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vendredi 6 août 2010

La Méditerranée est la chance du textile français

A l'heure où les préoccupations environnementales et sanitaires viennent renforcer la réglementation en vigueur dans l'industrie textile, les leaders chinois et indiens commencent à craindre pour leur avenir.
De nouveaux acteurs issus de pays émergents font leur apparition sur le marché du prêt-à-porter, proposant des prix défiant toute concurrence et des créations prêtes à la vente, où le créateur n'a plus qu'à ajouter la touche finale en les personnalisant.
Après le bas de gamme, ce mode de fonctionnement commence à conquérir le moyen comme le haut de gamme. Pour répondre à une demande grandissante du consommateur, le créateur est obligé de se remettre sans cesse en question, de rivaliser d'innovations avec ses concurrents, et bien évidemment d'adapter ses prix vers une baisse significative tout en restant compétitif.
Comment le secteur du textile français peut-il aujourd'hui concilier productivité, qualité, proximité et respect de l'environnement sans tomber dans l'excès généré par les leaders asiatiques ? Du fait de sa proximité géographique mais également culturelle, le bassin méditerranéen nous est apparu comme la solution. Contrepoids aux géants asiatiques, la Tunisie, le Maroc, l'Egypte, l'Italie, l'Espagne et aussi la Turquie représentent une grande diversité de potentiels en matière de « sourcing » pour l'industrie du textile.
Là où nous autres industriels souhaitons réaliser des économies, nos voisins méditerranéens nous le permettent. Les coûts de transport sont alors considérablement réduits au profit d'un gain de temps et d'un environnement plus préservé.
D'une qualité de confection et d'assemblage égale aux leaders voire supérieure pour un coût quasi similaire, les pays du bassin méditerranéen commencent à inquiéter leurs concurrents dans le monde, plus axés sur le profit au détriment de la qualité.
La Chine ne bénéficie pas actuellement d'une bonne publicité, notamment en termes de respect des travailleurs : le salaire horaire minimal en euro étant pour la Turquie de 1,76, de 0,88 pour le Maroc et de seulement de 0,25 pour la Chine. D'autant plus que l'activité textile dans le bassin méditerranéen est vecteur de progrès social et notamment un facteur d'émancipation pour les femmes, ce qui n'est pas le cas en Chine, compte tenu de conditions de travail extrêmement difficiles.
Viennent s'ajouter à cela des relations souvent tendues ou litigieuses avec les leaders asiatiques du fait de la barrière de la langue ou d'un manquement aux engagements qui n'ont pas lieu d'être en Euro-Méditerranée. Issus d'une même culture, nous partageons des valeurs et un patrimoine commun, d'où nous puisons notre savoir-faire.
Cette intégration européenne par le « sourcing » se poursuit par le bénéfice du paneuromed (cumul des franchises de douanes) soutenu par la Direction des douanes françaises, l'image d'une production euroméditerranéenne est ainsi valorisée. A Marseille, un pôle de compétitivité est en train de se constituer afin de favoriser les échanges et les synergies entre la France et les autres pays du bassin.
Avec le lancement de la résidence des designers en 2010 au sein de la Cité euroméditerranéenne de la mode sous l'impulsion de Maryline Bellieud-Vigouroux, les jeunes créateurs euroméditerranéens bénéficient d'un accompagnement professionnel, d'un réseau d'experts de la mode, leur permettant de développer leurs compétences.
Sélectionnés par leurs fédérations respectives, ces jeunes talents évoluent dans le respect d'une culture méditerranéenne. La cité renforce donc les échanges et le dialogue d'une rive à l'autre de la Méditerranée par le biais de ces jeunes entreprises pour établir le berceau du « sourcing » textile de demain.
Par Jean-Brice GARELLA PDG du Groupe Textile GARELLA.
Source les Echos.fr - le 6 aout 2010

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