Lila Haddad préfère Tunis à Alger pour lancer sa télévision Nissa TV


«Elle sait encaisser les coups sans s'avouer vaincue. Une force tranquille aux compétences professionnelles de standard européen.» Ahmad Kamel, ancien directeur du bureau d'Al Jazeera à Bruxelles
Alors que le groupe Haddad vient de lancer sa télévision Dzair TV, une autre Haddad annonce le lancement prochain d'une chaîne de télévision à partir de Bruxelles en 2014. Cette personne est Lila Haddad, qui n'a aucun lien de parenté avec le patron du groupe Haddad. Lila Haddad est une ancienne correspondante de l'Entv entre 2000 et 2002 à Bruxelles. Dans une entrevue dans le quotidien Liberté, elle fixe ses paramètres politiques de ses rapports avec l'Algérie et en même temps cherche des soutiens publicitaires dans son pays d'origine. Elle affirme qu'aucun contact n'a été établi avec les autorités algériennes, alors que l'Algérie est sur le point d'ouvrir son champ audiovisuel et que plus de sept télévisions privées sont déjà visibles sur le satellite Nil Sat. Durant ses 22 ans de présence en Belgique, Lila Haddad avait couvert tous les rounds de négation euro-algériens en vue de la conclusion de l'Accord d'association euro-méditerranéen que Belkhadem avait paraphé à Bruxelles et Bouteflika avait signé en décembre 2002 à Bruxelles. Elle avait aussi fait un travail humanitaire lors des inondations d'Alger où elle avait assuré des directs pour le Téléthon organisé par l'Entv à cette occasion. Elle a parcouru toute l'Europe pour rencontrer la communauté algérienne en Europe et a réalisé plusieurs reportages en deux langues sur la vie sociale et professionnelle de la diaspora algérienne en Europe. C'est à partir de sa collaboration avec Khalifa News et son soutien à l'ancien patron du FLN alors en 2004, que la correspondante s'est fâchée avec Alger. Elle avait ensuite rejoint la chaîne arabe ANB TV puis Al Hiwar TV où elle produisait et présentait une émission de télévision intitulée liqa fi Europa, une émission qui traite des affaires euro-méditerranéennes, diffusée tous les vendredis et lundis sur Al Hiwar TV et qui critique souvent la politique économique de l'Algérie. Ainsi, après un parcours de combattant la courageuse correspondante de l'Entv, réalise son rêve d'antan: diriger sa propre chaîne. Vu ses excellentes relations avec l'UE, le projet audiovisuel de Lila Haddad: «Nissa TV» est soutenu par les institutions européennes et certains pays européens ainsi que d'autres Etats du «printemps arabe» comme la Tunisie où Lila Haddad a décidé d'ouvrir un bureau. Ainsi, Lila Haddad, qui consacre sa télévision pour la promotion de l'égalité entre les femmes et les hommes, est déjà soutenue par la Commission «femmes» de l'Assemblée parlementaire de l'Union pour la Méditerranée (UPM). Un projet sarkozien mort-né. Nissa TV sera cofinancée par l'Union européenne au travers du FED, (Fonds européen pour la démocratie) et des investisseurs privés non identifiés ont été sélectionnés pour cofinancer Nissa TV à hauteur de 10 millions d'euros. Une fondation présidée par une grande personnalité du monde de l'art s'est engagée aussi à participer à hauteur de 30 millions d'euros. En plus d'être une bonne journaliste Lila Haddad a réussi un excellent montage financier pour monter son projet. La P-DG envisage de couvrir les 43 pays de l'UPM et disposera d'un siège administratif à Bruxelles et de locaux à Tunis, des studios à Bruxelles, des bureaux dans les principales capitales des pays de l'UPM, comme Berlin, Paris, Londres, Rome, Madrid, Le Caire, Rabat ou encore Tunis. Rien n'est prévu pour Alger, enfin pour le moment !
Par Amira Soltane - Source de l'article l'Expression

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