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vendredi 1 décembre 2017

L'extrémisme violent met en péril la cohésion sociale dans la région euro-méditerranéenne

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Les attaques de l’extrémisme violent ébranlent la cohésion de sociétés aussi différentes du point de vue culturel que l’européenne, la maghrébine et la moyen-orientale. Pour freiner cette menace, il faut, entre autres mesures, en combattre les causes socio-économiques (inégalité, chômage, discrimination sociale pour des raisons religieuses, ethniques...), mettre fin aux conflits existant dans la région (Syrie, Iraq, Libye...) et renforcer la coopération euro-méditerranéenne en faisant appel à la pleine participation de la société civile et des acteurs locaux en matière de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent.

Telles sont, entre autres, les principales conclusions et recommandations que l’on peut tirer des résultats premiers de la nouvelle édition du sondage Euromed, celui-ci étant axé cette année sur l’impact de l’extrémisme violent sur la stabilité et la sécurité de la région euro-méditerranéenne ainsi que sur la façon d’identifier les environnements et les facteurs à même de conduire à la radicalisation. Finalement, le sondage cherche à évaluer les politiques et la stratégie existante en matière de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent pour en faire un bilan et signaler quelles devraient être les priorités des gouvernements de l’Union européenne à cet égard.

Le sondage a été réalisé auprès de 746 experts du monde universitaire ou membres de think tanks ainsi qu’auprès des acteurs institutionnels, politiques et de la société civile des 43 pays constituant la région euro-méditerranéenne. 

L’une des principales conclusions que l’on tire des réponses données par les personnes interrogées est que les attaques terroristes ont des effets indirects pervers, à savoir : ils sapent la cohésion sociale et nourrissent l’islamophobie dans les sociétés européennes ainsi que dans le Sud et l’Est de la Méditerranée.

L’extrémisme violent islamiste est considéré une menace pour la stabilité et la sécurité de la région euro-méditerranénne, mais nos experts considèrent que d’autres phénomènes tels l’islamophobie ou la montée de l’extrême droite en Europe ainsi que les tendances autoritaires des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée ont des effets similaires.

Les experts et les acteurs consultés pensent que les principaux moteurs de l’extrémisme violent sont sociaux (exclusion économique, affaiblissement des États, exclusion politique et discrimination...) et que la religion n’y joue pas un rôle déterminant.

Il faut signaler, cependant, des différences remarquables entre les réponses des participants européens et celles des participants issus des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée. Par exemple, ces derniers ont davantage tendance à identifier les communautés religieuses comme étant des contextes plus à même de favoriser l’extrémisme violent (16,4 % contre 10 % chez leurs confrères européens).

En ce qui concerne le facteur le plus susceptible de mener un individu à la radicalisation, on relève aussi des écarts entre les interrogés. Pour les Européens, il s’agit d’un sentiment d’humiliation et de discrimination tandis que pour leurs homologues du Sud et de l’Est de la Méditerranée, ce sont la répression exercée par l’État et la privation de certains droitsguntats per l’element més important que pot dur a la radicalització d’un individu cap a l’extremisme violent també hi ha diferències.

Sur la question de savoir quels acteurs gouvernementaux ou non gouvernementaux ont été ou sont responsables de l’apparition de l’extrémisme violent, 3 experts sur 4 pointent les États et leurs actions. Ils signalent notamment les interventions militaires à l’étranger, les tendances autoritaires et l’échec des États à promouvoir la participation politique et l’intégration socio-économique.

Outre les pays en guerre, tels la Syrie ou l’Iraq, les personnes consultées ont placé la France et l’Égypte en tête de la liste des pays qui, selon eux, ont le plus de probabilités de devenir la cible de l’extrémisme violent dans les prochaines années. Ces résultats sont particulièrement inquiétants compte tenu du fait que les attaques perpétrées à Paris en novembre 2015 sont considérées, de loin, celles qui ont été les plus néfastes pour la stabilité de l’ensemble de la région euro-méditerranéenne au cours des dernières années.

