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lundi 7 avril 2008

Henri GUAINO : «l’Union pour la Méditeranée a une portée historique et le Liban doit s'y impliquer»

Un entretien exclusif pour « La revue du Liban », par Zeina el Tibi.

Zeina el Tibi – Depuis la chute de l’ancien bloc soviétique, la construction européenne s’est tournée vers l’Est, en oubliant le Sud. Dans un discours prononcé à Toulon le 7 février 2007, qui a conduit au projet “d’Union pour la Méditerranée”, M. Nicolas Sarkozy a déclaré que “le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen”. En quoi consiste “ce rêve” évoqué par le président Sarkozy et comment le définissez-vous?

Henri Guaino – Malgré Barcelone, l’Europe a négligé la Méditerranée ; elle a eu tort. Vous citez le discours de Toulon, Nicolas Sarkozy a dit qu’en tournant le dos à la Méditerranée, “l’Europe et la France ont cru tourner le dos au passé. Elles ont, en fait, tourné le dos à leur avenir”.
Il ne s’agit pas, seulement, de retrouver un fonds commun, un héritage partagé mais, aussi, une ambition partagée. Il s’agit de regarder ensemble vers l’avenir. C’est, très précisément, l’objectif que se fixe le projet méditerranéen exposé par le président Sarkozy dans son discours de Tanger, le 23 octobre 2007.
Dans une seconde étape, le 2 décembre 2007 à Rome, le président français de la République et les chefs de gouvernement italien, Romano Prodi et espagnol, José Luis Zapatero, ont lancé un appel en faveur de l’Union pour la Méditerranée et ont annoncé la tenue d’une conférence à Paris en 2008.

Le paradoxe c’est que nos civilisations qui ont un extraordinaire héritage partagé, aient abouti à tant d’incompréhension et de divisions. Depuis 1500 ans, une aspiration profonde se manifeste en faveur de l’unité du monde méditerranéen, mais jusqu’à présent elle ne s’est exprimée que par la conquête et la domination. Il y a eu des invasions, des croisades, des colonisations qui ont toutes échoué. Depuis, les peuples se sont émancipés politiquement, mais les rapports de domination n’ont pas tous disparu.

Des formes de néocolonialisme se sont perpétuées dans un dialogue Nord-Sud, fondé sur un rapport très déséquilibré : nous sommes restés dans un rapport du faible au fort, du riche au pauvre, du dominant au dominé. Ce déséquilibre plus ou moins consciemment entretenu, dessine une invisible frontière entre les deux rives. Cela a été, notamment, le cas du processus de Barcelone qui n’a pas permis de développer une coopération équilibrée entre les deux rives de la Méditerranée.
L’échec était d’autant plus prévisible que la priorité de l’Europe était à l’Est. Ce que la France a proposé, rejointe par l’Italie et l’Espagne, c’est de faire de la Méditerranée une priorité et de remplacer cette relation déséquilibrée par une relation de partenariat.

L’objectif est de fonder ce partenariat sur l’égalité de droit et de dignité des pays qui ont la Méditerranée en partage. Dans l’Union pour la Méditerranée, chaque pays aura une part égale de responsabilité. Il ne s’agit pas, pour les pays de la rive Nord, de venir aider les pays de la rive Sud ; il s’agit avec eux d’assumer une destinée commune.
Il ne s’agit pas de leur faire la charité, mais de leur offrir d’être leur partenaire dans le développement, la culture et la paix. Il ne s’agit pas de donner des leçons ou d’imposer un quelconque modèle, mais de construire ensemble l’avenir dans le respect de l’autre.

