Tunis abrite l’assemblée générale de l’Union des universités de la Méditerranée

L’assemblée générale de l’Union des universités de la Méditerranée se tiendra à Tunis les 24 et 25 octobre 2008 à Tunis avec la participation d’environ 80 universitaires représentant 80 établissements de l’enseignement supérieur de 20 pays méditerranéens appartenant à ce réseau universitaire.
Dans une rencontre avec les représentants des médias nationaux, M.Abderraouf Mahbouli, président de l’Université de Tunis a indiqué que les participants aux travaux de cette assemblée étudieront plusieurs thèmes portant sur l’impulsion de la coopération dans le domaine de l’enseignement supérieur méditerranéen et la présentation des expériences d’un nombre d’établissements de l’enseignement supérieur dans le domaine de la formation académique, la gestion et la réforme de l’enseignement universitaire.
Il a ajouté que les établissements universitaires relevant de l’Union des universités de la Méditerranée ont pour objectif d’instaurer un espace euro-méditerranéen de l’enseignement supérieur contribuant à faciliter l’échange des expertises et expériences entre les établissements de l’enseignement supérieur dans les pays méditerranéens.
Figure au programme de cette assemblée générale une communication scientifique intitulée ”La Méditerranée dans le monde d’aujourd’hui” du Pr Jaime Gil Aluja, président de l’Académie royale d’Espagne des sciences économiques et financières.
Le programme comporte trois tables rondes sur ”L’avenir de la coopération interuniversitaire en Méditerranée” du Pr Michèle Gendreau, ancienne recteur de l’Agence universitaire de la francophonie et ”La mobilité en Méditerranée” du professeur italien Alessandra Bianchi et ”Les réformes en matière d’enseignement supérieur dans les universités méditerranéennes, le système LMD et l’assurance qualité” du Pr Rafika Kesri, rectrice de l’Université de Boumerdes (Algérie).
Présentation sera également faite de l’université euro-méditerranéenne et du projet Tempus Medtra sur l’impulsion de la qualité dans l’enseignement supérieur. L’assemblée générale permettra de discuter plusieurs questions sur l’organisation interne de l’union.
Rappelons que l’Union des universités de la Méditerranée a été créée en 1991.Elle est considéré comme le plus grand réseau des établissements méditerranéens d’enseignement supérieur dans l’espace méditerranéen et vise à renforcer la coopération bilatérale et multilatérale entre les universités ainsi qu’exploiter au mieux les compétences universitaires et académiques au service du système de l’enseignement supérieur dans les pays méditerranéens.
Les universités tunisiennes relevant de l’union sont au nombre de 5 ,elles jouent un rôle important dans la dynamisation de l’échange scientifique et académique entre les universités méditerranéennes et la mise en place de programmes et projets de coopération commune sous la forme d’unités de formation couronnées par des diplômes scientifiques en collaboration avec un nombre d’universités méditerranéennes et portant sur le développement et l’exploitation du patrimoine et de l’enseignement à distance, outre la structuration de la gestion des universités et l’exploitation des ressources hydrauliques.

Infotunisie.com - le 21 octobre 2008

Les moules au secours de la Méditerranée

La pollution des mers et des océans a fait l’objet de débats passionnants à Toulon, lors du Forum de la mer, Biomarine 2008 ce mardi
Le forum de la mer, Biomarine 2008 est un forum international qui rassemble durant cinq jours le monde industriel, scientifique et politique autour de la mer. Dans le cadre de la Présidence française de l'Union européenne, 2 000 acteurs internationaux se retrouvent à Toulon (20 et 21 octobre) et à Marseille (22, 23, et 24) afin de faire émerger des solutions innovantes et concrètes pour la mer et les océans.
On dit souvent que la nature fait bien les choses. Les résultats obtenus dans le cadre des projets Mytilos, Mytimed, Mytiad et, en 2009, Mytior en sont une fois de plus la preuve. Du latin ‘mytilus’, ces appellations aux intonations mythologiques font référence à l’acteur principal de l’étude : la moule. Ce (délicieux) coquillage s’révèle être un extraordinaire instrument de mesure de la pollution marine, que n’égale aucun instrument technique!
La moule, un gros filtreur“Ça fait trente ans qu’on uilise les moules pour surveiller la contamination des eaux”, ex­plique Louis-Alexandre Roma­na, chercheur à l’Institut francais de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). “Les moules filtrent entre 4 et 5 litres d’eau par heure, absorbant ainsi les contaminants. Au bout de trois mois, la concentration des polluants dans le corps du mollusque est la même que celle de l’eau”, explique ce scientifique. L’ori­ginalité des projets “Myti”, initiés par l’Ifremer en 2004 puis reconduits partout en Méditer­ranée, c’est que les moules proviennent toutes d’un même endroit : pour avoir des données fiables, il faut connaître l’histoire de l’animal.
Les grandes villes reponsables de la pollution
Des poches de moules ont été placées à 500 endroits, révélant que les sites les plus pollués sont ceux situés à proximité des grandes villes. Alors que l’industrie a été pendant longtemps pointée du doigt, les experts présents au Forum de la mer à Toulon, ce mardi, s’accordent pour dire que nous sommes la plus grande menace sur la Méditerranée. Aujourd’hui, 450 millions de personnes vivent le long des côtes méditerranéennes. Elles seront 600 millions en 2050, et les touristes passeront de 100 millions par an à 350 millions”, a averti Francesco Civili, du plan de protection de la Médi­terranée de l’Unep (Program­me des Nations unies pour l’environnement). Dans 30 à 40% des villes côtières, les eaux usées partent directement à la mer, sans assainissement.
Les moules montrent clairement le chemin de la dépollution. Il part d’une meilleure gestion de nos villes, de nos déchets, de nos jardins... pour arriver à un constat simple : pour dépolluer, mieux vaut ne pas polluer. Avez-vous déjà essayer d’enlever le sucre en trop de votre café ?
Par Metrofrance.com - le 23 octobre 2008

L'UICN pour un moratoire sur la pêche au thon rouge en Méditerranée

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) s'est prononcée pour un moratoire sur la pêche au thon rouge en Méditerranée afin de permettre la restauration du stock, lors de son 4e congrès mondial à Barcelone (Espagne), a-t-on appris mardi auprès de l'UICN.
Une recommandation en ce sens a été adoptée par les membres de l'UICN, a indiqué à l'AFP un porte-parole interrogé par téléphone depuis Paris.
"Pour la première fois, les Espagnols et les Japonais se sont ralliés à une majorité d'autres pays afin de proposer la fermeture de la pêche au thon rouge en Méditerranée", s'est félicité le Fonds mondial pour la nature (WWF), saluant dans un communiqué une "avancée historique".
L'Espagne est un des premiers pays pêcheurs de thon rouge et le marché japonais constitue leur principal débouché.
La recommandation de l'UICN vise à demander à la Commission internationale pour la conservation des thonidés (Iccat), dont la prochaine réunion est prévue en novembre à Marrakech (Maroc), de se prononcer pour une suspension immédiate de la pêche au thon rouge.
"C'est un pas important: en général les recommandations de l'UICN sont suivies d'effet", a déclaré à l'AFP François Simard, responsable du programme global marin de l'UICN.
L'association écologiste Greenpeace s'est elle aussi félicitée de cette décision, estimant qu'un moratoire était indispensable, étant donné le risque élevé d'effondrement du stock de thon rouge.
Cette recommandation correspond à ce que Greenpeace demande depuis des années et s'ajoute à de multiples appels récents d'experts allant dans le même sens, a-t-elle souligné dans un communiqué diffusé à Paris.
Alors que le niveau de capture autorisé par l'Iccat était de 29.500 tonnes pour 2007, le niveau réel de capture a été de 61.000 t, soit plus du double, selon le rapport du comité scientifique de cet organisme rendu le 12 octobre, a souligné Greenpeace.
"L'Iccat doit désormais tenir compte des revendications de la communauté internationale pour sauver le thon rouge de Méditerranée. Cette année, la réunion de l'Iccat sera celle de la dernière chance pour éviter l'effondrement de l'espèce", a commenté Charles Braine, responsable du programme pêche au WWF France.
Organisation environnementaliste atypique, l'UICN rassemble plus d'un millier d'ONG et de gouvernements et quelque 10.000 scientifiques bénévoles dans plus de 150 pays.
Son 4e congrès mondial, qui s'est ouvert le 5 octobre à Barcelone avec la participation d'environ 8.000 personnes, a pris fin mardi.

