelone1) de parvenir à une zone de libre-échange avec l'Union européenne à partir de 2010, il est indispensable de s'assurer que le commerce légitime ne soit pas handicapé par des pratiques irrégulières de la part d'opérateurs commerciaux déloyaux ou d'organisations internationales de fraude. Ces pratiques frauduleuses peuvent aussi conduire à des pertes financières pour les Etats ou constituer une menace pour la santé publique ou la sécurité des citoyens.
L'augmentation des flux commerciaux, liés notamment à l'établissement de cette zone de libre-échange ainsi que le développement de nouvelles infrastructures portuaires et aéroportuaires dans la région de la Méditerranée militent en faveur de la mise en place d'une coopération régulière et structurée entre tous les pays riverains de la Méditerranée, de manière à mieux exploiter les instruments juridiques existants d'assistance administrative mutuelle en matière douanière.
Pour la mise en œuvre de cette forme de coopération et à l'initiative de la présidence française du Conseil de l'Union européenne, de la Commission européenne (OLAF) et du Royaume du Maroc, des experts douaniers des Etats membres de l'UE et des pays du Partenariat euro-méditerranéen (Processus de Barcelone), ainsi que d'autres pays riverains de la Méditerranée 2 se réuniront lors de cette conférence pour lancer une réflexion sur le renforcement de la coopération au niveau opérationnel.
Dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée, les participants ont ainsi recommandé d'utiliser la structure du Groupe «Marinfo-Yacht info Sud» pour mutualiser le renseignement utile (y compris l'échange primaire et le feedback) dédié à la lutte contre le trafic illicite par conteneur maritime et par petit bateau de plaisance (Yacht). Ils ont également préconisé d'étendre l'accès du réseau de communication sécurisé AFIS (Anti Fraud Information System), en particulier les applications informatiques MARINFO et YACHTINFO dédiées à la lutte contre le trafic illicite par conteneur maritime et par bateau de plaisance (Yacht)
Recettes douanièresL'ouverture progressive a été menée en parallèle avec la mise en place des réformes du tarif douanier, l'objectif étant de préparer l'économie nationale à relever le défi de ce choix stratégique. La réforme fiscale, le renforcement du contrôle, les efforts fournis en matière de lutte contre la minoration de la valeur en douane et les fausses déclarations visent à compléter cette réforme.
En s'élevant à 13,4 MMDH, les droits de douanes ont été réalisés à hauteur de 122,2%. Ils ont dépassé les prévisions de 2,4 MMDH en 2007. Cette tendance s'est maintenue en 2008 sous l'effet conjugué de la progression des importations taxables et de l'efficacité des actions de contrôle qui continuent d'impacter positivement les recettes douanières en dépit de la poursuite du processus du démantèlement tarifaire et des réductions des droits d'importation notamment le droit maximum applicable aux produits industriels qui est passé de 45 à 40%.
Par Abdelali Boukhalef - LeMatin.ma -
le 9 novembre 2008

Banques - Bras de fer en Méditerranée

De BNP Paribas à la Caisse d’épargne, en passant par la Société générale, les françaises se tournent vers le sud. Où elles se trouvent face à de puissants concurrents, dopés par l’argent du pétrole.
S’implanter partout autour de la Méditerranée, tel pourrait être le credo des banques françaises. En remportant, à la mi-2007, la première privatisation bancaire en Libye, BNP Paribas a pris un coup d’avance sur son seul concurrent sérieux dans la région, la Société générale, qui lui disputait l’opération. BNP est présente dans douze pays du Bassin méditerranéen, soit presque tous, à l’exception d’une poignée de pays comme la Croatie, Malte ou la Syrie.
La Société générale, elle, compte de belles implantations en Afrique du Nord ainsi qu’en Europe de l’Est et au Liban. La nouveauté est que ces deux acteurs historiques sont désormais rejoints par de nouveaux concurrents hexagonaux. Parmi eux, le groupe Banque populaire mène une politique de développement forcené en Algérie, où il compte désormais vingt-cinq agences. En Tunisie, il a acquis progressivement 15 % du capital de la Banque internationale arabe de Tunisie (BIAT), première banque privée du pays. Une opération menée dans la plus grande discrétion et qui pourrait aboutir un jour à une prise de contrôle de l’établissement.
Autre acteur français, le groupe Caisse d’épargne a fait de la Méditerranée sa priorité à l’international. Il a repris l’an dernier la Banque tuniso-koweïtienne (BTK), preuve de son influence croissante, et, en mars 2008, il a accueilli au sein du conseil de surveillance de son holding international (la Financière Océor) un membre de poids en la personne de Fathallah Oualalou. Ce Marocain reconnu, ministre des Finances et de la Privatisation de 1998 à 2007, était en charge de la cession, en 2005, d’une partie du capital du Crédit immobilier et hôtelier à la Caisse d’épargne, qui, apparemment, lui sait gré d’avoir remporté cette opération.
Les Marocaines dans la course
Mais les banques françaises ne sont désormais plus seules. Plusieurs établissements européens et moyen-orientaux ont également trouvé dans la zone méditerranéenne une aire logique à leur développement. Premier sur la liste, l’italien Intesa Sanpaolo a repris en 2005 le sixième établissement de la place, la Bank of Alexandria, dont il a acquis 80 % du capital pour 1,6 milliard de dollars.
Une belle opération, derrière laquelle se cache une réelle ambition méditerranéenne jusqu’alors contrariée : candidat malheureux à la privatisation de la libyenne Wahda Bank, emportée en février dernier par l’Arab Bank, Sanpaolo a également vu lui échapper la Banque du Sud, en Tunisie, tombée dans l’escarcelle de la marocaine Attijariwafa Bank. Cette dernière fait partie, elle aussi, des établissements aux ambitions méditerranéennes : également dans la course au rachat de Wahda Bank, elle fut aussi l’une des premières à s’intéresser à l’acquisition du Crédit populaire d’Algérie (CPA), mais se trouva disqualifiée par sa trop petite taille, eu égard aux standards internationaux. Elle a tout de même demandé un agrément en Algérie, tout comme sa compatriote BMCE Bank, qui participe régulièrement aux privatisations dans la région.
Plus marginalement, d’autres acteurs, comme la libanaise Audi Bank, présente au Liban et en Égypte, figurent également dans la liste des repreneurs potentiels d’établissements au Maghreb. « Il y a une vraie logique à l’expansion des banques arabes dans la région. D’une part, compte tenu de la similitude culturelle, et, d’autre part, parce que ce sont des banques assez développées sur leurs marchés locaux et ayant une réelle expertise en termes de capacité de management, explique Mohamed Damak, analyste chez Standard & Poor’s. De plus en plus de banques du Golfe vont être intéressées par l’expansion en Afrique du Nord. »
Parmi les candidats de cette zone les plus susceptibles de contrarier les velléités françaises : la National Bank of Kuwait et l’Arab Bank (Jordanie). La première a mis la main, en 2007, sur la banque égyptienne Al Watany, et s’est offert 40 % du capital de la Turkish Bank, s’implantant coup sur coup dans deux des économies les plus importantes du Bassin méditerranéen. Dotée de filiales en Égypte, en Tunisie et au Maroc et de bureaux en Algérie, l’Arab Bank s’est quant à elle payé le luxe de voler la vedette en Libye à la Société générale, en décrochant la privatisation de la Wahda Bank. Un sérieux accroc pour sa rivale française, qui semble multiplier les déconvenues.
L’UIB à la peine en Tunisie
Fortement affectée par la crise internationale des subprimes ainsi que par les pertes enregistrées dans son activité de trading, la Société générale a également connu des déboires avec sa filiale tunisienne, l’Union internationale de banques (UIB), qui a subi l’affront de voir ses comptes 2006 rejetés, en août 2007, par l’un de ses commissaires aux comptes. Le cabinet Deloitte avait alors refusé de certifier les états financiers de l’UIB en raison d’une présentation des états financiers non conforme à la réalité, et qui « passait sous silence » des charges de 166,9 millions de dinars…
Un montant supérieur aux capitaux propres de l’établissement ! Depuis, l’UIB aurait décidé de procéder à une augmentation de capital et a nommé un nouveau directeur général. En Libye, la Société générale a échoué à prendre des participations lors des deux privatisations bancaires, qui ont eu lieu en 2007 et 2008. Sur le marché algérien, où elle a connu ces dernières années un développement spectaculaire, la banque française avait surpris nombre d’analystes en restant relativement en retrait du processus de cession du CPA, dont la privatisation a, depuis, été repoussée.
Face à cette nouvelle concurrence arabe, les Français disposent de deux atouts de poids : leur taille et leur expérience, malgré tout encore supérieures à celles des banques arabes, et la puissance financière. Pour s’assurer d’un succès, la Caisse d’épargne a ainsi aligné 170,6 millions d’euros pour l’acquisition de 60 % du capital de la BTK, qui disposait à l’époque d’un total de bilan d’environ 230 millions d’euros et de trois agences. Une fortune pour un établissement somme toute marginal dans le paysage bancaire tunisien.
En guise de comparaison, le tandem hispano-marocain Santander-Attijariwafa Bank avait payé deux ans plus tôt 40 millions d’euros pour 33,5 % du capital de l’ex-Banque du Sud, un établissement dont le total de bilan est cinq fois supérieur à celui de la BTK ! La seule limite à ces achats à coup de millions semble désormais être l’émergence de nouveaux acteurs internationaux de premier plan. Parmi eux, deux retiennent l’attention. Le groupe Citibank, déjà bien implanté en Afrique du Nord, a montré un intérêt particulier pour la zone en se portant, pour un temps, candidat au rachat du CPA, alors qu’il avait été jusqu’à présent absent des privatisations dans les pays voisins.
Le groupe HSBC, déjà présent en Égypte, a ?quant à lui obtenu un agrément début 2007 pour exercer en Algérie et s’est porté candidat au rachat de Sahara Bank en Libye. De quoi laisser à penser que ces deux géants mondiaux, à l’instar de nombre de banques arabes, pourraient contrecarrer les désirs expansionnistes des banques françaises en Méditerranée.
Frédéric MAURY - JeuneAfrique.com - article paru en mai 2008

