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dimanche 1 septembre 2019

L’Union pour la Méditerranée, financée par l’UE, s’engage à libérer le potentiel de l’économie sociale dans la région

EU-funded Union for the Mediterranean

Dans le cadre des mandats ministériels de l’Union pour la Méditerranée (UpM), financée par l’UE, et conformément à l’accent mis par la feuille de route de l’UpM sur la contribution des activités de l’UpM aux efforts de stabilité régionale et de développement humain, l’UpM a organisé le 5 juillet 2019 à Barcelone, dans ses locaux, un atelier sur l’économie sociale dans la région MENA et les Balkans. 

L’atelier s’est concentré sur deux thèmes interdépendants, à savoir l’entrepreneuriat et la création d’emplois dans l’économie sociale et l’innovation sociale pour un impact socio-économique positif.

L’atelier a réuni de multiples parties prenantes des deux rives de la Méditerranée pour échanger des points de vue et des expériences, partager les meilleures pratiques et les enseignements tirés, et présenter des recommandations sur la meilleure manière de libérer le plein potentiel de l’économie sociale dans la région.

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Alliance Afrique-Europe : l’UE investit plus de 100 millions d’euros dans l’intégration économique africaine

Africa-Europe Alliance

La Commission européenne a récemment adopté une série de projets en faveur de l’intégration économique africaine

Ces initiatives, d’un montant de 101,5 millions d’euros, sont axées sur les infrastructures, les droits de propriété intellectuelle et l’amélioration du climat d’investissement en Afrique.

Ces nouveaux projets constituent la première série d’actions de 2019 financées par le Programme panafricain. La majeure partie du financement pour 2019 (90 millions d’euros) servira à financer des projets mixtes, qui s’inscrivent dans le cadre du plan d’investissement extérieur de l’UE (notamment sa plateforme pour l’investissement en Afrique).

Le Programme panafricain soutient le partenariat Afrique-UE et couvre l’Afrique dans son ensemble, à travers des projets à valeur ajoutée transrégionale, continentale ou mondiale.

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Le programme « Young Mediterranean Voices », soutenu par l’UE, a lancé une campagne à l’échelle régionale pour renforcer l’autonomie des jeunes méditerranéens

#YoungMedvoices2030

Le gouvernement espagnol s’associe au lancement de #YoungMedvoices2030, une campagne régionale visant à donner aux jeunes méditerranéens les moyens d’accélérer la mise en œuvre du Programme mondial pour le développement durable.

La campagne est associée à « Young Mediterranean Voices » (Les jeunes voix de la Méditerranée), la principale plateforme de débat et de leadership politique de la région, coordonnée par la Fondation Anna Lindh avec le soutien de la Commission européenne (DG Politique de voisinage et d’élargissement).

La campagne, qui sera développée au cours de l’année à venir à travers une série de forums nationaux dirigés par des jeunes, a été annoncée à l’occasion du premier débat et forum politique des « Young Mediterranean Voices » organisé à Malte du 2 au 5 juillet 2019.

Dans le cadre du Forum de Malte, des jeunes issus de plus de 20 pays d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient, d’Europe et des Balkans ont mené des débats interculturels sur les objectifs de développement durable (ODD), notamment les objectifs pour une « éducation de qualité » (ODD 4), « l’égalité entre les sexes » (ODD 5), « les inégalités réduites » (ODD 10), « les mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques » (ODD 13) et « la paix, la justice et des institutions efficaces » (ODD 16).

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Borrell, une chance pour l’Europe en Méditerranée

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Josep Borrell, le nouveau chef de la diplomatie européenne, pourrait enfin animer une politique en Méditerranée à la hauteur des enjeux pour l’UE.

« Au Moyen-Orient, les Etats-Unis décident et l’Europe paie ». Cette formule d’une cinglante ironie, très populaire chez les diplomates chargés des dossiers méditerranéens, n’a jamais été aussi cruelle qu’avec l’administration Trump: alors que Washington a cessé en 2018 de verser sa contribution à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, l’Union européenne a décidé de compenser en partie ce retrait, afin de ne pas compromettre des programmes d’éducation et de santé cruciaux pour des millions de Palestiniens. Cette générosité européenne n’est qu’un volet au Moyen-Orient du colossal effort budgétaire de la Commission européenne et de ses Etats membres, notamment en faveur de l’Autorité palestinienne (AP), plus que jamais au bord de la banqueroute.

Un nouveau "Processus de Barcelone"

En maintenant ainsi à flot l’administration, largement discréditée, du président Mahmoud Abbas, l’UE rend un formidable service à Israël et à son Premier ministre, Benjamin Nétanyahou, qui, en cas d’effondrement de l’AP, devraient assumer directement les coûts et les risques considérables d’une reprise de contrôle de l’ensemble de la Cisjordanie. Premier bailleur de fonds de l’AP, l’UE est aussi, et de loin, le premier partenaire commercial d’Israël, la coopération en matière de recherche étant particulièrement dynamique. Cet engagement très positif de l’UE envers Israël n’a cependant pas dissuadé Nétanyahou et son gouvernement de mener des campagnes d’une violence inégalée sur le soutien supposé de l’UE au « terrorisme ». Est en fait visée par de telles calomnies la constance de l’attachement de l’UE à la « solution à deux Etats », soit à l’établissement d’un Etat indépendant de Palestine, vivant en paix aux côtés d’Israël. Nétanyahou a mobilisé ses alliés populistes, à Budapest, Rome et Varsovie, pour saper cette position commune de l’UE, à ce jour en vain.

L’UE n’a ainsi retiré aucun bénéfice politique d’un engagement financier pourtant massif, se contentant de rappeler à intervalles réguliers des positions de principe, certes fondées sur le droit international, mais rendues inaudibles par les coups de boutoir de Trump. La présentation par son gendre du volet économique de son soi-disant « accord du siècle » a pourtant révélé l’inconsistance des propositions américaines, qu’un éditorial du « Monde » a jugées « affligeantes ». Cette disqualification des Etats-Unis devrait ouvrir un espace à une ambitieuse initiative européenne de relance effective du processus de paix dans la région. Déjà, en 1995, le processus dit « de Barcelone », à vocation euro-méditerranéenne, avait été lancé pour surmonter le choc de l’assassinat d’Ytzhak Rabin, signataire, deux ans plus tôt, des accords de paix israélo-palestiniens. L’Espagne, dirigée alors comme aujourd’hui par un gouvernement socialiste, trouvait dans la capitale de la Catalogne l’ancrage d’une diplomatie européenne imaginative, où se distinguaient Miguel Angel Moratinos, envoyé spécial de l’UE au Moyen-Orient de 1996 à 2003, et Javier Solana, chef de la diplomatie européenne de 1999 à 2009.

L’équation personnelle de Borrell

Josep Borrell, qui va quitter la direction de la diplomatie espagnole pour rejoindre Bruxelles, appartient à la génération de Moratinos et de Solana. Il ne saurait pourtant leur être réduit, lui qui a présidé le Parlement européen de 2004 à 2007, puis l’Institut universitaire européen de Florence de 2010 à 2012. Ce passage à la tête d’un centre de recherches, à la pointe des sciences humaines et sociales, lui est précieux pour se débarrasser de la novlangue bruxelloise et de ses concepts en trompe l’oeil. C’est l’époque où l’UE, après avoir noyé le « processus de Barcelone » dans une « politique de voisinage » à l’ambition bien plus limitée, s’avère incapable de prendre la mesure du bouleversement en cours au sud de la Méditerranée, lui opposant en 2011, en anglais dans le texte, les « trois M: Money, Mobility, Markets » (Argent, Mobilité, Marché). Une telle myopie technocratique conduit fatalement l’UE à mesurer son soutien à la transition tunisienne, à tolérer la féroce répression de la dictature Sissi en Egypte, et à ajuster partout sa coopération à la lutte contre l’immigration illégale.

