Skhirat : Le 1er Forum de la BERD souligne la nécessité d'améliorer le climat des affaires

La BERD, Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, a ouvert le premier Forum des affaires de la région du Sud et de l’Est de la Méditerranée (SEMED), mercredi 04 novembre 2015 au Centre International de Conférence Mohammed VI à Skhirat. 

Résultat de recherche d'images pour "SKHIRAT : LE 1ER FORUM DE LA BERD"Ce Forum économique est organisé pour la première hors de Londres, pour réunir des investisseurs du monde autour de représentants de quatre pays de la partie méridionale et orientale du Bassin méditerranéen que sont le Maroc, la Tunisie, la Jordanie et l’Egypte et, pour permettre également de dynamiser le business entre eux-mêmes.

Un privilège 

C’est un honneur pour le Maroc d’avoir été choisi pour être l’hôte de ce forum, doublé du fait que la manifestation était organisée conjointement avec la CGEM, sur la base d’un mémorandum d’entente qui permet à la BERD depuis 2012, de faire un travail de terrain pour mieux connaître notre pays.

Le Forum, articulé autour du thème « libérer le Potentiel, a tenu quatre panels : l’industrie, les énergies renouvelables, l’agro-alimentaire et les infrastructures. Les experts de la BERD ont été nombreux à avoir fait le déplacement pour rencontrer tant les institutions publiques que le privé afin de les aider à transposer les bons modèles caractéristiques de la BERD dans notre pays, précisément dans des secteurs d’activités de choix. En effet, la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement appuie des investissements productifs et à forte valeur ajoutée.

Rappelons que la BERD a été créée par 64 pays actionnaires aux côtés de l’UE et la BEI (Banque Européenne d’Investissement). Elle a bénéficié d’un effort international, européen certes, mais aussi américain, japonais coréen, à la suite de la dislocation de l’Europe de l’Est pour aider ces pays à développer un secteur privé et y favoriser la transition économique.

Le Maroc en est un pays actionnaire fondateur qui siège au « board » de la BERD représenté par M. Boussaid, Ministre des Finances. A sa création, en 1991, la BERD était destinée au financement d’une espèce de « Plan Marshall » en faveur de l’Europe de l’Est, mais le Maroc s’était distingué en exprimant sa volonté d’en être actionnaire. Feu Hassan II avait compris que la BERD dans sa croissance naturelle chercherait des opportunités d’investissements dans d’autres pays, ce qui n’a pas tardé.

Rachid Amrani, manager d’un grand programme de conseils de la BERD « Small Business support » qui assiste les PME en leur apportant une expertise internationale dans leur domaine d’activité, par du conseil dans tous les domaines du markéting aux ressources humaines, la finance, l’export et les énergies renouvelables, nous a expliqué que « La relation de la BERD et les PME se traduit par la présence de consultants et d’experts auprès des entreprises prises en charge , tout en les aidant avec une subvention de 80 à 90 % des frais de la consultance. Ce programme est financé par les dons de l’UE et profite aux programmes de la BERD. La BERD, dont le siège est à Londres, est présente dans 26 pays dont le Maroc avec un siège à Casablanca.

La séance du premier Forum économique de la BERD qui s’est tenu au Maroc à Skhirat a été inaugurée par le Président de la BERD, M. Suma Chakrabarti qui dans son allocution d’introduction a rappelé l’intérêt porté par son institution à ces pays du Sud de la Méditerranée formant le SEMED, qui réunit le Maroc, la Tunisie , l’Egypte et la Jordanie, son nouveau terrain de prédilection. Et de préciser que les actionnaires de la BERD ont choisi aujourd’hui d’y investir pour soutenir le secteur privé. L’objet même de la banque étant de se consacrer à hauteur de 80 % de son activité au soutien des entreprises en mettant à leur disposition des équipes d’experts.