AFP - le 14 octobre 2008

La dépollution de la Méditerranée. Un défi majeur pour le "processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée"

Introduction :
Afin de concrétiser auprès de l'opinion publique " le processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée ", porté sur les fonds baptismaux à Paris le 13 juillet 2008, il fallait des projets concrets.
Lors de la conférence d'Alain Le Roy à Toulon le 16 mai 2008 [1], l'Ambassadeur, alors en charge du projet de l'union méditerranéenne, avait souligné que la future Union pour la Méditerranée se devait d'être concrétisée par de véritables projets devant être annoncés le jour du lancement du " processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée ". Il rappela la formule d'une " Union de projets pour un projet d'union ".
La déclaration commune du sommet de Paris pour la Méditerranée du 13 juillet 2008 a repris ce souci de lisibilité : ce processus consistait " à (le) traduire en projets concrets qui soient davantage visibles pour les citoyens " afin de donner " un nouvel élan au processus de Barcelone " en rendant les relations entre les Etats concernés " plus concrètes et plus visibles grâce à des projets régionaux et sous-régionaux supplémentaires, utiles pour les citoyens de la région ". L'annexe de la déclaration commune du 13 juillet 2008 mentionne que le futur secrétariat du " processus de Barcelone : une union pour la Méditerranée " devra présenter en détail " un certain nombre d'initiatives clés " parmi lesquelles figurent la dépollution pour la mer Méditerranée.
La mer Méditerranée, espace maritime menacé, est ainsi au centre d'une initiative laquelle, au demeurant, n'est pas novatrice en elle-même car le projet reposera sur des initiatives existantes, ainsi que sur des études et rapports déjà rédigés [2].

1.La mer Méditerranée et ses particularités
La mer Méditerranée a une superficie de 2,5 millions de km². Elle représente 0,7 % de la surface des mers du globe. Ses côtes s'étendent sur 46.000 km en passant par 22 pays peuplés de plus de 400 millions d'habitants. La Méditerranée est une mer de taille modeste à l'échelle de la planète ; elle est quasi fermée avec une ouverture naturelle à l'ouest (détroit de Gibraltar) et une autre non-naturelle à l'est, le canal de Suez. Le phénomène de marée y est extrêmement faible (amplitude inférieure à 1 mètre).
Jean-Marie Pelt souligne qu'il n'existe pas de forts courants en mer Méditerranée comme dans les océans. Les fleuves bordant la mer Méditerranée ne viennent pas l'alimenter suffisamment, elle se renouvelle donc peu, et ce en raison de l'évaporation de leur eau et du pompage pour l'irrigation dont ils font dorénavant l'objet. Alors que l'eau rentre en surface à hauteur de Gibraltar où la profondeur est de l'ordre de 300m, elle en ressort au même endroit vers 250m de profondeur ; étant donné qu'il existe peu de courants verticaux en Méditerranée, cette mer développe peu de phytoplanctons car les minéraux ne remontent pas en surface ce qui donne cette couleur bleu si particulière à la mer Méditerranée [3].
Le climat méditerranéen est quasi unique car il n'existe que peu de régions du monde ayant un climat similaire, par exemple au Chili ou encore en Afrique du sud.
La mer Méditerranée est un réservoir majeur de biodiversité qui accueille plus de 25.000 espèces de végétaux, 650 espèces d'animaux marins (dont 28% seraient introuvables ailleurs) et 19 des 80 espèces connues de cétacés. Au cours des quinze dernières années plus de 60 nouvelles espèces seraient apparues en mer Méditerranée ; toutefois le nombre d'individus par espèce serait peu élevé.
Par ailleurs, entre 2 et 5 billions d'oiseaux migrateurs passent chaque année par les grands deltas des fleuves bordant la mer Méditerranée comme le Rhône en France ou le Nil en Egypte ; cependant, il est d'usage d'estimer que seuls 6% des marécages qui existaient à l'époque romaine sont encore là maintenant.

2.L'espace maritime méditerranéen menacé
Le constat est, en effet, alarmant car l'espace maritime méditerranéen est très sensible à la pollution.
La mer Méditerranée est une mer très fréquentée. Elle supporte 30% du commerce maritime mondial dont 22% du trafic pétrolier mondial. Plus de 2 000 navires sont en permanence à la mer avec, parmi eux, 200 à 300 pétroliers pour un total annuel moyen de l'ordre de 220.000 navires navigant en Méditerranée [4].
Des fouilles archéologiques ont permis d'établir que la mer Méditerranée était bordée de forêts importantes qui ont, pour beaucoup, disparu au cours des siècles en raison de l'agriculture et de la présence de l'homme. Les forêts ne couvriraient plus que 5% de la région méditerranéenne, principalement dans sa partie nord. La conséquence prépondérante de cette déforestation est que l'humus en surface se voit emporté quand il pleut ; cela provoque alors une érosion des sols et, ainsi, une érosion de la biodiversité : de nos jours, les sols sont appauvris. Les pins, qui se contentent de sols pauvres, ont ainsi remplacé les chênes [5].
Les rives de la mer Méditerranée sont surpeuplées : plus de 150 millions d'habitants soit quasiment 1/3 de la population des pays riverains. Ce chiffre a quasiment doublé au cours des 40 dernières années. Ces rives sont soumises, dans certaines parties, à une urbanisation galopante souvent mal contrôlée. A l'horizon 2025, la moitié du littoral méditerranéen sera construit.
La région méditerranéenne est la première région touristique du monde. Il faut ainsi rajouter à la population vivant sur les rives quelques 200 millions de touristes qui viennent, chaque année, en villégiature sur les côtes méditerranéennes. Les prévisions mentionnent un chiffre de 300 millions de touristes par an à l'horizon 2025 avec une majorité localisée dans une zone inférieure à 100 mètres du rivage alors qu'il est déjà observé une augmentation très sensible, tous les étés, d'une pollution des eaux marines par beaucoup de matières organiques biodégradables.
Pour tout un chacun, il existe bien souvent une cible quasi systématique voire unique lorsqu'il s'agit d'évoquer les sources de pollution des mers, et de la mer Méditerranée en particulier : les navires de commerce.
Le monde a connu de grandes catastrophes de pollution par hydrocarbures provenant de navires. Depuis 1967, (navire "TORREY CANYON "), la mer Méditerranée a connu la 4ème pollution la plus importante au monde (navire " HAVEN ", Gênes (Italie) 1991, 144.000 tonnes d'hydrocarbures déversés à comparer avec le navire " ERIKA " qui ne déversa " que " 20.000 tonnes). C'est la seule pollution majeure qui est survenue en mer Méditerranée parmi les 20 plus grandes pollutions du monde depuis 1967 ; il n'en demeure pas moins que la mer Méditerranée fut le théâtre de plus de 380 accidents maritimes entre 1977 et 2005, sources de pollutions maritimes.
Certes, ces pollutions frappent l'opinion publique mais la principale cause de pollution liée aux navires reste le dégazage et le déballastage sauvages des navires en mer. Selon la Préfecture Maritime de Toulon, ces rejets illicites correspondraient à six marées noires de type " ERIKA " ; il est à noter que d'autres sources soutiennent que ces rejets seraient équivalents à 1 million de tonnes d'hydrocarbures par an, soit 50 " ERIKA ". Dans tous les cas, au-delà des chiffres, le phénomène est incontestable.
Cependant, les pollutions par hydrocarbures résultant de la présence de navires n'est pas, contrairement aux idées reçues, la principale source, loin s'en faut, de la pollution de la mer Méditerranée. Fouad Alsousamra, coordinateur d'un rapport sur le sujet pour le Plan d'Action pour la Méditerranée, soulignait, dès 2003, que l'aquaculture serait également une source de pollution quand 110 kg d'azote, 12 kg de phosphore et 450 kg de carbone seraient émis par tonne produite dans les fermes aquacoles.
Dans tous les cas, il s'avère que 80% de la pollution serait de source continentale.
Les eaux usées urbaines, agricoles ou pluviales charrient et drainent des déchets solides, dont 70% sont des plastiques et des bouteilles, ou des produits toxiques, tous peu biodégradables. Ces déchets se répandent au gré des courants, certes faibles, et des vents ; ils constituent une menace pour la faune et la flore marines. En période estivale, une étude, faite en 2004, mentionne que ce sont chaque jour jusqu'à 2m³ de déchets qui sont abandonnés par kilomètre de côte. Par ailleurs, 70% des eaux usées qui se déversent chaque année en mer Méditerranée ne seraient pas traitées.
Le nombre d'habitants sur les rives et le surcroît estival de population augmentent le phénomène de pollution d'origine terrestre avec pour certains pays, comme par exemple ceux du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, un manque d'eau potable laquelle est souvent affectée par le rejet des déchets ou des eaux usées. Sur la bordure littorale, l'accroissement des besoins dépasse souvent le développement des infrastructures et, notamment, le développement des systèmes d'épuration.