Dialogue social : M. Rhmani plaide pour un forum euro-méditerranéen

Le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, Jamal Rhmani a plaidé, dimanche à Marrakech, pour la mise en place d'un forum euro-méditerranéen dédié à la promotion du dialogue social dans les pays de la région.
Intervenant à l'ouverture des travaux de la 1ère conférence euro-méditerranéenne sur l'emploi et le travail, M. Rhmani a insisté sur la nécessité d'instaurer un dialogue tripartite entre les gouvernements, les centrales syndicales et le patronat et aussi un dialogue entre ces deux dernières entités et ce, pour mieux gérer les mutations socio-économiques dans la région euro-méditerranéenne.
Ce dialogue est nécessaire, selon lui, pour l'implication de l'ensemble des opérateurs économiques et partenaires sociaux dans la réactivation du processus de Barcelone. Et d'ajouter que cette association des différents partenaires n'est pas fortuite mais elle constitue bel et bien une condition sine qua non pour la création d'un espace euro-méditerranéen où régneront les valeurs de dialogue, d'entente et de solidarité. Pour le ministre, cette conférence n'est pas seulement une tribune pour discuter des sujets d'actualité brûlante dans les domaines économiques et sociaux mais surtout un cadre propice aux concertations aux fins de tisser et resserrer les liens de coopération entre les pays de la Mare Nostrum.
De même avis, Xavier Bertrand, ministre français du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarité, a favorablement accueilli la proposition marocaine appelant à la mise en place d'un forum euro-méditerranéen dédié à la promotion du dialogue social dans les pays de la région.
Une structure qui constitue, pour lui, un formidable outil pour booster le niveau de la coopération euro-méditerranéenne et rapprocher davantage les peuples des deux rives de la Méditerranée. Il a relevé l'importance de cette conférence qui se tient à un moment où la communauté internationale peine à sortir d'une crise financière planétaire, plaidant pour une approche participative euro-méditerranéenne, fondamentale pour le règlement des grandes questions dans le domaine de l'emploi et du travail. La séance d'ouverture de cette conférence de deux jours s'est déroulée en présence notamment de Mme Aïcha Adelhadi, ministre égyptienne du travail et de l'immigration et Vladimir Spidla, commissaire européen en charge de l'emploi, des affaires sociales et de l'égalité des chances. Organisée dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée, cette conférence ministérielle représente une occasion propice pour définir une véritable dimension sociale dans le partenariat euro-méditerranéen, fondée sur une approche intégrée associant croissance économique, emploi et cohésion sociale.
La conférence à laquelle participe aussi le Bureau tnternational du travail, doit aussi permettre la création d'un mécanisme de suivi des politiques et des initiatives prises par les pays partenaires dans différents domaines, notamment l'emploi, la modernisation des marchés du travail et la formation professionnelle.
Par MAP - LeMatin.ma - le 10 novembre 2008

Emploi-Travail : 1re Conférence ministérielle euroméditerranéenne à Marrakech

Les ministres de l'Emploi et du Travail des pays partenaires euroméditerranéens et la Commission européenne se réuniront pour leur première conférence ministérielle les 9 et 10 novembre à Marrakech, sous la coprésidence franco-égyptienne du Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée, indique un communiqué de la présidence de l'UE.
"Dans le cadre du "Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée", et conformément aux conclusions de la 9e réunion euro-méditerranéenne des ministres des Affaires étrangères à Lisbonne les 5 et 6 novembre 2007, les ministres de l'Emploi et du Travail des pays partenaires euroméditerranéens et la Commission européenne se réuniront pour leur première conférence ministérielle à l'invitation du Royaume du Maroc à Marrakech, les 9 et 10 novembre 2008", précise la même source.Cette conférence centrée sur le potentiel humain de la zone euroméditerranéenne "devrait être un temps fort des relations entre les pays des deux rives de la Méditerranée", indique la présidence de l'UE, notant qu'elle sera précédée d'une consultation des partenaires sociaux européens et méditerranéens.
S'inscrivant dans la lignée des conclusions des conférences ministérielles de Tampere (Finlande), de Lisbonne et de Marseille, la conférence de Marrakech "sera l'occasion d'examiner divers aspects du développement humain et d'avancer sur des propositions concrètes visant à promouvoir la création d'emplois, la modernisation des marchés du travail et le travail décent, selon l'approche de l'Organisation internationale du travail", souligne la présidence de l'UE.
Les ministres procéderont, également, à un échange de points de vues sur les moyens et outils à mettre en place pour doter le projet euroméditerranéen d'une dimension sociale.Deux thématiques seront plus particulièrement au cœur des échanges : le développement de l'emploi, notamment pour les femmes et les jeunes, et le développement de la formation professionnelle et d'initiatives pour promouvoir le travail décent, conclut la présidence de l'UE.
Par MAP - LeMatin.ma - le 7 novembre 2008

Etats Généraux Culturels Méditerranéen

Les « Etats Généraux culturels méditerranéens » sont organisés par le Ministère des Affaires Etrangères et Européennes et l’Institut de la Méditerranée, avec le soutien des collectivités locales (Ville de Marseille, CCI Marseille Provence, Conseil Régional PACA et Conseil Général des Bouches du Rhône) et de la Caisse d’Epargne.
Les Etats généraux culturels méditerranéens s’inscrivent dans la continuité du processus des Ateliers culturels marqué par les rencontres de Paris (septembre 2006), Séville (juin 2007) et Alexandrie (janvier 2008).
Ces rencontres ont permis l’élaboration de projets concrets en matière de coopération culturelle euro-méditerranéenne, ainsi que l’émergence de débats portant sur les questions sensibles (histoires et mémoires, religion et sociétés, droit et sociétés, éducation, diversité et universalité).
Les Etats généraux sont organisés dans la continuation de ces rencontres, et feront notamment référence au « plan d’action culturel méditerranéen » adopté à Alexandrie. Ils sont définis par le Ministère des Affaires Etrangères comme un « think thank collectif rassemblant des acteurs non gouvernementaux impliqués dans l’action culturelle euro méditerranéenne et des responsables d’institutions publiques et privées opérant dans le domaine culturel. »
Manifestation inscrite dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne. Cette manifestation vient exprimer l’accent que la Présidence française veut donner à la dimension méditerranéenne de la politique de l’Union européenne, au lendemain du sommet de Paris qui a lancé l’Union pour la Méditerranée à partir du processus de Barcelone.
Cette manifestation est un « carrefour culturel méditerranéen ». Elle bénéficie du soutien de l’association Marseille Provence 2013 et de la CCI Marseille Provence, impliquée dans la sphère culturelle et fer de lance de la mobilisation économique autour du projet de candidature, dont la Méditerranée est un axe prépondérant.
Cet événement a lieu dans la continuation de la rencontre des Ministres des Affaires Etrangères Euromed des 3 et 4 novembre qui se déroule également à Marseille. Les « Etats Généraux culturels méditerranéens » s’inscrivent aussi dans le cadre de l’année 2008, année du dialogue interculturel méditerranéen.
En savoir plus :
Programme Etats généraux culturels méditerranéens(pdf 75,52 kB)
http://www.ccimp.com/ccimp/notre_actualite/etats_generaux_culturels_mediterraneen
http://egcmed.leforum.eu/index.php (site-forum des Etats Généraux)
Le 4 novembre 2008