Néanmoins, il faut ajouter qu’en termes d’impact socio-économique, quand ce genre d’attaques se produit dans les pays de la rive Sud de la Méditerranée, elles causent encore bien plus de ravages, comme l’expliquent plusieurs experts de la région dans les réponses ouvertes du sondage. L’un d’entre eux signale d’ailleurs que les attaques « exercent une pression terrible sur ces pays et accroissent l’instabilité et la perte de cohésion sociale ».

La menace de l’extrémisme violent ne prendra pas fin avec la défaite de Daech (l’autoproclamé État islamique). Les experts pensent que d’autres organisations qui existent déjà continueront à menacer la sécurité et l’instabilité de la région (notamment Al Qaida et sa branche au Maghreb)ou qu’il en naîtra de nouvelles.

C’est pour cette raison que la majorité des sondés prônent que le meilleur remède pour combattre l’extrémisme violent sur le long terme n’est pas tant la mise en application de mesures sécuritaires, mais la lutte contre les facteurs structurels qui le nourrissent, en particulier les facteurs économiques et sociaux. 

Profitant des réponses ouvertes pour s’expliquer, l’un des experts issu d’un pays méditerranéen partenaire signale que l’extrémisme violent «est une idéologie suffisamment populaire pour capitaliser le vaste éventail du mécontentement socio-économique et politique existant».

Quant aux efforts réalisés par les différents pays des sondés en matière de lutte contre l’extrémisme violent, on observe que ce sont les Marocains et les Algériens qui semblent les plus satisfaits à cet égard, notamment en comparaison avec les Égyptiens et les Tunisiens. En Europe, les Italiens et les Espagnols font preuve de plus de satisfaction que les Français et les Belges.

Parmi les recommandations mises en avant, il faut signaler les suivantes: renforcer la coopération au niveau euro-méditerranéen en matière de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent et intégrer dans cette lutte la société civile et les acteurs locaux, des partenaires considérés essentiels.

Pour ce qui est de l’UE les experts considèrent qu’elle doit se concentrer sur deux priorités principales : 
  • combattre les discriminations pour des questions religieuses, de croyance ou en raison des origines ethniques
  • mettre fin aux conflits existant dans la région (Syrie, Iraq, Libye...).
Représentativité de l’échantillon des personnes interrogées

746 personnes issues des 28 pays de l’UE (51 %) et 15 personnes du Sud et de l’Est de la Méditerranée (48 %) ont répondu à l’enquête durant le premier semestre de 2017. La moitié sont des experts du monde universitaire ou membres de think tanks et l’autre moitié est composée d’acteurs du monde politique (représentants gouvernementaux, institutions européennes et organisations internationales) ou de la société civile (ONG, entreprises, médias). 

Vous pourrez bientôt consulter l’Euromed Survey 2017 qui contient tous les résultats du sondage ainsi que des articles d’analyse rédigés par des experts de la taille d’Alexander Ritzmann, chercheur senior de l'European Foundation for Democracy et coprésident du groupe de travail Communication et Discours du Réseau de sensibilisation à la radicalisation ou de Luca Gervasoni, codirecteur de Novact, ou encore de Moustapha El Sagezli, directeur du Programme libyen pour la Réintégration et le Développement.



Huit éditions du Sondage Euromed

Depuis 2009, le sondage Euromed s’est adressé à un univers de 6 500 experts et acteurs des relations euro-méditerranéennes afin de connaître et diffuser la façon dont ils évaluent les progrès, les réussites et les défaillances des relations euro-méditerranéennes ainsi que l’évolution des politiques liées à des questions fondamentales telles les migrations, la politique européenne de voisinage, les mutations provoquées par les printemps arabes, l’extrémisme violent,etc. En ce sens, les résultats du sondage contiennent des propositions et des recommandations qui peuvent être utiles à la prise de décisions des institutions et des responsables politiques..

Les résultats de chaque édition sont recueillis dans un ouvrage contenant également des analyses qualitatives d’experts

Elles sont toutes consultables sur: http://www.iemed.org/euromedsurvey.

Source de l'article IEMed

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