"Babelmed Monde arabe". Enquêtes et reportages en Méditerranée

Renversements des dictatures et transitions démocratiques en Tunisie et en Egypte, élections dans ces pays ainsi qu’au Maroc, résistance en Syrie contre le régime sanguinaire de Bachar al Assad, tensions en Algérie, nouvelle donne en Lybie …









Jamais, comme aujourd’hui, les enjeux qui se posent à ces sociétés n’ont été si complexes. Jamais une information, produite de l’intérieur et restituant la complexité de ces réalités, n’a été aussi indispensable.

Loin des stigmatisations et des analyses fortuites, notamment sur l’islam, le projet d’information «Babelmed Monde arabe» fort d’un réseau de 15 journalistes dans 9 pays (Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Lybie, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie) propose, à partir de ce mois de décembre, une série de reportages et d’analyses sur les citoyens de la rive sud de la Méditerranée.

Ces contenus s’articuleront essentiellement autour de 7 axes thématiques choisis à Tunis où une rencontre du réseau des correspondants a eu lieu en novembre dernier, et où une nouvelle antenne rédactionnelle de babelmed, portée par l’association Liaisons Méditerranéennes, a été ouverte (1).

Quels sont ces grands cycles d’enquêtes ?






Bouleversements politiques et sociaux. Parce que la formule journalistique du «printemps arabe» ne peut contenir, à elle seule, les nouvelles perspectives régionales en acte depuis les renversements des régimes tunisien, égyptien et libyen, les journalistes de «Babelmed Monde Arabe» proposent une série d’articles sur les grands changements que vivent actuellement l’Algérie, l’Egypte, la Jordanie, le Liban, la Lybie, le Maroc, la Palestine, la Syrie, la Tunisie.

L’émergence de formes d’expressions culturelles et artistiques nouvelles. Les jeunes ont largement contribué à travers les différentes formes d’expression artistique qui sont les leurs (graffitis, humour, musiques, installations et détournements des lieux, etc.) à accompagner les révolutions, à en construire la narration. Comment cette liberté de ton et d’action prend-elle d’assaut l’espace public urbain ? Reportages sur cette ébullition toute en imagination…

La question intergénérationnelle. Le problème de la représentation des jeunes dans le paysage politique est au cœur de l’enjeu démocratique. Quelles sont les nouvelles formes d’engagement politique et citoyen (partis, mouvements, associations, syndicats) qui concernent les jeunes et moins jeunes? Comment s’opère la jonction entre les générations, dans le conflit ou au contraire dans une réconciliation à la faveur des révolutions? Comment l’histoire de la pensée et des mouvements démocratiques dans les sociétés arabes marque-t-elle le présent? Il y-a-t-il ou non retransmission de cette mémoire? Il s’agira de mieux comprendre la manière dont les révolutions «se souviennent» et se retransmettent de génération en génération.

Enquête sur l’islamisme politique. Peut-on parler de paradoxe entre les résultats des votes tunisiens, égyptiens et marocains qui couronnent les partis islamistes de ces pays et les révolutions tunisienne et égyptienne? Ces révolutions, qui se sont accomplies sans leaders charismatiques et dont les revendications étaient communes à la rue et transversales aux générations, n’opèrent-elles pas un retour en arrière avec l’apparition de nouveaux chefs politiques d’inspiration religieuse? Quels rapports existent-ils entre l’islam politique modéré et les mouvements salafistes? Pour dépasser la hantise de l’islamisme véhiculée par les grands médias occidentaux, chaque journaliste du réseau de «Babelmed Monde Arabe» fera le point sur l’islam politique dans son propre pays.

Femmes. Quel a été leur rôle dans les révolutions et quel rôle jouent-elles dans la conquête de la démocratie? Quels nouveaux codes de la famille, ou lois les concernant, les pays qui s’apprêtent à changer de constitution produiront? Enfin assiste-t-on, dans les sociétés arabes, à une régression du féminisme ou à de nouvelles formes de participation féminine? Ces reportages permettront aussi d’e s’immiscer dans la vie quotidienne des femmes, à la ville, ou dans les campagnes les plus reculées.

