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jeudi 29 juillet 2010

La Méditerranée au coeur de l'Europe : Sonder les fractures. Dévoiler les failles. Révéler les accords

Les 30, 31 juillet et 1er août 2010, les 16èmes Controverses de Marciac placeront la Méditerranée au centre de leurs échanges. Co-organisées par la Mission Agrobiosciences et la Communauté de Communes Bastides et Vallons du Gers, cette manifestation de référence européenne propose à un vaste public (agriculteurs, chercheurs, formateurs, étudiants, élus et citoyens) de débattre ensemble des enjeux agricoles et alimentaires du bassin méditerranéen. Les éclairages d’acteurs qui pensent ici comme ailleurs ces questions et les forums ouverts à tous font de ce rendez-vous un moment exceptionnel pour des échanges conviviaux, dans l'ambiance du festival Jazz In Marciac.
Pour un autre regard sur la Méditerranée
Alors que la crise alimentaire de 2006-2008 a révélé la fragilité des pays du Sud méditerranéen, les Controverses de Marciac se proposent d’explorer les fractures qui traversent le pourtour de cette vaste région pour mieux révéler les accords possibles. Et d’abord, que cache l’éblouissant rêve méditerranéen ? Dans une lucidité retrouvée, l’agriculture peut-elle constituer le ciment de la Méditerranée et quel rôle doit jouer l’Union européenne ?
Des intervenants et des participants d’ici et d’ailleurs
Ouvertes à tous, les Controverses accueillent de nombreuses personnalités de renommée internationale : issus de tout le pourtour méditerranéen, des responsables politiques dont plusieurs anciens ministres de l'agriculture, des économistes, des géopoliticiens, des agronomes, des responsables d'institutions internationales et d'organismes professionnels agricoles... Autant d'acteurs qui, avec l’ensemble des participants, croiseront les regards,partageront leurs analyses, disputeront les arguments, confronteront les expériences pour construire collectivement de nouvelles perspectives sur l’ensemble méditerranéen.
Trois manifestations jumelées : les Controverses, Magyar Agrarakademia et le Foro de Cordoue.
Déjà associées depuis 2009 à la « Magyar Agrarakademia », lieu du débat agricole en Hongrie, les « Controverses de Marciac » officialiseront cette année leur jumelage avec le « Foro de l’Institut d’Etudes Sociales Avancées de Cordoue » (Espagne).
Chaque année, ces trois manifestations entreront en résonance pour instruire un seul et même sujet et proposeront une expression commune à Bruxelles auprès des élus du Parlement européen comme des responsables des institutions européennes concernées.
Un laboratoire d’idées de référence européenne
Pionnières de cette initiative, nées il y a seize ans, les « Controverses de Marciac » (anciennement Université d’Eté de l’Innovation Rurale) se sont progressivement affirmées sur le plan local, national et européen comme un lieu exemplaire d’élaboration collective sur le devenir de l’agriculture, de l’alimentation, des territoires ruraux. Le succès et l’originalité de ces Controverses résident dans un dispositif permettant à chacun de s’exprimer,
notamment au sein des cercles d’échanges.
Qui sommes-nous ?
Créée en 2000, la Mission d’Animation des Agrobiosciences, par ses actions propres ou à la demande d’organismes publics, investit ses compétences dans la conception, l’organisation et l’animation de débats sur des sujets sensibles touchant l’agriculture, l’alimentation, les sciences et technologies du vivant, ainsi que la culture scientifique et technique. Ce centre de ressources et de débats publics est financé par un contrat quadriennal entre le ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche et la Région Midi-Pyrénées.
Contacts
Mission d'Animation des Agrobiosciences
Lucie Gillot - lucie@agrobiosciences.com

Pour en savoir plus : http://www.agrobiosciences.org/
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lundi 26 juillet 2010

Milan, futur siège du Centre méditerranéen de recherche sur les PME

Le premier Centre méditerranéen de recherche sur les petites et moyennes entreprises (PME) devrait bientôt voir le jour à Milan, dans le nord de l'Italie, avec l’objectif de renforcer le rôle de ces unités dans l’intégration économique méditerranéenne.
La création prochaine de ce Centre a été annoncée à l’occasion du Forum économique et financier pour la Méditerranée, qui s’est déroulé à la mi-juillet 2010 à Milan, en présence de nombreux ministres des pays méditerranéens. Les entreprises de petite et moyenne taille jouent un rôle économique et social de premier plan, à la fois par leur importance dans le tissu économique et par la création d’emplois qu’elles génèrent dans pratiquement tous les secteurs. Véritable moteur de l’activité économique, elles représentent globalement plus de 90% du tissu économique, avec quelques variantes selon les pays. De surcroît, les PME sont championnes en matière de création d’emplois, un rôle fortement apprécié en ces périodes de crise et d’aggravation des chiffres du chômage. En outre, la mise en place de ce centre qui bénéficie d’un franc soutien du gouvernement italien, s’inscrit en droite ligne des objectifs de l’Union pour la Méditerranée (UPM) tendant à asseoir les bases d’une véritable intégration méditerranéenne. La future création du Centre méditerranéen de recherche sur les PME tire aussi son importance de la crédibilité acquise par le Forum économique et financier pour la Méditerranée. Même s’il n’est encore qu’à sa deuxième année d’existence, le Forum de Milan a pu s’imposer par la qualité des institutions et des personnalités qui le fréquentent. Outre le premier ministre et des membres du gouvernement italien, le Forum a notamment accueilli en 2009, le président égyptien, le président de la Banque Européenne d'Investissement (BEI). En tout, plus de 2500 participants ont pris par à la première édition du Forum. L’édition 2010 n’a pas démenti les prévisions. Représentants de l’Union Européenne et des principales institutions financières internationales, économistes, chefs d’entreprises et du monde de la finance de plusieurs Pays de la Méditerranée et du Golfe, ont permis à ce Forum de ce projeter dans l’avenir, avec pour mot d’ordre : l’intégration économique en Méditerranée.
Par Julie Rafondriaka - lalettremed.com - le 26 juillet 2010

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dimanche 25 juillet 2010

Le Festival d’Ambronay 2010 vogue en Méditerranée

Le grand Festival de musique ancienne d’Ambronay se tiendra du 10 septembre au 3 octobre, au cœur du département de l’Ain, et traduira toutes les ambiances de la musique traditionnelle méditerranéenne.
Sous-titré Méditerranée(s), le rendez-vous ambrunois créé par Alain Brunet, misera cette année, du 10 septembre au 3 octobre, sur la diversité musicale et culturelle, de l’Italie du sud au Liban en passant par la Sardaigne, la Corse, Marseille, la France, l’Occitanie, l’Espagne, la Palestine, Israël et l’Algérie. Et mettra l’accent sur la deuxième génération de chefs d’orchestre, après avoir fêté ses 30 ans d’existence au cours de l’édition précédente.
Pour la programmation détaillée :
Le site du Centre Culturel de Rencontre d’Ambronay : http://www.ambronay.org/

jeudi 22 juillet 2010

Tunisie. Atelier euro-méditerranéen sur l’efficacité énergétique

Un atelier euro-méditerranéen sur le thème: «Gestion du côté demande (Dsm) et plans d’action nationaux pour l’efficacité énergétique (Neeap)» se tiendra les 26 et 27 juillet à Tunis.
Organisé conjointement par le ‘‘Projet euro-méditerranéen d’intégration du marché de l’énergie’’ (Med-Emip), financé par l’Union européenne (Ue), et le projet ‘‘Efficacité énergétique dans le secteur de la construction II’’ (Med-Enec), cet atelier se tient dans le cadre des efforts concertés visant à améliorer et exploiter l’efficacité énergétique dans la région euro-méditerranéenne . Il sera suivi, les 28 et 29 juillet, d’une réunion du Groupe de travail sur la directive arabe sur l’efficacité énergétique, créé au sein de la Ligue des Etats arabes.

