La Turquie confirme sa bonne santé économique


Malgré son ralentissement, l'économie turque a toujours de quoi faire des envieux dans un contexte mondial morose, selon la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).


Pour 2013, la Berd a confirmé cette semaine attendre une progression du PIB de 3,7% en Turquie, puis de 4% l'an prochain. Burhan Ozbilici/AP/SIPALe ralentissement qu’a connu la Turquie ces deux dernières années n’entrave en rien la bonne marche de ses activités économiques. C’est le constat dressé par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) qui a tenu sa réunion annuelle à Istanbul. Et ce même si après deux années de forte croissance, l'économie turque a nettement ralenti en 2012, avec une progression du produit intérieur brut (PIB) de seulement 2,2% contre 8,8% l'année précédente.
"La Turquie était en surchauffe", estime Erik Berglof, l'économiste en chef de la Berd. Sa situation est ainsi très différente et bien plus enviable que celle d'autres pays comme la Russie et l'Égypte, dont les perspectives de croissance viennent d'être drastiquement revues à la baisse.
Pour 2013, la Berd a confirmé cette semaine attendre une progression du PIB de 3,7% en Turquie, puis 4% l'an prochain. Des risques demeurent, liés au ralentissement des exportations, aux financements qui restent de court terme et vulnérables aux changements sur les marchés mondiaux et à un faible montant des investissements directs étrangers (IDE).
"Dans cette période difficile, la Turquie est un exemple de réussite"
Malgré ses faiblesses, l'économie turque a toutefois encore de quoi faire des jaloux et les autorités turques, qui accueillaient vendredi et samedi la réunion annuelle de la Berd à Istanbul, ne cachent pas leurs ambitions. "Dans cette période difficile que connaît le monde, la Turquie est un exemple de réussite", s'est félicité le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, devant des responsables de pays arabes, d'Europe de l'Est et d'Asie centrale.
Il a rappelé ses grands projets d'infrastructures, comme la construction à Istanbul d'un troisième aéroport qui ambitionne de devenir le premier de la planète en nombre de passagers.
Les experts soulignent aussi les nombreux atouts du pays, à commencer par sa situation géographique privilégiée. "Depuis Istanbul, vous pouvez atteindre 56 pays en quatre heures" de vol, souligne Serra Akcaoglu, la patronne de la banque américaine Citibank dans le pays. La Turquie est pourtant aujourd'hui le deuxième pays d'intervention de la Berd, derrière la Russie, avec plus d'un milliard d'euros d'investissements l'an dernier et probablement autant en 2013.
Des inégalités toujours très présentes
La banque - détenue par 64 pays, l'Union européenne et la Banque européenne d'investissement - avait été fondée en 1991 pour aider les pays de l'ex-bloc soviétique à passer à l'économie de marché, avant d'étendre ses interventions à d'autre pays.
Même si Istanbul donne l'image d'un pays développé avec sa Bourse et ses grands hôtels, les inégalités entre régions et dans la population sont en effet toujours très importantes, rappelle la Berd. Comme en Chine, "nous devons nous soucier des conséquences sociales d'une croissance rapide", affirme Suma Chakrabarti, le président de l'institution depuis un an.
La rébellion kurde a en particulier dissuadé les investisseurs dans une partie du pays, par crainte d'attaques.
Source de l'article AFP & Challenges

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