Conférence sur les peuples sans État de la Méditerranée

La première semaine de novembre aura lieu la "IIe Conférence méditerranéenne de Nations sans État de la Méditerranée", en trois sessions le 5, 6 et 7 novembre à Barcelone. On continuera les débats ouverts avec la Ière Conférence Méditerranéenne, de laquelle vous pouvez voir des références dans le site web http://www.ccsi-si.org
Dans cette dernière, on peut visualiser l’agenda d’actes de la IIe Conférence à travers la liaison de la page initiale. Si vous voulez envoyer une salutation ou une note d’appui vous pouvez le faire en nous envoyant un courriel, on la lira en première partie de la conférence. C’est pour ça que nous leur envoyons ensuite les axes fondamentaux de la conférence traduits. Bien que ces débats fassent référence uniquement à la zone méditerranéenne, notre objectif est qu’ils servent de liaison, postérieurement, avec d’autres zones où il y a des pays et des Nations sans état propre.
La « IIe Conférence de Nations sans État de la Méditerranée » veut être un espace de réflexion et de débats sur les possibilités d’émancipation qu’ont les Nations méditerranéennes qui vivent actuellement soumises et sans capacité de décision propre dans ce monde globalisé. Nous souhaitons influencer :
La récupération des biens culturels, du patrimoine historique, du patrimoine environnemental, de la mémoire et de l’identité comme peuples.
Mettre en rapport les peuples méditerranéens des deux rives de la Méditerranée, pour mieux nous connaître en favorisant une meilleure relation (transports, communication, culture, etc.) entre les peuples.
Internationalisation des identités comme une différenciation commun des peuples méditerranéens, spécialement ceux qui sont plongés dans des états unifiés et centralisés avec des cultures étatiques dominantes.
Privilégier les relations entre nos peuples en favorisant la culture, la langue, les relations politiques et les sujets qui nous sont communs et que nous devons améliorer pour vivre dans de meilleures conditions en assurant notre futur en tant que peuples méditerranéens.
Federació d’Entitats de la Mediterrània

lundi 10 novembre 2008

Boat peoples en hausse en Méditerranée et dans le golfe d'Aden

Le nombre de « boat peoples », les migrants qui s'embarquent pour un voyage hasardeux en mer parfois au péril de leur vie, est en hausse dans le golfe d'Aden où une nouvelle tragédie vient d'intervenir, mais aussi à destination de l'Europe, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).
« A la fin du mois d'octobre 2008, près de 30 000 boat peoples sont arrivés sur les côtes italiennes – un chiffre qui dépasse largement celui des 19 900 arrivées pour toute l'année 2007 », a déclaré mardi le porte-parole du HCR, Ron Redmond, à Genève.
« Parallèlement, le nombre de morts ou de personnes portées disparues en mer au
cours
du voyage vers l'Italie ou Malte pour les 10 premiers mois de 2008 (509) est déjà plus élevé que le total de 2007 (qui s'élevait à 471 morts ou personnes portées disparues). Et cela malgré les louables efforts de recherches et de secours en mer produits par la marine et les gardes-côtes italiens », a dit le porte-parole.
A Malte, près de 2 600 boat peoples sont arrivés au cours des neuf premiers mois de cette année depuis l'Afrique du
Nord
, en comparaison avec les 1 800 personnes arrivées sur l'ensemble de l'année 2007.
Dans le cas de la
Gr
èce, des chiffres sont disponibles seulement pour les sept premiers mois de 2008, mais ils montrent la même tendance qu'en Italie et à Malte. Environ 15 000 personnes sont arrivées en Grèce continentale ou dans les îles de la mer Egée entre janvier et juillet 2008, contre 19 900 arrivées pendant toute l'année 2007.
Les arrivées en
Espagne
continentale et dans les îles Canaries à la fin du mois d'octobre 2008 (10 700) sont également plus élevées que pendant toute la même période l'année dernière (9 100 pour les 10 premiers mois de 2007), mais sont toujours plus bas que pour l'ensemble de l'année 2007 (18 000 arrivées).
Selon le HCR, le nombre de réfugiés dans ces mouvements mixtes de populations, qui incluent aussi des migrants économiques, varie de façon importante d'un pays à un autre et selon les périodes de l'année. Dans le cas de l'Italie, un tiers de ceux qui sont arrivés illégalement par la mer l'année dernière ont fait une demande d'asile (soit quelque 7 000 personnes). En moyenne, à peu près la moitié des demandeurs d'asile en Italie sont reconnus comme réfugiés ou se voient offrir une autre forme de protection.
A Malte, près de 80% de ceux qui arrivent par la mer demandent l'asile et près de 60% d'entre eux, en moyenne, sont reconnus comme ayant besoin de protection internationale. Ils reçoivent soit le statut de réfugié soit une autre forme de protection.
A l'opposé quelques 3% seulement des boat peoples qui arrivent sur les plages espagnoles demandent l'asile, malgré les informations et les conseils dispensés aux nouveaux arrivants.
Au cours des premiers 10 mois de l'année 2008, plus de 38 000 personnes ont effectué le périlleux voyage en bateau depuis la Somalie vers le Yémen. Cela représente une augmentation considérable par rapport aux 29 500 personnes qui ont entrepris ce même voyage durant toute l'année 2007.
Jusqu'à présent, plus de 600 personnes sont mortes ou portées disparues dans le golfe d'Aden. L'an dernier, le nombre de morts était de 1 400.
Le porte-parole du HCR a ainsi évoqué une nouvelle tragédie intervenue dimanche 2 novembre 2008 lorsque plus de 40 personnes, parmi 115 désespérés transportés à bord d'un bateau de passeurs à travers le golfe d'Aden depuis la Somalie, ont été contraintes de sauter par-dessus bord en pleine mer au large des côtes du Yémen. 12 corps ont déjà échoué sur la plage d'Alam et 28 autres personnes sont toujours portées disparues. Les 75 boat peoples survivants ont été conduits au centre de réception du HCR à Ahwar où ils reçoivent de l'aide.
Les survivants ont expliqué au HCR que le bateau avait quitté le nord de la Somalie vendredi 31 octobre avec 115 passagers à son bord, principalement des Somaliens et des Éthiopiens avec parmi eux des femmes et des enfants.
Les survivants ont dit que ceux qui n'avaient pas pu payer un supplément d'argent ont été sévèrement battus par les passeurs et que plus de 40 personnes ont été jetés par-dessus bord. Une personne est décédée lundi au dispensaire MSF d'Ahwar, suite aux
graves
blessures infligées par les passeurs. D'autres sont traitées pour des blessures, notamment à la tête.
Source : UNHCR -
http://www.unhcr.fr/ - le 4 novembre 2008

L’immigration clandestine bat des records en Méditerranée

La population de «boat people» s’accroît entre l’Afrique et l’Europe. Les femmes et les enfants sont de plus en plus nombreux
D’une semaine à l’autre, le communiqué officiel ne varie guère: 300 immigrés clandestins, dont au moins 21 femmes, ont été secourus ce weekend au large de Lampedusa. Leur embarcation, un bateau d’une quinzaine de mètres, se trouve généralement en difficulté lorsque le bâtiment des garde-côtes vient à son secours.  Sur la petite île sicilienne, l’opération n’a plus rien d’extraordinaire. Depuis le début de l’année, indiquait mercredi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), près de 30 000 «boat people» ont débarqué sur les côtes italiennes – dix mille de plus que pour toute l’année 2007.
Ailleurs, sur les rivages européens de la Méditerranée, la tendance n’est pas différente. En Espagne, en Grèce, à Malte, les douanes enregistrent la même augmentation sensible des arrivées.Plus nombreux sont aussi ceux qui n’arriveront jamais. Selon le porte-parole du HCR, Ron Redmond, le nombre de morts ou de personnes portées disparues en 2008 dépasse déjà les chiffres de l’année précédente pour Malte et l’Italie: 509 naufragés au cours des dix derniers mois, contre 471 en 2007.
Et il n’a rien dit de ces milliers de migrants morts de faim et de soif, égarés sur les pistes des déserts, sans nom, sanspapiers, perdus avant même de se risquer sur la mer: la fermeture des frontières pousse les immigrés à choisir les voies les plus dangereuses, commente Jemini Pandya, porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Elle fait aussi l’affaire des trafiquants, qui savent monnayer leurs services, corrompre ou contourner les polices et s’adapter à la politiquedéfensive des gouvernements occidentaux. Sur l’échelle des industries criminelles, les dividendes de l’émigration irrégulière s’inscrivent en bonne place, juste derrière l’économie de la drogue et les traficsd’armes.