3. La dépollution de la mer Méditerranée : une prise de conscience déjà ancienne
La navigation maritime s'est d'abord inscrite dans une démarche mondiale. L'Organisation Maritime Internationale (OMI) a érigé des règles internationales en constante évolution depuis les textes MARPOL (Maritime Pollution) de 1973. Les pollutions dues à des naufrages de pétroliers ont très sensiblement diminué dans le monde en général depuis les années 1970 pour passer d'une moyenne de 25,2 pollutions par an à moins de 4 pollutions depuis le début du XXIème siècle.
L'Union européenne a élaboré les " paquets ERIKA [6] " pour lutter contre la pollution des navires. De plus, les contraintes techniques sur les navires sont apparues (doubles fonds, doubles coques, cales multiples, etc.). Les rejets sauvages d'hydrocarbures sont pénalement réprimés [7].
En ce qui concerne plus précisément le projet de dépollution de la mer Méditerranée, une somme de travail très importante a déjà été fournie depuis de nombreuses années par différents organismes.
En effet, dès 1975, 16 pays riverains de la mer Méditerranée et la Communauté Européenne adoptaient le Plan d'Action pour la Méditerranée (PAM) qui fait partie du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE). En 1976, la Convention pour la protection de la mer Méditerranée contre la pollution, dite Convention de Barcelone, devenait le cadre juridique du PAM. Elle fut modifiée en 1992, en 1995, en 1997 et en 2002.
Le PAM a son programme environnemental pour le contrôle de la pollution : le MED Pol qui avait déjà souligné qu'il était nécessaire de " recenser toutes les sources de pollution et les endroits à risque et apporter une solution adaptée à chaque pays " [8].
Par ailleurs, au cours du sommet Euro-Med de novembre 2005 naquit l'initiative euro-méditerranéenne " Horizon 2020 " qui abordait les problèmes environnementaux de la région méditerranéenne dans son ensemble.
En novembre 2006, au Caire, se tenait pour la première fois hors de l'Union européenne, la conférence interministérielle euro-méditerranéenne sur l'environnement. Un accord était signé sur un calendrier des actions à mener dans le cadre du programme " Horizon 2020 " pour lutter contre les sources majeures de pollution de la mer Méditerranée d'ici à 2020. Un des piliers, au nombre de 4 [9], de l'initiative " Horizon 2020 " est le financement de projets destinés à réduire les sources les plus significatives de pollution.

4. Un projet à financer
L'Union européenne précisait qu'elle " ne (pouvait) résoudre seule tous les problèmes de la région, mais (qu') elle (était) prête à utiliser les ressources dont elle dispose pour participer avec ses voisins à la protection de cet héritage commun qu'est la mer Méditerranée " [10]. Il était, par ailleurs, souligné que les nouvelles actions devaient inclure l'organisation de projets avec, entre autres, la Banque européenne d'investissement (BEI).
La BEI lança, avec le soutien de sa branche méditerranéenne, la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat), une étude " pour évaluer le potentiel des projets d'investissements à réduire la pollution et anéantir les points chauds de pollution dans les pays concernés par la Politique Européenne de Voisinage (PEV), ainsi que le besoin d'un programme d'investissement sur les points chauds méditerranéens " comme le souligne le rapport qui découla de cette initiative [11].
En avril 2008, la Commission européenne et la BEI publièrent une liste de 44 projets prioritaires situés dans des pays du sud de la Méditerranée [12]. Cette présentation fut faite trois mois avant le sommet de Paris. Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI en charge de la FEMIP, précisa qu'ils apportaient " du grain à moudre " et que cela ne venait pas en concurrence avec le projet de dépollution de la mer Méditerranée contenu dans le " processus de Barcelone : une union pour la Méditerranée ".
En mai 2008, l'Ambassadeur Alain Le Roy reprenait clairement à son compte cette présentation quand il mit en avant que " 130 sites à traiter étaient déjà identifiés et que le projet en lui-même viserait 44 sites pour un investissement estimé à 2,1 milliards € " [13], chiffre du coût des projets mentionnés dans le rapport présenté par la BEI et la Commission européenne : MeHSIP. A l'issue du sommet de Paris du 13 juillet 2008, les chefs d'Etat et de gouvernement ont appelé à une accélération de la mise en œuvre de l'initiative " Horizon 2020 ".
Alors que des programmes de dépollution existent déjà dans beaucoup de pays du pourtour méditerranéen, ceux-ci sont financés principalement par des fonds nationaux. Le financement des projets identifiés demeure au cœur de la problématique, sauf peut-être en Algérie qui pourrait autofinancer ses projets.
Le nouveau Fonds d'Investissement en faveur de la Politique Européenne de Voisinage (FIPV) [14] pourrait être mis à contribution par l'octroi de subventions destinées à soutenir les prêts d'institutions financières publiques européennes comme la BEI ou la KfW allemande [15]. Des bailleurs de fonds dans les pays où se situeront les projets seront également concernés. Enfin, le secteur privé devra investir dans des infrastructures environnementales.
Par ailleurs, il s'avèrera essentiel de vérifier la faisabilité technique des projets sur les points chauds prioritaires qui concernent l'eau usée urbaine (57% des projets), les déchets solides municipaux (18%) et les émissions industrielles (14%), les 11% restant concernant d'autres secteurs.

Conclusion
Le projet de dépollution de la mer Méditerranée s'inscrit ainsi dans une logique préexistante et un travail fourni déjà considérable depuis de nombreuses années.
Il est raisonnable de penser que ce projet, inscrit dans le cadre du " Processus de Barcelone : une union pour la Méditerranée ", permettra de mettre en place un système élargi de coopération entre les Etats signataires et un renforcement de cette coopération pour mener à bien des projets concrets et déjà identifiés.
La menace qui pèse sur la mer Méditerranée est réelle car c'est une mer fragile et déjà fragilisée. Joan-Domenec Ros, spécialiste de l'environnement à l'université de Barcelone, déclarait que " tout ce que nous utilisons sur la terre ferme finit dans la mer, et que la solution ne se trouve pas à la fin du processus (c'est-à-dire en mer) mais au début ".
La lutte contre la pollution de la mer Méditerranée – car ne s'agit-il pas plus ici de lutte contre la pollution plutôt que de dépollution ? – devra se concevoir avec des solutions spécifiques à chaque problème posé. Ainsi, il serait vain d'agir de façon uniforme pour juguler la pollution de la mer Méditerranée, car les sources de pollution sont importantes et différentes.
Auteur : Philippe Garo : Expert associé à la Fondation Méditerranéenne d'Etudes Stratégiques (FMES) - Fondation Robert Schuman - le 20 octobre 2008

