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vendredi 30 janvier 2009

Accord de coopération entre dix banques euro-méditerranéennes : vingt projets concrets mis en oeuvre

Accord de coopération entre dix banques euro-méditerranéennes : vingt projets concrets mis en oeuvre (Paris, le 30 janvier 2009) ---
Concrétisant le protocole d'intention conclu le 7 juillet dernier à Paris, en marge du premier Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement créant " l'Union pour la Méditerranée ", dix établissements financiers (1), prochainement rejoints par la Banque africaine de développement (BAD), ont signé, le 30 janvier à Paris, un protocole d'accord prévoyant la mise en oeuvre de vingt projets concrets.
Le comité stratégique, actuellement présidé par Bernard Comolet, président du directoire de la Caisse Nationale des Caisses d'Epargne, s'est en effet engagé à consolider les travaux réalisés par les établissements signataires depuis juillet dernier dans l'optique de faciliter l'épargne des migrants, d'abaisser le coût des transferts, de favoriser le financement des PME et des infrastructures. Au cours de l'année 2009, l'étude de la mise en place d'une structure permanente, qui pourrait s'inspirer du modèle d'association existant aujourd'hui dans le domaine aérien, sera également réalisée.
Les résultats des travaux menés depuis juillet dernier ont été approuvés par le comité stratégique. Représentant la coprésidence franco-égyptienne de l'Union pour la Méditerranée, Monsieur Henri Guaino, Conseiller Spécial du Président de la République française et Chef de la Mission interministérielle de l'Union pour la Méditerranée (UPM), et Son Excellence Nassel Kamel, Ambassadeur de la République arabe d'Égypte en France, ont assisté à la présentation à la presse de ces travaux.
Ils ont salué l'initiative des établissements signataires qui participe à l'affirmation concrète de la réalité géographique, culturelle et économique de la Méditerranée.

Les vingt projets arrêtés par le comité stratégique portent principalement sur : les transferts financiers ; les produits bancaires, d'assurance et immobiliers ; le support et l'assistance des PME ; le financement de grands projets et d'infrastructures.
Chacun des cinq groupes de travail qui ont été mis en place depuis cet été et qui ont proposé les projets était présidé par une banque : Attijariwafa bank (Maroc) pour les produits de crédit, d'immobilier, d'assurance, de services ; la BIAT (Tunisie) pour les comptes de dépôt et les produits d'épargne ; la CECA (Espagne) pour les transferts ; le Groupe Caisse d'Epargne (France) pour le financement d'infrastructures et de projets ; Intesa Sanpaolo (Italie) pour le support et l'assistance des entreprises.

Le Groupe Caisse d'Epargne français, qui a joué un rôle pivot dans l'initiation de ce groupe bancaire, assurait également le management global des travaux.
- Deux projets ont une nature transverse :
o envisager, dans la mesure du possible et si cela s'avère utile, la création d'une identification propre, via une structure juridique permanente et une dénomination de marque ;
o envisager, dans la mesure du possible et si cela s'avère utile, la création d'un catalogue partagé des produits que chaque membre proposera aux migrants, mis en ligne sur un site Internet commun.
- Les projets visant à favoriser les transferts financiers :
o mise en oeuvre d'une plate-forme efficace, ouverte et flexible, d'envoi de fonds des migrants, fondée sur l'exemple de la plate-forme Bravo de la Confédération espagnole des caisses d'épargne (CECA) ;
o travailler sur une base " compte à compte " entre les parties afin de réduire les tarifs des transferts entre elles ;o mise en oeuvre de solutions de transfert de " carte bancaire à carte bancaire " sur différents corridors de la zone.
- Les projets ayant trait aux produits bancaires, d'assurance et immobiliers :
o jumelage, dans la mesure du possible, d'un produit d'épargne au Nord avec un produit d'épargne au Sud, avec les mêmes avantages en monnaie locale convertible ;
o définition de stratégies conjointes afin de gagner de nouveaux clients à travers la définition de processes ;
o possibilité de proposer des produits " cobrandés ", dans un premier temps immobiliers, incluant un plan d'épargne ad hoc et des solutions de crédits transfrontaliers ;
o extension du système de fidélisation S'Miles - programme français multienseigne, parmi lesquelles la Caisse d'Epargne -, aux pays du Sud, et développement d'autres formules de fidélisation ;
o distribution d'un pack pour les étudiants originaires du Sud s'installant en Europe.
- Les projets favorisant le financement des PME :
o facilitation de la mise en relation de points d'entrée unique (desks), en prenant exemple sur le Centre de soutien à l'internationalisation d'Intesa Sanpaolo. Les desks auront pour missions : le soutien au développement international des PME, l'accompagnement des migrants qui souhaitent créer leur entreprise ou investir dans des microentreprises dans leur pays d'origine... ;
o utilisation de modèles de crédit spécialisé avec la garantie de divers acteurs (BEI, AFD, Confidi...) pour mieux financer les PME ;
o facilitation des échanges d'informations sur les opportunités d'affaires et création, à terme, d'une plate-forme commune ;
o signature d'un accord multilatéral pour faciliter le développement des PME clientes à travers : des ouvertures de comptes croisées et des possibilités de financement accrues ; l'utilisation de garanties ; le développement des flux internationaux des entreprises clientes des partenaires.
- Les projets portant sur le financement d'infrastructures et de grands projets
Un protocole spécifique a été signé (2) afin de favoriser de tels financements, tout en partageant les risques.
Ce protocole prévoit :
o en amont, l'institutionnalisation d'un échange d'informations entre les partenaires, incluant la BEI et l'AFD ;
o lorsqu'un des partenaires est arrangeur sur un dossier, il consultera les autres signataires pour qu'ils participent au financement ;
o lorsqu'un des partenaires est conseiller financier d'une entité publique ou privée à la recherche d'un financement, il s'engage à en informer les autres parties et à leur proposer de rejoindre un syndicat de banques ;
o lorsqu'un des partenaires est investisseur direct ou indirect (via un fonds qu'il gère) d'un projet nécessitant d'importants financements, il s'engage à mettre tout en oeuvre pour associer les autres signataires au projet ;
o les partenaires feront leurs meilleurs efforts pour développer les investissements ou coinvestissements dans des fonds d'investissement.

Les établissements signataires ont convenu d'un programme de travail pour 2009 avec la réalisation des vingt projets qu'ils ont arrêtés. Par ailleurs, sera lancée l'étude de la forme que pourrait éventuellement prendre cette alliance.
D'ores et déjà, un comité stratégique rassemblant l'ensemble des présidents ou directeurs généraux est mis en place. Il est chargé d'impulser la dynamique de l'alliance, de valider l'ensemble des programmes et projets.

Sa présidence, aujourd'hui confiée à Bernard Comolet, président du directoire de la CNCE, sera tournante, assumée par la banque du pays accueillant la réunion annuelle du comité. Un comité directeur est chargé de l'animation des équipes en charge des travaux et de leur suivi. A sa tête, un président est désigné par le comité stratégique, chaque année : Michel Gonnet, président du directoire d'Océor (Groupe Caisse d'Epargne), a ainsi été nommé pour la première année. Il est assisté d'un directeur opérationnel, également désigné par le comité stratégique : Erik Pointillart, directeur des projets internationaux à Océor, assure cette mission.

A l'origine composé de neuf signataires et deux observateurs, le groupe de banques s'est élargi, conformément au protocole initial de juillet. Fransabank SAL (Liban) a ainsi adhéré en octobre et la BAD a déclaré vouloir les rejoindre. Par ailleurs, la BEI et l'AFD, jusque-là observateurs, en deviennent membres à part entière.
Forts de l'appui apporté par Henri Guaino, les membres de l'alliance ont déclaré vouloir tout mettre en oeuvre pour que leurs projets soient reconnus dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée, comme l'ont été ceux de la dépollution de la Méditerranée, du développement des autoroutes de la mer, ou du plan solaire méditerranéen. En effet, cette alliance de banques, qui contribue à rendre l'UPM tangible auprès de larges populations de cette zone, entend apporter son concours au développement économique de la rive Sud de la Méditerranée.

(1) Al Amana (président : Ahmed Ghazali) ; Attijariwafa bank (président : Mohamed El Kettani) ; Bank of Alexandria (président : Mahmoud Abdel Latif) ; la CECA (directeur général : José Antonio Olavarrieta) ; le CIH (président : Khalid Alioua) ; Fransabank (président : Adnan Kassar) ; le Groupe Caisse d'Epargne (président : Bernard Comolet) ; Intesa Sanpaolo (président : Enrico Salza) ; la BEI (vice-président : Philippe de Fontaine Vive) ; l'AFD (directeur général : Jean-Michel Severino)

(2) Attijariwafa bank ; Banca Infrastrutture Innovazione e Sviluppo ; Bank of Alexandria ; Caisse Nationale des Caisses d'Epargne ; Confédération espagnole des caisses d'épargne ; Fransabank ; Financière Océor ; Intesa Sanpaolo, Natixis, AFD, prochainement rejoints par la BEI.
A propos d'Al Amana
Al Amana est une institution marocaine de microfinance. Elle a été créée en 1997, et plus de 500 000 personnes antérieurement exclues des systèmes de financement bénéficient aujourd'hui de ses prêts. Cette population se distribue à parité entre femmes et hommes, et entre ruraux et urbains.
Leurs secteurs d'activité sont le commerce, les activités agro-pastorales, l'artisanat et les services, sans considérer les crédits à l'habitat. 70 % des prêts accordés par Al Amana se font dans le cadre de groupes de caution mutuelle, et les autres dans le cadre de relations individuelles.
Le montant moyen des prêts accordés est de l'ordre de 811 euros, et celui du montant de l'encours moyen est de 495 euros, pour un portefeuille total de 245 millions d'euros. La qualité des remboursements est excellente, et Al Amana est sur la voie du développement de nouveaux services, qui incluront les transferts, les dépôts, les services bancaires électroniques et téléphoniques et l'intermédiation d'assurances.

