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vendredi 4 mars 2016

Le Maghreb sauve le blé français

L'Algérie, le Maroc et la Tunisie achètent de grandes quantités de blé français cette année. Un soulagement pour les céréaliers français qui doivent écouler des stocks record.

Résultat de recherche d'images pour "Afrique du Nord blé"Le Maghreb sauve le blé français. Algérie, Maroc et Tunisie maintiennent leur niveau d'importations de blé, et ils restent fidèles à leur fournisseur français, premier exportateur de blé d'Europe. C'est un soulagement pour les céréaliers français : non seulement ils ont encore six millions de tonnes de blé meunier à écouler, du jamais vu depuis 1999, mais les cours ont chuté sous les 150 euros la tonne, ils sont au plus bas depuis cinq ans.

Un blé mieux adapté

« On ne peut pas se permettre de perdre le Maghreb », résume Pierre Bégoc, un analyste d'Agritel. Et surtout pas l'Algérie, qui importe 90% de son blé tendre ou meunier, pour fabriquer son pain. Ses achats restent massifs, une priorité sociale, malgré la chute de ses revenus pétroliers. Le blé français est actuellement l'un des plus compétitifs, grâce à la chute de l'euro par rapport au dollar. Il répond mieux que le blé de la mer Noire aux exigences algériennes sur l'absence d'insectes dans les grains, le blé français contient aussi suffisamment d'amidon cette année, après l'accident climatique exceptionnel de l'an dernier dans l'Hexagone. Enfin la concurrence de l'Argentine n'est pas encore très grande, malgré la libéralisation des exportations par Buenos Aires, les quantités de blé de qualité panifiable argentin sont faibles. C'est pourquoi la France devrait fournir 70 % des importations algériennes de blé, près de 4 millions de tonnes sur les 5,8 millions de tonnes déjà contractualisées.

Des exportations variées

Les achats de la Tunisie, plus petit pays, seront beaucoup plus faibles, autour d’un million de tonnes. Le blé de la mer Noire plus compétitif en début de campagne, a été privilégié, mais 15 % du blé sera français, soit 150 000 à 200 000 tonnes. Quant au Maroc, beaucoup plus nettement autosuffisant en blé tendre qu'en blé dur, ses importations s'élèveront tout de même à 2,8 millions de tonnes de blé meunier, dont la moitié de blé français. Des importations qui devraient exploser l'an prochain, à cause de la sécheresse. La récolte 2016-2017 devrait être médiocre dans le Royaume chérifien, après avoir été excellente cette année.

Par Claire Fages - Source de l'article RFI

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