Analyse – L’Union pour la Méditerranée (UpM) : est-ce un projet politique sérieux ou une mauvaise blague ?



L’Europe et les voisins du sud
L’Europe a une histoire complexe avec ses voisins du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA). Des histoires coloniales à un agenda politique unifié, l’Europe cherche depuis longtemps à étendre sa sphère d’influence au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L’histoire européenne, et certainement l’histoire de l’Union européenne en tant que projet politique, est inextricable de ses politiques envers ses voisins immédiats autour de la Méditerranée. Si les relations historiques de l’Europe avec ses voisins de la région MENA reposent en grande partie sur le colonialisme, ce n’est que récemment que l’UE a créé une politique officielle et unifiée à l’égard de ses voisins de la région MENA.
Le développement de la politique européenne pendant la guerre froide a marqué un virage vers la « sécurité méditerranéenne dans un cadre régional et multilatéral » (Del Sarto 2006, 10). Ce n’est que dans les années 1990 que la région MENA s’est davantage concentrée sur les préoccupations de politique étrangère de l’UE.
À cet objectif était attaché un langage prolifique de sécurité et de stabilité dans la région (Kienle 1998 ; Romeo 1998). Alors que l’Union soviétique s’effondrait, la géopolitique de la région a changé d’orientation et l’Europe a commencé à étendre son influence dans son voisinage méditerranéen. De plus en plus, des questions telles que l’immigration, le terrorisme, le trafic et les besoins énergétiques ont déplacé l’attention européenne vers les parties sud et est de la Méditerranée.
Depuis 1995, la région a pris une importance accrue pour l’UE, tant sur le plan de la politique étrangère que sur le plan national. L’UE déclare que ses voisins de la région MENA représentent l’intersection de préoccupations « stratégiques » ou « pratiques » pour l’UE et témoignent de sa contribution importante à travers l’histoire à « l’enrichissement mutuel des cultures et des civilisations » (Commission des Communautés européennes 2003a, 13).
Au milieu des années 2000, les relations euro-méditerranéennes existantes se sont définies institutionnellement à travers deux piliers : la politique européenne de voisinage et l’Union pour la Méditerranée (y compris ses prédécesseurs). En s’engageant dans le maintien de la sécurité économique, politique et humanitaire dans la région, la politique étrangère proactive de l’UE à l’égard de ses voisins du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord a deux objectifs principaux : encourager les réformes politiques et économiques dans les pays MENA et assurer la coopération régionale entre l’UE et ses voisins.
D’une manière générale, la politique actuelle de l’UE à l’égard de la région MENA se concentre sur trois stratégies :
  •  Premièrement, l’UE cherche à encourager et à faciliter les réformes politiques, sociales, humanitaires et économiques dans ses voisins de la région MENA ;
  • Deuxièmement, l’UE cherche à approfondir les relations, tant bilatérales que régionales, entre l’UE et ses partenaires non européens ainsi qu’entre les États MENA eux-mêmes ; et
  • Troisièmement, une grande partie de l’attention de l’UE envers la région s’est concentrée sur les relations israélo-palestiniennes.
Partenariat Euromed 
Le Partenariat Euromed, dit aussi Processus de Barcelone a été lancé en novembre 1995 lors de la réunion au sommet de Barcelone des ministres des affaires étrangères. L’objectif du partenariat est d’établir une zone de paix, de stabilité, de compréhension mutuelle entre les peuples de la Méditerranée et de prospérité partagée grâce à une coopération renforcée et à l’approfondissement de la zone de libre-échange euro-méditerranéenne à l’horizon de 2010.
Cependant, en tant que projet pilote crucial de la politique étrangère européenne, le processus de Barcelone a eu du mal à progresser dans le temps. Surtout en ce qui concerne son acquis en matière de sécurité, la stagnation était déjà visible lors de la conférence de Marseille en 2000, lorsque les partenaires du Partenariat Euro-Méditerranéen (PEM) ne se sont pas mis d’accord sur un terrain d’entente pour une réforme de la sécurité.
À la suite des événements du 11 septembre 2001, les relations euro-méditerranéennes ont connu de graves revers résultant d’un changement considérable des besoins de sécurité occidentaux conduisant à une « titrisation » (voir Institut des études de sécurité de l’Union européenne 2008 : 16-18) de diverses politiques. En conséquence, la politique méditerranéenne de l’UE s’est enchevêtrée dans l’ambiguïté.
Tout en promouvant la réforme politique, la démocratie et la liberté dans les pays voisins d’une part, l’UE a restreint au lieu de libéraliser la liberté de circulation de l’autre – en particulier en ce qui concerne les politiques migratoires – afin de répondre à ses exigences de sécurité. Des preuves de l’incohérence des politiques européennes vis-à-vis de ses partenaires du sud ont été fournies par la stratégie européenne de sécurité en 2003, confirmant que «la région méditerranéenne continue généralement de connaître de graves problèmes de stagnation économique, de troubles sociaux et de conflits non résolus » (Stratégie européenne de sécurité, 2003 : 9).
Le processus de Barcelone, qui comprenait le Partenariat Euro-Méditerranéen (PEM) et l’Union pour la Méditerranée (UpM), a été créé sous les auspices d’essayer d’améliorer les relations et d’atténuer les inégalités entre l’UE et ses voisins du sud et du sud-est. La déclaration de Barcelone a été signée en 1995 et a institutionnalisé le partenariat entre l’UE et ses voisins du sud de la Méditerranée. Le processus de Barcelone a conduit à la création du Partenariat Euro-Méditerranéen (PEM), démontrant les tentatives de l’UE de créer une politique étrangère unifiée et définie envers la région. Il a été considéré comme un moyen d’accroître les relations stratégiques entre l’UE et les États du Sud dans le cadre de la Politique européenne de voisinage (PEV). L’Union européenne souligne l’importance institutionnelle de la région MENA, notant que le processus de Barcelone améliore les relations entre l’UE et la région MENA en :
  • Améliorer le niveau politique des relations de l’UE avec ses partenaires méditerranéens ;
  • Assurer la copropriété de nos relations multilatérales ; et
  • Rendre ces relations plus concrètes et visibles à travers des projets régionaux et sous régionaux supplémentaires, pertinents pour les citoyens de la région (Secrétariat de l’Union pour la Méditerranée 2008 a, 13).
En 2004, année du plus grand cycle d’élargissement de l’UE, l’accent a été mis sur l’élargissement plutôt que l’approfondissement. Néanmoins, en guise de contrepoids, le PEM a été complété par la création de la Politique européenne de voisinage (PEV) qui visait à faire le bilan de six autres voisins de l’UE en provenance de l’Est et s’est également efforcé de promouvoir la réforme dans les pays partenaires du sud.
Cependant, le PEM et la PEV étaient contradictoires dans leur approche géographique et la PEV souffrait d’une forte ambivalence, qu’il s’agisse d’une alternative à l’élargissement ou d’une phase de préadhésion ; diviser clairement les partenaires de la PEV à l’est et au sud (voir Marchesi, Daniele 2008 : 188).
Un an plus tard, à l’occasion du 10e anniversaire du Processus de Barcelone, les membres du PEM se sont mis d’accord sur un programme de travail quinquennal qui a fondamentalement réaffirmé les objectifs de la Déclaration de Barcelone et formulé l’objectif d’accroître la visibilité du partenariat. En outre, le sommet a également décidé d’un code de conduite euro-méditerranéen pour lutter contre le terrorisme et a ajouté le thème de la migration comme quatrième pilier du partenariat – une action cohérente compte tenu des développements antérieurs.
Malgré ces efforts, des critiques croissantes ont été formulées à propos de l’incohérence et de l’inefficacité de la politique méditerranéenne de l’UE. La plupart des observateurs ont convenu que le PEM n’avait jusqu’à présent pas permis d’obtenir de nombreux résultats tangibles en créant une zone méditerranéenne de paix, de stabilité et de prospérité.
Union pour la Méditerranée
La décision du Conseil européen, réuni à Bruxelles les 13 et 14 mars 2008, d’approuver le principe d’une Union pour la Méditerranée est potentiellement un tournant important dans le processus de Barcelone. Issu de l’appel à une « Union méditerranéenne » (UM) lancé par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle française de février 2007, l’idée a été très fortement diluée au cours d’une année de négociations intermittentes, comme en témoignent les changements de nom et par conséquent ses initiales – de UM (ou UPM dans les versions françaises) à UMed.
Projets UpM labellisés

