Gibraltar, dans les soubresauts de la Méditerranée

Résultat de recherche d'images pour "Gibraltar, dans les soubresauts de la Méditerranée"Le sixième numéro de la revue toulousaine «Gibraltar, un pont entre deux mondes» est arrivé en librairie. Santiago Mendiéta, son rédacteur en chef nous en dévoile le contenu.

Gibraltar se fait l'écho des soubresauts de «notre» Méditerranée…

Notre revue met un point d'honneur à raconter des histoires à hauteur d'homme et de femme autour de cette Méditerranée bien malmenée. Il y a toujours une lueur d'espoir. Dans un entretien avec le chercheur et essayiste Thierry Fabre, spécialiste des mondes méditerranéens et fondateurs des rencontres d'Averroès à Marseille, nous tentons d'imaginer la Méditerranée «de l'après du désastre «notamment au Proche-Orient. Nos récits sont très différents et tentent de varier les approches narratives et esthétiques : avec un dossier sur les îles de Méditerranée (Stromboli, Lérins, Cyclades et Adriatique), un portrait de Jean-Baptiste Libouban, écologiste chrétien et pacifiste avant l'heure qui poursuit ses combats à 83 ans depuis son Haut-Languedoc. Ou cette odyssée d'une famille syrienne, arrivée dans une île grecque, qui traverse l'Europe pour trouver refuge en Suède, un très beau récit photo du photographe Olivier Jobard intitulé «Tu seras suédoise ma fille». Tout un symbole.

L'exil, la colonisation, sont des plaies encore ouvertes ?

On n'efface pas en quelques décennies la colonisation européenne au Maghreb, au Proche-Orient et le traçage de frontières artificielles. Et si on ajoute la folie du nihilisme djihadiste… Nous ne sommes en rien une revue universitaire ou géopolitique. Nous racontons les réalités d'aujourd'hui à travers des portraits, des reportages en immersion, des récits de voyage, par le texte, le dessin, la photo, au plus près des gens. Nous publions aussi des textes de fiction. «Le salut viendra de la mer» nous fait comprendre les ravages causés par la crise économique entre les Grecs eux-mêmes, y compris dans une île paradisiaque des Cyclades.

Il y a aussi l'imaginaire et la poésie…

Témoin cette évocation des lignes aériennes Latécoère que nous publions. Nous avons fait appel à un jeune auteur de bande dessinée, Yohan Colombié-Vivès. «Toulouse-Casablanca, aller simple» raconte l'histoire d'un pilote embauché par Latécoère lui-même qui recherche son fils à Casablanca. Mais ce dernier le cherche aussi… La poésie est présente aussi avec ce texte très personnel que je gardais dans un tiroir depuis longtemps sur le village natal de mon père, en Castille, La Isabela, qui a eu un destin tragique. Il y a aussi des clins d'œil et de l'humour avec «Il était le huitième envoyé» : un homme politique croate est envoyé en pénitence sur une île imaginaire de l'Adriatique pour y organiser des élections.

Peut-on imaginer un «monde commun apaisé» ?

De ce chaos apparent, peuvent aussi surgir de bonnes choses, des opportunités à condition de ne pas mettre de côté nos valeurs humanistes, de ne pas se désunir et de croire en nous-mêmes. À Gibraltar, nous sommes plutôt partisans de l'ouverture à l'autre plutôt que de la fermeture qui est un réflexe pavlovien assez primaire. C'est l'humain qui nous intéresse. Même s'il y a davantage matière à désespérer, il faut croire à un «possible monde commun». L'envisager c'est déjà la promesse de l'effleurer.

Par Gilles-R. Souillés - Source de l'article La Dépêche

Aucun commentaire: