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jeudi 20 juillet 2017

MedaWeek Barcelona 2017: l’ASCAME et l’UpM unissent leurs forces pour promouvoir le développement économique en Méditerranée

MedaWeek Barcelona 2017: ASCAME and UfM join forces to advance economic development in the Mediterranean

2 000 entrepreneurs de la région sont attendus à l’occasion de la Semaine méditerranéenne des leaders économiques de Barcelone (MedaWeek), que la ville accueillera du 22 au 24 novembre prochain, après la signature d’une convention de partenariat entre l’Association des chambres de commerce et d’industrie de la Méditerranée (ASCAME) et l’Union pour la Méditerranée (UpM). 

Cette convention est destinée à consolider le positionnement de l’UpM en tant que partenaire stratégique de la MedaWeek.

L’ASCAME et l’UpM, qui ont toutes deux leur siège à Barcelone, ont développé au cours des dernières années d’importants projets et initiatives visant à contribuer à la dynamisation économique de la région, à la promotion d’initiatives publiques-privées provenant du secteur privé en vue de faciliter les flux d’investissement, ainsi qu’au renforcement de l’attrait général de la région euro-méditerranéenne pour les investissements.

Dix ans après son lancement en tant que plateforme annuelle de référence sur l’économie méditerranéenne et sa projection à l’échelle mondiale, la MedaWeek abordera, en novembre prochain à Barcelone, des enjeux tels que la restructuration des industries traditionnelles, la diversification des activités économiques, les investissements étrangers, ou encore le renforcement de la coopération régionale.

Pour en savoir plus
La Semaine méditerranéenne des leaders économiques – Site internet
L’UpM – Site internet
ASCAME – Site internet

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Le développement avec détermination d’un agenda positif pour la Méditerranée, plus que jamais nécessaire (Sijilmassi)

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Le développement d’un agenda positif pour la Méditerranée est aujourd’hui plus que jamais nécessaire et il faut le faire avec et dynamisme et détermination, a souligné mercredi à Madrid le secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM), Fathallah Sijilmassi. 

"L’agenda positif est la meilleure réponse à l’agenda négatif. Réussir cet agenda positif est une condition essentielle pour la promotion de la paix, la stabilité et la sécurité", a-t-il relevé lors d’une conférence organisée par l’institution "Nueva Economía Fórum" marquée par la participation aussi du secrétaire d’Etat espagnol aux affaires étrangères, Ildefonso Castro. 

M. Sijilmassi, qui intervenait devant un parterre de personnalités du monde de la politique, de l’économie et de diplomates accrédités à Madrid, a appelé à mettre en œuvre activement un agenda positif pour la Méditerranée tirant profit des grandes capacités et possibilités de développement qu’offre la région. 

Pour le secrétaire général de l’UpM, "limiter le sud de la Méditerranée uniquement à la gestion de +l’agenda négatif+ (terrorisme, migration, radicalisation….), que nous devons évidement traiter avec détermination et fermeté, serait une grande injustice pour des millions de citoyens méditerranéens dont les réalisations sont extraordinaires". 

"22 ans après la Déclaration de Barcelone et près de 10 ans après la création de l’UpM, je crois qu’il est plus que jamais nécessaire de rappeler que la Méditerranée n’a pas besoin d’une vision romantique du passé glorieux du Mare nostrum, ni de discours défaitistes sur la situation de la région, ni de théories sur la nécessité du renouvellement permanent du partenariat euro-méditerranéen". 

Selon M. Sijilmassi, la voie à suivre est d’utiliser davantage les institutions existant au niveau de l’espace euro-méditerranéen et de garantir une pleine efficience des financements disponibles au bénéfice d’actions à même de renforcer les liens entre les populations. 

"Nous devons renforcer l’engagement politique collectif pour des actions concrètes", les défis de la région méditerranéenne ayant besoin de réponses collectives et concertées, a-t-il fait observer, affirmant que l’UpM est fortement engagée dans ces sens. 

Il a indiqué, dans le même contexte, que l’action de l’UpM s’articule autour de deux axes fondamentaux pour la stabilité et la sécurité, à savoir le développement humain, fondé sur l’employabilité des jeunes, la croissance inclusive et l’autonomisation des femmes, et le développement régional durable, axé notamment sur des actions climatiques, l’énergie, le développement urbain et l’économie verte. 