Fixer des objectifs indicatifs décennaux
L’atelier de Tunis marquera le lancement du processus de préparation des Neeap, prévus par le projet de directive arabe sur l’efficacité énergétique. Cette directive établit un cadre à long terme inspiré de la directive européenne relative à l’efficacité énergétique dans les utilisations finales. Elle a été élaborée par le département ‘‘Énergie’’ de la Ligue des États arabes, en coopération avec le programme Med-Emip. La directive arabe traite de l’efficacité électrique dans les utilisations finales. Elle aide les pays participants à fixer des objectifs indicatifs décennaux et à préparer leurs plans d’action nationaux triennaux en la matière.
L’atelier conjoint vise à lancer le processus de coordination nationale ascendante, nécessaire à la préparation des Neeap, et de sensibiliser les participants aux récentes évolutions de la politique régionale. Il a aussi pour objectif de présenter l’expérience européenne en matière de coordination, d’étalonnage et de suivi des efforts régionaux coordonnés de la sorte.
De plus, les parties organisatrices de l’atelier y présenteront leurs plans d’assistance technique et autres activités en appui à la préparation et la mise en œuvre des Neeap et de la directive arabe sur l’efficacité énergétique.
Les pays participants devraient à présent commencer à élaborer leurs Neeap pour la période 2011-2014, documents qu’ils présenteront lors d’une réunion de suivi prévue fin 2010.
Med-Emip est une plate-forme en faveur du dialogue en matière de politique énergétique et d’échange d’expériences dans la perspective d’un renforcement de la coopération euro-méditerranéenne, d’une intégration des marchés de l’énergie, de l’amélioration de la sécurité et de la durabilité. Financée par l’UE à concurrence de 4,1 millions d’euros, elle est mise en œuvre de 2007 à 2010.
Source : Empi Info Center - le 21 juillet 2010
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Infrastructures et développement énergétique durable en Méditerranée : perspectives 2025

Le Plan Bleu annonce la diffusion du rapport : " Infrastructures et développement énergétique durable en Méditerranée : perspectives 2025 ".
Sous l'effet conjugué de la pression démographique et de la croissance économique, le système énergétique de la région méditerranéenne fait face à de fortes tensions, qu'il s'agisse d'approvisionnement, de transport, de distribution ou de consommation. La demande est aujourd'hui satisfaite par une offre constituée à plus de 80 % d'énergies fossiles.
Ce nouveau rapport du Plan Bleu analyse la situation du secteur énergétique dans le bassin méditerranéen en précisant plus particulièrement la demande énergétique, les infrastructures, les échanges régionaux et les déséquilibres. Cette étude prospective 2025 explore deux scénarios : un scénario tendanciel fondé sur les principales orientations des stratégies énergétiques nationales à l'horizon 2025, et un scénario alternatif où la priorité est accordée à une utilisation rationnelle de l'énergie, à un développement plus rapide des énergies renouvelables et aux efforts de découplage de la croissance économique et de la demande d'énergie.
L'étude, réalisée avec le soutien de l'Agence Française de Développement, a pour objectif de recenser l'ensemble des sources d'énergie et des options d'infrastructures permettant de les exploiter et d'analyser leurs degrés de compatibilité avec les objectifs de développement durable.
Le rapport comporte trois parties : la première fait le diagnostic de la situation énergétique en Méditerranée avec un inventaire des infrastructures et un état des échanges ; la seconde présente les hypothèses et les résultats d'un scénario tendanciel à l'horizon 2025; la troisième analyse les avantages d'un scénario alternatif intitulé " de l'énergie fossile à l'énergie verte ".
Par Helene ROUSSEAUX - Mediaterre.org - le 22 juillet 2010

Transports maritimes de marchandises en Méditerranée : perspectives 2025

Le Plan Bleu annonce la diffusion du rapport : "Les transports maritimes de marchandises en Méditerranée : perspectives 2025 "
La mer Méditerranée est un espace traditionnel d'échanges entre les pays riverains mais également entre les espaces géopolitiques auxquels ils appartiennent ; Europe, Maghreb, Machrek notamment et le reste du monde. Ces échanges sont en constante évolution et sous les effets conjugués de la pression démographique, de la croissance économique et de l'ouverture des marchés, ils se sont au cours des années récentes intensifiés en raison notamment d'un accroissement des flux de marchandises entre l'Europe et l'Asie.

Cette évolution n'est pas sans risque pour l'environnement et induit des stratégies d'investissement, en particulier portuaires, dont il convient de bien calibrer l'ampleur.
Dans ce contexte, alors que se développent les initiatives pour renforcer l'intégration méditerranéenne, comme l'Union pour la Méditerranée, la question du rôle des transports, notamment maritimes, comme facteur d'intégration régionale mais également comme acteur d'un développement durable de la région est clairement posée.
Les pays riverains s'en sont d'ailleurs déjà saisi puisque dans la stratégie méditerranéenne de développement durable, adoptée en 2005, ils relevaient dans le chapitre dédié aux transports que "l'intensification des échanges sur des distances de plus en plus grandes n'est pas durable à long terme".

L'objet de la présente étude est de contribuer au débat sur cette question des transports en présentant un diagnostic de la situation et en proposant, à travers plusieurs scénarios, une vision prospective à l'horizon 2025 des flux internationaux de transport en Méditerranée.
L'étude réalisée avec le soutien de l'Agence Française de Développement, a pour objectif d'analyser la situation du transport de marchandises et des options qui sont prises au regard d'une future intégration méditerranéenne. Ce rapport est composé de trois parties : le diagnostic, la prospective et les enseignements.
Ce nouveau numéro de la collection " Les Cahiers du Plan Bleu " est disponible sur le site web : http://www.planbleu.org
Par Helene ROUSSEAUX - Mediaterre.org - le 22 juillet 2010

dimanche 18 juillet 2010

TourMedEau - Gestion durable de l'eau dans les zones touristiques de la Méditerranée

Un projet financé par l'UE pour la gestion durable de l'eau dans les zones touristiques de la Méditerranée "TourMedEau" a officiellement été lancé en Tunisie, visant à améliorer la coopération sur la gestion des eaux urbaines entre les deux rives de la Méditerranée.
Le projet TourMedEau est financé dans le cadre du programme Ciudad – Cooperation In Urban Development And Dialogue - par l'Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat (IEVP), et a été officiellement lancé le 18 Juillet 2010.
Le projet, qui sera mis en œuvre par un partenariat international formé de la Tunisie, le Maroc et des partenaires italiens, aidera à promouvoir le dialogue et la coopération entre les gouvernements locaux des deux rives de la Méditerranée afin d'améliorer la durabilité de l'environnement dans les zones urbaines grâce à une gestion publique plus efficace des services de l'eau.
L'étude et la conception d'une usine de traitement des eaux usées et des œuvres de l'eau pour sa réutilisation dans l'agriculture et le tourisme permettront l'échange d'expériences et d'expertise sur le traitement des eaux usées entre les pays méditerranéens, conduisant à la diffusion des meilleures techniques.
La valeur totale de l'initiative s'élève à 506 177 euros, dont 80% est financé par l'Union européenne.
Visiter le site web pour en savoir plus : http://www.open-med.eu/
Par Semide.net - le 18 juillet 2010

jeudi 8 juillet 2010

L’Expédition M.E.D, (Méditerranée En Danger) pour la protection de la biodiversité

L’Expédition M.E.D, (Méditerranée En Danger), une aventure scientifique, humaine et écologique, engagée pour la protection de la biodiversité Méditerranéenne
Le 10 juillet 2010 à la Capitainerie du Port Vauban d’Antibes à 10h, Bruno Dumontet, Chef de l’Expédition, Pierre Voisin, Coordinateur Scientifique, se feront un plaisir de vous accueillir pour le départ de la première campagne de l’expédition MED 2010 à bord de l’Halifax, un voilier de 17 mètres, véritable plate-forme scientifique

Pourquoi cette expédition ?
Chaque année, les déchets de plastique dérivant en mer sont directement responsables à l’échelle planétaire, de la disparition de plus d’un million d’oiseaux et de 100 000 mammifères marins.
Véritable bombe à retardement écologique, les pollutions chimiques et les impacts sur la biodiversité générés par les déchets de plastique dans le milieu marin, se font ressentir de plus en plus durement et soulèvent de plus en plus de questions pour l’avenir.
Malheureusement, d’un côté cette pollution n’est pas officiellement reconnue comme telle et de l’autre, nous ne possédons pas encore les données scientifiques suffisantes pour anticiper l’impact global de ces déchets dans l’avenir et de démontrer à quel point nous sommes probablement déjà dans l’urgence.

