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mardi 24 mars 2015

De Selinonte à Carthage - Les routes de Magon, le génie

Un itinéraire culturel et touristique entre la Tunisie et la Sicile sera bientôt opérationnel 
Le projet Magon «Le chemin de la vigne méditerranéenne sur les traces de Magon entre la Sicile et la Tunisie», cofinancé par l’UE dans le cadre du programme de coopération transfrontalière Italie-Tunisie, prévoit la réalisation d’un circuit culturel touristique transfrontalier basé sur la valorisation intégrée du patrimoine archéologique, de la culture du vin et des traditions œnogastronomiques de la Méditerranée. 

Sur les traces de MAGON, un circuit touristique vinicole

Il emprunte son nom à l’agronome carthaginois Magon, auteur du fameux traité en 28 volumes que le Sénat romain commanda d’amener à l’Urbe pour le traduire au latin, suite à la conquête de Carthage. 

Lors d’un colloque récemment tenu au musée du Bardo, une foule d’experts et d’historiens se sont réunis pour retracer l’histoire de ces chemins en question mais aussi pour raconter dans les détails l’histoire de ce génie carthaginois qui a révolutionné l’agronomie. Gaetano Forni, Aurelio Coppola, Caterina Greco, Marilena Barbera, Paolo Benvenuti, Hassine et Mounir Fantar et Mohamed Ben Cheikh sont parmi les experts de cette journée dédiée au génie carthaginois. On apprendra aussi, lors de ce colloque, qu’au-delà des événements historiques qui menèrent à la conquête et à la destruction de Sélinonte par les Carthaginois en 409 après J.-C., se développèrent des phénomènes de syncrétisme religieux et culturels auxquels n’était pas étrangère la richesse de l’agriculture et des échanges commerciaux.

Le circuit culturel et touristique «Magon», promu par l’association Strada del vino terre sicane et par la Chambre nationale des producteurs des vins en Tunisie, valorisera les paysages des territoires de la Sicile occidentale, entre l’ancienne ville de Selinonte caractérisés par une des plus vastes concentrations de vignobles en Europe, et les paysages des territoires entre Carthage et Kerkouane — deux sites reconnus par l’UNESCO comme patrimoine de l’humanité.

«Le nouveau circuit Magon fera partie de l’Itinéraire Culturel “ITER VITIS-les chemins de la vigne”, reconnu par le Conseil de l’Europe le 15 mai 2009, qui se réfère à l’histoire et à la culture du vin dès ses origines, traversant une extraordinaire variété d’écosystèmes et de régions viticoles, du Caucase à l’Atlantique, dit madame Mila Lauretta, assistante pour la gestion opérationnelle du projet en Tunisie, L’œnotourisme et le tourisme gastronomique représentent de nouveaux segments qualifiés du tourisme culturel que le “World Tourism Organisation” signale en croissance continue en relation, aussi, avec l’évolution de modèles de tourisme de plus en plus caractérisés par une fragmentation des vacances en séjours plus courts». 

Dans ce sens, l’Itinéraire culturel Magon peut contribuer à la diversification de l’offre touristique, mettant en réseau des territoires que l’ancienne culture de la production du vin désigne comme des lieux uniques, en relation avec le savoir-faire millénaire des communautés locales qui ont vécu dans ces territoires en modelant leurs paysages agricoles, environnementaux et historico-culturels. 

Dans ce cadre de référence, le projet Magon propose de réaliser deux nœuds territoriaux du réseau des Itinéraires culturels touristiques Iter Vitis, un premier dans la Sicile sud-occidentale, l’autre dans le nord-ouest de la Tunisie, connectés par le patrimoine commun d’un héritage se référant à l’ancienne frontière méditerranéenne entre Selinonte et Carthage, le «limes» (frontière) où, au cours des siècles, la civilisation grecque et la phénicienne punique se sont confrontées, avant d’être englobées dans l’espace commun de l’Empire romain. 

Des études récentes, par ailleurs, sollicitent une reconsidération de certaines certitudes historiques «confortables» fondant les actuelles convictions de l’Occident concernant son propre héritage culturel et intellectuel : le monde classique ne fut jamais une réalisation exclusivement gréco-romaine, mais le résultat d’un ensemble beaucoup plus complexe de relations entre plusieurs peuples et différentes cultures.

Source de l'article La Presse

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