"Nueva Economía Fórum" est l’organisation de débat de référence en Espagne. A caractère privé, indépendant et sans parti, elle a pour objectif de promouvoir le débat et le dialogue grâce à des forums ouverts, neutres et pluriels. 

Les activités de "Nueva Economía Fórum" stimulent l’échange d’idées et la confrontation de différents points de vue dans tous les domaines de la société. 

A ses tribunes participent des personnalités du monde politique, économique, social, journalistique et des affaires. 

Source de l'article Atlasinfo

4ème biennale méditerranéenne des arts modernes à Oran

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La 4ème édition de la biennale méditerranéenne des arts modernes s'est ouverte, dimanche soir, à Oran, avec la participation de 50 peintres algériens et étrangers. Elle se poursuit jusqu'au 31 juillet.

Cette manifestation qui coïncide avec la célébration du 55ème anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale se tient au musée des arts modernes d'Oran (MAMO), situé au centre-ville d'Oran. Outre les peintres venus des différentes régions du pays, vingt autres artistes représentant la Tunisie, l'Espagne, la France, la Suisse, la Turquie et les États-Unis, a souligné le commissaire de la biennale, le plasticien Toufik Ali Chaouche.

Cette édition, placée sous le patronage du ministère de la culture et de la wilaya, est organisée par l’association "Civ-oeil" d'Oran.
Des œuvres d'artistes n'ayant pas pu se déplacer à Oran sont également exposées dans le cadre de cette biennale. Il s'agit d'artistes de Syrie, d'Egypte, du Liban, Maroc, de la Grèce, d'Italie et de la Thaïlande, a précisé Toufik Ali Chaouche.



Trois artistes algériens participent en qualité d'invités d'honneur. Il s'agit de Zineb Sedira, venue de Londres, de Mustapha Nedjaï d’Alger et de Mustapha Ghedjtati de Sétif.

Cette édition qui se poursuivra jusqu’au 31 juillet permet aux participants d'aller à la rencontre du public et vise à encourager les échanges d'informations et d'expériences entre les professionnels de l’art moderne.

Les œuvres exposées comportent des peintures, des aquarelles, des sculptures, des montages artistiques, des photographies, des productions vidéo et des travaux de design, traitant toutes du thème "Exil et exode", retenu comme slogan de cette édition.

Le commissaire de la biennale a expliqué que le thème retenu est d'une actualité brûlante car lié aux guerres, conflits, catastrophes naturelles et autres raisons qui pousse les hommes à des migrations collectives parfois au prix de leurs vies. Parallèlement avec l’exposition, des conférences sont programmées par des spécialistes traitant de disciplines d’art contemporain.

Source de l'article Huffpostmaghreb

L’UNIMED rencontre le Commissaire Européen pour la Recherche, la Science et l’Innovation

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Le 11 juillet 2017, à Bruxelles, M. Marcello Scalisi, Directeur de l’UNIMED, a été reçu par M. Carlos Moedas, Commissaire Européen pour la Recherche, la Science et l’Innovation.

Au cours de la réunion, M. Scalisi a présenté l’UNIMED et son engagement envers l’enseignement, la recherche et l’innovation dans la région méditerranée à travers son réseau d’universités associées. La réunion a eu pour thème principal le rôle majeur que les universités méditerranéennes devraient jouer dans le domaine de la recherche et de l’innovation.

L’UNIMED, qui soutiendra l’initiative PRIMA, a également présenté au Commissaire son nouveau sous-réseau sur l’alimentation et l’eau.
Lors de la réunion, l’importance de l’amélioration de la dimension de la recherche et de la mobilité des chercheurs dans le cadre de la coopération Euro-Méditerranéenne a également été soulignée.

Source de l'article Unimed

Algérie : Méditerranée Créative soutient l’ouverture du centre d’art de la bijouterie de Batna

Algeria: Creative Mediterranean support for jewellery art centre in Batna

Le programme Méditerranée Créative, financé par l’UE, a signé un accord avec la Chambre de l’Artisanat et des Métiers (CAM) de Batna en Algérie pour l’ouverture du centre d’art de la bijouterie au deuxième semestre de 2017.

Ce centre, aménagé par la CAM de Batna avec une contribution financière de Méditerranée Créative pour l’équipement des locaux en matériel de production de bijoux, accueillera différents espaces de travail.