L’expédition en bref
Cette Expédition embarquée inédite est programmée sur une période de quatre ans (2010-2013) et concerne toute l’étendue de la Méditerranée, l’une des mers les plus polluée du monde.
Au programme de cette mission, de nombreux protocoles de recherche en collaboration avec une dizaine de laboratoires Français, Belge, Italien et Américain. Le prélèvement des premiers échantillons planctoniques et de micro particules de plastique est au programme de cette première campagne avec également le largage de flotteurs équipés de balise Argos pour estimer l’implication des courants dans le déplacement des nappes de déchets. La collecte de données sur la distribution des siphonophores et des hydroméduses (organismes macro et méga planctonique), du Neuston (l’interface air-mer et les quelques premiers cm sous la surface constituent cet habitat particulier qui est mal connu en méditerranée).
L’Expédition 2010 prélèvera également des échantillons et collectera des données sur le développement des essaims de méduses, ainsi que sur les algues Cystoseires, (variété endémique Méditerranéenne et marqueur sensible à la pollution). La mission déterminera également dans qu’elle mesure les Aires Protégées peuvent être impactées par les déchets.
Cette première Expédition 2010 servira également de mission de « rodage » pour la mise en place et la coordination de l'ensemble des différents programmes scientifiques et pédagogiques en vue des prochaines campagnes d’études qui débuteront à partir de 2011 sur des missions de six mois. Des rencontres sont également programmés cet été avec la venue à bord de membres d’associations Italienne et Espagnol, pour des échanges et des collaborations sur les programmes de l’Expédition.

Qui sont les membres de l’expédition ?
Les membres de l’expédition MED 2010 sont un collectif bénévole constitué de scientifiques européens, d’environnementalistes qui se sont rassemblés pour lancer une campagne d’étude et de recherche sur les macro déchets en mer et de leur désintégration en micro particules de plastique.

De plus :
Le 9 juillet, nous pouvons organiser une navigation pour vous permettre de faire des images sur l’Halifax, en partant en fin de matinée ou début d’après-midi et en étant de retour en fin d’après-midi.
Pour en savoir plus sur l’expédition : http://www.expeditionmed.eu/
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mardi 6 juillet 2010

Transport d’énergie : Bientôt des lignes à haute tension sous la Méditerranée

Une quinzaine d’industriels ont signé lundi 5 juillet à Paris un protocole d’accord pour développer conjointement un réseau de lignes sous marines à haute tension entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée. Un projet qui vise à exporter vers l’Europe l’énergie des futures centrales solaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
C’est le début de l’un des projets phares de l’Union pour la Méditerranée. Un groupement d’industriels associant Alstom, Areva, l’Agence française de développement, Abengoa, Atos Origin, CDC infrastructure, EDF, Nexans, Prysmian, RED, Eléctrica de España, RTE, Siemens, et Taqa Arabia à donné lundi à Paris le coup d’envoi de l’initiative Transgreen. Objectif : « étudier la faisabilité d’un réseau de transport de l’électricité entre les rives nord et sud de la Méditerranée ». Le projet, qui s’inscrit dans le cadre du Plan solaire méditerranéen vise à exporter en Europe via des lignes sous marines à haute tension une partie de l’électricité produite par les futures unités de production d’énergie renouvelable d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Un moyen d’assurer la rentabilité des installations tout en accroissant la sécurité énergétique sur l’ensemble du bassin. Conclu pour une durée initiale de trois ans, ce partenariat à vocation à s’ouvrir à d’autres entreprises, en particulier celles des pays du sud de la Méditerranée.

Développer des coopérations avec les pays du Sud
En vertu du protocole d’accord signé le 5 juillet, les entreprises et organisations partenaires s’engagent à unir leurs compétences au sein d’une entité juridique commune pour proposer un schéma directeur à même de transporter quelque 5 GW d’électricité vers l’Europe à l’horizon 2020. Ces dernières devront également promouvoir un cadre institutionnel et réglementaire favorable aux investissements et à la rentabilité des projets sur la rive Sud tout en développant des coopérations techniques et technologiques avec les pays concernés. Enfin, des études sur l’impact des investissements d’infrastructures et des interconnexions énergétiques sur la croissance économique et l’emploi devront être menées afin de démontrer l’efficacité de la démarche. Outre la mise en place des infrastructures en elles-mêmes, l’ensemble de ces travaux visent par ailleurs à accroître la visibilité des technologies et de l’industrie européennes sur le marché mondial des énergies renouvelables et du transport de l’électricité.

Transgreen, clé du succès de Desertec
Très attendue, l’initiative Transgreen est la clé de voûte du Plan solaire Méditerranéen. La construction entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient de 20 GW d’énergies renouvelables d’ici à 2020 prévue dans le cadre du projet collaboratif européen Desertec est en effet largement dépendante de la mise en place d’infrastructures à même d’assurer le transport d’une partie de l’électricité produite. Si dans un premier temps seuls 5 GW devraient être exportés vers le vieux continent, pas moins de 15 % de la consommation énergétique européenne pourrait transiter par des lignes sous-marines d’ici à 2050. L’Europe compte entre autres sur le potentiel solaire des zones arides du Sud de la Méditerranée pour atteindre une part de 66 % d’énergies sobres en carbone dans sa production dès 2020.
Par Johannes Braun - Developpementdurablelejournal.fr - le 5 juillet 2010

lundi 5 juillet 2010

Mektaba Audiovisuel méditerranéen l'Union pour la Méditerranée

Le projet d'émission "Mektaba" de la chaîne éducative marocaine "Arrabia" a été retenu pour bénéficier d'un accompagnement personnalisé dans le cadre de l'appel à projets Maarifa, un programme de France Télévisions, sous l'égide du Conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée (UPM), a-t-on annoncé lundi à Marseille (Sud).
"Mektaba", ou bibliothèque en arabe, est un projet de la chaîne éducative "Arrabia", éditée par la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT), qui propose une fiction de 30 épisodes de 26 minutes chacune. Ludique et familiale, la série transportera les enfants en quête du savoir dans un monde fictif et enrichissant.
Le projet de la Chaîne Arrabia a été retenu aux côtés de deux autres émissions, à savoir, "Chabaab" (Jeunesse) défendu par la chaîne palestinienne Wattan TV, et "Madrassati" (Mon école), proposé par la Radio Télévision Jordanienne (JRTV), a-t-on ajouté lors d'une conférence de presse organisé à cette occasion.
A chaque épisode "Mektaba" propose une thématique différente. Entre histoire, culture, économie, société, littérature et philosophie, le téléspectateur fera un voyage riche en enseignements et porteur de messages éducatifs riches et variés.
Il sera ainsi initié, par le biais de relations animées entre un adolescent et son grand-père, qui fait appel à des personnages issus de la mémoire collective (philosophes, penseurs, humanistes, écrivains) pour transmettre son savoir à son petit fils.
Chaque situation, sera de ce fait un prétexte à utiliser les grandes figures historiques qui interviendront tout au long de l'émission.
Ainsi, le téléspectateur plonge, à chaque épisode, au coeur d'un univers fantastique, peuplé de personnages fictifs issus de la culture universelle et en phase avec ses préoccupations.
De son côté, l'émission palestinienne "Chabaab" propose un plateau de 12 épisodes qui donnera la parole aux jeunes générations et se distingue par l'utilisation de plusieurs supports de diffusion dont la télévision, le web et les réseaux sociaux.
Pour sa part, le projet "Madrassati" se veut une réponse aux objectifs fixés par le programme jordanien de modernisation du système scolaire en mettant les technologies numériques et la création de contenus multimédias au service de l'éducation.
Les trois projets sélectionnés recevront d'ici fin 2011 le concours de trois équipes d'experts mises à leur disposition par France Télévisions, de la phase de conception du format à la mise à l'antenne.
Ce mode d'accompagnement innovant répond au double objectif de responsabiliser les équipes porteuses de projet et de transmettre des savoir faire durables et susceptibles d'être reproduits au sein des partenaires bénéficiaires.
Le 6 avril dernier, France Télévisions et son département des actions éducatives, sa filiale Canal France International (CFI) et l'Union des radios et télévisions des Etats arabes (ASBU) avaient lancé l'appel à projets Maarifa placé sous l'égide du Conseil culturel de l'Union pour la Méditerranée.
Maarifa mobilise un budget de 500.000 euros sur deux ans apportés par France Télévisions et CFI, l'organisateur du projet.
Cette initiative vise à encourager les télévisions du Sud de la Méditerranée à offrir à leurs jeunes téléspectateurs, qui représentent 45 PC de la population, un meilleur accès aux nouveaux médias de la connaissance.
A l'issue d'un appel à candidature, le jury, composé notamment de Mme Isabelle Malivoir, rédactrice en chef de TV5 Monde et de M. Jean-Marc Merriaux, directeur des actions éducatives à France télévisions, avait examiné dix projets proposés par des équipes représentant l'Algérie, la Jordanie, le Maroc, la Palestine, la Syrie et le Yémen.
Source Maarifa.tv

