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dimanche 3 juin 2012

Signe des temps / Photomed, un festival pour le rapprochement des cultures

Le littoral méditerranéen, avec sa foule des estivants et leurs activités balnéaires, fixés avec tendresse par le célèbre photographe italien Massimo Vitali, invité d'honneur du festival ; les sirènes ou les Hydropitecus du photographe espagnol Joan Fontcuberta, qui présente en exclusivité l'une des découvertes paléontologiques les plus surprenantes de ces 60 dernières années ; la première grande rétrospective consacrée aux cinquante ans de carrière du photographe new-yorkais Joel Meyerowitz...
La seconde édition du festival Photomed, qui se tient à Sanary-sur-mer, mais aussi à Bandol, sur l'ile de Bendor et à Toulon jusqu'au 17 juin, a de quoi séduire les amoureux de la photo. Fondé par Philippe Heullant et Philippe Sérénon, et placé sous la direction artistique de l'infatigable Jean-Luc Monterosso, la manifestation célèbre chaque année les couleurs de la Méditerranée à travers les oeuvres des photographes découverts ou re-découverts.
© Hassan Hajjaj
À la fois convivial et engagé, audacieux et pertinent, Photomed se distingue par son attachement à la photographie du bassin méditerranéen, une photographie riche et mature mais qui reste malheureusement très méconnue en France. Le désir d'opérer un rapprochement culturel entre les identités multiples propres au Mare Nostrum représente une action inédite dans le paysage des festivals photographiques français, et qui met l'accent sur l'ouverture au monde et la découverte de l'autre. La vision selon laquelle cette manifestation ne serait qu'"une promotion de l'islam" (Photomed, disent certains, aurait mieux fait de s'appeler Photomaghreb), est contredite par le grand nombre de visiteurs, qui expriment leur admiration devant "des photos qui ont une âme" et la beauté des "paysages humains." (selon le livre d'or du festival)
© Daoud Aoulad-Syad
Fenêtre sur la Méditerranée
Précisant son goût pour le dialogue entre les cultures, Photomed présente cette année une programmation dédiée à la création récente marocaine. Les jeunes photographes Mehdi Chafik, Leila Sadel, Yasmine Laraqui, et Hamza Halloubi, et Daoud Aoulad-Syad, figure emblématique de la photographie marocaine, dressent le portrait d'un pays en pleine transformation, qui peine à concilier sa fascination pour l'Occident et ses propres culture et traditions.

"En choisissant ces artistes, j'ai voulu montrer un regard différent, une démarche à la fois sincère et singulière", explique Mouna Mekouar, commissaire de l'exposition. "Avec des démarches très différentes.
Leila, Yasmine ou Mehdi témoignent des mêmes questionnements (…) : le poids d'une société marocaine omniprésente, le rôle de la femme, l'histoire d'une jeunesse désabusée qui se cherche et qui se pose des questions." La décision d'associer les jeunes artistes au photographe et cinéaste marocain Daoud Aoulad-Syad est née du désir de provoquer la rencontre entre des générations qui ne se connaissent pas, explique-t-elle. "Daoud est l'un des plus grands photographes marocains. Il a su fixer le Maroc à un moment où il était en mutation (entre les années 80 et 90) et son travail parle d'un pays qui commence à disparaitre. (…) Le lien tissé entre lui et la jeune génération est l'un des résultats de cette manifestation."
Axé sur la vitalité de la création méditerranéenne, Photomed fait ressortir toute la diversité, et paradoxalement, toute l'unité propres à cet espace. La preuve avec la photographe Martine Voyeux, qui présente l'exposition intitulée Villes mythiques de la Méditerranée, fruit de ses voyages dans les villes du bassin méditerranéen. Séville, Grenade, Tanger ou Bethlehem sont pour elle des villes "qui expriment surtout grandeur et décadence. (…) Elles ont une énergie très particulière, une énergie du désespoir." (lire l'interview) À travers des images prises au cours des vingt dernières années, la photographe met en perspective ce qu'elle décrit comme l'âme méditerranéenne. "Je pense avoir saisi tout ce que je ressens de cette mer : sa particularité réside dans le fait que, où que l'on soit, on sent les autres pays autour," dit-elle. "Même dans l'ailleurs, je perçois quelque chose d'intime."

Par la  rédaction de photographie.com.
Source site Internet Photographie

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