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dimanche 13 octobre 2013

Les États Unis et l'Union européenne n'ont pas de vision stratégique pour les pays arabes

Les États-Unis et l'Union européenne manquent de stratégie et d'influence sur les pays du Printemps arabe malgré des milliards de dollars d'aide économique déversés depuis 2011, déplore mercredi un rapport d'un centre d'études américain.

La plus grosse part de l'assistance américaine va... (PHOTO GIANLUIGI GUERCIA, AFP)
La plus grosse part de l'assistance américaine va à l'Égypte,
avec un milliard de dollars d'aide économique promise,
dont 190 millions ont été donnés en mars dernier.
«Les États-Unis et l'Europe doivent encore démontrer leur volonté politique et développer des stratégies durables pour aider l'Égypte, la Tunisie, la Libye et le Yémen dans leurs transitions démocratiques», écrivent deux chercheuses américaines et une experte britannique dans un rapport au vitriol du Centre Rafik Hariri pour le Moyen-Orient de l'Atlantic Council à Washington.


«Certains à Washington et à Bruxelles se demandent même si les États-Unis et l'UE ont beaucoup à offrir à ces pays en transition, face à des pays du Golfe qui leur apportent beaucoup d'argent», s'inquiètent les analystes.

Pour Danya Greenfield, Amy Hawthorne et Rosa Balfour, qui présentaient leur travail lors d'un colloque à Washington, «l'implication des États-Unis et de l'Europe est davantage marquée par la lassitude et la frustration, plutôt que par l'énergie et l'espoir» face aux difficiles processus politiques en Égypte, Tunisie, Libye ou au Yémen.

D'après Mme Hawthorne, une ancienne cadre du département d'État, le soutien au Printemps arabe n'est plus une «priorité» pour les États-Unis, surtout si l'on se réfère au discours «majeur» du président Barack Obama en mai 2011 qui s'était engagé à déployer «tous les moyens diplomatiques, économiques et stratégiques» pour appuyer la démocratisation.

Quant à la politique européenne, «elle a de la même manière souffert d'une discordance entre les engagements et la volonté de les mettre en oeuvre», selon Mme Balfour.

«L'UE n'a pas de vision stratégique parce que les priorités de ses États membres sont différentes: la France et le Royaume-Uni sont mobilisés sur la sécurité, l'Espagne et l'Italie le sont plus sur les migrations, la Suède, les Pays-Bas ou la Pologne sont davantage impliqués sur les transitions démocratiques», détaille encore le rapport.

Le document ne synthétise pas les aides économiques totales versées chaque année par l'UE et par les États-Unis aux pays du Proche-Orient et d'Afrique du Nord.

La plus grosse part de l'assistance américaine va à l'Égypte, avec un milliard de dollars d'aide économique promise, dont 190 millions ont été donnés en mars dernier. L'UE s'est, elle, engagée à hauteur de 250 millions d'euros (338 millions de dollars) pour l'Égypte, auxquels s'ajoutent 750 millions d'euros (plus d'un milliard de dollars) en prêts et subventions.

Source de l'article l'AFP & La Presse Canada

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