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samedi 3 juillet 2010

L’Union pour la Méditerranée deux ans après le Sommet de Paris

Géopolitique de l’Union pour la Méditerranée. Deux ans après son lancement officiel, le 13 juillet 2008, que nous apprend l’Union pour la Méditerranée au sujet de la gouvernance de l’Europe communautaire ? Quels sont les derniers développements qui laissent envisager un décollage – tardif – de ce projet initié par Paris puis recadré par Berlin et Bruxelles ?
DEPUIS 1989, la chute du rideau de fer a conduit l’Europe communautaire à se préoccuper prioritairement de l’Europe balte, centrale et orientale. Certes, Malte et Chypre font partie de l’espace méditerranéen, mais l’intérêt de l’Union européenne (UE) pour le Sud a diminué durant plus d’une décennie. Le 13 juillet 2008, une rupture semble survenir avec le lancement officiel de l’Union pour la Méditerranée (UpM), au début de la présidence française de l’Union européenne. Les dirigeants d’une quarantaine de pays de l’UE et des rives Sud et Est de la Méditerranée se retrouvent en grande pompe à Paris. Deux ans après, il semble légitime d’esquisser un bilan d’étape.
Une préparation maladroite et un contexte peu porteur ont freiné les débuts du projet mais des signes récents laissent envisager son développement.

UNE PREPARATION MALADROITE
Depuis les années 1970, les essais pour créer des relations plus intenses entre les deux rives de la Méditerranée n’ont pas manqué. Citons le Dialogue euro-arabe, de 1973 à 1990 ; le Dialogue 5+5, lancé en 1990 ; le Processus de Barcelone, initié en 1995 et la Politique européenne de voisinage, en 2004. [1]
En 1995, la Conférence de Barcelone rassemble les Quinze pays membres de l’UE et douze pays méditerranéens. Elle affirme l’importance du bassin méditerranéen en y instaurant une « zone euro-méditerranéenne de paix, de stabilité et de sécurité » fondée sur le partenariat. Dix ans après, le processus de Barcelone peine à atteindre ses objectifs. Signe d’un malaise : lors de la cérémonie des dix ans du partenariat organisé à Barcelone, seule la moitié des chefs d’État et de gouvernement des pays de la rive Sud se déplace.
Quant à la Politique européenne de voisinage, lancée publiquement en 2004, Jean-Robert Henry n’y voit qu’une « forme de retour à l’unilatéralisme : les plans d’actions conclus avec les "voisins" sont bilatéraux, comme les conventions d’association du processus de Barcelone, et il n’y a pas d’instance de concertation collective à l’exception de celle qui est maintenue à l’échelle euro-méditerranéenne. […] Les formules mises au point depuis 1995 témoignent aussi de l’hésitation à choisir entre l’ouverture et la fermeture de l’espace européen vers le Sud. Ici, le compromis est particulièrement déséquilibré et ronge le processus de Barcelone comme la politique européenne de voisinage. Il consiste à renforcer l’intégration à l’Europe des économies d’outre-Méditerranée, tout en restreignant la circulation des hommes du Sud vers le Nord. [2] » Pour l’UE, la Méditerranée est à la fois une région périphérique et une frontière.

Un biais de départ
Dans le contexte d’une campagne électorale, le candidat à la présidence de la République française Nicolas Sarkozy évoque le 7 février 2007 à l’occasion d’un discours prononcé à Toulon son projet d’une « Union méditerranéenne » (UM). Il s’inscrit alors dans une optique intergouvernementale méditerranéo-centrée plutôt que communautaire. Il s’agit d’offrir à tous les pays riverains de la Méditerranée – et seulement eux – un processus de partenariat égalitaire pour construire un destin commun, en s’inspirant du précédent de la Communauté économique européenne (CEE). Des structures et un budget propres permettraient de mettre en place des politiques spécifiques. N. Sarkozy n’entend donc pas laisser à l’UE l’opportunité de donner son avis. Voilà un biais de départ qui hypothèque lourdement le développement du projet. Imagine-t-on un instant la France se sentir engagée par de vagues promesses électorales formulées par un candidat à la présidentielle d’un autre pays membre de l’UE ? L’hypothèse fait sourire. C’est un peu ce qui s’est passé hors des frontières hexagonales pour ce projet.

Le soir de son élection à la présidence de la République française, le 6 mai 2007, N. Sarkozy rappelle son engagement en faveur d’une Union méditerranéenne. Le 23 octobre 2007, il prononce au Maroc, à Tanger, un discours qui dessine les contours du projet. L’UM se doit d’être fondée sur la volonté politique, mais être pragmatique, à géométrie variable pour former une Union de projets, sans se substituer aux initiatives existantes mais avec l’intention de leur donner un nouvel élan. Peu après, des officiels allemands font passer le message aux Français qu’il est hors de question d’accepter cette scission de l’Europe qu’entraînerait, selon eux, l’utilisation de fonds communautaires pour un projet qui n’impliquerait pas l’ensemble des pays membres de l’UE.

Recadrage
Le mois de décembre 2007 est marqué à la fois par une visite « surréaliste » du chef d’État libyen – Mouamar Khadafi – à Paris et par une prise de position publique de la chancelière allemande, Angela Merkel. Le 5 décembre 2007, cette dernière déclare, lors d’une conférence à Berlin : « Il se pourrait que l’Allemagne se sente pour ainsi dire plus concernée par l’Europe centrale et orientale et la France plus attirée du côté de l’Union méditerranéenne : cela pourrait libérer des forces explosives et cela, je ne le souhaite pas. Je crois qu’il faudrait faire une offre en la matière à tous les autres États européens. [3] »

Le 20 décembre 2007, un sommet tripartite entre la France, l’Italie et l’Espagne marque une inflexion, via une modification du nom. L’Union méditerranéenne (UM) devient l’Union pour la Méditerranée (UpM).

Le 3 mars 2008, en marge du Salon mondial des nouvelles technologies de Hanovre, un compromis franco-allemand est trouvé. Il est présenté conjointement par le président français et la chancelière allemande au Conseil européen du 13 et 14 mars 2008. Pierre Pascallon propose l’analyse suivante : « Force est bien de reconnaître qu’au terme de ce laborieux marchandage – dont l’Allemagne sort victorieuse – le projet d’Union Méditerranéenne perd quasiment toute sa substance en devenant " Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée ".

