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mercredi 13 décembre 2017

Pour un vrai partenariat entre les deux rives méditerranéennes

MEDITERRANEAN SEA MOROCCO

Trois raisons essentielles confirment aujourd'hui plus que jamais la nécessité de se mobiliser fortement en faveur d'un véritable partenariat entre les deux rives de la Méditerranée.

En premier lieu, il n'a jamais été aussi clair que les défis auxquels fait face la région euro-méditerranéenne nécessitent une réponse collective et concertée. Des menaces sécuritaires aux enjeux du vivre ensemble en passant par les défis socio-économiques, tout démontre aujourd'hui qu'il n'y a pas de réponses uniquement nationales ni confinées dans des périmètres géographiques limités. 

Dans un moment où les tentations du repli sur soi et des affirmations identitaires sont de plus en plus exacerbées, il est plus que jamais nécessaire de dire haut et fort que c'est ensemble que nous réussirons. Ou que nous échouerons tous.

C'est tout le sens de la feuille de route pour l'Union pour la Méditerranée (UpM) adoptée en janvier 2017 à Barcelone par les ministres des Affaires étrangères des 43 pays membres. C'est dans cet esprit que s'inscrit également le récent Sommet entre l'Union africaine et l'Union européenne (UA-UE) d'Abidjan. L'UE est elle-même dans une dynamique de consolidation face à la nécessité d'agir collectivement en réponse aux différents défis.

La stabilité et la sécurité de l'Europe, de la Méditerranée et de l'Afrique sont bien évidemment intimement liées.

En deuxième lieu, limiter le sud de la Méditerranée à la seule gestion de "l'agenda négatif" auquel il faut bien sûr faire face avec détermination et fermeté (terrorisme, enjeu migratoire, phénomènes de radicalisation...) serait une grande injustice faite à des millions de Méditerranéens qui s'inscrivent dans l'ouverture et la modernité et dont les réalisations au quotidien sont remarquables. Ces femmes et ces hommes, au sud et au nord de la Méditerranée, représentent le meilleur atout de la région et sont les meilleurs ambassadeurs des valeurs partagées que nous voulons défendre et promouvoir. Ils doivent être au centre de notre attention et de notre action. 

En troisième lieu, nous devons renforcer l'engagement politique collectif au profit des actions concrètes. 

Aujourd'hui, la Méditerranée n'a besoin ni d'une vision romantique sur le passé glorieux de la Mare Nostrum, ni d'un discours défaitiste et anxiogène sur l'état de la région, ni encore de théories permanentes sur l'éternelle nécessité de refondation du partenariat. 

Les institutions existent. Il faut les utiliser davantage. Les financements existent. Il faut en assurer la pleine efficacité au profit d'actions qui renforcent les liens entre les populations et qui apportent des réponses tangibles à leurs attentes.

C'est sur la base de ces trois observations que l'Union pour la Méditerranée travaille en privilégiant l'action sur le terrain aux effets d'annonces médiatiques.

Sous l'impulsion de ses deux co-présidences, l'Union européenne et la Jordanie, et avec l'action de son Secrétariat général, les activités de l'UpM ont permis ces dernières années, dans un contexte complexe, d'atteindre toutefois aujourd'hui trois objectifs stratégiques majeurs:
  • Être une plateforme de dialogue politique régional ;
  • Rassembler autour des gouvernements les acteurs de la coopération régionale (organisations internationales, ONGs, secteur privé, autorités locales etc.) ;
  • Promouvoir des projets régionaux concrets au bénéfice des populations.
L'UpM incarne aujourd'hui la volonté de disposer d'un cadre de travail pour renforcer la coopération régionale en Méditerranée. Ce cadre traite nécessairement de l'ensemble des défis graves, sérieux et malheureusement croissants dans notre région. Mais il permet de le faire avec une vision globale et équilibrée qui prend toute la mesure de l'existence d'un champ important d'opportunités et qui traite des racines profondes des maux actuels que sont les défis de l'emploi des jeunes, l'éducation, la santé et la justice.

Des projets concrets pour la jeunesse - Université euro-méditerranéenne de Fès, initiative Med4jobs pour la création d'emploi, projet WOMED de Sciences Po pour le leadership féminin, pour n'en citer que quelques-uns - aux programmes structurants pour le développement durable dans les domaines de l'eau, l'environnement, l'économie bleue, le transport, le développement urbain, l'énergie et le changement climatique, les champs d'opportunités sont réels et nombreux.

Oser un agenda positif pour la Méditerranée est aujourd'hui impératif, et il faut le faire avec force et conviction.

Par Fathallah Sijilmassi (Secrétaire général de l’Union pour la Méditerranée) - Source de l'article Huffpostmaghreb

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