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mercredi 16 mars 2016

Gérard Andreck (Macif) : «Le Maghreb, un terrain propice à l’assurance»

Retiré de la présidence de Macif et du Gema depuis plus d’un an, Gérard Andreck continue de se mobiliser en faveur de la promotion et du développement de l’économie sociale et solidaire au Maroc, en Algérie et en Tunisie. 

 « L’avenir se trouve en grande partie en Afrique. Ses habitants aspirent à des modes de consommation comme les nôtres. », Gérard Andreck, administrateur honoraire de Macif.Un rayonnement qui profite d’abord aux coopératives, un peu moins au mutualisme.

Avec 10% du produit intérieur brut (PIB) pour quelque 2,3 millions de salariés, l’économie sociale et solidaire (ESS) est un phénomène installé en France. Un peu moins de l’autre côté de laMéditerranée où le tiers-secteur, clairement sous-représenté, pèse à peine 1% du PIB aux Maghreb(Maroc, Algérie, Tunisie). Pourtant, « il y a une vraie perception liée à l’ESS au Maghreb même si les résultats ne sont pas encore significatifs », observeGérard Andreck, administrateur honoraire de laMacif, qu’il a présidé de 2006 à juin 2014.

Au sein de l’association MedEss, créée en 2013 à l’initiative du Crédit Coopératif et de Macif, Gérard Andreck continue de sensibiliser acteurs économiques et décideurs politiques au rayonnement de l’ESS. L’association intervient notamment en matière d’expertise financière, de financement et d’accompagnement de projets d’entreprises et apporte également son concours sur le terrain de la formation.

Des degrés de maturité inégaux d'un pays à l'autre

Le développement de l’ESS au Maghreb, sous la forme decoopératives, fondations, associations et mutuelles, dépend du niveau d’appropriation de cette économie par les Etats. « Il se négocie actuellement une loi sur l’économie sociale en Tunisie, attendue d’ici le premier semestre 2016. Le Maroc a, de son côté, sa propre ministre de l’ESS et de l’Artisanat. C’est un pays où l’ESS est présente dans toutes ses variétés et ses réseaux », souligne Gérard Andreck.

En Algérie, en revanche, l’ESS se développe beaucoup plus lentement en raison d’un « modèle politique très étatique », qui n’encouragerait ni à la prise d’initiative ni à l’esprit d’entreprendre. « Cela progresse mais la tâche reste difficile », concède l'ancien président de Macif.

La coopérative préférée à la mutuelle

Reste que parmi les quatre formes d’implantation de l’ESS, la coopérative apparait, de loin, comme la « structure la plus facile à vendre et exporter au Maghreb ». Elle est d’ailleurs « à l’origine dans bien des cas de l’émancipation de la femme et porteur d’espoir pour les jeunes. »

Même si le mutualisme est en partie boudé de l’autre côté de la Méditerranée, Gérard Andreck y voit toutefois un « terrain propice à des marchés pour l’assurance, en particulier en santé et prévoyance ». Et d’ajouter : « L’avenir se trouve en grande partie en Afrique. Ses habitants aspirent à des modes de consommation comme les nôtres. » Ces trois marchés prometteurs – le taux de pénétration de l’assurance est de l’ordre de 1,5% selon Standard & Poor’s - ont déjà suscité l’intérêt d’assureurs français.

Dans le détail Axa, Macif et BNP Paribas Cardif sont présents en Algérie. Au Maroc, Axa est implanté, ainsi que deux bancassureurs, Société générale et le Crédit Mutuel (via une participation de 20% dans RMA Watanya). En Tunisie, Groupama détient une participation dans STAR.

Source de l'article Argus de l'Assurance

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