On ne peut qu’espérer que Borrell donnera au plus tôt un nouvel élan à une politique européenne sans vision ni perspective en Méditerranée. Il s’est distingué tout récemment en célébrant les formidables ressources que recèle la jeunesse du sud de la Méditerranée, bien plus importantes à ses yeux, pour le développement national et la stabilité régionale, que tous les gisements d’hydrocarbures. Cet accent mis sur l’humain et l’immatériel est d’autant plus remarquable que Borrell a un bagage d’ingénieur et d’économiste. Il connaît aussi mieux que bien des eurocrates les sociétés méditerranéennes, notamment Israël, où, volontaire au sein d’un kibboutz, il a rencontré en 1969 la mère de ses deux enfants. Considérant en 2018 que les « événements de Gaza affectent la capacité de l’UE à jouer son rôle d’acteur mondial », il devra passer de la parole à l’acte, par exemple en ouvrant sous l’égide de l’UE une liaison maritime entre Gaza et Chypre, ne serait-ce que pour alléger la pression sur ce territoire surpeuplé et assiégé. Il ne pourra pas non plus laisser l’UE silencieuse face à la vague de fond qui traverse l’Algérie, expression de la contestation radicale d’un statu quo mortifère au sud de la Méditerranée.

Josep Borrell ne saurait évidemment à lui seul relever d’aussi considérables défis. Mais il a tous les atouts pour redonner enfin à l’UE un souffle et un projet en Méditerranée. Gageons qu’il sera vite jugé sur pièces.

Par Jean Pierre Filiu - Source de l'article Le Monde

L’UpM soutient une éducation plus inclusive et accessible pour transformer la région méditerranéenne

L’UpM soutient une éducation plus inclusive et accessible pour transformer la région méditerranéenne

L’Initiative méditerranéenne pour l’emploi de l’Union pour la Méditerranée (Med4Jobs) vise à promouvoir une culture entrepreneuriale et à soutenir le développement des compétences nécessaires pour les jeunes. 

Dans le cadre de cette initiative régionale, les projets Méditerranée Nouvelle Chance (MedNC) et HOMERe (Haute Opportunité pour le recrutement de cadres en Méditerranée) ont amélioré l’intégration socioprofessionnelle de milliers de jeunes, illustrant la méthodologie concentrée sur l’éducation nécessaire pour exploiter le potentiel de la jeunesse de cette région. Dans le but de contribuer à la stabilité, à l’intégration et au développement de la région euro-méditerranéenne, l’Union pour la Méditerranée (UPM) est déterminée à rendre l’éducation plus inclusive et plus accessible aux jeunes de la région.

L’UpM s’inscrit pleinement dans la célébration de la Journée internationale de la jeunesse 2019 «Transformer l’éducation», conformément à sa stratégie consistant à mettre en lumière les efforts concrets et les projets visant à rendre l’éducation plus inclusive et accessible à tous les jeunes. Cela comprend, sur le terrain, des projets et des initiatives dirigés par des jeunes de la région euro-méditerranéenne. L’UpM reconnaît que l’accès à une éducation de qualité est essentiel pour traiter de manière adéquate les problèmes auxquels la région est actuellement confrontée.

À travers, son initiative Med4jobs, un programme intersectoriel lancé en 2013, l’UpM contribue à accroître l’employabilité des jeunes et des femmes, à combler le fossé entre l’offre et la demande de travail et à promouvoir une culture de l’entrepreneuriat. Med4Jobs regroupe actuellement 13 projets bénéficiant à plus de 100.000 jeunes et femmes. «Avec plus de 60% de sa population âgée de moins de 30 ans, la région sud euro-méditerranéenne est l’une des régions les plus jeunes du monde. En matière d’éducation et de formation, de profonds changements sont attendus dans la nature du travail et L’UpM a placé les jeunes au cœur de ses actions et les a mobilisés en tant que partenaires à part entière dans ses activités pour que leurs opinions soient prises en compte dans l’élaboration du programme de développement de la Méditerranée», a déclaré le secrétaire général de l’UpM, Nasser Kamel.

Dans ces domaines, l’UpM et ses partenaires de la région ont obtenu des résultats concrets. Le projet Méditerranée Nouvelle Chance (MedNC) répond au défi de l’intégration socioprofessionnelle des jeunes en dehors de l’éducation, de l’emploi ou de la formation (NEET) en mobilisant et en renforçant la coopération entre les acteurs des deux rives de la Méditerranée, y compris les écoles de la deuxième chance. Ce projet, inscrit dans l’Initiative méditerranéenne pour l’emploi de l’UpM (Med4Jobs) et coordonné depuis janvier 2018 par l’Institut européen de coopération et de développement (IECD), est actuellement mis en œuvre en Algérie, en Égypte, en France, en Italie, au Liban, au Maroc, au Portugal, en Espagne et en Tunisie, grâce à des activités de renforcement des capacités et à l’échange d’expériences novatrices en matière d’éducation et de pratiques optimales entre partenaires.

Plus de 26.000 jeunes et 100 centres partenaires dans ces neuf pays sont déjà impliqués dans ces programmes, tandis que le réseau sera en mesure de se renforcer considérablement et de développer son champ d’intervention. Par exemple, en France, 60% des jeunes qui ont été aidés par des écoles de la deuxième chance trouvent un emploi ou poursuivent leurs études. Le projet MedNC a récemment été reconnu par le Sommet des deux rives de Marseille comme une pratique exemplaire à reproduire dans toute la région. De plus, l’UpM soutient un certain nombre de projets régionaux dans le secteur de l’éducation, notamment le projet HOMERe (haute opportunité pour le recrutement de cadres en Méditerranée), qui aide des étudiants de haut niveau dans leur dernière année d’études lors de leur transition de l’école à un emploi qualifié dans leur propre pays. Après une première phase réussie du projet qui a permis à plus de 500 étudiants d’effectuer un stage professionnel, une seconde phase a été lancée dans le cadre du Sommet des deux rives à Marseille. Transformer l’éducation commence par transformer notre pratique en matière de dialogue avec les jeunes de notre région.

L’UpM a soutenu la création du Réseau de la jeunesse méditerranéenne pour le climat (MYCN), une union de sept associations climatiques dirigées par des jeunes des deux rives de la Méditerranée qui offre aux jeunes une plateforme d’échange pour faire face au changement climatique dans la région. Ces associations sont fortement motivées pour prendre des mesures prioritaires en matière de sensibilisation, de gestion de programmes éducatifs et de développement de possibilités d’apprentissage en matière de développement durable dans la région. 

La Journée internationale de la jeunesse rappelle à temps que, même si de nombreux progrès ont été accomplis pour émanciper les jeunes générations et créer les conditions leur permettant de progresser et de jouer un rôle actif, il reste encore beaucoup à faire. Une éducation inclusive et accessible est cruciale pour parvenir à un développement durable et à une plus grande intégration dans la région euro-méditerranéenne. L’éducation devrait permettre d’obtenir des résultats d’apprentissage pertinents et efficaces, le contenu des programmes scolaires ne devant pas uniquement servir à la quatrième révolution industrielle et aux compétences futures du marché du travail, mais aussi aux possibilités – et aux défis – que les contextes sociaux en évolution rapide peuvent amener. 

Source de l'article Le Matin

L’Union pour la Méditerranée, financée par l’UE, promeut le potentiel de la diplomatie scientifique en Méditerranée

UFM


L’Union pour la Méditerranée (UpM), financée par l’UE, a participé activement à la première édition de l’Université d’été sur la diplomatie scientifique et technologique (Science and Technology Diplomacy Summer School), qui a réuni plus de 30 responsables scientifiques et conseillers principaux pour les affaires étrangères de centres de recherche, d’universités, de gouvernements et d’organismes publics du monde entier.

. Trente responsables scientifiques et conseillers principaux de centres de recherche, d’universités, de gouvernements et d’organismes publics du monde entier se sont réunis à Barcelone pour renforcer leurs compétences, leurs connaissances et leur réseau en diplomatie scientifique et technologique.
. La première édition de l’Université d’été sur la diplomatie scientifique et technologique, organisée conjointement par le Centre de diplomatie scientifique et technologique de Barcelone et l’Institut des études internationales de Barcelone, s’est achevée par un discours liminaire du Secrétaire général de l’UpM, Nasser Kamel.

