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dimanche 30 juin 2013

L'Union pour la Méditerranée lance un nouveau projet pour renforcer le transport et le commerce en Méditerranée



Un nouveau projet lancé cette semaine par l'Union pour la Méditerranée (UpM) vise à stimuler le développement dans les pays sud-méditerranéens en facilitant le transport et en intensifiant les échanges commerciaux dans cette région. Le projet LOGISMED-TA (activité de formation LOGISMED) renforcera le secteur de la logistique de la région méditerranéenne et entend y mettre en place cinq nouvelles plateformes logistiques.
 
Les ministres du transport du Maroc et de la Tunisie, le commissaire européen en charge de l'élargissement et de la politique européenne de voisinage Štefan Füle et le vice-président de la Banque européenne d'investissement Philippe de Fontaine Vive, ont tous participé à la conférence de lancement de ce projet, lundi à Barcelone. À cette occasion, ils ont exprimé leur plein appui et engagement en faveur de ce projet.
 
Le secrétaire général de l'UpM, Fathallah Sijilmassi, a annoncé que le projet serait d'abord mis en œuvre en Égypte, au Maroc et en Tunisie. Un représentant du ministère algérien a pour sa part annoncé au cours de la conférence que l'Algérie comptait également se joindre au projet. Pendant la période 2013-2018, LOGISMED-TA sera mis en œuvre dans dix pays méditerranéens et permettra la création de cinq nouvelles plateformes logistiques.
 
Le projet renforcera la compétitivité du secteur logistique dans la région. Il viendra en complément aux programmes de formation existants et soutiendra les partenaires méditerranéens dans leurs efforts pour améliorer les qualifications du personnel de ce secteur.
 
Le secrétaire général de l'UpM a décrit le secteur de la logistique comme un vecteur de développement, ajoutant que : « LOGISMED-TA contribuera à renforcer le transport et à stimuler les échanges commerciaux dans la région ». Le commissaire Füle a, pour sa part, déclaré qu'une main-d'œuvre qualifiée était cruciale pour atteindre cet objectif.
 
Le ministre tunisien du transport, Abdelkarim Harouni, a déclaré que son pays accordait beaucoup d'importance à ce projet « car la coopération en Méditerranée n'avancera pas si l'on n'accorde pas une attention particulière au transport. De même, le transport n'évoluera pas sans le soutien de la logistique, secteur pour lequel nous avons un plan de développement fondé sur l'apport de ressources humaines et la modernisation des infrastructures. »
 
LOGISMED-TA est un projet de l'UpM promu par la Banque européenne d'investissement (BEI) et financé par la Commission européenne (3 millions d'euros) et le Fonds de transition du Partenariat de Deauville (3,4 millions d'euros).
 
De nombreuses études ont souligné la nécessité d'améliorer la compétitivité du secteur de la logistique du transport dans la région méditerranéenne : le nombre insuffisant d'opérateurs en logistique et le manque de personnel qualifié dans ce secteur représentent des faiblesses majeures qui entravent le développement du commerce dans la région. 
 
Pour en savoir plus
Conférence de lancement – Galerie de photos
LOGISMED-TA – Page projet
Union pour la Méditerranée – Transport et développement urbain
Union pour la Méditerranée – Site internet
EU Neighbourhood Info Centre – Transport

Tunisie-France : Réflexions parisiennes sur le nouveau modèle économique et social tunisien

La première semaine économique tunisienne en France a été une occasion d'approfondir, à Paris, le débat sur les moyens de résoudre les problèmes économiques et sociaux ayant été à l'origine de la révolution tunisienne.

«Un taux de chômage de 18%, qui grimpe à 30% pour les jeunes diplômés de l’université; 15% de la population vivant dans la pauvreté et 30% des travailleurs victimes de précarité puisqu’évoluant dans le secteur informel».
Ces chiffres, rappelés par Mohamed Ennaceur, ancien ministre, lors du colloque sur “le nouveau modèle économique et social tunisien“, organisé mardi 18 juin 2013 à Paris (dans le cadre de la première semaine économique tunisienne en France) en disent long sur ce que le ministre tunisien des Finances, Elyès Fakhfakh, appelle «l’essoufflement du modèle économique et social tunisien», responsable «du déséquilibre régional et du chômage».

Alors que ce modèle défaillant était, paradoxalement, rappelle M. Ennaceur, vanté avant le 14 janvier 2011 par les organisations internationales –qui en soulignaient les performances (multiplication du PIB par deux en 30 ans, un taux de croissance de 4,5% sur plusieurs années, 80% de la population active bénéficiant de couverture sociale, etc.)-, la révolution tunisienne est venue «révéler une situation sociale absolument étonnante et effarante».

Il n’est de ce fait guère étonnant qu’on assiste depuis à une explosion des sentiments de «frustration, colère, impatience», parfois violente, et qu’en conséquence le «contrat social lui-même» soit mis à mal et que l’Etat «perde sa crédibilité».

Un constat partagé par Radhi Meddeb, patron de Comete Engineering et président de l’association Action Développement Solidaire (ADS), qui voit «trois exigences derrière la révolution tunisienne: plus de liberté, de meilleures conditions économiques et sociales et de plus grandes opportunités économiques». En conséquence de quoi, on peut estimer, avec le ministre des Finances, que «la réussite de la transition politique dépend de la réussite de la transition économique et sociale».

En trente mois, la Tunisie a fait «d’importants progrès en matière de satisfaction de l’exigence de liberté, de l’élaboration de la Constitution et de la mise sur pied de nouvelles institutions». Mais, «les choses n’ont pas suffisamment avancé sur le plan économique et social. La situation s’est même dégradée et la population qui s’impatiente réclame des réformes», observe Radhi Meddeb. D’où la nécessité «plus que jamais de réfléchir à un nouveau modèle économique et social». Ce que Mohamed Ennaceur a déjà fait.

Pour l’ancien ministre, un nouveau modèle économique et social devrait «garantir au Tunisien un revenu et une couverture sociale minimums», et favoriser «la solidarité entre générations» -pour «faire un effort, un sacrifice en faveur des jeunes» confrontés au chômage. Cet effort pourrait être financé, selon M. Ennaceur, par «une taxe à supporter par l’ensemble de la population» et par la réaffectation des ressources que dégagerait le recentrage des interventions de la Caisse de Compensation.

Enfin, pour que le nouveau modèle puisse fonctionner –«il doit gérer le présent mais également l’avenir», il faudrait, selon l’ancien ministre, que «l’Etat soit, tout en favorisant et respectant les règles du marché, le garant de l’ordre économique et social».
Par Moncef Mahroug - Source de l’article Webmanagercenter

Les représentants locaux de l’UE et de la région méditerranéenne se penchent sur la mobilité urbaine durable et la gestion de l’eau à Bethléem


Les membres de la Commission pour le développement durable (« SUDEV ») de l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) se sont réunis pour la première fois à Bethléem, ce 15 juin, afin de discuter de la mobilité urbaine durable et de la dimension locale et régionale de la gestion de l’eau en Méditerranée. 