Migration. Les révolutions arabes, la guerre en Libye ont modifié les réalités de frontière propre à l’espace méditerranéen, bouleversant notamment le vain équilibre de la forteresse européenne. Par ailleurs, les nouveaux phénomènes migratoires sud-sud ont entraîné dans les pays d’accueil arabes (Tunisie, Algérie, etc.) des formes d’exclusion et de racisme qui caractérisaient traditionnellement les relations nord-sud ? Comment s’expriment-t-elle sur le terrain ? Est-il possible de dresser la carte des camps et des zones militaires en Algérie et Libye… Enfin, plus généralement, quels sont les nouveaux candidats à l’immigration sachant qu’en Algérie, par exemple, le phénomène ne concerne plus seulement les jeunes chômeurs, mais également les médecins, les cadres , les enseignants qui embarquent de plus en plus nombreux sur les harragas.

Les premiers pas dans la liberté. Comment s’approprie-t-on la liberté lorsque l’étau des dictatures se desserre? Libertés collectives: droit d’association, de s’organiser collectivement, mais aussi enjeux autour des libertés individuelles. Qu’en est-il plus précisément de la laïcité, de la sexualité, ou encore du rapport au religieux dans les nouvelles configurations politiques des sociétés arabes?

En attendant d’affronter l’ensemble de ces questions, voici la première livraison de « Babelmed Monde Arabe » sur les réalités des 9 pays concernés par le projet: Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Lybie, Maroc, Palestine, Syrie, Tunisie. Ces articles sont édités essentiellement en arabe, mais également dispatchés dans les trois autres versions linguistiques du site (français, anglais, italien).

«La révolution tunisienne est une révolution éthique d’une beauté égarante» confiait, il y a quelque mois, le psychanalyste Fethi Ben Slama à la journaliste qui l'interviewvait (2). C’est dans l’esprit de cette éthique que «Babelmed Monde Arabe» souhaite informer, tout en racontant les aspirations et les dynamiques d’une Méditerranée profondément transformée.
Par Nathalie Galesne - Babelmed.net premier magazine on-line des cultures méditerranéennes.

(1) - Le projet «Babelmed Monde arabe» est soutenu par la Fondation pour le Futur (Amman) et la Fondation René Seydoux (Paris). Il est le fruit d’un partenariat entre l’association Liaisons Méditerranéennes (Tunis), l’association Babelmed (Rome) et la Fondation René Seydoux.

(2) - «Livre – Fethi Benslama: «La révolution a surgi d’un angle mort!», article de Sarah Ben Hamadi, publié le 03.06.2011 dans le site Nawaat.org.

Ouvrir l'espace méditerranéen de l'Europe

Un an après la chute de Hosni Moubarak, tandis que les soulèvements populaires se poursuivent dans le monde arabe, il est de plus en plus évident que l'Europe ne peut plus se contenter d'observer sans agir.

La persistance des manifestations a révélé la nécessité urgente d'un nouvel engagement de l'Union européenne avec l'ensemble de la région – et en particulier avec les pays, voisins de l'UE, des rives sud et orientale de la Méditerranée.

La politique européenne de voisinage (PEV), née dans le sillage du succès de la politique menée à l'endroit de l'Europe centrale et orientale après la chute du Mur de Berlin, a jusqu'à présent déterminé les relations extérieures de l'UE avec les pays des rives sud et orientale de la Méditerranée.

La PEV a toutefois largement été détournée de son objectif initial au fil du temps, pour ne plus s'attacher qu'à des questions liées à la sécurité et à l'immigration.
La PEV a toutefois largement été détournée de son objectif initial au fil du temps, pour ne plus s'attacher qu'à des questions liées à la sécurité et à l'immigration.

Les soulèvements dans les pays de la rive sud de la Méditerranée ont été alimentés par toute une série de revendications, allant de la fin de la corruption à un désir de plus grande liberté. Mais le thème sous-jacent à tous ces mouvements a été l'absence de débouchés professionnels pour une population croissante de jeunes au chômage ou sous-employés.

Mais un an après le début du printemps arabe, les perspectives économiques sont encore plus sombres. Les économies de l'Égypte, de la Libye et de la Tunisie se sont fortement contractées.
Les budgets nationaux sont serrés et les réserves en devises fondent comme neige au soleil.
Au lieu de voir une arrivée en force des investisseurs, ces pays enregistrent des fuites de capitaux importantes.