Cette université d’été a été organisée par le Centre de diplomatie scientifique et technologique de Barcelone (SciTech DiploHub) et l’Institut des études internationales de Barcelone (IBEI) du 1er au 5 juillet à Barcelone avec l’objectif de former la prochaine cohorte de leaders dans un domaine qui est toujours plus essentiel pour relever les défis mondiaux. Un accent particulier a été mis sur l’Europe et la Méditerranée.

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Consultez cette conférence politique sur la construction européenne de la Méditerranée

MEDRESET


Tobias Schumacher (Titulaire de la Chaire de la Politique européenne de voisinage au Collège d’Europe) explique les principales conclusions du lot de travail nº 1 (Work Package 1 – WP1). 

Dans ce lot de travail, le consortium MEDRESET a défini la construction européenne de la Méditerranée et son propre rôle dans ce processus.

MEDRESET est organisé en trois phases et 10 lots de travail qui se complètent les uns les autres.
La phase I (WP1 sur la construction européenne de la Méditerranée) définira la construction européenne de la Méditerranée et son propre rôle dans ce processus, ainsi que la manière dont le cadre européen de la Méditerranée s’est traduit dans la pratique. Cette construction contraste avec une cartographie de la Méditerranée en phase II.

Le projet MEDRESET est financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne.

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Le secteur privé du Sud de la Méditerranée ne crée pas assez d'emplois

Pour Chahir Zaki, les entreprises privées du Sud de la Méditerranée
ont avant tout un problème de taille (photo : F.Dubessy)

"Par rapport aux projections de la demande, nous ne pouvons que constater l'insuffisance de création d'emplois de la part du secteur privé." Chahir Zaki pointe les difficultés récurrentes des entreprises à embaucher. 

Intervenant lors de la conférence annuelle du réseau Emnes (Euro-Mediterranean network for economic studies), qui se tenait à Bruxelles le 27 juin 2019, le professeur associé de la Faculté de sciences économiques et politiques du Caire (FEPS) constate que la majorité des emplois créés le sont dans les services qui représentent 80,1% des salariés en Jordanie, 49,6% en Tunisie, 47,1% en Egypte et 38,3% au Maroc. Ce secteur offre moins de valeur ajoutée, de marge, et donc offre peu de possibilités aux entreprises concernées d'étoffer leur personnel. 

Le marché privé de ces pays se polarise autour d'une majorité de très petites entreprises et de quelques grands groupes qui dominent le marché. Les premières n'ont aucune ambition, ou aucun moyen, de se développer. Changer de dimension implique des coûts auxquels elles ne peuvent répondre à cause de leur faible productivité, de leurs ressources financières très limitées et de leur impossibilité à se déployer à l'export. 

"Les entreprises du Sud de la Méditerranée ont un problème de croissance. Elles naissent petites et se trouvent dans l'incapacité de grossir. Elles n'arrivent donc pas à intégrer la chaîne de valeur mondiale", constate Chahir Zaki citant aussi "les mesures non tarifaires entravant l'accès au marché des produits en provenance de cette région et le manque de sources durables de financement."

Intégrer la chaîne de valeur mondiale

L'économiste, membre d'Emnes, condamne aussi "les institutions déficientes" qui mènent les entreprises à se spécialiser dans les secteurs traditionnels au détriment de la haute-technologie. "Les réformes pour faciliter le commerce, l'export doivent être menées localement", indique-t-il citant notamment la nécessité d'une harmonisation des règles et des normes, d'une augmentation du nombre de laboratoires et d'organismes de certification, ainsi que l'indispensable besoin de recourir à l'assistance technique des gouvernements, comme des donateurs internationaux, pour atteindre ces objectifs. 

Chahir Zaki insiste sur l'importance vitale d'attirer les investissements directs étrangers dans les industries, spécialement celles fabriquant des produits à forte valeur ajoutée. "Ceci conduirait à stimuler la création d'emplois et par conséquent favoriserait l'inclusivité", souligne l'économiste. Selon lui, "renforcer les compétences des travailleurs aiderait les économies du Sud à intégrer la chaîne de valeur mondiale. Ce qui augmenterait la demande de salariés compétents au lieu d'affronter une féroce compétition sur les marchés internationaux." Le Plan d'investissement extérieur (PIE) de l'Union européenne constitue en ce sens une initiative susceptible d'attirer plus d'argent dans les entreprises privées.


Par Frédéric Dubessy - Source de l'article Econostruminfo

MEDREG, cofinancée par l’UE, fait entendre la voix des régulateurs sur la promotion des alliances innovantes en Méditerranée occidentale

MEDREG, cofinancée par l’UE

L’Association des régulateurs énergétiques méditerranéens (MEDREG) a participé à la conférence de dialogue MedThink 5+5 qui s’est tenue les 1er et 2 juillet à Malte sur le thème « Favoriser les alliances innovantes en Méditerranée occidentale : un bassin d’opportunités pour un avenir durable » (Fostering Innovative Alliances in the Western Mediterranean: A Basin of Opportunities for a Sustainable Future). 

MEDREG a présenté les travaux de l’organisation sur les réseaux électriques et les enchères SER dans le cadre de la session « Efficacité énergétique et transition en Méditerranée occidentale ».

Le débat qui a suivi a mis en lumière la nécessité de dépolitiser la coopération énergétique dans la région et de faire en sorte que les experts, l’industrie et les ONG disposent du temps et des moyens nécessaires pour affiner leurs activités.MEDREG sera donc associée à ces futures initiatives. 

MEDREG est l’Association des régulateurs énergétiques méditerranéens, qui regroupe 27 régulateurs de 23 pays, couvrant l’Union européenne (UE), les Balkans et l’Afrique du Nord. Les régulateurs méditerranéens coopèrent pour promouvoir une harmonisation accrue des marchés énergétiques régionaux et des législations, en vue d’une intégration progressive du marché dans le bassin euroméditerranéen. 

MEDREG promeut un cadre réglementaire transparent, stable et harmonisé dans la région méditerranéenne, favorisant les investissements en infrastructures, la protection des consommateurs et une coopération énergétique renforcée. Fondée sur une approche ascendante, MEDREG agit en tant que plateforme de collaboration pour les régulateurs des deux rives de la Méditerranée dans le but d’échanger les connaissances techniques et les bonnes pratiques, tout en s’aidant mutuellement à renforcer leur capacité réglementaire.
L’Association est cofinancée par l’Union européenne et bénéficie de la contribution financière de ses membres.

Pour en savoir plus
Site internet de MEDREG

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Le Fonds vert pour le climat met 87 millions d'euros à la disposition du programme de durabilité urbaine de la BERD

Le Fonds vert pour le climat

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et le Fonds vert pour le climat (FVC) ont signé un accord libérant 87 millions d'euros de fonds du FVC pour soutenir le programme de développement urbain durable de la BERD, EBRD Green Cities (mécanisme en faveur des villes vertes de la BERD), qui connaît une croissance rapide, en tant que première tranche d'une facilité de 228 millions d'euros. 

Le FVC est le plus important fonds au monde destiné à soutenir les efforts des pays en développement pour relever le défi du changement climatique, et il accorde une attention croissante aux villes. Cet intérêt est partagé par la BERD, qui a lancé son mécanisme en faveur des villes vertes en 2016 pour aider les villes des régions de la BERD à identifier et à relever les défis les plus urgents en matière de changement climatique et d'environnement local. Plus d'une vingtaine de villes sont désormais membres de ce mécanisme, avec plus d'un milliard d'euros de financement de la BERD et des donateurs mobilisés à l’appui de ce programme. 

Dans le cadre de cet accord, neuf pays – Albanie, Arménie, Géorgie, Jordanie, Moldavie, Mongolie, Macédoine du Nord,Serbie et Tunisie – peuvent bénéficier d'une aide. Ce soutien prend la forme de plans d'action pour des villes vertes – des plans de durabilité urbaine complets qui ciblent les défis les plus urgents des villes par l’intermédiaire d'investissements et d'actions politiques ; de subventions et de financements concessionnels pour des investissements dans des infrastructures durables ; d'appui technique et de renforcement des capacités ; et de feuilles de route pour que les villes aient accès au financement vert.