La preuve ? Initialement, seuls les pays riverains pouvaient être membres fondateurs de l’Union ; désormais, tous les membres de l’UE – non riverains compris – seront membres de plein droit du projet, comme dans celui de Barcelone [4]. » En outre, il s’agit moins d’intégration que de coopération. L’un des arguments des pays de l’UE non méditerranéens est qu’ils sont concernés dans la mesure où résident chez eux des diasporas méditerranéennes. Les prémisses de l’UpM donnent donc lieu à des avis divergents.

Finalement, l’UpM est pour les institutions européennes et certains pays membres de l’UE l’occasion d’administrer à l’Élysée une « leçon de savoir-vivre communautaire ». La perspective de la prochaine présidence française de l’UE, au 2e semestre 2008, a peut-être jouée un rôle. Il était important de démontrer pendant qu’il était encore temps que l’activisme non concerté n’existe pas dans la boîte à outils communautaire.

Différents intra-communautaires et franco-français
Selon Bichara Khader, « […] l’UE a eu le dernier mot : l’Union pour la Méditerranée ne sera qu’une relance du processus de Barcelone. Ce qui était présenté comme "une grande vision" pour sortir des sentiers battus des politiques communautaires, "trop centrées sur le commerce", est tout bonnement transformé en un "projet édulcoré". […] Après tout, l’adage populaire ne dit-il pas que "celui qui paie l’orchestre choisit la partition" ? [5] »

Pour Dorothée Schmid, il convient cependant d’analyser finement le processus avant d’accuser les autres pays membres d’avoir amoindri le projet initial : « Nous avons fonctionné sur fond de désaccord franco-français assez important. Il y avait d’un côté l’Élysée qui continuait à porter ce projet avec sa dimension très idéaliste, mais aussi irréaliste. Et de l’autre le Quai d’Orsay, qui devait assurer l’ingénierie du projet et qui a finalement défendu la ligne européenne. [6] » Les diplomates qui ont du « rattraper le coup » ont été contraints à de véritables exploits. Pour reprendre une formule de Jean-Paul Chagnollaud, certains « diplomates ont été évacués par SAMU [7] tellement ils étaient épuisés par l’impossible tâche qu’on leur avait confié [8] ».

Le Sommet de Paris
Le 13 juillet 2008, le Sommet de Paris pour la Méditerranée installe l’UPM. Notons que la Lybie boycotte cette rencontre et critique ce projet, en dépit de toutes les couleuvres avalées par Paris lors de la visite de Mouamar Khadafi en décembre 2007. La présence du président syrien Bachar al-Assad accapare l’attention des médias. Le Sommet de Paris retient six projets qui ne sont pas totalement inédits mais veulent témoigner d’une ambition :
. Environnement : dépollution de la Méditerranée ;
. Transports : les autoroutes maritimes et terrestres pour accroître les échanges et faciliter la liberté de mouvement des personnes et des biens ;
. Répondre aux catastrophes naturelles, par le développement de la protection civile à l’échelle de la région ;
. Énergies, le soutien aux énergies alternatives notamment solaire ;
. Éducation, l’université euro-méditerranéenne qui aura son siège en Slovénie ;
. Économie, via le développement des affaires, à travers un mécanisme de soutien aux petites et moyennes entreprises.
Deux ans après le sommet du 13 juillet 2008, quel bilan d’étape peut-on faire de l’UPM ?

UN CONTEXTE PEU PORTEUR FREINE LES DEBUTS DU PROJET MAIS DES SIGNES RECENTS LAISSENT ENVISAGER SON DEVELOPPEMENT
L’Union pour la Méditerranée compte 43 membres à part entière, soit 4 pays de plus que le partenariat euro-méditerranéen, auxquels s’ajoute la Ligue arabe qui a obtenu d’y participer de plein droit après de difficiles tractations diplomatiques. L’emplacement du secrétariat général de l’UpM a fait l’objet d’une controverse.

La Syrie et le Liban s’opposant à ce qu’il soit situé dans un pays arabe, la candidature de Tunis a finalement été écartée à l’issue d’une longue querelle, au profit de Barcelone (Espagne). Le secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée, le Jordanien Ahmed Jalaf Massadeh, a finalement été installé dans ses fonctions 19 mois après le Sommet le Paris… le 4 mars 2010. Florence Beaugé avance que Paris « aurait préféré un Tunisien à un Jordanien pour occuper ce poste.

Mais Tunis, froissé que Barcelone ait obtenu le siège du Secrétariat général, a refusé de présenter un candidat. Si le Jordanien a décroché la palme, c’est donc faute de rival. [9] » Quoi qu’il en soit le Secrétaire général nommé est entouré de six secrétaires généraux adjoints : Israël, Autorité palestinienne, Italie, Grèce, Malte et Turquie. Il semble que l’attribution d’un secrétariat général adjoint à Israël soit notamment le résultat des efforts diplomatiques de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangère français.

Au-delà de ces avancées formelles, le bilan d’étape semble encore mince. Nombre d’observateurs font remarquer que le contexte n’a pas été favorable.

Un contexte peu favorable
En effet, la crise financière commence à produire dès l’automne 2008 de redoutables effets économiques et bientôt sociaux. Les flux d’Investissements directs étrangers Nord-Sud diminuent en Méditerranée, alors que la concertation Sud-Sud peine à décoller.
La guerre conduite par Israël dans la bande de Gaza du 27 décembre 2008 au 17 janvier 2009 survient alors que l’UpM est en phase de démarrage.

Le début de l’opération « Plomb durci »
« Le 27 décembre 2008, débute l’opération militaire "Plomb durci", dont l’objectif est de mettre fin aux tirs de roquettes du Hamas depuis la Bande de Gaza sur le sud de l’Etat hébreu. Les raids aériens pilonnent les infrastructures, les édifices officiels et les camps d’entraînement tenus par le Hamas. Le 28, Israël mobilise 6500 réservistes et bombarde les centaines de tunnels de contrebande creusés à Rafah qui permettent au Hamas de s’approvisionner, notamment en armes venues d’Egypte. Le même jour, le Conseil de sécurité de l’ONU demande un arrêt immédiat des hostilités, dans une déclaration non contraignante. Dans les pays musulmans, ainsi qu’en Europe, des milliers de personnes manifestent contre les bombardements. Le 29, Israël déclare "zone militaire fermée" sa zone frontalière avec Gaza, et en interdit l’accès à la presse internationale. L’Université islamique et un bâtiment de la Sécurité préventive, symboles importants du Hamas, sont détruits. Le 30, le Quartette (ONU, Union européenne, Etats-Unis et Russie) appelle à un cessez-le-feu immédiat et permanent. La France propose une trêve humanitaire de 48 heures. Le 31 décembre, Israël refuse les propositions de trêve internationales et se prépare à une offensive terrestre. » Source : Site de la Documentation française, rubrique Chronologie internationale / Moyen-Orient, 2008.


L’opération « plomb durci » est venu d’emblée démontrer que le conflit israélo-palestinien bloque ou ralenti jusqu’aux politiques sectorielles prévues par l’UpM. Les réunions de l’Union pour la Méditerranée prévues entre janvier et avril 2009 ont été reportées, selon les sources diplomatiques françaises. Les travaux ont pu reprendre au printemps, d’abord au niveau des hauts fonctionnaires puis des ministres. En fait la tension reste sous-jacente. Ainsi au mois de novembre 2009, le chef de la diplomatie égyptienne refuse de rencontrer son homologue israélien, l’ultranationaliste Avigdor Lieberman, au cours d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UpM prévue à Istambul. L’assaut des commandos israéliens contre une flottille cherchant à forcer le blocus de Gaza, le 31 mai 2010, risque d’impacter le processus.

De séminaires en séminaires
Que sont devenus les six projets annoncés en 2008 ? Un an plus tard, Dorothée Schmid a une formule saisissante : « […] la mise en œuvre progresse de façon inégale – les "autoroutes" sont au point mort, tandis que le reste des projets donne surtout lieu à des séminaires d’études […] [10] » En fait, la nouveauté des projets comme la pertinence des priorités retenues peuvent se discuter. Surtout, les capacités de financements européens restent limitées. Le recours à d’autres bailleurs multilatéraux pose la question de la gouvernance des projets élus. Il a été fait mention des fonds souverains des pays du Golfe, mais quel serait leur intérêt de s’agréger à un ensemble dans lequel l’Union européenne pèse lourd ?