[1] Conférence d'Alain Le Roy, chargé de l'Union pour la Méditerranée par le président français Nicolas Sarkozy, organisée à l'initiative de la Fondation Méditerranéenne d'Etudes Stratégiques avec pour thème : " Etat actuel du projet d'Union pour la Méditerranée ".
[2] Le présent article est basé sur une fiche documentaire n°03/08 publiée à Toulon le 20 mai 2008 et établie par le Comité Provence de l'Institut Français de la Mer.
[3] Le professeur Jean-Marie Pelt, qui accompagna pendant une période de sa vie Robert Schuman, est Président de l'Institut Européen d'Ecologie et professeur émérite de l'Université de Metz. Ces propos sont tirés d'une conférence à Toulon le 2 octobre 2008 sur le thème " Ecologie et Méditerranée " dans le cadre du Festival International du film maritime, d'exploration et d'environnement de Toulon.
[4] Source CEDRE
[5] J.-M. Pelt, Toulon le 2 octobre 2008
[8] Propos de F. Saverio Civili, coordinateur du MED Pol, cité par le journal Elwatan, Olivia Marsaud, le 18 avril 2005 – www.elwatan.com
[9] Les trois autres axes sont les mesures de renforcement des capacités pour aider les pays limitrophes à créer des administrations environnementales nationales capables de développer la législation environnementale et de veiller à son application ; l'utilisation du budget Recherche de la Commission en vue d'accroître les connaissances environnementales propres à la Méditerranée et en assurer leur diffusion ; le développement d'indicateurs visant à mesurer le taux de réussite d'Horizon 2020
[10] Les Etats membres de l'Union européenne vont devoir arriver à un " bon état écologique " de leur milieu marin d'ici à 2020, suite à l'entrée en vigueur de la Directive 2008/56/CE " stratégie du milieu marin " du Parlement Européen et du Conseil du 17 juin 2008 à transposer dès 2010 dans leurs législations nationales avec une présentation, en 2012, de l'état des lieux de leur milieu marin et des moyens à mettre en œuvre pour arriver à l'objectif de " bon état écologique " pour 2020.
[11] Rapport Horizon 2020 – Elaboration of a Mediterranean Hot Spot Investment Programme – MeHSIP – Janvier 2008
[12] Le rapport Horizon 2020 – Elaboration of a MeHSIP concerne ces 44 projets et il fait état d'études en Algérie, en Egypte, en Israël, en Jordanie, au Liban, au Maroc, dans les Territoires Palestiniens, en Syrie et en Tunisie
[13] Cf. supra
[14] Ce Fonds fut lancé officiellement le 6 mai 2008 en tant que nouveau moyen de financement pour des projets d'infrastructures dans les secteurs de l'énergie, du transport et de l'environnement
[15] Nicolas Sarkozy a annoncé que la France consacrera, via l'Agence Française de Développement (AFD), 730 millions € à l'initiative Horizon 2020 pour financer la mise en œuvre de programmes et de projets de dépollution de la mer Méditerranée. L'AFD a déjà consacré 230 millions € depuis pour des projets au Maroc, en Tunisie et en Egypte.

Directeur de la publication : Pascale JOANNIN
La Fondation Robert Schuman, créée en 1991 et reconnue d'utilité publique, est le principal centre de recherches français sur l’Europe. Elle développe des études sur l’Union européenne et ses politiques et en promeut le contenu en France, en Europe et à l’étranger. Elle provoque, enrichit et stimule le débat européen par ses recherches, ses publications et l'organisation de conférences. La Fondation est présidée par M. Jean-Dominique GIULIANI.

Report de la conférence euro-méditerranéenne sur l'eau en Jordanie

La conférence euro-méditerranéenne sur l'eau qui devait avoir lieu mercredi en Jordanie a été reportée à une date indéterminée en raison de "tensions" régionales, a-t-on appris samedi au ministère français de l'Ecologie.
"La conférence a été reportée à la demande de la Jordanie en raisons de tensions entre la Ligue arabe et l'Etat d'Israël", a-t-on indiqué au ministère.

Cette conférence ministérielle, qui devait avoir lieu à Swaimeh, sur les rives de la Mer Morte, était prévue de longue date. Elle était mentionnée dans la déclaration du 13 juillet du sommet de Paris marquant la création de l'Union pour la Méditerranée (UPM).
Son objectif affiché était de fixer les lignes directrices d'une "stratégie de long terme" pour l'eau en Méditerranée et de déterminer des premiers projets concrets dans ce secteur.
L'UPM qui réunit 43 pays (27 de l'Union européenne et 16 de la rive sud de la Méditerranée), est actuellement co-présidée par la France et l'Egypte.
Le projet de canal reliant la Mer Rouge à la Mer Morte, dont les riverains sont Israël, la Jordanie et les Territoires palestiniens, fait partie des projets-clés qui devaient être abordés lors de cette réunion.
Une étude de faisabilité, menée sous l'égide de la Banque Mondiale et financée notamment par l'Agence française de développement, est en cours.
Le "canal de la Paix" a pour objectif d'empêcher la disparition de la Mer Morte, lac naturel le plus salin de la planète et point le plus bas du monde, et de produire de l'eau potable grâce au dessalement de l'eau de mer.
Plusieurs organisations non-gouvernementales ont émis de vives réserves vis-à-vis de ce projet pharaonique en s'interrogeant sur son impact environnemental.
Malgré l'annulation de la conférence euro-méditerranéenne, le ministre français de l'Ecologie Jean-Louis Borloo se rendra en Jordanie mardi où il devrait rencontrer le roi Abdallah II de Jordanie.
Le Monde - AFP du 25 octobre 2008

Rencontres d’Averroès du 16 octobre au 9 novembre 2008 - «Entre Islam et Occident, la Méditerranée ?»

Créées en 1994 par Thierry Fabre, avec Edgard Pisani à l'Institut du Monde Arabe et Jean Marie Borzeix à France Culture, organisées par Espaceculture/Marseille, les Rencontres d'Averroès se proposent de penser la Méditerranée des deux rives et d'organiser la controverse autour de trois tables rondes.
Lieu ouvert au grand public, les Rencontres sont conçues comme un moment de partage de la connaissance entre des spécialistes et ceux qui ne le sont pas.Dans un contexte international particulièrement tendu, singulièrement dans le monde méditerranéen, les Rencontres d'Averroès créent un moment où il est possible de se parler, de rechercher les termes de la concorde là où règne la discorde.
Par delà la violence, la haine, le face à face, il s'agit grâce aux Rencontres d'Averroès de se donner les moyens de penser le côte à côte, les interactions entre cultures qui font le monde méditerranéen. Loin des fractures consenties et des guerres entre les cultures et les civilisations, supposées inexpiables, les Rencontres favorisent l'expression d'une pensée ouverte et critique sur la Méditerranée du XXIème siècle. C'est dans ce but que chaque année les Rencontres d'Averroès invitent des personnalités à débattre à Marseille. Chercheurs, écrivains, philosophes ou artistes sont conviés pour transmettre leur savoir à un large public et pour échanger dans une série de débats souvent très animés. Plus de 1000 personnes participent ainsi à chacune des tables rondes, sans compter les auditeurs de France Culture, au moment de la diffusion radio des Rencontres d'Averroès et de l'écoute désormais possible sur internet. Cette grande audience fait des Rencontres d'Averroès un des lieux les plus importants de la réflexion et du débat sur la Méditerranée.
Leur titre rend hommage à Averroès, juriste et philosophe arabo-andalou, né à Cordoue et mort à Marrakech en 1198. Averroès est la figure qui symbolise la pensée rationnelle dans l'islam médiéval. Il fut notamment un des grands introducteurs de la philosophie d'Aristote dans la pensée européenne et un passeur magistral entre les cultures du monde méditerranéen.
Articulées le plus souvent autour des trois temps chers à Fernand Braudel, le temps long, le temps intermédiaire et le temps de l'événement, les tables rondes permettent d'explorer des thématiques variées en prenant le temps de l'échange et de la compréhension. Ainsi depuis 1994, les Rencontres ont abordé les thèmes de l'identité, de la ville, des femmes dans la Cité, du colonialisme, des monothéismes, des libertés…
Les Rencontres d'Averroès visent à apporter de la clarté et de la complexité à des visions trop souvent embrouillées et simplifiées. Un rendez-vous désormais indispensable pour tenter de penser ensemble la Méditerranée des deux rives.

http://www.espaceculture.net/08_RencontresAverroes/index_RencontresAverroes.html

Réunion dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée : La participation de la Ligue arabe soulignée

