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dimanche 21 octobre 2018

Dix ans après, que reste-t-il de l’Union pour la Méditerranée ?

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- «Elle peut mieux faire», selon Nasser Bourita
- Le bilan politique est mitigé
- La Méditerranée en 2018 représente 1/3 du trafic maritime mondial


Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, est sur tous les fronts: Afrique, ONU, Sahara marocain… Il trouve le temps de participer au 3ème forum régional de l’Union pour la Méditerranée (UPM), réuni lundi dernier à Barcelone en Espagne.

Cette rencontre, qui a marqué le 10e anniversaire de cette organisation régionale, a rassemblé les ministres des Affaires étrangères des pays membres. Le thème choisi, «construire ensemble l’avenir de la coopération régionale», renseigne sur la volonté politique de lui insuffler un nouvel élan.

Cette instance, qui a vu le jour à l’initiative de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, n’a pas pris son envol comme il était prévu à l’origine. Le conflit israélo-palestinien, désaccords politiques, … autant d’obstacles qui ont freiné son essor, né du processus de Barcelone.

Dans ce forum, le Maroc a été représenté par Nasser Bourita, pour qui l’UPM, née il y a 10 ans, presque jour pour jour, est une continuation. Elle a insufflé une dynamique nouvelle au Processus de Barcelone, auquel elle a apporté une identité institutionnelle, une approche et une philosophie.

«Du Projet de la Méditerranée, nous sommes passés à la Méditerranée des projets. Elle a constitué un forum unique pour dialoguer sur les défis de notre région, qui sont aussi réels que spécifiques. La Méditerranée en 2018 représente 1/3 du trafic maritime mondial. Elle renvoie également à 1.800 candidats à l’immigration morts en mer, soit 62% du total des décès similaires dans le monde. C’est aussi 27.000 arrivées de migrants en Espagne, 26.000 en Grèce, 19.000 en Italie …», a souligné Nasser Bourita dans son discours très suivi. 

Dans l’assistance, on pouvait aisément distinguer notamment Federica Mogherini, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Ayman Safadi, ministre jordanien des affaires étrangères et Nasser Kamel, secrétaire général de l’UPM, étaient de la partie. Ce «trio de choc» a signé dans L’Economiste de mardi une tribune exclusive sur la mobilisation pour la coopération Euromed.

En tout cas, Nasser Bourita s’inscrit dans la même direction mais avec beaucoup plus de lucidité: «l’UPM étant pertinente aujourd’hui, elle le restera, mais à condition qu’elle puisse se renouveler et se réinventer». Le ministre tient le bilan opérationnel en 3 mots: «peut mieux faire». Ce n’est pas une sentence. C’est une ambition et un défi! Car, il s’agit d’anticiper et être capable de proposer une vision, relativise-t-il.

Nasser Bourita s’est également penché sur le bilan politique: «la construction de l’espace de stabilité et de prospérité partagée tant souhaité par les deux rives, ne s’est pas réalisée. Sans doute, l’UPM a-t-elle été prise de vitesse par l’histoire, qui s’est accélérée ces 10 dernières années. Sans doute, aussi, doit-elle, désormais, moins subir les évènements, et davantage les anticiper».

Pour sa part, Federica Mogherini a considéré que ce forum a été une occasion de parler des défis et objectifs communs des pays, «une région dont la diversité constitue une source de richesse et non de contraintes».

A l’issue de ce Forum, le nouveau secrétaire général Nasser Kamel, qui a remplacé Fathallah Sijilmassi, a considéré que cette réunion «reflète l’engagement politique commun des 43 États membres de l’UPM et leur volonté de renforcer le dialogue, la convergence et l’intégration à l’échelle régionale en Méditerranée».

Pour lui, «les politiques nationales ne suffisent plus à résoudre les défis auxquels la région est actuellement confrontée. Cet objectif commun de coopération régionale et ce sens des responsabilités partagées demeurent essentiels pour la création d’interconnexions entre les cadres politiques internationaux et nationaux. C’est la même chose pour soutenir nos efforts vers la promotion d’un développement durable et inclusif dans la région euro-méditerranéenne», a-t-il ajouté.

Pour les participants, l’UPM constitue «une plate-forme unique permettant d’intensifier les efforts conjoints visant à relever les défis communs et créer des opportunités dans l’espace euro-méditerranéen. Les populations de la région et leurs aspirations légitimes sont placées au centre de la coopération. L’idée est de travailler ensemble pour faire face aux défis de taille qui minent sa prospérité et stabilité».

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La dimension africaine incontournable

L’ancien ministre des Affaires étrangères et actuel président de la CGEM Salaheddine Mezouar, a ouvert de nouvelles pistes à l’occasion d’un autre forum qui s’est tenu à Rome, en Italie. En effet, pour lui, «la gestion des défis auxquels fait face l’espace euro-méditerranéen est tributaire de la dimension africaine». Le destin de l’Europe est lié à l’Afrique et aux défis posés par la zone du Sahel qui souffre de plusieurs problèmes à même de mettre en péril la région et ses populations. L’idée est d’ouvrir de nouvelles perspectives pour les jeunes et d’assurer des opportunités d’emploi, d’enseignement et de formation. De même, la résolution du différend en Libye, du conflit en Syrie et de la question palestinienne requiert un poids politique pour tenter des solutions et retrouver la stabilité dans la région, a-t-il rappelé.

Gamme de projets large

Les États membres de l’UPM ont approuvé 54 projets de coopération d’envergure régionale avec une valeur de 5,6 milliards d’euros. La gamme des projets est large: elle va des initiatives de développement durable aux projets d’infrastructure urbaine en passant par des programmes multisectoriels favorisant le renforcement des capacités. Au menu également, l’égalité des sexes, l’entrepreneuriat et la création d’emplois. Par ailleurs, l’UPM a organisé, au cours des dix dernières années, plus de 25 réunions ministérielles, mis en place 12 plateformes de dialogue régionales dans des domaines clés pour la Méditerranée. Elle a également organisé plus de 300 forums réunissant plus de 25.000 experts et parties prenantes de la région.

Antiterrorisme: Laftit dans la cour des grands

LE Sommet-G6 des ministres de l’intérieur des six grands pays de l’Union Européenne, que sont la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie et la Pologne, s’est penché sur le terrorisme et la migration. Abdelouafi Laftit participe à cette rencontre qui s’est déroulée à Lyon, en France. Cette invitation peut être interprétée comme un signe de reconnaissance du rôle joué par le Maroc, dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et de la préservation de la sécurité.

Sa politique en matière d’émigration a été prise en compte dans ce choix. En plus de Rabat, Washington également invitée à ce G6, est représentée par la vice-secrétaire américaine à la sécurité intérieure et le procureur général des Etats-Unis.

Cette réunion de travail est organisée à l’initiative de la France. Les échanges entre les délégations participantes ont également porté sur la coopération sécuritaire au Sahel, la lutte contre le terrorisme via internet et les techniques de communication.

Ils ont assisté à un exercice de grande ampleur sur la gestion d’un attentat terroriste, organisé en marge du sommet. Cette démonstration, qui a fait intervenir plusieurs centaines de forces spécialisées et des figurants, a été suivie par une quarantaine de délégations techniques venues des pays participants.


Par Mohamed CHAOUI - Source de l'article l’Économiste

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