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lundi 10 février 2020

Vers la désintégration de l’Europe ?


Brexit - L'Economiste MAghrebin


Depuis le 31 janvier, le Royaume-Uni n’est plus membre de l’Union européenne. Ce retrait– connu sous le nom de Brexit– est sans précédent. 

C’est la première fois qu’un Etat membre se retire de cette organisation. Une Union européenne qui n’avait cessé de s’élargir. Et qui compte encore parmi les candidats à son adhésion un pays comme la Turquie. Est-ce le contrecoup de l’incapacité politique à protéger les Britanniques des contrecoups de l’intégration? Et de la globalisation économique dans un contexte général de repli identitaire et protectionniste?

Si le Brexit symbolise le retour des nation(alisme)s face à la globalisation; la crise européenne qu’elle révèle renforce l’intérêt d’investir politiquement. Et ce, dans la Méditerranée, comme espace d’interface.
Le spectre du déclin européen

Car, le retrait du Royaume-Uni s’inscrit dans une tendance lourde. Celle d’un retour des nations et des nationalismes, pour lesquels l’intégration européenne incarne une menace existentielle. Du Royaume-Uni à la Pologne, en passant par l’Allemagne, l’Autriche, la France ou l’Italie, l’Europe est traversée par une vague populiste. Elle est portée par un discours conjuguant identitarisme et souverainisme; le poids de ces deux variables différant selon les pays. Transpartisane, la vague mêlée d’europhobie et d’euroscepticisme ne concerne pas les seuls « partis extrémistes ». En témoigne le retour en force de l’idée de frontière ou d’identité nationale au sein des droites conservatrices nationales. Une tendance propice aux alliances avec l’extrême droite. Comme l’atteste le nouveau gouvernement autrichien. Un spectre auquel la France n’échappe pas non plus…

Entre le Brexit, la montée des forces centrifuges et la tentation de la démondialisation, l’Histoire contredit le sens de la construction européenne. Pis, l’intégration, la fédéralisation et la supranationalité semblent appartenir à un passé révolu. La frontière, la nation et la souveraineté, tels sont les éléments constitutifs du triptyque du nouvel ordre européen. Retour au vieux paradigme de l’Etat-nation souverain… Plongé désormais dans un monde globalisé structuré autour de pôles de puissances. Et dans lequel les Européens se cherchent encore et toujours…

De telles réactions suscitées par la globalisation trahissent un profond désenchantement. Ce sentiment n’est pas nouveau. La « globalisation heureuse » et la consécration universelle de la « démocratie de marché », pour reprendre l’expression de Francis Fukuyama, s’avèrent illusoires. Convaincu de sa propre existence, l’Occident craint aussi sa propre fin, du moins son déclin. Le sentiment d’être « en danger » ou d’être menacé par la civilisation islamique alimente la montée en puissance d’une idéologie « occidentaliste »…
Relancer l’Europe via la Méditerranée

Alors, l’incapacité politique des dirigeants Européens à produire du sens et à définir les ressorts d’un destin commun nourrit les mouvements de contestation. Et ce, vis-à-vis d’une chose européenne perçue comme une matière aussi floue qu’inconsistante; incapable de protéger et de décider, illisible et inaudible. Toutefois, si l’officialisation du Brexit renforce le spectre de la désintégration de l’Europe. Il apparaît clairement que l’expérience britannique a eu un effet repoussoir sur les opinions publiques des 27 Etats membres de l’UE. Et que les partis politiques eurosceptiques ne sont pas parvenus à capitaliser sur le départ des Britanniques… Alors comment rebondir?

D’abord, la Méditerranée est une chance pour l’Europe. Les pays de la rive européenne constitutifs de l’« arc latin » (Italie, France, Espagne et Portugal) pourraient ici jouer un rôle moteur.

Ensuite, la nécessité de repenser les fondamentaux de la coopération entre le Nord et le Sud du bassin méditerranéen suppose de dépasser l’échec de l’Union pour la Méditerranée (UpM). Et ce, par le choix d’un projet intégrateur fondé sur le principe de l’action coordonnée et sur le partenariat. Et réunissant les seuls Etats de la Méditerranée occidentale (constitutifs de l’enceinte informelle dite du « Dialogue 5+5 »).

De plus, les liens politiques, économiques, humains et culturels étroits, ainsi que la multiplication des défis communs– même s’ils se posent en des termes différents– placent les pays du Maghreb et les pays européens de l’arc latin dans une situation d’interdépendance particulièrement aiguë.
Nouvelle centralité géopolitique

De ce fait, la nouvelle centralité géopolitique de la Méditerranée mérite de réévaluer l’investissement politique des acteurs (inter)étatiques de la région, dont les peuples sont liés par un destin commun.

D’ailleurs, la Chine ne s’y est pas trompée. Et la Méditerranée n’échappe pas à sa montée en puissance économique et commerciale. Car une partie non négligeable des flux commerciaux chinois traverse la Méditerranée.

Ainsi, les hydrocarbures figurent ici au premier rang de ses préoccupations stratégiques. Compte tenu des besoins énergétiques du pays. Premier importateur mondial d’or noir, la Chine, en situation de dépendance énergétique, considère qu’il s’agit là d’une question de « sécurité nationale ».

Partant, l’une de ses priorités stratégiques dans la région est de protéger ses circuits d’approvisionnement et ses voies commerciales. Ceux-ci offrant une véritable passerelle vers les marchés européens. Elle a consenti des investissements lourds pour s’implanter dans le terminal commercial de Port Saïd au nord du canal de Suez. Ainsi que dans les ports de Naples et du Pirée, considérés comme autant de portes d’entrée vers les marchés européen

Par Béligh Nabli - Source de l'article Leconomistemaghrebin

dimanche 19 janvier 2020

Rapport d’information du Comité économique et social européen : La numérisation, un défi majeur pour les PME de la région méditerranéenne

EESC logo
Le rapport d’information sur « La numérisation et les PME dans la région méditerranéenne », adopté par le Comité économique et social européen (CESE) lors de sa session plénière de décembre, vise à analyser l’état actuel de la numérisation dans les pays du nord, du sud et de l’est de la Méditerranée et à mettre en évidence les problèmes spécifiques que celle-ci rencontre. 