La BERD est une banque multilatérale qui promeut le développement du secteur privé et l’initiative entrepreneuriale dans 38 économies sur trois continents. Elle combine investissements et dialogue politique et, par l’intermédiaire d’activités telles que son initiative communautaire, s’efforce également de soutenir les sociétés locales et de faire connaître les pays de la BERD.

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Union pour la Méditerranée: Pourquoi l’Accord d’Agadir n’a pas tenu toutes ses promesses

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Diplômé en science politique, en économie et en diplomatie, Nasser Kamel a eu une longue carrière d’ambssadeur au Royaume-Uni, en France, en Tunisie, aux Etats-Unis... Il est actuellement le SG de l’Union pour la Méditerranée (UpM) (Ph. UPM)


Nasser Kamel est secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM) depuis juin 2018. L’Economiste l’a récemment rencontré au UpM Business Forum tenu au Caire. Le diplomate égyptien et francophone a succédé au Marocain Fathallah Sijilmassi. 

Nasser Kamel est depuis un an le chef d’orchestre d’une institution intergouvernementale composée de 43 États membres, dont ceux de l’Union européenne. Son rôle est de «promouvoir le dialogue et la coopération». Mission difficile dans une région minée par les tensions géopolitiques, la crise migratoire et la faible intégration économique.
Le SG de l’UpM revient sur les priorités de son mandat, la refonte en cours des règles d’origine dans le commerce, l’Accord de libre-échange d’Agadir auquel se sont joints la Palestine et le Liban...

- L’Economiste: Quelles sont les priorités de votre mandat de 2018-2021?
- Nasser Kamel: L’Union pour la Méditerranée (UpM) s’inscrit dans la continuité du Processus de Barcelone. Son objet est de contribuer à créer les conditions propices au développement, à la stabilité et à l’intégration économique dans l’une des régions la moins intégrée au monde. Avec plus de 60% de sa population âgée de moins de 30 ans, la zone euro-méditerranéenne est également l’une des plus jeunes au monde. L’UpM a trois priorités: agir contre les dérèglements climatiques, développer une économie plus inclusive et plus juste et repenser l’éducation pour faire face aux demandes du marché. Chaque sujet sera construit en collaboration avec les parties prenantes.
Nous avons invité en mai 2019 les organisations de jeunesse, des femmes et de la société civile lors d’un dialogue régional «Regards croisés sur les enjeux prioritaires en Méditerranée». Nous nous sommes réunis au Caire en juin dernier pour le premier Business Forum de l’UpM. Une 3e rencontre -Women Business Forum- est prévue en novembre 2019 à Barcelone.

- Les échanges entre les pays signataires de l’Accord d’Agadir sont en deçà des ambitions: 2,2 milliards de dollars en 2018 contre 39 milliards d’exportations des pays concernés vers l’UE. Que préconisez-vous pour dynamiser le commerce entre le Maroc, la Jordanie, l’Égypte et la Tunisie?
- La volonté et la confiance politique sont des conditions préalables pour que l’Accord d’Agadir porte ses fruits. Nous avons besoin d’une entente commune du fait que la facilitation des échanges entre les pays signataires se traduira par des avantages et des complémentarités mutuelles. L’Accord d’Agadir représente un grand potentiel pour permettre de tirer pleinement partie de l’intensification des flux commerciaux dans la région. Le renforcement des capacités peut jouer un rôle crucial dans la mise en œuvre de cet accord, c’est pour cela que le Secrétariat général de l’UpM, en partenariat avec la GIZ, lancera des formations techniques aux acteurs des pays de l’Accord d’Agadir.

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Les importations effectuées dans le cadre de l’Accord d’Agadir augmentent de 15,5% et s’élèvent à 5,4 milliards de DH en 2018. «C’est une faible contribution de 3,5% aux importations totales dans le cadre des Accords de libre-échange», relève l’Office des changes. Matières plastiques, dattes, tourteaux et autres résidus industriels, parfumerie et cosmétique figurent dans le top 5 des produits importés   

- Quel rôle pourrait jouer l’UpM dans les négociations en cours à l’Union européenne sur la révision des règles d’origine applicables au commerce international? Il est question aussi des règles d’origine euro-méditerranéennes. 
- L’objectif ultime de l’UpM reste la promotion de la coopération et de l’intégration régionale. Les ministres du Commerce de l’UpM se sont réunis en 2018 et ont adopté une déclaration ministérielle importante. Ils y confirment que la convention régionale sur les règles d’origine préférentielles paneuro-méditerranéennes (PEM) est un outil efficace pour faciliter les échanges. Ils ont reconnu aussi que ces règles ne reflétaient plus les schémas et les pratiques commerciales actuelles. Ce qui amène à défavoriser la région par rapport aux autres blocs commerciaux dotés de règles plus modernes. La révision en cours des règles PEM sera une étape cruciale pour faire avancer l’intégration des pays euro-méditerranéens. Pour que les entreprises profitent des opportunités commerciales en Méditerranée, nous avons besoin d’un échange de compétences et d’expériences ainsi que d’une volonté politique et d’un cadre réglementaire approprié. L’UpM joue un rôle important de par sa composition géographique unique, son expérience dans la facilitation des échanges entre les gouvernements, le secteur privé et la société civile. L’UpM a aussi une capacité à relier les niveaux politique et technique.

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Les importations du Maroc dans le cadre des Accords de libre-échange sont en hausse en 2018 de 5,5%. Elles se chiffrent à 151,7 milliards de DH en 2018 contre 143,8 milliards de DH en 2017. Les importations dans le cadre de l’Accord avec l’Union européenne représentent une part importante de 72,7%: voitures de tourisme ou utilitaires, produits chimiques et plastiques, énergie, médicaments, papiers et cartons, céramique, produits en fer ou acier... Certains produits, comme l’acier, font l’objet d’une mesure de défense commerciale. Celle-ci se traduit par des taxes douanières additionnelles sur les marchandises importées... Le déficit commercial avec l’Europe représente près de 116 milliards de DH

- Certains observateurs, comme Yves Leterme, ancien Premier ministre de la Belgique, estiment que l’UpM ne peut pas avoir une approche uniforme alors que nous avons une Méditerranée atlantique, occidentale, orientale et adriatique. Êtes-vous de cet avis?
- Tout en reconnaissant l’hétérogénéité de la région euro-méditerranéenne et ses différentes réalités politiques, économiques et socioculturelles, nous ne devons pas perdre de vue le fait qu’il y a beaucoup à gagner dans une intégration euro-méditerranéenne renforcée. Les flux commerciaux sont extrêmement biaisés vers et au sein de l’UE, avec des niveaux d’échanges Sud-Sud insuffisants. Cela implique une opportunité perdue en termes de synergies et de complémentarité, ainsi qu’un énorme coût de renonciation pour un scénario de non-intégration. Nous sommes unis non seulement par l’histoire, la culture et la géographie, mais également par nos intérêts communs et nos ressources complémentaires qui représentent de grandes opportunités pour l’ensemble de la région.

