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dimanche 8 avril 2018

En 2018, l’axe Maroc-Espagne devrait connaître une forte pression migratoire ..


L’agence Frontex s’attend à des mouvements migratoires en provenance d’Afrique de l’Ouest plus élevés que les précédentes années.

La pression migratoire en provenance d’Afrique de l’Ouest devrait particulièrement s’accroître sur l’axe Maroc-Espagne en 2018, notamment depuis le Mali et la Côte d’Ivoire, prévoit l’agence Frontex dans son «Analyse des risques 2018», publiée mardi et relayée par le journal espagnol ABC.

En 2017, 204 718 cas de franchissement illégal des frontières extérieures de l’Union européenne (UE) ont été recensés, dont 4 809 en provenance du Maroc, d’après les estimations de l’agence de l’UE chargée de la gestion des frontières extérieures de l’espace Schengen. Un chiffre en forte hausse par rapport aux années précédentes. En effet, les Marocains étaient 722 en 2016, 631 en 2015 et 468 en 2014. En 2017, ils représentent ainsi 6% de ces franchissements, au même titre que les Guinéens et les Ivoiriens.

Mi-janvier déjà, le quotidien espagnol El Mundo s’interrogeait en titrant : «Pourquoi tant d’embarcations partent-elles du Maroc ?». La Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR) avançait la fermeture de certaines routes migratoires, l’assouplissement de la vigilance des autorités marocaines et le contexte social dont pâtit le Rif. Les tensions sociales qui y règnent avaient fait fuir plusieurs activistes du Hirak. D’après Khadija Ainani, vice-présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), relayée par El Mundo, «13 500 Marocains ont quitté le Rif pour l’Europe à cause de la répression». Des facteurs qui traduisent l’augmentation «notable» de migrants d’origine maghrébine, observe la CEAR.

Depuis 2016, l’agence Frontex collecte des éléments à partir d’entretiens volontaires menés avec des migrants nouvellement arrivés en Méditerranée centrale, orientale et occidentale dans le cadre du projet pilote PeDRA (Traitement des données personnelles pour l’analyse des risques). Jusqu’à fin 2017, 3 525 entretiens avec des migrants de plus de 70 pays ont été menés à leur arrivée en Italie, en Grèce et en Espagne. Parmi ces entrevues, 1 948 ont été réalisées en Méditerranée centrale, 991 en Méditerranée orientale et 586 en Méditerranée occidentale.

Celles-ci font état d’un nombre important de nationalités des candidats à l’immigration irrégulière. Les cinq premières nationalités de l’échantillon total étaient des Syriens, des Marocains, des Irakiens, des Algériens et des Soudanais. Les migrants les plus fréquemment interrogés appartenaient à la tranche d’âge 18-35 ans (86%) et étaient célibataires (65%), de sexe masculin (89%) et originaires d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Asie.

Dans un autre volet, l’agence Frontex précise qu’au niveau des frontières terrestres et maritimes, la plupart des détections de fraude de documents d’identité venaient d’Ukraine, de Serbie et du Maroc, la frontière maritime entre le royaume et l’Espagne étant particulièrement touchée, notamment au niveau du point de passage frontalier de Ceuta.

Par Sollene Pailard - Source de l'article Yabilidi

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