La modification a été motivée par la détermination de la plupart des acteurs de l’UE à rendre l’UM compatible avec le processus de Barcelone et les structures et mécanismes institutionnels de prise de décision de l’UE, ce qu’il semblait initialement ignorer – promettant à la place un cadre et une approche entièrement nouveaux pour coopération pan-méditerranéenne. Le nom adopté (au moins provisoirement) à Bruxelles, « Processus de Barcelone : ​​Union pour la Méditerranée » exprime la continuité, malgré l’implication que le nom officiel d’origine de ce processus, le Partenariat euro-méditerranéen (PEM), sera remplacé à l’Euro -Med sommet qui se tiendra à Paris le 13 juillet.
L’importance de l’initiative française, dans sa forme originale, résidait dans la reconnaissance tacite que, si le PEM a permis de faire évoluer positivement les relations euro-méditerranéennes, les principaux objectifs énoncés dans la déclaration de Barcelone de 1995 sont restés insaisissables, notamment dans en ce qui concerne les objectifs ultimes de prospérité, de sécurité et de réforme politique. Curieusement, l’initiative la plus récente lancée depuis le palais de l’Elysée n’est pas née d’un examen fondamental du projet de Barcelone d’origine, et donc sa logique stratégique (très remise en question dans le monde académique) est susceptible de survivre aux changements qui ont eu lieu en 2008.
Plutôt que de commencer par une évaluation du processus jusqu’à présent, la genèse de l’UM a consisté en :
  • Premièrement, le lancement de l’idée générale d’une Union Méditerranéenne exclusive, utilisée par voie électorale pour répondre aux préoccupations politiques internes en France, ainsi que pour annoncer une nouvelle ambition de la politique étrangère française ;
  • Deuxièmement, un examen plus détaillé de sa substance par les nouveaux conseillers du président français et d’autres experts, reflété dans de nouvelles formulations avec chaque document ou déclaration successive ;
  • Troisièmement, les réactions à la proposition, souvent critiques, de la part de la Commission européenne, des États membres de l’UE et des partenaires méditerranéens ;
  • Quatrièmement, un processus de compromis, par lequel Sarkozy est parvenu à un accord avec des opposants sur des aspects clés de l’idée originale (initialement avec l’Espagne et l’Italie et plus tard – après une plus grande friction – avec l’Allemagne) ; et
  • Cinquièmement, la présentation de la proposition substantiellement révisée au Conseil européen de mars 2008.
Ce schéma rappelle quelque peu la genèse du PEM, sauf que :
  • (a) l’Espagne était le principal « moteur » à cette occasion et son programme national était plutôt moins évident que les intérêts du promoteur de la UpM ; et
  • (b) les propositions françaises n’aboutiront pas à la création d’un nouveau projet. Le processus reflète le fait que l’UpM, comme le PEM d’origine, est d’abord et avant tout un aspect de la politique étrangère européenne, une réalité qui est en tension avec le principe d’égalité impliqué par le terme « partenariat » et encore une fois épousée dans la proposition de l’UM, mais toujours niée par les réalités d’un cadre euro-méditerranéen asymétrique dans lequel un Nord intégré coïncide avec un Sud beaucoup moins intégré.
Une fois de plus, les pays méditerranéens non membres de l’UE sont informés de l’avancement de ces développements européens mais ne seront consultés qu’une fois qu’ils auront été traduits dans la politique de l’UE. Néanmoins, les propositions présentées par le président français visent à répondre à au moins une des critiques exprimées par les pays partenaires méditerranéens au fil des ans en proposant de nouvelles structures institutionnelles basées sur un degré de parité dans la représentation Nord-Sud.
L’Union pour la Méditerranée (UpM) a été formellement établi lors du sommet de Paris le 13 juillet 2008, dans le but de donner « une nouvelle impulsion au processus de Barcelone ». Le Conseil européen du 13 mars 2008 « a consacré « l’européanisation » de l’initiative française, établissant ainsi le cadre de l’UpM comme la nouvelle politique centrale de l’UE à l’égard de la Méditerranée ».

L’UpM comprend 28 États membres de l’UE et 15 pays méditerranéens. (Membres de l’UE, Turquie, Israël, Bosnie-Herzégovine, Albanie, Monaco, Monténégro, Algérie, Égypte, Jordanie, Liban, Mauritanie, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie). La Syrie a suspendu son adhésion à l’UpM le 1er décembre 2011 et la Libye a le statut d’observateur. Le Secrétariat de l’UpM, basé à Barcelone, est chargé d’assurer la coordination nécessaire des projets qui seront sélectionnés pour la mise en œuvre. Le Secrétariat a commencé ses fonctions en 2010 et est situé à Barcelone. Nasser Kamel, ex-ambassadeur d’Égypte en France et au Royaume-Uni, est le secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée depuis juin 2018.
L’UpM devrait s’appuyer sur l’acquis des initiatives précédentes et renforcer les acquis du processus de Barcelone. Les objectifs du processus restent donc valables pour l’UpM.
L’UpM est structurée autour de six projets prioritaires sélectionnés par les chefs d’État et de gouvernement et annexés à la Déclaration de Paris :

