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lundi 31 mai 2010

Méditerranée - Une étude majeure évalue les réussites et les faiblesses du partenariat euro-méditerranéen

Le conflit israélo-arabe est un obstacle majeur au partenariat euro-méditerranéen et il risque même de paralyser les progrès à moyen et long terme. Telle est l'une des conclusions d'une enquête de grande envergure menée par des experts et des acteurs du partenariat. Cette enquête a été réalisée par l’Institut européen de la Méditerranée (IEMed), à la demande de la Commission européenne. Si les perspectives sont sombres sur le plan politique, la plupart des personnes interrogées estiment toutefois que le partenariat renforce les échanges humains et la compréhension, ainsi que le respect entre les cultures et les religions.
Dans le cadre de cette enquête, 371 experts et acteurs des 43 pays de la Méditerranée et de l’UE (les partenaires de l’Union pour la Méditerranéen, moins Monaco mais avec la Libye) ont été interrogés, les trois objectifs étant :
•d'évaluer les progrès, les réalisations et les faiblesses dans les différents domaines d'action du partenariat euro-méditerranéen, de l'avis des experts et des acteurs ;
•de créer et d’élaborer un instrument d’analyse et de mobilisation des acteurs, experts et décideurs œuvrant au renforcement des relations euro-méditerranéennes ;
•d'identifier les principales tendances dans la région méditerranéenne, en adoptant une approche proactive et de formuler des propositions de politique afin de gérer les principaux défis que la région rencontrera au cours des années à venir.

En termes d’obstacles, l’enquête a mis en évidence un large consensus sur les difficultés liées au conflit au Proche-Orient, 73% des personnes interrogées estimant qu’il mettait gravement en danger le partenariat. Deux autres obstacles souvent mentionnés sont l’absence de réelle volonté politique à mettre en œuvre des réformes dans les pays partenaires méditerranéens (43% des personnes interrogées) et le manque d’intégration Sud-Sud.

L’enquête a également épinglé le problème de la compréhension du partenariat : « 14 ans après son lancement, le Partenariat euro-méditerranéen s'est diversifié en une série de processus distincts difficiles à appréhender, même pour les acteurs choisis pour participer à l'enquête, » indique le rapport, qui souligne le pourcentage élevé de «Je ne sais pas » à de nombreuses questions visant à évaluer de manière détaillée des avancées ou des instruments concrets.

Il ajoute toutefois qu’à de nombreux égards, cette diversification était « un signe qui montre que le partenariat euro-méditerranéen n’est plus le seul domaine des diplomates et des acteurs généralistes de la société civile et qu’il fait peu à peu partie des domaines de compétences des experts ministériels spécialisés, des organisations de la société civile et même des groupes d’intérêt. »

En effet, une analyse plus détaillée du Partenariat, par thèmes prioritaires, révèle une assez bonne appréciation des actions dans le domaine de la culture et de l’éducation et des programmes de personnes à personnes, mais aussi que les personnes interrogées estiment que le partenariat euro-méditerranéen est surtout bénéfique au climat des affaires et aux intérêts commerciaux, sans que cela ne se traduise par la création d’emplois, l’intégration des femmes dans la vie économique ou une convergence vers les niveaux de revenus européens.

La synthèse des résultats fait apparaître que l'enquête offre une bonne vue d'ensemble des réussites et des faiblesses du partenariat euro-méditerranéen.

Réussites :
•Climat des affaires
•Programmes multilatéraux dans le domaine économique (rôle de la FEMIP et des programmes Medibtikar et Invest in Med)
•Meilleure sensibilisation et compréhension des différentes cultures et civilisations
•Échanges de jeunes et dans le domaine de l’éducation, de la culture et de la recherche (Euromed Héritage, Fondation Anna Lindh, Programme régional d’information et de communication, Euromed Jeunesse et Programme de promotion de l’égalité hommes-femmes)
•Programme sur le Rôle des femmes dans la vie économique

Points faibles :
•Participation des citoyens à la prise de décisions au niveau local
•Développement durable
•Renforcement de la coopération financière
•Intégration économique régionale Sud-Sud
•Réduction des disparités des niveaux d'études
•Coopération dans le domaine des migrations, de la justice et de la sécurité
•Mobilité et gestion des migrations

En ce qui concerne les perspectives d’avenir, les personnes interrogées estiment que l’avenir est terni par le conflit au Proche-Orient, l’aggravation des pénuries d’eau et des tensions sociales, qui augmentent les flux migratoires clandestins en direction de l’Europe. Sur cette base, ils définissent les priorités majeures pour l'Union pour la Méditerranée comme étant :

• La résolution des conflits dans la région (62% des personnes interrogées)
•La promotion de la démocratie et du pluralisme politique (49%)
•L’accès à l’eau et le développement durable (41,5%)
•L’éducation (41%)
Commandée par la Commission européenne, cette enquête s’inscrit dans le programme « Promouvoir la sensibilisation mutuelle, l’entente et la coopération entre l’Union européenne et les pays de la Politique de voisinage (Région Sud) » (EuropeAid/125411/ACT/C/Multi- Lot3), cofinancé par l’Union européenne au titre du volet régional de l’Instrument européen de voisinage et de partenariat (IEVP). 

Par ENPI Info Centre - le 31 mai 2010
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Le Forum de l’Alliance des civilisations salue l’approche méditerranéenne

Le jour de sa clôture, le Forum des Nations unies pour l'Alliance des civilisations, organisé au Brésil, a mis en avant l’importance de l’approche « méditerranéenne », véritable réponse à la lutte contre l’extrémisme. Il a aussi épinglé le rôle de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh, modèle de coopération régionale pour la communauté internationale.

Ces derniers jours, la Fondation Anna Lindh a vu son approche unique des relations interrégionales une nouvelle fois reconnue, avec la proposition du ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, de créer une Fondation Union européenne/Amérique latine « basée sur le modèle de la Fondation Anna Lindh ». C’est ce qu’indique un communiqué de presse de la Fondation.

Dans le même esprit, le Forum des Nations unies au Brésil s'est achevé sur l’annonce, adoptée par les 120 ministres des affaires étrangères de l’Alliance des civilisations, concernant le prochain Rapport Anna Lindh sur les Tendances interculturelles Euro-Med. Ce rapport sera « un outil essentiel pour soutenir l'action de la société civile en faveur de la compréhension mutuelle et du développement des politiques régionales ».

Dans une déclaration faite lors du Forum à Rio, Ban Ki-moon, le secrétaire général des NU a déclaré: « Le dialogue interculturel est l’une des missions les plus importantes du 21ème siècle, les trois quarts des conflits actuels ayant une dimension culturelle. Nous pouvons donc limiter ces conflits en améliorant les relations humaines et culturelles, et en investissant dans de nouveaux outils pour la tolérance, la confiance et le changement.»

Lors de la séance officielle de clôture, la Fondation Anna Lindh a également été félicitée pour sa « contribution essentielle au Forum mondial ». Elle avait été invitée à s’exprimer lors de débats internationaux clés sur « Le dialogue des civilisations et le nouvel ordre mondial » ; « Le façonnement des perceptions du public : le rôle des médias aujourd’hui » ; « Investir dans la diversité culturelle » et « La sensibilisation à l’islamophobie ». Elle avait également co-organisé une session spéciale sur le Rapport Anna Lindh à paraître.

S’exprimant le jour de la clôture du Forum, André Azoulay, Président de la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, et membre du Groupe consultatif de haut niveau qui a créé l’Alliance des civilisations a déclaré : « Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle phase de notre lutte pour mettre fin à la théorie de l’affrontement des civilisations. Pour la toute première fois dans l'histoire, nous disposons d’institutions comme la Fondation Anna Lindh et l'Alliance des Nations Unies, ainsi que d'une Union unique du bassin méditerranéen qui rassemble les populations de l'Europe, de l'Afrique du Nord et du Proche-Orient dans une unité commune, et offre à la communauté internationale le meilleur espoir pour la paix ».

La Fondation Anna Lindh pour le dialogue entre les cultures, projet financé par l’Union européenne avec un budget de 7 millions d’euros, œuvre au rapprochement des peuples et des organisations de la région en leur offrant des occasions de travailler main dans la main sur des projets dans les domaines de la culture, de l’éducation, des sciences, des droits de l’homme, du développement durable, du renforcement de pouvoir des femmes et des arts. La Fondation est la première institution à être créée conjointement et cofinancée par tous les membres du Partenariat euro-méditerranéen.
Par ENPI Info Centre - le 31 mai 2010
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Orange étend son empreinte au sud de la Méditerranée

France Télécom est aussi l'opérateur historique d'autres pays : c'est le cas en Jordanie, modèle d'une privatisation réussie. Le groupe capitalise sur cette expérience pour accroître sa présence en Afrique et au Moyen-Orient.
Jerash, à une heure de route d'Amman. Un convoi rutilant pénètre dans la cour de la petite école, accueilli par une haie d'honneur. Des fillettes en uniforme scandent des mots de bienvenue et frappent des mains.
Amina, Shirin, Nasreen et les autres, gamines espiègles aux cheveux de jais et adolescentes au visage encadré d'un voile ont longuement préparé l'arrivée des dignitaires… d'Orange Jordan.
La filiale de France Télécom en Jordanie a réhabilité leurs locaux dans le cadre d'une initiative lancée par la reine Rania. La bibliothèque, la salle de conférences, le terrain de foot sont neufs. Sur les façades repeintes s'étalent en larges lettres orange des mots d'arabe et d'anglais (« discover », « learn »…) qui ressemblent à s'y méprendre à une plaquette publicitaire du groupe. La marque reste discrète, mais pose son empreinte.
En Jordanie, Orange joue la carte de la légitimité et de la proximité. Pour son premier voyage dans le pays la semaine dernière, le nouveau patron, Stéphane Richard, a eu la surprise d'être reçu par le roi Abdallah -qui ne parle habituellement qu'aux présidents et non aux directeurs généraux, quand bien même il s'agit du premier investisseur étranger dans son royaume.
Il est vrai que France Télécom est l'opérateur historique depuis la privatisation de Jordan Telecom en 2000. Il détient 51 % d'Orange Jordan. En dix ans, le nombre de clients a bondi de 650.000, à plus de 4,5 millions.
Seul opérateur à commercialiser des accès Internet dans le royaume hachémite, Orange Jordan vient d'obtenir douze mois d'exclusivité pour commercialiser le haut débit mobile (3G) auprès des 6 millions d'habitants. Une occasion rêvée de rattraper son retard sur Zain, dont la part de marché dépasse 40 % contre 31 % pour Orange. L'arrivée de l'Internet mobile lui permettra peut-être aussi de regonfler ses marges sur un marché à trois ultraconcurrentiel.
Les enjeux jordaniens
Cependant, pour Stéphane Richard, qui a entamé il y a deux mois une tournée des filiales internationales avant la formalisation de son projet d'entreprise le 1 er juillet, la Jordanie porte d'autres enjeux. Le patron de France Télécom s'est fixé pour objectif de doubler le chiffre d'affaires réalisé dans les pays émergents (3,6 milliards d'euros) en cinq ans. Car leur croissance est alléchante. Comme le dit Marc Rennard, qui supervise les opérations en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, « la démographie en Afrique, c'est de l'argent qui tombe du ciel pour les opérateurs télécoms ».
Mais il faudra pour cela conquérir de nouveaux pays. Or les occasions ne sont plus si nombreuses, et, au-delà de la Méditerranée, la concurrence est rude avec le britannique Vodafone, le sud-africain MTN, les suédois de Millicom ou l'indien Bharti -qui vient de racheter Zain. Auprès de certains gouvernements comme celui du Yémen, qui songe à vendre l'opérateur historique, France Télécom peut se prévaloir d'une expérience réussie de privatisation en Jordanie. Il pourrait également se porter candidat au rachat de Bénin Telecom d'ici à la mi-juillet. Nitel, l'énorme ex-monopole du Nigeria, est moins tentant : trop d'employés, trop peu d'actifs, trop de risques politiques.
France Télécom caresse d'autres espoirs dans la zone. D'abord sous la forme d'un classique rachat d'entreprise privée, comme en Egypte où il vient de boucler le rachat de Mobinil (26 millions de clients). Bharti pourrait se défaire de certains actifs de Zain dans le Golfe pour financer sa coûteuse licence 3G en Inde. MTN est cher, autour de 14 milliards d'euros, mais serait une belle prise.
Au Maroc, les fonds propriétaires de Meditel pourraient être vendeurs. De même l'opérateur mobile algérien Djezzy, actuellement détenu par Orascom, mais qui a des ennuis avec le fisc. Les aléas politiques risquent toutefois de compliquer la donne.
A l'affût des nouvelles licences, Orange lorgne le Burkina Faso, où le troisième opérateur vient d'être débranché, et le Togo. En Tunisie, il a inauguré début mai sa licence exclusive d'un an pour la 3G, avec 45 % de taux de couverture. Et sa filiale Sofrecom, qui a déjà signé des contrats de management en Iran, en Libye, au Yémen, en Syrie, où les Etats ne sont pas prêts à ouvrir le capital de leurs opérateurs, vient de signer un contrat de deux ans et demi en Ethiopie, décrite comme « le dernier eldorado d'Afrique ». Stéphane Richard n'a pas fini de serrer des mains de l'autre côté de la Méditerranée.
Par Solveig GODELUCK à AMMAN - Les Echos - www.lesechos.fr - le 31 mai 2010
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dimanche 30 mai 2010

