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samedi 26 avril 2014

Forum économique algéro-espagnol : Privilégier une approche régionale complémentaire et intégrée

Le volume des échanges entre les deux pays s’est chiffré à 15,5 milliards de dollars en 2013, soit une augmentation de 100% depuis 2010.

Premier client de l’Algérie et son troisième fournisseur, l’Espagne qui se débat dans une crise financière aggravée par des effets directs sur son économie, entend renforcer sa présence sur le marché algérien. Une option très étudiée au regard des projections économiques du pays mais aussi, à ses moyens financiers, par conséquent, sa solvabilité. 
D’autres indicateurs vont dans le sens de cette volonté des Espagnols, mais également des Algériens, d’œuvrer dans le cadre d’une « approche régionale complémentaire et intégrée basée sur la préservation des intérêts communs ». En fait, le facteur de la proximité, l’engagement politique, culturel, économique, scientifique et énergétique, sont des dénominateurs communs qui plaident en faveur de l’objectif de consolidation de la coopération entre les deux pays. 
Le secrétaire général du ministère du Développement industriel et de la Promotion de l’investissement a fait part de cette démarche lors du forum économique algéro-espagnol organisé, hier, à l’hôtel El-Aurassi, en présence du ministre espagnol des Affaires étrangères, M. José Manuel Garcia-Margallo. M. El Hadi Makboul a affirmé, dans ce contexte que le volume des échanges entre les deux pays a atteint une « augmentation substantielle » entre 2010 et 2013, passant de 8,5 milliards de dollars à 15,5 Mds de dollars, soit 100% d’augmentation, un niveau « rarement » égalé avec les autres partenaires de l’UE. L’Algérie assure aussi, près de 42% des besoins de l’Espagne en gaz sachant que l’essentiel de nos exportations vers ce pays sont constituées d’hydrocarbures. 
La coopération qui demeure soutenue dans les secteurs de l’énergie, les transports, l’habitat, les travaux publics, les ressources en eau, autour de projets structurants, notamment dans le domaine de l’industrie dont le partenariat avec l’Espagne enregistre, depuis 2013, une dynamique notable, fera savoir l’intervenant. M. Makboul a rappelé que l’Etat algérien a mobilisé une enveloppe de 4 milliards d’euros pour la mise à niveau et la modernisation des entreprises ce qui a permis de finaliser des partenariats avec des entreprises étrangères qualifiées, avec cet objectif de « diversification de notre base industrielle » et d’encouragement des IDE. Près de 80 opérations de partenariats ont été conclus dans différentes filières (médicament, sidérurgie, agroalimentaire et textile). 
Des projets, a-t-il souligné, qui sont validés par le CPE et les sociétés mixtes créées ou en cours de création. Pour l’année 2013-2014, sept partenariats algéro-espagnols ont obtenu le soutien de l’Etat pour un montant de 3 milliards de dinars d’investissements en cours de réalisation, et sont orientés vers la fabrication de véhicules industriels, des travaux publics, les matériaux de construction et la récupération et le recyclage de déchets, a-t-il affirmé. Une dynamique qui n’exclut pas le secteur privé qui constitue « le socle et l’avenir du pays », insistera M. Makboul.