Une Grèce attractive
Sur la durée, les itinéraires se font souvent plus longs et plus complexes. Des routes s’ouvrent à l’est. Si l’Italie reste la destination la plus fréquente, la Grèce et les îles de la mer Egée exercent dorénavant une forte attraction sur les candidats à l’émigration. De même, les points de départ se déplacent et se multiplient, du nord à l’ouest de l’Afrique, du Maroc à la Mauritanie et de la Mauritanie au Sénégal, au Cap Vert, à la Guinée…Les origines des clandestins s’élargissent aussi à toutes les régions du continent africain.
A Lampedusa, les Somaliens, les Erythréens, les Ghanéens croisent des exilés issus de territoires plus proches, du Maroc, de Tunisie, d’Algérie. Les plus nombreux sont les Nigérians, précise Jemini Pandya. Ils étaient 780 en 2007; ils seraient plus de 5300 depuis le mois de janvier. Et avec eux, de nombreuses femmes, sans doute vouées pour la plupart d’entre elles à la prostitution. Les embarcations de fortune comprennent ainsi «de plus en plus de femmes et de mineurs non accompagnés», ajoute Jemini Pandya.
D’autres drames se jouent ailleurs. Le HCR a rappelé cette semaine la crise humanitaire en cours dans le golfe d’Aden, la traversée vers le Yémen des milliers de personnes – 38 000 depuis le début de l’année – qui fuient les conflits de Somalie, et la disparition de centaines d’autres – 600 – noyées en cours de route.
Jean François VERDONNET - La Tribune de Genève - le 10 novembre 2008

lundi 3 novembre 2008

« Déclaration de Cannes » : 9 pays méditerranéens s'unissent pour renforcer la lutte contre la contrefaçon

Luc CHATEL, Secrétaire d’État chargé de l’Industrie et de la consommation, Porte-parole du Gouvernement, se réjouit de la signature par neuf pays méditerranéens, lundi 27 octobre à Cannes, de la « déclaration de Cannes », qui vise à renforcer la lutte contre la contrefaçon.
Cette déclaration, qui réunit les pays du Bassin méditerranéen les plus engagés dans la lutte contre la contrefaçon (Bulgarie, Espagne, France, Italie, Maroc, Portugal, Roumanie, Tunisie, Turquie), a pour objectifs de : mieux coordonner la lutte anti contrefaçon ; poursuivre le travail de sensibilisation des consommateurs, en particulier sur les salons professionnels et dans les zones touristiques ; et de renforcer la repression envers les contrefacteurs et leurs distributeurs, notamment sur Internet.
Soulignant le fait que la contrefaçon est un danger à la fois pour la santé et la sécurité des consommateurs, pour l’innovation et la compétitivité des entreprises, mais aussi pour l’emploi et l’économie des pays du bassin méditerranéen, Luc CHATEL a rappelé l’adoption, le 25 septembre 2008, dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne, d’une résolution relative à un plan global de lutte contre la contrefaçon.
La « déclaration de Cannes » a été signée à l’occasion de la 61e édition du Salon TAX FREE*, lors d’une table ronde sur la lutte anti-contrefaçon présidée par Luc CHATEL, à laquelle participaient tous les signataires de cette déclaration commune, parmi lesquels : Bernard BROCHAND, député–maire de Cannes et Président du Comité national anti-contrefaçon (Cnac,) et Benoît BATTISTELLI, Directeur général de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) et secrétaire général du Cnac, aux côtés de leurs neuf homologues méditerranéens.
Cette table ronde a notamment permis aux participants d’engager une réflexion sur la mise en place d’un système d’échange d’informations entre leurs administrations respectives. * Le Tax Free, qui se tient à Cannes du 27 au 31 octobre 2008, regroupe l’industrie mondiale du ‘’duty free’’ et du ‘’travel retail’’, soit 500 marques dans les domaines des vins et spiritueux, du tabac, des cosmétiques et parfums, de la mode et des accessoires, des montres et de la joaillerie, de la décoration etc. Contacts presse :
Cabinet de Luc Chatel : Aurélia Jublin – Tél. : 01 53 18 45 13 /
Diane Eliard – Tel : 01 53 18 46 28 /
Anne-Caroline Bayonne – Tel : 01 42 75 52 13
INPI – Cnac : Valérie Hochet – Tél. : 01 53 04 57 22
Service de presse Tax Free : Kate Appleton – Tél. : +44 1784 434 666
Source : Ministère de l’Économie, des finances et de l’industrie (
www.finances.gouv.fr)

Réunion de l'Union pour la Méditerranée à Marseille

Siège du secrétariat, statut de la Ligue arabe, processus de paix: 43 partenaires euro-méditerranéens vont tenter lundi et mardi à Marseille de surmonter leurs divergences pour mettre sur les rails l'Union pour la Méditerranée, déjà handicapée par les tensions israélo-arabes.
Le sommet de Paris du 13 juillet qui lui avait donné naissance avait renvoyé à cette réunion des ministres des Affaires étrangères toutes les questions de "gouvernance": localisation, composition et pouvoirs du secrétariat général, chargé de gérer les projets concrets et de lever des fonds.
Mais malgré les espoirs de dépassement des clivages qui asphyxiaient le précédent partenariat euro-méditerranéen, rien ou presque n'a avancé depuis trois mois.
"Le secrétariat n'est certainement pas une question facile. Il y a quelques candidats. Nous espérons trouver une solution", a déclaré vendredi la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner.
Ainsi, le chef de la diplomatie espagnole Miguel Angel Moratinos a présenté début octobre la candidature de Barcelone, "ville à la vocation méditerranéenne indubitable", où a été lancé en 1995 le processus du même nom, destiné à renforcer les relations euro-méditerranéennes. La Valette est aussi sur les rangs.
Mais alors que l'Union pour la Méditerranée, adossée sur ce processus de Barcelone, se veut un partenariat plus équilibré entre le nord et le sud, certains pays du sud insistent pour un secrétariat sur leur rive.
Pour l'instant, Israël et les pays arabes n'ont pas trouvé de consensus sur un nom.
Tunis, pourtant soutenu par la présidence française, a renoncé vendredi à sa candidature, après une visite d'un ministre espagnol. Mais selon un diplomate proche des discussions, l'Egypte, qui a déjà la co-présidence de l'Union pour deux ans, et la Jordanie ont exprimé cette semaine leur intérêt pour le siège.
Malgré son optimisme, Mme Ferrero-Waldner, qui veut que le travail de l'Union puisse commencer "aussi vite que possible", a d'ailleurs déjà anticipé un éventuel échec, indiquant que "Bruxelles est sur la table s'il n'y a pas de solution".
Autre point noir à l'ordre du jour des ministres: la différence d'interprétation entre Israéliens et Arabes sur le statut d'observateur octroyé à la Ligue arabe lors du lancement de l'Union.
Traditionnellement, la Ligue arabe participe aux réunions des ministres des Affaires étrangères euro-méditerranéens, mais désormais elle et les pays arabes en veulent plus, au grand dam des Israéliens.
Les réunions censées préparer la réunion de Marseille, ainsi que la première réunion ministérielle du 29 octobre, consacrée à la question de l'accès à l'eau, ont dû être annulées.
La présidence française de l'UE, également co-présidence de l'Union pour la Méditerranée, "a fait des propositions de compromis", a indiqué un diplomate proche des négociations. "Mais je suis sceptique, la Ligue arabe ne cédera pas", a-t-il prédit.
La déclaration politique que les 43 pays doivent adopter mardi, et en particulier la partie sur le processus de paix israélo-palestinien, est également toujours un casse-tête.
"J'ai une sensation de déjà-vu. On introduit à tout bout de champ nos relations avec les pays arabes", a résumé un diplomate israélien avant l'ouverture de cette réunion.
"Certaines difficultés ne disparaîtront pas du jour au lendemain (...) cela prendra du temps, nous devons tous être patients", a répondu Mme Ferrero-Waldner.
Avant le début de cette rencontre lundi soir, les ministres de l'UE se réuniront seuls au déjeuner pour discuter de leurs relations avec les Etats-Unis à la veille de l'élection présidentielle, et de la crise dans l'est de la République démocratique du Congo.

