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mercredi 29 juillet 2009

Une initiative conjointe de la BEI et du FEMISE destinée à préparer la " sortie de crise " en Méditerranée

Le 7 juillet 2009, la BEI a signé avec le FEMISE (réseau euro-méditerranéen des institus de recherche en sciences économiques) une convention destinée à renforcer leur partenariat amorcé formellement en 2006. La première expression de renforcement consiste dans le lancement d'une étude portant sur les conditions de " sortie de crise " pour les pays de l'espace EuroMed, dont les conclusions seront connues durant le premier semestre 2010.
Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI, précise que l'étude " établira en premier lieu les canaux de transmission de la crise et la quantification des effets constatés ou prévus au niveau macro-économique. Elle comportera une dimension prévisionnelle couvrant les trois prochaines années ".
La crise sur la rive sud, dont les effets seront perceptibles avec 3 ans de retard sur l'Europe, donnera son plein effet au moment où l'Europe et les économies occidentales en général commenceront à s'ajuster, affirme Philippe de Fontaine Vive. " Aider ces pays à faire face à la crise d'abord et à en sortir ensuite est un devoir pour l'Union européenne ", estime Jean-Louis Reiffers, président du Conseil scientifique du FEMISE. " Ils n'ont aucune responsabilité financière dans le déclenchement de la crise ", d'autant qu'ils ont fait des efforts pour moderniser leurs économies .
" Les bons élèves seront les plus affectés ", a-t-il souligné et le risque est de compromettre 20 ans d'ajustements soutenus par l'UE.Le FEMISE, créé dès le lancement du processus de Barcelone, et qui regroupe 80 instituts des deux rives de la Méditerranée, a déjà un avis sur la crise prévisible dans cette région. La situation ne sera pas la même d'un pays à l'autre en fonction des caractéristiques de son économie et de sa capacité à faire front à l'impact d'une crise dont les canaux de transmission sont, précise M. Reiffers, le déficit commercial en augmentation, la baisse des transferts financiers des migrants, la réduction des recettes du tourisme et, en particulier, la baisse des réserves financières. Celles-si serait générale sauf en Algérie don les recettes d'origine énergétique s'améliorent dès le dépassement des 40 dollars pour le prix du baril."
Paradoxalement, souligne M. Reiffers, ce sont les pays qui ont ouvert leurs économies qui seront les plus touchés : la Turquie d'abord, ensuite le Maroc et puis l'Egypte seront les premiers affectés ". La Tunisie, pays également ouvert, le sera moins car elle a, selon lui, pratiqué une politique prudente et pu ouverte financièrement, demeurant ainsi à l'abri des soubresaus du marché mondial.
L'étude que ménera le FEMISE sera focalisée sur les scenarios de sortie de crise, à commencer par le besoin d'assainissement bancaire et pour ramener des monnaies " surévaluées " à des niveaux plus proches de la réalité. M. Reiffers souligne déjà le devoir de l'UE d'aider ses partenaires sur ces registres. " On ne peut pas comprendre qu'elle ne mette pas de l'argent, sinon qui va le faire ? " dit-il.
Le risque serait " de compromettre des efforts d'ajustement d'économies très liées à celle de l'UE et dans des pays quasiment intégrés dans son espace économique ".
M. de Fontaine Vive a souligné le rôle de la BEI et de l'Instrument financier qu'elle gère, la FEMIP. La Banque espère obtenir l'accord des Etats membres pour la mobilisation de 2 milliards d'euros en réserve pour préserver la santé économique d'une zone de lus en plusattractive pour les entreprises européennes. Cette option est mise à l'étude dans le cadre de la mission sur la réorientation des mandats extérieurs de la BEI confiée à l'ancien Directeur général du FMI, Michel Camdessus.
Source : Regards-citoyens.com du 18 juillet 2009

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