Des salles de formations, de conférence, d’exposition, de fonderie et de dessin seront ainsi mises à disposition des artisans bijoutiers des environs.

Le centre pourra servir de pôle créatif, permettant aux artisans de mettre en commun les équipements et les connaissances, de travailler collectivement pour développer de nouveaux produits créatifs et de participer à des formations, dans le droit fil de la philosophie de Méditerranée Créative.

L’objectif du projet Méditerranée Créative, mis en œuvre dans le cadre du Développement du secteur privé dans le programme du Sud de la Méditerranée, est de favoriser la coopération entrepreneuriale dans l'industrie culturelle et créative notamment par la promotion des initiatives pilotes prometteuses démontrant la contribution à la croissance inclusive.

En savoir plus
Méditerranée Créative – Site internet et page Facebook

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MEDSTAT soutient la collaboration entre le Maroc et la Palestine pour reproduire un logiciel statistique

Du 10 au 13 juillet, lors d’une réunion organisée dans le cadre du projet MEDSTAT, financé par l’UE, une délégation de trois experts du Bureau central palestinien des statistiques (PCBS) se rendra dans la capitale marocaine Rabat pour organiser la duplication d’un logiciel de tabulation dynamique en ligne développé par l’Office des changes du Maroc (OCM).

Les discussions concernant ce transfert ont commencé il y a quelque temps et les parties ont progressivement fixé les paramètres pour en assurer le succès. Elles ont discuté des exigences techniques liées à l’adaptation du logiciel aux spécificités des statistiques du commerce en Palestine et à sa mise en œuvre en tant qu’outil régulier du PCBS. Au cours des derniers mois, les deux pays ont échangé des informations concernant la spécification du système au Maroc et les caractéristiques de la collecte et du traitement de données en Palestine.

À ce stade de l’échange entre les deux pays, les deux parties disposent des informations nécessaires pour envisager un aspect plus concret du transfert. La visite des spécialistes palestiniens à Rabat est un élément central du transfert, car ils pourront travailler concrètement avec leurs homologues marocains sur place.

Une fois l’outil développé en Palestine, les contacts se poursuivront entre les deux équipes afin d’affiner le transfert. Plusieurs autres webinaires pourraient s’avérer nécessaires à l’issue de la mission.

Le projet MEDSTAT IV fournit une expertise et un support technique dans le but de promouvoir l’harmonisation des statistiques en conformité avec les normes européennes et internationales dans 6 domaines : répertoires et statistiques d’entreprises, statistiques sur le commerce extérieur et la balance des payements, statistiques des transports, statistiques de l’énergie, statistiques du marché du travail et statistiques des migrations. Il fait suite à une phase précédente mise en œuvre au cours de la période 2010-2013.

Pour en savoir plus
Site Internet de MEDSTAT IV

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Le projet MEDSTAT IV fournit une expertise et un support technique dans le but de promouvoir l’harmonisation des statistiques en conformité avec les normes européennes et internationales dans 6…

Les ambitions de la Chine en Europe et en Afrique par la Tunisie interposée!

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Les participants à la 5ème édition de “Tunis forum 2017” pourtant sur le thème “Tunisie-Chine: un partenariat d’avenir” ont mis l’accent sur la nécessité de mettre en place les fondements d’une relation de partenariat économique trilatéral regroupant la Tunisie, la Chine et l’Europe d’une part, et la Tunisie, la Chine et l’Afrique d’autre part.

Il s’agit de créer de nouveaux canaux et de nouvelles opportunités de financement et d’échanges commerciaux et économiques entre ces différentes parties, a souligné Liu Minghzi, représentant en charge de l’Afrique au sein de la Banque Populaire de Chine.

L’objectif recherché est de cibler plusieurs secteurs, d’autant plus que la Tunisie dispose d’un grand potentiel qui lui permet d’attirer les investissements économiques chinois.

Le directeur adjoint de l’Institut chinois de l’économie mondiale et politique (Iwep), Yao Zhizhong, a, par ailleurs, affirmé que les clés de la réussite de la Chine, classée 2ème économie mondiale, sont le travail, l’efficacité et l’innovation, outre l’ouverture continue sur les différents marchés.