A propos du groupe Attijariwafa bank
Présent dans tous les métiers de la banque et de la finance, Attijariwafa bank est le premier groupe bancaire au Maroc, avec des parts de marché variant entre 25 et 45 % selon l'activité.
En Afrique, le Groupe s'est hissé au rang de septième banque du continent par le total bilan. Avec une capitalisation boursière de près de cinq milliards d'euros, le Groupe Attijariwafa bank est présent dans 22 pays, avec un effectif de plus de 8 860 collaborateurs, et sert plus de trois millions de clients à travers un réseau de plus de 1 300 agences et points de vente.

A propos de la Confédération des caisses d'épargne espagnoles
La Confédération espagnole des caisses d'épargne (CECA) est l'association nationale des 45 caisses d'épargne espagnoles. La CECA est en outre un établissement de crédit sans limitation spécifique qui fournit aux caisses d'épargne et à tous les autres acteurs du marché des produits et services très compétitifs dans les domaines technologique et financier.
Dans le cadre de chacune de ses activités, la Confédération a pour principe fondamental et pour norme de comportement le respect le plus strict de la personnalité et de l'indépendance des caisses d'épargne adhérentes, en ce qui concerne aussi bien leur organisation que le régime de leurs opérations.
Elle a pour but de renforcer la position des caisses d'épargne espagnoles en tant qu'entités essentielles et réputées du système financier espagnol et international. La CECA joue le rôle de forum de réflexion stratégique de toutes les caisses d'épargne et s'attache à diffuser, défendre et représenter leurs intérêts, tout en leur prêtant conseil et en leur fournissant des produits et services compétitifs.

A propos du Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH)
Banque marocaine historiquement spécialisée dans le financement de l'immobilier et l'hôtellerie (partenaire incontournable des pouvoirs publics en matière de financement du logement, banque des promoteurs immobiliers au Maroc), le CIH souhaite, avec ses actionnaires - la Caisse de Dépôt et de Gestion du Maroc et le Groupe Caisse d'Epargne (France) -, adopter un positionnement de banque généraliste de premier plan, dédiée à la clientèle des particuliers.
Le CIH compte près de 136 agences, plus de 1 550 salariés et plus de 300 000 clients.

A propos de Fransabank
Fransabank SAL se situe parmi les premières banques au Liban, tant en termes d'implantations qu'en parts de marché ou de résultats. Le groupe a commencé son développement international dans les années 1980 avec l'ouverture en France d'une filiale en 1985, Fransabank (France) SA.
Fin octobre 2006, a été inaugurée la filiale en Algérie, Fransabank El Djazaïr SPA. Le groupe est aussi implanté notamment en Syrie, où sa banque a démarré ses activités en janvier 2009, mais également en Biélorussie et au Soudan. Les entités internationales de Fransabank devraient représenter environ 20 % du résultat net du groupe à l'horizon 2010.

A propos du Groupe Caisse d'Epargne
Le Groupe Caisse d'Epargne se positionne dans le peloton de tête des banques de détail en France. Le Groupe a initié un développement international, notamment au Maghreb, via Océor, son pôle de banque commerciale pour l'international et l'outre-mer. Déjà présente au capital du CIH (Maroc), Océor a acquis en 2007 60 % du capital de la BTK, qui bénéficie d'un agrément universel en Tunisie et qui détient plusieurs filiales, notamment spécialisées dans les financements d'entreprises et d'infrastructures.
La BTK, qui propose une offre commerciale couvrant les principaux besoins des entreprises, professionnels et particuliers, a un ambitieux plan de développement en termes de parts de marché, d'ouvertures d'agences et de recrutements d'ici à 2012.

A propos d'Intesa Sanpaolo et de sa filiale Bank of Alexandria
Le Groupe Intesa Sanpaolo, un des plus importants groupes bancaires en Europe, est leader en Italie dans les activités financières auprès des clientèles de particuliers et d'entreprises. Le Groupe a développé ses activités en Europe centrale et de l'Est, où il se positionne parmi les premiers acteurs dans plusieurs pays, tout en renforçant sa présence dans de nouvelles zones comme le bassin méditerranéen, où il contrôle la Bank of Alexandria, sixième banque égyptienne.
Les activités du Groupe sont organisées en filières métiers : banque commerciale (particuliers, professionnels, PME et associations) ; BFI ; filiales internationales (banques de détail et commerciales) ; Banca Infrastrutture Innovazione e Sviluppo (financement du secteur public) ; Eurizon Capital (une des premières sociétés de gestion d'actifs en Italie) ; Banca Fideuram (leader de la banque privée en Italie).Bank of Alexandria, créée en 1957, a été privatisée en octobre 2006 par cession de 80 % du capital au groupe italien Intesa Sanpaolo, qui a rénové et modernisé son organisation.
La banque a une stratégie prioritaire sur le marché des PME, s'appuyant sur les expertises de sa maison mère sur ce secteur, et sur le marché de la banque de détail. Ses activités portent aussi sur la banque de financement : Bank of Alexandria propose ses offres aux grandes entreprises égyptiennes et aux sociétés internationales présentes dans le pays.
Elle est aussi active sur le microcrédit pour les petites structures qui peuvent être en marge du système bancaire. La banque compte 185 agences et 1,3 million de clients.

A propos de l'Agence Française de Développement (AFD)
Etablissement public, l'Agence Française de Développement (AFD) agit, depuis plus de soixante ans, pour combattre la pauvreté et favoriser le développement des pays du Sud dans le cadre du dispositif français de coopération.
Présente sur le terrain dans plus de 70 pays et dans l'outre-mer, l'AFD finance et accompagne des projets qui améliorent les conditions de vie des populations, soutiennent la croissance économique et protègent la planète.
L'Afrique subsaharienne est une priorité pour l'Agence, qui y consacre plus de 70 % de ses subventions. En 2007, l'Agence et Proparco, sa filiale spécialisée dans le financement et la promotion du secteur privé, ont consacré 3,5 milliards d'euros au financement d'actions dans les pays du Sud et en faveur de l'outre-mer.
Ils ont notamment concerné la scolarisation de 5,8 millions d'enfants et l'approvisionnement en eau potable de quatre millions de personnes. Les projets d'efficacité énergétique sur la même année permettront d'économiser 2,7 millions de tonnes de CO2 par an.

A propos de la Banque européenne d'investissement et de son bras financier pour la Méditerranée la FEMIP
La Banque européenne d'investissement, la banque de l'Union européenne, dispose d'un bras financier dédié à ses activités en Méditerranée, la Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat (FEMIP). Celle-ci est chargée de promouvoir le développement de neuf pays, l'Algérie, l'Égypte, Gaza/Cisjordanie, Israël, la Jordanie, le Liban, le Maroc, la Syrie et la Tunisie.
Ses deux priorités d'investissement sont le soutien au secteur privé, moteur d'une croissance durable, et la création d'un environnement propice à l'investissement, par des infrastructures performantes et des systèmes bancaires adaptés.
La FEMIP s'est imposée comme le principal partenaire financier de la région méditerranéenne, avec 8,5 milliards d'euros investis depuis 2002. Elle encourage également le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée, au niveau institutionnel, mais aussi avec les représentants du secteur privé et de la société civile.
La FEMIP a publié en 2006 la première étude sur les transferts de fonds des migrants méditerranéens d'Europe vers leur pays d'origine : http://www.bei.org/

Contacts Presse
Al Amana
Zakia Lalaoui- +212 037 2895 51

Attijariwafa bank
Said Mabrouk - +33 212 69 88 73 82

Bank Of Alexandria
Golsen Habashi - +20223992121

CECA
José Manuel Lozano Agudo - +34 91 596 55 69

CIH
Omar Benayach - +212 22 47 99 24
e-mail: o.benayache@cih.co.ma ;

Fransabank SAL
Dania Dakkak - (+961) 1 35 0032
e-mail : dania.dakkak@fransabank.com ;

