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mercredi 16 mars 2016

L’Espagne craint l'impact d’une crise Maroc-UE sur ses frontière

L’Espagne craint les conséquences de la fermeture de la route des Balkans devant les réfugiés conjugée à une crise entre le Maroc et l’UE. D’où son appel au rétablissement dans les plus brefs délais, des contacts entre l’Union européenne et le royaume.

 M. Jorge Fernández Díaz
Suite à la décision marocaine de suspendre ses relations avec les instances européennes, l’Espagne avait confirmé son soutien au pourvoi contre l’arrêt du tribunal de l’UE annulant l’accord agricole. Hier, son ministre de l’Intérieur a franchi un cap dans cet appui à la position de Rabat. Depuis Bruxelles où il a pris part à la réunion des ministres de l’Intérieur de l’UE, Jorge Fernández Díaz a invité les Vingt-huit à prendre des mesures garantissant un retour au contexte qui prévalait avant le 10 décembre, indique un média local.

Dans le cas contraire, le responsable a mis en garde l’Union européenne contre les « graves conséquences pour l’Union européenne, l’Espagne et le Maroc » qui résulteraient de l’arrivée de milliers de migrants qui tenteraient de traverser la Méditerranée.

L’Espagne craint la fermeture de la route des Balkans devant les réfugiés

Díaz a défendu le maintien de bonnes relations avec le Maroc, expliquant que la « stabilité » du royaume est « stratégique » pour l’UE. Madrid est d’autres pays européens de la Méditerranée craignent surtout que la fermeture de la route de Balkans, décidée mardi à l’issue d’un sommet des chefs d’Etat des Vingt-huit avec la Turquie, ne poussent les migrants à opter pour d’autres alternatives comme le passage par le Maroc. Et avec un maintien du gel des relations entre le Maroc et l’UE, le royaume pourrait devenir moins coopératif dans la gestion de l’immigration irrégulière.

Le ministre espagnol a révélé, dans des déclarations à la presse, que cette préoccupation était au menu des débats de la réunion des ministres de l’UE de mercredi. Des craintes que des experts en flux migratoires partagent également. Le pré-accord entre Bruxelles et Ankara ne garantit pas pour autant que « l’âge de la migration vers l’Europe est révolu », a d’ailleurs tenu à préciser le président du conseil de l’Europe Donal Tusk.

Les concessions politiques et les généreuses compensations financières cédées à la Turquie d’Erdogan ne sont qu’un placebo qui ne guérira pas le mal qu’est le chaos en Irak et en Syrie sans oublier que le cas Libyen. Les réfugiés tenteront de gagner le Vieux Continent à tout prix en passant par d’autres routes.

Le Maroc joue depuis quelques années le rôle de gendarme de l’Europe et il a grandement contribué à rendre presque hermétique certains points de passage des candidats à l’immigration irrégulière. Pour mémoire, c’est grâce à l’engagement du royaume, en 2005 et 2006, que les flux de migrants vers les Iles Canaries avaient nettement baissé. Une coopération qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui.

Par Mohammed Jaabouk - Source de l'article Yabiladi


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