AFP.Bruxelles - le 3 novembre 2008

Forum civil Euromed : Présence tous azimuts du Liban à Marseille

La Plateforme locale comprend près de 30 associations et réseaux nationaux et régionaux. Le Forum civil Euromed 2008 a clôturé ses travaux hier à Marseille en présence de près de 250 participants venus des deux rives de la Méditerranée.
Une délégation libanaise forte de neuf personnes a participé aux différents ateliers thématiques organisés sous le thème « Circuler et vivre ensemble dans l’espace Euromed ».Outre le président de la Plateforme non gouvernementale libanaise et membre du conseil d’administration du Forum, Georges Abi Saleh, on retrouve Habib Maalouf, coordinateur de la Plateforme libanaise et président de l’Association libanaise pour l’environnement et le développement, qui présenta une intervention remarquée sur « l’implication environnementale et sociale des guerres », exposant l’aspect historique du sujet, notamment les conflits sur les ressources naturelles, et brossant un tableau des guerres dans la région autour de l’eau ou du pétrole.
M. Maalouf énumère en outre les conséquences désastreuses des conflits armés sur l’environnement, citant l’élimination des palmiers en Irak, des oliviers dans les territoires palestiniens et la pollution de la mer au Liban suite à la guerre de 2006.Le Liban fut également représenté par Mona Mourad, responsable des relations publiques à l’Association de responsabilité civique et vice-présidente du Conseil des femmes libanaises. Ziad Khaled, responsable du comité juridique à l’Association libanaise des droits de l’homme, et Salam Abdelsamad, membre de Pinacle (Public Interest Advocacy Center Lebanon) ont participé au Forum en tant qu’activistes en matière des droits de l’homme.De son côté, Issam Ali Hassan, directeur administratif de la municipalité de Beyrouth et responsable au sein du réseau des ONG libanaises, a participé à l’atelier « Jeunesse et éducation », appelant à l’élaboration de politiques nationales encourageant les jeunes à rester dans leur pays, au lieu de les pousser à émigrer.
En outre, du Rassemblement démocratique des femmes libanaises, on retrouve le Dr Ahida Taleb, sans oublier Haïfa Jammal qui représentait les ONG palestiniennes au Liban.
Enfin, du Réseau des ONG arabes pour le développement (ANND), la prestation de Kinda al-Ahmadieh fut remarquable. Elle exposa « les conséquences de la politique socio-économique dans le partenariat Euromed sur l’immigration ». Selon elle, « le cadre économique provoqué par le partenariat à travers le libre-échange creuse l’abîme séparant les deux rives de la Méditerranée, accroissant la pauvreté et le chômage, laissant un impact négatif sur les droits sociaux et économiques des habitants de la rive Sud, et entraînant un désir croissant d’immigrer vers le Nord ». Pour Ahmadieh, « le problème ne se résout pas dans un cadre sécuritaire, mais plutôt par la recherche de la cause de l’immigration ».
La Plateforme non gouvernementale Euromed-Liban (PEM Liban) n’est bien sûr pas à sa première contribution. Et le nombre élevé de participants libanais, malgré l’exiguïté du pays et ses problèmes, montre la place particulière que tient le pays du Cèdre au sein de la communauté méditerranéenne. En effet, l’activité de la Plateforme libanaise commença après le premier Forum civil au Luxembourg en 2005. « 22 institutions de la société civile libanaise rattachées à la Plateforme non gouvernementale euro-méditerranéenne et qui comprend des associations locales ainsi que des réseaux nationaux, arabes et palestiniens se sont réunis et m’ont élu coordinateur local du programme », affirme Georges Abi Saleh.
La section libanaise a, par la suite, décidé d’aller de pair avec les négociations officielles euro-libanaises concernant le plan d’action et ce à travers l’organisation de la première conférence sur la Politique européenne de voisinage (PEV) sous le slogan : « Pour un partenariat plus équilibré ». « Le succès de cette conférence, à travers la première apparition de la Plateforme au Liban, a imposé aux autorités libanaises et à la Commission européenne de la reconnaître comme étant un interlocuteur principal au nom de la société civile libanaise », ajoute Georges Abi Saleh.
La PEM Liban a par ailleurs organisé, en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, deux rencontres de la jeunesse euro-méditerranéenne à Beyrouth, l’une sur le thème de « La prévention des conflits et construction de la paix », l’autre sur les problèmes de l’environnement.
En outre, la Plateforme a organisé des consultations locales avant le déroulement des forums civils qui ont eu lieu à Marrakech en 2006 et à Marseille en 2008.Parallèlement, la PEM Liban a participé activement et efficacement à plusieurs conférences euro-méditerranéennes à Casablanca, Malaga, Bari et à Athènes, et dont les conclusions et recommandations ont été présentées aux autorités publiques lors de réunions ministérielles régionales.
« Le modèle libanais fut suivi par d’autres pays du Sud méditerranéen, et actuellement des membres de la rive Nord font appel à notre expérience pour créer une plate-forme dans leur pays », conclut fièrement M. Abi Saleh.
Antoine AJOURY - lorient-lejour.com.lb - le 3 novembre 2008

dimanche 2 novembre 2008

Sarkozy reçoit Moubarak pour évoquer les blocages de l’UPM

Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak doivent trouver des solutions à ce premier blocage public de l’ambition méditerranéenne. L’enjeu est d’autant plus important dans son timing qu’il intervient à la veille de la réunion décisive de Marseille prévue les 3 et 4 novembre.
En pleine tourmente financière, et alors que Nicolas Sarkozy semble avoir dédié toute son énergie à la préparation de rencontres internationales destinées à guérir la finance mondiale, malade de la spéculation, à porter secours aux banques pour booster le crédit et les entreprises, à assurer les salariés français inquiets pour leur avenir que menace au minimum un chômage technique partiel, il trouve le temps de rencontrer le président Hosni Moubarak ce mercredi.
C’est que le feu est en train de prendre sur un autre volet, diplomatique, de l’architecture sarkozienne: L’Union pour la Méditerranée que Le Caire co-préside avec Paris vient de connaître une poussée de fièvre qui menace ses fondations et jette un voile sombre sur son avenir.
Une Conférence euro-méditerranéenne sur l’eau qui était mentionnée dans la déclaration de Paris créant l’UPM, n’a pas pu se tenir en Jordanie en raison d’une divergence puis d’une polémique sur la participation de la Ligue arabe que dirige l’Egyptien Amr Moussa et dont le légendaire siège se trouve en Egypte : participation contestée par Israël.
Il ne n’agissait pas, selon les dires des participants, d’une obscure réunion technique de fonctionnaires mais d’une importante rencontre avec l’objectif de concevoir «une stratégie à long terme» autour de la problématique de l’eau en Méditerranée.
Idée maîtresse : la création d’un canal, «le canal de la paix», reliant la mer Rouge à la mer Morte avec des projets clefs touchant les pays riverains que sont Israël, la Jordanie et les Territoires palestiniens. Le report de cette réunion est le fruit d’un désaccord de fond entre Egyptiens et Israéliens. Tandis que les officiels égyptiens insistent sur le fait que «la Ligue arabe allait participer aux réunions en raison de son poids et son rôle central dans les efforts pour (...) la stabilité en Méditerranée», les israéliens prennent la direction inverse et affirment que «où qu'elle entre, (la Ligue arabe) travaille contre l'idée même derrière l'Union méditerranéenne qui est la coopération.
Elle essaie de chasser Israël de l'Union».Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak doivent trouver des solutions à ce premier blocage public de l’ambition méditerranéenne. L’enjeu est d’autant plus important dans son timing qu’il intervient à la veille de la réunion décisive de Marseille prévue les 3 et 4 novembre au cours de laquelle les ministres des Affaires étrangères euro-méditerranéens vont essayer des trancher des questions aussi sensibles que la composition, les pouvoirs du secrétariat général ainsi que la ville qui doit les abriter. Il est de notoriété publique que les divergences maghrébines sur le sujet empoissonnent depuis longtemps l’esprit même de l’UPM et l’empêche de déployer la magie de son rêve.
Un autre événement imprévu s’est fait invité à la table du déjeuner de Nicolas Sarkozy et Hosni Moubarak, c’est celui de l’attaque aérienne américaine contre la ville d'Aboukmal, à la frontière entre la Syrie et l’Irak. Cette attaque que les Syriens qualifient de «terroriste», visait, selon Washington, à détruire une filière qui organise l’intrusion de combattants étrangers en Irak via la frontière syrienne.Pour Nicolas Sarkozy, la Syrie, avec laquelle il a opéré un spectaculaire rapprochement, est une pièce-maîtresse dans le dispositif UPM.
Le fait qu’elle soit militairement visée par son allié américain complique et empoisonne d’avantage l’esprit des rencontres autour de la Méditerranée puisqu’il provoque les réserves, voire l’hostilité de certains pays de la rive sud de la Méditerranée motivés par une solidarité naturelle.
C’est sans doute pour toute ces raisons que l’Elysée s’est dépêché de marquer sa différence. Sans aller jusqu’à une condamnation claire de l’attaque américaine, la France s’est dit, dans un communiqué, préoccupée par le raid américain et souhaite que «toute la lumière soit faite sur cette opération… La France exprime sa vive préoccupation et déplore la perte de civils syriens. Elle appelle à la retenue et souligne son attachement au strict respect de l'intégrité territoriale des Etats».
Par Mustapha Tossa - Aujourdhui.ma - le 29 octobre 2008

Etude prospective - Horizon 2010-2020 - L’agriculture, moteur d’un futur pôle euro-méditerranéen

Après avoir été le ciment de la construction européenne dans les années 1960-1970, l’agriculture jouerait un rôle primordial dans la construction d’un futur pôle euro-méditerranéen. Il réunirait l’Union européenne et les pays du sud et de l’est de la Méditerranée (Pesm).
N’ayons pas peur de l’Union pour la Méditerranée fondée l’été dernier à Paris! L’agriculture pourrait en effet en être un élément fondateur. Tel est le message à retenir de l’étude « Euro-Méditerranée, la sécurité alimentaire, une priorité politique » publiée dans le « Déméter 2009 » présenté le 26 septembre dernier.
Selon les Bertrand Hervieu et Sébastien Abis, les auteurs de l’étude, « l’idée d’une Euro-Méditerranée (1) n’est pas seulement un pari sur l’avenir. Elle est devenue un impératif stratégique où l’agriculture notamment, examinée sous sa dimension plurielle, révèlera progressivement la pertinence géopolitique de cet espace euro-méditerranéen ».
Le projet d’Euro-Méditerranée est donc un scénario de rupture par rapport à la situation géopolitique actuelle. La France et l’Union européenne renforceraient même leur place de premier exportateur de produits agricoles et agroalimentaires à destination du bassin méditerranéen.

