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dimanche 22 janvier 2017

ProcessMéditerranée à l’aide des entrepreneurs sociaux au Liban

Une quarantaine de jeunes étudiants, en provenance de France et de Tunisie, se penchent sur les thématiques de l'eau, de l'agriculture, de la jeunesse et des femmes au pays du Cèdre.



Dix-sept étudiants et étudiantes en master coopération et développement au Maghreb et au Moyen-Orient à Sciences Po Lyon, tous passionnés par le monde arabe, sont engagés depuis une dizaine de jours dans des activités sur le terrain visant à soutenir les entrepreneurs sociaux et à stimuler l'innovation sociale et solidaire au Liban. Ils seront rejoints par une vingtaine de jeunes Tunisiens, tous mastérants en entrepreneuriat social à l'Institut des hautes études commerciales de Carthage (IHEC Carthage). « Au total, 38 étudiants sont impliqués dans cette étape du programme ProcessMéditerrannée qui met en relation des jeunes en formation et des professionnels de l'entrepreneuriat social au Liban, en Tunisie et en France », précise Guillaume Moraël, directeur d'Arcenciel-France (branche de l'association libanaise Arcenciel), initiatrice du programme ProcessMéditerranée.

Les jeunes étudiants, formés dans le cadre de ce programme à la gestion des projets, se sont chargés eux-mêmes et seuls de toutes les facettes de la mise en place du projet: du financement au contact avec les médias. « Pendant six mois avant le voyage, nous nous sommes occupés de la recherche de fonds, de la communication externe, de tous les éléments-clés du montage d'un projet », indique Hélène Quinqueton, 22 ans, étudiante à Sciences Po Lyon qui fait partie de l'équipe chargée d'aider le réseau des Rainbow clubs d'Arcenciel/Liban à optimiser leur communication.
Bien que le budget du projet soit important, l'intégralité du financement a été collectée par les jeunes étudiants. « Ils ont organisé des événements de collecte de fonds, lancé une campagne de crowdfunding sur le Web et trouvé des sponsors tels que le ministère français des Affaires étrangères et la ville de Lyon », souligne Guillaume Moraël.

À la rencontre d'entrepreneurs sociaux libanais

Dans le cadre de leur projet, qui succède à deux premières étapes menées en 2016 avec succès en Tunisie et au Liban, les jeunes étudiants, accompagnés par des formateurs, vont à la rencontre d'entrepreneurs sociaux libanais, et cela à travers trois axes de travail : services, recherches et web-doc.
L'axe des services consiste, pour un premier groupe, à apporter appui et conseil aux agriculteurs dans le domaine de Taanayel à la Békaa en vue de développer de nouveaux systèmes de distribution qui permettront aux agriculteurs de faire écouler leurs produits sans passer par des intermédiaires. Un second groupe d'étudiants travaille avec le réseau des clubs Rainbow d'accompagnement des jeunes dans les centres d'Arcenciel. « Nous essayons de voir comment on peut permettre à ces centres d'inscrire leur communication dans un mouvement plus large et quoi faire pour que la communication faite par les jeunes des centres puisse ouvrir d'autres possibilités. L'idée est de pouvoir faire du lien entre des gens qui ne se parlent pas actuellement, d'essayer de formaliser quelque chose dans l'esprit des Rainbow clubs en utilisant les nouvelles technologies d'information et de communication », explique avec enthousiasme Hélène. Pour réaliser leurs objectifs, les étudiants s'immergent pendant une quinzaine de jours dans le quotidien des entrepreneurs sociaux afin d'identifier avec eux les principaux challenges qu'ils rencontrent et leur proposer des solutions.
Les jeunes qui travaillent sur la recherche sont eux aussi divisés en deux équipes, chacune se penchant sur l'une des deux thématiques suivantes : les évolutions des programmes d'aide aux femmes avec la crise syrienne et les lieux de sociabilisation des jeunes Libanais. Pour trouver les réponses aux questions qu'ils se posent, les étudiants arpentent le Liban à la rencontre de différents acteurs. « L'objectif de cette activité est de prendre du recul sur un secteur (l'entrepreneuriat social) qui est récent », note le directeur d'Arcenciel-France.
L'équipe du web-doc, quant à elle, tourne un web-documentaire sur la problématique de l'eau. « Cette activité permet d'abord de donner de la visibilité à l'entrepreneuriat social et puis de montrer, en Europe par exemple, des initiatives, des problématiques en cours d'être résolues ;
de montrer donc des images positives du Maghreb et du Proche-Orient alors qu'on a surtout accès à une information négative », souligne Guillaume. Et d'ajouter : « L'année passée, les étudiants se sont intéressés à la crise des déchets au Liban. Leur web-documentaire sera projeté la semaine prochaine à l'Institut français de Beyrouth. »
L'avant-première du web-documentaire « La crise des déchets au Liban », réalisé au mois de juin 2016 par des étudiants dans le cadre du programme ProcessMéditérrannée, est prévue le 24 janvier à 19h30 au cinéma Montaigne de l'Institut français de Beyrouth.

Par Roula Azar Douglas- Source de l'article l'Orient le Jour

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