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dimanche 20 mai 2018

Made in MED dessine le futur de la Méditerranée

Le colloque « Made in Med » tenu les 18 et 19 avril 2018 à Romea effectué un point à mi-parcours du programme de coopération Interreg Med 2014-2020. Photo JCB.
Le colloque « Made in Med » tenu les 18 et 19 avril 2018 à Romea effectué un point à mi-parcours du programme de coopération Interreg Med 2014-2020. Photo JCB.

Plus de 800 participants ont pris part à Rome les 18 et 19 avril à « Made in MED » afin d’évaluer l’avancée des projets du programme Interreg Mediterranean pour la période 2014-2020. 


« Forger la Méditerranée du futur » ne s’édifiera pas sans la coopération institutionnelle et citoyenne la plus large. Comment trouver l’organisation la plus efficace ? Comment s’assurer que les expérimentations de terrain débouchent sur des stratégies et des décisions déclinables au niveau méditerranéen ? Ces questions ont traversé l’ensemble des débats du colloque « Made in MED » tenu les 18 et 19 avril 2018 à Rome. L’événement effectuait un point à mi-parcours du programme de coopération Interreg MED2014-2020, initié par la Commission européenne et cofinancé par le Fonds Européen de Développement Régional (Feder), pour treize pays de la rive nord de la Méditerranée.

275 M€ sont consacrés à financer des projets regroupés en trois axes prioritaires recouvrant huit thématiques : croissance bleue, croissance verte et innovation sociale et créative pour le premier, bâtiments efficaces, énergies renouvelables et transports urbains pour le deuxième, tourisme durable et protection de la biodiversité pour le troisième. Un quatrième axe ajoute un 91ème projet, Panoramed, concentré sur la gouvernance la plus efficiente. Une multitude d’études, d’expérimentations, d’initiatives ont émergé, avec déjà, des effets réels et concrets.

Plus d’acteurs mais une seule voix

Interreg Med permet d’accroître les connaissances et la compréhension des risques qui pèsent sur les territoires, d’analyser leur vulnérabilité et de travailler, déjà, à leur adaptation. Photo JCB

Lors de deuxième journée, plus politique, les réflexions se sont concentrées sur les synergies à établir avec d’autres programmes européens, sur la construction d’une approche commune avec la rive sud et sur les perspectives après 2020. « Nous devons affirmer le rôle stratégique de la Méditerranée au sein de l’Union Européenne » martèle le ministre de la cohésion territoriale de l’Italie, Claudio de Vincenti. Agnès Rampal, présidente de la commission Euroméditerranée de la Région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, se réjouit qu'Interreg Med « contribue à ce que notre zone parle d’une seule voix à la Commission Européenne ». 

Grâce aux coopérations instaurées au sein du programme Interreg MED sur le changement climatique, près de 230 sites pilotes et « living labs » se concrétisent dans les 13 pays membres, mais aussi 25 technologies innovantes, plus de 210 outils et instruments de planification, une cinquantaine de méthodes et d’évaluations en R&D… « Les pays méditerranéens n’ont pas beaucoup contribué au changement climatique, mais ils en subissent les impacts » confie Ana Maria Paladus, activatrice de responsabilité sociale de la Fondazione Ecosistemi. Augmentation des températures, réduction des précipitations, acidification de l’eau de mer, augmentation du niveau de la mer, dégradation des sols, diminution de la biodiversité, intempéries violentes… Interreg MED permet d’accroître les connaissances et la compréhension des risques qui pèsent sur les territoires, d’analyser leur vulnérabilité et de travailler, déjà, à leur adaptation et même à leur résilience future. 

« La croissance économique évolue avec la décroissance du capital naturel. Il est impératif de la maîtriser sans attendre que la nature nous arrête » indique Ferdinando Boero, professeur de zoologie à l’Université de Salento. Sous ses différents pans (énergies renouvelables, transports, agriculture, biotechnologies…), l’économie bleue représenterait 500 milliards d’euros de valeur ajoutée. Les projets d’Interreg MED s’attachent à trouver le bon équilibre en s’appuyant au maximum sur les opérateurs et usagers locaux. 

Pour Zeljka Skaric (CAR/PAP), « l’environnement peut devenir stratégique pour tous les autres secteurs ». Par exemple, le tourisme est aussi générateur de ressources qu’il peut être destructeur. La science, en produisant des données de qualité, aidera les politiques à décider de manière mieux informée.

Conforter et élargir la coopération méditerranéenne

Les différents groupes ont travaillé sur des projets concrets. Photo JCB.

Tous les experts conviés à s’exprimer durant la 2ème journée de « Made in MED » ont reconnu les retombées effectives du programme Interreg MED. Chercheur international et consultant, Francesco Molinari estime que le programme peut révéler, par les coopérations engagées et les initiatives qui en découlent, une sorte de « Med Touch », porteuse de compétitivité. Les illustrations sont diverses à ses yeux pour promouvoir cette identité méditerranéenne, avec des « clusters » engagés dans le tourisme, les industries de la mode et du textile, la culture, les énergies renouvelables… 

« A son lancement, la stratégie méditerranéenne pouvait ressembler à une usine à gaz. En évoluant dans le temps, elle a démontré son caractère concret » confie Curzio Cervelli, (Secrétariat Interreg MED). « Mettre en cause l’impact des projets, c’est de la mauvaise foi ou de la méconnaissance » renchérit Vincent Ernoux, coordinateur du Bureau de la Méditerranée occidentale (ENI CBC MED). 
Les orientations futures dépendront évidemment des moyens accordés au plus haut niveau européen. « Nous luttons contre la perspective d’une réduction de 20% du budget de la coopération territoriale » confie Davide Strangis, secrétaire exécutif de la commission interméditerranéenne de la Conférence des Régions Maritimes Périphériques (CPMR). « C’est aux Etats membres de fixer le niveau de leurs ambitions » rappelle Jean-Marc Venineaux. Considérant que « le bassin méditerranéen est la zone la plus cruciale de l’Union Européenne », Patrizio Bianchi, conseiller régional pour le développement européen de l’Emilie-Romagne, en Italie, estime inconcevable une baisse des ressources, compte tenu des enjeux à venir.

Source de l'article Interreg & Econostruminfo

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