Groupe Caisse d'Epargne / Financière Océor
Christine Françoise - +33 1 58 40 46 57
Jean-Baptiste Froville - +33 1 58 40 40 77
Anne-Sophie Jourdain - +33 1 58 40 41 54
e-mail : presse@cnce.caisse-epargne.fr ;
Intesa Sanpaolo
Simone Blasi - (+39) 02 87963851
Lilli Chiariglione - (+39) 011 5555922 -
AFD
Laure Weisgerber - +33 1 53 44 30 57
e-mail : weisgerberl@afd.fr ;
BEI
Marianne Roda - +352 4379 83330
e-mail : m.roda@bei.org ;
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Le soleil radieux du tourisme méditerranéen

La Méditerranée atteint 300 millions d'arrivées touristiques internationales en 2008 Selon l'OMT (Organisation Mondiale du Tourisme), sur les 924 millions d'arrivées touristiques dans le monde en 2008, l'Europe arrive en tête des contrées visitées, avec près de 500 millions d'arrivées.
Un chiffre qui représente plus du double des venues enregistrées dans la zone Asie et Pacifique, deuxième de ce classement. En analysant les éléments de cette pole-position européenne, on constate l'importance de la méditerranée.
Sur la base des marchés retenus par la META (Mediterranean Travel Association), cette petite mer intérieure a attiré quelque 300 millions de visiteurs en 2008 ! Devenant une zone homogène de réception touristique, elle prend même la tête des parts de marchés mondiales. Ce sont les marchés de l'Est, du Sud et des Balkans qui sont les moteurs de cette hausse spectaculaire.
La Partie Nord (U.E) n'a progressé que de + 11.4 % en nombre d'arrivées sur la période 2000-2008, tandis que les marchés hors de l'Union Européenne ont progressé de + 104 %. A ce rythme, ces-derniers seront à égalité en nombre d'arrivées avec leurs partenaires du nord avant 2020. Les perspectives pour 2009 s'avèrent nuancées.
En raison de la crise économique, la dynamique méditerranéenne sera encore plus forte au sud qu'au nord. En effet, le baril à moins de 50 dollars favorisera les vols Low Cost.
Les destinations méditerranéennes de l'Est, du Sud et des Balkans s'en trouveront favorisées et continueront leur progression, puisque le coût du transport transméditerranéen sera souvent moins élevé que le coût du transport sur la terre ferme en Europe.
Elles seront aussi moins sensibles à la diminution des vols longs courriers. Le marché des conventions et congrès (MICE*) connaîtra une baisse significative. C'est une difficulté supplémentaire pour le nord. Ce type de tourisme se développera par réaction dans les pays hors de l'Union européenne.
La tendance à la baisse de la devise européenne enregistrée en ce début d'année, vis-à-vis du dollar et du yuan, favorisera tout de même, si elle se confirme, les pays de la zone Euro, ce qui n'endiguera pas la tendance d'un rapport qualité/prix en faveur du sud méditerranéen. Ainsi, certains pays comme le Maroc, la Turquie, le Liban, ou l'Egypte, devraient maintenir leurs activités touristiques et même enregistrer une progression en 2009. Par ailleurs, grâce au lancement de nouveaux paquebots, le marché des croisières en Méditerranée devrait être très compétitif en 2009.
Par : META (Mediterranean Travel Association) - le 30 janvier 2009
* Meeting Incentive Congress Exposition

mercredi 28 janvier 2009

Le colloque international Tice Méditerranée

Le colloque international Tice Méditerranée se déroulera à Milan en Italie les 28 et 29 mai 2009. Cette 6éme édition sera organisé par le Centre Interdépartemental Qua_si de l’Université de Milano-Bicocca (www.quasi.unimib.it), membre de l’association internationale Ticemed (http://www.ticemed.org/).
Ce colloque international, né autour du bassin méditerranéen et ouvert aux contributions provenant du monde entier, vise ŕ confronter les méthodes, les techniques et les expériences acquises dans le domaine de la formation ŕ distance par l’ensemble des chercheurs, des enseignants et des praticiens.
L’innovation dans le domaine des Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement a permis le dépassement des contraintes spatiales et temporelles créant ainsi une ouverture vers des prospectives novatrices pour le monde de la formation au coeur desquelles l’individu joue un rôle central.
Les thèmes développés lors du TICEMED 2009 seront les suivants :
* Natifs et Immigrants digitaux
-> quels défis pour la formation ?Environnements réels et virtuels
-> quelle école et quels environnements d’apprentissage ?
* Société en mouvement et miniaturisation des outils de communication
-> toujours connectés et localisables ? quel impact de l’informatique nébuleuse - cloud computing - ? Codes de communication communs
-> quelles infrastructures pour la Méditerranée ?Formation continue
-> quels axes de développement de la formation ŕ distance et de l’innovation pour les entreprises et institutions publiques et privées ?
Appel à communication ci-joint et en ligne sur : Call for paper enclosed and online at : www.ticemed09.quasi.unimib.it
TICEMED 2009 Universitŕ di Milano-BicoccaPiazza dell’Ateneo Nuovo 1, 20126 Milano -
ITe-mail : ticemed09@unimib.it