L’événement a permis aux maires et aux représentants régionaux de l’UE et des pays partenaires méditerranéens – dont une quarantaine de représentants palestiniens – d’examiner des questions d’intérêt commun.     
 
Hani Abdalmasih Al-Hayek, coprésident de la SUDEV et maire de Beit Sahour (Palestine), a inauguré la réunion en ces termes : « Aujourd’hui, les représentants des autorités locales et régionales des pays partenaires de l’Union pour la Méditerranée (UpM) se réunissent pour examiner des questions qui concernent tous les citoyens. Le renforcement de la coopération – à partir du niveau local – est l’essence même de l’ARLEM et nous permet d’apporter une dimension territoriale à l’Union pour la Méditerranée. »   
 
Ramón Luis Valcárcel Siso, président du Comité des régions et coprésident de l’ARLEM s’est penché sur la gestion locale de l’eau dans la région méditerranéenne. Il a notamment évoqué le rapport sur la gestion locale de l’eau en Méditerranée adopté par l’ARLEM en 2011, qui détermine la position commune des autorités locales et régionales sur cette question : « Notre rapport entend surtout insister sur la nécessité d’une approche décentralisée dans la Stratégie pour l’eau dans la Méditerranée… Selon nous, des actions connexes doivent associer toutes les politiques sectorielles, tous les acteurs intéressés et tous les niveaux décisionnels et nous nous réjouissons donc de voir l’UpM suivre nos recommandations. »   
 
Les participants ont également pu écouter une présentation sur le projet labellisé UpM  « Gouvernance et financement pour le secteur méditerranéen de l’eau ». Cette initiative soutenue par l’ARLEM a été présentée par Rafiq Husseini, secrétaire général adjoint en charge de l’eau et de l’environnement au Secrétariat de l’UpM. 
 
Les défis économiques, sociaux et environnementaux de la mobilité et des transports urbains étaient également à l’ordre du jour. Hani Abdalmasih Al-Hayek a présenté un  document stratégique rédigé par le rapporteur de la SUDEV, Karim Bennour (Alger) qui servira de base à la préparation du rapport provisoire qui sera présenté lors de la prochaine séance plénière de l’ARLEM. L’objectif est d’identifier les caractéristiques de base et les défis de la mobilité dans les pays méditerranéens. L’UpM envisage d’organiser d’ici la fin de l’année une réunion ministérielle sur le transport. 
 
La Commission pour le développement durable (SUDEV) est l’une des deux commissions de l’ARLEM. Elle entend doter l’Union pour la Méditerranée d’une dimension territoriale. Elle traite en particulier des thèmes suivants : développement durable, gestion de l’eau, gestion des déchets, énergie solaire, transport, agriculture, tourisme etc.   
 
L’ARLEM a été lancée en 2010 pour apporter une dimension territoriale à l’UpM en associant plus étroitement les autorités locales et régionales aux projets de l’UpM. Elle se compose de 84 représentants locaux et régionaux de l’UE et de ses partenaires méditerranéens et est dotée d’une coprésidence qui représente les partenaires méditerranéens et l’UE. 
 
Pour en savoir plus
ARLEM : page web
Union pour la Méditerranée – site web
EU Neighbourhood Info Centre – Société civile et autorités locales

Le Huffington Post lance une version en français pour le Maghreb

Le journal Internet Huffington Post, dont Le Monde est actionnaire, a annoncé mardi 25 juin le lancement d'une édition maghrébine, Al Huffington Post Maghreb, qui couvrira la Tunisie, le Maroc et l'Algérie en français.

La publication d'Al Huffington Post, qui sera la première édition de ce site en Afrique, se fera en partenariat avec la journaliste française Alix Etournaud et l'entrepreneur tunisien Farès Mabrouk.

"Un mois après le lancement de notre première édition asiatique au Japon, nous sommes ravis de mettre la plateforme de HuffPost au service de l'Afrique du Nord et d'inviter les populations du Maghreb à rejoindre le cercle sans cesse élargi du dialogue planétaire", a déclaré Arianna Huffington, directrice de la rédaction du Huffington Post Media Group, lors du lancement.

La version maghrébine est une "évidence depuis l'avènement des 'printemps arabes' et l'explosion des réseaux sociaux", a pour sa part indiqué Alix Etournaud, épouse de Matthieu Pigasse, homme d'affaires français actionnaire du Monde.

Six à huit journaliste par rédaction

Le site devrait comporter à terme trois rédactions composées de six à huit journalistes professionnels chacune : Tunisie en premier, puis Maroc et Algérie. Kader Abderrahim assurera la direction éditoriale du site qui sera un mélange d'"informations en temps réel, de blogs, de contributions, de vidéos et de présence sur les réseaux sociaux", précise un communiqué du Huffington Post. Houeida Anouar sera la rédactrice en chef de l'édition tunisienne.

En plus de dresser un portrait complet de la région, divers sujets-clés, tels que "la constitution, les nouvelles libertés et l'éducation" seront traités, souligne Arianna Huffington sur son blog. Le Huffington Post Maghreb se veut aussi un "espace culturel commun" et vise à "rapprocher éditorialement [les] pays maghrébins", a affirmé Farès Mabrouk.

Plusieurs blogueurs participeront à cette édition maghrébine dont Mahmoud Triki, doyen de la Mediterranean School of Business (l'Ecole de commerce méditeranéenne), Hela Ammar, autrice, avocate et artiste qui traite de la loi, la morale et la liberté d'expression ou l'écrivain turc Ece Temelkuran à propos des récents événements en Turquie.

Le Huffington Post compte actuellement huit éditions : Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Japon, Canada et Maghreb. Une version allemande est attendue pour l'automne.
Source de l’article Le Monde

Colloque à Tunis de l'Euromed sur "le dialogue civil et social dans les contextes de transition"

Le ministre des Affaires sociales, Khalil Zaouia, a déclaré que la Tunisie vit aujourd'hui au rythme des dialogue nationaux dans tous les domaines, ce qui reflète une nouvelle réalité qui réunit les conditions d'une bonne gouvernance et balise le terrain pour une démocratie naissante. 