1- Dépollution de la Méditerranée ;
2- Autoroutes maritimes et terrestres ;
3- Protection civile ;
4- Énergies alternatives incorporées dans le Plan solaire méditerranéen ;
5- L’enseignement supérieur et la recherche et l’Université euro-méditerranéenne ; et
6- L’initiative pour le développement des entreprises en Méditerranée.
Nature de l’UpM
Dans le prolongement du partenariat euro-méditerranéen (Euro-Med), également connu sous le nom de processus de Barcelone, l’Union pour la Méditerranée (UpM) est une organisation intergouvernementale qui vise à renforcer la coopération dans la région méditerranéenne. Elle offre une plate-forme unique, couvrant les sujets allant des questions politiques et économiques à celles du domaine socioculturel. L’objectif de l’UpM est d’encourager la paix, la stabilité, la sécurité et la prospérité économique commune et de renforcer l’intégration régionale dans le cadre du dialogue interculturel dans la zone euro-méditerranéenne ainsi que conformément aux principes de la démocratie, des droits de l’homme et les droits fondamentaux.
Les domaines prioritaires de l’UpM ont été définis comme les transports et le développement urbain, le développement des entreprises et l’emploi, l’énergie et l’action pour le climat, l’enseignement supérieur et la recherche, les affaires sociales et civiles et l’eau et l’environnement. Ainsi, l’UpM totalise 54 projets labellisés d’une valeur de plus de 5,5 milliards d’euros, dont 35 déjà lancés.
Le label UpM est attribué aux projets de coopération régionale par l’approbation unanime des pays membres qui se réunissent régulièrement par l’intermédiaire de leurs hauts fonctionnaires.
Nature de l’UpM
L’UpM a été conçue comme une plate-forme pour approfondir la coopération en Méditerranée à travers le dialogue politique et avec l’aide de projets régionaux, sous régionaux et transfrontaliers.
L’UPM s’inspire des objectifs énoncés dans la Déclaration, adoptée au Sommet de Paris, à savoir œuvrer à la création d’un espace de paix, de stabilité, de sécurité et de prospérité économique partagée, ainsi qu’au plein respect des principes démocratiques, des droits de l’homme et libertés fondamentales et promotion de la compréhension entre les cultures et les civilisations de la région euro-méditerranéenne. La déclaration a également noté que le processus de coopération est indépendant du processus d’élargissement de l’UE et de son processus de négociation d’adhésion.
La coprésidence, qui est assumée par un État membre de l’UE et un pays partenaire méditerranéen pendant deux ans, les réunions des hauts fonctionnaires, qui se tiennent régulièrement en réunissant des représentants des ministères des affaires étrangères des 43 pays de l’UpM et le Secrétariat de l’UpM est le principal organe institutionnel de l’UpM.
Le secrétariat de l’UpM est dirigé par un secrétaire général et six secrétaires généraux adjoints, dont trois sont choisis parmi les candidats des pays partenaires méditerranéens et les trois autres parmi les candidats proposés par les États membres de l’UE. Les hauts fonctionnaires approuvent ensuite par consensus un mandat de trois ans. Il est possible de prolonger à six ans (3 + 3) la durée du mandat du Secrétaire général et des Secrétaires généraux adjoints, la décision devant être prise par consensus par les hauts fonctionnaires. Il a également été décidé lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UpM à Marseille en 2008 que le secrétaire général est toujours élu parmi les pays tiers.
La Fondation Anna Lindh (FAL), l’Assemblée parlementaire de l’UpM (AP-UpM), l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM) constituent les dimensions de la gouvernance culturelle, parlementaire et locale de l’UpM.
La Fondation Anna Lindh a été créée en 2005 en vue de renforcer le dialogue interculturel dans le cadre de l’UpM. Avec son siège à Alexandrie, des réseaux nationaux ont été fondés au sein de l’ALF.
L’Assemblée parlementaire de l’Union pour la Méditerranée (PA-UpM), qui a commencé ses activités en 2004, constitue la dimension parlementaire de l’UpM. L’Assemblée comprend les États membres de l’UE, les pays méditerranéens non membres et des membres du Parlement européen.
Une étape importante a été franchie lors du II Forum régional en janvier 2017 avec l’adoption par les ministres des Affaires étrangères de l’UpM d’une nouvelle feuille de route pour l’action, intitulée « L’Union pour la Méditerranée : une organisation motivée par l’action et avec une ambition commune ». Cette forte impulsion politique a réaffirmé l’engagement des 43 États membres à travailler ensemble pour un programme de coopération régionale euro-méditerranéen approfondi et efficace à travers l’UpM. La nouvelle feuille de route a souligné le rôle clé joué par l’organisation en tant que cadre unique pour le dialogue politique et la coopération régionale dans la zone euro-méditerranéenne.
Obstacles politiques 
Des problèmes politiques ont entravé les progrès au niveau de l’UpM dans son ensemble et au niveau économique plus spécifiquement. L’impact potentiel de division de l’UpM sur l’Afrique, réparti entre les pays d’Afrique méditerranéenne et l’Afrique subsaharienne et, par conséquent, sur les relations Afrique-UE, a alimenté la réticence de certains PPM à s’engager dans l’initiative UpM, ralentissant ainsi la mise en œuvre. Cela a conduit la Libye à avertir que l’UpM conduirait l’Afrique à une soi-disant « coopération à deux vitesses » avec l’UE, où les pays subsahariens seront relégués à une place secondaire par opposition à l’Afrique du Nord. L’enjeu est donc de préserver la cohérence de la stratégie commune Afrique-UE et d’assurer la complémentarité effective de l’UpM avec les autres cadres européens existants.
Siège de l’UpM à Barcelone
De plus, deux problèmes politiques persistants ont sapé le projet d’une UpM, selon Patrick Seale, un expert de premier plan sur le Moyen-Orient. Le premier obstacle politique majeur est le conflit israélo-arabe, qui a éclaté de décembre 2008 à janvier 2009. La guerre a poussé l’Égypte à demander la suspension officielle de toutes les réunions liées à l’UpM ; aucun n’avait été retenu jusqu’en décembre 2009. En outre, Seale prévient que toute discussion sérieuse de projets méditerranéens communs reposera sur la résolution du différend actuel entre l’Algérie et le Maroc sur le Sahara occidental ; la frontière entre les deux poids lourds nord-africains reste actuellement fermée.
Les principaux défis
Les principaux défis pour aller de l’avant seront de regarder derrière la rhétorique prometteuse et d’identifier la valeur ajoutée effective que l’UpM peut apporter et d’assurer une plus grande cohérence et une bonne coordination avec les initiatives UE-Méditerranée existantes. Une mise en œuvre rapide de l’initiative sera rendue encore plus difficile, le ralentissement économique actuel détournant l’attention des pays européens de la région méditerranéenne et réduisant le financement disponible pour l’investissement.
Pour certains, l’UpM en l’état offre des perspectives économiques limitées. Cependant, un représentant d’une banque d’investissement nord-africaine a récemment déclaré que le Plan solaire méditerranéen, par lequel l’UE financera des fermes solaires dans la région méditerranéenne et achètera de l’électricité pour la consommation de l’UE, pourrait être une exception qui aura du potentiel.
Les progrès dépendront de la capacité de l’UpM à réaliser des projets économiques concrets qui promeuvent une coopération économique efficace entre les partenaires méditerranéens de manière cohérente et présentent des avantages précoces pour les citoyens ordinaires. Dans une large mesure, cela dépendra de la capacité de surmonter les problèmes politiques actuels. Le point de vue de l’ex-président français Nicolas Sarkozy selon lequel l’UpM devrait être établie non pas en dépit du conflit israélo-palestinien, mais à cause de cela, s’avère trop simpliste. Un réel effort est nécessaire pour résoudre ce conflit. Les progrès nécessiteront également une plus grande coopération entre les pays d’Afrique du Nord – une condition préalable au renforcement de la région méditerranéenne dans son ensemble.
Une mise en œuvre difficile
Une question importante est de savoir si les projets de l’UpM auront le caractère stratégique et dynamique requis pour aider à dépasser les limites des politiques précédentes de l’UE et du PEM (Partenariat Euro-Méditerranéen). S’ils le font, l’UpM ajouterait certainement de la valeur au PEM.
Parmi les réalisations économiques du PGE, il convient de noter la mise en œuvre satisfaisante des zones de libre-échange bilatérales établies dans le cadre des accords d’association. Ces zones – ainsi que les accords de libre-échange entre les pays partenaires méditerranéens et une intégration globale renforcée promue par les « plans d’action » dans le cadre de la Politique européenne de voisinage (PEV) lancée en 2004 – jettent les bases de l’architecture de la ZLEEM (Zone de libre-échange euro-méditerranéenne). En conséquence, les importantes réformes économiques résultant des plans de développement mis en œuvre dans le cadre du PEM et des cadres de la PEV ont contribué à la transition de la Méditerranée « d’une zone stagnante et internationalement fermée à une zone de dynamisme et d’intégration internationale« .
Cependant, les barrières tarifaires et non tarifaires restent à un niveau élevé des deux côtés. Bien que l’intégration Sud-Sud reste un élément essentiel pour l’approfondissement de la zone de libre-échange, les contraintes structurelles et fonctionnelles sapent ses perspectives, les PPM n’échangeant toujours que 8% environ de leurs échanges totaux entre eux.
L’impact des politiques de l’UE sur les performances des partenaires du sud de la Méditerranée pourrait être encore amélioré. Il a été contraint par l’approche holistique du PGE et les difficultés à atteindre une dimension régionale en raison de l’hétérogénéité qui existe entre les PPM.
L’UpM devrait donc potentiellement compléter la forte orientation bilatérale de la PEV avec une dimension régionale. Bien que l’accent mis par l’UpM sur moins de projets, indique un potentiel d’accent plus important sur l’intégration économique sectorielle concrète, il peut manquer de la vision et de la cohérence nécessaires pour promouvoir un programme véritablement intégrateur.
Les sceptiques ont fait valoir que les six projets prioritaires identifiés pour l’UpM reflètent davantage les intérêts des grands opérateurs économiques français que les objectifs de développement prioritaires des pays partenaires concernés.
Conclusion
L’UpM pourrait certainement représenter un pas en avant dans les relations euro-méditerranéennes. Le succès dépendra de la capacité de l’organisation à définir et à mettre en œuvre son programme et à la volonté des dirigeants politiques de faire des compromis si nécessaires et de donner une impulsion à l’initiative.
Le débat qui a stimulé la création de l’UpM était davantage axé sur la cohésion de l’UE que sur les mérites de l’initiative elle-même et de la région méditerranéenne. Cela pourrait s’avérer un facteur d’affaiblissement pour l’UpM à l’avenir. Pour cette raison, loin de tenir pour acquis l’UpM, le projet doit être soumis à un débat plus approfondi.
Les recommandations pour l’avenir basées sur une large évaluation de l’UpM comprennent :
  • Premièrement, les projets clés de l’UpM doivent être soigneusement coordonnés avec les activités sectorielles passées et actuelles de la Commission, ainsi qu’avec ses activités plus larges afin d’éviter les doubles emplois potentiels.
  • Deuxièmement, une approche prudente et progressive de « politique basse d’abord, politique haute plus tard » devrait être adoptée dans le contexte de la vulnérabilité de l’UpM aux désaccords résultant des conflits en suspens dans la zone euro-méditerranéenne.
Les mauvaises langues diront, toutefois, que l’UpM est une institution dont l’objectif principal est non la coopération autour de la mare nostrum mais l’extériorisation ou plutôt l’extra-territorialisation des frontières de la forteresse Europe pour mieux gérer le flux migratoire africain qui est une menace permanente pour la sécurité et la prospérité européenne. Aujourd’hui, en effet, le Maroc est devenu de juré le gendarme de l’Europe et l’Algérie sans le vouloir ainsi que la Tunisie et la Libye.
Par Dr Mohamed Chtatou - Source de l'article Article19ma
Vous pouvez suivre le Professeur Mohamed CHTATOU sur Twitter : @Ayurinu
Bibliographie 
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  20. Youngs, Richard, and Kristina Kausch. 2005. Ten years of the Barcelona Process. Madrid: Instituto Elcano/Fride.


