Tunisie : pays modèle pour l'Allemagne


Le Cercle. Le renouveau diplomatique allemand en Afrique est réel. Son intérêt appuyé pour la Tunisie démontre le potentiel économique, politique et géostratégique du pays du jasmin.

"L'Allemagne croit en la Tunisie et le montre par des actes concrets". Cette phrase issue d'un nouveau site allemand faisant la promotion de la relation tuniso-allemande illustre le dynamisme germanique au pays du jasmin.

Et parler de dynamisme, c'est peu dire. À l'image de son jeune, mais efficace ambassadeur en Tunisie qui multiplie les initiatives économiques, politiques et humanitaires pour mettre en avant les intérêts allemands en Tunisie, l'Allemagne marque réellement des points dans "ce pays de l'avenir" comme l'a dit Angela Merkel.

Et pour parler concrètement, quelques chiffres. Les investissements allemands ne cessent d'augmenter et ont été plus forts en 2012 qu'en 2011 malgré l'instabilité politique. Le nombre d'entreprises allemandes souhaitant s'implanter en Tunisie est en constante augmentation selon les derniers chiffres de la chambre tuniso-allemande de commerce. Les enseignements de la langue allemande se développent dans la perspective de recrutements importants par les entreprises allemandes.

Pourquoi alors cet engouement ?

À vrai dire, l'Allemagne a toujours été présente en Tunisie même si sous la dictature ce pays a marqué un retrait salutaire compréhensible. Mais le fort redémarrage des relations qui devrait encore plus s'accentuer s'explique aussi par la bonne santé économique allemande elle-même.

Avec une santé économie insolente comparée à celle des autres pays de la zone euro, un chômage historiquement bas, l'Allemagne a les moyens de ses ambitions. Elle peut investir fortement à l'extérieur et notamment en Tunisie.

Autre raison, et non des moindres, sur ce dynamisme tuniso-allemand. Le très faible chômage en Allemagne.

Selon des chiffres officiels, plus de 300 000 postes dont 200 000 qualifiés, ne sont pas pourvus en Allemagne. Plus de 33 milliards d'euros de manque à gagner en résultent. Les patrons allemands ont tellement de mal à recruter qu'ils se rendent par dizaine en Espagne et en Grèce, où la crise frappe fort, pour tenter de recruter, mais sans grand succès pour l'instant.

De ce fait, de plus en plus d'entreprises allemandes pensent à délocaliser. Sur ce point, la Tunisie, pays proche géographiquement ce qui est bon pour les délais de transport, au personnel intellectuellement bien formé et présentant un cout de main-d'œuvre très compétitif pourrait constituer à terme une alternative pour des entreprises qui n'arrivent pas à recruter en Allemagne.

En Tunisie, de nombreux jeunes ingénieurs qui n'arrivent pas à trouver sur le marché local de l'emploi voient d'ailleurs d'un très bon œil ce fort retour de l'Allemagne d'autant plus que l'Allemagne ayant compris les aspirations d'égalité que demandent désormais les Tunisiens inscrivent leurs investissements en Tunisie dans une relation gagnant/gagnant ou la plus value pour les deux côtés doit être réelle (transfert de technologie vers la Tunisie, respect et évolution des salariés tunisiens, etc.).

Autre point important, la place politique et géostratégique que prend la Tunisie dans la zone Maghreb. Si les querelles politiques internes s'arrêtent, la Tunisie démocratique sera le pays le plus stable de la région et par conséquent un allié solide et incontournable ce que ne peut ignorer l'Allemagne.

La Tunisie qui a écrit une page d'Histoire, qui constitue sans aucun doute le pays d'avenir politique et économique de la zone Maghreb, semble être donc une valeur sûre pour intéresser à ce point le Maradona économique allemand qui discrètement, mais efficacement marque des points politiques en Afrique et notamment en Tunisie que le ministre des affaires étrangères allemand a qualifiés de pays modèle !

Source de l'article Les Echos

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