M. Zaouia, qui s'exprimait à l'ouverture, jeudi 27 juin à Tunis, de la conférence finale du programme Euromed Société civile, organisée à l'initiative de la plateforme non gouvernementale Euromed, a souligné "qu'il n'est plus permis après la révolution d'agir individuellement". Pour lui, le dialogue n'est plus l'apanage des tribunes parlementaires; la société civile constitue une partie essentielle de ce dialogue. 
Dans ce contexte, il a évoqué le dialogue national organisé à l'initiative de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) auquel ont pris part les partis politiques et les composantes de la société civile en vue de parvenir à une vision consensuelle sur la nouvelle Constitution du pays. 

Le contrat social, un pas important...  
M. Zaouia a souligné l'importance du dialogue, particulièrement en cette étape transitoire car seul le dialogue permet d'éviter au pays de sombrer dans les conflits. Il a s'est félicité de la signature, à l'occasion du premier anniversaire de la révolution, du contrat social entre les partenaires sociaux (gouvernement, UGTT et Union tunisienne de l'industrie du commerce et de l'artisanat (UTICA). Le ministre des Affaires sociales estime que ce contrat est un pas très important sur la voie de l'institutionnalisation du dialogue social. 

Il a appelé les pays de la rive nord de la méditerranée a renforcer leur appui aux pays qui ont connu des révolutions afin qu'ils puissent réussir leurs étapes transitoires. La situation qui prévaut, aujourd'hui, dans plusieurs pays du sud de l'Europe est si proche de celle vécue par les pays du printemps arabe, a-t-il fait remarquer, ajoutant "nous sommes appelés à unifier les visions et à renforcer notre coopération dans l'intérêt de la région euro-méditerranéenne". La directrice du programme Euromed Société civile, 

Souad Triki avait, auparavant, donné un aperçu du contenu de ce programme qui vise, a-t-elle dit, à renforcer les capacités institutionnelles de la société civile et promouvoir le dialogue avec les institutions publiques. 
Pour sa part, Ziad Abdousamed, président de la plateforme Euromed, a indiqué que ce programme repose sur les principes proclamés dans les conventions internationales, faisant remarquer que le conflit entre les forces démocratiques et conservatrices est toujours d'actualité, ce qui veut dire que tous les scénarios sont possibles dans les pays qui vivent une période transitoire. 

Patrick Berkmans, conseiller de coopération, délégation de l'Union européenne en Tunisie, a souligné que l'UE oeuvre à apporter son appui aux gouvernements et à la société civile dans les pays du printemps arabe en matière d'organisation d'un dialogue responsable et constructif dans tous les domaines, car ce dialogue constitue un facteur essentiel dans la stabilité de la région euro- méditerranéenne. 

Les travaux de cette conférence, qui se poursuivra jusqu'à samedi prochain, portent sur plusieurs questions: dialogue civil et social et mutations économique, sociales, politiques et culturelles dans le nouveau contexte régional; libertés fondamentales, citoyenneté et droits des femmes; mutations dans les pays du sud de la méditerranée; liberté d'expression et participation des sociétés civiles aux processus Euromed et aux politiques d'appui de l'Union européenne et les institutions; instruments et mécanismes du dialogue social et civil.
Source de l'article TAP & Webmanagercenter

Aide de l'UE à la gouvernance en Égypte : « un soutien bien intentionné mais inefficace», selon les auditeurs externes de l'UE


La Cour des comptes européenne (CCE) publie un rapport très critique sur l'aide versée par l'UE pour promouvoir des domaines clés de gouvernance en Égypte pendant les périodes qui ont précédé et suivi le soulèvement de janvier 2011.  « La méthode douce n'a pas fonctionné. Il est temps d'adopter une approche plus ciblée qui produira des résultats concluants et garantira une meilleure utilisation de l'argent du contribuable européen »,  a déclaré Karel Pinxten, le membre de la Cour des comptes européenne responsable de ce rapport.
 
L'audit s'est concentré sur la gestion des finances publiques (GFP) et la lutte contre la corruption d'une part, et sur les droits de l'homme et la démocratie d'autre part.
 
Pour la période 2007-2013, l'UE a alloué à l'Égypte une aide d'environ 1 milliard d'euros. Plus de la moitié de ces fonds transitant par le Trésor égyptien, dans le cadre du mécanisme d'aide connu sous le nom d' « appui budgétaire », une grande confiance est accordée à la gestion des finances publiques du pays.
 
La Commission et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) n'ont pas la certitude que les autorités égyptiennes remédient aux graves faiblesses en matière de GFP, explique le rapport. Le manque de transparence budgétaire, l'inefficacité de la fonction d'audit et la corruption endémique sont quelques-unes de ces faiblesses. La Commission et le SEAE n'ont pas réagi à l'absence de progrès en prenant des mesures décisives afin de garantir l'obligation de rendre compte des importants volumes de fonds de l'UE, qui ont continué d'être versés directement aux autorités égyptiennes, selon un communiqué de presse de la CE.
 
De même, les interventions de l'UE en faveur des droits de l'homme et de la démocratie n'ont amené que peu de progrès. Le principal  programme en matière de droits de l'homme a, dans une large mesure, été un succès. Il a débuté lentement et a pâti de l'attitude négative des autorités égyptiennes. La Commission et le SEAE n'ont pas employé les moyens financiers et politiques dont ils disposaient pour vaincre cette résistance. Certains éléments du programme ont dû être totalement abandonnés. Les fonds acheminés par l'intermédiaire des organisations de la société civile (OSC) n'ont pas été suffisants pour faire vraiment la différence.
 
Aucune nouvelle initiative de grande envergure visant à régler les questions majeures des droits de l'homme n'a été lancée après le soulèvement et les mesures prises n'ont eu que peu d'incidence jusqu'à présent. Les droits des femmes et des minorités n'ont pas reçu une attention suffisante lors du réexamen qui a suivi, alors qu'il était crucial d'agir immédiatement pour endiguer la montée de l’intolérance.
 
La quasi-totalité des recommandations du rapport de la Cour ont été acceptées par la Commission et le SEAE, indique encore le communiqué de presse. 
 
Pour en savoir plus
Interview de Karel Pinxten, membre de la CCE responsable du rapport
Coopération de l'UE en Égypte dans le domaine de la gouvernance  – Rapport complet
Cour des comptes européennes – Site web
EU Neighbourhood Info Centre – Page web sur l’Égypte
Délégation de l'UE en Égypte – Site internet

L’Europe et la Méditerranée : Propositions pour construire une grande région d’influence mondiale


Face aux bouleversements que connaît la région, le défi du renouvellement se pose aux pays du Nord comme aux pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée. Pour le relever, le Comité d’orientation politique d’IPEMED propose, dans un rapport commandé en février 2013 par le président du Parlement européen, Martin Schulz, des pistes de réflexion et de collaboration concrètes pour construire une grande région intégrée, durable et solidaire. 