Les Etats arabes ont souligné la nécessité de la participation de la Ligue arabe aux réunions prévues dans le cadre de l'Union pour la méditerranée (UPM) vu "son poids et son rôle central dans les efforts pour la sécurité et la stabilité dans la région de la Méditerranée".
Lors d'une conférence de presse animée hier en marge d'une réunion tenue par le secrétaire général de la Ligue arabe, M. Amr Moussa avec les coordinateurs des Etats arabes membres de l'UMP, Mme Fatma Ezzahra Othmane, adjointe du ministre égyptien des Affaires étrangères et coordinatrice du groupe arabe de l'UMP, a affirmé "nous avons adopté une position commune en prévision de la réunion de Marseille prévue les 3 et 4 novembre prochain entre les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'UPM".
Concernant la participation de la Ligue arabe, en sa qualité de membre ou observateur, la responsable égyptienne dira que cette question est à l'étude. Dans une déclaration à la presse à l'issue de sa réunion avec les ambassadeurs de 27 pays européens, consacrée à l'examen de la question de "l'Union pour la méditerranée (UPM)", M. Moussa avait fait état de "ce qui s'apparente à un veto israélien contre l'adhésion de la Ligue arabe à l'UPM".
Les pays européens dans leur majorité n'approuvent pas la position israélienne, a affirmé M. Moussa. L'adhésion de la Ligue arabe dans l'UPM, approuvée par tous les Etats arabes, est primordiale, selon Amr Moussa qui précise que le problème ne réside pas dans le veto israélien mais dans son impact.
Selon une source responsable ayant participé à la réunion, plusieurs questions ont été examinées lors de cette réunion, dont celles ayant trait à l'énergie, la communication et la lutte anti-terroriste. "Nous sommes convenus que la Ligue arabe participera aux réunions eu égard à sa place et à l'importance de son rôle dans la dynamisation des efforts en faveur de la paix et de la stabilité en méditerranée et en raison de ses activités dans de nombreux domaines techniques", a indiqué la coordinatrice de la partie arabe.
S'agissant du refus, par Israël, de la participation de la Ligue arabe à l'UPM, Mme Fatma Zahraa Othmane a souligné que cette affaire sera traitée par une "position arabe unifiée et cohérente". Une réunion des ministres des affaires étrangères des 44 pays de L'UPM est prévue à Marseille (France) les 3 et 4 novembre prochain.
Dans l'ordre du jour de cette réunion, la première du genre à ce niveau depuis l'été dernier, figure certains points qui entravent encore le lancement de l'UPM, notamment la présidence de l'Union pour la partie européenne et le choix du siège du secrétariat général de l'Union.
Le statut de la Ligue arabe au sein de l'UPM, notent des sources médiatiques, est l'un des problèmes qui se posent aujourd'hui, ajoutant qu'Israël et des pays européens refusent à la Ligue arabe la qualité d'observateur aux réunions sectorielles et techniques et celles des commissions relevant de l'UPM mais acceptent sa participation aux réunions ministérielles et au sommet "prévues tous les deux ans".
EL MOUDJAHID - le 25 octobre 2008

Conférence Ministérielle sur l’Eau, Jordanie, 29 octobre 2008 - Processus de Barcelone: une Union pour la Méditerranée

Une opportunité unique pour bâtir une stratégie régionale sur l’eau et des projets concrets répondant aux attentes des populations
La France, Présidente de l’Union européenne, et l’Egypte, co-président le « Processus de Barcelone : une Union pour la Méditerranée », et tiendront le 29 octobre 2008 avec la Jordanie, pays hôte, la conférence ministérielle sur l’eau.
Le Sommet de Paris pour la Méditerranée du 13 juillet 2008 avait arrêté une liste de priorités.
Parmi celles-ci, deux essentielles sur le thème de l’eau ont été identifiées par les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de ce Processus : la dépollution de la mer Méditerranée et la gestion durable des ressources en eau.
Cette conférence ministérielle aura un double objectif : fixer les lignes directrices d’une stratégie de long terme pour l’eau en Méditerranée, qui devrait être approuvée par les ministres en 2010 et soumise aux Chefs d’Etat lors du deuxième Sommet envisagé en 2010 ; annoncer de premiers projets concrets cohérents avec cette stratégie en vue de mobiliser les instances de gouvernance du Processus et les bailleurs de fonds.
Afin de couvrir l’ensemble des questions et de définir des orientations les plus pertinentes, le thème de l’eau doit être appréhendé avec l’ensemble des parties prenantes (autorités locales, entreprises, organisations non gouvernementales, chercheurs, etc.). Aussi les acteurs de la société civile ont-ils été invités à se réunir le 28 octobre pour apporter une contribution importante à cette conférence.
Au terme de cette journée, plusieurs projets feront l’objet d’une présentation par leurs responsables.
Cette stratégie et les projets associés mettront l’accent sur deux grandes finalités : d’une part, une ambition politique de haut niveau qui permettra de s’attaquer à des problèmes dépassant les moyens d’action d’un seul pays ou d’une seule organisation, notamment ceux liés au changement climatique et aux besoins environnementaux. D’autre part, deux objectifs chiffrés concernant la préservation de la qualité des eaux, ainsi que la réduction de la pression sur les
ressources en eau par des usages plus économes.
Les journalistes intéressés sont invités à se faire connaître auprès du service de presse et à s’accréditer en ligne.
Contacts presse :
Accréditation

- en ligne : http://www.medaquaministerial2008.net/registration_press
- Andrea Matusakova – Tel. +962 (0) 77 69 89 774 – Mail: andrea_matusakova@mwi.gov.jo
- Christophe Katsahian – Tel. +962 (0) 64 60 46 44 – Mail: christophe.katsahian@diplomatie.gouv.fr
FRANCE : Marina Louvet – Tel. +33 (0)1 40 81 27 65 – GSM. +33 (0) 6 77 64 62 07
marina.louvet@developpement-durable.gouv.fr
EGYPTE : Dr Essam Khalifa – Tel. + 202 35 41 98 71 / + 202 35 44 94 20 – Mail: essam@mwri.gov.eg
JORDANIE : Adnan Al Zuobi – Tel. +962 (0) 777 534 549 – Mail: adnan_al-zuobi@mwi.gov.jo

Biodiversité : déséquilibre à l'est de la Méditerranée

Après une étude sur trois décennies, la fondation scientifique Tour du Valat lance un cri d’alarme et appelle à plus de cohérence en matière de préservation de la biodiversité. Alors que la situation s’améliore à l’ouest de la Méditerranée, elle se dégrade rapidement à l’est.
Les zones humides entourant la Méditerranée servent de lieux de reproduction exclusif pour de nombreuses espèces, mais certaines voient leur existence menacée par l'occupation humaine. Cataloguées par la Convention internationale de Ramsar, ces zones sont aujourd'hui sous surveillance, grâce à l’initiative MedWet. Tous les trois ans, la conférence de Ramsar réunit autour d’une même table les représentants des pays concernés ainsi que des ONG et des universités.
A l’occasion de la prochaine réunion, qui se tiendra en Corée du sud à partir du 27 octobre, l'association Tour du Valat, centre de recherches basé en Camargue, présentera une étude sur l’évolution de la biodiversité en Méditerranée de 1970 à nos jours.
Ainsi que le souligne cette étude, qui s’appuie sur l’indice Planète Vivante utilisé par le WWF (Fonds mondial pour la nature) et la Société zoologique de Londres, les terrains les plus humides, y compris les marécages, souffrent d’une réputation de milieu inutile et insalubre, alors que ce biotope est indispensable au développement de nombreuses espèces.
La tentation de les faire disparaître n’est pas récente, et parmi les exemples cités on trouve entre autres l’assèchement complet du lac Karla, la plus grande étendue d’eau douce de Grèce, qui a privé dans les années 1960 près d’un demi-million d’oiseaux de leur zone d’hivernage.

Des espèces portées disparues
On peut poursuivre ces exemples par celui du petit crapaud Discoglosse à ventre noir, une espèce endémique d’Israël aujourd’hui totalement éteinte suite à l’assèchement partiel d’une zone humide autour du lac Hula.
« Plusieurs espèces dont les bastions se trouvaient jusqu'à présent dans l'est de la Méditerranée ont vu leurs effectifs se réduire considérablement à la fin du XXe siècle », mentionne Thomas Galewski, docteur en biologie de l'évolution et écologie et auteur de l’étude. Il mentionne aussi l'ibis falcinelle et la sarcelle marbrée parmi les victimes de ces assèchements à grande échelle, organisés souvent à grands frais pour aménager de nouvelles zones agricoles ou urbaines, voire des espaces récréatifs à l’usage du tourisme de masse.

Plus de la moitié des zones humides de la Méditerranée ont ainsi été sacrifiées, selon l’étude, principalement dans les régions de l’est représentées essentiellement par Chypre, l'Egypte, la Grèce, Israël, le Liban, la Libye, la Syrie, la Turquie et les pays des Balkans. Loin à l'ouest, un réel effort est observé, notamment de la part de l’Espagne, la France et l’Italie, avec un impact positif indéniable sur la biodiversité. L’inscription de nombreux oiseaux sur la liste d’espèces protégées par l’Union européenne, accompagnée de mesures d’interdiction de chasser, a entraîné un accroissement de ces animaux de l’ordre de 150% en moyenne, alors qu’un déclin de 30 à 40% est observé ailleurs.

