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jeudi 29 décembre 2011

Malgré la crise de croissance, le Maghreb veut croire encore en un sursaut européen

En cette semaine anniversaire du déclenchement du « Printemps Arabe » , et alors que l’Europe traverse une crise de confiance économique sans précédent, la question du modèle économique qui sera poursuivi par les pays du Maghreb à partir de 2012 commence à prendre une dimension toute particulière. Décryptage.

En effet, si 2011 est à classer comme « hors concours » en termes économiques de part les évènements extraordinaires qui l’ont traversé, l’année 2012 qui s’annonce ne semble pas augurer d’une amélioration substantielle des économies du sud de la Méditerranée, alors même qu’elles sont dans une situation de transition politique qui requiert la plus grande prudence.

En effet, le Maghreb souffre de son accrochage structurel au monde latin, que ce soit en termes de carnet de commande pour son industrie, de vacanciers pour son tourisme, ou d’Investissements Directs Etrangers. Premier partenaire commercial pour la Tunisie, le Maroc ou l’Algérie, la France se trouve donc en première ligne. C’est d’ailleurs la baisse drastique des commandes de la confection française qui avait contribué à faire sombrer la Tunisie dans une crise économique sans précédent il y a près de deux ans, créant les conditions de la révolution.

Depuis quelques mois, les maghrébins regardent avec encore plus d’attention la situation européenne, et ont vécu au rythme des discussions sur le sauvetage grec ou le renforcement de la zone euro, se passionnant –peut être plus que les européens- pour les multiples rounds de négociations et les rencontres au sommet.

Au delà de cet intérêt marqué et significatif, le sud regarde vers l’Europe en espérant y trouver -à nouveau- un peu de cohérence et de transparence, alors même que les modèles politiques issus des révolution du « Printemps Arabe » n’ont pas encore trouvé leur voie, et semblent avancer à tâtons.

Malheureusement, même l’Europe ne semble plus en mesure de jouer ce rôle de « Sherpa démocratique » auprès de ses partenaires du sud, la faillite grecque, la montée en puissance des agences de notation et la crise de l’Euro ayant démontré que le système est actuellement en train de lutter pour sa survie, et n’a donc pas de « temps de cerveau disponible » pour regarder autour de lui.

Or, entre un « péril vert » constitué par la montée en puissance des courants islamistes, et un « péril économique » matérialisé par le déclin constaté de son principal donneur d’ordres économique, dans quelle direction se tournera le Maghreb afin de tenter de maintenir un taux de croissance qui évitera une explosion sociale ?

Certains pensent que le temps est venu pour que le centre de gravité économique du Maghreb bascule vers un autre pôle, accélérant ainsi le déclin européen.

Lors d’une récente réunion des place boursières africaines à Marrakech (ASEA 2011) , une grande majorité de participants ont ainsi estimé que le réservoir de croissance « naturel » pour le Maghreb se situerait en Afrique subsaharienne, mais qu’il faut attendre encore quelques années pour que ces marchés qui peinent à s’ouvrir puissent constituer un réel relais de croissance.

Or, comment concilier des besoins économiques urgents avec les impératifs qu’implique une redéfinition des stratégies économiques des pays du Maghreb en faveur du continent ? Telle est la question à laquelle personne ne semble aujourd’hui capable de répondre de manière satisfaisante, ce qui pousse la plupart des maghrébins à espérer que l’Europe saura trouver les moyens de remettre sur les rails son économie à court terme, au risque de relancer des vagues d’immigration massives qui ne feront que surinfecter le marasme économique du vieux continent.

Par Abdelmalek Alaoui - Managing Partner, Global Intelligence Partners - LesEchos.fr

1 commentaire:

Unknown a dit…

Les européens ont du mal à relancer la croissance..est ce la fin du capitalisme ? Ntiwana