La force de cette banque se base justement sur les nombreux spécialistes des différents secteurs économiques logés pour nombre d’entre eux à Londres, mais aussi sur le terrain comme à Casablanca pour le Maroc. Le Président de la BERD reconnaît que les défis sont nombreux dans la région mais les opportunités aussi. La BERD travaille sur le « SEMED » depuis 3 ans et y a investi plus de 2,3 milliards d’euros pour aider à moderniser les entreprises. De façon générale, M. Chakrabarti dit avoir comme objectif de renforcer le climat des affaires et la résilience des économies. Si auparavant la BERD allait vers la demande, aujourd’hui elle suit les pays qui changent et évoluent, d’où le thème de ce Forum économique : « Libérer le potentiel » devait-il conclure.

La résilience, selon M. Boussaïd

Son hôte, M. Boussaid, Ministre des finances, a d’ailleurs commencé par saluer dans son intervention la pertinence de la thématique choisie qui est autant stimulante pour les gouvernements que pour le privé. Pour présenter le Maroc, il a ainsi mis en exergue notre modèle économique libéral et les axes de développement à travers des réformes structurelles et des stratégies sectorielles. Puis, il a souligné une certaine résilience de notre économie aux impacts négatifs de la conjoncture internationale et régionale, tout en s’engageant à approfondir et accélérer les réformes en vue d’une croissance durable, créatrice d’emploi. Il a aussi salué le travail de la BERD, l’invitant à soutenir davantage le secteur privé en mettant à sa disposition des instruments financiers novateurs et une expertise adaptée à ses besoins pour lui permettre de jouer un meilleur rôle dans le développement des pays de la région . Pour M. Boussaid, la régionalisation avancée devrait être un moteur de croissance pour notre pays, pour résoudre le problème du chômage, instaurer une égalité des chances et désengager l’Etat au profit du privé. Il devait conclure en saluant le travail de la BERD et le soutien qu’elle apporte aux pays du Sud de la Méditerranée, dans leur traversée de cette transition vers une émergence économique.

Priorité à l’environnement des affaires

Pour Mme Miriem Bensalah Chaqroun, Présidente de la CGEM, libérer le potentiel consiste pour les pays concernés par ce forum économique à trouver de nouveaux relais de croissance en signant de nouveaux partenariats avec les pays voisins pour sortir de la dépendance économique vis-à-vis de l’Europe elle même en panne de création de richesses. Pour ce faire, certes, on peut se prévaloir de la stabilité politique de notre pays ! Mais il faut améliorer le climat des affaires car la présidente de la CGEM fait le constat que « Nos entreprises peinent à rester viables face à une bureaucratie administrative complexe, aux difficultés de financement et de recouvrement. S’ouvrir sur de nouveaux marchés reste pour elles un luxe tant le quotidien est difficile. C’est ce qui explique les places des pays ici présents dans le classement de la Banque Mondiale du Doing Business ».

Par ces arguments, Mme la présidente commençait fort ! A cet effet, elle a annoncé que le Maroc vient de créer le CNEA, Comité National pour l’Environnement des Affaires, présidé par le chef du gouvernement M. Benkirane dans l’objectif notamment d’alléger les lourdeurs administratives. Ce comité se décentralise au niveau des régions pour se rapprocher des entreprises, les aider à dépasser certaines difficultés administratives afin de devenir plus transparentes. Grâce à cette initiative, le Maroc a gagné 5 places dans le dernier classement du Doing Business

Pour revenir à l’évènement de la BERD et les pays du SEMED, Mme Bensalah a rappelé qu’un partenariat avait été signé entre ces 4 pays à Agadir en 2007 et qu’elle regrettait qu’il n’ait pas été très fructueux. En effet, sur un objectif fixé de 200 millions de dollars de volume d’échange, seuls quelques cinq millions de dollars ont été réalisés. « Voilà un potentiel à exploiter par une meilleure intégration des économies de ces pays » relèva-t-elle ! Pour ce faire, la présidente devait annoncer qu’un Conseil d’affaires réunissant ces 4 pays serait créé la semaine prochaine à Casablanca pour rattraper le retard.