La première politique de développement euro-méditerranéenne
« Avec la hausse de l’énergie et en faisant le pari qu’en associant les pays euro-méditerranéens dans une vaste région économique, l’agriculture euro-méditerranéenne serait, à l’image de ce qu’a été la Pac à la sortie de la guerre, la première politique de développement à conduire avec comme priorité, assurer la sécurité alimentaire de la région », affirment els auteurs de l’étude.

La préférence euro-méditérranéenne assortie de règles de qualité mettrait les pays du nouveau pôle à l’abri des importations des pays tiers (cf encadré). Le marché ainsi constitué regrouperait 850 millions de consommateurs à l’horizon de 2020 au pouvoir d’achat croissant et par conséquent, avides de produits de qualité. A l’intérieur de cette zone, les européens n’auraient pas à craindre de distorsions de concurrence importantes car ils sauront imposés leurs critères de qualité à l’ensemble du nouvel espace euro-méditerranéen. Par ailleurs, les échanges commerciaux sont déjà très libéralisés.
Frédéric Hénin - Terre-net Média - octobre 2008
L’Union européenne, premier partenaire commercial des pays méditerranéens, réalisait 1,5 milliard de dollars d’excédents en 2004 et même 1,8 milliard avec les seuls pays arabes. En faisant jouer la préférence euro-méditerranéenne, les céréaliers et les producteurs de viande trouveraient de nouveaux débouchés dans le nouvel espace économique. Seul le secteur des fruits et légumes des pays du sud de l’Union serait sous tension. Mais n’est-ce pas déjà en partie le cas ? Et avec la croissance du pouvoir d’achat des consommateurs du sud, une partie des fruits et des légumes serait au final davantage consommée localement. L’euro-Méditerrannée pourrait aussi être l’occasion de réorienter certaines productions dans le Nord pour répondre aux besoins de consommations des pays du sud et de l’est méditerranéen.

samedi 1 novembre 2008

Le "Plan solaire" vaut des milliards

La coprésidence franco-égyptienne de l'Union pour la Méditerranée (UPM) veut entériner le "Plan solaire" nécessitant 80 milliards d'euros.
Pas moins de 80 milliards d'euros : c'est le coût colossal du « Plan solaire » que la coprésidence franco-égyptienne de l'Union pour la Méditerranée (UPM) veut mettre en oeuvre, à la fin de novembre, lors d'une réunion entre les 43 pays membres de l'UPM, des investisseurs privés et des institutions financières. Objectif : construire des « capacités additionnelles de production d'électricité bas carbone (sic), notamment solaire, dans les pays du pourtour méditerranéen, d'une puissance totale de 20 gigawatts à l'horizon 2020 ».
L'Express.fr - le 24 octobre 2008

Algérie-Maroc : accord majeur d'interconnexion électrique

L'Algérie et le Maroc ont signé jeudi à Alger deux contrats pour améliorer la capacité d'interconnexion électrique entre les deux pays et faciliter le transport de l'énergie électrique vers l'Espagne.
Pour rappel, le président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero vient de déclarer il y a quelques jours à peine que son pays ne construira pas de nouvelles centrales nucléaires et que le gouvernement ne compte pas prolonger la durée de vie des huit centrales dont dispose l'Espagne.
En parallèle, la France et l'Espagne lançaient vendredi à Saragosse leur
interconnexion électrique à très haute tension (THT).

Le PDG du groupe algérien Sonelgaz, Noureddine Bouterfa, et le directeur du l'Office National de l'Electricité marocain (ONE), Younès Maâmar, ont signé ces accords en marge d'une réunion du Conseil maghrébin des ministres de l'Energie et des Mines. Ce dernier regroupe le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie.
Le premier accord concerne le transport de l'énergie électrique entre les réseaux algérien et espagnol via le Maroc. Il prévoit l'acheminement dans les deux sens d'une capacité de 1.000 Mégawatts à travers une interconnexion de 400 KV (kilovolts) reliant Tanger à la frontière algéro-tunisienne, laquelle devrait voir le jour en novembre 2008, selon la Sonelgaz.

La nouvelle interconnexion permettra donc à l'Algérie d'exporter jusqu'à 1.000 MW de puissance électrique vers le Maroc et l'Espagne et d'importer jusqu'à 700 MW en cas de besoin.
Alger et Rabat ont également signé un second accord par lequel ils se sont engagés à se secourir mutuellement en cas de panne de l'un des deux réseaux. "Si un des deux pays vient à manquer d'électricité, en cas de canicule, d'arrêt de centrales ou d'un problème technique, l'autre pays aidera à compenser les pertes de courant", a précisé la Sonelgaz.

"Ces deux accords vont permettre de renforcer les échanges de secours entre le Maroc et l'Algérie et d'acheminer l'électricité en Espagne dans des conditions appropriées", a déclaré la ministre marocaine de l'Energie Amina Benkhadra.
Cette dernière a également souligné que cette initiative est à même de favoriser et de consolider un marché Maghreb-Europe de transit et de commercialisation de l'électricité et, partant, renforcer les relations maroco-algériennes dans ce domaine.

De son côté, le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil a souligné l'importance de ces deux contrats en matière de transit et de commercialisation de l'énergie électrique. Les deux accords, a-t-il indiqué, constituent un jalon important dans le cadre des efforts pour l'émergence d'un marché maghrébin de l'énergie électrique en vue d'atteindre les objectifs consistant en la satisfaction des besoins des pays maghrébins en la matière.
Chakib Khelil a également ajouté que les interconnexions électriques entre les pays du Maghreb devraient être achevées en 2010.

Le directeur général de l'ONE a indiqué, pour sa part, que "ces contrats viennent renforcer un partenariat déjà existant entre les deux entreprises". Ils contribueront, selon lui, à l'optimisation des infrastructures électriques des deux pays et à la consolidation de la position du Maroc, comme carrefour régional de l'électricité.
Pour le PDG de Sonelgaz, ces contrats marquent "un pas important dans le partenariat entre les deux entreprises". Celles-ci, a-t-il dit, ont lancé des programmes d'investissement importants, ajoutant que les contrats signés apporteront "des opportunités de création de synergies nouvelles, tant en termes d'échanges bilatéraux qu'en termes de commercialisation sur les marchés européens".
Source : AFP, MAP

Union Pour la Méditerranée : Réunion les 3 et 4 novembre à Marseille des ministres des Affaires étrangères

Les ministres des Affaires étrangères des pays membres du "Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" se réuniront les 3 et 4 novembre à Marseille pour adopter son mode de fonctionnement et arrêter les priorités pour 2009.
Les ministres des 43 Etats du partenariat euro-méditerranéen vont ainsi entériner le mandat, la structure et la gouvernance institutionnelle du Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée.
Cette réunion risque, relevent les observateurs, "de ne pas se dérouler selon ce qui a été convenu car déjà marquée par une divergence entre les deux parties des deux rives compte tenu de la demande de la Ligue arabe d'y participer à part entière alors qu'Israel a apposé un veto à cette demande".
L'autre sujet sur lequel les partenaires n'ont pas encore tranché concerne le choix du pays ou sera fixé le siège du secrétariat du Processus Barcelone: Union pour la Méditerranée.
Les candidatures de la Tunisie, de Malte et de l'Espagne étant deja sur la table.
Sur ces deux questions, la commissaire en charge des Relations extérieures et de la Pev, Benita Ferrero Waldner a déclaré lors d'un breifing avec la presse que les partenaires trouveront "sûrement les solutions adéquates". Les ministres décideront du mandat et de la gouvernance de la nouvelle structure institutionnelle, du fonctionnement de la coprésidence et de la composition, de l'implantation du siège et du financement du secrétariat, en tenant compte des propositions soumises par les partenaires concernés. L
a nouvelle architecture proposée reposera sur les fondations et structures existantes du processus de Barcelone, souligne la Commission, selon laquelle les projets sélectionnés favoriseront la croissance, l'emploi, la cohésion régionale et l'intégration socio-économique.
Le sommet de Paris a déjà recensé un certain nombre de domaines clés: dépollution de la Méditerranée, autoroutes de la mer et terrestres, protection civile, plan solaire méditerranéen, université euro-méditerranéenne et initiative méditerranéenne de développement des entreprises.
Après approbation des ministres, le secrétariat cherchera le financement supplémentaire nécessaire qui viendra compléter les dotations budgétaires traditionnelles existantes. Ces fonds, rappelle-t-on, devraient provenir du secteur privé, d'institutions financières internationales et de coopérations bilatérales ainsi que de contributions des Etats membres de l'UE et des partenaires méditerranéens.
Des réunions ministérielles sont en outre prévues l'année prochaine pour les secteurs: transports, enseignement supérieur, environnement, commerce, justice, liberté et sécurité, économie et finances, développement durable et renforcement du rôle de la femme dans la société.
Cette initiative, lancée au sommet de Paris le 13 juillet, vise à insuffler une nouvelle dynamique politique aux relations qu'entretient l'UE avec ses partenaires méditerranéens (...) rappelle la Commission
Latribune-online.com - le 1 novembre 2008