Zeina el Tibi – Concrètement, qu’est-ce que cela signifie?
Henri Guaino – De sortir de ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Dans le cadre du processus de Barcelone, tel qu’il a fonctionné, l’Europe propose et dispose.
Les instances européennes décident de tout ; elles choisissent les projets, les financent et les contrôlent. Bref, on a traité la Méditerranée comme une périphérie de l’Europe. Il faut changer d’état d’esprit. Il faut que le Nord et le Sud réfléchissent et travaillent ensemble.
L’union telle que nous la concevons, ce sont des projets élaborés en commun, financés en commun, réalisés en commun. Contrairement, aussi, à l’esprit de Barcelone où on a fini par passer des accords bilatéraux entre l’Union européenne et chacun des pays méridionaux, l’idée c’est de travailler sur des projets d’intérêts régionaux.
Parfois, tous les pays de la Méditerranée travailleront sur un projet ; d’autres fois, ce sera seulement une partie des pays, mais l’essentiel est de mettre l’accent sur les intérêts régionaux. C’est donc une nouvelle forme de coopération qui veut faire du bassin méditerranéen un laboratoire du co-développement, où le développement se décide et se maîtrise ensemble.
Au lieu de faire de l’aide au développement, nous ferons du co-développement. Le but, est de créer des laboratoires communs de recherche, des universités communes, des pôles de compétitivité communs, de mutualiser les moyens, de fédérer les énergies, les compétences, les imaginations.
Cette coopération ne sera pas qu’économique et fera aussi une large place à la culture, l’éducation, la santé, le capital humain.L’objectif est d’être pragmatique et de résoudre ensemble les problèmes : le développement durable, l’énergie, les transports, l’eau, la sécurité.
Prenons l’exemple de l’immigration. L’Europe ne doit pas imposer aux pays du Sud sa politique d’immigration, ce qu’il faut, c’est réfléchir et concevoir une politique d’immigration commune. Les pays du Nord ne peuvent pas absorber un flux continu et incessant d’immigration massive, mais les pays du Sud ne peuvent pas accepter, non plus, la fuite des cerveaux et le départ de leur jeunesse. Il y a donc des objectifs et des intérêts qui peuvent être partagés. C’est la raison d’être de la proposition française : créer les conditions, les institutions, les règles qui permettent d’inscrire dans la durée un véritable partenariat entre tous les pays qui ont la Méditerranée en partage.
Zeina el Tibi – Qui dit projets, dit financement. Quels seront les moyens financiers?
Henri Guaino – L’union sélectionnera des projets ; elle les labélisera et ira chercher les financements. Ces projets seront présentés à l’Union européenne, à des institutions comme la Banque mondiale ou des banques de développement, à des fonds des pays arabes du Golfe ou encore au secteur privé.
L’expérience prouve que les bons projets trouvent toujours des financements.
Zeina el Tibi – Il semble que la proposition française puis, franco-italo-espagnole, a suscité une certaine méfiance de la part de pays de l’Europe septentrionale, en particulier de l’Allemagne…
Henri Guaino – Les divergences de vues entre Paris et Berlin sur le projet d’Union pour la Méditerranée reposaient sur beaucoup de malentendus. La France appelait à une solidarité des revenus sur un pied d’égalité. La chancelière Angela Merkel n’était pas opposée à une nouvelle dynamique euro-méditerranéenne, mais exprimait l’inquiétude que les pays européens se divisent.
Que l’idée d’une Union méditerranéenne ait provoqué autant de débats, c’est bien la preuve qu’il s’agit d’une idée forte en rupture avec les habitudes du passé.
Finalement, ce débat a révélé un intérêt beaucoup plus grand que l’on aurait pu le penser de tous les pays européens pour la Méditerranée. Personne ne voulait être dehors!
C’est tant mieux. A la suite du débat avec l’Allemagne, nous avons abouti au compromis de Hanovre qui est sans doute la meilleure synthèse entre le point de vue allemand et le point de vue français, ou entre les pays non riverains et les pays riverains de la Méditerranée.