La Méditerranée, mer de la croissance

Pour les experts réunis dans le cadre de l'Ipemed à Hammamet, il y a quelques jours, c'est de la rive sud de la Mare Nostrum que viendra la croissance. Si le Nord veut bien s'en rendre compte.
Sentiment d'insécurité, repli sur soi, débat sur la burqa : l'Europe, en ces temps de crise, ne semble pas encline à s'intéresser à ses voisins du Sud, les pays de la Méditerranée, et encore moins à s'en rapprocher.
Et pourtant. « La crise, par sa violence, pourrait rapprocher les deux rives de la Méditerranée », avançait Jean Louis Guigou, le président de l'Institut de prospective économique du monde méditerranéen (Ipemed) lors la conférence qui s'est tenue à Hammamet, en Tunisie, au début de la semaine.
Pour éviter le déclin qui fait peur, l'Europe doit s'associer aux pays du sud et de l'est de la Méditerranée, poursuivait-il. Car c'est du sud et de l'est que viendra la croissance européenne.
« Quand l'activité croit de 1% au sud, cela induit une croissance de 0,2 à 0,3% au nord, avance pour sa part Mohamed Ghannouchi, le premier ministre du gouvernement tunisien. Inversement, une croissance de 1% au nord correspond à une progression de 0,4 à 0,6% du Pib des pays du sud et de l'est de la Méditerranée ».
Manque d'intégration
Certes, mais comment faire pour stimuler les échanges, commerciaux, mais aussi technologiques et humains entre les deux rives ? Pour l'heure, ce sont les relations bilatérales qui sont encore privilégiés. A cet égard, les pays de la région sont eux aussi fautifs : leur manque d'intégration entre eux (voir par ailleurs) reste un frein au développement réciproque entre sud et nord.
Ainsi, le commerce intra-régional ne représente que 5% des flux entre pays de la zone sud/est de la Méditerranée. Or, pour convaincre l'Union européenne d'agir vis-à-vis de la Méditerranée, il faut faire la démonstration de l'intégration de la zone méditerranéenne elle-même, précise la députée Elizabeth Guigou, présente à la réunion d'Hammamet.

Une "Alena" euro-méditerranéene
Des idées ont fait surface lors de la conférence pour un rapprochement : elles vont des partenariats dans le développement des énergies renouvelables à des garanties plus grandes aux PME, premières créatrices d'emplois, des transferts de technologies, des échanges d'étudiants dans le cadre d'un Erasmus euro - méditerranéen ou de cadres entre entreprises du nord et du sud, sans oublier la création d'une banque de développement régional. « L'Europe devrait proposer une sorte d'Aléna - un accord commercial préférentiel - à la Méditerranée », estime Jean Louis Guigou.
Les Etats-Unis, liés par l'accord commercial avec le Mexique et le Canada (Alena), affichent des investissements directs étrangers (IDE) de l'ordre de 15% en direction du Mexique, tandis que les IDE en provenance d'Europe et à destination de la rive sud et est de la Méditerranée ne représentent que 3% de la totalité des investissements directs européens.

Ecart de développement
Pour l'instant, l'écart de développement entre les deux rives reste béant. C'est vrai pour le revenu par habitant, plus de quatre fois plus élevé au nord qu'au sud, mais également dans d'autres domaines : la consommation d'électricité est ainsi trois fois moins forte en Méditerranée qu'en Europe.
Et encore, si l'écart est limité, c'est surtout, selon les spécialistes, parce que le modèle de développement est « énergivore » au sud. Le fossé numérique est nettement plus large : le rapport est de 1 à 15 entre nord et sud pour l'accès à internet.

Rivaliser avec l'Asie
Reste qu'en 2030, une union euro-méditerranéenne représenterait près d'un milliard d'habitants. Une entité de taille à lutter à armes égales avec les autres blocs économiques et commerciaux de la planète. « Nous sommes la deuxième chance de l'Europe en matière de croissance et de positionnement dans la globalisation, en particulier face à l'émergence de l'Asie », conclut pour sa part Afif Chelbi, ministre de l'industrie et de la technologie tunisien.

FOCUS: Pax Electrica
Les tensions entre Israël et l'autorité palestinienne auront eu raison d'un sommet de l'Union pour la Méditerranée. Prévu pour le mois de juin, il est reporté à novembre prochain. Quant aux revendications sur le Sahara occidental, elles empoisonnent les relations entre l'Algérie et le Maroc depuis des années.
A l'image de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, lancée au sortir de la deuxième guerre mondiale, afin d'éviter de futurs conflits, les spécialistes de la région méditerranéenne rêvent de liens qui rendraient les parties si dépendantes les unes des autres qu'ils élimineraient toute tension éventuelle. Ils parient pour cela sur l'intégration des réseaux électriques.
L'électricité, difficile à stocker, n'est pas soumise à une demande identique au même moment sur tout le pourtour méditérrannéen. Des lignes courraient donc le long du littoral pour alimenter les réseaux locaux, en fonction de la demande et quel que soit le pays. Investissements dans les infrastructures, accords entre Etats, échanges entre pays : petit à petit, le projet prend forme.
Lysiane J. Baudu - LaTribune.fr - le 30 mai 2010
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F.E.S.T - Festival musique et culture électronique du 3 au 6 juin 2010

Le FEST est de retour pour sa quatrième édition !
Grâce au soutien du programme culture - coopération Pays Tiers - de la Commission Européenne, des Instituts Culturels européens présents en Tunisie ainsi que de celui des différents partenaires présents lors des trois éditions précédentes, l’équipe du FEST , portée par l'association parisienne Echos Electriques, vous présente une programmation riche et variée, axée autour de la découverte et de l’échange, une programmation originale, une série de performances, de concerts, de ciné-concerts , d’expositions d’arts visuels et autres expériences sonores.
Pour cette 4ème édition, le FEST s’installe durant quatre jours de 11 h à 1h du matin à l’Acropolium à Carthage.
Dans le souci d’apporter à chaque édition son lot de nouveautés, l’équipe du FEST choisit cette année d’occuper le site de la cathédrale toute la journée, en proposant gratuitement (de 11H à 20H) pendant toute la durée du FEST, une exposition permanente accessible dès 11 h du matin, des « après-midi sonores » contenant séances d’écoutes, massages sonores et parcours dans les bois et des « apéros sonores », concerts et ateliers axés sur le thème de la découverte.
Les soirées quant à elles débuteront à 20 h30, la première, Jeudi 3 Juin sera inaugurée par un ciné mix du film GHOST DOG de Jim Jarmush, par le duo Radiomentale..
La présence d’artistes tunisiens étant pour le FEST toujours une priorité, nous accueillerons cette année et pour notre plus grand plaisir, Krux, Hayej et SKNDR, sur la scène musique, Shinigami San pour une séance d’écoute et de découverte, Sami Majri pour un apéro/ live, sans oublier Haythem Zakaria et Farah Khelil pour la partie exposition et Wafa Ben Romdhane associée à Olivier Ratsi à la scénographie.
Ayant développé des partenariats par le biais du projet E-FEST, l’équipe du FEST reçoit des artistes proposés par Transcultures (Belgique), ainsi le public pourra découvrir The Aktivist et Natalia de Melo, qui proposeront divers facettes de leur triptyque Radicaux libres, sur toute la durée du FEST, DJ Elephant power sur la scène musique, Stéphane Kozik pour une installation sonore interactive et Philippe Franck, artiste et directeur de Transcultures allias Paradise Now ; tous ces artistes offriront également des séances d’écoute et des ateliers.

L’association Gummi Gumi, nous fera découvrir Leafcutter John et le duo Bulk, et a également co-produit avec l’association Echos Electriques, la compil ESSMAA qui sera offerte avec le PASS 4 SOIRS .
Le FEST 2010, c’est aussi entre 3 et 5 artistes par soir de 20h30 à 1h du matin dans un lieu convivial, qui favorise les échanges et les rencontres, entre artistes et publics d’horizons différents.
A noter également la présence de Filastine, Farfa, Fulgeance, Robot Koch, Alex Under, Sascha Funke, Rebotini, Naive new beatters, Kelpe, Motor, Isa belle, Mu, Alice Dufay…
Billeterie : -
Ticket 1 Soir : 15DT
Pass 4 Soirs+ Compil e-FEST : 45DT
Les billets seront mis en vente à partir du 25 Mai à la l’Acropolium de Carthage.
Pour info : press@lefest.org

Atlas des investissements et des partenariats dans la région méditerranéenne

Invest in Med, projet financé par l’UE, a présenté son premier atlas en ligne des investissements aux institutions financières et aux investisseurs privés réunis à Marseille à l’occasion du séminaire de financement For’UM.
Un communiqué de presse explique que l’Atlas ANIMA-MedMaps permet aux visiteurs en ligne de localiser les projets d’investissement et les partenariats dans la région méditerranéenne. Il s’agit donc d’un véritable « compas des investissements ».