Dans le cadre des petits déjeuners d’IPEMED, Elisabeth Guigou et Abderrahmane Hadj Nacer, membres du Comité d’orientation politique d’IPEMED, sont revenus sur les enjeux d’un partenariat renouvelé entre pays méditerranéens, exposés dans ce rapport intitulé « L’Europe et la Méditerranée : propositions pour construire une grande région d’influence mondiale ». Ces travaux avaient fait l’objet, en avril 2013, d’une présentation devant la Commission politique de l’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée (AP-UPM). 

Un moment charnière pour la Méditerranée

Introduisant la rencontre, Agnès Levallois a rappelé que la Méditerranée se trouvait à un moment charnière de son histoire. Les sociétés du Sud se sont, après des décennies d’autoritarisme, mises en mouvement pour contester l’ordre établi. C’est la question de la renégociation du pacte social et du modèle de développement économique qui se pose désormais. C’est aussi, pour les pays du Nord, un nouveau défi : celui du renouvellement du pacte qui les unit aux pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée (PSEM). En effet, la relation qui liait les pays des deux rives de la Méditerranée n’a plus rien « d’automatique », l’Europe n’est plus le seul interlocuteur des PSEM, d’autres acteurs se tournent vers la région et tentent de tisser des liens avec ces pays. D’où la nécessité de repenser les relations entre l’Europe et la Méditerranée, d’apprendre à négocier avec des pouvoirs légitimes, issus des urnes, qui n’ont pas les mêmes agendas que les anciennes élites. Récemment encore, la « politique méditerranéenne », la « politique méditerranéenne rénovée », le « partenariat euro-méditerranéen » ou la « politique de voisinage » étaient associés à des projets pensés au Nord et imposés au Sud avec un seul objectif : celui de la construction institutionnelle d’Etat à Etat. Aujourd’hui, cette approche est dépassée et il est temps de la renouveler.

Elisabeth Guigou, ancienne ministre et présidente de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, rappelle que la dynamique impulsée par le processus de Barcelone, qui avait suscité un vif espoir en 1995, s’est vite essoufflée. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire de rénover le partenariat entre les deux rives et de mettre en oeuvre ce grand projet de région méditerranéenne intégrée, durable et solidaire. Pour Elisabeth Guigou, le projet Euro-med est, pour les européens, une nécessité économique et politique. Au-delà, il relève d’une responsabilité historique. A défaut de construire ce partenariat, l’Europe sera « durablement fragilisée dans la mondialisation ». L’Europe a un rôle clé à jouer. L’engagement du Parlement européen et de son président Martin Schulz en faveur de l’Euromed doit à ce titre être salué. La première réunion, le 7 avril dernier, de tous les présidents des Parlements des pays membres de l’UpM à Marseille a été, à cet égard, un grand pas pour l’euro-méditerranée.

L’approche par les projets

Pour refonder ce partenariat euro-méditerranéen, Elisabeth Guigou rappelle que le rapport du Comité d’orientation politique d’IPEMED recommande une approche par les projets. Cette dernière est considérée comme un vecteur de compréhension et de coopération mutuelles tant dans le domaine de la santé, de l’agriculture et de l’agroalimentaire que de la gestion de l’eau etc. Elle a également appelé de ses vœux une intégration économique accrue, qui serait facilitée par la convergence des normes et la sécurisation des investissements, deux axes majeurs du rapport commandé par Martin Schulz. Les  « colocalisations », thème absolument central abordé lors des derniers déplacements des ministres et du Président François Hollande dans les pays du Maghreb notamment, s’inscrivent comme un élément incontournable du partenariat euro-méditerranéen.

Enfin, pour Elisabeth Guigou, la construction du partenariat euro-méditerranéen ne pourra se faire sans associer les sociétés civiles, qui joueront pour la première fois un rôle central. Tel est l’enjeu de la proposition de créer une conférence pour la solidarité et la coopération en Méditerranée. Il est en effet essentiel de « sortir de l’étatisme et du bilatéralisme » et de l’asymétrie du dialogue entre l’Europe et les PSEM. 

Abderrahmane Hadj Nacer, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie et co-président du Comité d’orientation politique d’IPEMED, adhère à ce point de vue et complète cette vision en soulignant que la pression exercée par l’UE sur les PSEM afin qu’ils ouvrent leurs frontières commerciales – sans se soucier d’avancées sur d’autres aspects des politiques européennes, quant au respect des droits de l’homme notamment – contribue à répandre dans les PSEM le message « Oubliez l’Europe, tournez-vous vers l’Amérique ». 

Pour Abderrahmane Hadj Nacer, le principal défi de la construction du partenariat euro-méditerranéen sera celui du partage : partage des ressources en eau, des terres arables ; question de l’accès au sous-sol etc. Notamment, il est essentiel de redéfinir la notion de bien commun et les mécanismes de partage équitable de la rente, des progrès technologiques et de la création d’emploi également, Ce qui suppose de faire émerger une solidarité dans un contexte parfois hostile.

« Le droit à l’Etat de droit »

Selon le co-président du Comité d’orientation politique d’IPEMED, c’est la redécouverte des fondamentaux de l’Etat de droit qui a permis la renaissance de la Turquie, qui avait « sombré comme un pays sous-développé ». Le pays a su tirer partie des contraintes du complexe normatif européen pour instaurer un « Etat de droit », notion universelle selon A. Hadj Nacer, contrairement à celle de « démocratie ». L’Etat de droit devrait constituer le socle du partenariat euro-méditerranéen, quelle que soit la forme qu’il revêt. Les « transitions démocratiques » en cours, pour être qualifiées comme telles, devraient faire émerger des régimes plus respectueux des droits des personnes. 

Parmi les projets développés dans le rapport du Comité d’orientation politique, la création d’une banque méditerranéenne est centrale. En effet,  ce projet vise à créer des réseaux pour refaire circuler les fonds et lutter contre le fléau que constituent les détournements. Pour l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, les pays du Maghreb doivent absolument s’inscrire dans l’effort européen pour faire avancer la législation quant à la traçabilité des fonds, qui doit évoluer dans une dynamique Nord-Sud.