Compte tenu de l'ampleur des difficultés que rencontrent les pays de la rive sud, l'UE se doit de mettre en place un partenariat euro-méditerranéen bien plus constructif qu'il ne l'a été jusqu'à présent.
La première difficulté consiste à rétablir la confiance, un processus qui obligera les Européens à revoir leur attitude envers « l'islam politique » en général, et les Islamistes au sein des gouvernements en particulier.

Un test décisif à cet égard est le Maroc.
Même si le royaume chérifien n'a pas suivi la voie révolutionnaire des autres pays de la région, les points de vue et désirs des Marocains ne diffèrent en rien de ceux de leurs voisins. L'UE s'est félicitée des récentes réformes constitutionnelles ainsi que du résultat des élections législatives qui ont porté au pouvoir un islamiste affilié aux Frères Musulmans égyptiens.
Mais l'UE a également appelé au renforcement du pluralisme, de l'État de droit et aux droits égaux pour les femmes et les minorités – autant de domaines clés dans lesquels les islamistes doivent encore, et partout, faire leurs preuves.

Cette conditionnalité – le principe du « faire plus pour obtenir plus » - laisse à penser que l'UE a trouvé une manière viable d'influencer les évolutions dans la région.
Mais il faut se défaire de l'idée que l'Europe, soit-disant sur le déclin, ne peut pas être un interlocuteur et un partenaire constructif pour encourager la prospérité régionale. Le fait est que l'UE reste le principal partenaire commercial du Maghreb, représentant 70 pour cent des exportations hors pétrole et gaz de la région en 2010.

L'Europe, bien qu'à court de liquidités, peut faciliter la participation d'institutions multilatérales comme le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, dont l'UE est le principal actionnaire (près de 37 pour cent, comparé aux 16 pour cent des Etats-Unis), et la Banque européenne d'investissement qui vient de relever le plafond de prêts pour la région de 1 milliard d'euros (1,3 milliard de dollars).
Dans le même ordre d'idée, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a récemment annoncé avoir entamé des activités financées par des donateurs dans certains pays de la région, dont le Maroc, en 2012.

Un bon exemple de cette participation de l'UE est l'investissement de 37 millions d'euros dans la centrale solaire de Ouarzazate et le programme d'amélioration de l'alimentation en eau potable, financé par la Facilité d'investissement pour le voisinage de l'UE qui a joué un rôle central pour réunir des prêts s'élevant à plus de 600 millions d'euros.
C'est cette capacité de démultiplication que l'UE doit utiliser de manière plus efficace.

Au-delà des problèmes de perception, la réussite d'un partenariat renouvelé avec l'Europe implique que les pays de la région entreprennent des réformes structurelles vitales. Ils devront tout d'abord consolider leur cadre institutionnel et de réglementation de façon à garantir l'efficacité des institutions financières et la sécurité juridique des investisseurs, à la fois nationaux et étrangers.
Un tel cadre est indispensable, non seulement pour attirer les grandes sociétés, mais également pour permettre le développement des petites et moyennes entreprises, qui en Europe ont, par exemple, créé 85 pour cent des nouveaux emplois entre 2002 et 2010.

Il est également important que la politique de l'UE soit revue sous forme de co-localisation, au lieu d'une délocalisation et surmonte la mentalité actuelle de jeu à somme nulle. Un exemple encourageant de cette approche co-localisée est le lancement du site industriel Renault au Maroc (qui a malheureusement soulevé de vives critiques en France, en proie à une fièvre préélectorale).

Les infrastructures sont un autre problème majeur, non seulement pour relier l'UE et les pays de la rive sud de la Méditerranée, mais également pour encourager une intégration régionale plus que nécessaire. Actuellement, la majorité des économies du Maghreb sont quasiment enclavées, coupées les unes des autres pour des raisons qui sont souvent de nature politique.
Dans ce cas-ci également, le Maroc est un bon exemple : le conflit au Sahara occidental a eu pour effet la fermeture de ses frontières avec l'Algérie, entraînant un coût annuel pour les deux parties de 1 à 2 points de leurs PIB, selon une estimation prudente.