Ainsi, la talève sultane, un oiseau doté d’un bec et de pattes rouges tranchant avec son plumage sombre, avait complètement disparu depuis plus d’un siècle en Catalogne et dans le Sud de la France.
L'espèce est actuellement en train de reconquérir ses anciens territoires.
Cette étude, si elle présente de nombreux traits significatifs et inattaquables, reste néanmoins incomplète suite au manque de données concernant les espèces autres que aviaires ainsi que plusieurs régions mal connues sur le plan de la biodiversité telles que l’Algérie ou le Maroc.
Par Jean Etienne, Futura-Science - 22 octobre 2008

Le Maroc : l’exception européenne

Les 27 pays membres ont donné un « statut avancé » au royaume chérifien. Les ministres européens des Affaires étrangères, réunis à Luxembourg, ont accordé lundi au Maroc « un statut avancé ». Un statut qui implique un renforcement des relations UE-Maroc dans le domaine politique et une intégration progressive du royaume dans le marché intérieur de l’Union.
Cette décision a été saluée par le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri qui a souligné que Rabat bénéficierait désormais de « tous » les avantages de l’UE, « sauf les institutions ».
« Cet engagement européen sur le statut avancé est d’abord le témoignage d’une confiance », a déclaré à l’AFP le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri. L’Union européenne a décidé lundi de renforcer son partenariat avec le royaume chérifien.
« Le Maroc est engagé dans un vaste chantier de réformes dans tous les domaines. Il a souhaité un statut avancé dans notre politique de voisinage, un ancrage plus fort à l’Europe pour consolider les acquis et donner une nouvelle impulsion à son processus de modernisation et de transition démocratique », a expliqué la commissaire chargée des relations extérieures et de la politique de voisinage Mme Benita Ferreo-Waldner dans son communiqué de presse. « Nous répondons dans le concret à la définition de (Romano) Prodi : “tout sauf les institutions“ », a continué M. Fassi Fihri, en référence à un discours de 2003 de M. Prodi, alors président de la Commission européenne. Il avait déclaré que les pays du sud de la Méditerranée pourraient partager avec l’UE “tout, sauf les institutions“. « Nous sommes en train d’approcher le “tout“ », a insisté le ministre.

La feuille de route du « statut avancé »
Dans le domaine politique, ce « statut avancé » concerne notamment la mise en place de sommets UE-Maroc et la mise en place d’un accord cadre pour la participation du Maroc aux opérations de gestion de crises. En matière économique, ce statut vise à approfondir les relations commerciales à travers un accord de libre échange global et approfondi, qui couvre de nouveaux domaines (marchés publics, droits de la propriété intellectuelle, mouvements des capitaux, concurrence, développement durable, etc…).
Le Maroc pourra participer aussi à plusieurs agences européennes comme Eurojust, Europol, l’Agence européenne de la sécurité aérienne ou l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Interrogé par l’AFP, Hugues Mingarelli, un responsable de la Commission européenne, a cependant regretté que le nouveau « statut avancé » ne soit pas suffisamment ambitieux sur un point : « la gestion du flux migratoire ».
Pour sa part, M. Fassi Fihri espère que ce nouveau statut pourra déboucher sur un accord formel en 2013. L’UE pourrait après 2010 accroître son aide au Maroc, déjà premier bénéficiaire des fonds européens destinés aux pays de la politique de voisinage (654 millions d’euros pour 2007-2010). Une belle opportunité pour le Maroc.
Stéphanie Plasse - Afrik.com - le 14 octobre 2008

André Azoulay: “L’Union de la Méditerranée est un impératif”

André Azoulay est le conseiller du roi Mohamed VI. Tous les recoins du pouvoir lui sont familiers, aussi bien au Maroc que sur la scène internationale. Habile diplomate, il oeuvre avec volontarisme pour le rapprochement des peuples de la Méditerranée, et pour cela il a été nommé à la présidence de la fondation Anna Lindh, un réseau reliant les sociétés civiles et les gouvernements des pays du Mare Nostrum.
De culture et de religion juive, mais conseiller d’un souverain de foi musulmane, il oeuvre aussi avec crédibilité en faveur de la construction d’un Etat palestinien, tout en légitimant l’existence d’Israël.
Sergio Cantone: Monsieur Azoulay bienvenue sur euronews, merci de nous avoir accordé cette interview. Quelles sont à votre avis les principales stratégies qu’il faudra mettre en place en vue de l’organisation de l’Union pour la Méditerranée?

André Azoulay: Il faut d’une part que la logique de la parité remplace la culture de l’octroi et il faut aussi que cette vision qui est que quand les techniciens, les eurocrates, les politiciens ont fini de discuter, il faut aussi penser aux hommes et aux femmes dont on veut dessiner le futur. Donc il faut que ces hommes et des femmes soient investis idéologiquement, politiquement, culturellement et socialement.

Sergio Cantone : La dimension économique est très importante; là on parle de commerce, on parle d’échanges, mais enfin ce qui manque à l’Europe est une dimension politique, même au Maghreb…

André Azoulay : Moi je suis moins pessimiste que vous. Je trouve qu’au contraire aujourd’hui nous sommes en train de recréer ensemble un nouveau momentum pour l’Euroméditerranée. Ce n’est pas d’ailleurs un gadget, une démarche qui serait un luxe pour les uns et les autres. C’est un impératif, un impératif politique, un impératif humain, mais c’est aussi une opportunité pour l’Europe, peut-être à travers l’Euroméditérranée, de retrouver une influence qu’elle a en partie perdue dans la grande communauté des nations. Parce que, quand on parle de l’Euromediterranée on ne peut pas gommer, occulter les dossiers les plus difficiles auxquels est confrontée la communauté internationale. Je pense notamment à cette paix toujours en devenir entre les Palestiniens et les Israéliens. Je pense à la situation en Irak ou à la situation en Afghanistan, à cette relation de toute façon plus large, qui est aussi aujourd’hui traversée par des tensions très fortes entre le monde, je dirais, de la grande civilisation arabo-musulmane de l’Islam et le monde occidental chrétien.

Sergio Cantone : Justement, vous prônez depuis toujours, presque, la naissance d’un Etat palestinien à côté de l’Etat d’Israël naturellement, est-ce que vous pensez que le moment est venu ?

André Azoulay : Le monde entier aujourd’hui reconnaît à la fois la légitimité et l’absolue nécessité d’avoir un Etat palestinien dans toute son identité retrouvée, dans tous ses droits reconstruits et pourtant le monde entier n’y arrive pas. Et ça n’est pas parce qu’il y a un conflit de religion, ce n’est pas parce qu’il y a, ici et là, des leaders religieux et politiques qui à tort ont voulu instrumentaliser nos convictions respectives, nos religions respectives. Comme dans cette logique nous sommes otages de ceux qui ont fait une sorte de take-over, d’OPA, sur notre domaine spirituel qui est le domaine de nos convictions privées. Vous savez que l’on soit aujourd’hui musulmans, juifs ou chrétiens, finalement notre interlocuteur est le même là-haut. Moi la façon dont j’ai été élevé dans la ville d’Essaouira au Sud du Maroc en tant que Marocain de confession juif c’est d’abord de faire en sorte que mes voisins bénéficient des même droits que moi. Donc en me battant demain, en me battant aujourd’hui, comme je l’ai fait hier et comme je le ferais demain pour un Etat palestinien, je me bats aussi pour protéger mes propres convictions, sinon ça n’aurait pas de sens.

Sergio Cantone : Justement, à l’occasion de la visite en France du Pontife Benoît XVI, on a évoqué le concept de laïcité positive, ce que vous venez d’exprimer, ça réfléchit un peu ce concept, vous ne trouvez pas ? Qu’est-ce que vous pensez du concept de la laïcité positive ?

André Azoulay : Je ne peux qu’y adhérer, mais je crois qu’il faut que chacun d’entre nous soit animé et habité par la volonté de faire que ses choix ne soient pas simplement théoriques ou rhétoriques. Il faut que nous les traduisions chacun dans notre vie au quotidien, dans nos engagements, dans nos responsabilités.

Sergio Cantone : Le Maroc a été un des premiers pays du Maghreb et arabes à entamer un processus de réformes dans le sens démocratique. Comment maintenant le Maroc affronte-t-il le retour de l’insécurité avec Al-Qaïda qui est en train de se développer au Maghreb et aussi en Afrique Sub-Saharienne, ces deux points géographiques qui intéressent évidemment le Maroc ?

André Azoulay : Cette construction de ce Maroc moderne, de ce Maroc ouvert, de ce Maroc encré dans ses racines, dans son identité, celle-là, elle est irréversible. Les problèmes que vous évoquiez tout à l’heure sont des problèmes qui ne sont pas marocains. Ils sont multinationaux, ils sont internationaux. Ils peuvent exister éventuellement au Maroc ; ils sont pris en en compte, mais ils sont conjoncturels.

Sergio Cantone : Donc vous pensez en gros que démocratisation et lutte contre le terrorisme sont parfaitement compatibles ?

