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dimanche 30 juin 2013

Le Maroc et l’UE entament un deuxième round de négociations à Bruxelles


Le-Maroc-est-le-premier-pays-du-sud-de-la-Mediterranee.jpg● Après la réunion de cadrage tenue le 22 avril dernier à Rabat, les négociateurs marocains et européens se retrouvent du 24 au 27 juin à Bruxelles pour un 2e round de négociations sur l’ALECA.
● Au menu des discussions, les questions réglementaires du domaine des affaires, notamment la facilitation des échanges, les obstacles techniques au commerce, la protection des investissements et la politique de concurrence.
● L’ALECA, qui fera partie de l’accord d’association UE-Maroc, a pour objectif principal de faciliter l’intégration progressive de l’économie marocaine dans le marché intérieur de l’UE.


Le Maroc et l’UE ont repris hier à Bruxelles les négociations pour la conclusion d’un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA). Il s’agit du deuxième round de discussions entre les deux parties, le premier round s’étant tenu à Rabat il y a un peu plus d’un mois. 
Selon le négociateur en chef de l’UE, Ignacio Garcia Bercero, les pourparlers porteront essentiellement sur les services, le seul grand domaine économique qui n’est pas couvert par les accords actuels entre l’UE et le Maroc, ainsi que sur toutes les questions réglementaires du domaine des affaires. L’ALECA, qui fera partie intégrante de l’accord d’association Maroc-UE, couvrira une gamme complète de domaines réglementaires d’intérêt commun, tels que la facilitation des échanges, les mesures sanitaires et phytosanitaires, la protection des investissements, les marchés publics et la politique de concurrence.

Mais au-delà de ses aspects techniques et commerciaux, l’ALECA est un accord qui devrait consolider davantage l’arrimage du Maroc à l’UE et renforcer la compétitivité et les structures économiques du Royaume. 
«L’ALECA ira au-delà de la libéralisation des échanges commerciaux et de la suppression des droits de douane applicables aux biens. C’est surtout un accord de gouvernance économique qui vise à assurer un climat des affaires plus stable grâce à un rapprochement de la législation marocaine à l’acquis communautaire», affirme l’ambassadeur, Menouar Alem, chef de la mission du Royaume du Maroc auprès de l’UE. Il s’agit donc, selon le diplomate marocain, d’un accord qui vise à consolider davantage l’ouverture de l’économie nationale et à faciliter son intégration progressive dans le marché intérieur de l’UE à travers notamment la convergence réglementaire.

À cet égard, il y a lieu de préciser que le rapprochement réglementaire entre le Maroc et l’UE n’est pas nouveau, car le Royaume avait entamé depuis plusieurs années le processus d’harmonisation de sa législation avec la réglementation de l’UE. Toutefois, c’est pour la première fois que cet aspect fait partie d’un accord contraignant pour les deux parties avec une perspective à moyen terme de l’intégration de l’économie marocaine dans le marché intérieur de l’UE. «Le Maroc est déjà très avancé dans le processus d’harmonisation de sa législation avec la réglementation de l’UE et c’est pour cette raison qu’il est le premier pays du voisinage sud de la Méditerranée avec lequel l’UE a entamé les négociations sur une zone de libre-échange approfondie et complète», rappelle M. Alem. L’importance des enjeux liés à l’ALECA n’est donc plus à démontrer, surtout pour le Maroc qui en cas d’aboutissement des négociations pourra tirer profit de l’intensification des flux commerciaux avec l’UE. C’est ce que vient de démontrer d’ailleurs une étude récente.
En effet, les résultats préliminaires de l’étude d’impact menée par le cabinet de conseil néerlandais ECORYS pour évaluer les effets de l’ALECA sur le plan économique, social et environnemental aussi bien au Maroc que dans l’UE relèvent que l’ALECA devrait à long terme accroitre le PIB du Royaume de près de 1,6%. L’étude prévoit aussi une augmentation à long terme des exportations de 15% contre 8% des importations. Pour ce qui est de l’impact social, l’analyse en question montre que l’ALECA devrait contribuer à l’amélioration du pouvoir d’achat des citoyens avec une augmentation des revenus comprise entre 1,6 et 1,9%. Par ailleurs, l’ALECA devrait permettre à l’UE un gain en PIB de 834 millions d’euros à court terme et de 1,4 milliard d’euros à long terme.
Outre l’évaluation de la manière dont les dispositions commerciales et celles liées au commerce en cours de négociation pourraient influer sur les questions économiques, sociales et environnementales dans l’UE et au Maroc, l’étude devrait également proposer des mesures (commerciales ou non commerciales) à même de maximiser les bénéfices de l’ALECA et de prévenir ou minimiser les impacts négatifs potentiels.

Les secteurs économiques diversement impactés

Le cabinet de conseil néerlandais ECORYS, à la demande de la Commission européenne, a mené une étude pour évaluer l’impact de l’ALECA sur le Maroc et l’UE. Cette étude prévoit à long terme une augmentation des exportations du Royaume vers les pays de l’Union (+15%). Les importations elles aussi devraient croitre, mais de seulement 8%. 
Les exportations du secteur des autres équipements de transport devraient augmenter de 89% et celles des secteurs autres machines et véhicules automobiles devraient progresser respectivement de 71 et 50%, selon les auteurs de cette analyse qui estiment que le secteur des autres machines devrait profiter le plus de la libéralisation des échanges et connaitre la plus grande augmentation des exportations en valeur absolue (+3,3 milliards d’euros à long terme). 
L’analyse souligne d’autre part que l’ALECA devrait profiter à certains secteurs de l’économie nationale plus que d’autres. Ainsi, si la valeur ajoutée dans les secteurs des fruits et légumes ainsi que celui des services devait croître respectivement de 4% et de plus 1%, le secteur du cuir devrait être le secteur le plus affecté par l’accord avec une réduction de la production de 3,6% à long terme suivi du secteur des céréales et autres cultures dont la production devrait baisser de 2,7% à long terme.
En ce qui concerne les services, le secteur des technologies de l’information et de communication et autres services aux entreprises pourrait perdre près de 1,7% de sa production à long terme en raison d’une concurrence plus accrue de la part des entreprises européennes.
Source de l'article Le Matin

Repères
  • Le Maroc et l’UE ont tenu, le 22 avril dernier à Rabat, un premier cycle de négociations au cours duquel ils ont abordé les secteurs dont le Maroc souhaite harmoniser en premier et d’une manière graduelle la législation avec l’acquis communautaire.
  • L’ALECA, qui fera partie de l’accord d’association UE-Maroc, a pour objectif principal de faciliter l’intégration progressive de l’économie marocaine dans le marché intérieur de l’UE.
  • L’accord s’inscrit dans le cadre de la nouvelle génération d’accords de libre-échange que l’UE envisage de conclure avec quatre pays du sud de la Méditerranée, à savoir le Maroc, la Jordanie, la Tunisie et l’Égypte.
  • Le Maroc est le premier pays avec lequel l’UE a entamé les négociations sur un tel accord, ce qui témoigne de l’engagement ferme et irréversible du Royaume sur la voie de la réforme.

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