Des destins liés, un héritage compliqué

Les deux orateurs ont ensemble dénoncé la méfiance, voire la défiance, qui caractérise les relations euro-méditerranéennes. Ces dernières sont en effet marquées par la méconnaissance et la prégnance d’une approche de court terme qui ont entraîné méfiance au Nord et crispations identitaires au Sud. A. Hadj Nacer a déploré que ce cadre soit la trame de fond de tous les échanges entre pays du Nord et du Sud de la région. Pour eux, le passage d’une approche administrative des migrations à une approche économique des mobilités sera l’un des éléments déterminants du déblocage des relations entre le Nord et le Sud de la Méditerranée. En outre, pour Abderrahmane Hadj Nacer, si l’industrie se déplace au Sud pour régler la problématique des migrations – par le biais de la colocalisation, de la création de chaînes de valeur entre le Nord et le Sud – le problème des comptes sociaux, de l’équilibre des comptes de la sécurité sociale pourrait être résolu concomitamment, ce qui impliquerait de parler de solidarité.
Compte rendu par Clarisse Boury - Source de l'article IPEMED

Le Pôle Mer PACA devient le Pôle Méditerranée

Pôle Mer PACALe Pôle Mer PACA, à vocation mondiale, change de nom. Il devient le Pôle Méditerranée.
Un changement de nom significatif entériné lors de son assemblée générale, hier jeudi 27 juin, réunion au cours de laquelle ont été présentés les 6 domaines d’actions stratégiques du contrat de performance, et dévoilée sa nouvelle feuille de route stratégique relative au développement durable de l’économie maritime et littorale.

Une ambition à la fois méditerranéenne et internationale
Créé en 2005, le Pôle Mer PACA, présidé par Bernard Sans, directeur de la "Business Unit Simulateurs / Formations" de DCNS, a étendu depuis 2008 son action et ses coopérations autour de l’arc méditerranéen, avec des acteurs du domaine maritime en région Languedoc Roussillon, aux compétences complémentaires à ceux de la région PACA. Le changement de son nom, "Pôle Mer PACA en Pôle Mer Méditerranée", correspond ainsi à une évolution de ses activités et de son territoire autour d’une ambition à la fois méditerranéenne et internationale.
Dans le cadre de son nouveau contrat de performance 2013/2018, le Pôle Mer Méditerranée et ses membres ont pour ambition de développer durablement l’économie maritime et littorale. Cette ambition, partagée avec le Pôle Mer Bretagne, se décline en trois orientations stratégiques:
Etre un des principaux leviers de la politique maritime intégrée
Etre une référence internationale dans le domaine maritime et littoral en valorisant leurs membres et leurs territoires à travers la marque « Pôle Mer »
Etre un moteur de la compétitivité des entreprises

Les 6 domaines d'actions stratégiques du pole
Le Pôle a structuré son action autour de 6 domaines d’actions stratégiques qui réunissent une communauté d’acteurs industriels et académiques de taille suffisante (avec des champions mondiaux), une intensité de R&D importante sur le territoire et un potentiel de développement économique attractif que ce soit par l’émergence de nouvelles activités ou par le redéploiement d’activités existantes. Il s'agit de :
  • Sécurité et sûreté maritime
  • Naval et nautisme
  • Ressources énergétiques et minières marines
  • Ressources biologiques marines
  • Environnement et aménagement du littoral
  • Ports, infrastructures et transports maritimes
Plus d’information :  www.polemerpaca.com

Chiffres clés :
  • 350 membres
  • 3/4 d’Entreprises (dont plus de 150 PME)
  • 1/4 Recherche & Formation
  • 200 projets labellisés, pour un effort de R&D de 546 M€.
  • Labellisation de plusieurs plates-formes mutualisées d’innovation : ABYSSEA, INOVSYS, Stellamare, 2…
Par Jean Pierre Largillet -  Source de l’information Webtimemedias

France-Maroc « La Méditerranée des projets» pour revigorer l’UPM

Après le relatif échec du déploiement de l’Union pour la Méditerranée (UPM) telle que défendue par Sarkozy, la France est en train de réajuster le concept compte tenu des changements que connaît la région. A cet effet, François Hollande a confié une mission sur «la Méditerranée des projets». Mission confiée au député Michel Vauzelle, vice-président de la Commission française des Affaires étrangères.
Vauzelle, qui est également président de la région PACA, était porte-parole de l’Elysée du temps de Mitterrand.  Il s’est rendu cette semaine au Maroc pour expliquer les fondamentaux de la nouvelle vision.

- L’Economiste: Dans un contexte de crise économique, comment la France peut contribuer à l’investissement et relancer des projets en Méditerranée ?
- Michel Vauzelle : La France est touchée par la crise. Elle est obligée de faire un certain nombre d’efforts par un gouvernement de gauche. Les électeurs ne s’attendaient pas à une politique de rigueur et de remise en ordre. Mais cette remise en ordre est nécessaire parce que la gauche a besoin de démontrer sans arrêt qu’elle sait gérer avec sérieux les intérêts du pays, même en adoptant des mesures impopulaires qui remettent en cause des acquis sociaux. C’est ce qui se passe en ce moment. C’est le résultant de la politique réaliste et respectueuse des intérêts de la France que mène le président François Hollande. Je pense que la France ne peut pas sortir seule de cette situation où le gouvernement actuel doit faire face aux effets de la mondialisation. On vit dans un monde confronté à la concurrence de pays comme la Chine et l’Inde qui n’ont pas les mêmes critères en matière de rétribution et de droits du travail. En même temps, il y a un héritage de 10 ans de gouvernement de droite, qui, au lieu d’apporter des réponses, a aggravé la situation en allant dans un sens ultralibéral qui n’était pas souhaitable. S’y ajoute une majorité à droite au Parlement européen qui veille sur cette politique libérale dont les conséquences sont connues de tous.

- Beaucoup parlent de l’échec de l’Union pour la Méditerranée telle que défendue par Sarkozy. Qu’apporte de nouveau la touche socialiste ?
- L’UMP a eu, il faut le reconnaître à Sarkozy, une très belle et grande idée qu’est celle de l’Euro Méditerranée. Quoiqu’au départ, l’idée était l’Union de la Méditerranée. Et puis rapidement, on a vu que cette politique de canonniers diplomatiques n’a pas été acceptée par l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne… finalement, l’UE a repris la main sur ce projet. Je crois qu’il y a eu une erreur dans la précipitation avec laquelle Sarkozy a lancé cette idée qui a été immédiatement récupérée par l’Allemagne et par l’Europe et qui a ensuite étouffé le projet.  Aujourd’hui, l’argent est à Bruxelles et c’est la commission qui décide. De notre côté, on peut avoir des solutions et discussions comme les 5+5. Cela demande une construction assez à droite et pas forcément aisée avec Bruxelles.