Grâce à cet atlas, les acteurs du développement économique peuvent localiser, en ligne :
•Les projets d’investissement et les partenariats identifiés par l’observatoire ANIMA-MIPO (Mediterranean Investment and Partnership Observatory – Observatoire méditerranéen des investissements et des partenariats) Depuis 2003, l’observatoire s’emploie à identifier en permanence les investissements directs étrangers et les partenariats dans les pays de la Méditerranée ;
•L’actualité « business » détaillée, projet par projet (nom de l’investisseur, secteur ciblé, montant, liens Internet de l’entreprise, etc.) Plus de 5.000 projets d’investissement et partenariats sont actuellement géo-localisés par l’équipe ANIMA ;
•Les zones d’activité économique situées sur la rive sud de la Méditerranée (clusters et parcs technologiques, parcs industriels, incubatrices, etc.).

Une brochure de l’Atlas ANIMA-MedMaps, avec 15 cartes thématiques des investissements étrangers, a été remise aux acteurs présents lors du For’UM.
Invest in Med est un réseau euro-méditerranéen d'organisations financé par l’UE à hauteur de 9 millions d’euros. Ce réseau se consacre à la promotion des investissements et à la facilitation des échanges commerciaux. Il renforce la collaboration des PME et les échanges des meilleures pratiques. Il vise à accroître les capacités et l’efficacité des agences méditerranéennes de promotion des investissements et, par conséquent, permet l’accroissement des investissements étrangers directs dans les pays partenaires méditerranéens. Cette plateforme multi-pays soutient le développement économique de la région méditerranéenne et renforce la coopération entre les agences européennes et méditerranéennes de promotion des investissements.
Par ENPI Info Centre - le 28 mai 2010
Plus d'info :
http://www.medmaps.eu/mapview/ANIMA/
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samedi 29 mai 2010

Le Maghreb peine toujours à s'intégrer

Si Renault et Nissan viennent de s'installer dans la zone franche de Kenitra, au Maroc, les deux constructeurs auront du mal à commercialiser leurs véhicules dans le reste de la région. Un rapport de l'Institut Thomas More dénonce le coût économique du « non-Maghreb » et milite pour une résolution européenne du conflit au Sahara occidental.
Avantages fiscaux, régime administratif allégé, aide directe à la formation, appui à l'investissement : le nouveau parc industriel de Kenitra tente d'attirer les investisseurs. Avec un certain succès, puisque deux grands constructeurs automobiles, Renault et Nissan, viennent d'y prendre leurs quartiers. Déjà installé à Tanger, Renault compte sur ce nouveau développement pour commercialiser ses véhicules au Maroc. À terme, évidemment, c'est tout le reste du Maghreb que vise le constructeur. Mais comment transporter des véhicules du Maroc en Tunisie ? La frontière entre le Maroc et l'Algérie est fermée depuis cinquante ans, en raison du conflit au Sahara occidental. Si le commerce entre la France et l'Allemagne représente 60 % du total de leurs activités dans ce domaine, les échanges intra-Maghreb ne s'élèvent qu'à 1,5 %.

Flux migratoires
« La non-intégration régionale rogne environ 2 points de PIB par pays », souligne Jean-Baptiste Buffet, chercheur associé à l'Institut Thomas More, et auteur d'une étude assortie de recommandations sur ce thème. Pour la Tunisie, cela représente un manque à gagner de 20.000 emplois par an, et un montant annuel d'investissements directs étrangers perdus de 2 milliards de dollars, poursuit ce spécialiste. Les répercussions, notamment en termes de flux migratoires, sont évidentes. Alors que des lignes de chemin de fer reliaient la région de façon horizontale, du temps de la colonisation, ce sont des réseaux Nord-Sud qui se développent dans chaque État aujourd'hui. « Pourtant, il suffirait d'une signature pour relier ces pays, d'autant que les rails, des deux côtés de la frontière algéro-marocaine, sont déjà construites ! », s'exclame Jean-Baptiste Buffet.

Dépasser la politique
Bref, il faut, pour les chercheurs de l'Institut Thomas More, que le dossier du Sahara occidental remonte en bonne position sur le bureau de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. « L'économie doit dépasser la politique », insiste Jean-Baptiste Buffet. Il faut, selon lui, faire avancer le projet de TGV trans-maghrébin, par exemple, et rendre caduque une expression utilisée par les spécialistes comme par les habitants de la région eux-mêmes, celle du « non-Maghreb ». « L'Europe, un groupement de 27 pays, de même que l'Asean, en Asie, ou le Mercosur, en Amérique latine, sont bien placés pour illustrer les vertus de l'intégration régionale », ajoute-t-il. Pour l'heure, cependant, les pays de l'Union européenne se contentent de développer des accords bilatéraux. Quant aux ambitions de l'Union pour la Méditerranée, chère au président Sarkozy, elles sont, selon le chercheur, trop larges, et devraient se concentrer d'abord sur des coopérations sous-régionales.
Lien : http://institut-thomas-more.org/showNews/415
Par Lysiane J. Baudu - Latribune.fr - le 29 mai 2010

Le Plan solaire méditerranéen attire de plus en plus les investisseurs

La terre ou l'eau font souvent l'objet de conflits. En revanche, le soleil brille pour tous et le vent n'appartient à personne. C'est pourquoi le Plan solaire méditerranéen avance sans subir trop de vicissitudes politiques de l'Union pour la Méditerranée (UPM), dont il est un des axes de travail.
Jeudi 27 mai, à Marseille, lors du forum de l'UPM, ce plan occupait une bonne place dans les débats. Au-delà des stratégies nationales pour les énergies vertes définies ces derniers mois par les pays méditerranéens, acteurs publics et investisseurs souhaitent que se dégage un cadre technique, réglementaire et financier pour accueillir des projets moteurs. La présentation, jeudi, de Transgreen, consortium d'entreprises destiné à favoriser la création de liaisons sous-marines transméditerranéennes de transport d'électricité, va dans ce sens.
Formulé lors de la naissance de l'UPM en juillet 2008, le Plan solaire méditerranéen part d'une idée simple. Les pays du sud et de l'est de la Méditerranée disposent d'un potentiel important en énergie verte, notamment solaire et éolienne, et leur demande en électricité va fortement progresser dans les années à venir.
Parallèlement, sous l'impulsion du "paquet énergie-climat" adopté en 2008 par l'Union européenne, les pays du nord de la Méditerranée cherchent à intégrer une part croissante d'électricité verte dans leur consommation, au moins 20 % en 2020. D'où l'idée d'un partenariat entre les 43 pays riverains pour tirer parti de ce potentiel, tout en favorisant des solutions d'efficacité énergétique. L'initiative concrétisée, via des accords multilatéraux ou bilatéraux, a un objectif : l'installation dans les pays du Maghreb et du Machrek d'une capacité en énergies renouvelables de 20 gigawatts (GW) en 2020, dont une partie (environ 5 GW) a vocation à être exportée vers l'Europe, afin de garantir la rentabilité des projets.
Outils de financement -
Deux points sont centraux dans le déploiement du plan : l'interconnexion et le renforcement des réseaux nationaux ; et la mise en place de financements.
Né sous l'impulsion de la France, mais ouvert à des acteurs européens et méditerranéens, le consortium Transgreen se veut complémentaire du projet d'origine allemande Desertec, qui entend créer des sites éoliens et solaires en Afrique du Nord. Transgreen vise à établir "un schéma directeur" de liaisons de transport d'électricité Nord-Sud, qui donne un "cadre stable propice aux investissements", selon Christian Stoffaës, son directeur exécutif.
Le Forum de Marseille a aussi été l'occasion de présenter plusieurs outils de financement. Reste à trouver la "bonne articulation entre ces offres, qu'elles viennent de bailleurs internationaux, de fonds privés et souverains, ou d'un fonds carbone", note Philippe Lorec, du ministère français de l'écologie. D'autant que les plans nationaux ont des profils et un état d'avancement très variés, du plan marocain qui veut générer 2 GW d'électricité verte en 2020 à partir de cinq grands projets solaires, jusqu'au plan tunisien, qui mélange efficacité énergétique et énergie renouvelable autour de 40 projets de taille moyenne.
Les dossiers pourront bénéficier des mécanismes du dispositif européen de 2008, qui permet à un pays d'inclure dans ses objectifs d'énergie renouvelable de l'électricité verte venant de pays tiers. Mais certains projets suscitent des interrogations. Ainsi, l'Italie envisage des accords d'interconnexion avec des pays méditerranéens, pour importer de l'électricité dont une partie pourrait avoir été produite avec des énergies fossiles...
Par Bertrand d'Armagnac
Article paru dans l'édition du 29.05.10 - http://www.lemonde.fr/

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vendredi 28 mai 2010

Plus d'obstacle financier pour l'Union pour la Méditerranée

Nous n'allons pas en Méditerranée par solidarité mais en tant qu'investisseur de long terme. Nous allons y gagner de l'argent." C'est ainsi que le directeur des affaires européennes et internationales de la Caisse des Dépôts (CDC), Laurent Vigier, explique son engagement pour l'Union pour la Méditerranée (UPM) et plus particulièrement son investissement au sein du Fonds d'infrastructure InfraMed lancé le 26 mai.
Créé à l'initiative de la CDC et de la Cassa Depositi e Prestiti (CDP) qui participent chacune à hauteur de 150 millions d'euros, la Banque européenne d'investissement (BEI) qui investit 50 millions d'euros, la Caisse de Dépôt et de Gestion du Maroc (CDG) qui a alloué 20 millions d'euros et la banque égyptienne EFG Hermes qui a fourni 15 millions d'euros, InfraMed, déjà crédité de 385 millions d'euros, sera le plus important fonds voué aux investissements dans les infrastructures des pays du sud et de l'est de la Méditerranée (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Mauritanie, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie et Turquie).
Un pas de géant alors que l'un des freins de l'UPM était financier (voir notre article du 25 mai dernier). Ainsi, les projets nouveaux d'infrastructures urbaines, énergétiques et de transports durables des pays méditerranéens pourront espérer être financés par InfraMed, dès lors qu'ils répondent à des exigences bien précises en matière de protection de l'environnement, d'impact social, de transparence et de passation de marchés.
Ce fonds s'adressera en priorité aux pays de la région "Mena" (Moyen-Orient et Afrique du Nord) où les taux de croissance urbaine sont les plus élevés du monde. Enfin, InfraMed soutiendra des projets d'investissement à long terme. Des perspectives de longue haleine qui détonnent avec les fonds privés d'investissement dans les infrastructures classiques.
Autre particularité du fonds : prendre une part importante dans chacun des projets afin de participer activement à leur gestion. L'institution espère fournir à ses investisseurs un rendement annuel compris entre 12 et 16%. En outre, le Maroc et l'Egypte se verront allouer chacun au moins 20% de sa dotation et développeront des fonds de co-investissements de 200 millions d'euros minimum
Les projets seront d'abord étudiés par un comité des investissements indépendant. Puis, le conseil des investisseurs s'assurera que les investissements sont engagés conformément aux objectifs d'InfraMed tandis que de son côté, le conseil stratégique délivrera des avis stratégiques à l'équipe dirigeante du fonds. Un modèle unique "sur lequel la Banque mondiale veut prendre exemple", comme nous l'a confié Laurent Vigier. Participant au For'UM qui réunissait plusieurs institutions financières et investisseurs à Marseille le 27 mai, le membre du conseil des investisseurs d'InfraMed a noté l'intérêt des représentants de la Commission européenne qui "envisage un rapprochement avec la BEI et la Banque mondiale afin de créer une structure capable de garantir les investissements dans les pays méditerranéens". "Les premiers projets seront examinés avant la fin de l'année", indique Laurent Vigier.