L’Union pour la Méditerranée échange les points de vues sur le tourisme comme moteur de création d’emplois pour les jeunes de la région MENA

The Union for the Mediterranean exchanges views on tourism as a generator of jobs for youth in the MENA Region

L’atelier intitulé « Tourisme : créer des emplois pour les jeunes de la région MENA » (Tourism: Generating jobs for Youth in the MENA Region) a eu lieu le 4 décembre 2019 au siège de l’UpM à Barcelone. 

Cet événement fait suite à la réunion de réflexion sur le tourisme organisée par le secrétariat de l’UpM le 30 novembre 2018, qui visait à mettre en place une plateforme régionale de réseaux et d’experts sur le tourisme dans la région.

L’importance du tourisme a été mise en évidence dans la Feuille de route de l’UpM de 2017, et le secrétariat a été chargé d’utiliser son rôle de plateforme régionale pour coordonner et promouvoir des initiatives et des projets concrets liés au tourisme dans les activités de l’UpM.

L’atelier portera principalement sur le pilier de l’emploi et servira de cadre de réflexion pour partager les connaissances et les meilleures pratiques, pour échanger des vues sur les politiques régionales et pour définir des domaines de coopération qui permettront à la région de formuler des recommandations spécifiques en la matière.

Pour en savoir plus

Également disponible en

Clima-Med a présenté des actions régionales de lutte contre le changement climatique dans le sud de la Méditerranée, conjointement avec l’UpM, lors de la COP25 qui se tient à Madrid, en Espagne












Clima-Med project at COP 25

Le projet Clima-Med a participé à la vingt-cinquième session de la Conférence des Parties (COP 25) à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui s'est tenu à Madrid (Espagne), du 2 au 13 décembre 2019, sous la présidence du Gouvernement chilien.

L’événement parallèle du projet Clima-Med, intitulé « Climate action true-to-life steps: initiating policies, climate finance access & implementation » (Étapes concrètes de l’action climatique : élaboration de politiques, accès au financement climatique et mise en œuvre), a eu lieu le 3 décembre au Pavillon de l’UE, en collaboration avec le secrétariat de l’Union pour la Méditerranée (UpM).

En donnant la parole aux partenaires et aux bénéficiaires de projets issus des autorités nationales et locales, l’événement a mis en évidence leurs contributions aux actions climatiques et à la mise en œuvre des CDN, dans le cadre de stratégies concrètes d’atténuation et d’adaptation destinées à combler les lacunes en matière de politique climatique dans les huit pays du sud de la Méditerranée couverts par le projet. En outre, cette manifestation parallèle a constitué une excellente occasion de promouvoir davantage leur rôle et leur participation manifestes auprès de la communauté internationale.

À cette occasion, l’UpM a présenté les résultats de ses études sur le financement international de la lutte contre le changement climatique (2019) et la méthodologie visant à développer une stratégie méditerranéenne en la matière, dans la perspective de la deuxième Déclaration ministérielle sur l’environnement et le changement climatique, prévue pour octobre 2020.

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L’UE soutient les professionnels du droit méditerranéens dans le combat contre la violence faite aux femmes

EU supports Mediterranean legal professionals in combating violence against women


Le Conseil de l’Europe (Programme HELP), l’Institut Supérieur de la Magistrature et la Présidence du Ministère Public du Maroc ont organisé fin  Novembre à Rabat le lancement du cours transfrontalier HELP sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. 

Le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne se sont joints pour lancer la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes (25 Novembre-10 Décembre) pour l’année 2019. 

HELP est un programme du Conseil de l’Europe visant à assister ses Etats membres à mettre en œuvre les normes européennes et internationales en matière de droits humains, en s’appuyant plus particulièrement sur la Convention européenne des droits humains et d’autres instruments normatifs clés du Conseil de l’Europe et du droit international, y compris le droit de l’Union Européenne. Le Programme HELP s’adresse en priorité aux professionnels du droit (procureurs, juges et avocats), renforçant leur connaissance de ces outils et leur capacité à les utiliser dans leur travail quotidien, par le biais d’une plateforme de cours en ligne.

Le Programme HELP, désormais ouvert à des bénéficiaires du Sud de la Méditerranée, a élaboré un cours en ligne sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Ce cours aborde de manière interactive les concepts clés, le cadre juridique international et européen, tout particulièrement la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul), ainsi que la jurisprudence régissant la prévention et la protection des femmes et des filles victimes de violence. Il est disponible en anglais sur la plateforme HELP en ligne (http://help.elearning.ext.coe.int/) et le sera en arabe au printemps 2020.