Tous les pays membres de l’Union européenne seront membres de droit de l’Union pour la Méditerranée ; c’est le pas que la France a fait vis-à-vis de la position allemande. En contrepartie, tout le monde reconnaît que le processus euro-méditerranéen de Barcelone n’a pas produit et c’est le moins qu’on puisse dire, les effets escomptés et qu’il courait droit à l’échec.
On convient donc de réformer, de fond en comble, la relation euro-méditerranéenne et de la reconstruire sur cette idée de partenariat qui est, précisément, le cœur du projet d’Union pour la Méditerranée. Le processus de Barcelone devient Union pour la Méditerranée.
L’idée est de faire une sorte de GMed des pays membres. La gouvernance de cette Union sera assurée par les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres ; elle sera coprésidée par un pays riverain du Nord et un pays riverain du Sud, un secrétariat permanent assistera la coprésidence.
Zeina el Tibi – Dans la mesure où l’union associera des pays européens non riverains, pourquoi ne pas associer des pays arabes non riverains qui appartiennent à la même aire socioculturelle, par exemple les pays du Golfe arabe? Après tout, les civilisations méditerranéennes, marquées par les religions monothéistes, trouvent aussi leur origine en Mésopotamie et en Arabie?
Henri Guaino – La Ligue des Etats arabes, qui rassemble tous les pays arabes, participera à l’union. Par ailleurs, nous n’écartons évidemment pas une coopération très poussée avec les pays arabes du Golfe. L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis ou Qatar ont, d’ailleurs, fait part de leur intérêt.
D’une manière générale, tous les pays qui voudront apporter une contribution aux projets portés par l’Union pour la Méditerranée seront les bienvenus.
Zeina el Tibi – Le projet méditerranéen est très ambitieux mais a-t-il des chances d’aboutir?
Henri Guaino – Le meilleur moyen de n’arriver à rien, c’est de rester à ne rien faire et de laisser les autres faire l’Histoire. Le succès sera une question de volonté politique. Evidemment, la volonté politique ne suffit pas à tout faire, mais c’est un moteur puissant.
Il faudra rompre avec les habitudes du passé et transgresser quelques tabous. Et je crois que tout le monde commence à être conscient que le projet d’Union pour la Méditerranée a une portée historique telle que chacun a le devoir de tout faire pour qu’il réussisse.
Si l’Union pour la Méditerranée réussit, ce sera le meilleur service qui pourra être rendu à l’Europe et au monde. En tout cas, le projet sera lancé lors d’un sommet à Paris, les 13 et 14 juillet prochain.
Mais le succès à long terme ne dépend pas que de la volonté des gouvernements. Il dépend, aussi, de notre capacité à mettre en mouvement les sociétés civiles. Le vrai défi politique est là : ce sont les citoyens de la Méditerranée qui feront l’Union pour la Méditerranée.
Zeina el Tibi – Peut-on dire que l’Union pour la Méditerranée qui, selon le président Sarkozy, s’inscrit dans la perspective d’une politique de civilisation, est une réponse à l’idéologie du “choc des civi-lisations”? Est-ce un moyen de promouvoir le dialogue et la compréhension entre elles?
Henri Guaino – Là encore, l’objectif est d’avancer. Le terme de dialogue ne doit pas renvoyer à des discours, certes fort louables, mais confinés à l’espace des conférences académiques. Il faut plutôt parler de compréhension, de respect et de solidarité.
Le temps n’est plus au dialogue, mais est à l’action. Il ne suffit pas de se rencontrer dans des colloques pour parler des différences entre les cultures ou de leurs connivences, le but est de construire ensemble.
Il faut renouer des solidarités actives entre nos civilisations.
Il ne s’agit pas de faire seulement de la Méditerranée un espace de dialogue et un pont entre le Nord et le Sud. Il s’agit d’en faire un foyer de paix, un creuset de développement durable et de culture.
Zeina el Tibi – Ce qui caractérise nos civilisations est qu’elles ont été marquées par les trois grandes religions du monothéisme: le judaïsme, le christianisme et l’islam…