270 projets en oeuvre
Cependant, l'UPM repose déjà sur plusieurs projets. Lors du For'UM, quelques initiatives ont vu le jour. Parmi elles, le fonds d'amorçage de réalisation et d'orientation (Faro). Doté d'un million d'euros, cet outil pilote a vocation à créer un réseau de fonds en soutien aux entrepreneurs des pays des deux rives de la Méditerranée, en encourageant les PME à investir dans des projets à dimension régionale.
"Le Faro accompagnera les projets de leur phase de concept jusqu'à leurs financements", explique Laurent Vigier. Le directeur des affaires européennes de la CDC est également satisfait de "la deuxième vague du programme Averroès et du lancement de l'étude sur le Fonds Carbone méditerranéen".
"270 projets sont en œuvre dans des domaines comme le transport, les ports, l'énergie…70% seront exécutés dans les pays du Sud", a indiqué le ministre égyptien du commerce et de l'industrie, Mohamed Rachid dans le cadre du For'UM. Ces projets représentent 24 milliards d'euros de promesses de financements. InfraMed doit donc encore mobiliser des fonds supplémentaires pour atteindre son objectif d'un milliard d'euros dans les dix-huit mois qui viennent.
Un pari qui semble réalisable : "Des fonds des pays du Golfe, d'Asie ou d'Amérique du Nord nous ont déjà approchés", confie Laurent Vigier. Une banque méditerranéenne devrait ensuite voir le jour. Charles Milhaud, missionné par le président de la République française, remettra son rapport sur cette institution à venir le 1er juin au président de la BEI.
L'UPM devra ensuite surmonter les difficultés politiques qui la ralentissent. Comme nous l'a indiqué Dominique Vlasto, députée européenne et membre de la délégation à l'assemblée parlementaire euro-méditerranéenne, "les difficultés ne sont pas seulement financières et économiques mais elles sont surtout liées au retard des pays de la rive Sud".
Un retard qui s'explique notamment, selon elle, par le fait que "l'Europe s'est tournée vers l'Est pendant des années. Il faut du temps pour changer de cap".
La députée reste pourtant confiante : "Certains projets comme l'initiative Horizon 2020 qui œuvre pour la dépollution de la Méditerranée avancent bien : je suis sûre que nous allons y arriver."
Par Muriel Weiss - Localtis.info - le 28 mai 2010
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jeudi 27 mai 2010

Faro - Un nouveau fond pour les entreprises françaises à vocation méditerranéenne

Dans le cadre du For’Um qui se réunit à Marseille le 27 mai 2010, Albert Olivier, président du Comité d’Engagement Faro, a signé avec les partenaires de ce programme l’acte de naissance du Fonds d’Amorçage de Réalisation et d’Orientation (Faro).
L’objectif du Faro sera d’aider les entreprises innovantes françaises à aller se développer en Méditerranée par le biais de partenaires sud méditerranéens.
Ce fonds sera doté d’un budget de 1 M€ abondé par la Caisse des Dépôts et Consignations, L’Agence Française de Développement (AFD), l’Etat français via la Mission française UpM et Oséo. Il prévoit de donner des subventions pour cinquante entreprises. Ces dernières devront amener 50% du montant.
Les projets seront identifiés et suivis par Anima. La signature de la convention entre les partenaires et Anima interviendra le 15 juin 2010 et le fonds sera opérationnel en juillet 2010.
Ce fonds Faro pourrait susciter des émules dans les autres pays méditerranéens. Un Faro Italie et un Faro Maroc seraient en voie de gestation.
Par Frédéric Dubessy - Econostrum.info - le 27 mai 201

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Med-Mem : une porte ouverte sur Euromed

2011 sera l'année de lancement du site Internet Med-Mem, qui donnera accès à plus de 4.000 documents audiovisuels représentatifs des sociétés et des cultures méditerranéennes à travers leur histoire.
Med-Mem est un projet qui vise à sauvegarder et rendre accessible au grand public les archives audiovisuelles méditerranéennes, en particulier celles des télévisions publiques de la région.
Dans le courant de 2011, une sélection de plus de 4.000 vidéos, incluant des documents historiques exceptionnels et particulièrement représentatifs des sociétés et des cultures méditerranéennes, sera consultable et présentée en trois langues – anglais, arabe et français – avec un éclairage sur le contexte historique, culturel et social.
Les collections audiovisuelles – issues des archives des télévisions et des instituts audiovisuels partenaires du projet seront organisées en sept grands thèmes, couvrant l’ensemble du patrimoine méditerranéen : Arts, culture et savoir ; Héritages historiques ; Enjeux historiques contemporains ; Paysages et Environnement ; Tourisme et sites culturels ; Economie ; Société et mode de vie.
Chacun de ces thèmes sera décliné en sous-thèmes correspondant à l’un des aspects du patrimoine et pourra être recherché par différents critères. Pour obtenir plus d’informations sur des sujets spécifiques, les internautes trouveront des dossiers thématiques liés à des vidéos consultables directement sur le site.
Grâce à la collaboration de spécialistes, d’enseignants et de chercheurs de la région méditerranéenne, le site permettra de découvrir un patrimoine culturel partagé et une meilleure compréhension des enjeux historiques et contemporains de la Méditerranée, comme l’annonce le vidéo-clip promotionnel.
Source Fenetreeurope.com - le 27 mai 2010

L'UPM en forum à Marseille

Le jeudi 27 mai 2010, la coprésidence franco-égyptienne de l'Union pour la Méditerranée organise à Marseille un évènement dédié aux grands enjeux de la zone. Ce « For’UM » réunira les représentants des 43, des investisseurs privés et des bailleurs publics.
En partenariat avec la Chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence, le Ministère des finances et de l'emploi, et de nombreuses institutions (BEI, AFD, Caisse des dépôts) ou investisseurs (Euromed Capital Management, Forum francophone des affaires, Inframed…), le For'UM de Marseille s'appuiera sur les conclusions des réunions sectorielles de Paris (25 juin 2009) et d'Alexandrie (30 avril 2009).
Le For'UM sera ouvert aux représentants des 43, plus particulièrement des ministères en charge de l'Economie, de l'investissement et du budget, et sera l'occasion de présenter les derniers développements institutionnels de l'UPM, qui a officiellement vu le jour le 4 mars dernier.
Articulé autour de trois sessions plénières de débat consacrées aux grands enjeux de la zone (les conditions d'attractivité de la zone Méditerranée pour les investisseurs, la convergence économique et institutionnelle en Méditerranée et les moyens de financer l'UPM) et d'ateliers techniques sur les projets concrets développés au cours des deux dernières années, le For'UM est destiné aux investisseurs privés et aux bailleurs publics.
Un an après la rencontre d'Alexandrie, le For'UM vise notamment à présenter les opportunités concrètes d'investissement au secteur privé sur les grands chantiers de l'UPM - solaire, eau, transports, développement urbain - mais également traiter des questions relatives à la recherche, aux pme et la protection civile en Méditerranée.
En plus des ateliers techniques, les porteurs de projets en Méditerranée (Plans solaires nationaux, parcs industriels, …) auront la possibilité d'exposer leur stratégie et leur besoin au travers de stands d'exposition permanents.
Renseignements et inscriptions sur :
www.for-um.org
Source Ccimp.com - le 27 mai 2010
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La France et l'Egypte affirment leur confiance dans l'UPM

La France et l'Egypte, qui co-président l'Union pour la Méditerranée (UMP), ont tenu jeudi à affirmer leur confiance dans cette initiative lors d'une conférence d'investisseurs à Marseille, malgré le report à novembre du sommet de Barcelone initialement prévu en juin.
L'UPM est "une initiative extrêmement positive même si ici ou là il y a quelques ralentissements, aujourd'hui les financements sont là", a assuré la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, au lendemain du lancement d'InfraMed, premier instrument de financement de l'UPM et principal fonds de financement d'infrastructures en Méditerranée.
"Nous sommes dans un forum qui démontre que l'UPM n'est pas morte", a renchéri la secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Anne-Marie Idrac.
"Nous avons un réel partenariat comparé à ce que nous avions auparavant, nous ne devons pas laisser le développement de la Méditerranée être pris en otage par la politique", a estimé le ministre égyptien du Commerce et de l'Industrie, Rachid Mohamed Rachid.
M. Rachid a salué le lancement d'InfraMed, doté de 385 millions d'euros avec l'objectif d'un milliard d'ici fin 2011, évoquant des contacts en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Qatar pour y participer.
Lancé par la Caisse des dépôts française et son homologue italienne, la Cassa depositi e prestiti, avec l'apport de 150 MEUR chacune, InfraMed a déjà attiré la Banque européenne d'investissement (BEI), la Caisse de dépôt et de gestion du Maroc et la banque égyptienne EFG Hermès.
"Depuis deux ans, le travail sur les projets n'a pas cessé malgré les difficultés politiques, même pendant la crise de Gaza", a insisté Henri Guaino, conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy et chef de la mission interministérielle UPM.
"L'UPM est toujours bien vivante (...), au bout de deux ans elle s'installe dans la durée, avec le soutien non seulement des Etats mais des sociétés civiles", a-t-il estimé.
Source Lesechos.fr - le 27 mai 2010
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Femme et consommation durable, thème d’un séminaire à Tunis

Un séminaire sur le thème "Femme et consommation durable" sera organisé, vendredi, à Tunis, par le Centre des femmes arabes pour la formation et la recherche (cawtar). Des représentants de structures publiques et de la société civile de Tunisie, d'Egypte et d'Italie prendront part à cette rencontre.
A l'ordre du jour, la présentation des résultats de la recherche menée par Cawtar sur le rôle des femmes dans la consommation durable dans la rive sud de la Méditerranée. Cette recherche s'inscrit dans le projet "Analyse et définition des modèles pour l'éducation à la consommation durable par les femmes des pays du sud de la Méditerranée".
Elle part de la conviction que la garantie d'un environnement durable exige l'adoption de comportements de consommation et de production adaptés. A cet effet, les femmes ont un rôle à jouer dans le changement des comportements du fait de leur participation à la gestion des affaires de la famille et, notamment, les achats et la consommation des ménages.
Source TAP - le 27 mai 2010
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mercredi 26 mai 2010

Transgreen illumine la réunion des ministres de l'énergie de l'UpM

Le projet Transgreen ambitionne de créer les réseaux de transports de la future électricité verte de sa zone de production en Afrique jusqu'à l'Europe.
Présenté officiellement le 25 mai 2010 lors de la réunion des ministres de l'énergie de l'UpM au Caire, le projet Transgreen n'en est encore qu'à ses balbutiements.