lundi 26 janvier 2009

L’Union pour la Méditerranée sombre au port de Marseille

Lors de la tenue à Paris de la réunion au sommet de l’UPM, les 13 et 14 juillet 2008, il ne fallait pas évoquer les sujets qui fâchent. II ne fallait pas minimiser les efforts déployés par la France, d’une part, et son Président d’autre part ! II était donc nécessaire de remettre à une date ultérieure (réunion des ministres des Affaires étrangères, les 4 et 5 novembre à Marseille) la définition du contenu de cette Union et la gestion des dossiers qu’elle induit (organisation, siège, projets, nominations, budget, représentation...).
Fallait-il attendre de cette réunion une quelconque décision significative qui aurait concouru à la construction de l’UPM ? Certainement pas ! Comme nous l’avions écrit il y a plus de cinq mois, le pharaon égyptien a été intronisé (par décision israélienne) pour coprésider l’Union comme représentant des pays du Sud, Barcelone abrite l’organisation et la Tunisie le secrétariat général (le roi du Maroc a refusé d’assister faute d’avoir obtenu un quelconque organisme). Pouvait-il en être autrement, compte tenu des arrière-pensées affichées et des tractations de coulisses ?
L’UPM était attendue sur le contenu de l’Union, son programme de travail et les moyens humains et financiers qui lui seront consacrés. A cet endroit, plus que jamais l’UPM a programmé son inefficacité et sa non-crédibilité. En effet, l’UPM ne tiendra pas ses promesses puisqu’elle ne disposera que des ressources prévues par l’UE (1 milliard d’euros pour tous les pays du Sud), soit quasiment rien du tout pour réaliser ses ambitions, sauf à ajouter de vagues promesses de mobilisation de financements privés (des pays du Golfe) qui ne seront certainement pas tenues.
La crise économique mondiale sera tenue pour responsable de ce fiasco, elle viendra sauver une chimère et ensevelir pour un long moment les songes que certains auraient voulu rendre réalité par un tour de prestidigitation, avec moult parades et effets médiatiques.
Comme ce n’est pas par le spectacle et le virtuel que de pareilles ambitions peuvent voir le jour, il est clair que le projet va suivre la même trajectoire que le processus de Barcelone, la durée de passage d’une étoile filante et de sa traînée évanescente.
De même, il est pour le moins évident qu’une entreprise de cette envergure ne pouvait pas fonctionner, au départ, avec une telle taille (27 + 5 pays). La réunion de Marseille achève de compliquer cette problématique en y introduisant la Ligue arabe, ce qui a permis à Israël d’imposer sa présence au secrétariat général !
Ainsi, l’UPM va s’étendre de l’Atlantique à l’ouest à l’océan Indien à l’est, du fleuve Sénégal au sud, à la mer Baltique au nord... Pourquoi pas l’OCI(1) ? Nous nous retrouverions dans une UPM qui s’étend de l’Atlantique à l’océan Pacifique ! C’est ce que l’on appelle de la géopolitique à géométrie variable, certes, mais à trop vouloir intégrer des espaces politiques, économiques et socioculturels et culturels contrastés, sans ancrages objectifs mobilisateurs des Etats et des peuples, nous aboutissons à une organisation « danaïdienne », productrice de chimères, de vœux pieux et de faux espoirs. Le résultat, c’est la perte de l’espoir d’une prospérité partagée dans la région (concept que l’on nous sert à toutes les sauces, dans toutes les réunions internationales).
Ses conséquences sont la paupérisation plus prononcée des populations, l’augmentation et le non-contrôle des flux migratoires, la déstabilisation des Etats et le règne de tous les trafics. Le cycle infernal de l’expansion de la pauvreté, du développement de la misère et du pillage des ressources du tiers-monde est à nouveau enclenché. Alfred Sauvy(2) disait, à juste titre, que si « la richesse n’allait pas vers l’homme, c’est l’homme qui ira vers elle ». Cette sentence d’un humaniste ne semble pas arriver aux oreilles des décideurs de la région, alors que les embarcations précaires des émigrés clandestins du Sud ne cessent d’augmenter avec leur lot de cadavres aux portes des pays du nord méditerranéen.
La chute du sommet de Paris était prévisible et seuls quelques naïfs aux analyses alambiquées (y compris en Algérie) pouvaient encore croire et accroire à cette entreprise. Si on voulait tuer dans l’œuf l’UPM, on n’aurait pas agi autrement. Pourtant, certaines voix averties avaient tenté d’attirer l’attention des décideurs du moment sur le fait que l’idée d’UPM n’était porteuse que dans le cadre restreint du « 5+5 », dans une étape fondatrice et initiale.
Le paradigme de la transversalité devait être le conduit stratégique par lequel cette construction aurait dû se réaliser dès le départ afin de mettre en œuvre tous les instruments organisationnels et opérationnels devant fonder cette Union.
L’intégration des autres pays méditerranéens se serait réalisée au fur et à mesure du règlement des problèmes inhérents à sa partie orientale et au rythme de l’acceptation par les différents prétendants aux règles d’adhésion, préalablement édictés par cette organisation.
A l’instar du Conseil économique des pays du Golfe, qui tente avec un certain succès l’intégration économique des pays de la région, l’UPM se devait d’être une architecture à plusieurs modules, intégrant au fur et à mesure les problèmes spécifiques et complexes de son élargissement. Cette démarche nous aurait évité de sombrer dans une problématique qui, à vouloir prendre en charge tous les problèmes de la région méditerranéenne à la fois, nous met automatiquement dans une situation d’incapacité paralysante. En outre, cette démarche globalisante introduit obligatoirement dans l’espace méditerranéen, des pays non riverains de cette mer convoitée et notamment les deux super-puissances que sont la Russie et les USA.
Car, il est pour le moins singulier de croire que ces dernières ne vont pas réagir à cette construction qui les exclut par définition. Leurs intérêts dans la région leur recommandent soit de faire imploser cette organisation soit de la contrôler directement ou indirectement. Certains ont cru naïvement que l’élargissement aux pays du Golfe de l’UPM, via la Ligue arabe, allait remplacer les euros, refusés par l’Europe anglo-saxonne (en particulier la rfa), par les pétrodollars des pétromonarchies ! C’est une autre erreur stratégique qu’il fallait à tout prix éviter.
En effet, les pays à excédents de capitaux du Golfe ont leur propre stratégie de placements de leurs réserves et ne consentiront jamais de mutualiser leurs décisions de souveraineté dans une organisation de type UPM. L’approche par projets à financer trouverait un écho plus favorable, surtout après les pertes subies du fait de la crise financière. Pourtant, il était évident qu’une telle entreprise ne pouvait se construire que par un noyau dur de départ (l’espace 5 + 5 eut été idéal) qui lui aurait donné sa consistance, son organisation et sa vision dynamique à moyen et long termes. Cette stratégie serait dotée d’une politique d’élargissement graduée aux autres pays qui en feraient le souhait, adhésion qui les obligerait à se conformer préalablement aux règles établies et en usage dans cet espace. Les exemples de construction d’institutions régionales ou internationales multilatérales sont légion et nous indiquent tout clairement le chemin à suivre si on veut réussir et celui à prendre pour aller droit à l’échec (UE, OMC, ONU, UA…). En outre, ces organisations se sont dotées de programmes et d’étapes ayant toutes les chances d’aboutir, ce qui nécessite une contraction des ambitions à la hauteur de moyens sûrs et disponibles. L’UMA est le bon exemple d’une construction régionale ratée, car construite par le haut sur des considérations subjectives et une vision idéalisée.
Si l’UMA avait été fondée sur un socle d’intérêts objectifs concrets, créant des dépendances relatives entre signataires, le problème de la décolonisation du Sahara-occidental aurait trouvé une issue à l’intérieur du Maghreb et n’aurait certainement pas bloqué le processus de construction depuis si longtemps. En créant préalablement des superstructures maghrébines politiques, juridiques, exécutives et parlementaires (Parlement, cour de justice…) avant même les bases économiques et sociales, les Etats de l’UMA ont jeté les bases de la construction d’une organisation des leaders du moment et l’inscrivaient dès lors dans une problématique où les subjectivités et les calculs d’épiciers se retrouvaient aux premières loges.
Cette vision à court terme est en décalage avec l’œuvre à entreprendre et qui nécessite un travail de très longue haleine. Non seulement l’UMA n’a pas survécu à ses géniteurs mais elle laisse aux autres générations un contentieux lourd de conséquences et des frustrations populaires qui peuvent être orientées vers la destruction des pays du Maghreb.
La configuration de l’UPM intégrant les pays de l’UE et ceux de la Ligue arabe d’une part et l’inscription de projets gigantesques sans ressources d’autre part réunissent les deux conditions qui mènent ce projet vers un échec programmé. A qui profite le crime ? La question mérite un détour.
En effet, une Méditerranée occidentale stable et prospère intégrant les autres pays de la Méditerranée orientale, au fur et à mesure du règlement des problèmes (et notamment le conflit du Moyen-Orient) peut conduire à une émancipation des peuples et des régimes du sud de la Méditerranée, ce qui, à n’en pas douter, ne convient pas à ceux qui jouissent de la rente au nord comme au sud de la Méditerranée.
Par
Dr Mourad Goumiri - elwatan.com - le 26 janvier 2009
Notes de renvoi
*Association des universitaires algériens pour la promotion des études de sécurité nationale
(1) L’Organisation de la Conférence islamique.
(2)Démographe et économiste français.

La guerre de Gaza, "un coup" à l'UPM

Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a estimé que l'offensive israélienne dans la bande à Gaza avait "porté un coup à l'Union pour la Méditerranée" (UPM), dans un discours publié samedi par l'agence libyenne Jana.
"Nous regrettons ce coup porté à l'UPM alors qu'il était à ses débuts", a assuré le colonel Kadhafi, pourtant un fervent opposant au projet, lors d'un dîner vendredi soir à Tripoli en l'honneur du roi d'Espagne Juan Carlos.
Le numéro un libyen n'a toutefois pas tardé à reprendre un ton plus coutumier sur la question. "Est-ce que la destruction de Gaza et le meurtre d'enfants sont parmi les projets concrets promis par l'UPM?", s'est-t-il interrogé. "Je pense que les partenaires du sud (de la Méditerranée) vont réviser leur adhésion à l'UPM", dont fait partie Israël, a-t-il ajouté. Opposé à l'UPM, Kadhafi a proposé que cette Union se limite aux pays nord-africains et du sud de l'Europe occidentale.
AFP - LeFigaro.fr - le 24 janvier 2009
Kadhafi : L'UPM, un projet mort-né
Beaucoup se posent la question si l'Union pour la Méditerranée n'est plus qu'un projet mort-né après l'agression sauvage d'Israël contre la population palestinienne à Ghaza.
La cruauté de l'agression militaire contre les Palestiniens fera un peu plus de 1.300 tués, plus de 5.300 blessés et une ville en ruines.
Le projet de l'UPM, qui intègre l'entité sioniste, et lui accorde même un siège de secrétaire général adjoint, n'a plus de sens, dès lors que l'une des parties à cette union se soit assimilée à une puissance coloniale, belliqueuse. Le leader libyen Maâmar El-Kadhafi a bien relevé ce nouveau développement dans le projet si cher au président français Nicolas Sarkozy.
Lors d'un dîner offert vendredi en l'honneur du Roi d'Espagne à Tripoli, El-Kadhafi a estimé que l'agression israélienne contre les Palestiniens de la bande de Ghaza a donné un sérieux coup au projet de l'UPM. «Nous regrettons ce coup porté à l'UPM alors qu'elle était à ses débuts», a lancé le leader libyen, s'interrogeant si «la destruction de Ghaza et le meurtre d'enfants sont parmi les projets de l'UPM?».
Il ajoute que «je pense que les partenaires du Sud vont revoir leur adhésion à l'UPM», appelant pour le maintien de l'actuel dialogue entre les 5 5 (cinq pays de l'UMA plus la France, l'Espagne, le Portugal, Malte et l'Italie), et l'exclusion du dialogue des pays asiatiques. Il est ainsi pour une Union de la Méditerranée qui soit restreinte aux pays du nord de l'Afrique et ceux du sud de la Méditerranée occidentale.
En clair, le leader libyen ne demande ni plus ni moins que l'éviction d'Israël d'une UPM qui a pris un sérieux coup de grisou après l'agression injustifiée et inhumaine contre la bande de Ghaza. Mais, les tiraillements à propos de l'UPM se sont déjà manifestés dès le début de l'opération militaire israélienne contre la population de Ghaza, plusieurs pays arabes du pourtour méditerranéen ayant soulevé le problème de la présence d'un Etat irrespectueux des lois internationales au sein de l'union.
Et, ce que beaucoup redoutaient, s'est produit avec les événements de Ghaza: le projet de l'UPM ne boostera pas les relations israélo-palestiniennes. Au contraire. Les positions des pays arabes ont changé depuis la dernière réunion de Marseille, au mois de décembre dernier lorsqu'ils n'avaient pas fait d'objection à ce que l'entité sioniste prenne le poste de secrétariat-adjoint, et en contrepartie la Ligue arabe a été admise en tant que membre à part entière de l'UPM, un acquis arraché par les pays arabes contre la présence d'Israël au sein de l'union.
Mais, en même temps, certains estimaient que la France était un peu trop insistante sur ce projet, car en quelque sorte, il met Israéliens et Arabes sur la même table. Une situation qui a changé, depuis le 27 décembre, au point que la Syrie, par exemple, demande même que le plan de paix arabe soit enterré définitivement pour marquer le refus des pays arabes de cautionner ce qui s'est passé à Ghaza.
D'autant que ce qu'a fait Israël dans la bande de Ghaza met une croix sur un projet qui tente de rassembler des pays aspirant au co-développement, la paix et la sécurité avec une entité qui pratique à grande échelle le terrorisme d'Etat, impunément.
Le déplacement de Sarkozy dans la région au moment des discussions sur un arrêt de l'agression de Tsahal, est-il un signe précurseur de la fin d'une UPM trop chimérique, trop narcissique pour avoir fait l'amalgame entre pacifisme et guerre d'expansion. A la dernière réunion de Marseille, le chef de la diplomatie algérienne, M. Mourad Medelci, avait déjà tiré la sonnette d'alarme.
Pour le ministre algérien, «il est clair que des rôles ont été attribués à certains pays de la région, investis soudain de missions particulières au sein de l'union». Il avait relevé que les rôles ont été «généreusement répartis», soulignant qu'«au lieu d'un secrétariat technique et compte tenu du choix des pays, on s'est retrouvé avec un secrétariat politique».
«L'Algérie étant conséquente avec elle-même, fait observer que la démarche de Marseille est en contradiction avec la déclaration de Paris», a-t-il dit. Une déclaration qui en dit long sur l'exaspération d'Alger vis-à-vis d'un projet supposé remplacer le processus de Barcelone, qui n'a pas répondu aux attentes particulièrement politiques légitimes des pays du sud de la Méditerranée.
Ali Babès - Continentalnews.fr - le 25 janvier 2009

