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dimanche 17 avril 2016

Comment l’Algérie défend ses parts de marché dans le gaz en Europe

Les livraisons de gaz algérien (via gazoduc) vers les clients traditionnels que sont l’Italie et l’Espagne ont fortement augmenté en ce début de second trimestre 2016, rapporte, ce jeudi 7 avril, l’agence d’information spécialisée Platts.

gazoduc - TSA

Cette nouvelle donnée « inattendue » démontre la compétitivité du gaz algérien et dénote de la volonté du pays de défendre ses parts de marché, notamment vis-à-vis de la concurrence russe, analyse la même source.

Quadruplement vers l’Italie, plus de 50% de hausse vers l’Espagne

Ainsi, les volumes livrés à l’Italie via le gazoduc TransMed, ont atteint, hier mercredi, la barre des 65,5 millions de mètres cube de gaz par jour, un plus haut en trois ans, indique Platts. Ceci représente un quadruplement des quantités moyennes traditionnellement livrées au mois de mars, précise l’agence d’information. En effet, la moyenne quotidienne au mois de mars était de 16 millions de mètres cube.

Du côté de l’Espagne, la hausse est moindre mais reste très significative : 50% de plus que la moyenne habituelle du mois de mars, atteignant un niveau de 46 millions de mètres cube de gaz par jour livrés par gazoduc, détaille Platts.

Sur toute l’année 2015, les livraisons quotidiennes vers l’Italie ont enregistré une moyenne de 19 millions de mètres cube/jour et seulement 18 millions de mètres cube/jour en 2014.

Compétitivité et préservation des parts de marché

Le gaz algérien semble donc avoir la cote. Ce « pic soudain » pourrait trouver son explication dans une conjonction de plusieurs facteurs, selon la même source. Tout d’abord, la production de gaz naturel liquéfié (GNL) est en légère baisse, selon Platts.

Transporté par tankers (bateau), une baisse de la production du GNL algérien pourrait effectivement expliquer une compensation par la livraison accrue de gaz via gazoducs. Cela dit, les proportions de la baisse qualifiée de « légère » ne semblent pas expliquer une telle augmentation.

Les prix du gaz, indexés sur ceux du pétrole (marché spot), pourraient contribuer à une hausse des exportations algériennes, estime Platts. Par ailleurs, il se pourrait que les prix pratiqués dans les contrats à long-terme qui lient les deux pays, soient avantageux dans les circonstances actuelles, indique la même source. Enfin, Platts avance la possibilité que l’Algérie ait adopté une stratégie agressive pour « défendre ses parts de marché ».

L’Algérie pourrait craindre une éventuelle concurrence du GNL en provenance des États-Unis, en particulier dans un contexte de faible utilisation des capacités d’importation de GNL en Italie et en Espagne, rappelle l’agence d’information. La même source indique que l’Algérie doit également faire face à la concurrence de la Norvège et de la Russie.

En effet, l’Algérie suivrait le mouvement de hausse des volumes pour maximiser ses revenus d’exportation d’hydrocarbures, pour préserver sa « base de clients », sans se soucier outre mesure des prix de vente, analyse Platts.

Baisse des livraisons russes, effondrement des quantités de gaz libyen

Dans tous les cas, la hausse des livraisons de gaz algérien, vers l’Italie du moins, se fait au détriment du gaz russe. En effet, le géant gazier de l’Est a vu ses exportations, en ce début du mois d’avril, se réduire de 37% par rapport aux moyennes du mois de mars, indique Platts. Ceci suggère que le contrat gazier avec l’Algérie soit compétitif vis-à-vis du gaz russe, précise la même source.

Pour sa part, la Libye a subi un effondrement de ses livraisons de gaz vers l’Italie. Elles ont touché un plus bas d’à peine 2 millions de mètres cube quotidiens mardi dernier, avant de remonter à 8 millions hier, mercredi, indique Platts. Ces exportations libyennes restent tout de même loin de leur niveau habituel, autour de 14 millions de mètres cube par jour.

Surtout, elles sont largement en deçà des commandes italiennes, restées stables à 12-14 millions de mètres cube toute la semaine, précise l’agence d’information. Pourtant, rien n’indique une rupture d’approvisionnement au niveau des installations gazières libyennes, conclut Platts.

Source de l'article TSA Algérie

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