Plus généralement, les pays du Maghreb ont le taux de commerce interrégional le plus bas au monde, représentant moins de 5 pour cent des PIB combinés de la région, contre 70 pour cent au sein de l'UE et 50 pour cent en Amérique du Nord, en grande partie à cause de l'effet « bol de spaghetti » entre les accords commerciaux préférentiels et les mesures non tarifaires au sein de la région.
L'UE devrait se servir de l'éventail des accords bilatéraux conclus avec les pays du Maghreb pour promouvoir un cadre commercial viable pour la région.

Les révolutions arabes ont donné l'occasion à tous de porter un regard neuf sur le monde méditerranéen.
En lieu et place de l'ancienne relation de clientélisme, un nouveau partenariat UE/Maghreb, dans le cadre d'une politique de voisinage revue et corrigée, fondée sur la confiance, doit être établi. Seul un partenariat de la sorte est en mesure d'accroître les perspectives économiques et la prospérité – les revendications à l'origine de la vague de contestation arabe.
Un tel partenariat, bien géré, pourrait également contribuer à relancer les économies européennes dans cette époque troublée.

Ana Palacio est une ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères et ancienne vice-présidente principale et conseiller juridique général du Groupe de la Banque Mondiale.

Copyright: Project Syndicate, 2012. http://www.project-syndicate.org/
Traduit de l’anglais par Julia Gallin

L'’Union Européenne et le printemps arabe: aider la nouvelle génération à bâtir une société nouvelle

Autour du voisinage – Entretien avec Marcus Cornaro
L'’Union Européenne et le printemps arabe: aider la nouvelle génération à bâtir une société nouvelle.
La réaction de l’UE aux changements amenés par le Printemps arabe et aux défis de la transition politique et économique dans la région a été rapide.  “Notre but n’est pas de lancer des révolutions mais plutôt de nous assurer que les révolutions ne soient pas volées aux peuples”déclareMarcus Cornaro, Directeur chargé du voisinage pour la DG EuropeAid à la Commission européenne, dans un entretien accordé à l’ENPI Info Centre au sujet de la réaction de l’Union européenne aux événements du ‘Printemps arabe’.
Cet entretien a été réalisé dans le cadre de la série « Autour du voisinage », un recueil d’entretiens avec des personnalités impliquées dans les relations avec le voisinage. 

11ème Printemps de la philosophie à Fès : “Structure des révolutions et identité de la crise en méditerranée”


La 11ème Rencontre internationale "Printemps de la philosophie" aura lieu du 9 au 11 mars à Fès, autour de la thématique "structure des révolutions et identité de la crise en méditerranée: philosophie et paradigme du changement". 
L'association des amis de la philosophie, initiatrice de cet évènement, a invité des philosophes du Maroc et du pourtour méditerranéen pour réfléchir au rôle que peut jouer l'esprit philosophique dans la renaissance de la Mare Nostrum (méditerranée). 
Des questions comme celles de la nature des révolutions, d'identité, de crise et de changement seront omniprésentes dans les débats des universitaires, chercheurs et philosophes du pourtour méditerranéen, qui s'organiseront en "cercles de réflexion". 
Encore une fois, l'idée de création d'une association internationale des philosophes méditerranéens devra être soumise au débat lors de cette édition, qui prévoit, comme à l'accoutumée, la remise du Prix Averroès de la philosophie méditerranéenne et du Prix de la méditerranée pour la paix". 
Aux cotés des cercles de réflexion des sages, les élèves de la cité Idrisside seront eux aussi impliqués lors de cette édition, en participant à des ateliers de poésie et critique, de médias, d'éducation, d'économie et politique et de peinture. 
Cette 11-ème édition revêt, par ailleurs, un caractère particulier, dans la mesure où elle coïncide avec la première caravane Averroès, une autre initiative de l'association des amis de la philosophie, dédiée à la promotion de la pensée et du dialogue des cultures. 
Lancée en janvier dernier, cette caravane, ouverte aux étudiants des facultés de lettres et élèves des lycées de la cité Idrisside, est conçue de manière à devenir "une tribune de défense de l'amour de la sagesse dans un monde où mutations politiques, scientifiques et intellectuelles sont en réelle ébullition". 
Fès avait été déclarée, en 2008, capitale méditerranéenne de la philosophie par un parterre de chercheurs, qui prenaient part à la 7-ème rencontre internationale "Printemps de la philosophie", rappelle-t-on. 