Méditerranée : pourquoi Alger a changé de cap

La controverse reprend de plus belle en Algérie au sujet de l’Union pour la Méditerranée (UPM) à la création de laquelle notre pays a participé et applaudi en juillet 2008.
En effet, l’euphorie semble céder la place à la suspicion, voire à la dénonciation d’un processus géopolitique aux ambitions fluctuantes au regard d’Alger. Le ministre des Affaires étrangères a visiblement du mal à voir plus loin.
Et c’est en des termes très durs qu’il a évoqué les objectifs de l’UPM dans un entretien à la radio Algérie Internationale, ce lundi. « Nous sommes sortis avec de nouvelles ambitions à Marseille qui nous ont parues extravagantes », a déclaré sèchement Mourad Medelci, suggérant ainsi une remise en cause en bonne et due forme du projet cher à Sarkozy.
Le chef de la diplomatie algérienne a également tordu le cou à l’architecture technique de l’UPM qu’il trouve « très lourde » à son goût. « Au lieu d’un secrétariat léger et technique tel que décidé au sommet de Paris, (…), la réunion de Marseille a décidé d’un secrétariat composé de sept secrétaires généraux adjoints », a-t-il regretté.
Et d’ironiser que les rôles ont été « généreusement répartis », relevant qu’au lieu d’un secrétariat technique et compte tenu du choix des pays, « on s’est retrouvé avec un secrétariat politique ».
Le ministre des Affaires étrangères tire de son constat un verdict sans appel : « L’Algérie étant conséquente avec elle-même, la démarche de Marseille est en contradiction avec la déclaration de Paris. » La preuve de l’inefficience de l’UPM réside, d’après M. Medelci, dans le fait que même la décision contenue dans la déclaration de Paris de rendre opérationnel le secrétariat de l’Union au 1er janvier 2009 n’est pas respectée. « Or, il ne peut être opérationnel si le secrétariat général n’est pas désigné », précise le ministre, dépité.
Ces propos, au-delà de leur pertinence dans les faits, contrastent tout de même radicalement avec les belles formules triomphalistes de Medelci au lendemain du sommet de Paris mais également le 3 novembre dernier à Marseille même. Ce jour-là, le ministre soulignait les « avancées politiques » enregistrées lors de la conférence des 43 chefs de la diplomatie des pays membres de l’UPM tenue à Marseille.
Bien que le chef de la diplomatie algérienne s’était montré dubitatif en s’interrogeant s’il fallait « un organe lourd, souple, technique, politique ? », il avait néanmoins déclaré que « celui-ci doit revenir à un pays de la rive sud de la Méditerranée ».
Mais il n’a à aucun moment évoqué « l’extravagance des nouvelles ambitions de l’UPM ». M. Medelci avait même rassuré qu’« il nous revient de désigner ce secrétaire général. Le principe de candidature a été retenu. Une liste est d’ores et déjà ouverte.
La Jordanie s’est déjà portée candidate ». Qu’est-ce qui a changé entre l’automne 2008 et le 5 janvier 2009 ? A moins que ce réquisitoire dressé par notre ministre des Affaires étrangères contre l’UPM n’obéisse à d’autres paramètres diplomatiques et géopolitiques qui échappent à la logique sous-tendant l’UPM.
Il est, en effet, difficile de cataloguer ce coup de gueule dans le rayon d’une simple critique du fonctionnement d’une structure non encore opérationnelle. Cela est d’autant moins plausible que l’Algérie, à travers son Président et son ministre des AE, a couvert d’éloges ce processus et cautionné ses objectifs en répondant présent au sommet de Paris le 13 juillet 2008.
D’ailleurs, même après que la Commission européenne eut revu radicalement la copie initiale de Sarkozy, Bouteflika a fini par souscrire à l’UPM à contre-courant des recommandations des experts algériens mais également de son ex-chef de gouvernement Belkhadem qui avait cru flairer une « normalisation rampante avec Israël » via l’UPM. Et alors que l’opinion publique attendait que Bouteflika emboîte le pas au guide libyen de boycotter le sommet de Paris, il fit annoncer depuis Tokyo sa participation par le canal de… Sarkozy. Une fin de suspense qui a pris tous les Algériens à contre-pied.
Et Medelci vient de mettre lui aussi l’opinion dans le vent en signant ce qui s’apparente à une déclaration de divorce avec l’UPM dans un contexte marqué par un génocide israélien dans la bande de Ghaza. Le parallèle est presque évident. Nous sommes en effet face à un effroyable massacre commis par un pays secrétaire général adjoint de l’UPM contre un autre. Israël et la Palestine ont été en effet désignés à Marseille en qualité de deux des sept SG adjoints.
Du coup, c’est toute la philosophie politique de partenariat de l’Union pour la Méditerranée qui tombe à l’eau. Et l’alignement franc de Sarkozy aux côtés d’Israël semble avoir édifié Alger sur les illusions qu’il nourrissait de l’UPM. Aussi, le contentieux diplomatico-judiciaire entre Paris et Alger au sujet de l’affaire Hasseni, toujours sous contrôle judiciaire depuis près de cinq mois, ne serait pas étranger à ce coup de grâce porté sur l’union de Sarkozy.
C’est dire que la montée au créneau de Medelci, pour surprenante qu’elle puisse paraître, n’en est pas moins attendue. Mais elle est arrivée très en retard. Et Sarkozy a eu son show avec les compliments de Bouteflika.
Par Hassan Moali - Elwatan.com - le 8 janvier 2009

Gaza : des personnalités et des organisations demandent à Bouteflika de se retirer de l’UPM

L'Algérie va-t-elle se retirer de l'Union pour la Méditerranée ? Depuis le début de la guerre à Gaza, le président Bouteflika est de plus en plus interpellée sur la question.
Le chef de l'Etat a été destinataire, lundi 5 janvier, d'une lettre dans ce sens adressée par la Coordination algérienne des initiatives pour la solidarité avec la résistance palestinienne (CAISRP). Cette dernière réunit la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), (aile de Maître Zehouane), des associations, des syndicats, des étudiants...Elle a été créée spécifiquement ces derniers jours pour dénoncer les agressions sanglantes et continues de l'armée israélienne sur Gaza.


La saisine du chef de l'Etat par la CAISRP a été annoncée mardi matin au cours d'une conférence de presse animée au siége de la LADDH par Me Zehouane. Pour cette organisation, l'UPM n'a pas fait son devoir en matière de stabilité et de sécurité de ses membres. « En laissant faire Israël, l'UPM viole son propre règlement intérieur. Nous insistons sur ce point car nous considérons que c'est le minimum que l'Algérie puisse faire pour éviter que nos réactions se limitent seulement à des dénonciations et à des rassemblements ! », a expliqué Me Zehouane.


