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mardi 8 avril 2014

Ce qu’attendent les partenaires de l’Algérie du prochain président - Le respect des engagements d’abord

Entre Européens et Américains, la prochaine élection en Algérie ne serait pas d’un intérêt économique égal.

Pour autant, cette divergence peut-elle les amener jusqu’à se positionner différemment face au départ ou le maintien du Président sortant. L’ancien diplomate, Abdelaziz Rahabi, ne le pense pas. Selon lui, la position des uns et des autres «ne se détermine pas uniquement par rapport à des considérations économiques, d’autant plus que tous les candidats à la présidentielle, mis à part la règle des 49/51, ont sensiblement le même programme économique». Ensuite, il y a la crédibilité de l’Etat qui entre en jeu dans les relations entre les pays et pour cela «quel que soit le prochain Président, il respectera les engagements pris par son prédécesseur, c’est une règle» et cela «détermine pour beaucoup nos revenus», notamment en ce qui concerne les fournitures de gaz et de pétrole.

Avec l’Union européenne, l’Algérie s’est aussi engagée pour le démantèlement tarifaire dans le cadre de l’accord d’association. «Donc, nos engagements économiques et commerciaux ne risquent pas d’être altérés à l’issue de la prochaine élection», estime l’ancien ambassadeur. Dans le rapport d’une mission parlementaire française en Algérie publié en octobre dernier, le président de la mission, Axel Poniatowski, exprimait toutes les attentes économiques de la France à quelques mois de l’échéance présidentielle. «Le pays est bloqué», notait-il. «Le blocage se manifeste par une législation contraignante.

Les entrepreneurs privés sont responsables civilement mais aussi pénalement. L’administration est toute puissante et tatillonne. Il y a un contrôle des changes rigoureux. Le recours au crédit et aux banques est quasiment inexistant. Et en plus, on ne veut pas des investissements étrangers comme avec la loi 51/49, qui décourage considérablement les investisseurs étrangers qui n’ont plus la maîtrise de leurs projets». Le rapport se demandait si le scrutin à venir permettra «l’élection d’une personnalité qui sera à même d’impulser les réformes nécessaires», sans doute pas uniquement pour le peuple algérien. Pour les Européens, explique Cherif Dris, docteur en sciences politiques, «l’intérêt c’est qu’il y ait un Président qui préserve leurs intérêts, c’est-à-dire leur assure un environnement propice au commerce et à l’investissement et garantisse une stabilité politique, institutionnelle et surtout législative».

Quant aux Etats-Unis, l’ancien diplomate pense que «l’Algérie est un facteur stabilisant dans la région et c’est un pays qui a les moyens humains et financiers et l’expérience pour lutter contre le terrorisme». Ce qui intéresse les Américains en premier lieu «c’est que le pays soit stable, fort et assure sa mission de lutte contre le terrorisme», ensuite qu’il n’y «ait pas de troubles en Algérie, mais pour cela il faut aussi qu’il y ait des élections transparentes et acceptables». 

Par Safia Berkouk - Source de l'article El Watan

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