Et, pour revenir au soutien de la BERD à nos entreprises, ce sont 200 PME qui ont bénéficié de 630 millions d’euros d’assistance technique de la BERD pour leur développement en deux ans. Une très bonne conclusion à cette tenue du premier Forum économique de la BERD organisé au Maroc …

Par Afifa Dassouli - Source de l'article La Nouvelle Tribune


Un rapport souligne la nécessité de développer les marchés de capitaux dans la région SEMED

Selon un nouveau rapport de la BERD et du Fonds monétaire arabe (FMA), l’engagement des gouvernements et le leadership politique ont un rôle clé à jouer pour développer les marchés de capitaux dans la partie méridionale et orientale du bassin méditerranéen (région SEMED). Ce rapport a été rédigé dans le cadre du Partenariat de Deauville, lancé par la communauté internationale en réponse aux événements du Printemps arabe de 2011. Il couvre les marchés de l’Égypte, de la Jordanie, du Maroc et de la Tunisie, où la BERD investit depuis 2012. « L’établissement de marchés de capitaux locaux fonctionnant bien forme partie intégrante du processus de redynamisation économique. Ce rapport vise à faire avancer le développement des marchés de capitaux et à soutenir la croissance économique et la prospérité futures », a déclaré André Küüsvek, Directeur, Monnaie locale et développement des marchés de capitaux à la BERD.

Le rapport formule une série de 16 recommandations, dont 10 sont considérées comme des réponses rapides à court terme. Il s’y ajoute trois propositions à moyen terme et trois autres à plus long terme. Évaluant l’état actuel des marchés de la région, le rapport note qu’en dépit de différences nationales, les quatre pays examinés se trouvent confrontés à des défis communs. Des problèmes structurels entravent la capacité des marchés à stimuler l’esprit d’entreprise et la création d’emplois, dont on sait qu’il s’agit d’une question clé dans des économies où le chômage des jeunes constitue, en particulier, un problème social majeur.

Les recommandations à court terme mettent tout particulièrement l’accent sur les mesures qui devraient être prises par les autorités au plus haut niveau politique, y compris la création d’un comité national des marchés de capitaux, présidé par les Premiers ministres de l’Égypte, de la Jordanie, du Maroc et de la Tunisie. La création de groupes d’étude au niveau approprié garantirait le soutien politique et la coordination nécessaires afin de parvenir à un développement satisfaisant des marchés de capitaux. Les autres mesures à court terme incluent le développement d’une stratégie de gestion de la dette publique afin de soutenir la création d’une courbe des taux de rendement bien définie et réellement représentative, servant de référence pour l’évaluation d’autres actifs financiers. Il était également important de se concentrer sur des questions comme l’éducation des émetteurs et des investisseurs et d’accroître les pouvoirs d’exécution et de sanction conférés aux autorités de supervision et de régulation. Le rapport, qui est également le fruit de la coopération avec d’autres institutions financières internationales, définit une feuille de route afin de progresser dans le développement des marchés de capitaux, considérés comme un élément clé sous-tendant la transformation économique globale. Toutefois, quelques progrès ont déjà été accomplis, y compris l’adoption de plans d’action pour le développement des marchés de capitaux en Jordanie et en Tunisie ; des améliorations de l’infrastructure de compensation et de règlement-livraison sont en cours en Égypte ; et des mesures sont prises, plus particulièrement au Maroc et en Égypte, afin d’améliorer l’accès au financement des petites et moyennes entreprises. Les propositions à moyen terme du rapport incluent des mesures d’incitation afin de développer l’industrie privée, de renforcer les régimes de retraite existants et d’encourager la gestion professionnelle des investissements des compagnies d’assurances. Les recommandations à plus long terme sont toutes tournées vers l’extérieur, et proposent des actions visant à attirer les investisseurs internationaux vers les marchés locaux, à travailler avec les fournisseurs d’indices de manière à rehausser le statut des marchés concernés, pour les faire passer de marchés frontières à marchés émergents, et à s’efforcer d’obtenir des notations de crédit internationales qui stimulent l’appétit des investisseurs internationaux.

Depuis septembre 2012, la BERD a investi près de 2,3 milliards d’euros dans plus de 70 projets répartis entre les quatre pays, auxquels s’ajoutent 82 millions d’euros au titre de l’assistance technique.


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