Pour donner un ordre de comparaison, rappelons que le budget pluri-annuel pour la rénovation du zoo de Vincennes [11] atteint 133 millions d’euros, dont 25 % apporté par l’État [12].

« Combien mettez-vous sur la table ? »
A la veille du premier anniversaire, la Commission européenne fait un geste politique en renforçant sa contribution aux projets prioritaires. Le 10 juillet 2009, « la Commission européenne annonce une contribution supplémentaire de 72 millions d’euros, pour la période 2009-2010, en faveur des domaines d’intervention jugés prioritaires par les chefs d’État et de gouvernement euro-méditerranéens lors de leur rencontre à Paris. […] Une partie des fonds servira à soutenir le fonctionnement du secrétariat de l’Union pour la Méditerranée. Cette contribution porte à 90 millions d’euros le budget communautaire total alloué, depuis juillet 2008, aux priorités recensées par l’Union pour la Méditerranée. [13] » Autrement dit, la contribution de la Commission européenne de juillet 2008 à fin 2010 serait inférieure au budget pluriannuel de rénovation du zoo de Vincennes…

Mis à part les frais de fonctionnement du secrétariat général de l’UpM, les principaux postes annoncés sont les suivants [14] :
. Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP) (32 millions d’euros pour 2009-2010) ;
. Environnement - Dépollution de la Méditerranée (22 millions d’euros pour la période 2009-2010) ;
. Autoroutes de la mer et autoroutes terrestres (7,5 millions d’euros) ; Énergies de substitution : plan solaire méditerranéen (5 millions d’euros) ;
. Enseignement supérieur et recherche — Université euro-méditerranéenne : 1 million d’euros à l’université euro-méditerranéenne en Slovénie.
A l’approche du 2e anniversaire, une accélération s’esquisse. Peut-être faut-il y voir le résultat d’une volonté politique de mettre en avant une dynamique de réussite.

Inframed : 385 millions d’euros
Le 26 mai 2010, la diplomatie française annonce la création d’un fonds d’investissement de 385 millions d’euros, Inframed, destiné à financer les projets de l’Union pour la Méditerranée. « Doté dans un premier temps de 385 millions d’euros, il s’agit d’un levier important pour le financement et la mise en œuvre de projets concrets dans la zone méditerranéenne, dans des secteurs relevant des priorités définies par la Déclaration de Paris telles que les infrastructures en matière de transports et l’énergie.

Ce fonds permettra de lever des capitaux privés pour financer des projets dans l’ensemble des 43 Etats membres de l’UpM. Ce projet est lancé conjointement par la Caisse des dépôts française (qui contribue à hauteur de 150 millions d’euros), la Cassa Depositi e Prestiti italienne (150 millions d’euros), la Caisse des dépôts et de gestion du Maroc (20 millions d’euros) et l’Egypte (EFG Hermes 15 millions d’euros), ainsi que la Banque Européenne d’Investissement [15] (qui apportera 50 millions d’euros) [16] ».
La Caisse des dépôts présente Inframed comme le « Fonds […] le plus important voué aux investissements dans les infrastructures des rives méridionales et orientales de la Méditerranée. […] [17] » Elle ajoute que ce fonds « devrait mobiliser 1 milliard d’euros à terme ». Si cette éventualité se réalisait, l’UpM changerait d’ampleur.
InfraMed Infrastructure allouerait au moins 20 % de ses engagements à des investissements situés respectivement au Maroc et en Egypte, aux côtés de fonds d’investissements qui seront créés à l’initiative d’EFG (« InfraEgypt ») et de la CDG (« InfraMaroc »).
La Caisse des dépôts précise : « En ce qui concerne la gouvernance du fonds, Franco Bassanini a été désigné président du comité des investisseurs, Augustin de Romanet et Anass Houir Alami vice-présidents, Rachid Mohammed Rachid, ministre du Commerce et de l’Industrie égyptien, président du comité stratégique.

Frédéric Ottavy est Président d’InfraMed Management, société de gestion qui pilotera le fonds. Un comité des investissements, composé d’une majorité de membres indépendants, examinera chaque opportunité opération d’investissement qui lui sera présentée par InfraMed Management, EFG Manager et CDG Manager et adoptera toutes les décisions pour y donner suite. [18] » Reste à savoir quels seront les biais que ces investisseurs induiront dans les développements ultérieurs de l’UpM.

CONCLUSION
Ainsi, les débuts de l’Union pour la Méditerranée sont riches d’enseignements sur le processus d’élaboration d’un projet géopolitique au sein de l’Union européenne. Paris ne peut faire abstraction d’une concertation véritable avec l’Allemagne fédérale [19] et, au-delà, avec tous les pays membres de l’Union européenne.

Sylvie Goulard observe que : « Ce cas d’école nous amène à réfléchir sur le type de pouvoir dont a besoin l’Europe : un leadership à la française capable de porter la voix européenne, mais aussi du jeu collectif à l’allemande qui permette d’entraîner une adhésion de nos partenaires. Sachons cultiver notre jardin européen. » [20] Cela ne signifie nullement que les États doivent s’interdire d’avoir des projets, mais un pays membre ne peut pas prétendre s’abstraire des règles qu’il a contribué à définir. N’en déplaise aux inspirateurs de ce projet, la politique communautaire ne se décide pas sur les estrades électorales. L’ignorer s’avère contreproductif.

Si l’UpM semble enfin décoller au terme de sa deuxième année, c’est aussi parce que des investisseurs français, italiens, marocains et égyptiens viennent compléter les moyens – relativement limités – de l’Union européenne (Commission européenne, Banque européenne d’investissement). Rappelons que ce sont les États membres de l’UE qui rechignent à porter le budget communautaire au-delà de 1% du RNB de l’Europe communautaire. Reste à savoir si ce choix optimise les chances de l’UE.