L’événement des 25 et 26 Novembre, organisé au sein de l’Institut Supérieur de la Magistrature, permet le lancement d’un cours transfrontalier sur la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, associant des partenaires du Maroc, de la Tunisie, du Liban, d’Egypte et de Palestine. Il bénéficie du soutien du Programme « Assurer la durabilité de la gouvernance démocratique et des droits humains dans le sud de la Méditerranée » (Programme Sud III), financé par l’Union Européenne et le Conseil de l’Europe et mis en œuvre par le Conseil de l’Europe.

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UpM et R20 s'unissent pour financer les actions de lutte contre le changement climatique

Christophe Nuttall (directeur exécutif des Régions de l'action pour le climat - R20) et Nasser Kamel (secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée - UpM) vont travailler ensemble sur le financement du climat (photo : UpM)
Christophe Nuttall (directeur exécutif des Régions de l'action pour le climat - R20) et Nasser Kamel (secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée - UpM) vont travailler ensemble sur le financement du climat (photo : UpM)

L'Union pour la Méditerranée (UpM) et les Régions de l'action pour le climat (R20) vont œuvrer ensemble sur les opportunités de financement concernant la lutte contre le changement climatique, notamment au niveau des autorités régionales et locales mais aussi pour les Pme avec l'aide de financements privés mobilisés par le biais de financements publics.

Le protocole d'accord, signé entre les deux parties à Paris jeudi 24 octobre 2019 à l'occasion du Sommet One Planet, prévoit un renforcement de la coopération et de la coordination des efforts dans le domaine du financement du climat. UpM et R20 vont soutenir conjointement "le développement de projets d'infrastructures durables, dans les domaines de l'optimisation des déchets, des énergies renouvelables décentralisées et dans l'efficacité énergétique", précise un communiqué. Ensemble, ils réaliseront également des études de faisabilités et présenteront, lors de la COP 25 (11 au 22 novembre 2019 à Santiago au Chili), un portefeuille de projets "prêts à être investis".

" Cet accord de coopération permettra de monter des initiatives telles que la gestion des déchets ou l'accès aux énergies renouvelables et à l'efficacité énergétique aux yeux des investisseurs privés et publics afin de les rendre rentable. Cela aidera à mettre en œuvre plus rapidement la transition verte", commente Nasser Kamel, secrétaire général de l'UpM.

"Investir dans un financement mixte sera clé pour libérer l’énorme marché potentiel inexploité que représente l’infrastructure infranational. Les expériences précédentes de R20 en matière de gestion zéro déchet en Algérie ou des panneaux solaire photovoltaïque de 50 MW au Mali prouvent, non seulement que de tels projets d'infrastructures ont des impacts sociaux et environnementaux élevés, en tant que contribution aux ODD (NDLR : Objectifs de développement durable), mais démontrent également les très bons retours sur investissement pour les investisseurs ", précise Christophe Nuttall, directeur exécutif de R20.

Par Frédéric Dubessy - Source de l’article Econostruminfo

Présentation à Bruxelles du livre “L’avenir de l’Europe est au Sud” de Fathallah Sijilmass

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«L’avenir de l’Europe est au Sud» est l’intitulé du dernier ouvrage de l’ancien ambassadeur et ex-secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée (UpM), Fathallah Sijilmassi présenté, à Bruxelles, dans le cadre de ses activités académiques.

Cet ouvrage est édité en collaboration avec think tank Center for European Policy Studies (CEPS) et l’association euro-méditerranéenne des Économistes (EMEA).

Il s’agit d’une contribution à l’analyse des nouveaux paramètres dans lesquels évoluent actuellement les relations euro-méditerranéennes en tenant compte des évolutions observées au sein de l’Union Européenne, de la région méditerranéenne, de l’Afrique et, d’une manière plus générale, du monde.

Dans son ouvrage, qu’il a présenté au siège du CEPS, Fathallah Sijilmassi défend l’idée selon laquelle l’Union Européenne devrait adopter une nouvelle vision pour ces relations avec son voisinage méditerranéen et africain, rappelant fort justement que la Méditerranée est également une mer africaine.

Près de 25 ans après le lancement du Processus de Barcelone en 1995 et plus de 10 ans après celui de l’UpM, la Méditerranée n’est quasiment plus présentée en Europe que sous l’angle des problèmes sécuritaires auxquels elle est confrontée, estime l’auteur, relevant que le fait de limiter cette région à la seule gestion d’un agenda négatif serait une erreur et une injustice faite à des millions de personnes engagées chaque jour dans une action volontaire, positive et collective.

Et s’il fallait voir les choses autrement ? s’interroge l’auteur dans ce livre préfacé par l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine.

La Méditerranée n’est pas un problème. C’est une formidable opportunité soutient l’auteur, notant qu’il faut oser un agenda positif pour la région et pour l’ensemble de l’Afrique. Car un agenda positif pour la Méditerranée et pour l’Afrique est un agenda positif pour l’Europe puisque l’avenir de l’Europe est au Sud.

Dans le cadre de son analyse, M. Sijilmassi met notamment en évidence, la place particulière et centrale du Maroc, qui, sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI, est un acteur fondamental pour la définition de l’avenir des relations de l’Union européenne avec les pays du Sud.

Il précise à ce sujet que « c’est avec le Maroc que l’Union Européenne réussira ou non sa politique au Sud » eu égard aux nombreux exemples donnés par l’auteur de réalisations marocaines au niveau national, de ses relations avec l’UE, de son engagement méditerranéen, ainsi que sa stratégie dynamique de coopération renforcée Sud-Sud en Afrique.

Lors du débat ayant suivi la présentation de l’ouvrage, Michael Koehler, directeur général adjoint de la direction de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire européennes, s’est dit convaincu que la Méditerranée restera dans l’agenda de l’Europe, à la fois politiquement et financièrement, notant que le problème actuel n’est pas celui des ressources mais de la capacité des gouvernements à travailler pour trouver des solutions et utiliser efficacement les financements de coopération disponibles.

Il plaide pour une coopération thématique axée sur des questions liées, entre autres, à l’éducation ou encore le changement climatique, en insistant sur l’impératif de faire une narration positive des success stories en la matière.

Abondant dans le même sens, Rym Ayadi, directrice du Réseau euro-méditerranéen des études économiques et présidente de l’Association Euro-méditerranéenne des Économistes a souligné l’importance de promouvoir un agenda positif de la coopération euro-méditerranéenne en développement une approche pragmatique qui va au-delà de la perception négative de la migration, celle-ci devant être un facteur de développement, partageant en cela l’analyse de Fathallah Sijilmassi qui considère que le futur de l’Europe est dans le sud de la Méditerranée.

La présentation de l’ouvrage s’est déroulée en présence d’un parterre de diplomates, d’acteurs politiques, de chercheurs et de représentants de médias européens.

Source de l'article Atlasinfo

L’Union pour la Méditerranée se penche sur un programme stratégique renouvelé pour la coopération régionale dans le domaine de l’enseignement supérieur

Union for the Mediterranean regional meeting reflects on renewed strategic agenda for higher education regional cooperation


L’Union pour la Méditerranée (UpM) a organisé, en partenariat avec le ministère égyptien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, une réunion régionale sur la coopération dans l’enseignement supérieur le 1er décembre au Caire. 

