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dimanche 29 novembre 2015

Au sud de l'Europe, le soft power et ses limites

C’est dans le climat lourd des attentats de Paris et des enjeux sécuritaires du pourtour méditerranéen qu’était présenté, le 18 novembre, à Bruxelles un point sur la révision de la politique européenne de voisinage (PEV). 

Résultat de recherche d'images pour "Au sud de l'Europe, Med Méditerranée"À la manœuvre, Johannes Hahn, commissaire chargé de cette politique, et Federica Mogherini, haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité. Après de multiples consultations, ce processus d’intégration, qui lie l’Europe à seize de ses voisins, va bientôt être discuté au sein du Conseil et du Parlement européens. Pour rappel, il est constitué de deux volets : à l’Est, le partenariat oriental (celui qui a mis le feu entre l’Ukraine et la Russie !), au Sud, le partenariat méridional (Tunisie, Maroc, Jordanie, Liban, Autorité palestinienne…), objet de toutes les attentions. Comme souvent dans ce type d’exercice, nos deux responsables européens ont promis moins de bureaucratie, plus d’efficacité, une « appropriation mutuelle accrue » ou encore un meilleur dialogue avec les parties prenantes. Ils proposent ainsi de supprimer les rituels rapports d’étape annuels par pays.

Mais l’essentiel n’est pas là. « Le défi le plus urgent est la stabilisation de notre voisinage. Les conflits, le terrorisme et la radicalisation nous menacent tous », a déclaré Johannes Hahn. Pour Federica Mogherini, « c’est là précisément l’objet du présent réexamen de la PEV, qui promouvra nos valeurs et intérêts communs, tout en incitant nos partenaires à renforcer leur coopération en matière de sécurité ». Une inflexion dictée par les événements et la folle expansion du djihadisme. Créée en 2004, la PEV a vocation, idéalement, à diffuser le modèle européen : démocratie, état de droit, liberté économique, respect des valeurs fondamentales… 
Cette action de soft power est accompagnée d’une belle carotte : l’instrument européen de voisinage, doté de 15,4 milliards d’euros sur 2014-2020. Pour les pays du Sud de la Méditerranée qui bénéficient des deux tiers de cette enveloppe, cette politique est tout sauf anecdotique. Ainsi, pour la Tunisie, les programmes en cours totalisent autour de 450 millions d’euros.

Le Maroc, pays le mieux doté après l’Autorité palestinienne, va recevoir sur la période au moins 728 millions d’euros. Ces financements – des dons, en réalité – sont répartis, après négociation avec les gouvernements, dans de nombreux programmes : réformes économiques, gouvernance, agriculture, santé, énergies vertes, promotion de la femme, droits de l’homme… Mais, à écouter le duo Hahn-Mogherini, le souci de transmission des valeurs européennes va s’effacer derrière la quête plus immédiate de résultats en matière de sécurité, de développement économique et d’emploi. Nécessité fait loi. 

Source de l'article l'Usine Nouvelle

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