Par Pierre VERLUISE, le 16 juin 2010
Docteur en Géopolitique de l’Université Paris-Sorbonne. Directeur de recherche à l’IRIS, Directeur du site géopolitique diploweb.com. Chercheur associé à l’Observatoire géopolitique de la Chaire Raoul Dandurand (Canada). Distinguished Professor à Grenoble Ecole de Management (GEM). Membre du Conseil scientifique du CRATIL. Directeur de séminaire au Collège interarmées de défense (Ecole de Guerre, Paris). Auteur de nombreux articles et ouvrages en sept langues. verluise@iris-france.org
Source Diploweb.com -
Premier site géopolitique francophone
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[1] Cette première partie s’appuie sur la contribution de P. Verluise à l’ouvrage co-signé avec G.-F. Dumont, Géopolitique de l’Europe, Paris, Sedes.
[2] Jean-Robert Henry, « La nouvelle question méditerranéenne », Questions internationales, n° 31, mai-juin 2008, Paris, La Documentation française, p. 83.
[3] Cité dans Frédéric Lallemand, L’Union pour la Méditerranée : pourquoi ? comment ? Paris, Fondation pour l’innovation politique, juin 2008, p. 46.
[4] Pierre Pascallon, « Le projet d’Union méditerranéenne en lambeaux », in Études géopolitiques, n° 9, Paris, OEG – diffusion Karthala, 2008, p.104
[5] Bichara Khader, « De l’Union méditerranéenne de Nicolas Sarkozy au Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée », dans Lallemand, Frédéric, (dir.), L’Union pour la Méditerranée : pourquoi ? comment ?, Paris, Fondation pour l’innovation politique, juin 2008, p. 67.
[6] Dorothée Schmid, « J’émets des doutes sur l’utilité de cette "Union" », www.euractiv.fr, 11 juillet 2008.
[7] SAMU : Service d’aide médicale urgente.
[8] La Méditerranée dans la Géopolitique mondiale, Radio France Internationale, 20 mars 2010, disponible en ligne http://www.rfi.fr/contenu/20100318-mediterranee-geopolitique-mondiale
[9] Florence Beaugé, L’Union pour la Méditerranée dans l’impasse, Le Monde, Bilan Géostratégique, édition 2010, p. 135.
[10] Dorothée Schmid, Du processus de Barcelone à l’Union pour la Méditerranée, changement de nom ou de fond ? Questions internationales, n°36, mars-avril 2009, Paris, La documentation française, p. 52. Ce numéro consacre un dossier à « La Méditerranée. Un avenir en question ».
[11] Un jardin zoologique a été ouvert à Vincennes le 7 mai 1931 dans le cadre de l’Exposition coloniale organisée dans le Bois de Vincennes (Paris, 12e arrondissement). Compte tenu de son succès, la ville de Paris concède au Muséum d’Histoire naturelle la création d’un véritable parc zoologique.
[12] Source : Site de la mairie de Vincennes. Consulté en juin 2010 à l’adresse
http://www.vincennes.fr/Decouvrir-Vincennes/Autour-de-Vincennes/Parc-zoologique/Parc-zoologique-de-Paris-rappel-chronologique
[13] Europa, L’Union pour la Méditerranée : la Commission renforce sa contribution aux projets prioritaires, IP/09/1113, Bruxelles, 10 juillet 2009, p.1. Consulté en juin 2010 à l’adresse
[14] Ibidem, p. 2
[15] La BEI se présente ainsi : « La Banque européenne d’investissement a été créée […] par le Traité de Rome en tant qu’institution de financement à long terme de l’Union européenne. La BEI a pour mission de contribuer à l’intégration, au développement équilibré et à la cohésion économique et sociale des États membres de l’UE. La BEI emprunte d’importants volumes de fonds sur les marchés des capitaux et les prête à des conditions favorables en faveur de projets contribuant à la réalisation des objectifs de l’UE. » Source : Site de la BEI, consulté en juin 2010 à l’adresse http://www.eib.org/about/
[16] Source : Site du ministère des Affaires étrangères (France), consulté en juin 2010
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/europe_828/union-europeenne-monde_13399/relations-exterieures_853/union-pour-mediterranee_17975/upm-lancement-du-fonds-investissement-inframed-26.05.10_82596.html
[17] Groupe Caisse des dépôts et consignation, Lancement du Fonds Inframed Infrastructure, 28 mai 2010. Consulté sur le site de la Caisse des dépôts et consignation en juin 2010 à l’adresse
http://www.caissedesdepots.fr/actualite/toutes-les-actualites/toutes-les-actualites-hors-menu/lancement-du-fonds-inframed-infrastructure.html
[18] Ibidem.
[19] Depuis la signature du traité de l’Elysée en 1963, il convient de parler avec émotion et conviction de « l’amitié franco-allemande ». Si les relations entre la France et l’Allemagne fédérale sont fort heureusement devenues pacifiques, elles restent complexes et souvent ambiguës. Le manque d’enthousiasme français au moment de la chute du mur de Berlin a ajouté un passif de taille. Cf. Verluise, Pierre, 20 ans après la chute du Mur. L’Europe recomposée, Paris, Choiseul, 2009. Voir les chapitres 3, 4 et 5.
[20] Goulard, Sylvie, 4 décembre 2008, conférence à Lille, extrait du compte-rendu de l’association Connaissance et vie d’aujourd’hui.
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Création de L’Union méditerranéenne des géomètres (UMG)

Les géomètres du Bassin méditerranéen, ont souhaité créer une Union méditerranéenne des géomètres afin de favoriser les échanges entre professionnels des deux rives de la Méditerranée et de contribuer ensemble au développement durable de cet espace. Les statuts de l’UMG ont été approuvés à Marseille le 22 juin 2010 en marge du 40e Congrès de l’Ordre des géomètres experts.
Le projet d’Union Méditerranéenne des Géomètres (UMG) est né en juillet 2009 à Rabat d’une initiative commune des Présidents des ordres de géomètres de France, d’Italie, du Liban et du Maroc de créer une organisation régionale représentant les géomètres du bassin méditerranéen afin d’aider les pays de cette région à renforcer leurs liens culturels et professionnels et à promouvoir la profession dans son ensemble.
Quatre objectifs principaux ont été définis à l’occasion de cette première réunion de Rabat :
= Faciliter la libre prestation de services des professionnels ;
= Garantir un haut niveau de formation initial et continu afin de protéger les consommateurs du Bassin

méditerranéen ;
= Soutenir l’organisation de la profession dans les pays du Bassin méditerranéen ;
= Concourir aux objectifs définis dans le cadre de l’Union pour la Méditerranéen.
Ces objectifs s’inscrivent dans le cadre du projet euro-méditerranéen d’Union Pour la Méditerranée. A ce titre, l’UMG pourrait bénéficier de fonds accordés par la Banque européenne d’investissement pour le financement de ses actions.
Afin de mettre en œuvre ces objectifs, des projets de statuts ont été définis en concertation avec les pays du bassin méditerranéen à l’occasion de réunions communes à Rome, Prague et Sydney.
Ces statuts ont été approuvés à Marseille le 22 juin 2010 en marge du 40e Congrès de l’Ordre des géomètres experts . Les participants ont également défini un plan d’action à court et moyen terme pour les années à venir. Ce plan d’action sera officiellement présenté à l’occasion du Congrès international de la Fédération internationale des géomètres (FIG) qui se déroulera à Marrakech du 18 au 22 mai 2011.
Composition du Bureau de l’UMG :
Aziz Hilali (Maroc): Président UMG
Fausto Savoldi (Italie) et Antoine Mansour (Liban) : Vice-présidents
Pierre Bibollet (France) : Secrétaire général/trésorier
Pour plus d'info : http://www2.geometre-expert.fr

vendredi 2 juillet 2010

La Stratégie Europe 2020 et sa répercussion en Méditerranée.

L’Arc latin, dans le but de favoriser une réflexion sur le futur de la Méditerranée devant les nouvelles orientations marquées par la Stratégie Europe 2020, a organisé, avec l'appui du Comité des Régions (CdR), et en son siège, un séminaire européen intitulé « la Stratégie Europe 2020 et sa répercussion en Méditerranée ».
Le séminaire - qui a eu lieu le 17 juin à Bruxelles, au moment ou se déroulée la réunion du Conseil Européen de l'UE- à regrouper plus de ont pris part 70 personnes réparties entre représentants du CdR, du Comité Économique et l'Européen Sociale (CESE), du Parlement Européen, de quelques Directions Générales de la Commission Européenne, de réseaux et d'organismes européens, de bureaux de délégations régionales, ainsi que des membres de l’Arc Latin.
Le séminaire s’est déroulé en trois blocs thématiques correspondant aux axes de la Stratégie Europe 2020, c’est à dire la croissance intelligente, la croissance durable et la croissance inclusive. Deux autres sessions ont également eu lieu, ces dernières étaient plus focalisées sur la répercussion de la nouvelle stratégie en Méditerranée, soulignant le débat existant sur les macro régions dans cette zone.
En ce sens, après une introduction sur la situation actuelle dans la zone faite par la DG Mare de la Commission Européenne, les résultats du projet ESPON 2013 furent présentés dans une application au secteur Méditerranéen, et plus spécifiquement celui de la Méditerranée occidentale, dans le cadre d'un possible rapprochement de cette zone comme Macro-région.
Dans le cadre de la même session, l'Agence Européenne Territoire et Synergie a également commenté les scénarios spatiaux du secteur en soulignant la nécessité d’en tenir compte au moment d'élaborer les stratégies et en insistant sur la coordination et la synergie des divers réseaux d'acteurs régionaux et locaux qui opèrent dans la zone.
Dans la session sur la croissance intelligente les rapporteurs de la DG Éducation et culture de la Commission européenne et de la Commission EDU de du CdR, ainsi que le modérateur de la session, le vice-président de la Commission Cohésion Économique de l’Arc Latin (CG de la Drôme), ont souligné la nécessité de soutenir principalement l'éducation, la recherche et l'Innovation. Ils ont, de plus, insisté sur l'importance de développer l'investissement privé/public pour créer de nouvelles occasions sur le marché.
Par la suite, une attention spéciale fut accordée à l'Agenda Numérique Européen autour duquel il fut rappelé l'importance de la coopération entre les différents niveaux de gouvernements afin d’atteindre un haut niveau de recherche et d’innovation et d’accélérer les processus permettant de faire « masse critique ».
En ce qui concerne la croissance durable, le représentant de la DG Regio, a mis l'accent sur le rôle des gouvernements locaux dans l'application de cette partie de la stratégie, en particulier dans la réduction de l'émission des gaz d'effet de serre, de la préservation de l'environnement et de la création d'infrastructures vertes ainsi que la promotion et le développement de l’écho-innovation.
Pour sa part, le représentant du CdR, a présenté la plate-forme de monitorage Europe 2020 et les résultats de la consultation « votre voix en Europe » (à laquelle l’Arc Latin a pris part – plus d’information ici).
En outre, la Présidence de la Commission Cohésion Territoriale de l’Arc Latin a mis en évidence certaines des problématiques de la stratégie par rapport à la PAC et aux territoires du réseau.
La troisième dimension de la stratégie, la croissance inclusive, a été abordée par des représentants de la Présidence de la Commission Cohésion Sociale de l’Arc Latin (Provincia di Alessandria), de la Commission ÉCHOS du CdR et du Comité de suivi Euromed de la CESE. Il fut avant tout souligné que l'espace à disposition des gouvernements locaux pour la participation à la conception des méthodes et des objectifs de la stratégie est très réduit. En ce sens nous nous trouvons face à un paradoxe puisque ce niveau de gouvernement est le plus proche du citoyen et par conséquence devrait être le plus adéquat pour juger l'amélioration de sa condition sociale.
Finalement, des représentants de l'institut Méditerranéen Paralleli, et de la Commission Inter-Méditerranée de la CRPM, ont apporté leur vision aux cotés de la vice-présidence italienne de l’Arc Latin (Provincia della Spezia), insistant notamment sur l'importance de l'inclusion de la Méditerranée dans les politiques européennes et dans la stratégie pour qu'on puisse réduire les inégalités en travaillant autour des piliers fondamentaux du développement du secteur : la durabilité environnementale et la création d'un espace prospère, accessible, attrayant et sûre.
Plus d'information : http://www.arcolatino.org/