La CAISRP envisage, par ailleurs, d'autres actions de solidarité et de mobilisation en faveur du peuple palestinien : décréter une journée nationale de protestation et l'organisation d'une marche populaire. Pour ce faire, les membres de la CAISRP en appellent aux pouvoirs publics en vue de « lever toutes les restrictions et contraintes envers le mouvement de la société civile pour lui permettre d'exprimer ses protestations contre les crimes d'Israël ». La coordination condamne ainsi « l'absence de vigueur dans les réactions du gouvernement algérien en discordance avec les attentes légitimes de son peuple ». De même qu'est relevée « l'absence de toute réaction énergique des régimes arabes qui trahissent ainsi l'obligation de solidarité agissante envers le peuple martyr de Palestine ».
Par Yasmine Djaber - Tsa-algerie.com - le 8 janvier 2009

Le Maroc veut présider l'Union méditerranéenne des architectes

Le Maroc a présenté sa candidature pour assurer la présidence de l'Union méditerranéenne des architectes (UMAR), qui tient son Assemblée générale mercredi à Fès, dans l'est du royaume chérifien.

Outre le Maroc, l'Italie a également présenté sa candidature pour briguer ce poste actuellement occupé par la France, a indiqué un communiqué des organisateurs, transmis lundi à la PANA à Rabat.
Fondée en 1994 à Rabat, l'UMAR, qui réunit les organisations représentatives des architectes des pays riverains du Bassin méditerranéen, se veut un instrument de dialogue et de partage, encourageant ainsi des relations d'amitié, de solidarité et de confraternité entre l'ensemble des architectes.
Consciente des enjeux de l'architecture et de l'aménagement de l'espace, en tant qu'expressions de la culture dans le développement de toute société humaine, elle revendique sa fonction de porte-parole des 300.000 architectes du Bassin méditerranéen auprès de toutes les institutions officielles, a ajouté le communiqué.
L'UMAR, dont le siège est à Malte, s'assigne comme objectifs de consolider les liens de leurs organisations en vue d'une meilleur gestion du patrimoine architectural, de la qualité du cadre de vie et de l'environnement. Regroupant 18 pays, elle ambitionne également d'assurer l'indépendance et la liberté de la profession, entreprendre toute action de nature à améliorer et créer entre les architectes méditerranéens des relations d'amitié, de confraternité et de respect mutuel.
L'Assemblée générale de l'Union méditerranéenne des architectes sera sanctionnée par l'élection du nouveau bureau exécutif pour la période 2009-2012, a précisé la même source.
Panapress -le 13 Janvier 2009

mercredi 21 janvier 2009

Le Web redonne vie à l'audiovisuel méditerranéen

La mémoire audiovisuelle de la Méditerranée va devenir une réalité. Début novembre, lors d'une réunion du comité directeur de la Conférence permanente de l'audiovisuel méditerranéen (Copeam) tenue parallèlement au sommet de l'Union pour la Méditerranée, ses membres ont adopté un projet baptisé MedMem (Méditerranée Mémoire) qui, à travers un portail Internet, permettra à tous les partenaires de partager leur patrimoine audiovisuel.
L'association, qui rassemble télévisions, organismes culturels et producteurs privés issus de 23 pays du pourtour de la Méditerranée, a lancé un appel d'offres européen (2,5 millions d'euros) pour construire ce site, qui devrait voir le jour en 2010.
Ce portail Internet proposera une grande quantité d'archives issues des pays méditerranéens, classées en six grands chapitres : "Les sites culturels", "Coutumes, traditions, métiers, savoirs", "Paysages et environnement", "Les expressions culturelles et artistiques", "Histoire" et "Tourisme". Le projet prévoit également le développement de coproductions audiovisuelles, tant en télévision qu'en radio.
"L'idée est de développer les synergies entre différents secteurs de l'audiovisuel méditerranéen et de les réunir sur un site commun, dans un premier temps en trois langues, le français, l'anglais et l'arabe, explique
Emmanuel Hoog, le président de l'association et PDG de l'INA. C'est aussi le moyen de récupérer la mémoire et de construire les rapprochements pour l'identité méditerranéenne."

Contorsions diplomatiques
Une identité troublée depuis des années par les conflits au Proche-Orient, qui se poursuivent sous d'autres formes au sein de l'association. Il a fallu, par exemple, quelques contorsions diplomatiques pour que les pays arabes acceptent qu'Israël soit associé à ce projet.
"Pour accepter qu'une histoire soit partagée, même si elle nous divise, nous avons mis en place un groupe éditorial composé de professionnels de l'audiovisuel et d'universitaires, qui permettra une lecture croisée apportant des éléments de contexte", précise M. Hoog, qui souhaite l'arrivée de nouveaux partenaires au sein de l'association, comme la Turquie, et l'élargissement à de nouvelles langues.
Cette initiative est soutenue par les pays membres de l'Union pour la Méditerranée, dont les ministres, réunis à Marseille, se sont "félicités". "Les médias sont d'excellents vecteurs du dialogue interculturel entre les pays euroméditerranéens", ont-ils écrit dans leur résolution finale.
Daniel Psenny - leMonde.fr - article paru le 24.12.08.

L’«Appel de Tunis» - Un lobby d’économistes au secours d’une UPM déjà en difficulté

Une quinzaine d’économistes européens et sud-méditerranéens ont lancé, samedi 17 janvier 2009, à Tunis, un appel pour réactiver l’intérêt pour l’Union Pour la Méditerranée (UPM) et remobiliser les partisans de ce groupement de 43 pays.
L’«Appel de Tunis» insiste sur l’enjeu d’accélérer la mise en place des institutions de l’Union et d’entamer l’exécution de projets concrets dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie et des finances.
L’Appel de Tunis estime que les pays membres de l'UMP n'ont pas encore réellement pris la mesure de la crise économique et que si rien n'est fait, maintenant, la région risque d'être marginalisée.
Pour les signataires de l’Appel, l’euroméditerranée se trouve à la croisée des chemins et n’a hélas que deux choix :
Soit elle ne réagit pas et les égoïsmes l’emporteront : Chaque pays jouera sa propre carte. Le bilatéralisme régnera en maître. Et, dans une période où les tentations protectionnistes vont réapparaître, il n’est pas exclu que celles-ci débouchent sur une réduction des échanges et sur une montée des tensions économiques et politiques.
Soit, et c’est la deuxième solution, les pays des deux rives de la Méditerranée saisiront l’opportunité historique de l’UPM pour renforcer leurs liens et pour, enfin, peser sur la scène économique internationale.
Concrètement, les signataires de l’appel ont suggéré la création d’une banque régionale dédiée au partenariat euro-méditerranéen.
Il s’agit d’un ancien projet auquel se sont farouchement opposées la Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement (BEI) qui n’y voient pas l’utilité car il fait double emploi avec les mécanismes de financement mis en place (MEDA, FEMIP,…).
Un des signataires de l’appel, M. Christian Boissieu, universitaire et président du Conseil d’Analyse économique auprès du Premier ministre français, a défendu cette institution dont les ressources pourraient être alimentées par une partie de l’épargne européenne et par une réaffectation des règlements financiers mis en place par l’Union européenne pour financer le partenariat euro-méditerranéen.
M. Boissieu a saisi cette opportunité pour plaider en faveur de l’accès des pays sud-méditerranéens aux fonds structurels dont ont bénéficié des pays comme l’Irlande et le Portugal.
Le Premier ministre tunisien, M. Mohamed Ghannouchi, qui a reçu, la même journée, les signataires de l’Appel, a toujours déploré l’insuffisance des ressources mises à la disposition des associés de l’Union européenne. Tout récemment, il a déclaré à Madrid que «l’UPM ne fonctionnera qu’à condition que des fonds suffisants soient fournis pour accroître l’égalité entre les deux rives».
Dans l’ensemble, les Tunisiens sont très pressés pour voir des résultats. Ils ne ratent aucune occasion pour mettre la pression sur les fondateurs de l’UPM afin qu’ils passent dans les meilleurs délais au concret.
M. Mohamed Nouri Jouini, ministre du Développement et de la Coopération internationale, a indiqué que la Tunisie est, désormais, tenue par l'obligation des résultats et s'attend à ce que des projets clairs soient définis et financés à des conditions favorables. Il a ajouté que l'UPM se doit également de favoriser la libre circulation des personnes dans les deux sens et de renforcer le sentiment d'appartenance à un même espace.
Quant à M. Afif Chelbi, ministre de l'Industrie, de l'Energie et des PME, le temps joue contre l'UPM, d'où tout l'intérêt de lancer un signal fort en entamant la mise en œuvre, dans les meilleurs délais, de projets concrets. Au nombre de ces projets, il a cité le financement des études de faisabilité des interconnexions électriques, du projet de production d'électricité, au sud de la Tunisie, à partir de l'énergie solaire et d'un autre de dépollution chimique (2 milliards d'euros).
L’Appel de Tunis intervient à un moment où beaucoup de voix commencent à s’élever pour déplorer son inefficience.
M. Adrianus Koetsenruijter, ambassadeur-chef de la délégation de la Commission européenne en Tunisie, a qualifié, récemment, l’UPM de «structure bureaucratique et sans ressources».
Au sud, l’Algérie, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a critiqué le caractère “politique” et pléthorique du secrétariat de l'Union pour la Méditerranée suite aux décisions prises par les chefs de la diplomatie des pays membres en novembre à Marseille.
A travers cet appel, les signataires, qui se proposent de jouer de lobby, appellent les pays européens à saisir l'opportunité du programme d'UPM pour accélérer l'intégration économique euro-méditerranéenne et les pays du sud à relancer leur intégration régionale : «Aucune zone économique du sud n'est parvenue à émerger sans un minimum d'intégration économique régionale. La zone asiatique fournit dans ce domaine un modèle», note l'Appel.