Henri Guaino – Tout en restant fermement attachés à notre conception de la laïcité qui est l’institutionnalisation d’un respect de toutes les croyances, nous ne pouvons oublier que nous sommes dans le cadre d’un espace euro-méditerranéen où se sont développées ces trois religions.
Dans son discours de Riyad, le président Sarkozy a rappelé que, dans le fond de chaque civilisation, il y a quelque chose qui vient de la religion.
Sans négliger ce que nous devons à la Mésopotamie, à l’Egypte, à la Grèce, à Rome, nos civilisations sont héritières du judaïsme, du christianisme et de l’islam. La question religieuse n’est pas un mot tabou. Certes, la foi de chacun n’est pas un sujet “politique”, mais les guerres de religions sont un sujet politique, le fondamentalisme religieux est un sujet politique.
La capacité d’un islam moderniste à s’imposer, est un sujet politique. Retrouver les origines communes, c’est-à-dire tout ce qui rapproche les religions du Livre et les civilisations qui en sont issues, renouer des solidarités entre nos civilisations et construire de “nouvelles Andalousies”, c’est un sujet politique.
C’est pourquoi, il faut suivre avec beaucoup d’intérêt les démarches du roi Abdallah d’Arabie saoudite visant à promouvoir le dialogue interculturel et interreligieux. Après sa visite historique au Pape, le roi d’Arabie a proposé, le 24 mars, d’organiser une grande rencontre entre les représentants des trois religions monothéistes. Cette initiative, venant du Gardien des Lieux Saints de l’islam, mérite d’être encouragée.
Zeina el Tibi – Est-il possible de construire solidement une Union pour la Méditerranée sans résoudre les crises politiques qui accablent cette région du monde: le différend algéro-marocain sur le Sahara marocain, l’affaire de Chypre, la crise libanaise et le problème de la Palestine?
Henri Guaino – Attendre peut être un bon prétexte pour ne rien faire. Soyons lucides : si nous subordonnons toute coopération entre les deux rives de la Méditerranée à la solution des crises, nous perdrons encore plus de temps et nous ne réglerons pas des problèmes urgents qui concernent tous les peuples et tous les pays de la Méditerranée.
Il ne s’agit pas d’ignorer les crises, mais d’avoir l’audace et le courage de faire le pari de travailler ensemble sur des dossiers concrets, sur des questions urgentes. Par exemple, le problème de la pollution en Méditerranée ne peut plus attendre, de même que les problèmes de l’énergie, de l’eau, etc...Tous ces problèmes extrêmement importants, ont besoin d’être pris en compte d’une manière urgente.
Le pari c’est qu’en prenant l’habitude de se rencontrer, de travailler ensemble sur des problèmes vitaux avec la volonté de trouver des solutions, nous pourrons créer un désir de vivre ensemble, une meilleure compréhension réciproque qui contribuera à résoudre les crises et à faire avancer la cause de la paix. Travailler ensemble est un bon moyen de tisser des solidarités concrètes de plus en plus étroites entre les peuples, d’apprendre à s’ouvrir les uns aux autres, à mieux se comprendre, à se respecter et, sans doute, au bout du compte, à moins se faire la guerre ou à moins s’affronter.
Ce processus d’ouverture progressive permettra de changer l’ambiance, les mentalités et les comportements en Méditerranée. En ce qui concerne le conflit israélo-palestinien, l’Autorité palestinienne et le gouvernement israélien ont manifesté leur intérêt pour le projet d’Union pour la Méditerranée.
Les réunir autour d’objectifs vitaux pour chacun d’eux est peut-être un moyen de les habituer à construire ensemble, en attendant le règlement définitif d’un conflit qui n’a que trop duré ; c’est-à-dire la création d’un Etat palestinien viable et souverain et la garantie de la sécurité de l’Etat d’Israël.
Zeina el Tibi – Il existe, également, des incertitudes sur la position de la Turquie, d’une part et la participation du Liban et de la Syrie, d’autre part…