Forum des Young Mediterranean leaders - Hubert Vedrine: rien ne sert de courir…

La participation d’Hubert Védrine au Premier Forum des Young Mediterranean leaders (YML) aura eu au moins le mérite de tempérer les ardeurs des organisateurs et de nombre de participants quant à une construction aisée d’une union entre les rives d’une même mer, mais que sépare des divergences tant civilisationnelles qu’économiques.
«Que veut dire la Méditerranée ? Pour le moment, elle ne veut rien dire», a déclaré M. Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères, à la clôture samedi 18 octobre à Tunis du Forum.
«La Méditerranée est un concept, un projet à construire, elle n’est pas un acquis». Sans tomber dans un pessimisme exagéré, Hubert Védrine a soulevé avec la franchise et le réalisme politique qu’on lui connaît, qui prouvent une maîtrise réelle des données sur terrain, des thématiques qu’on a omises ou pris soins de ne pas aborder. Les soucis des organisateurs étant éventuellement de débattre de ce qui fédère les pays méditerranéens plutôt que de ce qui les sépare.

Soyons réalistes, ce n’est pas en évitant soigneusement de mettre à nu les antagonismes existants au niveau de cette zone, importante sur le plan géostratégique, qu’ils n’existent plus.
Peut-on parler Méditerranée sans parler du conflit israélo-palestinien ? Sans parler du clash des civilisations et sans soulever la question de l’Union maghrébine ? Peut-on en parler sans aborder les approches européennes quant au projet de l’Union méditerranéenne et qui, d’après Védrine, ne vont pas toutes dans la même direction ?
«Nous sommes en plein clash de civilisations, tonne Hubert Védrine, d’après une étude américaine, l’immense majorité des Arabes a une image détestable du monde occidental et des Juifs, pour appeler les choses par leurs noms, et l’immense majorité des Occidentaux a une vision épouvantable du monde arabo-musulman. Cela ne veut pas dire que cette situation doit dégénérer en conflits».

Le rôle des jeunes leaders et des initiatives, tel le YML serait, selon lui, de refuser l’engrenage du clash des civilisations. Et peut-être qu’à force de mal aller tout ira bien. Rien n’est statique, les choses peuvent s’améliorer grâce aux changements qui pourraient être opérés dans des pays comme l’Iran ou ceux du Golfe arabo-persique. Grâce également à une solution équitable et acceptable du conflit du Moyen-Orient sans oublier la nécessité d’un changement d’orientation de la politique étrangère américaine.
«Il ne faut pas attendre des miracles de l’Union pour la Méditerranée», assure l’ancien ministre français des Affaires étrangères. Car pour concrétiser un projet aussi lourd, il faudrait tout d’abord que les dirigeants de la rive nord s’entendent sur les mêmes objectifs et les mêmes intérêts dans le sud alors qu’à ce jour chacun tire l’eau à son propre moulin.
Toutes ces difficultés, et peut-être à cause d’elles, rendent la démarche des Yméliens nécessaire. Croit-on aujourd’hui qu’une Méditerranée qui communique, qui dialogue est nécessaire pour la survie de la région ? Pour la constitution d’une association forte face aux différents groupements qui se constituent partout dans un monde qui évolue dans une vision multipolaire (Asie, Amérique latine, Proche-Orient, Afrique) et où les ensembles régionaux se renforcent de plus en plus ? «Oui, assure M. Védrine, à condition d’avoir des approches objectives et réalistes du projet méditerranéen».

Y croire ? Ne pas y croire…
«Nous pensons que si le président de la République (Nicholas Sarkozy) croit réellement au projet de l’Union pour la Méditerranée, il faudrait qu’il adopte la même position que le président De Gaulles en 1945 qui avait créé à Paris, dans un lieu prestigieux, la Maison d’Amérique latine. Nous sommes donc en train de persuader le gouvernement d’aménager à Paris un lieu de plusieurs milliers de m2, pour une maison pour le Monde méditerranéen».
C’est ainsi que s’est exprimé Jean-Louis Guigou, délégué général de l’Institut français de Prospective économique, appelant les associations diverses (ATUGE, Association marocaine des Grandes Ecoles et autres) à se constituer en clusters et organiser des rencontres entre leaders des deux rives pour débattre de problématiques réelles comme l’eau, la sécurité alimentaire, la réforme de la politique agricole, l’environnement et mettre ensemble des plans communs.
«Nous croulons sous la masse des diagnostics et des recherches académiques, nous avons des tonnes de documents sur l’eau et sur l’énergie. Les fonctionnaires ne pourront pas transformer ces études en projets concrets. C’est le rôle des chefs d’entreprise, des élites et des cadres qui ont du professionnalisme et du militantisme», affirme Jean-Louis Guigou.

L’échéance de juillet 2010, date qui rassemblera les chefs d’Etat méditerranéens à Madrid ou à Alexandrie, autour du projet de l’UPM (Union pour la Méditerranée) sera de ce point de vue décisive, car les décideurs attendent des projets concrets de la part de la société civile alors même que le secrétariat général pour l’UPM éprouve des difficultés à se mettre en place.

2010 représentera donc une opportunité importante pour le YML qui pourra soumettre aux dirigeants de l’Union pour la Méditerranée de propositions allant dans le sens des intérêts communs des pays méditerranéens.

Loin du realpolitik ‘‘védrinien’’ et de l’approche institutionnelle de Guigou, Marouan Mabrouk, homme d’affaires tunisien, estime, pour sa part, qu’une organisation qui associe les secteurs privés du Nord et du Sud peut être très utile. «Si nous devons à chaque fois attendre que les gouvernements interviennent et avec tous les problèmes qui existent entre eux, il va falloir attendre indéfiniment. On ne se rend pas compte de l’absurdité engendrée sur le plan économique par l’absence d’intégration au niveau de nos pays», déclare-t-il. Il appelle à ce propos à ce qu’on arrête de faire des constats et qu’on essaye tout simplement activement, et sur un plan concret entre privés, de mettre en place des projets communs à l’échelle régionale et ne pas s’arrêter aux accords bilatéraux.
«C’est ainsi que nous gagnerons en organisation et en efficience sans oublier l’Afrique qui représente un potentiel très important pour la Méditerranée ; nous ne devons pas construire un mur avec l’Afrique, affirme-t-il. L’idée de construire un Maghreb ou une Méditerranée n’est pas du tout antagonique avec le développement des échanges et des relations avec l’Afrique, tout au contraire, le Maghreb, s’il se fait, pourrait être un relais entre la rive nord de la Méditerranée et l’Afrique».

Dans le discours qu’il a prononcé à la fin du Forum, Hakim Karoui, initiateur de YML avec Jérôme Cohen, directeur général de la Revue Regards, a affirmé que pour construire la Méditerranée, l’approche sera pragmatique, ambitieuse et audacieuse.
‘’L’éloignement entre les deux rives est-il une fatalité ?’’, s’interrogent-ils dans un éditorial où ils parlent de la conviction de la nouvelle génération de rapprocher les liens distendus en dialoguant et en agissant.
La question qui se pose cependant est de savoir s’il est facile, et pour les initiateurs du YML et pour les leaders du Sud, de dépasser les clivages culturels et religieux ?
Si une meilleure intégration économique est possible dans un contexte économique international où les inégalités ont tendance à se creuser de plus en plus et en l’absence des véritables décideurs. Ceux qui agissent sur les lois et les règlementations, c’est-à dire les Etats.
Des questions se posent également au niveau des thématiques discutées lors des ateliers organisés dans le cadre du forum et qui ont concerné :
- l’épargne des migrants et son orientation vers l’investissement,
- la gestion des flux migratoires, immigration choisie ou co-choisie ;
- les investissements des pays du Golfe peuvent-ils aider à construire la Méditerranée ?
- l’implication des diasporas dans le développement économique ;
- l’offshoring et le développement croisé dans les technologies de l’information.
Le choix même de ces thématiques exclut partiellement des préoccupations plus importantes au niveau des riverains du Sud. Des questions économiques délicates, telles l’intégration économique par la libre circulation des capitaux financiers, la transmission du savoir et des nouvelles technologies, la libre circulation des investissements industriels et du capital humain, ont-elles été bien analysées par les participants?
Les questions concernant les priorités des pays du nord suivant leurs intérêts économiques et géostratégiques dans des optiques tout à fait locales et accordant la primeur aux intérêts, dans un premier temps nationaux et dans un second temps européens, n’ont pas été citées.
Dans cette optique, l’on voit mal à quoi servirait un forum de YML dont le regard est tourné plus vers le Nord que vers le Sud. Mais comme le dit si bien un proverbe français : «C'est par degrés qu'on monte en haut de l'escalier». Espérons qu’on ne trébuchera pas en cours de route.
Par Amel Belhadj Ali - Webmanagercenter.com - le 20 octobre 2008

