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mardi 1 avril 2008

Le processus de Barcelone, ''un échec'' d'après Jacques Attali

Le processus de Barcelone a été "un échec" dans la mesure où il était intimement lié à des négociations politiques sur un conflit particulier, a affirmé l'économiste et écrivain français Jacques Attali.
Introduisant, vendredi soir au siège de l'UNESCO, le 4-ème Forum de Paris organisé du 28 au 30 mars sous le thème "Une Union pour la Méditerranée, pourquoi faire et comment?", l'ancien conseiller du président français François Mitterrand a fait remarquer que l'expérience "apprend qu'aucune relation internationale ne doit être fondée sur l'octroi par l'un aux autres", soulignant à cet égard que le processus de Barcelone est justement basée sur l'octroi par le Nord au Sud.

L'expérience a montré également qu'aucun processus ne peut fonctionner s'il est seulement politique et s'il ne concerne pas les sociétés civiles, la paix associative et l'entreprise, a relevé M. Attali dans sa conférence inaugurale intitulée "La Méditerranée ou l'ultime utopie".
Le conférencier a plaidé d'emblée pour des projets simples et concrets en vue de construire en commun l'ensemble méditerranéen, mettant l'accent sur l'importance particulière que revêt le développement des projets "ville à ville", entre les cités de la rive Nord et celles de la rive Sud.
Il s'est aussi prononcé pour un projet méditerranéen qui soit "un véritable projet de maintien d'un développement de valeurs et d'abord de la liberté individuelle".
Tout en appelant de ses voeux à une Méditerranée "plus humaine", M. Attali a fait observer qu'en 2025, la population des pays de la rive Nord va s'accroître seulement de cinq millions d'habitants, alors que celle de la rive Sud va augmenter d'au moins 100 millions d'habitants.
Auparavant, le président du Forum de Paris, le Franco-Marocain Albert Mallet, avait souligné l'urgence particulière de ce thème qui est sans doute l'un des choix majeurs qui se posent aux peuples et aux pays des deux rives.
Après avoir relevé l'importance de l'initiative du président français Nicolas Sarkozy, il a indiqué que le Forum de Paris "ne pouvait pas rater ce rendez-vous" dans la mesure où l'Union pour la Méditerranée (UM) est précisément la raison d'être du Forum.
La France, qui est à l'initiative de ce projet, est le seul pays d'Europe à être à la fois pleinement continental et pleinement méditerranéen, a-t-il ajouté, estimant que cette UM "est une grande idée et les grandes idées ne meurent jamais", "finissent toujours par s'imposer" et "sont indispensables".
"La solidarité entre les deux mondes méditerranéens n'est pas seulement un commandement moral, c'est la condition d'un avenir acceptable pour tous", souligne M. Mallet.
Cette rencontre réunit des responsables politiques et économiques, des experts et des acteurs sociaux français et étrangers qui, trois jours durant, essaieront de dresser les cadres d'un développement partagé rendu nécessaire à l'aune de la mondialisation.
Le Maroc est représenté à ce forum par plusieurs personnalités, dont MM.
André Azoulay, conseiller de SM le Roi, Hassan Abouyoub, ambassadeur itinérant, Fathallah Sijilmassi, ambassadeur du Royaume en France, Mustapha Bakouri, directeur général de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), Fathallah Oualalou, ancien ministre des Finances et de la Privatisation, et Mme Bouthayna Iraqui Houssaini, présidente de l'Association des femmes chefs d'entreprises au Maroc (AFEM).
Outre le débat d'idées et d'échanges, le Forum de Paris, qui est une institution permanente, se positionne comme "une force de proposition, de réconciliation et de construction ou de reconstruction
".
Menara.ma - 30 mars 2008

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