Transgreen s'intègre au Plan solaire méditerranéen (PSM) lancé par l'Union pour la Méditerranée (UpM) et qui prévoit , de développer une puissance de 20 GW d'énergies renouvelables sur l'ensemble du pourtour du bassin méditerranée.
Déjà évoqué lors de la réunion de Valence (Espagne) sur le PSM les 11 et 12 mai 2010, Transgreen vise, sous l'impulsion des Français, à créer les réseaux de transports de la future électricité verte (solaire et éolienne) de sa zone de production en Afrique jusqu'à l'Europe.
"L'objectif est de donner à court terme une feuille de route sur le premier maillage d'un réseau de 5 000 MW" expliquait Antoine Tristan Mocilnikar, responsable environnement et développement durable à la Mission UpM à Valence le 10 mai 2010 lors de la réunion de la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat) sur l'énergie organisée par la Banque européenne d'investissement (BEI).
Transgreen entend regrouper un consortium de fournisseurs d'électricité, gestionnaires de réseau électrique et fabricants de matériel.
Principaux moteurs, le Français EDF et l'allemand Siemens qui vient juste d'annoncer sa volonté de rejoindre le consortium.


Transgreen se veut complémentaire à Desertec
Transgreen arrive en écho à Desertec. Beaucoup plus avancé, ce projet allemand porté désormais par dix-sept partenaires dont l'américain First-solar, l'italien Enel et le français Saint-Gobain, ambitionne de créer un vaste réseau d'installations éoliennes et solaires dans les déserts d'Afrique du nord et du Moyen-Orient. Ses promoteurs envisagent de fournir, d'ici quatre décennies, jusqu'à 15% de la consommation d'électricité de l'Europe.
Loin d'être concurrent, Transgreen pourrait jouer la complémentarité avec Desertec en assurant le transport sur la rive nord d'une partie de cette énergie produite au Sud.
Actuellement, l'Afrique du nord et l'Europe ne sont reliées énergetiquement que par une double ligne sous-marine en courant alternatif ( 1 400 MW) entre le Maroc et l'Espagne via le détroit de Gibraltar.
La BEI est actuellement en discussion avec l'Office national d'Electricité du Maroc (ONE) pour créer une troisième interconnexion électrique entre les deux pays.
Un projet, Elmed, mené par les opérateurs italien et tunisien Terna et STEG depuis juin 2007, prévoit lui de réaliser, à l'horizon 2016, une liaison sous-marine d'une capacité de 1 000 MW entre le Cap Bon (Tunisie) et la Sicile (Italie).
Par Frédéric Dubessy - Econostrum.info - le 25 mai 2010

Les Ateliers du Management du Patrimoine Méditerranéen

Le tourisme patrimonial : un acteur de développement
Le 25 mai 2010 au Carrousel du Louvre se tiennent les premiers Ateliers du management du patrimoine méditerranéen. Les pays méditerranéens et la société civile se mobilisent pour promouvoir le tourisme patrimonial en tant qu’acteur de développement lors de rencontres, d’échanges et de débats.

Avec 298 millions d’arrivées internationales en 2008, soit 32,4% du tourisme mondial, la Méditerranée est la 1ere destination touristique du monde générant 10 millions d’emplois directs. Elle regroupe une très forte concentration de sites du patrimoine mondial de l’UNESCO : 384 sur les 890 inscrits.
Les sites du patrimoine mondial en Europe sont essentiellement utilisés comme attractions touristiques, mais peu d’entre eux ont une stratégie de tourisme établie.
La formation des gestionnaires de sites du patrimoine est donc d’une importance capitale et doit se concentrer sur la gestion intégrée et l’utilisation durable du patrimoine. S’ils sont bien gérés, les sites du patrimoine, richesses du passé et vecteurs d’avenir, pourraient devenir des leviers de développement et augmenter les revenus des populations locales.
Comment utiliser le tourisme comme une force positive, comment échanger les meilleures pratiques de management de sites entre les pays ? Comment créer de nouveaux métiers pour l’implication des populations et l’insertion professionnelle des jeunes ? Autant de questions abordées lors de cette journée.
Par ailleurs, l’attractivité touristique de la Méditerranée est inégale entre la rive Nord et la rive Sud, car la France, l’Italie et l’Espagne en drainent 60 %. Ces premiers ateliers seront l’occasion de rencontres et de prises de parole des pays et des experts du Nord et du Sud de la Méditerranée, sur un plan égalitaire, afin de créer un cercle vertueux de partage d’expériences dans le cadre du rapprochement des cultures.
Des hauts représentants institutionnels des pays, ainsi que des experts de la société civile et du monde scientifique présenteront des approches innovantes qui pourraient être autant de modèles de management, pour trouver des solutions et des métiers nouveaux, aptes à favoriser le développement économique autour des sites.
A l’issu de la journée, des bourses seront remises aux lauréats car la professionnalisation des métiers du patrimoine représente un potentiel d’avenir pour l’insertion professionnelle des jeunes.


Thèmes abordés : valorisation du patrimoine dans le cadre d’un développement touristique durable des territoires méditerranéens, défis de l’attraction touristique, du changement climatique, approche du patrimoine subaquatique, implication des populations, ingénierie touristique, mécanismes de la gestion financière et de la gouvernance, professionnalisation des métiers du tourisme patrimonial.

Parmi les intervenants : Augustin de Romanet de Beaune, Directeur Général de la Caisse des Dépôts et de Consignation, Mohamed El Aziz Ben Achour, Directeur Général de l’ALECSO, Yves Coppens, Président de Vocations Patrimoine, Renaud Muselier, Président du Conseil Culturel de l’Union pour la Méditerranée, Michèle Pappalardo, Commissaire générale au développement durable, Jean Jouzel, membre du bureau du GIEC et co-lauréat du prix Nobel de la Paix 2007, Azedine Beschaouch, ancien président du Comité du Patrimoine Mondial, ancien maire de Carthage, Francesco Bandarin, Directeur du Centre du Patrimoine Mondial, Michel L’Hour, Directeur du DRASSM, Jean-Michel Couve, Député du Var en charge du tourisme au Conseil culturel de l’UpM, Anne Vourch, Directrice du Réseau des Grands sites de France, Gilles Pennequin, Responsable-adjoint Développement durable à la Mission Union pour la Méditerrané, Hervé Barré, Responsable du Tourisme Durable à l’UNESCO, Michèle Gendreau-Massaloux, responsable du pôle formation, enseignement supérieur et recherche à la mission de l’UpM, Naguib Amin, Expert subaquatique en Egypte, Mounir Neamatalla, Directeur de l’Oasis de Siwa en Egypte…

Les Ateliers du Management du Patrimoine Méditerranéen
Cette initiative a été lancée par Vocations Patrimoine. Cette ONG vise à promouvoir dans chaque pays son patrimoine culturel dans une optique socio économique. A cette fin, elle encourage des formations managériales adaptées aux sites à fort potentiel touristique en octroyant des bourses d’étude ou de stage sur critère d’excellence. En 2010, sous l’impulsion de la Caisse des Dépôts et de l’Union pour la Méditerranée, Vocations Patrimoine focalise son action sur la Méditerranée dans le cadre de la coprésidence de l’Union pour la Méditerranée. Cette manifestation est placée sous les hauts patronages de Monsieur le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, de Monsieur le Président de la République arabe d’Egypte Hosni Moubarak, de Monsieur le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso, de Madame la Directrice Générale de l’UNESCO Irina Bokova, de Monsieur le Directeur Général de l’ALECSO Mohamed El Aziz Ben Achour.
Les Ateliers du Management du Patrimoine Méditerranéen se tiennent avec le soutien de la Caisse des Dépôts, de la Mission de l’Union pour la Méditerranée, des Ministère français de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, des Affaires étrangères et européenne, de la Culture et de la Communication, du Secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et de l’Enseignement supérieur.
Source Vdcom.ch - le 25 mai 2010
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Résolution du Parlement européen du 20 mai 2010 sur l'Union pour la Méditerranée (2009/2215(INI))

