L'institut de prospective économique du
monde méditerranéen (Ipemed) a organisé aujourd'hui vendredi un débat autour de
l'intégration économique en Méditerranée : quels blocages, quelles perspectives
? Morceaux choisis.
Intégration
Pour
Agnès Levallois, journaliste, consultante et conseillère éditoriale à l'Ipemed
: « La Méditerranée ne peut se construire qu'avec l'économie tout en ajoutant
que le regard vers l'autre devait changer ». Cependant, force est de constater
qu'actuellement, les relations économiques entre les deux rives de la
Méditerranée restent cantonnées à de simples échanges commerciaux entre
l'Europe d'un côté et chacun des pays du sud séparément. Cependant, le manque
d'intégration économique au Maghreb négligeable (à peine 3 % d'échanges
intra-zone) est un frein, tout comme les nombreuses divergences qui subsistent
entre les pays du sud. L'exemple le plus frappant est la fermeture des
frontières terrestres entre l'Algérie et le Maroc depuis près de deux
décennies.
« La colocalisation ne se décrète pas, c'est aux États de la
décider et de l'inciter »
De
son côté El Mouhoub Mouhoud, professeur d'économie à l'université
Paris-Dauphine a pointé du doigt « les liens artificiels entre l'Europe et les
pays du Maghreb trop centrés sur le bilatéralisme, contrairement à ce qui s'est
fait en Europe de l'Est ». Et d'ajouter que « les relations commerciales dans
cette zone étaient trop figées ». En clair, le nord se contente de délocaliser
les activités d'assemblage à faible valeur ajoutée au lieu de permettre au pays
du sud de pouvoir monter en gamme dans les biens intermédiaires par exemple.
Colocalisation
Pourtant,
la construction d'une stratégie de colocalisation serait bénéfique pour tout le
monde. « La colocalisation ne se décrète pas, c'est aux États de la décider et
de l'inciter. Il faut du capital humain pour faire de la colocalisation. C'est
l'un des principales problèmes des pays du Maghreb. Pour changer la donne, la
stratégie de formation est primordiale avec par exemple de la co-formation
basée sur des programmes d'échanges ».
Source
de l’article Jeuneafrique
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