269 entreprises espagnoles présentes sur le marché algérien
Selon l’intervenant, la coopération avec l’Espagne devra s’articuler autour de trois axes qui sont la consolidation de la coopération institutionnelle, l’appui au développement des PME, et le renforcement de l’investissement et du partenariat. 
A ce chapitre, l’intervenant relèvera une réponse espagnole à la demande du marché algérien indiquant, que le nombre des entreprises espagnoles activant dans la production industrielle, et le BTPH, en Algérie, sont en nette progression. Leur nombre est passé de 154 en 2011 à 269 en avril 2014 en référence au registre du commerce. Il s’agira pour les deux parties, a-t-il souligné, de passer à un niveau de coopération qualitatif basé sur le transfert de technologie, d’expertise et de savoir-faire. 
Une phase qui exige la redynamisation du conseil d’affaires algéro-espagnol et la création d’une chambre mixte de commerce et d’industrie pour promouvoir le partenariat. Le directeur général de l’ANDI, a, pour sa part, énuméré les avantages consentis au titre de l’encouragement à l’investissement direct étranger tout en rappelant les indicateurs macroéconomiques qui concurrent à la stabilité du pays, et par conséquent à la sécurité des investissements. 
M. Abdelkrim Mansouri a indiqué que la démarche de l’agence privilégie le partenariat sur la base d’avantages incitatifs, et de régimes d’avantages adaptés. Les données de l’ANDI pour 2013, indiquent que 40 projets espagnols ont été déclarés auprès de l’agence pour un montant de 1,679 Mds euros, dont 33 réalisés totalisant un montant de 1,484 Mds euros, soit 88%. 
M. Mohamed Amine Hadj Saïd, ministre du Tourisme et de l’Artisanat, fera état de « convergence de vision et d’intérêts » soulignés dans le cadre du traité d’amitié, signé entre les pays, le 8 octobre 2002. Evènement en vertu duquel, cinq réunions de haut niveau ont eu lieu, la sixième étant prévue au courant du dernier trimestre de 2014 à Madrid, a affirmé le ministre. La coopération bilatérale est « un exemple de complémentarité entre le deux rives de la Méditerranée ». 
Aussi, l’immense potentiel, et la proximité géographique sont censés plaider pour le renforcement des liens de coopération, a fait savoir le ministre. Le ministre espagnol des affaires étrangères, M. José Manuel Garcia-Margallo, a rappelé, dans son intervention, le contexte de crise que vit son pays depuis 2007. Une crise aggravée, a-t-il noté, par « les dettes publiques et privées qui ont atteint quatre fois le PIB du pays » et un déclin du secteur immobilier. La chute du PIB, la détérioration du revenu commercial, le déficit qui a atteint 10% du PIB, la chute sévère des comptes publics et des finances du pays, et la baisse sensibles des exportations de l’Espagne, soit 35 à 36% du PIB, sont autant d’arguments qui incitent le pays à mener une offensive pour tenter de rétablir son économie dans un contexte difficile. Le gouvernement espagnol qui compte s’investir davantage en Algérie pour redresser sa situation financière notamment, plaide pour une base juridique commune qui protégerait les intérêts communs. Le ministre espagnol des Affaires étrangères a été direct en affirmant que « la règle des 49/51 rend difficile la présence d’entreprises espagnoles en Algérie ».

Inquiétudes suite à la crise en Ukraine
Dans un point de presse organisé en marge du forum, M. José Manuel Garcia-Margallo a fait part des inquiétudes de l’Espagne, mais aussi de l’Europe quant à l’approvisionnement en gaz au regard de la crise qui sévit en Ukraine, d’autant plus, a-t-il indiqué que 24% des besoins de l’Europe en gaz proviennent de la Russie, et que les canalisations passent par l’Ukraine. « La crise entre la Russie et l’Ukraine a dévoilé la dépendance excessive de l’Europe au gaz naturel provenant de la Russie », a-t-il avoué. 
Il a également fait part de l’intérêt de son pays pour l’exploitation de la ressource énergétique en Afrique du Nord, notamment en Algérie. Il a également annoncé la mise en place d’un groupe de travail algéro-espagnol, doté de sous-groupes, prochainement pour développer la coopération économique bilatérale dans des domaines tels que les transports, la construction, le tourisme et l’agroalimentaire, les énergies renouvelables, et le tourisme. L’Algérie et l’Espagne sont liées par un accord d’amitié, de bon voisinage et de coopération engageant les deux parties à entretenir un dialogue politique constant.

Par D. Akila - Source de l'article Elmoudjahid

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