Par Faiçal FAQUIHI - Source de l'article l’Économiste

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«Ne nous focalisons pas sur la seule logique sécuritaire»
La région méditerranéenne est sujette à un échec dans le rapprochement de ses deux rives Nord-Sud à cause notamment des tensions géopolitiques et de l’immigration. L’implication politique de l’UpM est-elle la seule issue? «Notre région a traversé et traverse encore une phase de transition longue et difficile.
La concurrence entre les puissances mondiales et régionales et l’absence de mécanismes efficaces de dialogue et de coopération ne peuvent qu’aggraver les conflits actuels. Ils risquent même d’en créer de nouveaux», estime Nasser Kamel, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée. Le vieux conflit palestino-israélien est en première ligne.
«L’UpM inclut la Palestine en tant qu’Etat membre à part entière et se trouve sur un pied d’égalité avec tous les autres membres. Une paix juste et globale pour la cause palestinienne constituera certainement une étape importante pour l’intégration du bassin méditerranéen, de même que d’autres crises régionales», relève le diplomate d’origine égyptienne. Il poursuit ses propos non sans faire part d’un regret.
«Nous déplorerons que dans l’histoire euro-méditerranéenne, la logique de gestion des problématiques de migration ou de conflit a été privilégiée face à l’action sur leurs causes réelles et profondes», déclare le porte-parole de l’UpM.
Cette organisation intergouvernementale «s’attache à réunir ses Etats membres avec l’ensemble des parties prenantes de la région pour agir sur le développement économique, le changement climatique…». Nasser Kamel insiste par ailleurs sur le fait «qu’il ne faut pas se focaliser sur la seule logique sécuritaire. Nous aspirons à investir dans notre jeunesse via l’éducation et la création d’emplois décents».
                                                                        
Verbatim

■ Fakhry Alhazaimeh, directeur exécutif de l’unité technique de l’Accord d’Agadir
«Nous suivons le processus de négociation du renouvellement des règles d’origine auprès des instances européennes. Evidemment, le résultat des négociations ne va pas satisfaire tout le monde. Il faut tout de même donner l’occasion aux pays maghrébins d’augmenter leurs exportations via les nouvelles règles d’origine».

Hannane Hamdallah, secrétaire d’Etat égyptienne chargée du Commerce extérieur
«Chaque pays a ses besoins, ses freins et ses défis. Le certificat d’origine pour les produits industriels et médicaux doit faire l’objet de négociation avec l’Union européenne. L’une des principales failles réside dans l’absence d’engagement dans l’application des critères de certification au commerce international».

Latifa Elbouabdellaoui, directrice des affaires internationales au ministère marocain de l’Industrie
«L’objectif principal est l’intégration économique régionale et non pas les échanges commerciaux. Les barrières non tarifaires expriment une frustration liée au déficit de commerce, de coopération et de communication. Ainsi, des exportateurs découvrent sur place des mesures restrictives à l’accès au marché. Une libéralisation réfléchie induit une intégration économique verticale, une harmonisation réglementaire et un renforcement des capacités des entreprises et de l’administration en termes de transparence notamment».

Nasser Kamel, secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée
«Il faut soutenir l’Accord de libre-échange d’Agadir. L’UpM et l’Agence allemande de développement (GIZ) s’engagent à apporter leur appui technique aux ministères concernés (Commerce et Industrie), aux douanes, aux entreprises et aux associations. D’où l’intérêt d’identifier les inconvénients et les avantages de la classification établie par les règles d’origine. Le temps presse. Il y a des postes à créer pour les dix prochaines années. Pourtant, on ignore encore leurs appellations, spécificités...».

Une nouvelle géopolitique en Méditerranée ?

Des migrants arrivent dans la ville portuaire de Rosette, en Egypte
Des migrants arrivent dans la ville portuaire de Rosette, en Egypte 
Comment penser les rapports géopolitiques dans 18 ans, en particulier en Méditerranée ? Les inconnues sont nombreuses : le conflit israélo-palestinien sera-t-il toujours un enjeu majeur pour penser la région ? 

Après les printemps arabes et un retour réactionnaire, quelle place pour les sociétés civiles en Syrie, en Tunisie, et en Egypte ? La Russie et la Chine seront-elles devenus des acteurs majeurs de la géopolitique de la région au détriment des Etats-Unis ? Comment l’Europe peut elle réinventer ses rapports avec les pays méditerranéens, au-delà, ou avec la question migratoire ? Enfin quelle place pour la diplomatie dans un monde toujours plus fragmenté ? Avec Michel Duclos, diplomate, ancien Ambassadeur, conseiller spécial de l’Institut Montaigne, auteur de _La Longue nuit syrienne, des années de diplomatie impuissante (é_ditions de l’observatoire, 2019), et Marion Messador, directrice ajointe du Groupe d’Etudes Géopolitiques de l’ENS en charge de la Méditerranée. Les perspectives démographiques vont peu à peu transformer la Méditerranée en "lac de passage" : 
Le Maghreb va connaître un vieillissement démographique, tout comme l'Europe. (...) Le Maghreb n'est plus tellement un lieu de départ, mais un lieu de transit. Les politiques d'intégration sont bénéfiques pour le territoire. Il y a des opportunités derrière ces mouvements. Marion Messador
La juxtaposition d'un Maghreb en croissance démographique et d'une Europe en décroissance peut être l'occasion d'un contrat positif. L'oeuvre des politiques est de favoriser ce contrat. Il y a un pays où c'est plus difficile, c'est l'Egypte. Il y a des facteurs écologiques qui sont effrayants : les zones cultivables deviennent de plus en plus restreintes. Michel Duclos
La Chine sera un pays incontournable dans 18 ans. La Chine est présente en Afrique et en Europe. On en a beaucoup parlé dans les médias européens, on a évoqué le projet des "nouvelles routes de la soie", le grand projet de Xi Jinping, à l'échelle mondiale, auquel l'Europe commence timidement à répondre. La Chine est déjà très présente dans les ports méditerranéens. Marion Messador 
L'autre enjeu politique important est la cyberguerre. Des pays comme la Chine, Israël ou la Russie sont à la pointe dans ce domaine. Qu'en sera-t-il dans 18 ans ? 
Les Etats-Unis et la Russie ont déjà un temps d'avance, et juste derrière, il y a déjà des pays comme l'Iran et Israël. Michel Duclos
Par Michel Duclos (ancien ambassadeur de France en Syrie, conseiller spécial à l’Institut Montaigne, auteur de « La longue nuit syrienne » L’Observatoire, 2019). Source de l'article France Culture

L’UE forme ses partenaires méditerranéens aux normes maritimes internationales

EU trains Mediterranean partners on maritime international standards

Dans le cadre du projet SAFEMED IV financé par l’UE, l’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) a organisé le séminaire « Med MoU PSC » (mémorandum d’entente méditerranéen sur le contrôle des navires par l’État du port). 

Ce séminaire s’est tenu dans les locaux de l’AESM, à Lisbonne, du 18 au 21 juin 2019. Au total, dix participants venus d’Algérie, d’Israël, de Jordanie, du Liban, du Maroc et de Tunisie ont suivi avec succès le cours de formation.

Le contrôle par l’État du port (Port State Control – PSC) consiste à inspecter les navires battant pavillon étranger pour s’assurer qu’ils respectent les normes internationales en matière de sécurité, de prévention de la pollution et d’intervention en cas de pollution, et de conditions de travail à bord des navires. Depuis l’introduction des mémorandums d’entente sur le contrôle des navires par l’État du port au début des années 1980, l’objectif de ces accords a consisté à élaborer des procédures harmonisées pour inspecter et retenir les navires afin d’enrayer la prolifération des navires non conformes aux normes dans une région. Le mémorandum d’entente méditerranéen a été initialement signé à La Valette (Malte) le 11 juillet 1997 et compte dix membres : Algérie, Chypre, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Tunisie et Turquie.

Dans ce contexte, le séminaire « Med MoU PSC » de SAFEMED IV visait à promouvoir la coopération entre les parties signataires dans la région méditerranéenne et à encourager la mise en œuvre des procédures du mémorandum d’entente méditerranéen. Pour ce faire, huit scénarios différents ont été utilisés, couvrant les diverses procédures d’inspection PSC, du pré-embarquement au débarquement.

L’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) met en œuvre SAFEMED IV, un projet d’assistance technique qui rassemble des acteurs nationaux, européens et internationaux dans le but de relever les normes de sureté, de sécurité et de protection de l’environnement marin en mer Méditerranée, dans le cadre du Plan d’Action régional pour les transports 2014-2020 de l’UpM.