L’une des principales conclusions de ce rapport porte sur la nécessité de mettre en place un «vaste programme politique qui vise à renforcer le rôle déterminant que jouent les PME pour développer les pays euro-méditerranéens sur le plan socioéconomique et, en tout premier lieu, pour lutter contre le chômage».

L’une des propositions avancées dans le rapport consiste à donner la priorité aux investissements dans les infrastructures numériques, mais également dans les réformes éducatives nécessaires pour diffuser les compétences numériques parmi les enseignants et les étudiants, lors de la révision future de la politique européenne de voisinage et des accords d’association bilatéraux.

Le CESE recommande également d’investir dans des campagnes de sensibilisation afin d’informer les PME des coûts engendrés par l’absence de numérisation, et il soutient le développement d’outils d’autoévaluation en ligne afin de les aider à débuter la mise en place d’une stratégie en matière de numérisation.

L’écart entre les hommes et les femmes en matière de participation au marché du travail dans la plupart des pays euro-méditerranéens constitue un autre sujet important abordé dans le rapport d’information du CESE. La numérisation peut aider à concilier vie professionnelle et vie familiale en rendant possibles des modalités de travail souples et le télétravail. Par conséquent, le CESE estime que les stratégies numériques nationales devraient promouvoir la participation des femmes au marché du travail et prévoir des mécanismes pour inciter les PME à engager des femmes.

Renforcer la connectivité dans les zones rurales, et entre les zones rurales et urbaines, est également essentiel à leur revitalisation d’un point de vue économique, social et démographique. Il convient de combler le fossé numérique entre zones urbaines et zones rurales afin de rendre ces dernières plus attrayantes pour les jeunes, et de réduire la tendance au dépeuplement. L’adoption de technologies agricoles intelligentes constitue une occasion importante d’accroître la productivité et d’améliorer les conditions de travail.

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samedi 18 janvier 2020

COP25 : l’Union pour la Méditerranée appelle à une coopération renforcée dans la région méditerranéenne pour faire face à l’urgence climatique

COP25: Union for the Mediterranean calls for reinforced cooperation in the Mediterranean region to address the climate emergency

La région méditerranéenne a déjà atteint le seuil de +1,5°, se réchauffant 20 % plus vite que la moyenne mondiale, selon le tout premier rapport scientifique sur l’impact du changement climatique et environnemental dans la Méditerranée.

Les principales conclusions de cette étude ont été présentées à la COP25 par l’Union pour la Méditerranée (UpM) et MedECC, un réseau de plus de 600‏ scientifiques euro-méditerranéens dont la création a été soutenue par l’UpM en 2015.

Le Secrétaire général de l’UpM, Nasser Kamel, a pris part aux discussions de haut niveau pendant la COP25 et a mis en valeur certains des faits les plus alarmants du rapport.

L’UpM a également présenté l’Initiative chypriote sur les changements climatiques et le projet Clima Med conjointement avec la République de Chypre et la Commission européenne, respectivement. Ces deux grandes initiatives régionales sur l’action climatique sont pleinement soutenues par l’UpM dans le cadre de ses efforts pour renforcer des actions collectives et concertées pour des mesures efficaces d’adaptation et d’atténuation de ces changements.

L’UpM et l’OMM (Organisation météorologique mondiale) ont signé un accord de partenariat afin de mettre en place des plans d’action communs pour inclure une dimension climatique dans les secteurs économiques essentiels de la région. L’UpM a également signé un accord avec le Centre de Copenhague sur l’efficacité énergétique pour la promotion du renforcement des capacités et de la coopération en matière énergétique pour les autorités locales.

S’appuyant sur son ambition régionale pour lutter contre le changement climatique, l’UpM a également organisé un événement parallèle avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Celui-ci avait pour but de discuter des moyens pour atteindre la mise en œuvre des contributions déterminées au niveau national (CDN) en soutenant l’atténuation, l’adaptation et des actions transversales dans la région.

Pour en savoir plus
L’Union pour la Méditerranée (UpM) - Site internet

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jeudi 16 janvier 2020

Fonds fiduciaire d’urgence de l’UE pour l’Afrique : nouvelles actions pour lutter contre le trafic d’êtres humains, protéger les populations vulnérables et stabiliser les communautés en Afrique du Nord


Emergency Trust Fund for Africa, North Africa Window
L’Union européenne — par l’intermédiaire du volet « Afrique du Nord » de son fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique — a adopté quatre nouvelles actions liées à la migration, pour un montant de 147,7 millions d’euros au total, par lesquelles elle entend aider le Maroc à lutter contre la traite des êtres humains et la migration irrégulière ; améliorer les conditions de vie au sein des communautés libyennes et protéger les réfugiés et les migrants vulnérables bloqués en Libye par une politique de retours volontaires ; ainsi que proposer aux travailleurs des possibilités de migration et de mobilité en Afrique du Nord.

Le commissaire au voisinage et à l’élargissement, Olivér Várhelyi, a tenu à ce sujet les propos suivants : « Grâce à ce nouveau train de mesures, nous approfondissons notre partenariat avec le Maroc afin de freiner encore plus les arrivées irrégulières via la route de la Méditerranée occidentale et d’empêcher que des personnes ne prennent des risques qui pourraient leur être fatals. Nos programmes en Libye répondent aux besoins des communautés locales, tout en proposant aux migrants bloqués dans ce pays des solutions sûres sous la forme de retours volontaires. Enfin, nous soutenons la migration et la mobilité des travailleurs ».