Par Abou SARRA - Webmanagercenter.com - le 21 janvier 2009
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Les signataires :
Moulay Hafidh Amazirh, PDG Intercontrol Engineering (Maroc),
Christian de Boissieu, professeur à Paris II
Farid Ben Bouzid, PDG Salama Assurance (Algérie)
Jean Louis Guigou, délégué général de l’IPEMED
Abderrahamaane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque centrale d’Algérie
Elyès Jouini, professeur à Paris IX
Hans Helmut KOTZ, professeur à Fribourg (Allemagne)
Jean-Hervé Morenzi, professeur à Paris IX
Radhi Meddeb, PDG de Comète Engineering (TUNIS)
El Mouhoub Mouhoud, professeur à Paris IX
Chekib Nouira, président de l’IACE (Tunisie)
Olivier Pastré, professeur à Paris VIII
Jean-Louis Reiffers, professeur à l’Université de la Méditerranée
Mohamed Sagou, ancien ministre marocain des Finances
Slim Zarrouk, vice-président de l’IACE (Tunisie).

mardi 20 janvier 2009

Israël "saborde" l'UPM (presse algérienne)

La presse algérienne francophone estimait mercredi que l'opération israélienne contre Gaza "sabordait" l'Union pour la Méditerranée (UPM), en rappelant une déclaration d'Alger dénonçant lundi le caractère "politique" du secrétariat général de cette organisation.
"Les Israéliens sabordent l'UPM de (Nicolas) Sarkozy", titre ainsi L'Expression (privé) en s'interrogeant sur "l'avenir de ce projet" du président français."
On ne peut appartenir à une UPM dont un des supposés membres est un Etat qui privilégie la guerre, un Etat qui terrorise et tue des femmes et des enfants", affirme pour sa part Le Quotidien d'Oran (indépendant).
Celui-ci estime que l'UPM "bat de l'aile", en rappelant que le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci avait déploré lundi la composition "politique" du secrétariat général de l'UPM, au terme de sa réunion ministérielle en novembre à Marseille (sud de la France)."Au lieu d'un secrétariat technique et compte tenu du choix des pays, on s'est retrouvé avec un secrétariat politique", avait-il affirmé au cours d'un entretien lundi soir à la radio internationale algérienne.
"Nous sommes sortis avec de nouvelles ambitions à Marseille qui nous ont parues extravagantes".Un consensus s'était dégagé à Marseille en particulier pour que l'UPM siège à Barcelone et que la Ligue arabe en soit membre à part entière en contrepartie d'un secrétariat général adjoint pour Israël.La presse algérienne souligne que les déclarations de M. Medelci surviennent près de deux mois après la réunion, et au moment où Israël a lancé son opération militaire à Gaza.
Elles "suggèrent une remise en cause en bonne et due forme du projet cher à Sarkozy", écrit El Watan (indépendant).Parallèlement, la Coordination algérienne des initiatives pour la solidarité avec la résistance palestinienne (CAISRP) a adressé une lettre au président Abdelaziz Bouteflika l'appelant à retirer l'Algérie de l'UPM, note la presse.Le CAISRP réunit des organisations religieuses, dont l'Association des oulémas musulmans, publiques ou des partis politiques.
AFP - leFigaro.fr -le 7 janvier 2009

mardi 13 janvier 2009

Quarante journalistes de pays méditerranéens au Menton Médias Méditerranée

Le Club de la Presse Méditerranée 06 organise le Menton Médias Méditerranée les 16 et 17 janvier 2009 au Palais de l’Europe de la ville azuréenne. Durant deux jours, quarante journalistes, venus d’une vingtaine de pays en bordure de Méditerranée, vont aborder différents thèmes en rapport avec leur profession.
"Se réunir pour se connaître ou resserrer les liens déjà existants tout en abordant différents thèmes liés au métier de journaliste". Dominique Antoni est le président du Club de la Presse Méditerranée 06. Il définit l’objectif principal du Menton Médias Méditerranée (MMM), les 16 et 17 janvier 2009 au Palais de l’Europe à Menton.
Une quarantaine de journalistes de dix-huit des vingt-trois pays méditerranéens va débattre sur quatre sujets. Dans un contexte de conflit au Proche-Orient, des hommes et des femmes venus d’Algérie, d’Espagne, d’Egypte, de Syrie, du Liban ou encore de…Palestine (à confirmer) vont plancher sur la place de la femme dans la profession, l’information en Méditerranée, les nouvelles technologies et la formation des journalistes.
Les différences de culture, de religion et de mentalité promettent certaines discussions endiablées. L’information n’est pas traité de la même façon dans chacun des pays", souligne Dominique Antoni.

Christian Chesnot, ex-otage en Irak
Christian Chesnot sera le grand témoin de ce colloque. Il est journaliste à France Inter. Surtout, il a été retenu en otage en Irak durant 124 jours, entre le 21 août et le 21 décembre 2004. Qui mieux que lui pour participer au MMM ? Grand connaisseur de la Méditerranée et du Moyen-Orient en particulier, "il animera les discussions et sera également le lien entre les journalistes étrangers et le public", déclare Philippe Tallois, vice-président du Club de la Presse.
Le samedi 17 janvier, à 15h30, le débat sur la bataille de l’information sera ouvert au public. La rédaction de Nice Premium conseille vivement cet évènement à tous ceux qui souhaitent découvrir un peu plus le métier de journaliste.
L’échange, le maître mot
Que ce soit avec les visiteurs ou lors des ateliers thématiques du vendredi, l’échange est le maître mot de ce week-end. "Nous voulons connaître les opinions des journalistes du pourtour méditerranéen", admet Anne Le Hars, membre du Conseil d’Administration du Club de la Presse et grande actrice de la tenue de ce rendez-vous.
"Nous avons aussi la volonté d’aller vers le public, dont les questions concernant la profession de journaliste et l’actualité restent parfois sans réponse". A l’issue du débat public, un dîner de gala est organisé. Deux pris seront remis. Le premier récompense la photo qui apporte un certain regard de la Méditerranée. Le second sera attribué à un journaliste affirmant son engagement en faveur "de ce petit lac", sourit Dominique Antoni.
Par Damien Nore - Nice-premium.com - le 12 janvier 2009

dimanche 11 janvier 2009

Approvisionnement : les pays méditerranéens regagnent du terrain sur la Chine

Les marques de mode et la grande distribution délaissent la Chine pour des fournisseurs plus proches de l'Europe.
La crise pourrait bien être une chance pour les pays méditerranéens. Malmenés après la fin des quotas d'importations de produits textiles en provenance de Chine, les industriels de ces pays devraient profiter d'un retour des donneurs d'ordre européens vers des fournisseurs plus proches. «Les pays de la Méditerranée ont une fenêtre de tir exceptionnelle», n'hésitait pas à pronostiquer Michel Roulleau, directeur général adjoint des Galeries Lafayette, en marge des récentes Rencontres de la Cité euroméditerranéenne de la mode, à Marseille. Le groupe vient de décider d'effectuer un retour au Maghreb, soixante-dix ans après l'avoir quitté. Il ouvrira un magasin de 13 000 m2 à Casablanca. Alors qu'il faisait confectionner 95% de ses produits en Asie, il veut désormais rééquilibrer ses approvisionnements entre l'Asie et la Méditerranée. «Nous cherchons actuellement dans ces pays des usines capables de faire des produits mode, sophistiqués et à forte valeur ajoutée, mais en séries courtes, explique Michel Roulleau. Poussés par les Zara ou H & M, nous revenons vers des fournisseurs plus proches. Nous avons besoin d'être plus réactifs.»