Séminaire CRPM - L'Europe et son voisinage: vers des macro-régions? Perspectives politiques et opérationnelles

Alors que 2010 constitue une étape cruciale pour la formalisation des politiques qui vont nous guider au cours de la période de programmation 2014 politique régionale, la Conférence des Régions Périphériques et Maritimes Commission Inter-Méditerranéenne ont organisé le 1 Juillet 2010 un Séminaire sur « l’Europe et son voisinage: vers des macro-régions ? Perspectives politiques et opérationnelles »
Pour la CRPM, qui est la seule organisation des Régions organisée en Commissions géographiques, la possibilité pour l’Europe d’intervenir sur des espaces fonctionnels de plus grande dimension territoriale et à forte vocation intégratrice est devenue une nécessité.
Michel Vauzelle, Président de la Région Provence Côte d’Azur (FR) et de la Commission Inter Méditerranéenne de la CRPM a rappelé que la Commission Inter-méditerranéenne défend la nécessité de la mise en place et de la mise en œuvre d’une politique structurelle de convergence en Méditerranée et qu’il est nécessaire pour cela de mobiliser la politique de voisinage, en cohérence avec la politique régionale européenne
« Aujourd’hui, il nous paraît qu’une macro bassin méditerranéen serait un outil adapté au développement d’une telle politique dans le cadre de la prochaine programmation 2014-2020.
Notre horizon 2020 a la forme du défi que doit relever une Europe secouée par la crise, divisée, distancée par les pays émergents, en panne de relance. On ne pourra pas répondre à ce défi sans une politique de cohésion économique, sociale et territoriale renforcée. C’est la dimension régionale de cette politique qui permettra de concilier cohésion et diversité. Cette politique de convergence doit être étendue aux frontières de l’Union. C’est une nécessité géostratégique, politique, économique et sociale.
»
La Commission européenne a participé aux travaux avec Dirk Ahner, Directeur général de la DG REGIO, John O’Rourke, Directeur en charge de la coordination du voisinage à la DG RELEX, et Carla Montesi, Directrice pour la Mer Méditerranée et la Mer Noir à la DG MARE.
Dirk Ahner s’est dit très en faveur des stratégies macro-régionales en soulignant leur aspect constructif : Nous voulons les stratégies macro-régionales pour promouvoir l’intégration européenne et non pour diviser l’Europe en parties. En plus, elles font un consensus parmi les Etats Membres, les Institutions de l’UE et les régions.»
Lambert Van Nistelrooij, Membre de la Commission REGI du Parlement européen a renforcé
l’idée en disant que le futur des macro-régions pourrait se baser sur un nouvel Objectif III et Gianni Pittella, Vice-président du PE et Délégué à l'Assemblée parlementaire euro-méditerranéenne a remarqué qu’une telle macro-région serait en ligne avec le choix fait au moment du lancement de l’Union pour la Méditerranée (UMP).
Le Comité des Régions s’est exprimé par sa Présidente Mercedes Bresso, Conseillère régionale de la Région Piémont (IT), et via Ramón Luis Valcárcel Siso, Président de la Région de Murcia (ES).
« Nous pourrions incorporer dans l’agenda d’une Macro-région plusieurs thématiques, notamment la gestion de l’espace maritime, la lutte contre les changements climatiques, la recherche et l’innovation pour une énergie plus durable, les transports qui favorisent l’accessibilité ainsi qu’une politique sur l’immigration » a déclaré le Vice-président du CoR, aussi Vice-président de la CRPM.
Parmi les autres Régions présentes, les propositions de la CRPM pour les macro-régions et pour le voisinage ont aussi été évoquées. Gunn Marit Helgesen, « Mayor » du Comté de Telemark (NOR) s’est exprimée en tant que 1ére Vice-présidente de la CRPM : « La mission que le Traité de Lisbonne confère à la politique régionale est d’assurer un développement équilibré du territoire européen, alors que la Stratégie EU 2020 est une stratégie de croissance. La politique régionale devra donc contribuer à la croissance européenne, mais à la condition que la croissance qui est créée soit équilibrée sur le territoire; il est donc nécessaire que la politique régionale continue de bénéficier à toutes les Régions.
La CRPM a récemment publié deux notes1 sur les macro-régions et sur le voisinage qui étaient distribuées aux participants.
Pour plus d’information, contacter Enrico MAYRHOFER :
E-mail : enrico.mayrhofer@crpm.org

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jeudi 1 juillet 2010

Valeur économique des bénéfices soutenables provenant des écosystèmes marins méditerranéens

Le Plan Bleu vient de mettre en ligne sur son site web une nouvelle étude régionale sur la valeur économique des bénéfices soutenables provenant des écosystèmes marins méditerranéens, réalisée avec le soutien du Plan d'Action pour la Méditerranée (PAM), l'Agence Française de Développement (AFD), l'Agence Espagnole de Coopération Internationale au Développement (AECID), le Fonds Français pour l'Environnement Mondial et l'IFREMER.
L'étude mise en ligne est exploratoire et novatrice au sens où elle ne retient que la part soutenable des bénéfices provenant des écosystèmes marins méditerranéens.

Elle fournit une valeur régionale agrégée, centrée sur l'évaluation de cinq grands services écologiques ; fourniture de ressources alimentaires, fourniture d'aménités et de supports récréatifs captés par le tourisme, la restauration et l'immobilier côtier, régulation du climat mondial par séquestration du CO2, atténuation de l'érosion du littoral et absorption des rejets organiques, pour les 22 pays riverains de la Méditerranée.
Cette étude a été suivie par un Comité de Pilotage international et a bénéficié de l'expertise de chercheurs de l'Ifremer, de la FEMISE et de l'Université de Sophia Antipolis.
Par Helene ROUSSEAUX - Mediaterre.org - juin 2010
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