Ce nouveau train de mesures portera les fonds engagés au titre du volet « Afrique du Nord » à un total de 807 millions d’euros, répondant à multiples besoins constatés dans l’ensemble de la région.

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mercredi 15 janvier 2020

MeetMED à mi-parcours


L'atelier organisé à Alger a traité de l'évaluation de la qualité des infrastructures en matière d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables. Photo meetMED


Interview de Matteo Barra, chef du projet meetMED. MeetMED est un projet sur deux ans financé par l'Union européenne, piloté par Medener, officiellement lancé en mai 2018 à Barcelone, au siège de l'Union pour la Méditerranée. 

Econostrum.info : A quoi sert meetMED ?

Matteo Barra : Il s'agit d'un projet financé par l'Union Européenne qui permet aux agences nationale de l'énergie du Portugal, d'Espagne, de France, d'Italie et de Grèce de se mettre au service des pays du sud et de l'est de la Méditerranée (Maroc, Tunisie, Algérie, Liban, Jordanie, Palestine) pour les accompagner dans la mise en place de mesures d'efficacité énergétique (EE) et d'énergies renouvelables (ENR). Sur le plan politique, les accords internationaux ont fixé des objectifs clairs. Mais les mesures réellement prises au niveau technique restent faibles. L'échange de bonnes pratiques permet d'avancer plus vite.

Quels types d'actions conduisent les partenaires de meetMED ?

MB : MeetMed apporte de l’information technique et des orientations pour faciliter la prise de décision par les autorités publiques afin d’améliorer leur expertise dans la planification et la mise en œuvre de politiques et de mesures énergétiques durables.
Nous agissons à plusieurs niveaux. Nous constituons un outil statistique, une base de données, permettant d'évaluer l'efficacité des politiques nationales en matière d’EE et d'ENR. Nous conduisons également des actions de formation professionnelle destinées aux collaborateurs des entreprises et des collectivités qui mettent en place ces actions. Nous analysons comment améliorer les cadres réglementaires et administratifs pour faciliter les investissements locaux ou internationaux auprès de tous les maillons des filières de l'EE et des ENR. Enfin, nous soutenons la plateforme pour l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables de l’Union pour la Méditerranée.

Le programme arrive à mi-parcours, pouvez-vous déjà dresser un premier bilan ?

MB : Après une phase de mise en route incontournable, car nous devions constituer un réseau d'experts internationaux et créer des structures, nous sommes maintenant opérationnels. Nous avons organisé des sessions de formation à Alger, des ateliers à Amman (stratégie), Beyrouth (efficacité dans les bâtiments), Tunis (efficacité dans les bâtiments). Nous avons également publié un rapport sur les stratégie EE et ENR. Il constitue le résultat ultime du travail concerté des experts de meetMED REN, qui ont préparé le terrain pour la réalisation d'objectifs nationaux ambitieux en termes d'augmentation de l'efficacité énergétique et d'une intégration plus poussée des ER dans tous les secteurs : bâtiments, transports, industrie, commerce, services publics, agriculture, production d'énergie.

Medener a tenu fin septembre à Rhodes une conférence internationale sur le thème des solutions énergétiques durables pour les îles et les régions isolées. En quoi les îles peuvent-elles servir d'exemple sur des problématiques d'EE et d'ENR ?

MB : Les îles et les régions isolées font face à de fortes contraintes en matière de production et de stockage d’énergie, de transport maritime, de gestion de l'eau et des déchets, de climatisation. Elles doivent donc innover, prendre des mesures conséquentes. Nous les considérons comme des anticipatrices de solutions.


Source de l'article Econostruminfo


Analyse – L’Union pour la Méditerranée (UpM) : est-ce un projet politique sérieux ou une mauvaise blague ?