- Il y a eu aussi la crise économique, le printemps arabe, la chute de certains régimes, le Sahel… Est-ce que cela n’a pas compromis ce projet méditerranéen ?
- Non pas du tout.  Je pense que le printemps arabe est un mouvement qui est à la fois profond et extrêmement complexe, puisque il y a plusieurs printemps arabes dans la mesure où certains pays n’ont pas connu de mouvement révolutionnaire et qui accomplissent de grandes réformes et une évolution sociale. C’est le cas notamment du Maroc. Il y a aussi des pays où le printemps arabe a apporté la révélation. Tout d’un coup, l’on découvre la richesse d’une jeunesse, d’un peuple, de ses femmes qui ont été muselées… c’est le cas de la Tunisie. Ensuite, il y a la situation de la Libye, qui est très singulière, parce que Kadhafi s’était attelé à faire disparaître tout ce qui ressemblait à un Etat. Du coup, on a aujourd’hui un pays qui mérite tous nos soins parce qu’il fait partie du Maghreb arabe. Il faut éviter toute tentation de voir la Libye se tourner uniquement vers l’Est. Ensuite, il est clair que l’attitude d’Israël par rapport à la colonisation en Palestine et la guerre en Syrie compliquent la situation… S’y ajoute l’influence des pays du Golfe dans l’espace méditerranéen. Il ne faut pas oublier que la France n’est pas seulement partenaire du Maroc, de l’Algérie, de la Tunisie, de la Mauritanie et de la Libye uniquement par rapport à la Méditerranée, mais aussi par rapport au sud de ces pays avec ce qui se passe au Sahara et au Sahel où la France se bat avec les Maliens. Tout cela pour dire que la Méditerranée est devenu un problème immense et très complexe. Face à cette situation, on devra essayer de commencer par de petits pas, des solutions modestes où l’on n’évoque plus de grands organismes tant méditerranéens ou euro-méditerranéens. L’UPM est là, elle existe. Elle n’a pas tout à fait disparu. Mais surtout essayons de voir si dans le bassin occidental de la Méditerranée, et à partir des régions, on peut trouver des réponses qui sont adaptées à une situation sociale qui est très difficile et très préoccupante et qui d’ailleurs, bien souvent, a été la raison des printemps arabes.

- A travers vos négociations au Maroc, avez-vous identifié des pistes concrètes de projets ?
- Tous les secteurs que vous avez signalés ont été évoqués. Maintenant, je ne suis pas membre du gouvernement. Le président Hollande m’a demandé non pas une expertise, mais l’avis d’un honnête parlementaire qui  plus est un amoureux de  la Méditerranée et qui pense que l’on a une communauté de destins, que l’Europe devra se construire avec l’espace méditerranéen. Par conséquent, nos destins sont liés. Ils le sont d’autant plus qu’il y a une diaspora très importante dans une région comme celle que je préside et qui compte 5 millions d’habitants avec une présence ethnique et culturelle très importantes de personnes d’origine maghrébine. Ce qui m’a frappé à travers les différentes rencontres, c’est que toutes les personnalités, les ministres, les opérateurs économiques… me parlent d’une préoccupation. Celle des problèmes posés par la jeunesse et l’inexistence d’une formation professionnelle adaptée à une masse de jeunes au bord de la désespérance. Donc il y a urgence pour la paix sociale et l’avenir de nos pays à réintégrer cette jeunesse qui représente une force vive et une capacité démographique importante au Maghreb. Du côté européen, c’est le même problème qui se pose même si l’Europe n’a pas le même type de démographie. Mais justement, les démographies sont complémentaires si l’on veut bien les considérer comme tel. L’inverse fait le lit de la montée de l’intégrisme, le racisme et le rejet de l’autre dans les deux sens.

- Justement, quelles sont les pistes de réflexion pour l’emploi ?
- Sur l’emploi, il y a deux choses. L’une consiste à voir comment nous pouvons créer des outils relativement simples qui nous permettent de rapprocher, par des co-localisations, des co-constructions, des instruments qui permettent de répondre à la nécessité d’une formation professionnelle adéquate. C’est ce qui permettra de trouver du travail à des milliers de jeunes. Il est paradoxal d’avoir une inadéquation entre des offres de travail et des jeunes qui sont désespérés. C’est un problème massif et qui appelle une réponse urgente. Et c’est la première chose sur laquelle devraient se pencher la France et le Maghreb. Le second aspect concerne les étudiants, qui vont très loin dans leurs études mais qui ne trouvent pas de travail. Ce phénomène, je le vois en France, au Maroc, en Algérie, en Tunisie…

- A propos des jeunes, il y a encore des problèmes liés à la mobilité et au visa…
- Evidemment je ne suis pas le ministre de l’Intérieur. Je ne suis pas non plus Monsieur Guéant (rires). Mais je pense que Manuel Valls mène une réflexion dans ce domaine. En tout cas ce que je proposerai au président de la République, c’est  d’avoir une libéralisation de cette politique. Car on ne peut pas demander aux pays de cet espace la liberté de circulation des capitaux et puis empêcher la liberté de circulation des personnes. Moralement, c’est scandaleux! Même sur le plan de la bonne gestion de la société méditerranéenne, c’est stupide. Car l’on se prive de toute une jeunesse, une  force vive qui se sent rejetée par une Europe qui tient des discours moralisateurs, qui donne des leçons… Sur ce sujet, et sans toucher  aux accords Schengen, il est possible de trouver des solutions avec les autres pays de l’espace européen, notamment sur la formation professionnelle et les statuts d’un certain nombre de personnes. Il y a aussi toute cette diaspora qui peut jouer un rôle considérable, qui amène beaucoup de richesse humaine à la France. Cette diaspora qui porte deux cultures peut jouer un rôle à l’avant-garde de toute une jeunesse d’origine maghrébine. Sur le même registre, il y a une réflexion très sérieuse à mener sur l’enseignement de l’arabe en France. D’ailleurs, l’Etat français est à cœur d’ouvrir l’école laïque à  l’enseignement de l’arabe en France, pour ne pas laisser l’apprentissage de cette langue confiné aux seuls lieux de religion. Pour la mobilité de personnes, je pense à des outils, notamment via des formations professionnelles co-construites. En clair, des outils reconnus parce que co-construits à la fois du côté maghrébin, français et européen.  Ces outils seront délivrés par des diplômes ou certificats et permettront aux jeunes d’avoir accès au visa, à la circulation et la mobilité nécessaires pour des stages, de la formation… Il y a aussi un savoir-faire dans l’agriculture et l’artisanat marocain et tunisien, la décoration d’intérieur. Politiquement, c’est très important qu’il y ait une mobilité dans les deux sens.

- Quels sont les rôles assignés au Maroc et à la France pour soutenir «La Méditerranée des projets» ?
- En France en tout cas, je n’ai pas de leçons à donner à quiconque. Mais pour mon pays,  il y a en ce moment non seulement une crise financière et sociale, mais aussi une crise morale. La démocratie du temps de Mitterrand était une chose. Aujourd’hui, il y a les défis de la mondialisation qu’il faut relever. Il y a aussi les nouvelles techniques de l’information et de la communication qui ont tout bouleversé. Elles peuvent être des instruments de servitude comme de libération. Aujourd’hui, nous sommes face à une nouvelle situation et nous avons besoin pour  régénérer la démocratie représentative d’une démocratie participative… Et puis il y a le rôle que doit jouer une société civile qui pousse en ce moment les portes et qui a envie de comprendre, d’être consultée et respectée.
Par Amin RBOUB – Source de l’article l’Economiste

Catherine Ashton réaffirme l’engagement de l’UE envers la sécurité et la prospérité au Liban



Lors d’une visite au Liban, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a souligné l'importance d’apaiser les tensions liées au conflit chez son voisin syrien. Catherine Ashton était au Liban hier et aujourd’hui, et s’est entretenue avec le Président Michel Sleiman, le président du Parlement Nabih Berri et le premier ministre par intérim Najib Mikati.
 