MAP & Liberation.ma

L'industrie du tourisme allemande table sur de nouveaux records en 2012

Le président de la fédération allemande des professionnels du tourisme (DRV), Jürgen Büchy, a assuré dans un entretien publié vendredi que le record de chiffre d'affaires enregistré en 2010 serait battu cette annéee.
"Tous les indicateurs portent à croire que le secteur va pouvoir faire mieux qu'en 2011", a-t-il dit au quotidien Handelsblatt.
Cité cette fois au style indirect, M. Büchy évoque une progression de jusqu'à 3% du chiffre d'affaires de la branche pour cette année.
Sur "l'année touristique" 2010, c'est-à-dire du 1er novembre 2009 au 31 octobre 2010, les voyagistes allemands avaient dégagé un chiffre d'affaires de 23,3 milliards d'euros, et les agences de voyage de 22,4 milliards d'euros, soit dans les deux cas une progression de 9% au moins par rapport à l'année précédente.
Pour les saisons qui s'annoncent, l'une des priorités des voyagistes allemands est de regagner le terrain perdu en Afrique du Nord et en Egypte à la suite du printemps arabe.
La Tunisie est selon M. Büchy "le marché qui s'est le plus clairement redressé", tandis que l'Egypte est affectée par la persistance des troubles politiques. "Il est difficile d'expliquer ici que ce n'est pas tout le pays qui est en proie aux émeutes", regrette M. Büchy.
Autre préoccupation: la Grèce, où le président du DRV juge la situation "difficile à appréhender", et où les réservations sont pour l'instant "plutôt modérées", alors que l'an dernier cette destination avait profité à plein du report des touristes qui avaient prévu au départ de se rendre en Afrique du Nord.
M. Büchy rappelle toutefois que la destination favorite des Allemands reste l'Allemagne elle-même, et se félicite de l'émergence d'un "tourisme rural" dans le pays, où jusqu'ici les villes et les grands salons commerciaux donnent le ton des réservations hôtelières.

Ode contemporaine à la Méditerranée

L’exposition temporaire "The Mediterranean approch" sous-titrée "une exploration de la culture contemporaine en Méditerranée", proposée par le Musée d’art contemporain de Marseille et "Art of the World", est à découvrir jusqu’au 20 mai 2012, date à laquelle les œuvres seront exilées à la Biennale de Sao Paulo pour poursuivre leur itinérance.
Des artistes du pourtour de la Mer Méditerranée (ou y œuvrant) ont chacun réalisé une œuvre, emblématique de leur région et de sa culture, bâtissant ainsi une fresque artistique, symbole d’un élan commun dans la diversité. En suspens, différents thèmes sont abordés, comme la liberté d’expression et de religion, les migrations, la propagation du désir de démocratie, les questions environnementales.
C’est finalement l’esquisse d'une identité plurielle que l'on retiendra de cette exposition, celle de l’ensemble des grandes civilisations méditerranéennes. Afin de l 'exprimer, les artistes ont instillé par tous les moyens possibles –photographies, films, objets divers- une dimension poétique à leurs oeuvres, telle celle de Jacques Berthet, intitulée les Oliviers. L’artiste a photographié l’arbre représentatif des pays méditerranéens, offrant des clichés noirs et blancs « afin de se rapprocher de la sculpture et de se distancier de la botanique », a-t-il expliqué.
Toujours dans le domaine de la photographie, Peter Wüthrich présente la série Angels of Venice. Considérant le livre « comme un médium de la transformation, du savoir, de l’imagination et de la créativité », le photographe a immortalisé des passants inconnus, un livre accroché dans le dos, métaphore des ailes d’ange. (Photo Angels of Venice, Crédit V. Ecochard)










Plus loin, rappelant que la mer se situe au cœur de la vie – parfois de la mort - des peuples méditerranéens, l’artiste grecque Maria Papadimitriou a réalisé une barque, une annexe stylisée échouée sur des débris de verres, allégorie du voyage entrepris par les migrants pour traverser la Méditerranée. « La plage de fragments évoque le destin tragique des vies brisées dans leur quête d’un meilleur avenir », est-il écrit en guise de présentation de l’œuvre.