Le vice-président de la BEI : le développement économique du Sud de la Méditerranée tire celui de l’Europe

La Banque européenne d’Investissement (BEI) est très présente en Tunisie par le soutien qu’elle apporte à de grands projets tels celui de Taparura à Sfax, par l’accord de prêts pour le développement de l’infrastructure routière et dont le dernier s’élève à 110 millions d’Euros mais également par la mise en place de lignes de financements en direction des PME.
La BEI est également très présente en Méditerranée et dans le Maghreb.
Entretien avec Philippe de Fontaine Vive vice-président de la BEI qui, de passage à Tunis lors du Forum des Young Mediterranean leaders, a bien voulu nous éclairer sur la politique d’investissement de la Banque européenne de Développement au Maghreb.
Quels sont les secteurs économiques les plus soutenus par la Banque européenne (BEI) d’Investissement au Maghreb ?
Les financements vont tout d’abord vers les secteurs du Transport, de l’énergie et les PME via les lignes de crédits que nous avons mis en place pour soutenir le tissu entrepreunerial.
Comment peut-on se mobiliser économiquement pour construire une Méditerranée et par quels moyens pourrait se traduire cette mobilisation ?
Je peux vous donner un exemple concret : aujourd’hui nous entendons les jeunes dirigeants soulever les problèmes des blocages qui existent au niveau de l’exportation ou de l’investissement entre les pays méditerranéens. Je pense que ce type de message doit être porté au niveau politique et appeler à ce que les instances responsables fassent ce qu’il faut pour légiférer et assainir les difficultés dans le but de donner un véritable sens à la Méditerranée.
L’une des priorités de l’Union pour la Méditerranée, est le plan solaire. Dans le Sud, il y a un soleil dont on ne fait pratiquement rien. Nous avons deux expériences pilotes, une au Maroc et l’autre en Egypte uniques, alors que c’est une ressource naturelle qui permettrait d’améliorer la compétitivité de la Méditerranée.
Vous avez déclaré que la Méditerranée est un moteur de croissance beaucoup plus important que l’Inde et la Chine pour l’Europe ?
Aujourd’hui, le Sud de la Méditerranée se situe à une moyenne de taux de croissance de l’ordre de 5% alors que la moyenne de croissance en Europe est de l’ordre de 2 à 2,5. Quel est le constat ? C’est que le développement économique du Sud de la Méditerranée tire le développement économique de l’Europe, c’est ce que je veux dire par moteur de croissance.
Pourquoi je pense que les pays méditerranéens sont plus importants pour nous Européens que la Chine ou l’Inde ? C’est parce que dans ces pays, les investissements viennent du monde entier. Ils sont fondamentalement domestiques voir voisins. Ce ne sont pas les Européens qui sont les premiers bénéficiaires de la Chine ou de l’Inde alors que les premiers bénéficiaires et de très loin du développement économique du Maghreb et de la Méditerranée, de façon générale, ce sont les Européens.
Dans l’ombre de la crise financière, incontournable, comment la politique de la BEI se redéploiera en Méditerranée ?
En Méditerranée, les secteurs financiers et banquiers ont été moins touchés que les secteurs financiers et bancaires américains dont les produits sont plus sophistiqués. Pour l’instant, nous souffrons moins que les banques américaines. Le risque pour la Méditerranée est moins dans la crise financière que dans l’éventuelle récession de l’économie réelle. C’est ce que nous devons anticiper et nous pouvons le faire en mettant en place de nouvelles stratégies pour dynamiser la croissance et continuer à investir en Méditerranée pour stimuler les économies des pays du Sud.

Le soutien aux investissements accordé à la Turquie est 10 fois plus important que celui accordé aux pays maghrébins. Ne pensez-vous pas qu’il existe un certain déséquilibre à ce niveau ?
Il ne m’appartient pas de juger si le fait d’investir en Turquie beaucoup plus que dans les pays du Maghreb est juste ou pas. Moi je suis le banquier qui met en œuvre les instructions politiques de l’Union européenne. Le mandat que nouas avons reçu soutenir l’investissement dans les neuf pays du Sud de la Méditerranée, c’est de passer de 2007 à 2013 à un niveau de financement qui varie entre 1,6 milliards d’euros à plus de 2 milliards d’euros par an. C’est un mandat politique qui nous a été donné et qui sera réexaminé en 2010 par l’Union européenne.
La Turquie est un pays en cours d’accession à l’Europe, il ne fait pas partie des neuf pays dont je viens de parler. Un processus juridique a été lancé pour son adhésion et on est en train de négocier, chapitre par chapitre, secteur par secteur les modalités de son appartenance à la CEE et la mise aux normes de l’économie turque à l’économie européenne. Donc le cheminement de la Turquie vers l’Union européenne comme ce qui s’est passé dans le cheminement de tous les Etats au nombre de 21 qui sont devenus européens permet à la BEI d’intervenir plus intensément, il n’y a pas de plafond de soutien à l’économie pour les pays qui accèdent à l’Europe.

Est-ce que la politique de soutien au développement au Maghreb a changé suite aux nouveaux adhérents à l’Europe ?
Il n’y a aucune compétition entre les nouveaux Etats membres européens et les pays maghrébins puisque ces Etats sont dans nos activités au sein de l’Union européenne et les pays maghrébins sont au sein de nos activités sur un autre voler. Le budget prévu pour les pays du Sud de la Méditerranée, comme je l’ai déjà déclaré, doit représenter un peu plus de deux milliards d’Euros à l’horizon de 2013. Donc, nouveaux et anciens pays ne sont pas en compétition sur les mêmes financements.

Est-ce qu’en finançant un projet, la BEI a son mot à dire lorsqu’il s’agit de juger de son efficience et de sa rentabilité et ses répercussions sur toute la région ? Surtout quand il s’agit de projets semblables ?
Quand nous finançons un projet, nous ne le finançons pas par rapport à un pays, nous le finançons par rapport à sa rentabilité économique et sociale. Si chacun des pays investi sur les mêmes secteurs, il réduit la rentabilité économique et sociale de son projet.
Dans un secteur comme celui des ports, j’ai lancé une étude qui devrait être finalisée l’année prochaine pour que chacun des pays maghrébins se rende compte de la dimension de ses opportunités. Bien évidemment, c’est au pays lui-même de décider de ce qu’il doit nous présenter comme projet mais si tous les pays nous soumettent le même, il y a risque pour qu’aucun projet ne soit rentable.
Par Amel Belhadj Ali - Webmanagercenter.com - le 31 Octobre 2008

La BEI lance une initiative de réhabilitation des villes historiques en méditerranée

La banque européenne d'investissement (BEI) a lancé jeudi son initiative "Médinas 2030" destinée à la réhabilitation des villes historiques en méditerranée.
Selon la BEI, cette initiative qui sera financée par la Facilité Euro- Méditerranéenne d'Investissement et de Partenariat (FEMIP), a été lancée à l'occasion d'une conférence internationale organisée à Venise.
L'initiative "Médinas 2030", un programme d'investissement en faveur de la renaissance des quartiers historiques des villes du sud de la Méditerranée, propose de reformuler la question de la réhabilitation de ces quartiers dans une perspective à plus long terme.
Elle fait l'hypothèse de l'inscrire dans le cadre des transformations économiques, sociales et spatiales que les pays de la Méditerranée vont connaître dans les prochaines années.
Pour le vice-président de la BEI, responsable de la FEMIP, Philippe de Fontaine Vive, il s'agit de mener à bien une réhabilitation intégrée des Médinas qui préserve leur caractère culturel et favorise une vie économique et sociale de qualité.La réhabilitation, a-t-il expliqué, doit viser un mélange des fonctions urbaines et permettre de soutenir les populations locales existantes ou de leur offrir des conditions appropriées de relogement.
Le vice-président de la BEI a insisté sur la nécessité d'assurer un financement suffisant à cette initiative en y associant le secteur privé, les institutions internationales et les organisations locales. Il a, également, insisté sur le partage d'expérience entre villes méditerranéennes "qui constitue un élément essentiel de la réhabilitation réussie des Médinas".
AlBayane.ma - le 1 novembre 2008