Le Parlement européen ,
– vu la déclaration de Barcelone adoptée lors de la conférence euro-méditerranéenne des ministres des affaires étrangères qui s'est tenue à Barcelone les 27 et 28 novembre 1995, établissant un partenariat euro-méditerranéen,
– vu la communication de la Commission au Parlement européen et au Conseil intitulée "Le processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" (COM(2008)0319),
– vu l'approbation par le Conseil européen de Bruxelles des 13 et 14 mars 2008 du processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée,
– vu la déclaration du sommet de Paris pour la Méditerranée tenu à Paris le 13 juillet 2008,
– vu la déclaration finale de la réunion des ministres des affaires étrangères de l'Union pour la Méditerranée tenue à Marseille les 3 et 4 novembre 2008,
– vu les déclarations du Bureau de l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne (APEM) de Paris (12 juillet 2008), du Caire (22 novembre 2009) et de Rabat (22 janvier 2010),
– vu les conclusions de la réunion inaugurale de l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) de Barcelone du 21 janvier 2010,
– vu la déclaration finale du sommet euro-méditerranéen des Conseils économiques et sociaux et des institutions similaires d'Alexandrie du 19 octobre 2009,
– vu ses résolutions précédentes sur la politique méditerranéenne de l'Union européenne, et notamment celles du 15 mars 2007(1) et du 5 juin 2008(2) , et sa résolution sur le processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée, du 19 février 2009(3) ,
– vu les conclusions de la deuxième conférence ministérielle euro-méditerranéenne sur le renforcement du rôle des femmes dans la société, qui s'est tenue à Marrakech les 11 et 12 novembre 2009,
– vu sa résolution du 15 novembre 2007 sur le renforcement de la politique européenne de voisinage(4) ,
-- vu les recommandations des commissions de l'APEM adoptées lors de la 6e session plénière tenue à Amman les 13 et 14 mars 2010,
-- vu la recommandation de l'APEM adoptée le 13 octobre 2008 en Jordanie et transmise à la première réunion des ministres des affaires étrangères du processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée de Marseille,
– vu les statuts du secrétariat général de l'Union pour la Méditerranée adoptés le 3 mars 2010,
– vu l'article 48 de son règlement,
– vu le rapport de la commission des affaires étrangères et les avis de la commission du commerce international ainsi que de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (A7-0133/2010),
A. considérant que le bassin méditerranéen est une région d'importance cruciale pour l'UE et que, dans un monde multipolaire et interdépendant, les grands ensembles régionaux intégrés seront plus aptes à relever les défis sociaux, culturels, économiques, environnementaux, démographiques, politiques et de sécurité,
B. considérant que l'Union européenne doit adopter une vision stratégique qui prenne en compte l'ensemble de ces défis dans ses relations avec ses voisins méridionaux, avec pour priorité le développement social, économique et démocratique de la région,
C. considérant que, conformément à l'article 8 du traité UE, l'Union développe avec les pays de son voisinage des relations privilégiées, en vue d'établir un espace de prospérité et de bon voisinage, fondé sur les valeurs de l'Union et caractérisé par des relations étroites et pacifiques reposant sur la coopération,
D. considérant que l'Union pour la Méditerranée (UpM) permet de renforcer davantage la dimension régionale et multilatérale des relations euro-méditerranéennes et de relancer une perspective de construire un espace de paix, de sécurité et de prospérité pour 800 millions d'habitants, et offre le cadre idéal pour relever les défis socio-économiques, promouvoir l'intégration régionale et garantir le co-développement des États partenaires,
E. considérant que la politique de voisinage, en privilégiant l'approfondissement de relations bilatérales différenciées, ne permet pas à elle seule de contribuer à un processus commun d'intégration et de réformes significatives dans la région; considérant dans ce cadre l'opportunité, offerte par la mise en place de l'UpM, de renforcer la complémentarité entre les politiques bilatérales, d'une part, et régionales, d'autre part, afin de répondre plus efficacement aux objectifs de la coopération euro-méditerranéenne, fondés sur la reconnaissance mutuelle de valeurs communes telles que la démocratie, l'État de droit, la bonne gouvernance et le respect des droits de l'homme; considérant qu'il convient d'insister pour que les États membres s'engagent à mener la politique européenne de voisinage (PEV) de manière cohérente et crédible conformément à l'article 8 du traité UE,
F. considérant qu'il est indispensable de prendre appui sur les acquis du processus de Barcelone dont les objectifs et les réalisations doivent être renforcés par l'UpM, conformément à la déclaration de Paris du 13 juillet 2008, et de ne pas multiplier ni superposer les instruments politiques et les niveaux institutionnels déjà existants afin de garantir l'efficacité et la cohérence des nombreux instruments de la coopération euro-méditerranéenne,
G. considérant que depuis une quinzaine d'années, les pays méditerranéens connaissent une diversification rapide de leurs relations commerciales et économiques (par exemple avec la Russie, la Chine, le Brésil, les États du Golfe) et que leurs sociétés font l'objet de transformations substantielles (modes de consommation, mobilité, transition démographique, etc.) qui ne sont pas sans conséquences sur les équilibres internes, notamment territoriaux,
H. considérant que les échanges culturels limités ne peuvent rapprocher à eux seuls les peuples de la Méditerranée, et que l'Europe perd progressivement son influence culturelle auprès de ses partenaires méditerranéens,
I. considérant l'importance des disparités croissantes entre les États membres de l'Union européenne et les pays tiers méditerranéens ainsi que les difficultés structurelles préoccupantes, d'ordre socio-économique et institutionnel, qui appellent des réponses communes fortes dans l'intérêt partagé de tous les États membres de l'UpM; considérant que le potentiel de croissance économique des pays tiers méditerranéens encourage cette perspective; considérant la nécessité d'une intégration Sud-Sud améliorée,
J. considérant que le contexte régional dans lequel prend forme l'UpM reste marqué par des conflits et des tensions politiques qui ont miné et ralenti sa mise sur pied depuis le sommet de Paris de juillet 2008; considérant que le processus de paix au Proche-Orient est aujourd'hui au point mort,
K. considérant que les effets de la crise économique et financière sont venus s'ajouter aux défis politiques, économiques et sociaux déjà présents dans les pays partenaires, et plus particulièrement à ceux relatifs au problème du chômage; considérant qu'il est dans l'intérêt de tous, tant de ces pays que de l'UE, de réduire les taux de chômage dans la région et d'offrir à sa population, et notamment aux femmes, aux jeunes et à la population rurale, un espoir pour l'avenir,
L. considérant que la reprise du processus de paix au Proche-Orient et les perspectives concrètes d'une solution globale durable sont primordiales pour le développement des relations euro-méditerranéennes ainsi que pour le bon fonctionnement et la mise en œuvre des projets de l'UpM,
M. considérant que les deux innovations majeures de l'UpM, l'une institutionnelle (coprésidence, comité conjoint permanent, secrétariat de l'UpM), l'autre opérationnelle (projets intégrateurs), doivent fonctionner de manière efficace et transparente de manière à améliorer les conditions de vie des citoyens, principaux bénéficiaires de ce projet,
N. considérant que le secrétariat général est appelé à devenir la cheville ouvrière du dispositif, que son efficacité dépendra de la capacité de son personnel à travailler de manière indépendante et que, par ailleurs, la présence d'un haut fonctionnaire israélien et d'un haut fonctionnaire palestinien coopérant au sein d'une organisation internationale à échelle régionale est un fait inédit et porteur d'espoir,
O. considérant que les régions méditerranéennes sont directement concernées par des enjeux transnationaux tels que le développement durable, la sécurité de l'approvisionnement énergétique, les flux migratoires, les échanges culturels et le tourisme, et qu'elles sont également confrontées à des problématiques transfrontalières, telles que la gestion de l'eau et l'accès à cette dernière, la pollution, le développement des réseaux de transports, et que, dès lors, les autorités locales et régionales constituent des relais d'accompagnement clés dans l'émergence de politiques territoriales durables adaptées aux particularités locales et pour la réalisation des projets concrets et inclusifs,
P. considérant l'enjeu majeur que constitue l'agriculture dans les pays méditerranéens, du fait de son poids socio-économique, de ses incidences environnementales et de ses implications en matière d'équilibre territorial,
Q. considérant que 60 % de la population mondiale pauvre en eau est concentrée dans le sud du bassin méditerranéen et au Proche-Orient et que d'ici à 2025, 63 millions de personnes pourraient, selon les rapports du PNUD sur le monde arabe et du Plan bleu, se retrouver en situation de pénurie d'eau,
R. rappelle la décision prise par la conférence ministérielle de l'UpM qui s'est tenue le 4 novembre 2008 à Marseille de réduire la fracture numérique entre les deux rives de la Méditerranée, qui a donné lieu à la proposition BB-MED (large bande pour la Méditerranée),
S. considérant que depuis le sommet de Paris, les projets annoncés dans le cadre de l'UpM souffrent à ce stade d'un sous-financement global qui risque de retarder leur mise en place,
T. considérant l'importance des flux migratoires et des différents défis qu'ils soulèvent de part et d'autre de la Méditerranée sur le plan humain, social, culturel et économique,
U. considérant l'importance majeure des flux de capitaux constitués par les fonds que versent les migrants aux populations de pays de la rive sud,
V. considérant l'entrée en vigueur récente du traité de Lisbonne et les changements institutionnels qu'il a induits, d'une part, et les interrogations persistantes relatives au fonctionnement et au financement de l'UpM, d'autre part, qui rendent essentiel pour le Parlement européen de suivre au plus près les développements de l'UpM afin d'apporter sa contribution à la pleine réussite du sommet de Barcelone,