André Azoulay : Absolument. Et au contraire je crois que la construction de cette société ouverte, de cette société démocratique, de cette société en croissance, de cette société consensuelle dans sa mobilisation pour aller le plus loin possible dans cette direction est la meilleure réponse
Euronews - 29 septembre 2008 - http://www.euronews.net/

Dégazage de navires en Méditerranée : premier projet de l'UPM ?

Les co-présidences française et égyptienne de l'Union pour la Méditerranée ont pris la décision de lancer des études préalables concernant le marquage des cuves des navires, afin de lutter contre les dégazages sauvages.
Ces études permettraient de juger de l'intérêt d'imposer à tous les navires désirant accoster dans un port méditerranéen, voire à tous les navires transitant en Méditerranée, d'être équipés d'un système de marquage ADN des cuves et d'une boîte noire comparable à celle des avions.
Un tel marquage permettra de pister les bâtiments fautifs en cas de dégazage.
L'idée est qu'on ne pourra accoster dans un port en Méditerranée que si on est équipé d'un marqueur.La Méditerranée concentre 30% du fret maritime mondial et 25% du trafic des hydrocarbures, et le dégazage y est important.
Plus généralement, c'est la fragilité de la zone méditerranéenne qui est en cause. L'Union pour la Méditerranée, lancée le 13 juillet dernier, s'est donnée la priorité de lutter plus efficacement contre la pollution en Méditerranée.
Il y a urgence : la Grande bleue est malade. Pas au point de la mer Baltique, certes, dont un quart des fonds marins est considéré comme " cliniquement mort ", mais on en prend petit à petit le chemin.
Or, les principales sources de pollution en Méditerranée sont connues depuis longtemps. Il s'agit des hydrocarbures émis par le transport maritime, des rejets domestiques, agricoles et industriels des littoraux, et de l'accumulation des " macrodéchets " tels que les sacs plastiques ou les bouteilles.
Les experts évaluent d'ailleurs à 80 000 tonnes d'hydrocarbures par an les rejets des navires en Méditerranée. Près de 200 pollutions dues à des rejets de substances nocives ou d'hydrocarbures sont enregistrées chaque année en Méditerranée au large des côtes françaises, selon le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée.
Marées noires et déballastages ne sont cependant qu'une petite partie du problème qui est appelé à être plus menaçant. Toutefois, les 43 pays de l'Union pour la Méditerranée (UPM) devraient se réunir au niveau ministériel dans la deuxième quinzaine d'octobre, probablement à Monaco.
Cette réunion intermédiaire sera la première depuis le lancement officiel de l'UPM le 13 juillet à Paris, et chaque pays membre devra désigner un ministre pour le représenter. Et lors de laquelle, d'innombrables questions portant sur les problèmes de la Méditerranée seront débattues. L'UPM se veut être un mécanisme général sur des priorités comme la dépollution, l'énergie, l'accès à l'eau. Les membres de l'UPM devront donc se pencher sur la vulnérabilité particulière de la Méditerranée au changement climatique.
Nassima B. le Maghreb -Quotidien de l'Economie (lemaghrebdz.com) - le 16 septembre 2008

Sécurité alimentaire, un défi concret pour la Méditerranée

Depuis quelques temps, le monde redécouvre l’importance stratégique de l’agriculture. Cette dynamique s’impose car deux inquiétudes progressent : la capacité à nourrir une planète dont la croissance démographique se poursuit et la difficulté à garantir un accès quotidien à une nourriture de qualité pour les populations.
La Méditerranée n’échappe pas à l’universalité de cette préoccupation agricole. Cette région constitue même un précipité de toutes les tensions qui gravitent autour de l’agriculture, avec la question de la sécurité alimentaire qui se pose avec une grande acuité.
D’abord, pour des raisons quantitatives.
Seule, la Méditerranée n’est pas autosuffisante et les importations agro-alimentaires s’amplifient.
Résultat, les balances commerciales agricoles des pays méditerranéens se dégradent et l’achat massif de produits de base comme les céréales devient difficilement soutenable quand le prix des matières premières augmente (les trois pays du Maghreb par exemple polarisent annuellement 8% des importations mondiales de blé tandis qu’ils ne pèsent que pour 1% de la population mondiale).
Dans ce contexte, une évolution est à souligner : l’approvisionnement croissant auprès de marchés extra-régionaux (environ 70%, notamment depuis l’Amérique du nord, l’Australie ou le Brésil), notamment pour les céréales.
La sécurité alimentaire est également un défi majeur en Méditerranée pour des raisons qualitatives. Les comportements alimentaires se transforment dans ces sociétés en mutation rapide (urbanisation, émancipation de la femme, réduction de la taille des familles, essor de classes moyennes…).
Simultanément, de nouveaux acteurs privés redessinent la cartographie de la distribution et des achats. Ce bouleversement dans la consommation alimentaire se traduit aujourd’hui par des phénomènes de dérives (malnutrition, maladies cardio-vasculaires, obésité…) dont les coûts seront bientôt considérables pour les systèmes de santé publique de ces pays méditerranéens.
A cette insécurité nutritionnelle se superpose une insécurité sanitaire. Les moyens logistiques (stockage, conditionnement) et les outils techniques (traçabilité, certification, normes) ne sont pas à niveau pour garantir la sûreté alimentaire des produits et donc prévenir les risques inhérents à la filière.
Cette double insécurité alimentaire fragilise le Bassin méditerranéen. En effet, l’agriculture y est incontournable car multidimensionnelle. C’est avant tout un poids socio-démographique : un tiers des Méditerranéens sont des ruraux et 20% des actifs en Méditerranée travaillent dans l’agriculture.
C’est un poumon économique : le secteur agricole contribue en moyenne pour 15% dans la formation des PIB nationaux tout en occupant une place prépondérante dans le commerce extérieur des pays. L’agriculture constitue également un laboratoire face au défi environnemental : la raréfaction de l’eau, la dégradation des sols et les effets du changement climatique obligent les agricultures méditerranéennes à s’adapter sans cesse et à innover.
La problématique agricole pose par ailleurs l’enjeu d’un équilibre territorial à construire entre des zones littorales urbanisées portées par la mondialisation et des arrière-pays peu modernisés souffrant parfois d’un mal-développement.
Pour toutes ces raisons combinées, il conviendrait de faire de l’agriculture une priorité d’action dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée (UpM), initiative politique motivée par le souci de travailler sur des projets capables de toucher le quotidien des populations et d’établir des coopérations sur des solidarités concrètes à dimension régionale.
Dans la déclaration du Sommet fondateur de l’UpM, le 13 juillet 2008, le défi alimentaire a été souligné. Les acteurs mobilisés sur ces questions oeuvreront collectivement pour que ce volet de coopération puisse progresser, motivés par les analyses du rapport Mediterra 2008 , qui plaide pour l’émergence d’une solidarité agricole, alimentaire et environnementale euro-méditerranéenne.
Bertrand HERVIEU, Secrétaire Général du CIHEAM - Le M.A.G. Cultures N°54 (
http://www.le-mag.fr/) - le 09-10-2008