Sensation de Lévitation

Déambulant à travers les galeries du musée, le visiteur est irrésistiblement attiré par des sons provenant d’un sombre couloir. En débouchant sur une pièce plongée dans le noir, il découvre le travail documentaire de Zineb Sedira, intitulé Gardienne d’images. L’artiste a donné la parole à la veuve du photographe algérien Mohammed Kouaci, Safia Kouaci, qui s’est efforcée de préserver les archives de son mari sur la révolution algérienne. Désormais éclairée par la lumière du film de Zineb Sedira, ode à la fragilité des mémoires et à la parole des personnes âgées, la discrète dame sort de l’ombre. (Photo Gardienne d'images. Crédit: V. Ecochard):









Une artiste marseillaise, Marie Bovo nous emmène enfin dans des lieux autrement familiers avec sa série de clichés Cours intérieures. Sillonnant le quartier populaire de Belzunce, la photographe s’est focalisée sur les cordes à linge reliant les maisons entre elles, telles « des espaces interstitiels entre les paysages domestiques et la rue ». Avec un temps d’exposition long, Marie Bovo a saturé le film en lumière, engendrant des effets légèrement surnaturels, « qui rappellent les ciels des fresques baroques, et provoquent une sensation de lévitation et de perte en gravité. » 
Bien d’autres œuvres contemporaines aussi saisissantes sont proposées dans cette exposition.The Mediterranean approach, une exploration de la culture contemporaine en Méditerranée est à découvrir au Musée d’Art Contemporain (Mac), au 69, avenue de Haïfa, (8e) jusqu’au 20 mai 2012. Ouverture de 10h à 17 h sauf le lundi et certains jours fériés.

Par Elodie Crézé

Tunisie : L'UE participe à l'amélioration de l'articulation entre l'éducation et l'emploi


Le 10 février, la Délégation de l'Union européenne en Tunisie a présenté l'évaluation du Programme d'appui à la modernisation de l'enseignement secondaire et du Programme de mise à niveau de la formation professionnelle (MANFORM II). Ces deux programmes ont été financés par l'Union européenne en partenariat avec le ministère tunisien de l'investissement et de la coopération internationale.

Démarré en 2006 et achevé en 2009, le Programme d'appui à la modernisation de l'enseignement secondaire a bénéficié d’un soutien de 30 millions d'euros. Il a surtout mis l'accent sur l'amélioration des méthodes, des outils et des structures pédagogiques en vue d'accroître l'équité du système, l'appui et la mise en place d'un système d'orientation et de conseil pédagogique et le développement professionnel des acteurs ainsi que sur le renforcement de la décentralisation et l'utilisation des technologies de l'information et de la communication.


L'évaluation a mis en évidence l'efficacité du programme. Elle a néanmoins révélé que les aspects en rapport avec l'employabilité, à savoir le lien entre la préparation des diplômés du secondaire et les passerelles avec la formation professionnelle auraient pu être mieux pris en compte.

Démarré en 2007 et achevé en 2010, le Programme de mise à niveau de la formation professionnelle (MANFORM II), lui aussi doté de 30 millions d'euros, s'est employé à consolider les acquis du premier programme à travers le renforcement des programmes de formation à la demande et le développement de la qualité de ces formations.
L'objectif à long terme est d'identifier les besoins des entreprises et de mettre en place un observatoire des compétences et des professions innovantes. A plus court terme, il entend soutenir un partenariat efficace avec les entreprises et promouvoir des possibilités de formation continue.

Le programme vise également à améliorer la qualité des actions de formation en augmentant le nombre de modules de formation en fonction des compétences, à mettre en place un corps d'inspecteurs pédagogiques spécialisés dans la formation professionnelle ainsi qu'un cadre pour la reconnaissance des diplômes. Un autre objectif est le renforcement des structures pour la mise en oeuvre d'une stratégie sectorielle et du cadre sectoriel de dépenses à moyen terme.