S’appuyant sur les contributions recueillies lors de consultations préalables, la réunion avait pour but d’engager une réflexion sur un programme stratégique renouvelé sur la coopération régionale dans l’enseignement supérieur en Méditerranée. Elle a rassemblé des représentants des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, des réseaux régionaux d’universités et d’étudiants, des établissements d’enseignement supérieur et des centres de recherche.

Au cours des débats, l’accent a été mis sur la nécessité de recueillir des données exhaustives sur l’enseignement supérieur dans toute la région de l’UpM, y compris, mais pas seulement, sur la dimension internationale de l’enseignement supérieur, et de procéder à un inventaire des ressources et des possibilités disponibles aux niveaux national et régional. Ces informations devraient pouvoir être facilement consultées par les décideurs et les bureaux des relations internationales.

Les participants ont estimé que la coopération Sud-Sud revêtait un intérêt majeur pour la poursuite des efforts de coordination. Ils ont notamment plaidé en faveur d’améliorations concrètes dans la reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur au niveau régional, ainsi que de la création éventuelle d’un mécanisme régional d’accréditation.

Les participants ont également discuté de l’importance stratégique, pour les universités du sud de la Méditerranée, de rejoindre rapidement les premières alliances universitaires sélectionnées par la Commission européenne dans le cadre de l’Initiative des universités européennes, récemment lancée.

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La Méditerranée va compter 250 millions de "pauvres en eau" d'ici 2040

La Méditerranée se trouve en danger selon le Medecc (photo : DR)


"La disponibilité en eau douce diminuera probablement de 15% au cours des prochaines décennies, ce qui créera de graves contraintes pour l'agriculture et l'utilisation par l'Homme dans une région déjà touchée par la pénurie d'eau". 

"90% des stocks de poisson commercial sont déjà surexploités en Méditerranée, le poids corporel maximal moyen du poisson devant diminuer jusqu'à 49% d'ici 2050". 
Ce sont respectivement les neuvième et vingtième des trente principales conclusions contenues dans le premier rapport d'évaluation scientifique sur le changement climatique et environnemental en Méditerranée livré par le réseau Medecc, jeudi 10 octobre 2019 à Barcelone lors du 4e Forum régional de l'Union pour la Méditerranée (UpM).

Elaboré par quelque quatre-vingt scientifiques, experts méditerranéens en changements climatiques et environnementaux (Medecc), de vingt pays, ce document est notamment soutenu et promu par le Secrétariat de l'UpM et le Plan Bleu (centre d'activités régionales du PNUE/PAM). 
Le texte précise en outre que "la région Méditerranée se réchauffe 20% plus rapidement que la moyenne mondiale" et que l'"élévation du niveau de la mer pourra dépasser 1 mètre d'ici 2100 impactant un tiers de la population de la région". La moitié des vingt villes mondiales qui souffriront le plus de la montée de eaux d'ici 2050 sont situées en Méditerranée. Parallèlement, "en vingt ans, plus de 250 millions de personnes seront classées comme "pauvres en eau", une baisse de la disponibilité en eau douce pouvant aller jusqu'à 15%.

La Méditerranée victime du changement climatique (infographie Medecc)

Le réseau Medecc et ses experts qui travaillent collectivement sur le sujet depuis 2015 tirent une sonnette d'alarme sur plusieurs chapitres : le climat, le niveau de la mer, les ressources en eau, les écosystèmes, la sécurité alimentaire, la santé et la sécurité humaine. 
Leur rapport servira à "élaborer et mettre en oeuvre des politiques efficaces fondées sur une compréhension globale des problèmes", selon un communiqué. Mais aussi "encourager la coopération régionale et concertée dans tous les domaines liés au changement climatique et environnemental".


Par Frédéric Dubessy - Source de l'article Econostruminfo

Lancement du projet LIVINGAGRO, financé par l’UE, visant à mieux combiner l’agriculture et la sylviculture en Méditerranée


EU-funded LIVINGAGRO project launched to better combine agriculture and forestry in the Mediterranean

Le feu vert a été donné en faveur d’un environnement vert avec le démarrage du projet LIVINGAGRO d’IEV CTF Med, dont le lancement a eu lieu les 26 et 27 novembre à Cagliari (Italie).

Lors de la réunion de lancement, les différents intervenants ont souligné l’importance de la coopération internationale, de l’échange de bonnes pratiques entre institutions, organisations et acteurs privés de la région méditerranéenne afin de relever ensemble des défis communs importants tels que le transfert de technologies, l’innovation, la recherche et le partenariat public-privé en agroforesterie, dans le but de produire des résultats concrets mesurables ainsi que de véritables avantages pour les territoires, les acteurs concernés et les communautés locales.

La combinaison de l’agriculture et de la sylviculture en Méditerranée est profondément ancrée dans une culture de tradition et de production de niche. Cependant, la région se révèle aujourd’hui incapable de structurer les connaissances en la matière afin d’instaurer un système intégré de bonnes pratiques pour la durabilité de la production, la protection de la biodiversité d’écosystèmes distincts, le transfert de l’innovation et l’augmentation de la rentabilité des territoires/acteurs concernés. C’est pourquoi le projet LIVINGAGRO (Laboratoires vivants transfrontaliers pour l’agroforesterie, ou Cross Border Living Laboratories for Agroforestry) abordera ces enjeux selon une approche d’innovation ouverte, fondée sur la mise en place de deux laboratoires vivants qui permettront de créer conjointement les valeurs économiques et sociales et les interactions entre offre et demande, éliminant ainsi les barrières géographiques et culturelles. Les pays bénéficiaires sont l’Italie, la Jordanie, le Liban et la Grèce.

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IEV CTF MED - Site Internet

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L’UpM appelle à davantage d’efforts pour promouvoir l’intégration régionale et le développement durable


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Les ministres des Affaires étrangères des Etats membres de l’Union pour la Méditerranée (UpM) ont plaidé, à Barcelone lors du 4ème Forum régional de l’Union, pour davantage d’efforts en vue de promouvoir l’intégration régionale et le développement durable.

Les ministres ont souligné, à cette occasion, la nécessité de hiérarchiser les actions de l’UpM afin de concentrer les efforts pour l’année à venir sur l’environnement et le changement climatique, le commerce, la promotion de l’investissement, la création d’emplois et la coopération économique, y compris l’économie numérique et la connectivité des infrastructures, indique un communiqué de l’UpM sanctionnant les travaux du Forum, réaffirmant leur attachement à la coopération euro-méditerranéenne et à un développement inclusif et durable pour la région.

Le Maroc était représenté lors de ce Forum par l’ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne (UE), M. Ahmed Rahhou, et l’ambassadeur du Maroc en Espagne, Mme Karima Benyaich.

Les ministres ont, en outre, affirmé que l’UpM constitue un espace unique de dialogue dans la région euro-méditerranéenne, qui a pour mission de se concentrer sur des projets communs et concrets permettant de surmonter les obstacles politiques, saluant les efforts déployés au cours des dernières années pour mettre en œuvre la feuille de route pour le renforcement de la coopération régionale en Méditerranée, adoptée en 2017.

Pour leur part, les participants au Forum ont mis en avant la capacité de l’organisation à créer des plateformes d’échange science-politique pour faire face aux défis urgents de la région méditerranéenne.

Cette grand-messe a réuni des scientifiques, des décideurs et des experts qui sont venus débattre des principales conclusions du tout premier rapport scientifique sur l’impact du changement climatique et environnemental en Méditerranée, élaboré, depuis 2015, par un réseau de plus de 80 scientifiques de la région. Ce rapport révèle que le bassin méditerranéen se réchauffe 20% plus vite que la moyenne mondiale et que la région constitue l’un des principaux points du changement climatique dans le monde, où 250 millions de personnes devraient être considérées en situation de "stress hydrique" d’ici 20 ans.