Le Maghreb et le projet d'Union pour la Méditerranée

Lorsqu’au cours de sa campagne électorale, le candidat Sarkozy formulait son projet de bâtir un espace politique visant à donner " un second souffle au processus de Barcelone ", nombre d’observateurs y décelaient une volonté française d’instaurer de nouvelles relations avec les pays du sud de la Méditerranée.
Derrière l’union de l’Europe et de l’Afrique, il s’agissait aussi de réduire l’immense écart de développement qui ne cesse de se creuser entre les deux rives du bassin Méditerranéen. Après la chute du mur de Berlin, l’Europe a beaucoup fait à l’Est pour les pays de l’ex-Union soviétique, négligeant son Sud. Le projet d’Union méditerranéenne avait donc vocation à corriger ce déséquilibre.
Mais en renouvelant l’esprit même de la coopération et de la relation entre le Nord et le Sud, la France voulait également empêcher un conflit des civilisations. Pour réaliser ces deux objectifs, il fallait néanmoins aller plus loin que le processus engagé en 1995 à Barcelone et en corriger les principales carences : lourdeur administrative, peu de considération pour le volet politique, absence d’engagement dans la recherche d’une issue aux conflits, faible circulation des personnes et des produits agricoles au sein de cet espace.
Le souhait de restreindre la liste des participants aux pays riverains de la Méditerranée a été perçu comme une volonté d’instituer un leadership français sur cette union. Toutefois, compte tenu de la protestation allemande alertant sur ce qui pouvait diviser l’Union européenne (UE), le projet prit un caractère communautaire et fut rebaptisé : Processus de Barcelone : Union pour la Méditerranée (UM).
Il fallait encore convaincre les pays du sud de la Méditerranée de la plus-value de cette nouvelle proposition par rapport au processus en cours depuis 13 ans. Le principal changement entre les deux projets devrait résider dans une plus grande symétrie entre les partenaires du Nord et du Sud. Ces derniers sont invités à définir le contenu du partenariat et deux nouvelles instances ont même été pensées pour matérialiser leur participation : la présidence et le secrétariat.
Bien sûr, tous ces pays n’ont pas les mêmes attentes face à ce projet. Pour la Turquie, l’aspect positif réside dans la volonté de créer une zone de solidarité régionale alors que le Maroc souhaite au contraire s’émanciper de la négociation régionale pour approfondir son intégration au marché européen.
Rabat souligne à l’envi sa longueur d’avance sur les autres pays du Sud, que ce soit pour sa participation au projet Galiléo, pour avoir ouvert son espace aérien aux compagnies européennes, ou encore pour avoir été le seul pays arabe et musulman à avoir engagé un vrai dialogue avec l’UE sur les questions de gouvernance ou des droits de l’homme. Ce particularisme est tout à fait apprécié par l’Union européenne qui lui a octroyé 1,6 milliard d’euros pour la décennie 1996-2006, soit près du quart du total de l’enveloppe accordée aux pays de la rive sud de la Méditerranée.
En revanche, les pays producteurs de gaz et de pétrole, comme l’Algérie ou encore la Libye, se considèrent déjà ancrés dans la mondialisation et montrent un désintérêt qui s’exprime différemment selon les États. Tandis que le colonel Muammar Khadafi met en avant le risque de fracturer la Ligue arabe et l’Union africaine (UA), le président Abdelaziz Bouteflika évoque les difficultés à financer un tel projet.
Sa réserve n’est pas seulement justifiée par la nature de son économie ; elle se nourrit également de susceptibilités mises à vif par le traitement réservé dans le cadre de ce projet aux deux grands États du Maghreb.
Le président français n’a-t-il pas communiqué son idée sur l’Union à Tanger et à Rabat avant de s’en entretenir avec les Algériens ? Le choix de la coprésidence n’est-il pas allé vers le chef de l’État égyptien ? N’a-t-on pas fait miroiter de l’Union à Tunis ou à Rabat l’accueil du secrétariat ?
En outre, Alger a bien noté que Nicolas Sarkozy a rompu avec le discours sur le Sahara occidental de ses prédécesseurs en soutenant le plan d’autonomie proposé par Rabat. Pour autant, en faisant le déplacement à Paris, le 13 juillet 2008, Bouteflika a affirmé sa volonté de ne pas rester en marge de ce grand dessein régional.
Mais si ces motifs constituent bien la raison du scepticisme algérien, ils restent de l’ordre de l’implicite. L’exécutif algérien continue de mettre en avant des arguments qui demeurent très populaires : les visas et la libre circulation des hommes et des femmes de la rive Sud, et la participation de l’État hébreu à cette Union.
En réalité, par-delà les réticences et les réserves de façade, les pays du sud de la Méditerranée ont du mal à se positionner en tant que partenaires à part entière, susceptibles de peser sur la décision et de définir, avec les pays européens, le contenu de ce projet qui reste à bâtir.
Ce rôle inédit suppose qu’ils soient à la fois cofinanceurs, producteurs d’idées, voire de contre-projets, de prendre en compte leurs opinions et de réformer leur mode de gouvernance politique et économique.
Bien plus qu’à la non-résolution du conflit moyen-oriental, l’échec du processus de Barcelone est dû à l’incapacité de ces pays à mettre en place de véritables stratégies de développement et à l’incapacité de l’Europe d’accepter une ouverture des marchés et des frontières.
Tant que les États en négociation continueront de fuir cette réalité qui finit par gripper toute initiative, aucune avancée réelle ne verra le jour.
La dynamique est pourtant nécessaire pour les pays des deux rives : le Sud n’a pas d’autres projets pour s’inscrire dans la mondialisation et rattraper le retard qu’il enregistre par rapport aux autres régions du monde, et l’UE doit faire avec les États de son flanc Sud ce que l’Allemagne a fait avec l’Europe de l’Est et les États-Unis avec l’Amérique latine.
Il est donc nécessaire de mettre en place une intégration économique renforcée, ne serait-ce que pour pallier le déséquilibre démographique (en 2025, la rive Nord comptera 200 millions d’habitants, la rive Sud 325 millions).
Khadija Mohsen-Finan - IFRI (
http://www.ifri.org/) le 3 septembre 2008

1re réunion des ministres des Finances euroméditerranéens : Le financement des projets de l'UPM en question

Une réunion des ministres des Finances des pays membres du "Processus de Barcelone: Union pour la Méditerranée" s'est ouverte mardi au Luxembourg conjointement avec la réunion ministérielle de la Facilité euroméditerranéenne d'investissement et de partenariat (Femip).
Cette première réunion ministérielle organisée depuis le Sommet de Paris du 13 juillet, en marge du Conseil européen Ecofin, et à laquelle l'Algérie participe, a constitué une occasion pour identifier les actions susceptibles de stimuler la croissance de la zone euroméditerranéenne, souligne la présidence française de l'UE.
Dans ce sens, les ministres des Finances euroméditerranéens ont progressé sur la question du financement des projets concrets dans le cadre de l'UPM.
Dans un communiqué commun ayant sanctionné les travaux, ils ont notamment mis l'accent sur la contribution de la Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat (Femip) à trois d'entre des projets retenus dans le cadre de l'UPM, à savoir la dépollution de la Méditerranée, les autoroutes de la mer et le plan solaire méditerranéen.
La Femip, mise en œuvre par la Banque européenne d'investissement, bras financier de l'UE, est le premier investisseur en Méditerranée.
Les ministres ont salué la nouvelle stratégie de la Femip qui lui permettra d'accentuer son effort et de jouer un rôle de catalyseur des investissements, notamment issus du secteur privé en faveur des ces trois chantiers prioritaires.Les ministres ont également soutenu la démarche engagée par l'Italie et l'Espagne, en liens avec d'autres partenaires européens et méditerranéens, pour mettre en œuvre l'initiative méditerranéenne de développement des entreprises, autre projet concret retenu le 13 juillet.
Cette initiative vise à améliorer l'accès au financement des PME méditerranéennes, (représentant 99% des entreprises de cette région et qui sont à l'origine des deux tiers des emplois de la zone) dont le développement est une des clefs de la croissance économique et de l'emploi en Méditerranée.
Il faut savoir que les PME représentent l'immense majorité du tissu productif en Méditerranée et leur capacité à se développer et à innover conditionne la compétitivité de l'espace économique méditerranéen et sa capacité à s'insérer dans la mondialisation, explique la Présidence française de l'UE.
Dans ce contexte, la mise en place d'instruments financiers adaptés, en lien avec les systèmes financiers locaux, est un des moyens de relever le défi de la croissance en Méditerranée, estime-t-elle.
Par ailleurs, la réunion des ministres des Finances euroméditerranéens, leur a également permis d'effectuer un diagnostic des enjeux de la zone, dans un contexte de hausse des prix des matières premières agricoles et du pétrole.Pour les pays de l'UE, la croissance est plus faible qu'attendu sous l'effet d'un triple choc: l'inflation, le change, et l'impact de la crise financière.
Les pays méditerranéens ont jusqu'à présent fait preuve d'une bonne résistance à la crise, en partie grâce à la poursuite de l'agenda des réformes, mais les risques de ralentissement économique sont réels, notamment du fait de celui en cours au sein de l'UE, estime-t-on.
Dans ce contexte, les ministres ont exprimé leur détermination et leur soutien à l'action des autorités et des institutions concernées pour répondre à la crise financière en cours.
Ils ont aussi exprimé leur préoccupation face aux fortes variations des prix des matières premières, notamment du pétrole et des produits alimentaires, et souligné la nécessité d'en comprendre mieux les causes. Ils ont échangé sur les meilleures pratiques pour répondre aux conséquences sociales de la hausse des prix, notamment à travers la mise en place d'aides temporaires et ciblées vers les populations les plus fragiles.
Synthèse Isma B. - le Maghreb -Quotidien de l'Economie (lemaghrebdz.com) - le 12 Octobre 2008