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samedi 15 avril 2017

Diplomatie, énergie: Madrid vante ses liens avec Rabat

Diplomatie, énergie: Madrid vante ses liens avec Rabat

Invité du forum économique Cinco Dias ce 3 avril à Madrid, le chef de la diplomatie espagnole Alfonso Dastis a salué la coopération avec Rabat "y compris dans le domaine énergétique".

Alors que Red Electrica de Espana demande le triplement de l’interconnexion électrique entre les deux pays, le ministre espagnol des Affaires étrangères A. Dastis a saisi l’occasion d’un forum organisé par le quotidien économique Cinco Dias à Madrid ce lundi pour parler du Maroc comme d’un “allié stratégique y compris dans le domaine de l’énergie“.

Dastis est allé plus loin lors d’une rencontre avec la presse jugeant que “le modèle énergétique vers lequel se dirige l’Europe rend souhaitable la mise en place d’un troisième câble sous-marin“. Le premier avait été mis en place en 1998, le second en 2007.

Mettre les mots “stratégique“ et “énergie“ dans la même phrase n’est pas anodin dans la bouche du premier diplomate espagnol, sachant l’importance de l’énergie dans la définition de ses relations avec le monde extérieur, le rôle équilibré que Madrid souhaite jouer au Maghreb et la séquence diplomatique qui se déroule aux Nations unies durant ce mois d’avril sur le dossier du Sahara.

Ainsi sur le volet de l’énergie, d’un côté Alger exporte d’importantes quantités de gaz vers l’Espagne et l’Europe à travers le gazoduc Maghreb-Europe (GME) qui traverse le détroit de Gibraltar; de l’autre, Marocains et Espagnols ont amplement accru leurs échanges dans ce domaine depuis 15 ans. Energie, diplomatie et suivi du dossier du Sahara ne sont jamais loin les uns des autres.

Gaz, photovoltaïque, éolien

Outre le doublement de l’interconnexion électrique entre le Maroc et l’Espagne réalisée en 2007, la centrale thermique de Tahaddart (Tanger) inaugurée par Mohammed VI et Juan Carlos est également un projet maroco-espagnol avec une part de 32% pour Endesa, 48% pour l’ONEE et 20% pour Siemens.

Tahaddart produit de l’électricité avec du gaz algérien transporté grâce au gazoduc Maghreb-Europe (GME) que gèrent les trois pays. Si l’électricité est vendue directement à l’ONEE, une part est revendue à Red Electrica de Espana, l’une des principales compagnies de distribution d’énergie électrique ibérique.

La stratégie photovoltaïque marocaine intègre également de nombreuses entreprises espagnoles à Ouarzazate avec Acciona, TSK et Sener. Gamesa Eolica est présente sur les champs éoliens des régions de Tanger et Abengoa à Béni Mathar.

Les mots stratégie et énergie mis ensemble valent leur pesant d’or aujourd’hui car les pays exportateurs d’hydrocarbures, de l’Algérie au Venezuela ou à la Libye, en tirent leur principale source de revenus.


C’est ce besoin de vendre qui avait au final motivé Alger à créer un gazoduc qui transiterait par le territoire marocain afin de livrer ses clients européens. Au besoin, pétrole et gaz constituent un moyen de pression diplomatique et politique surtout lorsque la politique internationale se fait instable.

Achevé en 1996, le GME traverse l’Algérie et le Maroc de Hassi Rmel au Sahara à Tanger face au rocher de Gibraltar.

Sahara et “vision globale“

Alors que le Conseil de sécurité des Nations unies entame une série de consultations diplomatiques décisives sur le Sahara et le futur de la MINURSO, les mots d’Alfonso Dastis signifient que dans l’étape actuelle “Madrid a une vision globale de la situation“.

Bien que Madrid ne soit pas membre du conseil de sécurité de l’ONU en 2017, contrairement aux années 2015 et 2016, elle fait partie du groupe des cinq pays avec les Etats-Unis, la France, la Russie et la Grande-Bretagne en contact avec le secrétaire général de l’ONU sur ce dossier.

Ces cinq pays sont habilités à émettre des critiques et/ou des recommandations sur les propositions onusiennes en rapport avec le dossier du Sahara et celui de la Minurso.

Cette vision globale prend en considération le volet énergétique, mais également le volet de l’immigration, la proximité géographique, les frontières partagées, l’intensité des échanges maroco-espagnols de tous ordres et le volet commercial.

Sur le volet énergétique, l’Espagne au cours des dernières années a réussi à élargir sa base d’approvisionnement en énergies renouvelables et à améliorer ses capacités de stockage note l’Agence internationale de l’énergie.

Selon McKinsey, les pays européens voient aujourd’hui leurs besoins en hydrocarbures baisser de manière sensible. Sur le plan de la diversification des approvisionnements, cette semaine a vu le coup d’envoi d’un gazoduc qui en 2022 amènera du gaz israélien et chypriote jusqu’aux portes de l’Espagne sous la Méditerranée et à travers la Grèce et l’Italie.

Sur le plan commercial, si Madrid a creusé son déficit commercial global en janvier 2017 selon l’ICEX, l’Institut espagnol de commerce extérieur, elle a en revanche accru son solde avec le Maroc souligne El Mundo. Après l’UE et les Etats-Unis, le Maroc est le principal partenaire commercial de Madrid. C’est le premier en Afrique et dans la zone de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Le quotidien des affaires Expansion nous apprend lui que le Maroc figure parmi les 10 pays où les entreprises espagnoles espèrent accroître leurs ventes en 2017: aux côtés de la France et de l’Allemagne, des Etats-Unis et du Mexique et de la Grande-Bretagne, de l’Italie, du Portugal et de la Pologne. 

Source de l'article Médias 24

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