"Aucune nation ou communauté dans notre région ne dispose de ressources suffisantes pour faire face aux conséquences du changement climatique. Alignés sur les Objectifs de développement durable, nos efforts communs dans la prochaine décennie visent impérativement à faire face à cette question urgente qui va au-delà du changement climatique et implique de reconsidérer notre approche à la répartition des ressources, qui ne sont pas sans limites dans la région", a souligné le secrétaire général de l’UpM, Nasser Kamel, cité dans le communiqué.

Ce Forum régional représente le principal rassemblement pour un débat constructif sur l’intégration euro-méditerranéenne. Il offre un tremplin solide aux principes et objectifs du processus de Barcelone, initié en 1995.

L’événement était co-présidé par la Haute Représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, et Vice-présidente de la Commission européenne, Federica Mogherini, et le ministre des Affaires étrangères et des expatriés de Jordanie, Ayman Safadi.

À ce jour, l’UpM a organisé plus de 20 réunions ministérielles et travaillé sur 59 projets régionaux d’une valeur de plus de 5,5 milliards d’euros, allant d’initiatives favorisant le développement durable et des infrastructures urbaines à des initiatives pour l’égalité entre les sexes, l’esprit d’entreprise et la création d’emplois. En outre, 15 plates-formes régionales ont été mises en place, rassemblant plus de 30.000 parties prenantes de toute la région pour partager leurs points de vue et favoriser des initiatives dans des secteurs clés.

Source de l'article Atlasinfo

Evénement thématique pour découvrir comment le programme IEV CTF Med œuvre pour le développement des compétences professionnelles des jeunes et des femmes

Thematic event to discover how EU cross-border cooperation programme ENI CBC Med fosters development of youth and women professional skills


La Région Lazio, en collaboration avec la Région Puglia et en accord avec l’Autorité de Gestion du Programme IEV CTF Med, organise un événement thématique consacré à la manière dont la coopération euro-méditerranéenne, et en particulier le Programme IEV CTF Med, soutient et favorise le développement des compétences professionnelles des jeunes et des femmes et leur insertion sur le marché du travail. 

Cet événement a lieu le 10 Décembre à Rome, en Italie.
En plus des discussions entre représentants institutionnels, experts et universitaires, les projets suivants seront présentés :
  • HELIOS "enHancing thE sociaL Inclusion Of nets"
  • InnovAgroWoMed "Social Innovation in the Agri-food sector for Women’s Empowerment in the Mediterranean sea basin"
  • RESMYLE "Repenser emploi et insertion sociale des jeunes méditerranéens à travers le développement durable"
Le programme IEV CTF « Bassin maritime Méditerranée » 2014-2020 est la plus grande initiative de coopération transfrontalière (CTF) mise en œuvre par l'UE dans le cadre de l’instrument européen de voisinage (IEV). Le Programme regroupe les territoires côtiers de 14 pays afin de promouvoir un développement juste et équitable des deux côtés de la Méditerranée. Par le biais d'appels à propositions, le Programme finance des projets de coopération visant à faire de la Méditerranée un espace plus compétitif, innovant, inclusif et durable.

Au cours de la période 2014-2020, l'Union européenne investit plus d'un milliard d'euros pour soutenir 16 programmes IEV CTF entre des États membres de l'UE et des pays voisins partageant une frontière terrestre, une frontière maritime ou un bassin maritime, de l'Arctique au sud de la Méditerranée. 

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IEV CTF MED - Site Internet

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PPRD Sud 3 participe à la Réunion du Partenariat Arabe pour la réduction des risques de catastrophe

EU-funded project takes part in Arab partnership meeting for disaster risk reduction


PPRD Sud 3 participe à la 4ème Réunion du Partenariat Arabe pour la réduction des risques de catastrophe (DRR) qui se tient au Caire du 9 au 10 décembre 2019.

Organisée par le bureau régional d’UNDRR pour les États arabes, cette réunion semestrielle vise à créer un forum de délibération technique et opérationnelle sur les progrès, les défis et les lacunes dans la mise en œuvre du Cadre de Sendai dans la région, et d'éclairer les délibérations des Conférences de la Plateforme régionale arabe.

Pour cette réunion, les points focaux Sendai de tous les pays arabes ont été invités à faire le point sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan d'action prioritaire 2018-2020 de la Stratégie arabe pour la DRR 2030. Cette réunion met l'accent sur l'engagement des parties prenantes et les progrès accomplis dans la mise en œuvre de leurs engagements volontaires pris dans le cadre de la Plateforme Afrique-Arabe pour la réduction des risques de catastrophe à Tunis. Outre le suivi des progrès de la mise en œuvre des déclarations d'action volontaire et du cadre de Sendai, l'objectif est également d'identifier des solutions innovantes pour la gestion des risques climatiques.

L’objectif global du projet PPRD Sud III est de contribuer à accroitre la résilience et réduire les coûts sociaux, économiques et environnementaux des catastrophes naturelles et d’origine humaine dans la région du Voisinage Sud, en se basant sur les résultats du Programme PPRD Sud et du Mécanisme de Protection Civile de l’Union européenne (UCPM).

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Projet connexe
L’objectif global du projet est de contribuer à accroitre la résilience et réduire les coûts sociaux, économiques et environnementaux des catastrophes naturelles et d’origine humaine dans la région…

Séminaire du Conseil de l’Europe : pour un meilleur soutien de l’engagement local des jeunes dans les processus de paix dans la région du Sud de la Méditerranée

Council of Europe seminar to enhance support to local youth engagement in peace processes in the Euro-Med region


Les 5-6 décembre 2019 à Sweimeh en Jordanie, le Centre Nord-Sud du Conseil de l'Europe organise, avec le soutien du Programme Sud III, un séminaire de suivi au Forum de Lisbonne 2018 qui incitait les agences internationales, les gouvernements nationaux et les autorités locales à établir d’urgence un processus de dialogue politique avec les jeunes sur les questions relatives à la paix et la sécurité.

Ces deux jours de séminaire avaient pour objectif l'identification des points forts de la coopération interrégionale, la promotion des échanges de connaissances et de bonnes pratiques entre différentes parties prenantes, et la définition d’un programme mondial pour la paix impliquant davantage les jeunes. Ce processus permettra de mettre en lumière le fort potentiel de mobilisation des jeunes dans la réalisation des objectifs du Conseil de l’Europe et d’autres plateformes internationales en matière de droits de l'homme, de démocratie et d'Etat de droit.

L’événement était organisé avec la participation d’organisations de la société civile du domaine de la jeunesse, des Nations Unies, de l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), de l'Union africaine, du Conseil de l'Europe et du Royaume Hachémite de Jordanie.

Ayant pour but la promotion du dialogue et la solidarité entre le Nord et le Sud et sensibiliser à l’interdépendance mondiale, le Centre Nord-Sud a été créé sous la forme d'un "Accord partiel élargi" permettant à des états qui ne sont pas membres du Conseil de l’Europe d'en faire partie.

La mission du Centre Nord-Sud est de renforcer le rôle de la société civile, en particulier des jeunes et des femmes, au travers du dialogue interculturel et de l’éducation à la citoyenneté mondiale, pour qu’elle joue un rôle actif dans les états membres du Conseil de l'Europe et dans les régions voisines.