L'évaluation a révélé que le programme a été efficace dans une large mesure et que son impact s'est surtout manifesté par une utilisation plus rationnelle des outils et des méthodologies développées grâce à l'appui budgétaire. Il a également sensibilisé l'opinion publique aux enjeux de la formation et aux déséquilibres entre l'offre et la demande ainsi qu'à la nécessité de coordonner la formation en cours d'emploi via un renforcement du rôle de l'Observatoire national des emploi et des qualifications.
Afin de répondre à la nécessité d'une meilleure adéquation entre la formation et l'environnement professionnel, un nouveau programme intitulé «Éducation, formation professionnelle et enseignement supérieur en lien avec l'employabilité des jeunes diplômés» (PEFESE) a été lancé en janvier 2011. Ce programme est financé par l'Union européenne à hauteur de 65 millions d'euros.
Par ENPI Info Centre

 Pour en savoir plus:

Appel à candidatures d’artistes de scène pour le festival méditerranéen à New York

Les artistes de la scène de la danse, du théâtre et de la musique ont jusqu’au 10 mars pour présenter leur projet de spectacle dans le cadre du Festival des arts du spectacle  « Between the Seas » qui aura lieu à New York. Cet événement bénéficie du soutien de la Fondation Anna Lindh, financée par l’UE.  

 La 2édition du festival, organisée par  Les Manouches Théâtre, proposera une série de thèmes dans les catégories suivantes:  

•       « Identité méditerranéenne », avec des spectacles qui explorent la vie, les identités et les récits – notamment transversaux – des sociétés méditerranéennes ou qui sont inspirées par ces aspects,
•       « Living in-between » avec des œuvres qui explorent les identités méditerranéennes de la diaspora ou qui sont inspirées par celles- ci,
•       « Oeuvres contemporaines et adaptations » avec des spectacles d’œuvres existantes et inédites de metteurs en scène/chorégraphes/compositeurs méditerranéens. Les adaptations ou réinterprétations de classiques qui mettent en lumière les réalités méditerranéennes contemporaines ou qui explorent de nouvelles esthétiques et techniques et modèles d’interprétation de la région sont les bienvenues.

Le festival aura lieu du 20 au 26 août au Wild Project theatre, au cœur du East Village à New York.
Pour en savoir plus et pour introduire un dossier de candidature, visitez le site :  www.betweentheseas.org.

La Fondation Anne Lindh pour le dialogue interculturel a pour mission de promouvoir le dialogue, le respect et le dialogue interculturel entre les peuples de la région euro-méditerranéenne en travaillant par le biais d’un réseau de plus de 3000 organisations de la société civile dans 43 pays. Son budget est cofinancé par l’UE (7 millions d’euros) et les États membres de l’UE (6 millions d’euros) 
Par ENPI Info Centre

Pour en savoir plus
- Between the Seas :  Site internet
- Fondation Anna Lindh  – Site internet

L'Europe s'est tournée vers la Méditerranée


La politique européenne de voisinage (PEV) est une «politique de proximité où les régions doivent développer des relations de coopération», a souligné, mercredi à Rabat, le chef du gouvernement autonome catalan, Artur Mas.






«Il n'est pas normal que les régions de la Méditerranée si proches les unes des autres développent des relations économiques et sociales en deçà des attentes», a indiqué Mas lors d'un séminaire sur «le Statut avancé : nouveaux acteurs, nouvelles perspectives» marqué par la participation du conseiller de S.M. le Roi, Omar Azzimane.
Mas, qui a passé en revue l'expérience espagnole en matière de décentralisation et de régionalisation, a exprimé la disposition de la Catalogne à développer des relations de coopération avec les régions du Maroc dans le cadre de la coopération transfrontalière décentralisée.
Fondatrice de civilisation et berceau du commerce international, la Méditerranée «est à l'origine des premières phases de ce qu'est appelé aujourd'hui régionalisation», a-t-il dit.
«L'Europe s'est tournée vers la Méditerranée parce qu'elle n'est pas une option pour elle, mais une question de survie dans une mondialisation durable», a ajouté le responsable catalan.
Il a souligné, par ailleurs, que le Maroc est un partenaire «stratégique» pour l'Espagne et pour l'Europe, faisant savoir que l'adoption par le Parlement européen de l'accord de libre-échange dans le domaine agricole avec le Maroc «constitue un exemple de la relation stratégique qu'existe entre l'Union européenne et le Maroc».
Pour sa part, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Youssef Amrani, a indiqué que le statut avancé a permis que la relation Maroc-UE «ne soit plus par l'apanage exclusif du gouvernement, mais qu'elle soit désormais appropriée par de plus en plus d'acteurs et d'intervenants associatifs, économiques, académiques et médiatiques».
La relation Maroc-UE est appelée, aujourd'hui, à connaître une nouvelle impulsion à la hauteur de la nouvelle donne en Europe, du Printemps arabe et surtout des évolutions de grande envergure menées au cours de la période récente par le Maroc, a-t-il analysé.
Il a appelé, dans ce cadre, l'Europe à lancer des politiques partenariales et à commencer à réduire le différentiel de développement avec ses partenaires du Sud et de l'Est et ce, en cherchant des relais de croissance à l'extérieur de son propre périmètre.
L'Europe doit donc «raisonner en termes d'intégration d'un vaste espace régional», a insisté Amrani, qui a estimé «qu'une politique de macro-régions pourrait réduire les inégalités spatiales, tout en favorisant le développement des marchés et la croissance régionale».
Organisé par le ministère des Affaires étrangères en collaboration avec l'Institut européen de la Méditerranée, ce séminaire a traité de plusieurs thèmes relatifs notamment aux défis de la territorialité et aux nouveaux acteurs du dialogue économique et social.  
MAP & LeMatin.ma