L’Europe et les voisins du sud
L’Europe a une histoire complexe avec ses voisins du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA). Des histoires coloniales à un agenda politique unifié, l’Europe cherche depuis longtemps à étendre sa sphère d’influence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L’histoire européenne, et certainement l’histoire de l’Union européenne en tant que projet politique, est inextricable de ses politiques envers ses voisins immédiats autour de la Méditerranée. Si les relations historiques de l’Europe avec ses voisins de la région MENA reposent en grande partie sur le colonialisme, ce n’est que récemment que l’UE a créé une politique officielle et unifiée à l’égard de ses voisins de la région MENA.
Le développement de la politique européenne pendant la guerre froide a marqué un virage vers la « sécurité méditerranéenne dans un cadre régional et multilatéral » (Del Sarto 2006, 10). Ce n’est que dans les années 1990 que la région MENA s’est davantage concentrée sur les préoccupations de politique étrangère de l’UE.
À cet objectif était attaché un langage prolifique de sécurité et de stabilité dans la région (Kienle 1998 ; Romeo 1998). Alors que l’Union soviétique s’effondrait, la géopolitique de la région a changé d’orientation et l’Europe a commencé à étendre son influence dans son voisinage méditerranéen. De plus en plus, des questions telles que l’immigration, le terrorisme, le trafic et les besoins énergétiques ont déplacé l’attention européenne vers les parties sud et est de la Méditerranée.
Depuis 1995, la région a pris une importance accrue pour l’UE, tant sur le plan de la politique étrangère que sur le plan national. L’UE déclare que ses voisins de la région MENA représentent l’intersection de préoccupations « stratégiques » ou « pratiques » pour l’UE et témoignent de sa contribution importante à travers l’histoire à « l’enrichissement mutuel des cultures et des civilisations » (Commission des Communautés européennes 2003a, 13).
Au milieu des années 2000, les relations euro-méditerranéennes existantes se sont définies institutionnellement à travers deux piliers : la politique européenne de voisinage et l’Union pour la Méditerranée (y compris ses prédécesseurs). En s’engageant dans le maintien de la sécurité économique, politique et humanitaire dans la région, la politique étrangère proactive de l’UE à l’égard de ses voisins du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord a deux objectifs principaux : encourager les réformes politiques et économiques dans les pays MENA et assurer la coopération régionale entre l’UE et ses voisins.
D’une manière générale, la politique actuelle de l’UE à l’égard de la région MENA se concentre sur trois stratégies :
  •  Premièrement, l’UE cherche à encourager et à faciliter les réformes politiques, sociales, humanitaires et économiques dans ses voisins de la région MENA ;
  • Deuxièmement, l’UE cherche à approfondir les relations, tant bilatérales que régionales, entre l’UE et ses partenaires non européens ainsi qu’entre les États MENA eux-mêmes ; et
  • Troisièmement, une grande partie de l’attention de l’UE envers la région s’est concentrée sur les relations israélo-palestiniennes.
Partenariat Euromed 
Le Partenariat Euromed, dit aussi Processus de Barcelone a été lancé en novembre 1995 lors de la réunion au sommet de Barcelone des ministres des affaires étrangères. L’objectif du partenariat est d’établir une zone de paix, de stabilité, de compréhension mutuelle entre les peuples de la Méditerranée et de prospérité partagée grâce à une coopération renforcée et à l’approfondissement de la zone de libre-échange euro-méditerranéenne à l’horizon de 2010.
Cependant, en tant que projet pilote crucial de la politique étrangère européenne, le processus de Barcelone a eu du mal à progresser dans le temps. Surtout en ce qui concerne son acquis en matière de sécurité, la stagnation était déjà visible lors de la conférence de Marseille en 2000, lorsque les partenaires du Partenariat Euro-Méditerranéen (PEM) ne se sont pas mis d’accord sur un terrain d’entente pour une réforme de la sécurité.
À la suite des événements du 11 septembre 2001, les relations euro-méditerranéennes ont connu de graves revers résultant d’un changement considérable des besoins de sécurité occidentaux conduisant à une « titrisation » (voir Institut des études de sécurité de l’Union européenne 2008 : 16-18) de diverses politiques. En conséquence, la politique méditerranéenne de l’UE s’est enchevêtrée dans l’ambiguïté.
Tout en promouvant la réforme politique, la démocratie et la liberté dans les pays voisins d’une part, l’UE a restreint au lieu de libéraliser la liberté de circulation de l’autre – en particulier en ce qui concerne les politiques migratoires – afin de répondre à ses exigences de sécurité. Des preuves de l’incohérence des politiques européennes vis-à-vis de ses partenaires du sud ont été fournies par la stratégie européenne de sécurité en 2003, confirmant que «la région méditerranéenne continue généralement de connaître de graves problèmes de stagnation économique, de troubles sociaux et de conflits non résolus » (Stratégie européenne de sécurité, 2003 : 9).
Le processus de Barcelone, qui comprenait le Partenariat Euro-Méditerranéen (PEM) et l’Union pour la Méditerranée (UpM), a été créé sous les auspices d’essayer d’améliorer les relations et d’atténuer les inégalités entre l’UE et ses voisins du sud et du sud-est. La déclaration de Barcelone a été signée en 1995 et a institutionnalisé le partenariat entre l’UE et ses voisins du sud de la Méditerranée. Le processus de Barcelone a conduit à la création du Partenariat Euro-Méditerranéen (PEM), démontrant les tentatives de l’UE de créer une politique étrangère unifiée et définie envers la région. Il a été considéré comme un moyen d’accroître les relations stratégiques entre l’UE et les États du Sud dans le cadre de la Politique européenne de voisinage (PEV). L’Union européenne souligne l’importance institutionnelle de la région MENA, notant que le processus de Barcelone améliore les relations entre l’UE et la région MENA en :
  • Améliorer le niveau politique des relations de l’UE avec ses partenaires méditerranéens ;
  • Assurer la copropriété de nos relations multilatérales ; et
  • Rendre ces relations plus concrètes et visibles à travers des projets régionaux et sous régionaux supplémentaires, pertinents pour les citoyens de la région (Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée 2008 a, 13).
En 2004, année du plus grand cycle d’élargissement de l’UE, l’accent a été mis sur l’élargissement plutôt que l’approfondissement. Néanmoins, en guise de contrepoids, le PEM a été complété par la création de la Politique européenne de voisinage (PEV) qui visait à faire le bilan de six autres voisins de l’UE en provenance de l’Est et s’est également efforcé de promouvoir la réforme dans les pays partenaires du sud.
Cependant, le PEM et la PEV étaient contradictoires dans leur approche géographique et la PEV souffrait d’une forte ambivalence, qu’il s’agisse d’une alternative à l’élargissement ou d’une phase de préadhésion ; diviser clairement les partenaires de la PEV à l’est et au sud (voir Marchesi, Daniele 2008 : 188).
Un an plus tard, à l’occasion du 10e anniversaire du Processus de Barcelone, les membres du PEM se sont mis d’accord sur un programme de travail quinquennal qui a fondamentalement réaffirmé les objectifs de la Déclaration de Barcelone et formulé l’objectif d’accroître la visibilité du partenariat. En outre, le sommet a également décidé d’un code de conduite euro-méditerranéen pour lutter contre le terrorisme et a ajouté le thème de la migration comme quatrième pilier du partenariat – une action cohérente compte tenu des développements antérieurs.
Malgré ces efforts, des critiques croissantes ont été formulées à propos de l’incohérence et de l’inefficacité de la politique méditerranéenne de l’UE. La plupart des observateurs ont convenu que le PEM n’avait jusqu’à présent pas permis d’obtenir de nombreux résultats tangibles en créant une zone méditerranéenne de paix, de stabilité et de prospérité.
Union pour la Méditerranée
La décision du Conseil européen, réuni à Bruxelles les 13 et 14 mars 2008, d’approuver le principe d’une Union pour la Méditerranée est potentiellement un tournant important dans le processus de Barcelone. Issu de l’appel à une « Union méditerranéenne » (UM) lancé par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle française de février 2007, l’idée a été très fortement diluée au cours d’une année de négociations intermittentes, comme en témoignent les changements de nom et par conséquent ses initiales – de UM (ou UPM dans les versions françaises) à UMed.
Projets UpM labellisés