1. demande aux chefs d'État et de gouvernement de l'UpM qui se réuniront à Barcelone le 7 juin prochain de tout mettre en œuvre pour faire de ce rendez-vous, après deux années difficiles, une réussite pour la mise en route des institutions de l'UpM et la mise en œuvre des grands projets et progresser dans tous les chapitres de la coopération euro-méditerranéenne;
2. reste, malgré la création de l'UpM, préoccupé par l'absence de définition claire de la politique méditerranéenne de l'UE et de vision stratégique à long terme pour le développement et la stabilisation de la région; insiste sur la nécessité que le processus d'intégration euro-méditerranéen redevienne une priorité politique dans l'agenda de l'UE;
3. invite les gouvernements des pays membres de l'UpM à réviser en profondeur et à intensifier le dialogue politique; insiste sur le fait que le respect et la compréhension mutuels constituent des éléments essentiels de ce dialogue et rappelle que la promotion et le respect de la démocratie, de l'état de droit et des droits de l'homme, qu'ils soient civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels ainsi que des droits collectifs, doivent être clairement inscrits dans les objectifs de cette nouvelle initiative, notamment par le renforcement des mécanismes existants; insiste dans ce cadre sur l'importance du respect des libertés d'expression, de pensée et de croyance ainsi que sur la nécessité de garantir les droits des minorités, y compris religieuses; souligne que les droits des femmes, l'égalité des genres et la lutte contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle exigent une attention particulière; réaffirme son soutien aux organisations politiques démocratiques et de la société civile sur la rive sud de la Méditerranée et rend hommage au travail de qualité réalisé par les organisations de femmes;
4. est d'avis que les tensions politiques et les conflits régionaux en Méditerranée ne doivent pas freiner la possibilité d'avancer concrètement vers des coopérations sectorielles et multilatérales, et que c'est à travers la réalisation des grands projets intégrateurs et un dialogue politique ouvert que l'UpM contribuera à développer un climat de confiance propice à la poursuite des objectifs de justice et de sécurité commune, dans un esprit de solidarité et de paix; souligne toutefois qu'il ne pourra y avoir de succès plein et entier de l'UpM sans une résolution des différents conflits régionaux dans le respect du droit international, faisant de la Méditerranée un seul rivage de paix;
5. insiste sur l'urgence de parvenir à une solution juste et durable du conflit au Proche-Orient et plaide pour un engagement déterminé de l'UE et de tous les pays membres de l'UpM en ce sens; réitère son appel à la reprise de négociations sérieuses dans le cadre du processus de paix, en vue d'aboutir à la coexistence de deux États, un État palestinien indépendant, démocratique et viable, et l'État d'Israël, vivant côte à côte dans la paix, la sécurité et des frontières internationalement reconnues; encourage la contribution importante que l'UpM peut apporter à l'amélioration des relations entre Israël et l'Autorité nationale palestinienne, notamment grâce à la coopération entre les représentants israéliens et palestiniens en son sein;
6. déplore que le processus de décolonisation du Sahara occidental ne soit pas encore achevé;
7. se félicite de la nomination du secrétaire général et de l'adoption des statuts du secrétariat et recommande, en vue du sommet de Barcelone, que la définition de l'architecture institutionnelle et fonctionnelle de l'UpM soit parachevée selon les axes suivants:
– doter le secrétariat de moyens adéquats autant financiers que statutaires, lui permettant de fonctionner d'une manière efficace et indépendante; insister sur l'urgence de rendre le secrétariat pleinement opérationnel et sur la nécessité de sélectionner son personnel sur le critère du mérite, en accordant une attention particulière aux principes de distribution géographique et d'égalité des genres;
– clarifier les critères de décision, de financement et de mise en œuvre des grands projets, en particulier la définition des priorités pour les trois prochaines années;
– assurer, du côté des participants européens (États membres, Conseil et Commission), une représentation commune conforme au traité de Lisbonne, et favoriser en même temps une participation active de tous les pays tiers méditerranéens;
– veiller à la légitimité démocratique de l'UpM en confirmant l'APEM comme partie intégrante de l'architecture institutionnelle;
– renforcer la coordination avec les projets et les programmes communautaires approuvés par les conférences ministérielles spécialisées en tenant tout particulièrement compte des possibilités de synergie;
– permettre des coopérations à géométrie variable, ouvertes aux pays et aux institutions multilatérales souhaitant travailler ensemble sur des projets d'intérêt commun;
– garantir une bonne coopération entre le secrétariat et la Commission européenne, ainsi qu'une délimitation claire de leurs compétences; prier la Commission de collaborer activement à l'UpM et demander plus de clarté quant à sa participation à cette nouvelle structure institutionnelle;
– développer des actions de communication pour garantir la visibilité des activités de l'UpM; informer les citoyens sur les grands projets et les avancées de l'UpM notamment via un site Internet complet et enrichi;
– veiller à la légitimité démocratique de l'UpM de telle manière que les décisions soient prises dans la transparence, en associant le Parlement européen, l'APEM et les parlements nationaux au processus décisionnel; souligner que l'APEM devrait être reconnue comme partie intégrante de l'UpM en tant que volet parlementaire;
– assurer le dialogue avec toutes les parties prenantes (autorités locales et organisations de la société civile) et leur association au processus décisionnel relatif aux principaux projets;
8. rappelle que le sommet de Paris a arrêté six grands secteurs stratégiques horizontaux (la protection civile, les autoroutes de la mer et les autoroutes terrestres, la dépollution de la Méditerranée, le plan solaire méditerranéen, l'Initiative pour l'expansion des affaires en Méditerranée et l'université euro-méditerranéenne), dont une majorité fait déjà l'objet de projets engagés dans le cadre du partenariat EuroMed; souligne dès lors l'importance d'une évaluation minutieuse des programmes régionaux et des moyens déjà mis en œuvre dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen et souhaite que la sélection des projets financés dans le cadre de l'UpM repose sur le critère de la valeur ajoutée au niveau tant régional que local; plaide pour la mise en œuvre rapide de ces projets prioritaires;
9. estime essentiel que les financements des projets prévus par des montages de fonds publics et privés soient garantis, accrus et mobilisés; dans ce cadre:
– invite les membres de l'UpM à doter les projets de fonds à la hauteur des enjeux et attend un engagement historique des participants au sommet de Barcelone;
– insiste pour que, dans la période précédant la conclusion des perspectives financières 2007-2013, tout apport financier de l'Union se fasse sans porter préjudice aux programmes régionaux euro-méditerranéens en cours ou prévus; souligne la nécessité d'un renforcement considérable des moyens destinés au volet méridional de la politique européenne de voisinage ainsi que des contributions de l'UE aux projets de l'UpM dans les nouvelles perspectives financières 2014-2020 de l'UE, tout en tenant compte des effets de la crise économique et financière;
– salue l'action d'institutions financières nationales, européennes (BEI-FEMIP, BERD) et internationales (Banque mondiale) qui opèrent déjà dans la région; insiste sur la nécessité de trouver des synergies autour des grands projets et propose la création d'une banque euro-méditerranéenne d'investissement et de développement pour renforcer le caractère paritaire Nord-Sud de l'UpM;
– insiste sur le rôle de la Banque européenne d'investissement (BEI), qui assure la coordination de trois des six projets prioritaires (la dépollution de la Méditerranée, le plan solaire et les autoroutes maritimes et terrestres);
– souligne la nécessité de créer les conditions d'une plus grande coopération et d'une meilleure intégration financière et économique entre les pays membres de l'UpM, et plus particulièrement entre les pays de la rive Sud;
– se félicite du lancement récent de fonds d'investissement destinés au financement des projets de l'UpM, parmi lesquels le fonds InfraMed, consacré aux projets d'infrastructures, et invite les différents acteurs à favoriser le développement d'initiatives similaires et à promouvoir la coopération entre investisseurs, en particulier, entre investisseurs de long terme;
– souhaite la mise en place de fonds d'investissement destinés au financement des projets des collectivités locales et régionales en matière de développement durable;
10. encourage à œuvrer à l'amélioration de l'environnement économique et juridique des pays tiers, avec pour priorité la mise en place d'institutions financières sous-régionales viables et crédibles, à même d'attirer les investissements étrangers; appelle également de ses vœux:
– la mise en place d'une charte de protection des investissements commune aux pays tiers méditerranéens qui permettrait d'harmoniser et d'améliorer cette protection des investissements et de les encourager;
– la création d'un système d'assurance et de garantie financière pour les investisseurs, inspiré du système de l'Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA) et adapté au contexte euro-méditerranéen;
– des réformes visant à alléger les contraintes administratives et notamment à améliorer et à simplifier l'exécution des contrats;
– la promotion d'une harmonisation progressive et effective des législations du travail respectant des droits des travailleurs dans les pays membres de l'UpM;
– l'amélioration de l'accès au crédit pour les PME ainsi que de l'offre en matière de formules de crédit et de microcrédits;
11. souhaite une amélioration de l'environnement économique et juridique de la région, garantie indispensable pour des investissements futurs; insiste sur l'objectif de développement des ressources humaines et de l'emploi, conformément aux objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la lutte contre la pauvreté; souligne que le maintien et le développement de services publics solides constituent un autre élément essentiel pour garantir le développement durable de la région;
12. estime qu'une coopération économique bilatérale et multilatérale Sud-Sud accrue générerait de véritables bénéfices pour les citoyens et améliorerait le climat politique dans la région;
13. insiste sur la nécessité vitale de développer les échanges Sud-Sud, ceux-ci ne représentant que 6 % des échanges commerciaux, et donc d'agir pour étendre l'accord d'Agadir; rappelle l'intérêt de ces pays à intensifier leurs relations et leurs échanges afin de constituer un pôle économique uni, fort et attractif pour les investisseurs, à même de défendre les intérêts de la région et de valoriser son développement; souligne que l'UpM doit permettre de répondre plus facilement aux demandes d'assistance technique et financière afin de promouvoir l'intégration économique Sud-Sud; considère que l'extension et la simplification du cumul d'origine pan-euro-méditerranéen pourrait aider à y parvenir;
14. souligne l'importance des négociations qui sont en cours au sujet de la zone de libre-échange Europe-Méditerranée et engage les pays membres de l'UpM à s'employer à harmoniser leurs positions dans le contexte des négociations de l'OMC;
15. demande à la Commission de prendre en compte, lors des négociations d'accords commerciaux, les résultats des études d'impact existantes et d'évaluer les effets sociaux et environnementaux du processus de libéralisation au vu du changement climatique et de la crise économique et sociale et d'en permettre une application progressive et asymétrique en protégeant, sur les deux rives de la Méditerranée, les productions similaires, pour lesquelles la concurrence présente le risque le plus important eu égard à l'évolution du processus de libéralisation; demande à l'UpM de sélectionner les projets principalement en fonction des besoins sociaux et économiques et de la nécessité de réduire l'impact sur l'environnement;
16. souhaite que les accords d'association soient révisés en tenant compte des besoins nouveaux liés à la crise financière, économique et sociale, et aux crises alimentaires et énergétiques; rappelle que l'un des objectifs principaux de la création d'une zone euro-méditerranéenne de libre-échange doit rester celui d'un commerce au service du développement et de la réduction de la pauvreté, et espère que la feuille de route du Sommet ministériel du 9 décembre 2009 permettra d'atteindre cet objectif;
17. regrette que les aspects socio-économiques, commerciaux et énergétiques, tels que les investissements directs étrangers, l'emploi, l'efficacité énergétique, l'économie informelle ou la réduction de la pauvreté, aient été négligés dans la déclaration de Paris et demande qu'il y soit remédié lors du sommet de Barcelone;
18. rappelle que les politiques migratoires constituent une des priorités du partenariat euro-méditerranéen et invite les États et les institutions membres de l'UpM à accorder une attention particulière à la gestion coordonnée des flux migratoires; souligne que la construction de l'UpM est indissociable d'une mise en valeur des ressources humaines et des échanges entre les populations du bassin méditerranéen et encourage, outre la régulation des flux et la lutte contre l'immigration clandestine, la facilitation progressive d'une libre circulation entre les deux rives, le renforcement des dispositifs d'intégration des migrants, l'élaboration de politiques actives en faveur de l'emploi, et l'amélioration des conditions d'exercice du droit d'asile ; considère qu'il convient d'assurer la continuité de la conférence ministérielle Euromed sur les migrations qui s'est tenue à Albufeira les 18 et 19 novembre 2007;
19. invite les membres de l'UpM à faciliter les transferts de fonds versés par les migrants aux populations de leur pays d'origine, notamment en œuvrant à la réduction des coûts qu'ils occasionnent;
20. rappelle l'importance du quatrième chapitre de la coopération euro-méditerranéenne (relatif aux migrations, à l'intégration sociale, à la justice et à la sécurité) et souligne la nécessité, pour l'UpM, de promouvoir la coopération dans le cadre de ce chapitre;