Pour en savoir plus
L’Agence européenne pour la sécurité maritime (AESM) – site internet

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Projet connexe
Alors que la sécurité et la sûreté maritimes ainsi que la protection de l’environnement marin sont des préoccupations communes des états membres de l’UE et des pays non-européens riverains de la mer…

Le FEMISE financé par l’UE publie son rapport Euro-Méditerranéen 2019 sur le secteur privé dans les pays méditerranéens

EU-funded FEMISE publishes 2019 EuroMed Report on private sector in Mediterranean countries

Le FEMISE lance son rapport Euro-Méditerranéen 2019 qui porte sur le secteur privé dans les pays méditerranéens. Il a été présenté le 13 juin dernier aux participants à la conférence annuelle du think tank.

Comment ont évolué les pays méditerranéens depuis le lancement du Processus de Barcelone ? Pourquoi la croissance a-t-elle été en deça des attentes ? Quelle rôle peuvent jouer les Banques Centrales pour rendre le secteur privé plus dynamique et attirer davantage d’investissements étrangers ? Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer au développement de l’entreprenariat social dans la but de réduire les phénomènes d’exclusivité ?

Ce rapport tente de répondre à ces questions à travers 4 chapitres : le premier présente la dynamique observée des pays méditerranéens au cours de ces 20 dernières années ; le second tente d’analyser les principales raisons du manque de croissance ; le troisième porte sur le rôle des Banques Centrales dans l’amélioration de l’environnement des affaires et sur l’attractivité des investissements étrangers. Le quatrième et dernier chapitre est focalisé sur l’entreprenariat social.

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Participation du projet SouthMed WiA sur les femmes dans le secteur audiovisuel du sud de la Méditerranée, financé par l’UE, aux Journées européennes du développement 2019

SouthMed WiA at EDD 2019

Les 18 et 19 juin, les Journées européennes du développement (JED) 2019 ont rassemblé la communauté du développement pour échanger des idées et des expériences qui inspirent de nouveaux partenariats et des solutions innovantes aux défis les plus pressants du monde.

Le 19 juin, M. Ignasi Guardans, PDG de CUMEDIAE, a discuté des réalisations du projet SouthMed WiA lors d’une session de dialogue complète, y compris de la façon dont il a contribué à l’égalité des sexes et à l’égalité des chances des femmes dans le secteur audiovisuel en Algérie, en Égypte, en Jordanie, au Liban, au Maroc, en Palestine et en Tunisie. Il a également présenté, expliqué et projeté le film documentaire « Recto/verso » qui met en lumière la situation des femmes travaillant dans ce secteur au sud de la Méditerranée, et sert également d’exemple pour les objectifs, les motivations et les travaux de SouthMed WiA de ces dernières années.

SouthMed WiA vise à renforcer les capacités des professionnelles et des opératrices de l’audiovisuel dans sept pays du sud de la Méditerranée (Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie) et à contribuer au développement durable et à la diversité culturelle en améliorant l’image des femmes dans le secteur cinématographique.

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Sommet des deux rives : 10 pays bordant la Méditerranée se retrouvent à Marseille

Forum thématique de Malte, en amont du Sommet des deux rives

Loin de se limiter à la lutte contre le terrorisme et à la gestion des flux migratoires, l'espace méditerranéen recouvre de nombreux enjeux et opportunités. C'est autour de cette idée que s'articule le Sommet des deux rives qui se tient les 23 et 24 juin à Marseille et réunit 10 des Etats bordant la Méditerranée.

A l'initiative de la France, le Sommet des deux rives des 23 et 24 juin affiche un objectif clair : impulser une dynamique "positive" et "inclusive" en Méditerranée. D'un côté, les cinq Etats européens de la rive nord - Italie, Malte, France, Espagne et Portugal. De l'autre, cinq Etats méditerranéens d'Afrique subsaharienne - Algérie, Tunisie, Maroc, Libye et Mauritanie. 

Un format de dialogue à "5+5" qui remonte à 1990 et une volonté, pour ces deux régions voisines qui entretiennent des relations aussi complexes qu'anciennes, de relancer leur coopération.

Relations euro-africaines

Au niveau européen, c'est en 1995 que l'UE s'est dotée d'un véritable volet méditerranéen, avec notamment la mise en place du partenariat Euromed qui réunit les Vingt-Huit ainsi que 15 Etats d'Afrique du Nord, du Moyen-Orient et des Balkans.

A l'initiative du président français de l'époque, Nicolas Sarkozy, ce partenariat a été renforcé en 2008 par la création de l'Union pour la Méditerranée, qui promeut le dialogue et la coopération dans la région.

Ces dernières années, face aux défis des Printemps arabes et des questions migratoires et sécuritaires, la coopération entre les deux rives de la Méditerranée s'est particulièrement inscrite dans des logiques de stabilité et d'intégration régionale.

Mais les Etats de l'espace méditerranéen ambitionnent aujourd'hui de relancer leur collaboration autour de nouveaux projets. "Il nous faut retrouver le fil d’une politique méditerranéenne différente en tirant les enseignements de ce que nous avons réussi et de ce que parfois nous ne sommes pas parvenus à faire", a ainsi déclaré Emmanuel Macron, le 27 août 2018, en confirmant la tenue de ce Sommet des deux rives.

"La Méditerranée n’est pas désertée, au contraire, elle déborde !", analyse Sébastien Abis, chercheur à l'IRIS qui note l'enthousiasme que suscite la région mais déplore "le manque de synergie" qui caractérise "le mille-feuille euroméditerranéen".

Société civile

En amont du sommet, d'avril à juin, se sont tenus cinq forums thématiques préparatoires dans différents pays, - accompagnés par l'Union pour la Méditerranée - et sur différents thèmes, de l'énergie à la jeunesse et l'éducation en passant par le tourisme.

Cent personnalités de la société civile - dix par Etat - ont notamment été sélectionnées dans le but de recenser les projets issus de la société civile. Réunie les 11 et 12 juin à Tunis, cette "Assemblée des cent", menée par la Tunisienne Wided Bouchamaoui, également cheffe de file de la délégation tunisienne, a pu synthétiser ces idées dans le but de les rapporter aux décideurs lors du sommet.

L'Assemblée a ainsi publié la Déclaration de Tunis, décrite comme "une initiative qui laisse à la société civile un rôle de premier plan pour relancer la coopération sur de nouvelles bases", autour de 5 thèmes principaux : l'énergie, la jeunesse, l'économie et l'innovation, la culture et l'alimentation durable.

Dans les projets et propositions de la société civile, "il y a de tout, de l'inédit comme du réchauffé, de l’original comme du redondant, du fédérateur régional comme du projet local", précise toutefois Sébastien Abis.

Que peut-on, dès lors, attendre de ce sommet ? La mise à l'agenda et la réalisation de "projets et initiatives concrets en faveur du développement humain, économique et durable dans la région", selon le chercheur.

Une multitude de participants

La société civile française est de son côté représentée par Patricia Ricard, présidente de l'Institut océanographique Paul Ricard qui défend la protection des milieux marins.

Aux côtés des représentants de la société civile, sont également invités aux Sommet des deux rives l’Union européenne, l’Allemagne, l'Union pour la Méditerranée - représentée par son secrétaire général, Nasser Kamel et la Fondation Anna Lindh. Comptent aussi parmi les participants les principales organisations économiques internationales comme la Banque mondiale, la Banque européenne d’investissement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, et l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

Suite au Sommet des deux rives, Emmanuelle Gardan, Cheffe de secteur Enseignement supérieur et recherche au secrétariat de l'Union pour la Méditerranée a répondu à nos questions.