La modification a été motivée par la détermination de la plupart des acteurs de l’UE à rendre l’UM compatible avec le processus de Barcelone et les structures et mécanismes institutionnels de prise de décision de l’UE, ce qu’il semblait initialement ignorer – promettant à la place un cadre et une approche entièrement nouveaux pour coopération pan-méditerranéenne. Le nom adopté (au moins provisoirement) à Bruxelles, « Processus de Barcelone : ​​Union pour la Méditerranée » exprime la continuité, malgré l’implication que le nom officiel d’origine de ce processus, le Partenariat euro-méditerranéen (PEM), sera remplacé à l’Euro -Med sommet qui se tiendra à Paris le 13 juillet.
L’importance de l’initiative française, dans sa forme originale, résidait dans la reconnaissance tacite que, si le PEM a permis de faire évoluer positivement les relations euro-méditerranéennes, les principaux objectifs énoncés dans la déclaration de Barcelone de 1995 sont restés insaisissables, notamment dans en ce qui concerne les objectifs ultimes de prospérité, de sécurité et de réforme politique. Curieusement, l’initiative la plus récente lancée depuis le palais de l’Elysée n’est pas née d’un examen fondamental du projet de Barcelone d’origine, et donc sa logique stratégique (très remise en question dans le monde académique) est susceptible de survivre aux changements qui ont eu lieu en 2008.
Plutôt que de commencer par une évaluation du processus jusqu’à présent, la genèse de l’UM a consisté en :
  • Premièrement, le lancement de l’idée générale d’une Union Méditerranéenne exclusive, utilisée par voie électorale pour répondre aux préoccupations politiques internes en France, ainsi que pour annoncer une nouvelle ambition de la politique étrangère française ;
  • Deuxièmement, un examen plus détaillé de sa substance par les nouveaux conseillers du président français et d’autres experts, reflété dans de nouvelles formulations avec chaque document ou déclaration successive ;
  • Troisièmement, les réactions à la proposition, souvent critiques, de la part de la Commission européenne, des États membres de l’UE et des partenaires méditerranéens ;
  • Quatrièmement, un processus de compromis, par lequel Sarkozy est parvenu à un accord avec des opposants sur des aspects clés de l’idée originale (initialement avec l’Espagne et l’Italie et plus tard – après une plus grande friction – avec l’Allemagne) ; et
  • Cinquièmement, la présentation de la proposition substantiellement révisée au Conseil européen de mars 2008.
Ce schéma rappelle quelque peu la genèse du PEM, sauf que :
  • (a) l’Espagne était le principal « moteur » à cette occasion et son programme national était plutôt moins évident que les intérêts du promoteur de la UpM ; et
  • (b) les propositions françaises n’aboutiront pas à la création d’un nouveau projet. Le processus reflète le fait que l’UpM, comme le PEM d’origine, est d’abord et avant tout un aspect de la politique étrangère européenne, une réalité qui est en tension avec le principe d’égalité impliqué par le terme « partenariat » et encore une fois épousée dans la proposition de l’UM, mais toujours niée par les réalités d’un cadre euro-méditerranéen asymétrique dans lequel un Nord intégré coïncide avec un Sud beaucoup moins intégré.
Une fois de plus, les pays méditerranéens non membres de l’UE sont informés de l’avancement de ces développements européens mais ne seront consultés qu’une fois qu’ils auront été traduits dans la politique de l’UE. Néanmoins, les propositions présentées par le président français visent à répondre à au moins une des critiques exprimées par les pays partenaires méditerranéens au fil des ans en proposant de nouvelles structures institutionnelles basées sur un degré de parité dans la représentation Nord-Sud.
L’Union pour la Méditerranée (UpM) a été formellement établi lors du sommet de Paris le 13 juillet 2008, dans le but de donner « une nouvelle impulsion au processus de Barcelone ». Le Conseil européen du 13 mars 2008 « a consacré « l’européanisation » de l’initiative française, établissant ainsi le cadre de l’UpM comme la nouvelle politique centrale de l’UE à l’égard de la Méditerranée ».

L’UpM comprend 28 États membres de l’UE et 15 pays méditerranéens. (Membres de l’UE, Turquie, Israël, Bosnie-Herzégovine, Albanie, Monaco, Monténégro, Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Mauritanie, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie). La Syrie a suspendu son adhésion à l’UpM le 1er décembre 2011 et la Libye a le statut d’observateur. Le Secrétariat de l’UpM, basé à Barcelone, est chargé d’assurer la coordination nécessaire des projets qui seront sélectionnés pour la mise en œuvre. Le Secrétariat a commencé ses fonctions en 2010 et est situé à Barcelone. Nasser Kamel, ex-ambassadeur d’Égypte en France et au Royaume-Uni, est le secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée depuis juin 2018.
L’UpM devrait s’appuyer sur l’acquis des initiatives précédentes et renforcer les acquis du processus de Barcelone. Les objectifs du processus restent donc valables pour l’UpM.
L’UpM est structurée autour de six projets prioritaires sélectionnés par les chefs d’État et de gouvernement et annexés à la Déclaration de Paris :