Les herbiers marins de Méditerranée


Les menaces qui pèsent sur les herbiers de Posidonie de la mer Méditerranée ont été mises en évidence dans un article paru il y a quelques semaines dans PLoS ONE et rédigé par Sophie Arnaud-Haond, chercheur au Centre Ifremer Bretagne, et des scientifiques portugais et espagnols.
Posidonia oceanica, l’espèce qui a fait l’objet de l’étude, est une plante à fleur marine endémique et emblématique de la Méditerranée, qui structure l’un des écosystèmes côtiers les plus productifs et les plus riches en biodiversité, qui représente aussi un puits de carbone essentiel.

Les scientifiques ont montré que sa capacité de reproduction par clonalité, processus commun à toutes les angiospermes marines, leur permet de faire perdurer des génotypes depuis plusieurs dizaines de milliers d’années ! Malgré cette capacité d’adaptation incroyable, les changements climatiques récents menacent les prairies qui résultent de dizaines de milliers d’années d’évolution. On estime en effet que 5% des herbiers de Posidonie disparaissent chaque année.

Une histoire de clones…
La reproduction par clonalité est un processus basé sur la multiplication naturelle à l’identique d’un être vivant, c’est-à-dire avec conservation exacte du même génome. Chez les phanérogames marines, elle a lieu au niveau des rhizomes, où de nouvelles cellules « clones » sont donc produites.

Les clones obtenus à partir d’un rhizome, se développent ensuite sous forme de tige et croissent à un rythme extrêmement lent (à peu près un centimètre par an).

Les rhizomes de Posidonia sont ligneux, très résistants à la dégradation et les connexions établies avec un clone peuvent les maintenir liés durant plusieurs années.

Ainsi, les rhizomes peuvent occuper jusqu'à quelques kilomètres et produire des millions de pieds porteurs du même génotype.

Plasticité phénotypique
De Chypre à Almería en Andalousie, une cinquantaine de prairies de Posidonia de la mer Méditerranée ont été échantillonnées pour l’étude, c’est-à-dire plus de 1500 pieds d’herbiers.

L’analyse des génomes présents dans les échantillons, a montré que beaucoup de clones ou génotypes identiques se retrouvaient dans des prairies distantes de plusieurs kilomètres.

Les auteurs de l'étude ont employé un modèle pour simuler la croissance clonale et estimer ainsi l’âge des lignées.

Ils ont pu vérifier qu'il était possible, malgré les forts changements environnementaux, de retrouver des génotypes qui se multiplient sans doute déjà depuis plusieurs dizaines de milliers d’années.

Ces résultats montrent donc que l'espèce Posidonia oceanica a une grande plasticité phénotypique. En effet, un même génotype a pu s’adapter aux variabilités environnementales des dernières dizaines de milliers d’années, et peut encore s'adapter aux variabilités spatiales de son environnement.

Malgré cette capacité d’adaptation, ces prairies façonnées par des milliers d’années d’évolution disparaissent aujourd’hui au rythme de 5% par an, ce qui peut s’expliquer par la brutalité des modifications environnementales (pollution, changement climatique, etc.) qu’elles subissent aujourd’hui au regard des changements probablement beaucoup plus graduels qu’elles ont suivi au cours de leur évolution.
© News Press 2012 & TV5