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dimanche 21 août 2016

Détroit de Sicile - Une Journée Maritime Européenne aux couleurs de la biotechnologie bleue

Résultat de recherche d'images pour "europeanstraits"La Journée Maritime Européenne est un point de rencontre annuel pour la communauté maritime européenne, soutenu afin d’accroître la visibilité des activités en relation avec les différents secteurs maritimes tels que le transport maritime, les clusters, les infrastructures portuaires, les associations environnementales, les organismes scientifiques et les instituts de recherche et de l’éducation. 

Visant une plus grande visibilité et une plus vaste intégration de participants d’horizons différents telle que la Tunisie, le comité Journée Maritime Européenne de la Direction Générale des Affaires Maritimes et de la Pêche sous la tutelle de la Commission Européenne a invité cette année L’Institut National des Sciences et Technologies de la Mer (INSTM) à organiser le premier évènement local Journée Maritime Européenne au niveau de la rive sud de la Méditerranée.

Cette 1ère édition tunisienne de Biotechnologie Bleue s'est tenue le 31 Mai 2016 au sein de l'INSTM-centre la Goulette, dans le nouveau laboratoire bâtit dans le cadre du projet BIOVecQ. Cette manifestation a été organisée dans le but de créer de nouvelles opportunités de collaborations entre chercheurs, étudiants, acteurs locaux et PME. C’était aussi une occasion pour diffuser les acquis en équipements et en nouvelles technologies ainsi que les résultats de recherche/innovations réalisés grâce aux consortia des deux projets IEVP-transfrontaliers Italie-Tunisie: BIOVecQ et SecurAqua.

Après le mot de bienvenue donné par Mme Saloua Sadok, cheffe de laboratoire et coordinatrice principale des deux projets, Mr. Haithem Bergaoui, expert, a présenté l’équipement CO2-Supercritique sous ses différents aspects théoriques et physiques ainsi que les avantages liés à son utilisation.

Cette présentation a été suivie par deux ateliers autour de :
  • l’utilisation de l’équipement CO2-Supercritique, premier appareil acquis dans les laboratoires tunisiens, qui permet l'extraction par le CO2 liquide, solvant naturel non toxique et alimentaire, évitant ainsi les solvants organiques néfastes pour la santé humaine et pour l’environnement.
  • la technologie de séchage par atomisation utilisant l’équipement Spray dryingnouvellement acquis. Le principe repose sur la déshydratation d'un liquide sous forme de poudre par pulvérisation dans un flux d'air chaud. Ce procédé permet non seulement d’augmenter la durée de conservation du produit et sa stabilité, mais aussi à lui donner une texture, une structure ou une fonctionnalité particulière.

Une pause café et une dégustation de nouveaux produits halio-alimentaires élaborés dans le cadre des projets BIOVecQ et SecurAqua (poissons fumés et surimis enrobés de colorants naturels également produits dans le laboratoire), étaient un moment de rencontre et de partage entre les participants issus de filières différentes.

Coordonner les efforts transnationaux autour de la Biotechnologie bleue

Cette journée ‘Portes Ouvertes’ prévoyait également une session de brainstorming afin de stimuler le débat axé sur les priorités futures de la recherche et la meilleure façon de coordonner les efforts transnationaux dans le domaine de la Biotechnologie Bleue. Les expériences et les idées pour promouvoir la Croissance Bleue (Blue Growth) utilisant les biotechnologies comme outils de développement ont été évoquées. La séance a été présidée par Prof. Khaled Ghedira, Directeur Général de l’Agence Nationale pour la Promotion de la recherche (l'ANPR) du Ministère de l’Enseignement Supérieure et de la Recherche, et de Mme Narjes Maslah El Hammar, Directrice Générale du Centre Technique de l'Agro-alimentaire (CTAA) du Ministère de l’Industrie.

M. Ghedira a commencé le débat en encourageant les projets en biotechnologies du genre BIOVecQ qui peuvent être concrétisés sur le plan industriel. Il a également relevé l'importance d'avoir un retour financier sur l'investissement de la création du laboratoire BIOVecQ afin de l'améliorer et de lancer de nouveaux laboratoires. Selon M. Ghedira, l'aspect maintenance doit être pris en considération dans le but de pérenniser le laboratoire et ses équipements. Il a également insisté sur la nécessité de valoriser les résultats de recherche et le savoir-faire tant dans le domaine public que privé, ce qui pourrait favoriser à son tour les publications à l'échelle internationale.

Mme Saloua Sadok a ajouté que le but est de créer un laboratoire transnational virtuel qui a déjà été lancé avec le projet BIOVecQ. Ce laboratoire assurerait les activités et les services vis à vis des entreprises mais aussi des autres laboratoires à travers des collaborations entre le secteur de la recherche et le secteur privé. Elle a également souligné l'importance d'avoir un appui institutionnel qui fournirait un apport financier pour le service maintenance de nouveaux équipements et pour agrandir les équipes. 
Sur ce point Mr. Khaled Ghedira a annoncé la mise en œuvre d'un portail pour le système national de recherche et d'innovation tunisien (SNRI) qui s'appelle TUNISIE INNOVATION. Ce portail, géré par l'ANPR et l'API, permet de mettre tous les acteurs d'innovation en contact avec le milieu économique pour d'éventuelles collaborations. Mme Rafika Chekir, Professeure à l’Institut de Biotechnologie de Sidi Thabet (ISB Sidi Thabet) a pris la parole pour expliquer l'importance d'intégrer les Start up dans cette dynamique pour pouvoir pérenniser le projet BIOVecQ à l'échelle de la coopération transfrontalière. Quant à Mme Maslah El Hammar, elle a suggéré la signature d'une convention de partenariat entre le CTAA et l'INSTM et ce, pour valoriser ces travaux de recherche, faciliter le lien entre la recherche et l'industrie et sensibiliser les industriels aux nouveaux produits développés lors de BIOVecQ. 
Elle a également proposé de participer à la caractérisation nutritionnelle des nouveaux produits pour exposer leurs vertus thérapeutiques et nutritionnelles et par conséquent, convaincre plus facilement les industriels à investir de ces bioproduits. Mme Sadok a attiré l’attention sur les difficultés rencontrées pour faire participer les Start ups, vue l’ambigüité encore existante concernant leur création. Mr. Ghedira a intervenu sur ce point pour donner l’exemple plutôt des Spin offs qui ont été lancées par l'ANRP pour les jeunes chercheurs afin de les accompagner logistiquement dans le lancement de leurs propres projets. 
Mme Balkiss Bouhaouala, Professeure à l’Institut Pasteur de Tunis (IPT) a souligné l'importance de faire des appels à candidatures pour des projets en biotechnologie exclusivement et que ces appels soient lancés par des promoteurs afin de lancer le secteur Biotechnologie en Tunisie. Elle a également insisté sur l'importance de faire du développement biotechnologique à partir de l'unité de production et des expertises de contrôle-qualité qui ont été acquis lors du projet. 
Ces expertises pourront être développées en prestation de service au sein de la plateforme.

Le débat a continué autour des posters affichés résumant les travaux de recherche des doctorants de l'INSTM et des différents partenaires du projet.

Ces discussions ont suscité de nouvelles idées de collaborations.

En conclusion, cette demi-journée a regroupé plus d’une cinquantaine de personnes venant d’environnements différents, comme des universitaires, chercheurs, professionnels, interprofessionnels, étudiants et même des élèves. Cet événement a été une découverte de compétences et de moyens pour les nouveaux venus, incitant à des collaborations plus soutenues et plus ouvertes.

Source de l'article Europeanstraits

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