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Nasser Kamel : "Le rôle de l'Union pour la Méditerranée est de mettre en relation les projets écologiques avec les investisseurs "


Présent à Marseille pour la troisième édition du Forum "Méditerranée du futur" organisé par la Région Sud, le secrétaire général de l'UpM, à la tête de l'organisation intergouvernementale depuis 18 mois, défend les actions qu'elle porte et veut convaincre les financiers à se pencher sur les projets écologiques désormais rentables.


La Tribune - Après un peu de plus de dix ans d'existence, on a l'impression que l'Union pour la Méditerranée a eu plusieurs vies, quel bilan tirez-vous de son action ?

Nasser Kamel : Je dirai qu'elle n'a qu'une vie, mais qu'elle en a aussi eu une qui l'a précédé. L'Union pour la Méditerranée (UpM) est une organisation qui vient dans la continuation du processus de Barcelone lancé en 1995, elle a hérité de toute la collaboration euro-méditerranéenne avec la volonté de faire un peu plus grâce à une gouvernance où la rive sud et nord peuvent piloter ensemble les projets. Nous sommes à la fois jeune et moins jeune. Concernant notre bilan, il est contrasté avec des débuts difficiles car le contexte géopolitique était complexe avec le Printemps arabe en plein éclat et la crise européenne de 2008. Mais l'intelligence de mes prédécesseurs et des équipes de l'époque c'est d'avoir compris que s'ils agissaient sur le levier politique, ils n'iraient nulle part donc ils se sont énormément concentrés sur la coopération sectorielle, qu'elle soit industrielle, économique, sur la condition des femmes, le changement climatique, le développement urbain, les transports... Et le temps a prouvé qu'ils avaient raison. Je constate encore aujourd'hui que les pays ont tendance à oublier ou laisser à l'écart leurs différends politiques quand il s'agit de coopérer sur des questions concrètes. Ce que nous avons fait n'est pas énorme, mais par rapport à notre taille et notre budget je trouve que c'est très intéressant.

Mais est-ce suffisant quand on voit les crises, politiques ou climatiques, qui secouent encore le bassin méditerranéen ?

Non, ce n'est pas suffisant, mais on ne peut pas regarder ce projet en termes de succès ou d'échec. Il faut le juger sur son impact par rapport à ses moyens, savoir s'il est positif ou nul. Et la réponse est oui nous avons une influence dans certains domaines, comme pour faire ouvrir les yeux sur la crise climatique. Dans d'autres nous en avons moins. Quand nous regardons notre bilan d'une année sur l'autre, nous constatons que nous avançons.

La Sommet des Deux Rives, qui réunit 5 pays de chaque rive, ne signifie-t-il pas que votre organisation à 43 pays est trop grande pour fonctionner ?

Je ne sais pas pourquoi cette initiative est prise pour une alternative, nous étions impliqués dès la conception de ce projet, j'ai été invité ici à Marseille pour en discuter. J'ai rencontré Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, rien que pour en parler. L'UpM, c'est la totalité des pays membres de l'Union européenne plus des pays du Sud de la Méditerranée. A l'intérieur de cela, il existe des opérations sous-régionales, nous avons le 5+5 qui fonctionne très bien et pour lequel nous jouons un rôle très important dans l'encadrement, la définition des sujets et l'appui des projets. Nous sommes le principal contributeur dans leur structuration. Comment un cadre de coopération entre 10 pays pourrait en remplacer un de 43 états ? Il n'y en a pas un de plus important que l'autre. Au contraire, renforcer les échanges entre ces dix pays va créer un noyau dur qui peut aider la coopération entre les 43 pays. Si nous avons des groupements qui partent plus vite que les autres cela va renforcer l'ensemble.

En ouverture de ce Forum, vous avez parlé de devenir acteur de l'investissement à impact positif, qu'est-ce que cela veut dire ?

Nous découvrons aujourd'hui que la région vit une crise climatique. Celle à l'échelle mondiale est grave, mais en Méditerranée elle l'est deux fois plus, nous nous réchauffons 20% plus rapidement. Il faut tourner ce défi en opportunité. Aujourd'hui, nous voyons très bien que trois composantes peuvent amener des ressources pour investir et créer des emplois dans un objectif d'atténuer les effets du changement climatique : les gouvernements, les institutions financières internationales, j'y inclus les instruments dédiés à la cause écologique comme le fonds vers pour le climat de l'ONU, et le privé. Ce que je constate en tant que novice, c'est qu'il y a énormément des ressources dans le privé. A Barcelone, où est notre siège, qui est une petite ville j'ai déjà rencontré cinq fonds à impact social qui ne font que cela.

Les investisseurs ne sont-ils pas freinés par le manque de rentabilité souvent associé aux projets écologiques ?

Jusqu'à quelques années auparavant oui, et c'était vrai dans un certain sens. L'électricité renouvelable par exemple était plus chère il y a 5 ou 6 ans. Lors d'un appel d'offres, un gouvernement devait payer plus pour éviter d'utiliser une production issue d'énergies fossiles. Désormais ce n'est plus le cas, la technologique a énormément évolué. Dans la ville de Sao Paulo au Brésil, un fond d'investissement a financé le changement d'éclaircissement de la ville pour qu'elle soit équipée avec des led. Ce n'est rien d'extraordinaire, mais cela a permis une économie de 64% de la facture de la municipalité et le retour sur investissement est de 13 à 14%. C'est sur ça que je travaille aujourd'hui. Dans les années qui viennent ce sera un secteur clef de nos économies. Je crois que nous avons notre place pour jouer le rôle d'intermédiaire utile. Je sais que c'est un peu théorique, mais pour moi ça a du sens.

C'est avec ce genre d'exemple que peut naître une impulsion politique et économique ?

Elle est plutôt économique. Investir dans le futur le responsable, cela ramène des bénéfices. C'est vrai pour d'autres secteurs que l'énergie. Le recyclage des déchets par exemple, c'est énorme comme moyen de développement économique et même de création d'emploi. J'ai signé une initiative privée avec la fondation d'Arnold Schwarzenegger qui s'appelle Région 20 pour le climat. Eux ils ont créé un fonds pour l'Afrique subsaharienne qui marche très bien donc nous les attirons pour faire la même chose dans la région. On parle de 250 millions de dollars et nous en avons déjà trouvé 50, car cela intéresse. Je crois qu'une chose que je devrais faire dans le futur c'est du matchmaking. Rendre les projets bankable et voir comment l'on peut créer des montages entre le public et le privé. C'est le rôle futur de l'UpM.

Dans les Bouches-du-Rhône, la pollution autour de l'Etang de Berre et du port, ou encore les bassins de rétention trop petits qui rejettent les déchets dans la mer sont pointés du doigt sans que des solutions ne soient trouvées. Avez-vous un pouvoir d'action sur des problématiques locales de ce type ?

Agir concrètement non, mais je crois que les autorités locales ici, tout comme le gouvernement, comprennent bien les défis et les concepts que je vous ai décrit. La première édition de ce forum c'était sur le climat quand même ! Nous sommes loin encore de gérer un problème comme le plastique, mais la conscience existe. Nous avons des idées comme notre projet "chasseurs de plastique" et il y en a d'autres de qualité qui ne sont pas les nôtres. Certains pays ont banni les sacs en plastique. Ce n'est plus une niche sur laquelle un seul parti se positionnait. La classe politique en France et partout a été sensibilisée sur ces défis. Aujourd'hui je dirais même qu'un homme politique ne peut pas se permettre d'ignorer les priorités climatiques pour être élu. Alors je ne m'inquiète pas pour le futur que ce soit à Marseille, Barcelone ou Alexandrie parce que le monde politique va devoir faire face à ces défis. 

Par Rémi Baldy - Souce de l'article La Tribune