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mercredi 18 décembre 2013

IDE: l’Europe recule en Méditerranée

Redistribution des cartes "Investisseurs" selon Anima

Marchés de proximité qui croissent bien plus vite qu’en Europe, main-d’oeuvre qualifiée et compétitive, accès à des sources d’énergie variées… autant d’avantages qui prévalent au sud de la Méditerranée et qui séduisent les investisseurs. 

Malgré les tensions politiques, 2012 reste la quatrième meilleure année pour les pays Med en matière d’attraction des investissements directs étrangers (IDE), indique l’équipe Anima(1) dans sa nouvelle étude «Les pays émergents investissent la Méditerranée». Celle-ci dresse le bilan 2012 de l’attractivité des pays Med en matière d’investissements étrangers.
Le montant consolidé des projets est ainsi de 37 milliards d’euros, soit 5% de plus qu’en 2010. En revanche, le nombre de projets diminue légèrement, à 645 (-10% par rapport à 2010): «un signe que les montants de 2012 se sont relativement gonflés par l’annonce de quelques projets majeurs».
Ces chiffres sont à relativiser. En effet, la part de marché de la région Med par rapport au reste du monde en matière d’IDE diminue en réalité depuis quatre ans. Elle serait passée selon la Cnuced, de 3,3% en 2008 à 2,6% en 2012.
Sans conteste, la Turquie reste le leader de la région. En 2012, elle a attiré près d’un tiers des investissements étrangers (avec 12,7 milliards d’euros et 127 projets annoncés, soit un montant moyen de 100 millions d’euros par projet).
Le pays renforce de surcroît son influence économique sur les pays sud-méditerranéens. Les investisseurs turcs y ayant annoncé 10 projets d’IDE en 2012: 3 en Israël, 2 en Egypte, 2 en Algérie et 2 au Maroc.
L’Egypte s’en est bien sortie aussi. L’augmentation des IDE s’explique en grande partie par l’annonce de 3 projets d’un montant supérieur à 1 milliard d’euros (France Télécom, QNB, Etisalat). Pour le reste de la région, les intentions d’investissements restent stables en Jordanie et au Liban, 3 projets sont annoncés en Palestine et aucun en Syrie.
Le Maghreb tire aussi son épingle du jeu. L’Algérie affiche de bons résultats après des années de sous-performance. L’augmentation des IDE au Maroc est également palpable (voir encadré), de même que les annonces de partenariat en Libye qui sont à leur plus haut niveau. La Tunisie montre une bonne capacité de résilience grâce à sa stratégie «d’after care»: un certain nombre de projets d’extension d’investisseurs déjà présents dans le pays sont en cours.
En nombre de projets d’IDE annoncés, l’Europe est à son plus bas depuis 2005. Le continent pèse toujours pour 45% des projets (en nombre), mais son leadership est de plus en plus menacé par les investisseurs des régions émergentes.
Sur le plan sectoriel, l’énergie, la banque, les télécommunications et le BTP totalisent à eux quatre deux tiers des montants d’IDE annoncés en 2012.


Cas du Maroc
Le Maroc affiche un résultat plus que satisfaisant avec des investissements qui doublent entre 2011 et 2012 (en montants) et en nombre de projets qui se stabilise au-dessus de la centaine. Le Maroc et la Tunisie ont attiré respectivement 120 et 74 projets en 2012. Le Royaume poursuit son développement dans les secteurs aéronautique et automobile. Les IDE sont également en forte croissance dans l’énergie et l’agriculture. Acwa (Arabie saoudite), Danone (France) et GDF Suez/International Power (France) sont cités comme les trois plus grosses opérations en 2012.

Par Fatim-Zahra TOHRY - Source de l'article l’Économiste 
(1) Anima Investment Network est une plateforme multi-pays de développement économique de la Méditerranée.

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