« À chacun de ces entretiens, j’ai réaffirmé notre engagement envers la sécurité et la prospérité au Liban. J’ai également réitéré notre soutien à la politique officielle libanaise de dissociation à l’égard de la crise syrienne et à la Déclaration de Baabda. J’appelle toutes les parties à les respecter, » a indiqué Catherine Ashton dans une déclaration.  « J'ai insisté sur l’importance de l’apaisement des tensions. Nous soutenons pleinement les forces armées libanaises dans leurs efforts visant à assurer la sécurité du pays, à protéger ses frontières et à préserver la paix. »
 
Lors de ses entretiens avec les représentants libanais, la Haute Représentante de l’UE a évoqué l’impact de la crise syrienne sur le Liban. « J’ai réaffirmé l’engagement de l’UE pour une solution politique au conflit syrien et la nécessité de mettre un terme à cette violence. L'UE soutientpleinement les efforts actuellement déployés en vue d’une conférence de paix internationale basée sur les principes énoncés dans le communiqué de Genève du 30 juin 2012, » a ajouté Catherine Ashton.
 
Au sujet de la crise des réfugiés au Liban, elle a déclaré que « n’importe quel pays aurait éprouvé des difficultés face à une augmentation de 25% de sa population » et elle a loué les efforts accomplis pour apporter protection et assistance aux réfugiés.
 
Accompagnée du Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la Haute Représentante de l’UE a également visité un centre communautaire et s’est entretenue avec le commandant général de brigade Paolo Serra.
 
« Depuis le début de la crise, l'UE a apporté une aide financière considérable (1,24 milliard d’euros) à la Syrie et à ses pays voisins touchés par la crise. Ce matin, j’ai pu constater par moi-même en quoi consiste cette aide que nous apportons aux Libanais pour répondre à la crise syrienne. Le centre communautaire que j’ai visité illustre parfaitement notre démarche : travailler avec les plus vulnérables. L’objectif est de responsabiliser  et d'aider les réfugiés syriens et les communautés d’accueil libanaises à travailler ensemble. »
 
Catherine Ashton a émis le souhait qu’ « un nouveau gouvernement soit prochainement formé pour relever les défis urgents auxquels le Liban fait face actuellement ». 
 
Pour en savoir plus
EU Neighbourhood Info Centre - Liban

Le Maroc et l’UE entament un deuxième round de négociations à Bruxelles


Le-Maroc-est-le-premier-pays-du-sud-de-la-Mediterranee.jpg● Après la réunion de cadrage tenue le 22 avril dernier à Rabat, les négociateurs marocains et européens se retrouvent du 24 au 27 juin à Bruxelles pour un 2e round de négociations sur l’ALECA.
● Au menu des discussions, les questions réglementaires du domaine des affaires, notamment la facilitation des échanges, les obstacles techniques au commerce, la protection des investissements et la politique de concurrence.
● L’ALECA, qui fera partie de l’accord d’association UE-Maroc, a pour objectif principal de faciliter l’intégration progressive de l’économie marocaine dans le marché intérieur de l’UE.


Le Maroc et l’UE ont repris hier à Bruxelles les négociations pour la conclusion d’un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). Il s’agit du deuxième round de discussions entre les deux parties, le premier round s’étant tenu à Rabat il y a un peu plus d’un mois. 
Selon le négociateur en chef de l’UE, Ignacio Garcia Bercero, les pourparlers porteront essentiellement sur les services, le seul grand domaine économique qui n’est pas couvert par les accords actuels entre l’UE et le Maroc, ainsi que sur toutes les questions réglementaires du domaine des affaires. L’ALECA, qui fera partie intégrante de l’accord d’association Maroc-UE, couvrira une gamme complète de domaines réglementaires d’intérêt commun, tels que la facilitation des échanges, les mesures sanitaires et phytosanitaires, la protection des investissements, les marchés publics et la politique de concurrence.

Mais au-delà de ses aspects techniques et commerciaux, l’ALECA est un accord qui devrait consolider davantage l’arrimage du Maroc à l’UE et renforcer la compétitivité et les structures économiques du Royaume. 
«L’ALECA ira au-delà de la libéralisation des échanges commerciaux et de la suppression des droits de douane applicables aux biens. C’est surtout un accord de gouvernance économique qui vise à assurer un climat des affaires plus stable grâce à un rapprochement de la législation marocaine à l’acquis communautaire», affirme l’ambassadeur, Menouar Alem, chef de la mission du Royaume du Maroc auprès de l’UE. Il s’agit donc, selon le diplomate marocain, d’un accord qui vise à consolider davantage l’ouverture de l’économie nationale et à faciliter son intégration progressive dans le marché intérieur de l’UE à travers notamment la convergence réglementaire.

À cet égard, il y a lieu de préciser que le rapprochement réglementaire entre le Maroc et l’UE n’est pas nouveau, car le Royaume avait entamé depuis plusieurs années le processus d’harmonisation de sa législation avec la réglementation de l’UE. Toutefois, c’est pour la première fois que cet aspect fait partie d’un accord contraignant pour les deux parties avec une perspective à moyen terme de l’intégration de l’économie marocaine dans le marché intérieur de l’UE. «Le Maroc est déjà très avancé dans le processus d’harmonisation de sa législation avec la réglementation de l’UE et c’est pour cette raison qu’il est le premier pays du voisinage sud de la Méditerranée avec lequel l’UE a entamé les négociations sur une zone de libre-échange approfondie et complète», rappelle M. Alem. L’importance des enjeux liés à l’ALECA n’est donc plus à démontrer, surtout pour le Maroc qui en cas d’aboutissement des négociations pourra tirer profit de l’intensification des flux commerciaux avec l’UE. C’est ce que vient de démontrer d’ailleurs une étude récente.
En effet, les résultats préliminaires de l’étude d’impact menée par le cabinet de conseil néerlandais ECORYS pour évaluer les effets de l’ALECA sur le plan économique, social et environnemental aussi bien au Maroc que dans l’UE relèvent que l’ALECA devrait à long terme accroitre le PIB du Royaume de près de 1,6%. L’étude prévoit aussi une augmentation à long terme des exportations de 15% contre 8% des importations. Pour ce qui est de l’impact social, l’analyse en question montre que l’ALECA devrait contribuer à l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens avec une augmentation des revenus comprise entre 1,6 et 1,9%. Par ailleurs, l’ALECA devrait permettre à l’UE un gain en PIB de 834 millions d’euros à court terme et de 1,4 milliard d’euros à long terme.
Outre l’évaluation de la manière dont les dispositions commerciales et celles liées au commerce en cours de négociation pourraient influer sur les questions économiques, sociales et environnementales dans l’UE et au Maroc, l’étude devrait également proposer des mesures (commerciales ou non commerciales) à même de maximiser les bénéfices de l’ALECA et de prévenir ou minimiser les impacts négatifs potentiels.