Quel rôle a joué l’UpM dans le déroulement du Sommet des deux rives ? 
"Le rôle de l'UpM est de combiner le dynamisme du dialogue Sommet des deux rives et du dialogue 5 + 5 avec des efforts régionaux plus larges, tout en mettant en avant les points de vue des générations futures de l’ensemble de la région euro-méditerranéenne. (...)
L’UpM a également réuni à Barcelone plus de 140 représentants de la société civile, d’organisations de jeunesse et d’acteurs non étatiques de l’ensemble de la région euro-méditerranéenne afin de proposer conjointement des recommandations pour renforcer la coopération dans de nombreux domaines clés, l'environnement, l'eau, l'énergie, l'intégration économique, la formation, l'autonomisation des femmes et des jeunes". (Ces recommandations ont été présentées à l’assemblée des 100 réunie à Tunis, ndlr). 
Quels défis identifiez-vous dans la région ? 
"Contrairement aux attentes, le diplôme ne protège pas du chômage - et il faut y ajouter tous ceux et celles qui sont sous-employés par rapport à leur niveau de qualification et qui travaillent dans l’économie informelle. Les transitions des systèmes éducatifs vers le marché du travail sont longues et difficiles - et les jeunes femmes sont particulièrement concernées.
De plus, même si la région connaît un taux d’inscription dans l’enseignement supérieur de plus en plus important – il devrait atteindre les 40% d’ici à 2030 sur la rive Sud de la Méditerranée, près d’un tiers des employeurs considèrent que la pénurie de compétences est une contrainte à l’embauche."
Quels types de projets avez vous encouragés lors du Sommet ?
"L'UpM s'est concentrée sur la construction d'un agenda positif pour la jeunesse en Méditerranée. (…) En termes de projets concrets, MedNC et HOMERe figurent parmi les initiatives spécifiques (…) mises en évidence lors des forums préparatoires au Sommet des deux rives.
Le projet HOMERe (Haute opportunité en Méditerranée pour le Recrutement de cadres d’excellence) encourage la mobilité étudiante par des stages professionnalisants de fin d’études dans les pays méditerranéens (…) afin de permettre [aux étudiants] d’acquérir l’ouverture interculturelle et les compétences transversales recherchées sur le marché du travail.
D’autre part, le 'Réseau Méditerranée Nouvelle Chance' est une autre initiative importante qui a été présentée lors des forums préparatoires au Sommet des deux rives. Inspirée du modèle français des écoles de la seconde chance, ce projet régional relève le défi de l'insertion socio-professionnelle de jeunes éloignés de l'éducation, de la formation et de l'emploi."
Quel bilan ?
Un nouveau rendez-vous a été fixé dans six mois, "pour aller plus loin", selon les mots d'Emmanuel Macron. Avec pour objectif de mettre en place les projets concrets évoqués lors du Sommet, qui seront consultables sur une plateforme en ligne. Développer dans une démarche durable la mobilité, le numérique, et l'innovation mais aussi soutenir la jeunesse apparaissent être les axes prioritaires du Sommet.
Parmi les projets retenus, on relève un réseau d'écoles de la deuxième chance, une maison euro-arabe de la traduction, un organe de presse plurilingue... des projets qui ciblent notamment les jeunes diplômés, dont le taux de chômage dépasse les 25 %.
Par  Marianne Lazarovici - Source de l'article Toute l'Europe

Refonder la politique Euro-Méditerranéenne pour plus de richesses, et moins d’inégalités

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Epidémie mondiale de désillusions

Nous vivons une transition vers l’économie numérique, dominée par de puissants effets de réseau et l’exploitation des données à grande échelle, qui bousculent notre quotidien, les réglementations et les modèles sociaux. Comme tout changement, cette transition suscite un malaise, et de multiples contestations. Elle donne lieu à de nombreux débats sur l’avenir de l’emploi, la migration (légale et illégale) et la fuite des cerveaux: au-delà de son impact sur certaines professions, l’économie numérique modifie structurellement la répartition des emplois et sonne le glas du salariat, posant de nouveaux défis en termes de droit du travail et de protection sociale.

Le récit libéral a régulièrement été confronté au cours de son histoire à des crises graves, avec les machines à vapeur, chemins de fer, électricité et automobiles, internet, la robotisation, l’intelligence artificielle… Comme dit Bergson, « la poussière varie mais le tourbillon est le même ».
Toutefois, aujourd’hui, l’accélération du rythme de disruption technologique désoriente. Et le monde, (et ses incertitudes croissantes), a produit une épidémie mondiale de désillusions. Face à l’instabilité du marché du travail, le chômage des jeunes diplômés, l’accroissement des inégalités entre les nations et au sein des nations elles-mêmes, ils sont de plus en plus nombreux à penser, à tort ou à raison, que la libéralisation et la mondialisation sont un immense racket qui profite à une minuscule élite aux dépens des masses.

En Tunisie, où les dividendes de la démocratie tardent à se matérialiser, les Tunisiens sont en colère et ne voient pas le bout du tunnel. Car les années se suivent et se ressemblent, avec la chute sans fin du dinar[1], l’inflation (plus de 7%) et la dégringolade du pouvoir d’achat, entraînant un surcroît de pessimisme chez les ménages et les entrepreneurs, et ôtant toute illusion pour un avenir meilleur…

Ce qui pousse une bonne partie d’entre eux à contester l’action publique et à ne plus faire confiance aux politiciens et aux institutions pour gérer la chose publique ou décider de notre avenir. Les populistes et les contestataires de tous bords ont le vent en poupe.
C’est ainsi qu’ils sont nombreux à rejeter les négociations en cours avec l’Union européenne pour un Accord de Libre Echange Complet et Approfondi (ALECA) sans vraiment en saisir le potentiel, sans proposer d’alternatives viables et souvent par opportunisme politique.

Face à ce constat, Il est de l’intérêt des pays développés, d’une part, de refonder le capitalisme afin de mieux lutter contre les inégalités, dans un contexte marqué par un besoin de justice accru et de ralentissement de la croissance qui favorisent la montée des extrêmes et du populisme, et d’autre part de soutenir le développement des pays pauvres, afin de lutter avec efficacité contre les mouvements de migration, et contre l’immigration illégale (les barrières et les murs ne suffiront pas) tout en favorisant de réels partenariats avec des perspectives ouvertes à toutes les nouvelles générations dans les pays en développement.
C’est à l’Europe qu’il incombe principalement de répondre à cette nécessité, de réinventer le capitalisme et proposer une nouvelle voie pour son voisinage car c’est conforme à ses traditions.

Le monde a besoin de plus d’Europe

Un nouveau tandem va diriger l’Union européenne : Ursula von der Leyen à la Commission européenne et Josep Borrel aux Affaires Extérieures. Ensemble, ils vont s’atteler aux défis intérieurs et extérieurs pressants auxquels fait face l’Union européenne.
Pour la première fois dans l’histoire de l’Union européenne, une femme va diriger la Commission. Elle s’appelle Ursula von der Leyen. Cette Allemande de 60 ans est médecin de formation, ex-ministre de la famille, ex-ministre de la défense. Elle est polyglotte et parfaite francophone.

« Le monde souhaite plus d’Europe et a besoin d’une puissante voix européenne que nous ne pourrons avoir que si nous sommes unis[2] », a déclaré Ursula von der Leyen, consciente des défis planétaires comme le changement climatique, la réforme de l’OMC et la préservation du multilatéralisme[3], la question migratoire et la montée des populismes et des contestations sociales…
« Nous savons tous que nous ne pourrons faire face aux défis qu’unis, prospères et forts », a-t-elle ajouté. »Nous voulons lancer une conférence sur l’avenir de l’Europe qui se déroulera dans nos pays membres et dont les discussions porteront sur la manière dont les populations, les Européens, conçoivent l’avenir de leur Union européenne« , avait-elle ajouté. Or l’avenir de l’Europe est étroitement lié à son voisinage immédiat à l’est et au sud, et pour cela nécessite autant d’attention, voir plus.

L’ancien président du Parlement européen, Josep Borrel, 72 ans, devient Haut Représentant aux Affaires extérieures et succède à Federica Mogherini. Il a toutes les qualités requises pour relancer le « processus de Barcelone » noyé dans une « politique de voisinage » à l’ambition bien plus limitée (offre de 2011, 3M, Money, Mobility, Markets), et souvent critiquée pour ne pas être à la hauteur des enjeux en cours au sud de la Méditerranée.
Josep Borrell va certainement donner un nouvel élan à une politique européenne sans réelle vision d’intégration à long terme ni perspective concrète en Méditerranée. Cet élan devra être concerté au préalable et donner la priorité aux jeunes, afin qu’ils puissent s’émanciper par le savoir, l’éducation et la culture, et contribuer ainsi au développement national et la stabilité régionale.
Il pourra aussi transmettre l’expérience espagnole de la transition démocratique et accompagner par les investissements européens la croissance économique de la région, comme l’Espagne l’avait fait avec l’Amérique latine par le passé, durant les années 1980.

