- Le réseau exhorte le Maroc à ériger cette politique en priorité gouvernementale.
- Et à adopter une stratégie de croissance axée sur l'innovation.
En dépit d’un lourd déficit budgétaire, le Maroc reste mieux loti que de nombreux pays du bassin sud-méditerranéen, particulièrement ceux qui ont connu le Printemps arabe.
Ce constat a été rappelé dans le rapport 2013 du Forum euro-méditerranéen des instituts de sciences économiques (FEMISE). Un réseau regroupant plus de 90 économistes. Malgré cet optimisme, le Femise reste vigilant et appelle le Royaume à engager des réformes structurelles.
A commencer par une refonte de la politique des subventions, qui constitue d’ailleurs l’une des principales priorités gouvernementales pour cette année. Pour ce réseau, «le Maroc devra limiter ce fardeau pour laisser une plus grande marge de manœuvre budgétaire et mieux orienter les dépenses publiques vers des initiatives qui stimulent davantage la croissance».
Le rapport constate d’ailleurs que le maintien de l’inflation au moyen des subventions des prix n’a fait qu’accroître le taux d’endettement et réduire le financement du secteur privé. Le Femise tire la sonnette d’alarme: «La réforme de la Caisse de compensation ne pourra pas être conduite à court terme dans la mesure où elle risque d’attiser des troubles au sein des couches sociales défavorisées». D’ailleurs, ce chantier a déjà provoqué des remous au sein même du Parlement. En effet, les députés ont été nombreux à critiquer l’adoption du système d’indexation partielle des prix des produits pétroliers.
Sur un tout autre registre, le Maroc est appelé à réévaluer sa stratégie de croissance. Celle-ci devra être essentiellement axée sur l’innovation. Car, «la performance du Royaume dans le domaine d’exportation de produits de technologie reste relativement faible», rappelle le rapport. Le rang du Maroc dans le classement mondial (88e sur un total de 141 pays) en est d’ailleurs la preuve. D’autant que le pays ne consacre que 0,8% de son PIB à la recherche et développement. «Il fait partie des pays méditerranéens où les relations entre les entreprises et les universités sont relativement peu développées», précise-t-on. Pourtant, «l’élaboration d’un cadre innovant pourrait réduire les inégalités ainsi que la dépendance des ressources externes», note le rapport. Aujourd’hui, le Maroc semble déjà s’orienter vers une stratégie axée sur la R&D. En effet, ses objectifs en matière de développement des énergies renouvelables s’inscrivent dans ce sens.
Outre l’innovation, le réseau propose d’appliquer une politique favorisant l’épargne afin de booster la croissance.
Des investissements publics plus judicieux
Au-delà de la réforme de la Caisse de compensation, le Femise recommande au Maroc d’adopter des politiques plus judicieuses en matière d’investissements publics, qui nécessitent un recours accru aux ressources du Trésor, contribuant ainsi à la réduction des liquidités à la disposition des banques, déplore le Femise. N’empêche que ce réseau encourage le Maroc à investir dans des secteurs porteurs de croissance et d’emplois, notamment l’aéronautique et l’automobile.
Par Hajar BENEZHA - Source de l'article l’Économiste

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