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samedi 26 avril 2014

Talal Makdessi, président de la Copeam, à la rescousse de Télé Liban

C'est à Tunis que s'est tenue la 21e rencontre annuelle de la Conférence permanente de l'audiovisuel méditerranéen (Copeam), le week-end dernier. Et c'est une information de taille qui nous arrive à Beyrouth à l'issue de cette rencontre qui a réuni 27 délégations venant de 27 pays et plus de 260 délégués

En effet, ce n'est autre que le président de la délégation libanaise, l'homme d'affaires et PDG de la chaîne télévisée nationale Télé Liban, Talal Makdessi, qui a été élu président de la Copeam pour deux ans, lors de cette rencontre, succédant ainsi à Matthieu Gallet, PDG de Radio France. Un poste prestigieux pour M. Makdessi, cette organisation des télévisions du bassin méditerranéen réunissant tous les pays de la région en Europe et au Moyen-Orient, chaque pays y étant représenté par le PDG de sa station radio ou chaîne de télévision nationale. La Copeam étant tenue de main de maître par l'Italie, mais aussi par la France et l'Espagne, cette élection reste très significative. 
Avec huit ans de présidence française, les pays arabes ne se sont pas manifestés jusque-là de façon notable au sein du groupe.
« Je ne m'y attendais pas du tout, explique Talal Makdessi à L'Orient-Le Jour. J'ai été en fait plébiscité par les deux délégations française et italienne, car il régnait un certain consensus comme quoi il fallait élire un président venant du Moyen-Orient et de la partie sud de la Méditerranée, après huit ans de mandat français. Par ailleurs, il y avait besoin d'un sang nouveau et tout le monde s'est mis d'accord sur mon nom, surtout après mon allocution que j'ai prononcée en trois langues. »
Au terme de la rencontre, l'homme d'affaires libanais avait affirmé que le remodelage de la coopération entre les pays de la Copeam au niveau de l'audiovisuel, qui constituait le thème de la réunion, signifiait en d'autres termes soutenir la démocratie dans ces pays, assurant travailler pour une feuille de route commune. « L'audiovisuel témoigne de challenges continus, a-t-il confié à L'OLJ. Je tenterai, durant les deux prochaines années, de trouver des programmes d'intérêt commun aux pays de la Copeam, d'élaborer des projets d'éducation, de formation, d'échange culturel et économique. Chaque pays a ses aspirations propres et nous essaierons de savoir ce que chacun attend de nous, mais nous fournirons des efforts pour trouver un dénominateur commun. »

Télé Liban sauvée
Si le Liban était absent pendant de longues années de la Copeam, à cause de la situation pitoyable dans laquelle se trouvait Télé Liban, les choses aujourd'hui ont changé, en partie grâce aux efforts de M. Makdessi, qui dirige la chaîne publique depuis déjà neuf mois.
« Je peux affirmer aujourd'hui que Télé Liban a été sauvée, a-t-il assuré. La chaîne, exploitée par les politiciens, était dans une situation lamentable, laissée sans développement et sans matériel neuf depuis 2001. En neuf mois, nous avons retravaillé le budget, renouvelé l'administration, changé les studios, mis de nouvelles régies en place et lancé une nouvelle grille de programmes peu coûteuse mais intelligente, et cela pour recréer le besoin d'une chaîne comme Télé Liban, qui reste la télé de tout Libanais. » 
Et d'ajouter : « Nous avons également formé quelques-unes de nos reporters à devenir des présentatrices télé, à défaut d'avoir l'autorisation de recruter de nouveaux employés. Depuis le 22 novembre, Télé Liban, qui était la dernière chaîne au monde à diffuser en analogique, a commencé à diffuser en numérique. Les archives ont été déplacées de l'endroit piteux et humide où elles étaient placées. Elles sont sauvées mais pas encore numérisées. Et en ce qui concerne les feuilletons libanais, leur production nécessite de grands investissements, mais nous étudions la possibilité de collaborer avec certains producteurs à cet effet. »
Pour Talal Makdessi, sa nomination à la tête de Télé Liban avait pour but de sauver la chaîne. « Il y a eu des investissements, explique-t-il, mais nous avons surtout réussi à faire des économies, à arrêter le gaspillage et à augmenter les revenus. Le conseil d'administration, par exemple, ne reçoit pas de rémunération, mais nous n'en sommes que très satisfaits. Le changement est radical. »
Il convient de signaler que le talk-show politique de la journaliste Shada Omar, qui a récemment rejoint la famille de Télé Liban, devrait être lancé durant la semaine prochaine.

Par Bechara Maroun - Source de l'article l'Orient le Jour

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