Henri Guaino – Il doit être clair que tout le monde est invité à participer au projet. D’emblée, le choix de la France, clairement exprimé lors du discours du président Sarkozy à Tanger, a été de concevoir le projet avec tous les pays riverains, sans aucune exclusive.
Certains disaient qu’il ne fallait choisir que quelques pays qui ont déjà l’habitude de travailler ensemble ; la France a pensé qu’il fallait associer tous les pays, parce que l’objectif final est commun. Bien sûr, un choix différent aurait été plus facile, mais le projet n’aurait pas eu la même dimension. Cela dit, nous n’avons jamais sous-estimé les difficultés.
La Turquie craignait que l’Union pour la Méditerranée lui soit proposée comme une sorte d’alternative à sa demande d’adhésion à l’Union européenne. Les choses sont très claires. L’Appel de Rome (2 décembre 2007) a explicitement déclaré que l’Union pour la Méditerranée ne devait pas interférer “dans le processus de négociation en cours entre l’Union européenne et la Croatie, d’une part, entre l’Union européenne et la Turquie, d’autre part”. La Turquie a évidemment toute sa place dans ce projet.Pour ce qui est des autres, je le répète, la porte est ouverte à tout le monde.
En ce qui concerne plus particulièrement le Liban, on sait le rôle éminent qu’ont joué les Phéniciens dans la construction d’une identité méditerranéenne. Ils ont même été les premiers commerçants de la Méditerranée, comme le rappelle la grande exposition organisée à l’Institut du monde arabe à Paris sur le thème: “La Méditerranée des Phéniciens”.
Dans ces conditions, il est évidemment indispensable que le Liban s’implique dans le projet. Mais, tout le monde connaît la situation dramatique que vit le Liban aujourd’hui.
Une démocratie qui a du mal à fonctionner, le problème des rapports entre le Liban et Israël, le Liban et la Syrie, sans compter le jeu de l’Iran. C’est une autre facette du problème du Proche-Orient et du conflit israélo-arabe. Dans ce contexte, l’indépendance du Liban aujourd’hui n’est pas totale.
La France a tout fait pour aider le Liban à sortir de la crise. Elle a organisé, en juillet 2007, la rencontre interlibanaise au château de la Celle-Saint-Cloud, dans le but de renouer un dialogue constructif entre les différents blocs politiques. La France a tenté de jouer un rôle positif en permettant une reprise du dialogue entre les parties libanaises qui s’ignoraient totalement et en favorisant un consensus sur le nom d’un candidat à la présidence de la République.
Certes, la diplomatie française n’a pas réussi à débloquer la situation et ses tentatives n’ont pas été couronnées de succès, mais aurait-il fallu ne rien tenter? La France suit avec préoccupation la crise politique au Liban et reste naturellement très attentive et très mobilisée. La constante de la politique française est la défense de la souveraineté et de l’indépendance du Liban.
Zeina el Tibi – A Colombey-les-Deux-Eglises, lors de l’inauguration de l’historial Charles de Gaulle aux Invalides ou au plateau des Glières, l’un des grands symboles de la Résistance, le président Sarkozy se place dans la tradition “gaulliste”. Qu’est-ce que le gaullisme?
Henri Guaino – Le gaullisme n’est pas une doctrine ou une idéologie. C’est, bien sûr, une certaine idée de la France et de sa mission dans le monde ; une idée qui a été plus incarnée que théorisée.
Le gaullisme pourrait se définir comme un rapport à la politique, à l’Histoire. Le gaullisme c’est, avant tout, une histoire qui commence le 18 juin 1940 et signifie encore quelque chose pour nous. André Malraux a dit : “C’est la force du non dans l’Histoire”.
On pourrait dire, aussi, que le gaullisme, c’est la conviction que la France reste vivante quand elle l’est encore dans le cœur de quelques hommes qui sont décidés à se battre pour elle. C’est le refus du renoncement, la volonté de surmonter les déterminismes, le refus de la fatalité.
Propos recueillis par Zeina el Tibi (Paris) - Article paru dans «La Revue du Liban», n° 4152 du 5 au 12 avril 2008.

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