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mardi 1 mai 2018

Bienvenue à la génération Y ! Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, les jeunes femmes portent le flambeau de la révolution start-up


L’économie des start-up au Moyen-Orient et en Afrique du Nord est florissante. Les incubateurs et les accélérateurs qui essaiment dans la région, de Beyrouth (a) à Casablanca (a) en passant par Ramallah (a), Gaza (a) ou le Caire (a), acquièrent une reconnaissance au-delà des frontières régionales

Grâce à la plateforme pour la jeunesse de la région MENA, notre équipe observe les nouvelles tendances — et une chose est claire : pour la prochaine révolution, qui n’aura rien à voir avec les précédentes, les femmes seront à la pointe de l’innovation, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (a). Deux villes de la région MENA mènent la danse, selon le nouvel indicateur de l’écosystème des start-up, qui évalue le capital humain disponible, l’accès aux finances et aux marchés mondiaux, le dynamisme des jeunes pousses, les infrastructures TIC disponibles et l’environnement macroéconomique : Tunis et Amman.

Tendance n° 1 : parce qu’elles explorent les nouvelles chaînes de valeur et développent certaines niches, les jeunes femmes sont au cœur de cette mutation rapide. Selon le Women’s Entrepreneurship Report (a), les femmes entrepreneures de la région MENA l’emportent de 60 % par rapport à leurs homologues masculins quand il s’agit de proposer des solutions innovantes et d’environ 30 % pour les opérations à l’international. Cette supériorité tient à une raison simple : leurs start-up se concentrent dans la technologie, la finance et les loisirs, à l’image du leader régional de livres audio en arabe, Masmoo3 (a), qui a vu le jour à Amman, ou de Hello World Kids (a), créé par Hanan Khader pour enseigner le codage informatique à 35 000 enfants dans les écoles primaires publiques de Jordanie — un programme qui leur permet de faire appel à leurs capacités analytiques et de résolution de problèmes et à leur créativité, des atouts qui leur seront utiles plus tard pour réussir.

Tendance n° 2 : de nombreuses start-up dirigées par des femmes se sont fait un nom dans l’entrepreneuriat social. Selma Ben’akcha et Meriem Nadi ont créé ensemble Alternative Solutions, qui récupère après la récolte les déchets de palmiers-dattiers pour fabriquer du bois et du fourrage. L’entreprise sociale Up-fuse (a), qui défend un certain art de vivre et a été lauréate de la dernière édition du concours de la Banque mondiale We MENA (a), a été créée par deux jeunes designers égyptiennes, Yara Yassin et Rania Rafie. Cette start-up produit des sacs à partir de matériaux recyclés qu’elle se procure au Caire en proposant, avec le soutien d’une ONG locale, des conditions de travail équitables. Il ne s’agit là que de quelques exemples, mais les jeunes pousses féminines sont partout !

Tendance n° 3 : avec la crise des réfugiés, les pays hôtes sont soumis à de fortes pressions que certaines femmes entrepreneures transforment en autant d’opportunités. D’ascendance libanaise, Aline Sarah est la créatrice de Natakallam(a), une start-up qui utilise l’économie des petits boulots pour offrir un travail en ligne à des réfugiés syriens. Au Liban et en Jordanie, l’initiative S4YE (a) de la Banque mondiale soutient un programme pour les jeunes, axé sur la création d’emplois dans l’informatique, la formation et les techniques du cloud, en privilégiant les jeunes défavorisés vivant en milieu rural afin de les relier à l’économie numérique.

Les jeunes femmes ne craignent pas de faire preuve d’innovation dans les pays touchés par un conflit. Dans ces pays, l’esprit d’entreprise est un levier majeur de l’inclusion économique des jeunes privés d’accès à l’emploi. Ainsi en Iraq, un nouveau projet pour la jeunesse (a), soutenu par la Banque mondiale, aide 3 000 jeunes touchés par le conflit (dont la moitié de femmes) à participer à des projets entrepreneuriaux et communautaires pilotés par les jeunes. La renaissance de villes comme Mossoul, Alep ou Taiz passera à l’avenir par un appui à un écosystème entrepreneurial dynamique qui aidera les jeunes à créer plus d’emplois, entre autres pour les femmes.

Tendance n° 4 : pour la communauté du développement, l’innovation sociale fait partie des évolutions porteuses de transformations les plus importantes de la région. Les innovateurs sociaux sont motivés par la volonté de faire progresser les autres et non d’accroître leurs profits. En Jordanie, un groupe de jeunes femmes et hommes a fondé Parachute16 (a), une agence qui cherche à faire évoluer la culture et l’écosystème de l’entrepreneuriat dans le pays, en s’adressant aux jeunes et aux étudiants. L’équipe de Parachute16 a créé, en partenariat avec des organisations nationales et internationales, près de 90 laboratoires et incubateurs pour aider les jeunes à innover.

Il ne s’agit pas simplement de faire des affaires — pour les « millennials », entrepreneuriat doit rimer avec impact social. Les nouvelles start-up peuvent être très rentables comme avoir un fort impact social — et la plupart réussissent sur ces deux fronts. En Jordanie, la Banque mondiale soutien le projet Shabab Gadha (« La jeunesse peut le faire »). Il s’agit d’aider 3 000 innovateurs sociaux (dont une moitié de jeunes femmes) et groupes communautaires de jeunes avec des capitaux d’amorçage dans le but d’apporter des perturbations positives dans leur environnement. À Sidi Kaouki, au Maroc, la Banque mondiale a soutenu l’écosystème OpenVillage pour appuyer le développement d’initiatives open source dans le secteur de la collaboration en ligne mais aussi dans le monde réel (a), avec plusieurs initiatives engagées par des femmes.

Tendance n° 5 : chacun peut faire preuve d’esprit d’entreprise, quel que soit son niveau d’éducation. Sur les 5 000 micro-entrepreneurs au Maroc (a) ayant bénéficié récemment d’une aide de la Banque mondiale, pratiquement la moitié étaient des femmes sans diplôme secondaire formel. L’important, c’est que les jeunes hommes et femmes sont une source d’espoir. Ils ont l’énergie et la persévérance pour transformer leurs sociétés et faire émerger une nouvelle région MENA. Ne les laissons pas tomber. Nous devons soutenir un maximum de jeunes hommes et femmes désireux de créer des start-up et d’innover sur le plan social. Cela passe certes par des transferts de technologies et de capitaux mais aussi par le renforcement des écosystèmes entrepreneuriaux…

Par Tobias LECHTENFELD- Source de l'article Blog Banque Mondiale

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