1- Dépollution de la Méditerranée ;
2- Autoroutes maritimes et terrestres ;
3- Protection civile ;
4- Énergies alternatives incorporées dans le Plan solaire méditerranéen ;
5- L’enseignement supérieur et la recherche et l’Université euro-méditerranéenne ; et
6- L’initiative pour le développement des entreprises en Méditerranée.
Nature de l’UpM
Dans le prolongement du partenariat euro-méditerranéen (Euro-Med), également connu sous le nom de processus de Barcelone, l’Union pour la Méditerranée (UpM) est une organisation intergouvernementale qui vise à renforcer la coopération dans la région méditerranéenne. Elle offre une plate-forme unique, couvrant les sujets allant des questions politiques et économiques à celles du domaine socioculturel. L’objectif de l’UpM est d’encourager la paix, la stabilité, la sécurité et la prospérité économique commune et de renforcer l’intégration régionale dans le cadre du dialogue interculturel dans la zone euro-méditerranéenne ainsi que conformément aux principes de la démocratie, des droits de l’homme et les droits fondamentaux.
Les domaines prioritaires de l’UpM ont été définis comme les transports et le développement urbain, le développement des entreprises et l’emploi, l’énergie et l’action pour le climat, l’enseignement supérieur et la recherche, les affaires sociales et civiles et l’eau et l’environnement. Ainsi, l’UpM totalise 54 projets labellisés d’une valeur de plus de 5,5 milliards d’euros, dont 35 déjà lancés.
Le label UpM est attribué aux projets de coopération régionale par l’approbation unanime des pays membres qui se réunissent régulièrement par l’intermédiaire de leurs hauts fonctionnaires.
Nature de l’UpM
L’UpM a été conçue comme une plate-forme pour approfondir la coopération en Méditerranée à travers le dialogue politique et avec l’aide de projets régionaux, sous régionaux et transfrontaliers.
L’UPM s’inspire des objectifs énoncés dans la Déclaration, adoptée au Sommet de Paris, à savoir œuvrer à la création d’un espace de paix, de stabilité, de sécurité et de prospérité économique partagée, ainsi qu’au plein respect des principes démocratiques, des droits de l’homme et libertés fondamentales et promotion de la compréhension entre les cultures et les civilisations de la région euro-méditerranéenne. La déclaration a également noté que le processus de coopération est indépendant du processus d’élargissement de l’UE et de son processus de négociation d’adhésion.
La coprésidence, qui est assumée par un État membre de l’UE et un pays partenaire méditerranéen pendant deux ans, les réunions des hauts fonctionnaires, qui se tiennent régulièrement en réunissant des représentants des ministères des affaires étrangères des 43 pays de l’UpM et le Secrétariat de l’UpM est le principal organe institutionnel de l’UpM.
Le secrétariat de l’UpM est dirigé par un secrétaire général et six secrétaires généraux adjoints, dont trois sont choisis parmi les candidats des pays partenaires méditerranéens et les trois autres parmi les candidats proposés par les États membres de l’UE. Les hauts fonctionnaires approuvent ensuite par consensus un mandat de trois ans. Il est possible de prolonger à six ans (3 + 3) la durée du mandat du Secrétaire général et des Secrétaires généraux adjoints, la décision devant être prise par consensus par les hauts fonctionnaires. Il a également été décidé lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UpM à Marseille en 2008 que le secrétaire général est toujours élu parmi les pays tiers.
La Fondation Anna Lindh (FAL), l’Assemblée parlementaire de l’UpM (AP-UpM), l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) constituent les dimensions de la gouvernance culturelle, parlementaire et locale de l’UpM.
La Fondation Anna Lindh a été créée en 2005 en vue de renforcer le dialogue interculturel dans le cadre de l’UpM. Avec son siège à Alexandrie, des réseaux nationaux ont été fondés au sein de l’ALF.
L’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée (PA-UpM), qui a commencé ses activités en 2004, constitue la dimension parlementaire de l’UpM. L’Assemblée comprend les États membres de l’UE, les pays méditerranéens non membres et des membres du Parlement européen.
Une étape importante a été franchie lors du II Forum régional en janvier 2017 avec l’adoption par les ministres des Affaires étrangères de l’UpM d’une nouvelle feuille de route pour l’action, intitulée « L’Union pour la Méditerranée : une organisation motivée par l’action et avec une ambition commune ». Cette forte impulsion politique a réaffirmé l’engagement des 43 États membres à travailler ensemble pour un programme de coopération régionale euro-méditerranéen approfondi et efficace à travers l’UpM. La nouvelle feuille de route a souligné le rôle clé joué par l’organisation en tant que cadre unique pour le dialogue politique et la coopération régionale dans la zone euro-méditerranéenne.
Obstacles politiques 
Des problèmes politiques ont entravé les progrès au niveau de l’UpM dans son ensemble et au niveau économique plus spécifiquement. L’impact potentiel de division de l’UpM sur l’Afrique, réparti entre les pays d’Afrique méditerranéenne et l’Afrique subsaharienne et, par conséquent, sur les relations Afrique-UE, a alimenté la réticence de certains PPM à s’engager dans l’initiative UpM, ralentissant ainsi la mise en œuvre. Cela a conduit la Libye à avertir que l’UpM conduirait l’Afrique à une soi-disant « coopération à deux vitesses » avec l’UE, où les pays subsahariens seront relégués à une place secondaire par opposition à l’Afrique du Nord. L’enjeu est donc de préserver la cohérence de la stratégie commune Afrique-UE et d’assurer la complémentarité effective de l’UpM avec les autres cadres européens existants.
Siège de l’UpM à Barcelone
De plus, deux problèmes politiques persistants ont sapé le projet d’une UpM, selon Patrick Seale, un expert de premier plan sur le Moyen-Orient. Le premier obstacle politique majeur est le conflit israélo-arabe, qui a éclaté de décembre 2008 à janvier 2009. La guerre a poussé l’Égypte à demander la suspension officielle de toutes les réunions liées à l’UpM ; aucun n’avait été retenu jusqu’en décembre 2009. En outre, Seale prévient que toute discussion sérieuse de projets méditerranéens communs reposera sur la résolution du différend actuel entre l’Algérie et le Maroc sur le Sahara occidental ; la frontière entre les deux poids lourds nord-africains reste actuellement fermée.
