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lundi 21 janvier 2013

Investissements MRE au Maroc : L’Union européenne ne veut plus tout financer seule


Le programme FACE, le grand projet de soutien aux investissements des MRE d’Europe au Maroc, s’est achevé, officiellement, aujourd’hui. Il a permis la création de 236 entreprises, mais la question de son financement, s’il était prolongé se pose. L’Union européenne en appelle à la responsabilité du Maroc.

 « Il faut que le ministère trouve les moyens financiers et humains pour que ce programme continue. Nous avons montré le chemin, nous ne pouvons pas continuer car ce n’est pas notre rôle. A vous, les Marocains de prendre le relai. » L’appel lancé par Eneko Landaburu, ambassadeur de l’Union européenne au Maroc, à l’adresse du Maroc, pendant la conférence de clôture du le programme « Faciliter la Création d’Entreprises au Maroc grâce à la diaspora marocaine installée en Europe » (FACE), ce matin, mardi 15 janvier, à Casablanca, est clair. L’Union européenne ne veut plus financer le programme, mais elle ne veut pas le voir s’arrêter là.
Réponse du berger à la bergère : « Nous sommes prêts à continuer notre collaboration avec IntEnt [l'association hollandaise qui a porté le projet FACE, ndlr] mais nous avons encore besoin de nos partenaires pour mener à bien tous nos programmes », a répondu Abdelfattah Sahibi, directeur du Développement au ministère délégué auprès du premier ministre en charge de la Communauté marocaine à l’étranger. Même si le ministère a vu son budget multiplié par deux en 5 ans, il n’a pas consacré un centime au programme d’aide à l’investissement dédié aux MRE qui s’est conclu officiellement ce matin par 236 créations d’entreprises et 844 créations d’emplois directs.

Les 2/3 du budget apporté par l'UE
L’Union européenne, pour sa part, a investi 1,5 millions d’euros dans le programme FACE, sur 4 ans. Les trois autres partenaires, IntEnt Pays Bas, l’association principale et promotrice du projet, l’AFD, Agence Française de développement, et le CIM, Centrum fur internationale Migration und Entwicklung, ont, de leur côté, apporté, au total, 680 000 dirhams.
Pour 2,2 millions d’euros d’investissements institutionnels, le Maroc a reçu en réalité 85 millions de dirhams (7,7 millions d’euros) d’investissement, au total, grâce aux financements apportés individuellement par les Marocains d’Europe dans le cadre de leur projet entrepreneurial. 236 personnes ont été soutenues et aidés grâce au projet FACE car la capacité productive des traditionnels transferts d’argent est devenue un véritable enjeu de développement pour les pays les plus avancés dans leurs rapports à leur diaspora.

3% des transferts sont investis
Le Maroc a été l’un des tous premiers pays d’Afrique à élaborer une politique active à destination de sa population émigrée. Aujourd’hui, l’un des objectifs, en plus de maintenir les transferts d’argent des MRE, est d’accroître la part de ces transferts attribuée à l’investissement. « En 2005, seuls 7,7% des transferts étaient investis et la proportion de MRE qui a investi au Maroc a même tendance à baisser. En 2005, 53% d’entre eux l'ont fait, contre 70% en 1998 », indique Bachir Hamdouch, professeur à l’INSEA-Université Mohammed V, à Rabat, et auteur de deux études sur les investissements des Marocains Résidant à l’Etranger (MRE).
Selon Abdelaziz Maazouz, cette proportion a même encore baissé et s’établit aujourd’hui à 3% des transferts. Toiutefois, selon le chercheur, 20,9% des transferts des MRE sont, encore aujourd’hui, déposés à la banque. Une proportion élevée qui rend optimiste : 20% d’épargne, c’est autant qui peut être investi de manière productive.

Investir en famille ?
Selon Thisara Devasurendra, chargé de mission économique au sein de l’association Migration et développement, à Marseille, partenaire du programme FACE en France, deux profils se dessinent aujourd’hui parmi les investisseurs MRE. « Il y a ceux qui préparent leur retraite au Maroc et qui vont investir dans l’immobilier, l’élevage, dans les régions rurales… Et ceux qui ont une perspective de business qui ressentent des difficultés professionnels ou économiques en France et qui se disent, en même temps, qu’ils ont quelque chose à apporter au Maroc en termes de ressources humaines, de management, de technologies… », décrit-il.
Ces Deux profils types peuvent se confondre en un seul projet, comme c’est le cas dans la famille Ait M’Barek. « Mon père, retraité, a eu l’idée de construire une piscine municipale à El Malt, dans son village, près de Taliouine, raconte M. Ait M’Barek, et nous lui avons dit que ce serait bien de faire une auberge également sur le site et, de cette façon, mes frères et sœurs et moi-même nous nous sommes greffés sur son projet. Qui voulait créer une boutique de souvenir, qui organiser des treks … »
Aujourd’hui, la piscine est presque finie et l’auberge est sur plan. Le père de famille, après 45 ans de travail en France a mis toutes ses économies dans ce projet « et il va même vendre un appartement qui lui appartient pour le poursuivre. Au total on a budgétisé l’ensemble à 350 000 euros d’investissement », explique M. Ait M’Barek. Un projet monté de toute pièce par la famille hors de tout soutien financier public.
Source de l’article Yabilidi

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