Le représentant de l’Utica, Mohamed Ben Rhouma, a souligné que la Tunisie malgré sa petite superficie, constitue un marché très attractif pour les investisseurs chinois, vue sa proximité géographique avec l’Europe, outre l’expertise et le savoir faire de ses compétences dans plusieurs secteurs. “Tirer profit du savoir-faire chinois et tunisien ne peut qu’être bénéfique pour les deux parties”, a-t-il dit, ajoutant que les hommes d’affaires et investisseurs tunisiens sont ouverts à toute coopération avec leurs homologues chinois.

Le directeur général de “Huawei Technologies Tunis”, Xia Guoghuan, a incité les Chinois à investir en Tunisie, un pays o il fait bon vivre.

Il a par ailleurs, mis l’accent sur “l’importance du savoir-faire et des compétences tunisiennes qui ont fait leurs preuves dans plusieurs domaines, notamment technologique et télécommunications. Notre société emploi plusieurs compétences tunisiennes qui sont en train de faire du bon travail”, a-t-il encore fait savoir, ajoutant que la Tunisie dispose d’un positionnement stratégique important qui a été bénéfique pour la société.

Il a toutefois appelé le gouvernement tunisien à simplifier davantage les procédures administratives qui peuvent bloquer les investissements étrangers ou chinois.

Source de l'article Webmanagercenter

Les « harragas » maghrébins de nouveau à l’assaut de l’Espagne

Une mère de Beni Mellal portant le portrait de son fils disparu en mer en 2016. David Rodrigues/ Le DESK

Le nombre de candidats à l’immigration clandestine vers l’Espagne voisine s’est accru. Les subsahariens restent certes majoritaires, mais les Marocains, pratiquement disparus depuis une quinzaine d’années, sont de retour. Les Algériens commencent aussi à se pointer…

Le grand rafiot contenait environ 650 passagers à son départ de Libye, « en majorité des Marocains », et la marine militaire italienne n’a réussi à secourir que 562. Le nombre de disparus, pour la plupart des Marocains, pourrait donc s’élever à une centaine faisant de ce naufrage « l’une des plus importantes tragédies en mer Méditerranée ». Flavio de Giacomo, porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations, donnait ses explications à l’Agence France Presse le 26 mai 2016. La catastrophe, qui avait eu lieu la veille, a été passée sous silence par les autorités du Maroc et la majorité de la presse.

Les propos de Di Giacomo et d’autres fonctionnaires internationaux confirmaient qu’après avoir utilisé la route maritime qui relie la Turquie à la Grèce, Marocains et, dans une moindre mesure Algériens, continuaient à émigrer vers l’Europe en empruntant maintenant le passage entre la Libye et l’Italie, surtout la Sicile.

Une recrudescence de marocains 

Jusqu’au 13 juillet dernier pas moins de 4 190 Marocains ont débarqué illégalement sur les côtes italiennes, d’après le Ministère de l’Intérieur d’Italie. Parmi eux 866 ont demandé l’asile politique jusqu’à juin dernier, la moitié, à peu près, de ceux qui ont fait la même démarche en 2016 (1 556). Le nombre d’Algériens arrivés dans les mêmes conditions dans la Péninsule italienne équivaut à un tiers de celui des Marocains. Ils ne viennent pas tous de Libye. Quelques-uns ont levé l’ancre près d’Annaba pour se rendre en Sardaigne.

Le canal de Sicile est un itinéraire dangereux pour rejoindre l’Europe, à en juger par le nombre de naufrages, et la traversée de la Libye un enfer avec son lot de violences, d’extorsions, de séquestrations et même de courtes périodes d’esclavagisme pour les candidats africains et maghrébins à l’émigration.

Des migrants illégaux marocains assistés par la Croix rouge espagnole à leur arrivée à
bord de pateras au port de Tarifa le 23 juin 2017. EFE
Même si elle continue à croître (8,9 % au cours du premier semestre 2017) la voie italo-libyenne le fait à moindre rythme que la route de la Méditerranée occidentale qui relie le Maghreb à l’Espagne. A l’ouest la hausse est de 200 % sur les six premiers mois de l’année et même de 300 % si l’on compare le dernier mois de juin avec celui de 2016.

En tout 10 108 immigrés sont rentrés irrégulièrement en Espagne jusqu’au 9 juillet dernier, a-t-on appris lors d’un séminaire organisé en début de semaine par l’Université d’Almería (sud-est de l’Andalousie). A ceux qui sont parvenus sur les côtes espagnoles il faut ajouter au bas mot 93 morts par noyade.