21. insiste sur l'importance stratégique des enjeux de l'agriculture, du développement rural, de l'adaptation au changement climatique, de l'utilisation rationnelle de l'eau et de l'énergie dans les pays méditerranéens et demande de faire de la coopération en matière agricole une priorité politique; encourage les États de l'UpM à avancer le plus possible vers une harmonisation de leurs positions dans le cadre des négociations de l'OMC et à progresser vers une plus grande convergence des politiques agricoles euro-méditerranéennes notamment en matière de respect de normes sociales appropriées, de sécurité alimentaire, phytosanitaire et environnementale, et de qualité des produits; estime que ces politiques devront intégrer les exigences d'un développement durable (y compris la préservation des ressources naturelles), permettant à terme l'émergence de marchés régionaux, tout en prenant en considération la situation particulière et concurrentielle des agriculteurs méditerranéens, ainsi que le nécessaire maintien d'un secteur agricole fort;
22. souligne la nécessité de mettre en place une politique régionale agricole, selon la feuille de route euro-méditerranéenne pour l'agriculture, qui préserve la production alimentaire locale et la sécurité alimentaire, et promeuve la production, la distribution et la diversification des produits typiques méditerranéens, le développement des petites et moyennes exploitations, et qui soit adaptée au développement durable; demande à la Commission, compte tenu de l'insécurité alimentaire croissante dans de nombreux pays méditerranéens partenaires, d'accepter les demandes d'extension des sauvegardes émanant de partenaires ainsi que les procédures de mise en œuvre accélérée en période de crise alimentaire;
23. réaffirme son soutien à la dimension environnementale de l'UpM et rappelle l'importance de l'initiative euro-méditerranéenne pour la dépollution de la Méditerranée; se réjouit, à cet égard, du lancement de la deuxième phase du programme d'investissement pour l'élimination des principales sources de pollution en Méditerranée - mécanisme de financement de la préparation et de la mise en œuvre des projets (MeHSIP PPIF); considère qu'il est urgent de progresser dans le domaine spécifique de la prévention de la pollution marine et que la mer Méditerranée doit faire l'objet d'une attention particulière en tant que mer fermée; précise que tous les projets UpM devraient être prévus et exécutés en cohérence avec les programmes existants relatifs, notamment, au plan d'action pour la Méditerranée du PNUE pour la convention de Barcelone;
24. invite les États partenaires, dans le cadre des grands projets de l'UpM sur les transports terrestres et maritimes, à améliorer les infrastructures afin d'assurer une meilleure circulation des personnes et des marchandises en Méditerranée et de favoriser une politique des transports prenant en considération les exigences de développement durable, de réductions des émissions de gaz à effet de serre, d'efficacité énergétique et d'intermodalité; souligne que de tels efforts doivent être réalisés en lien notamment avec la politique environnementale, industrielle, de santé publique et d'aménagement du territoire; insiste sur la nécessité de développer les projets d'autoroutes de la mer afin d'encourager les reports modaux et de créer des voies de navigation commerciales sûres, propres et durables;
25. estime que le renforcement des infrastructures portuaires et de transport terrestre peut constituer un facteur de développement économique et contribuer à stimuler les échanges commerciaux entre les pays euro-méditerranéens;
26. souligne la nécessité de renforcer la collaboration dans le domaine de l'énergie et appelle à la mise en œuvre immédiate de plans de développement qui favoriseront la différenciation des sources et des voies d'approvisionnement énergétique, contribuant ainsi de manière décisive à la sécurité énergétique dans la région de la Méditerranée;
27. rappelle le grand potentiel des sources d'énergie renouvelables, notamment éolienne et solaire, de la région euro-méditerranéenne; soutient une mise en œuvre rapide et coordonnée du Plan solaire méditerranéen, dont l'objectif principal est la mise en place, d'ici 2020, de 20 GW de capacités nouvelles de production d'énergie renouvelable en Méditerranée, et d'initiatives industrielles telles que DESERTEC, ainsi que l'adoption d'une stratégie euro-méditerranéenne pour l'efficacité énergétique; souhaite que les projets répondent prioritairement aux besoins des pays fournisseurs et souligne à ce titre les retombées en matière de développement économique pour les pays partenaires du renforcement, en particulier sur la rive Sud, des infrastructures de réseau, de la mise en place progressive d'un marché régional interdépendant et de la création d'un nouveau secteur industriel lié par exemple à la fabrication de composants solaires;
28. demande que l'initiative le "solaire pour la paix" soit promue et appuyée dans le cadre du projet d'intégration du marché énergétique euro-méditerranéen (MED-EMIP);
29. préconise que les pays participant au processus euro-méditerranéen adhèrent à l'initiative "smart cities " envisagée dans le plan stratégique pour les technologies énergétiques;
30. soutient la promotion des interconnexions trans euro-méditeranéennes dans les secteurs de l'électricité, du gaz et du pétrole afin d'améliorer la sécurité de l'approvisionnement en énergie; souligne qu'il importe d'achever la boucle méditerranéenne de l'électricité et appuie le développement d'un corridor gazier méridional; encourage l'utilisation des flux inverses là ou cela se justifie en termes de sécurité, de rentabilité et de viabilité;
31. souligne que les objectifs 20-20-20 en matière de climat auront des effets sensibles sur la demande de gaz, ce qui signifie que la création d'un plan d'action GNL pour les pays membres de l'UpM accroîtrait la diversité et la sécurité de l'approvisionnement, en particulier pour les pays qui sont dépendants de fournisseurs uniques;
32. souligne l'importance du progrès de la technologie GNL et des investissements dans les capacités de transport ainsi que de terminaux de regazéification; fait observer que, à côté du développement des infrastructures, la sécurité maritime constitue aussi une nécessité;
33. insiste sur l'urgence de développer des coopérations renforcées dans le domaine de la protection civile en Méditerranée pour lutter contre les catastrophes naturelles, notamment les séismes, les inondations et les incendies de forêt; encourage la création d'un institut euro-méditerranéen des feux de forêt;
34. insiste sur l'importance de développer dans le cadre de l'UpM de nouveaux projets consacrés à l'enseignement, aux échanges scolaires et universitaires et à la recherche, en tant que facteurs de rapprochement et de développement des peuples des rives de la Méditerranée; estime prioritaire, avec l'implication active de la société civile, la création d'un véritable espace euro-méditerranéen de l'enseignement supérieur, de la science et de la recherche et, à cet égard:
– se félicite de la création de l'université euro-méditerranéenne EMUNI et invite les institutions partenaires à approfondir leur engagement dans le développement de ses activités;
– demande un renforcement des financements consacrés aux programmes d'échanges universitaires du type "Erasmus Mundus" et une meilleure information sur les programmes d'échanges existants; invite tout particulièrement à s'inspirer de l'expérience du programme européen Averroès;
– appelle de ses vœux la mise en place d'un Erasmus euro-méditerranéen junior ambitieux, permettant d'intensifier les échanges scolaires entre les États membres de l'UpM;
– demande une coopération plus structurée dans le domaine de l'enseignement supérieur et de la recherche pour encourager la reconnaissance mutuelle des diplômes, la mise en place de diplômes conjoints et d'écoles doctorales communes afin notamment d'accroître la mobilité des chercheurs, accompagnée de mesures pour lutter contre la fuite des cerveaux;
– souhaite qu'une attention particulière soit accordée au rapprochement des activités de formation, de recherche et d'innovation, avec un accent mis sur le dialogue universités-entreprises et sur les partenariats publics-privés dans le domaine de la recherche;
35. demande que de nouveaux projets visant à favoriser les échanges culturels et la compréhension mutuelle entre les sociétés soient très rapidement mis à l'ordre du jour de l'UpM, notamment au travers de l'adoption d'une stratégie euro-méditerranéenne en matière culturelle et du développement du dialogue interculturel et interreligieux; encourage la mise en œuvre des projets de la Conférence permanente de l'audiovisuel méditerranéen (COPEAM), et notamment celui d'une chaîne de télévision euro-méditerranéenne, ainsi que la réédition d'initiatives réussies telles que la Semaine arabe et EuroMedScola; salue l'action de la Bibliothèque d'Alexandrie, de l'Institut du monde arabe et de la Fondation Anna Lindh, et notamment l'organisation par cette dernière des journées du Forum pour le dialogue interculturel à Barcelone en mars 2010; demande aux pays et institutions membres de l'UpM de maintenir leur engagement dans le cadre de l'Alliance des civilisations de l'ONU;
36. salue le choix de la candidature de Marseille-Provence comme Capitale européenne de la culture en 2013, dont le projet est résolument tourné vers une dimension euro-méditerranéenne œuvrant au rapprochement des peuples des deux rives de la Méditerranée; souligne la vocation de ce projet culturel hautement symbolique à mener des actions concrètes et novatrices au service du dialogue des cultures de l'Europe et de la Méditerranée;
37. souligne qu'il importe d'élaborer des politiques industrielles de nature à accroître les économies d'échelle tout en soutenant les petites et moyennes entreprises et en renforçant les secteurs à haute technologie; invite les pays membres de l'UpM et les institutions à jouer un rôle actif dans l'aide aux PME, un accent particulier étant mis sur des services financiers efficaces ainsi que sur l'assistance technique et administrative, de manière à créer une base entrepreneuriale solide, en particulier dans les secteurs qui contribuent à la croissance économique dans les pays de la Méditerranée;
38. souligne que l'APEM a vocation à devenir l'assemblée parlementaire de l'UpM, garante de sa légitimité démocratique, et soutient la proposition de la 6e session plénière de l'APEM tenue à Amman les 13 et 14 mars 2010 afin que l'APEM soit rebaptisée Assemblée parlementaire - Union pour la Méditerranée (AP-UpM);
39. rappelle ses compétences dans la procédure budgétaire de l'Union européenne et insiste sur l'importance pour l'APEM d'exercer dès à présent des responsabilités plus importantes en assumant un rôle de consultation et de contrôle démocratique quant à la définition des axes de travail, au suivi régulier des projets engagés et à l'exécution budgétaire; invite les différentes commissions compétentes de l'APEM à procéder à l'audition régulière du secrétaire général et des secrétaires généraux adjoints; estime que cette responsabilisation devra toutefois aller de pair avec une amélioration du fonctionnement et des méthodes de travail de l'APEM, incluant l'octroi des moyens humains et financiers nécessaires ainsi qu'un meilleur alignement du travail de l'APEM sur celui des autres institutions de l'UpM; se félicite des décisions adoptées en ce sens lors de la 6e session plénière de l'APEM tenue à Amman les 13 et 14 mars 2010;
40. se félicite de la création récente de l'Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) et appelle à veiller à la bonne coordination des travaux de l'ARLEM avec ceux de l'APEM, notamment au moyen de réunions conjointes ou d'invitations réciproques des membres des bureaux respectifs aux réunions de travail; insiste sur l'intérêt de ces assemblées réunissant des élus des deux rives de la Méditerranée, qui favorisent les échanges de bonnes pratiques démocratiques;
41. insiste pour que la société civile, les partenaires sociaux et les nombreux réseaux professionnels et socioprofessionnels développés dans le cadre du partenariat euro-méditerranéen soient régulièrement consultés et associés aux activités et aux projets de l'UpM; et encourage:
– l'assemblée générale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires à étudier la mise en place d'un conseil économique et social euro-méditerranéen;
– le développement de projets facilitant les relations d'affaires, les investissements et les partenariats d'entreprises entre les deux rives de la Méditerranée, tel que le projet Invest in Med;
– la mise en réseau des chambres de commerces euro-méditerranéennes et des associations syndicales et patronales euro-méditerranéennes;
– l'élargissement aux organisations représentatives des PME du groupe de coopération industrielle chargé de mettre en œuvre la Charte euro-méditerranéenne pour l'entreprise afin qu'elle devienne l'outil permettant de lever les obstacles à la croissance et au développement des PME;
42. se réjouit de l'engagement réaffirmé à l'occasion de la 2e conférence ministérielle euro-méditerranéenne sur le renforcement du rôle de la femme dans la société (Marrakech, 11 et 12 novembre 2009), en vue de favoriser l'égalité de jure et de facto entre les femmes et les hommes, la lutte contre la violence faite aux femmes et le respect des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels tant des femmes que des hommes; demande avec insistance que des mesures concrètes soient prises en ce sens et recommande l'adoption d'un projet dans le cadre de l'UpM sur l'esprit d'entreprise chez les femmes et le renforcement de leur participation à la vie publique; rappelle sa position constante selon laquelle le respect des traditions et des coutumes ne peut servir de prétexte à la violation des droits fondamentaux des femmes;
43. invite le Conseil, la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l'UE, la Commission européenne et le Service européen pour l'action extérieure récemment créé à fournir les efforts nécessaires pour assurer la cohérence de l'UE dans la participation à l'UpM et à associer le Parlement européen à la définition de la politique européenne;
44. salue l'intégration récente dans l'UpM de pays des Balkans occidentaux qui sont candidats à l'adhésion à l'UE;
45. charge son Président de transmettre la présente résolution au président du Conseil de l'Union européenne, au président de la Commission européenne, à la vice-présidente de la Commission/haute représentante de l'UE, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à la coprésidence et au secrétaire général de l'UpM, ainsi qu'aux gouvernements et aux parlements des États partenaires.
(1) JO C 301 E du 13.12.2007, p. 210.
(2) JO C 285 E du 26.11.2009, p. 39.
(3) JO C 76 E du 25.3.2010, p. 76.
(4) JO C 282 E du 6.11.2008, p. 443.

Source - http://www.europarl.europa.eu - le 25 mai 2010