Les secteurs économiques diversement impactés

Le cabinet de conseil néerlandais ECORYS, à la demande de la Commission européenne, a mené une étude pour évaluer l’impact de l’ALECA sur le Maroc et l’UE. Cette étude prévoit à long terme une augmentation des exportations du Royaume vers les pays de l’Union (+15%). Les importations elles aussi devraient croitre, mais de seulement 8%. 
Les exportations du secteur des autres équipements de transport devraient augmenter de 89% et celles des secteurs autres machines et véhicules automobiles devraient progresser respectivement de 71 et 50%, selon les auteurs de cette analyse qui estiment que le secteur des autres machines devrait profiter le plus de la libéralisation des échanges et connaitre la plus grande augmentation des exportations en valeur absolue (+3,3 milliards d’euros à long terme). 
L’analyse souligne d’autre part que l’ALECA devrait profiter à certains secteurs de l’économie nationale plus que d’autres. Ainsi, si la valeur ajoutée dans les secteurs des fruits et légumes ainsi que celui des services devait croître respectivement de 4% et de plus 1%, le secteur du cuir devrait être le secteur le plus affecté par l’accord avec une réduction de la production de 3,6% à long terme suivi du secteur des céréales et autres cultures dont la production devrait baisser de 2,7% à long terme.
En ce qui concerne les services, le secteur des technologies de l’information et de communication et autres services aux entreprises pourrait perdre près de 1,7% de sa production à long terme en raison d’une concurrence plus accrue de la part des entreprises européennes.
Source de l'article Le Matin

Repères
  • Le Maroc et l’UE ont tenu, le 22 avril dernier à Rabat, un premier cycle de négociations au cours duquel ils ont abordé les secteurs dont le Maroc souhaite harmoniser en premier et d’une manière graduelle la législation avec l’acquis communautaire.
  • L’ALECA, qui fera partie de l’accord d’association UE-Maroc, a pour objectif principal de faciliter l’intégration progressive de l’économie marocaine dans le marché intérieur de l’UE.
  • L’accord s’inscrit dans le cadre de la nouvelle génération d’accords de libre-échange que l’UE envisage de conclure avec quatre pays du sud de la Méditerranée, à savoir le Maroc, la Jordanie, la Tunisie et l’Égypte.
  • Le Maroc est le premier pays avec lequel l’UE a entamé les négociations sur un tel accord, ce qui témoigne de l’engagement ferme et irréversible du Royaume sur la voie de la réforme.

Marseille : la mode, couleur Méditerranée

Elles & Co - Mode - Marseille : la mode, couleur Méditerranée
C'est tout le dynamisme de la Maison méditerranéenne des métiers de la mode (MMMM) qui a été transportée à Casablanca pendant quelques jours. L'objectif de Maryline Bellieud-Vigouroux, sa fondatrice, était d'honorer la Casa moda academy, la petite soeur marocaine de la Maison de la mode.
Car elle abrite une licence mais aussi l'AMC, l'association marocaine des créateurs, pour former comme sa marraine marseillaise, une entité unique, de formation et d'aide à la création.
 
Une filière en pleine mutation
Cette année, Fouad El Amri, directeur général de la CMA et Sylvie Richoux, directrice développement, fêtent aussi la première promotion d'élèves diplômés, via notamment un défilé très attendu. Il a eu lieu mercredi dernier au sein des nouveaux locaux de l'école marocaine. Joli symbole du tournant majeur qui est amorcé au Maroc, celui de l'émergence de sa création. La filière ne veut plus être cantonnée à la fabrication en série en temps record pour les marques internationales.
Forte d'un savoir faire artisanal, de la broderie à la teinture ou au cuir, elle veut voir plus loin. "Le secteur du textile a désormais besoin de s'équiper en stylistes et en créateurs", explique ainsi Saïd Benabdeljalil, responsable au sein de l'Amith, l'association des professionnels du textile marocain, et lui-même à la tête de marques comme Flou-Flou-Flou.
 
"Ce sont les industriels qui donnent des emplois"
Reste qu'il faut que les professionnels tendent la main à cette jeune création, cosmopolite et formée à l'international. Maryline Bellieud-Vigouroux a pu ainsi faire le lien avec tous les intervenants de cette précieuse chaîne notamment avec le conseiller du roi Mohammed VI, André Azoulay, désormais parrain de la promotion sortante, qui a d'ailleurs encouragé les stylistes en herbe de la Casa moda acamedy :"L'Amith est là pour donner les moyens aux jeunes car ce sont les industriels qui donnent des emplois. Je sais qu'il y a de la frilosité mais il ne faut pas bouder son plaisir. La création est là".
Et d'ajouter à l'adresse des étudiants juste avant le défilé:"Soyez les plus audacieux, jusqu'à la provocation !" Un beau message apprécié par les élèves comme Samia qui compte bien rester au Maroc :"Il y a tout à faire ici. Et je veux apporter ma touche personnelle. On est connu comme sous-traitants. Il manque notre création."
 
250 000 emplois supplémentaires d'ici 2025
D'autant qu'il faut des fonds pour ouvrir une boutique, de l'énergie pour créer une clientèle qui ne jure que par le luxe occidental... De nombreux créateurs souffrent d'ailleurs, malgré des talents inouïs comme Sara Chraïbi, d'un certain dédain.
Cela devrait vite changer, peut-être grâce au dialogue, à la fougueuse jeunesse et au programme de la filière textile qui prévoit à l'horizon 2025 la création de 250 000 emplois supplémentaires.
 
Marseille collabore avec le Maroc
En outre, le lien avec Marseille sera toujours présent et gage de progression. D'ailleurs, de nombreux Marseillais ont au quotidien un lien direct avec le Maroc comme la marque Tcheka qui a installé son atelier, ou Jézequel voire même Sessun côté production.
Et la création méditerranéenne a de beaux jours devant elle. La preuve avec la formidable exposition signée par la MMMM, "Marseille M la mode".

Par Agathe Westendorp – Source de l’article La Provence