Les principaux défis
Les principaux défis pour aller de l’avant seront de regarder derrière la rhétorique prometteuse et d’identifier la valeur ajoutée effective que l’UpM peut apporter et d’assurer une plus grande cohérence et une bonne coordination avec les initiatives UE-Méditerranée existantes. Une mise en œuvre rapide de l’initiative sera rendue encore plus difficile, le ralentissement économique actuel détournant l’attention des pays européens de la région méditerranéenne et réduisant le financement disponible pour l’investissement.
Pour certains, l’UpM en l’état offre des perspectives économiques limitées. Cependant, un représentant d’une banque d’investissement nord-africaine a récemment déclaré que le Plan solaire méditerranéen, par lequel l’UE financera des fermes solaires dans la région méditerranéenne et achètera de l’électricité pour la consommation de l’UE, pourrait être une exception qui aura du potentiel.
Les progrès dépendront de la capacité de l’UpM à réaliser des projets économiques concrets qui promeuvent une coopération économique efficace entre les partenaires méditerranéens de manière cohérente et présentent des avantages précoces pour les citoyens ordinaires. Dans une large mesure, cela dépendra de la capacité de surmonter les problèmes politiques actuels. Le point de vue de l’ex-président français Nicolas Sarkozy selon lequel l’UpM devrait être établie non pas en dépit du conflit israélo-palestinien, mais à cause de cela, s’avère trop simpliste. Un réel effort est nécessaire pour résoudre ce conflit. Les progrès nécessiteront également une plus grande coopération entre les pays d’Afrique du Nord – une condition préalable au renforcement de la région méditerranéenne dans son ensemble.
Une mise en œuvre difficile
Une question importante est de savoir si les projets de l’UpM auront le caractère stratégique et dynamique requis pour aider à dépasser les limites des politiques précédentes de l’UE et du PEM (Partenariat Euro-Méditerranéen). S’ils le font, l’UpM ajouterait certainement de la valeur au PEM.
Parmi les réalisations économiques du PGE, il convient de noter la mise en œuvre satisfaisante des zones de libre-échange bilatérales établies dans le cadre des accords d’association. Ces zones – ainsi que les accords de libre-échange entre les pays partenaires méditerranéens et une intégration globale renforcée promue par les « plans d’action » dans le cadre de la Politique européenne de voisinage (PEV) lancée en 2004 – jettent les bases de l’architecture de la ZLEEM (Zone de libre-échange euro-méditerranéenne). En conséquence, les importantes réformes économiques résultant des plans de développement mis en œuvre dans le cadre du PEM et des cadres de la PEV ont contribué à la transition de la Méditerranée « d’une zone stagnante et internationalement fermée à une zone de dynamisme et d’intégration internationale« .
Cependant, les barrières tarifaires et non tarifaires restent à un niveau élevé des deux côtés. Bien que l’intégration Sud-Sud reste un élément essentiel pour l’approfondissement de la zone de libre-échange, les contraintes structurelles et fonctionnelles sapent ses perspectives, les PPM n’échangeant toujours que 8% environ de leurs échanges totaux entre eux.
L’impact des politiques de l’UE sur les performances des partenaires du sud de la Méditerranée pourrait être encore amélioré. Il a été contraint par l’approche holistique du PGE et les difficultés à atteindre une dimension régionale en raison de l’hétérogénéité qui existe entre les PPM.
L’UpM devrait donc potentiellement compléter la forte orientation bilatérale de la PEV avec une dimension régionale. Bien que l’accent mis par l’UpM sur moins de projets, indique un potentiel d’accent plus important sur l’intégration économique sectorielle concrète, il peut manquer de la vision et de la cohérence nécessaires pour promouvoir un programme véritablement intégrateur.
Les sceptiques ont fait valoir que les six projets prioritaires identifiés pour l’UpM reflètent davantage les intérêts des grands opérateurs économiques français que les objectifs de développement prioritaires des pays partenaires concernés.
Conclusion
L’UpM pourrait certainement représenter un pas en avant dans les relations euro-méditerranéennes. Le succès dépendra de la capacité de l’organisation à définir et à mettre en œuvre son programme et à la volonté des dirigeants politiques de faire des compromis si nécessaires et de donner une impulsion à l’initiative.
Le débat qui a stimulé la création de l’UpM était davantage axé sur la cohésion de l’UE que sur les mérites de l’initiative elle-même et de la région méditerranéenne. Cela pourrait s’avérer un facteur d’affaiblissement pour l’UpM à l’avenir. Pour cette raison, loin de tenir pour acquis l’UpM, le projet doit être soumis à un débat plus approfondi.
Les recommandations pour l’avenir basées sur une large évaluation de l’UpM comprennent :
  • Premièrement, les projets clés de l’UpM doivent être soigneusement coordonnés avec les activités sectorielles passées et actuelles de la Commission, ainsi qu’avec ses activités plus larges afin d’éviter les doubles emplois potentiels.
  • Deuxièmement, une approche prudente et progressive de « politique basse d’abord, politique haute plus tard » devrait être adoptée dans le contexte de la vulnérabilité de l’UpM aux désaccords résultant des conflits en suspens dans la zone euro-méditerranéenne.
Les mauvaises langues diront, toutefois, que l’UpM est une institution dont l’objectif principal est non la coopération autour de la mare nostrum mais l’extériorisation ou plutôt l’extra-territorialisation des frontières de la forteresse Europe pour mieux gérer le flux migratoire africain qui est une menace permanente pour la sécurité et la prospérité européenne. Aujourd’hui, en effet, le Maroc est devenu de juré le gendarme de l’Europe et l’Algérie sans le vouloir ainsi que la Tunisie et la Libye.
Par Dr Mohamed Chtatou - Source de l'article Article19ma
Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed CHTATOU sur Twitter : @Ayurinu
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samedi 11 janvier 2020