«L'envie du consommateur»
C'est une tendance que constate Éric Ammar, président de GilClaude, entreprise marseillaise qui fournit à la grande distribution des vêtements fabriqués dans les pays méditerranéens, notamment dans sa propre usine égyptienne.
«Il y a deux-trois ans, raconte-t-il, mes clients de la grande distribution me disaient qu'ils n'avaient plus besoin de moi, que leurs bureaux d'achat faisaient tout fabriquer en Asie. Aujourd'hui, ils reviennent vers moi. Cela correspond à une demande de proximité et de réactivité.»
Carrefour confirme ce mouvement. «Je ne sais pas quel sera mon chiffre d'affaires dans un an, analyse Jean-Daniel Gatignol, directeur textile de Carrefour. Dans cette situation, je ne vais pas commander mes séries intégralement en Asie. Je vais m'engager pour 60% environ et pour le reste le faire fabriquer par petite série en Méditerranée, au gré des besoins. Decathlon ou H & M font déjà cela très bien.»
En plus, selon Jean-Daniel Gatignol, la Chine n'est plus aussi intéressante car les salaires ont augmenté. D'ailleurs, la Chine, elle-même, a délocalisé dans d'autres pays d'Asie. «La remontée de 25% du dollar renchérit encore ce fournisseur, ajoute Jean-Daniel Gatignol. La zone proche est la zone clé pour gérer sainement nos stocks.»
À cela s'ajoute, un changement du comportement du consommateur. «On a longtemps parlé des attentes du consommateur, souligne Jean-Jacques Picart, consultant.
Aujourd'hui, il a des exigences : que ce qu'on lui propose en vaille la peine. En période de crise, l'enjeu est d'arriver à susciter l'envie du consommateur.» Une des voies est le renouvellement rapide des produits proposés avec une multiplication des collections. «Il faut arriver à surprendre les clients», ajoute Françoise Montenay, présidente du conseil de surveillance de Chanel. Autant de facteurs qui plaident pour des approvisionnements dans les pays proches du sud ou de l'est de la Méditerranée.
Aliette de Broqua - LeFigaro.fr - le 7 janvier 2009

vendredi 2 janvier 2009

Le commissaire Borg qualifie 2008 d'année historique pour les relations euro-méditerranéennes

2008 a été une année historique pour les relations euro-méditerranéennes. C’est ce qu’a déclaré Dr Joe Borg, commissaire européen en charge de la pêche et des affaires maritimes lors d’un discours prononcé à l’occasion d’un forum qui s’est tenu à Malte, son pays.
Ce forum avait pour thème « The Union for the Mediterranean and the Integrated Maritime Policy: Working Together for the Mediterranean » (« L’Union pour la Méditerranée et la politique maritime intégrée : œuvrer de concert pour la Méditerranée ».
«Nous savons tous que, pour se développer et prospérer, le Partenariat euro-méditerranéen doit absolument être soutenu par une réelle volonté politique et des ressources. Nous avons dès lors l’assurance que le lancement de l’Union pour la Méditerranée, en juillet, lors du Sommet de Paris, a insufflé un nouvel élan au Partenariat méditerranéen,» a-t-il déclaré.
Il a souligné que selon lui, une approche intégrée des affaires maritimes, similaire à celle mise en œuvre par l’UE pour développer sa politique maritime intégrée, serait particulièrement profitable à la région méditerranéenne. « Je suis convaincu qu’il existe dans cette région au moins trois domaines concrets de la politique maritime intégrée qui appellent à cette nouvelle vision. Il s’agit des domaines suivants : améliorer la compétitivité, oeuvrer en faveur de l'environnement durable et s'approvisionner en énergies non polluantes. Ces trois domaines doivent être au coeur du programme de travail de l’Union pour la Méditerranée, a déclaré le commissaire.
En guise de conclusion, le commissaire Borg a souligné qu’il était temps que l’UE et ses partenaires méditerranéens « s’approprient pleinement la Méditerranée, notre mer commune ».
Le programme régional de l’UE encourage la coopération entre l'UE et les pays méditerranéens partenaires dans le domaine maritime, par le biais de projets comme « Les Autoroutes de la mer » et « SafeMed ». Pour en savoir plus sur tous les projets financés, consultez les « Notes d’information» de EuropeAid.
Par Euromed InfoCentre
Discours
Site Internet du commissaire Borg

Grand chambardement en Méditerranée

Les dockers grecs ont dénoncé, manifesté, paralysé à 70 % le port de conteneurs du Pirée... Mais rien n'y a fait. Le 25 novembre, le président chinois Hu Jintao est venu à Athènes pour signer un accord global d'un montant de 300 millions d'euros. L'Etat grec a confié à l'armateur public chinois Cosco le soin de construire d'ici à 2015 et de gérer pendant trente-cinq ans un, puis deux nouveaux terminaux de conteneurs dans le port du Pirée.
Les dockers le savent depuis longtemps : tout accord qui étend l'empire du conteneur programme un peu plus la disparition de la manutention humaine. Ce parallélépipède métallique de dimension variable conditionne aujourd'hui toutes les marchandises, ce qui autorise une mécanisation totale de la manutention des ports, réduit le nombre de vols... et oblige les dockers à changer de métier.
Ainsi, quand un navire comme le porte-conteneurs Berlioz, de la compagnie française CMA-CGM, fait escale à Malte avec un chargement de plus de 4 500 conteneurs, il ne faut pas plus d'une quinzaine d'heures pour débarquer 800 conteneurs et en embarquer 140 autres. Après ce transbordement, le Berlioz reprendra sa route vers les ports d'Europe du Nord via Gibraltar. Les rapports de force sont en train de se modifier en Méditerranée. Depuis une dizaine d'années, mondialisation oblige, la "Mare nostrum" est devenue un sous-ensemble de "l'océan mondial". Bien qu'il n'existe pas d'observatoire officiel, les experts de l'OTAN estiment que 3 000 navires commerciaux franchissent chaque jour le détroit de Gibraltar, dont un tiers de pétroliers et un tiers de porte- conteneurs.
L'essor (plus de 10 % par an) du commerce par conteneurs en Méditerranée a entraîné une redistribution des cartes. Les vrais maîtres du jeu ne sont plus les caboteurs, les ports - symboles de puissance nationale - et moins encore les dockers, mais les armateurs de porte-conteneurs. En l'espace de vingt ans, les entreprises d'armement maritime sont devenues des multinationales qui gèrent des réseaux. Pour répondre à la demande des fabricants de jouets, de produits chimiques, de meubles ou d'ordinateurs qui ont délocalisé en Chine, les armateurs se sont regroupés et concentrés pour fournir un service complet, régulier, de l'usine au magasin et à jours fixes.
"Cosco construit en Méditerranée, bâtit un réseau, c'est ce que nous avons fait nous-mêmes", explique Nicolas Sartini, directeur des lignes Asie-Europe de la compagnie de transport maritime CMA-CGM. Le réseau, formé de points d'ancrage fixes, permet de mettre en place des lignes régulières, à fréquence et itinéraires fixes, avec des délais d'acheminement préétablis.
A Malte, où la CMA-CGM est concessionnaire pour les soixante prochaines années, neuf porte-conteneurs forment une ligne d'"autobus marins" qui acheminent des marchandises des ports de Chine vers l'Europe du Nord, par le canal de Suez, Malte et Gibraltar. "Chaque bateau fait le tour en soixante-trois jours, ce qui fait une escale par semaine à Malte. On pourrait le faire avec huit bateaux seulement en forçant les machines, mais le coût du carburant risque alors de dévorer et au-delà le gain de productivité", explique Jean Labbé, le commandant du Berlioz. Cette ligne CMA-CGM est évidemment en concurrence ouverte avec les lignes régulières des autres armateurs, comme le danois Maersk ou le chinois Cosco.
La guerre entre les armateurs spécialisés dans le conteneur a bouleversé l'économie traditionnelle du commerce en Méditerranée. "Les ports européens se sont trouvés dans l'obligation d'investir pour attirer l'attention des armateurs et capter une part plus importante du trafic de conteneurs" , explique Chantal Helman, directrice de la stratégie du port de Marseille. Des puissances portuaires traditionnelles, comme Marseille ou Le Pirée, ont perdu de l'importance, soit en raison de coûts salariaux élevés, soit en raison d'une mauvaise position géographique. Des petites taches sur la carte comme Malte, Gioa Tauro (Italie) ou Algésiras (Espagne) émergent comme d'authentiques capitales d'empires maritimes en Méditerranée. Le port de Malte a ainsi accueilli "1 900 navires en 2008, dont 700 gros porte-conteneurs", indique John Portelli, directeur général de Malta Freeport.
C'est sous l'impulsion des armateurs que les fonctions des ports ont changé. Comme les grandes compagnies aériennes l'ont fait dans l'aéronautique, les grands armements ont investi lourdement dans la construction de "hubs" au sein de l'espace maritime méditerranéen. Soit des ports de redistribution. Les hubs servent avant tout à accueillir "les plus gros bateaux, les décharger rapidement et redistribuer la marchandise sur des bateaux plus petits qui desservent alors des dizaines d'autres ports", explique Elizabeth Gouvernal, chercheuse spécialisée dans l'économie des transports. Un gros hub comme il en existe à Rotterdam ou Bremerhaven, en Allemagne, peut accueillir et décharger "entre 40 et 50 porte-conteneurs par semaine" explique un porte-parole de Maersk, le numéro un mondial du secteur.
Tel est le sens de l'accord conclu entre le port du Pirée et le chinois Cosco : la redistribution. "Le Pirée est très bien situé pour desservir les ports de la mer Noire, une aire géographique de 300 millions de consommateurs qui inclut des pays comme la Roumanie, la Bulgarie, l'Ukraine et le sud de la Russie", explique Nikolaos Anastassopoulos, PDG du Port du Pirée. Malgré la récession mondiale, les investissements pour l'après-crise se poursuivent. La Chine et Le Pirée se positionnent aujourd'hui pour tirer parti du développement économique inévitable des ex-pays de l'Est. "Ces pays ont tous une croissance économique à deux chiffres. Leur importance économique va s'accroître", analyse M. Anastassopoulos.
Yves Mamou La Valette , envoyé spécial - LeMonde.fr - le 2 janvier 2009