Un groupe de Marocains secourus en 2010 par Salvamento Marítimo,
l'agence espagnole de sauvetage en mer. SM
Un peu plus de 70 % d’entre eux sont arrivés par la mer et le reste en sautant les clôtures qui entourent les villes de Ceuta et Melilla. Au rythme ou croît l’immigration, 2017 sera la pire année pour l’Espagne depuis qu’en 2006 31.600 subsahariens navigant sur des canoës surchargés avaient débarqué aux îles Canaries.

La mauvaise nouvelle, pour les autorités espagnoles, ne tient pas seulement au nombre élevé de « sin papeles », comme on appelle à Madrid les « harragas », mais aussi à leur origine. Les subsahariens restent certes majoritaires, mais les Marocains, pratiquement disparus depuis une quinzaine d’années, sont de retour. Les Algériens commencent aussi à se pointer.

Ils sont 1 423 Marocains à avoir été arrêtés jusqu’au 9 juillet pour entrée illégale par mer –un nombre non négligeable échappe aux recherches de la Guardia Civil (Gendarmerie espagnole) – selon le chiffre dévoilé à Almería. La plupart sont arrivées en juin et très peu – seulement quatre – ont eu apparemment la possibilité de demander l’asile arguant qu’ils sont « victimes de la répression au Rif ».

Quant aux Algériens ils étaient à la même date 474, mais un décompte des dernières informations de presse élève leur nombre à 542 à la mi-juillet, le quadruple de l’année dernière. Leur destination est souvent plus à l’Est que les Marocains. Les régions de Murcie, des Baléares, voire même de Valence sont leurs points de chute en Espagne.

Un phénomène expliqué par le "beau temps"

Quand la presse demande au ministre espagnol de l’Intérieur, Juan Ignacio Zoido, a quoi est du cette poussée migratoire, il répond systématiquement : « au beau temps ». A croire qu’en juin 2016 les tempêtes se succédaient constamment en Méditerranée. La plupart des rafiots bondés d’immigrants appareillent des côtes marocaines mais Rabat n’est, selon Zoido, en rien responsable. « Sa coopération est loyale et intense », répète-t-il à tue-tête.

Francesca Friz-Prguda, représentante en Espagne du Haut commissariat pour les réfugiés des Nations unies, pense, quant à elle, que « les énormes souffrances qu’endurent les migrants en Libye incitent certains d’entre eux à chercher des routes alternatives moins pénibles » comme celle de la Méditerranée occidentale qui expérimente aujourd’hui la plus forte croissance.

Marocains et Algériens sont cependant, s’ils se font appréhender en Espagne, systématiquement renvoyés dans leurs pays d’origine – le ferry Alicante-Oran tourne à plein régime – ce qui est loin d’être le cas des subsahariens. Faute d’être rapatriés ils sont libérés au bout de deux mois d’incarcération avec un ordre d’expulsion sous le bras qui ne sera pas exécuté.

Cette disparité d’objectifs à l’arrivée – échapper à la police pour les maghrébins et être pris en charge temporairement par l’administration espagnole pour les subsahariens – « explique qu’ils ne se mélangent pratiquement jamais à bord des rafiots », fait observer Miguel Zea, coordinateur de l’agence publique qui se charge sauvetages maritimes dans la province d’Almería, celle qui maintenant reçoit le plus grand nombre d’immigrés.

La #Mediterranee, un cimetière pour les #migrants...
Comprend le sujet en #infographie : http://

Les centres d’internement pour étrangers en situation irrégulière en Andalousie, qui dépendent du Ministère de l’Intérieur, sont débordés depuis la fin du printemps. Pour ne pas trop entasser les subsahariens ils en remettent régulièrement quelques-uns à la Croix Rouge ou aux ONG ce qui, dans la pratique, équivaut souvent à les libérer avant les deux mois réglementaires d’incarcération.

Ce qui inquiète Madrid ce n’est pas tant que les Marocains s’éternisent en Espagne mais que leur venue apporte la preuve que Rabat néglige depuis fin mai, depuis le début des arrestations d’activistes rifains, le contrôle de ses côtes septentrionales pour se consacrer à liquider la révolte du Rif.