L’Union pour la Méditerranée échange les points de vues sur le tourisme comme moteur de création d’emplois pour les jeunes de la région MENA

The Union for the Mediterranean exchanges views on tourism as a generator of jobs for youth in the MENA Region

L’atelier intitulé « Tourisme : créer des emplois pour les jeunes de la région MENA » (Tourism: Generating jobs for Youth in the MENA Region) a eu lieu le 4 décembre 2019 au siège de l’UpM à Barcelone. 

Cet événement fait suite à la réunion de réflexion sur le tourisme organisée par le secrétariat de l’UpM le 30 novembre 2018, qui visait à mettre en place une plateforme régionale de réseaux et d’experts sur le tourisme dans la région.

L’importance du tourisme a été mise en évidence dans la Feuille de route de l’UpM de 2017, et le secrétariat a été chargé d’utiliser son rôle de plateforme régionale pour coordonner et promouvoir des initiatives et des projets concrets liés au tourisme dans les activités de l’UpM.

L’atelier portera principalement sur le pilier de l’emploi et servira de cadre de réflexion pour partager les connaissances et les meilleures pratiques, pour échanger des vues sur les politiques régionales et pour définir des domaines de coopération qui permettront à la région de formuler des recommandations spécifiques en la matière.

Pour en savoir plus

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Clima-Med a présenté des actions régionales de lutte contre le changement climatique dans le sud de la Méditerranée, conjointement avec l’UpM, lors de la COP25 qui se tient à Madrid, en Espagne












Clima-Med project at COP 25

Le projet Clima-Med a participé à la vingt-cinquième session de la Conférence des Parties (COP 25) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui s'est tenu à Madrid (Espagne), du 2 au 13 décembre 2019, sous la présidence du Gouvernement chilien.

L’événement parallèle du projet Clima-Med, intitulé « Climate action true-to-life steps: initiating policies, climate finance access & implementation » (Étapes concrètes de l’action climatique : élaboration de politiques, accès au financement climatique et mise en œuvre), a eu lieu le 3 décembre au Pavillon de l’UE, en collaboration avec le secrétariat de l’Union pour la Méditerranée (UpM).

En donnant la parole aux partenaires et aux bénéficiaires de projets issus des autorités nationales et locales, l’événement a mis en évidence leurs contributions aux actions climatiques et à la mise en œuvre des CDN, dans le cadre de stratégies concrètes d’atténuation et d’adaptation destinées à combler les lacunes en matière de politique climatique dans les huit pays du sud de la Méditerranée couverts par le projet. En outre, cette manifestation parallèle a constitué une excellente occasion de promouvoir davantage leur rôle et leur participation manifestes auprès de la communauté internationale.

À cette occasion, l’UpM a présenté les résultats de ses études sur le financement international de la lutte contre le changement climatique (2019) et la méthodologie visant à développer une stratégie méditerranéenne en la matière, dans la perspective de la deuxième Déclaration ministérielle sur l’environnement et le changement climatique, prévue pour octobre 2020.

Pour en savoir plus
Clima-Med – Site internet et Page Facebook
L’Union pour la Méditerranée (UpM) - Site internet

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L’UE soutient les professionnels du droit méditerranéens dans le combat contre la violence faite aux femmes

EU supports Mediterranean legal professionals in combating violence against women


Le Conseil de l’Europe (Programme HELP), l’Institut Supérieur de la Magistrature et la Présidence du Ministère Public du Maroc ont organisé fin  Novembre à Rabat le lancement du cours transfrontalier HELP sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. 

Le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne se sont joints pour lancer la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes (25 Novembre-10 Décembre) pour l’année 2019. 

HELP est un programme du Conseil de l’Europe visant à assister ses Etats membres à mettre en œuvre les normes européennes et internationales en matière de droits humains, en s’appuyant plus particulièrement sur la Convention européenne des droits humains et d’autres instruments normatifs clés du Conseil de l’Europe et du droit international, y compris le droit de l’Union Européenne. Le Programme HELP s’adresse en priorité aux professionnels du droit (procureurs, juges et avocats), renforçant leur connaissance de ces outils et leur capacité à les utiliser dans leur travail quotidien, par le biais d’une plateforme de cours en ligne.

Le Programme HELP, désormais ouvert à des bénéficiaires du Sud de la Méditerranée, a élaboré un cours en ligne sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Ce cours aborde de manière interactive les concepts clés, le cadre juridique international et européen, tout particulièrement la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul), ainsi que la jurisprudence régissant la prévention et la protection des femmes et des filles victimes de violence. Il est disponible en anglais sur la plateforme HELP en ligne (http://help.elearning.ext.coe.int/) et le sera en arabe au printemps 2020.

L’événement des 25 et 26 Novembre, organisé au sein de l’Institut Supérieur de la Magistrature, permet le lancement d’un cours transfrontalier sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, associant des partenaires du Maroc, de la Tunisie, du Liban, d’Egypte et de Palestine. Il bénéficie du soutien du Programme « Assurer la durabilité de la gouvernance démocratique et des droits humains dans le sud de la Méditerranée » (Programme Sud III), financé par l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe et mis en œuvre par le Conseil de l’Europe.

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