Il faudra mettre en œuvre une stratégie en ilots afin de consolider le développement de certains pays, qui se répercutera ensuite sur leur sous-région. Ainsi, en Afrique du nord, la priorité sera de consolider la transition démocratique et économique de la Tunisie, qui ensuite contribuera à la stabilité de ses voisins.
Il faudra mieux expliquer l’offre européenne à la Tunisie, et mettre l’accent sur le fait que l’ALECA n’est pas qu’un accord commercial. Le capitalisme et les accords de partenariats économiques doivent se réinventer ou ils ne survivront pas à la montée des inégalités à travers la planète. «Nous ne pouvons pas payer toujours plus de croissance par toujours plus d’inégalités. Nous sommes au bout de ce raisonnement[4]». Il est nécessaire d’«entendre le signal d’alerte de tous ceux qui disent qu’ils ne profitent pas de la mondialisation» en Europe, dans les pays du sud, et au sein des régions marginalisées de ces pays.

L’ALECA pourrait devenir un véritable instrument de rattrapage régional. Il a été mis en évidence avec les travaux d’Amartya Sen que le développement régional n’est pas qu’une question de redistribution de fonds, encore faut-il que les régions aient les capacités de s’en servir. D’où la nécessité de permettre plutôt aux régions de devenir autonomes dans la création de richesses et d’emplois. Ainsi, pour une politique efficace de développement régional, l’état,de concert avec les bailleurs de fonds, doit sortir de la logique de redistribution afin d’aller vers une égalité en termes de droits et de libertés tout en enlevant tous les obstacles créant des écarts de capabilités entre les différentes régions.

Dans ce contexte, l’exclusion et le désenchantement, doivent être appréhendés comme une privation de capabilités élémentaires et non pas seulement comme une faiblesse des revenus. Une croissance inclusive pose comme principe l’égalité des capabilités de base, et non l’égalité des utilités comme dans l’utilitarisme[5], ou l’égalité des « biens premiers » (biens utiles quel que soit notre projet de vie rationnel) comme chez John Rawls.

Mettre en place une politique de développement efficace (inclusive) qui élargit les possibilités d’action de chacun. Il faut que tous les citoyens qui le désirent, puissent être capables[6]. Capables de choisir et d’agir. Amartya Sen[7] qui a beaucoup travaillé sur ces questions, exprime clairement cette idée de capabilité comme liberté[8] ; liberté d’utiliser leurs biens matériels et immatériels afin de choisir leur mode de vie. C’est la capacité à exercer un libre choix. Plus une personne a des possibilités, plus elle peut les combiner de différentes façons et changer de vie. La richesse, en termes de capabilités, c’est avoir différentes vies possibles. Être pauvre, c’est avoir peu de choix à toutes les étapes de la vie. Pour Amartya Sen, c’est cette inégalité qui doit être corrigée.

Une transition économique réussie doit aboutir à des individus capables et libres d’entreprendre. Cette capacité est conditionnée par les conditions de départ. L’égalité de départ requiert une éducation moderne accessible et la formation tout au long de la vie. L’éducation (scolaire et universitaire) demeure le pivot de la formation du capital humain. Toutefois, il est nécessaire de la moderniser et de la compléter par les apprentissages et la formation continue (en attendant de réformer le système éducatif).

A terme, l’éducation doit être entièrement repensée (forme et contenu) afin de permettre aux générations à venir de relever les défis d’un monde digital en perpétuel changement. Il s’agit surtout d’apprendre à apprendre. Les TIC sont entrain de révolutionner l’éducation. 70% des métiers qu’exerceront les enfants qui entrent aujourd’hui à l’école n’existent pas encore.
Enfin et surtout, mise en place d’un « pack migratoire». Ce pack implique une série de tâches pour la partie tunisienne en échange d’une aide technique et financière additionnelle européenne, accompagnée d’une facilitation des visas pour les fournisseurs de services. La pression migratoire en provenance d’Afrique va considérablement augmenter dans les années à venir. Cela nécessitera un effort accru de la partie tunisienne pour, notamment le renforcement des contrôles aux frontières, le combat contre l’entrée illégale et contre le trafic de migrants, une activité de capacity building dans le domaine de la migration et de l’asile, d’après le modèle de mise en œuvre de l’accord de Schengen…

Cette coopération aboutira éventuellement à la création de zones tampons des flux migratoires sur le continent africain. Ce processus touchera également le rapatriement des migrants en situation irrégulière. Ces services nécessiteront la mise en place d’un réseau de coopération policière et judiciaire afin de renforcer une gestion “conjointe” et “intégrale” des migrations, en échange d’aide dans la mise en place de systèmes électroniques de vigilance.

Il n’y aura pas de succès économique sans justice sociale, développement et lutte contre la pauvreté

La Tunisie a le potentiel pour réussir sa transition économique mais cela passe par des choix fondamentaux : ceux de la compétitivité, de l’innovation et des exportations, et donc d’une dose certaine de libéralisme. Carlo Rosselli (1899-1937), fondateur du socialisme libéral disait qu’une société pleinement libérale est celle dans laquelle « la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres ».Ce qu’il faut, disait-il, c’est que la liberté cesse d’avoir une valeur seulement pour l’élite et qu’elle puisse arriver dans la vie des gens pauvres.
Pour cela, l’ALECA ne doit pas seulement offrir de nouvelles opportunités à ceux qui sont le plus à même d’en bénéficier mais prendre en compte aussi les plus vulnérables, ceux qui ne sont pas capables d’en tirer profit. Permettre par l’éducation et la formation de donner une forme d’égale opportunité, de mettre tout le monde sur la ligne de départ.

S’il est ancré dans une vision juste et de long terme, le Partenariat euro-méditerranéen devrait permettre aux jeunes, à travers l’autonomie, et la capacité à s’émanciper, de faire mieux et de s’en sortir. L’ALECA concrétisera ce dispositif en facilitant l’intégration dans le marché intérieur de l’UE pour les biens, services et investissements tunisiens, par un rapprochement réglementaire et une économie de marché. Car pour consolider notre démocratie, l’économie de marché, même si elle n’est pas parfaite est incontournable. Pour illustrer cette dualité, Raphael Enthoven écrit en faisant référence à la fable des abeilles[9] : « Pour le meilleur et le pire, l’économie de marché est la dot de la démocratie dont l’égoïsme individuel est paradoxalement à la fois le pire ennemi et la meilleure garantie ».

Par Ghazi Ben Ahmed - Source de l'article Réalités

[1]Durant les huit dernières années, le dinar a perdu 52% de sa valeur face au Dollar américain, 43,9% face à l’Euro.
[3]La Chine pourra être un allié de poids car elle a aussi besoin d’une Europe forte pour préserver un monde multilatéraliste.
[4]a plaidé le ministre français de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire en ouvrant une conférence à Bercy.
[5] Selon le principe utilitariste, une situation est jugée supérieure à une autre si la somme des utilités (satisfaction ou bonheur qu’un individu tire d’une action ou d’un choix) qu’en retirent les individus est supérieure. Pour l’utilitarisme, une situation ou action est jugée en fonction des résultats, ou conséquences, qu’elle produit. 
[6] Au sens définit par Paul Ricœur qui parle de l’«homme capable» face à une exigence de reconnaissance ; devenir capable, être reconnu.
[7]Sen A. K., 2004a, « Elements of a Theory of Human Rights », Philosophy and Public Affairs, 32 (4), pp. 315-356.
[8]« Capability, as a kind of freedom, refers to the extent to which the person is able to choose particular combinations of functionings (including, inter alia, such things as being well-nourished), no matter what the person actually decides to choose »
[9]Parue en 1714, la Fable des abeilles développe dans une veine satirique la thèse de l’utilité sociale de l’égoïsme, où la recherche de l’intérêt propre est la condition de la prospérité.