Au départs des criques d'Al Hoceima

Avec une moyenne de 35 passagers à leur bord la plupart des rafiots partent maintenant vers l’Espagne de criques entre Al Hoceima et Nador, deux villes rifaines, et non plus tellement de la province de Tétouan ou de Tanger. De cette inattention côtière profitent, sans s’entremêler, Marocains, subsahariens (ivoiriens, guinéens, camerounais) et aussi quelques rares Algériens qui tentent la traversée à partir du Maroc plutôt que de leur pays.

« On assiste à une relâchement de la surveillance du Maroc » dont les forces de l’ordre « se consacrent prioritairement à en finir avec les manifestations à Al Hoceima »,affirme Pablo Pumares, directeur du Centre d’Études des Migrations de l’Université d’Almería.

Certains activistes rifains ont avancé le chiffre de 25 000 agents, des divers services de sécurité et aussi une bonne poignée de militaires en arrière-garde, déployés dans la province d’Al Hoceima, dont la population dépasse à peine les 400 000 habitants. Rabat n’a jamais donné d’indication sur l’effort consenti pour rétablir l’ordre.

Les autorités espagnoles sont en tout cas convaincues que, si relâchement il y a, elle n’est pas due cette fois-ci à des motifs politiques. « Rabat ne cherche aucunement à régler un compte avec l’Espagne », souligne un haut fonctionnaire espagnol qui suit le dossier.

Le Maroc a cependant dans le passé joué la carte migratoire pour faire pression sur son voisin du nord, la dernière fois au début de cette année quand ses forces de sécurité n’ont rien fait pour empêcher l’irruption en masse, à deux reprises, de subsahariens à Ceuta, d’après des confidents de la police espagnole qui opèrent en territoire marocain dans les environs de cette ville.

Il s’agissait alors vraisemblablement, d’après de sources diplomatiques européennes, d’avertir Madrid et Bruxelles, d’une manière un peu sui generis, de ne pas appliquer trop à la lettre l’arrêt de la Cour européenne de justice de décembre 2016. Celui-ci stipule que le Sahara occidental ne fait pas partie du Maroc et que l’accord agricole entre ce pays et l’Union européenne ne peut donc lui être appliqué.

Les turbulences que traverse le Rif ont porté en plus un coup dur à la fragile économie qui ne dépend pas directement de l’abondant trafic de drogues clandestin de la région. La presse marocaine indique, par exemple, que la moitié des réservations hôtelières ont été annulées cet été dans la province d’Al Hoceima. C’est là sans doute un autre élément qui incite les jeunes à tenter l’aventure de l’émigration.

À cause du chômage et du manque de perspectives, les jeunes, livrés à eux-mêmes, 
passent leur temps à imaginer des combines pour gagner l’Europe. David Rodrigues / le DESK

« Ils ont d’ailleurs souvent la perception que l’Espagne s’est récupérée économiquement – elle croît à plus de 3 % – après une longue crise et que désormais ils peuvent trouver du travail pas très loin de chez eux », indique le professeur Pumares. La distance en ligne droite d’Al Hoceima à Málaga, la ville la plus dynamique d’Andalousie, est de seulement 169 kilomètres. Les Latino-américains l’ont bien compris, eux dont le nombre d’immigrés en Espagne a augmenté un 3,94 % en 2016, d’après l’Institut national des statistiques espagnol.

La représentante du Haut-Commissariat aux réfugiés en Espagne affirme que cette hausse de l’immigration en Méditerranée occidentale, qui avait lentement commencé ces deux dernières années, « n’est pas un phénomène conjoncturel ». « Il faudrait donc que les responsables espagnols changent leur approche et mobilisent les ressources nécessaires pour affronter dans les meilleures conditions ce qui semble s’avoisiner », ajoute-t-elle.

En mer les moyens disponibles sont pour le moment suffisants pour secourir les « harragas » en détresse mais sur terre, une fois en Espagne, « c’est une autre paire de manches », regrette Francesca Friz-Prguda. « Il faut davantage d’infrastructures pour les accueillir, davantage d’interprètes, davantage de policiers pour procéder à leur identification et être à l’écoute de leurs besoins de protection », insiste-t-elle, car parmi ceux qui arrivent certains sont des réfugiés et pourraient avoir droit à l’asile.

Par Ignacio Cembrero - Source de l'article Le Desk