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vendredi 11 janvier 2013

Soixante et un artistes du monde arabe s’engagent avec SyriArt


Lundi 21 janvier : vente aux enchères à l’Institut du monde arabe de Paris au profit des victimes civiles de la répression en Syrie.

Le bain de sang perdure en Syrie. Chaque jour apporte son lot de massacres, de morts, de blessés, de bombardements, de violations des droits de l’homme, de flots de réfugiés, d’avaries de nourriture, de médicaments, de soins, de protection... Face à ces catastrophes humanitaires, soixante et un artistes du monde arabe (dont une Libanaise, la photographe Rima Maroun) haussent la voix pour dénoncer l’intolérable. Expriment leur indignation, leur soutien aux victimes. «L’association SyriArt, 101 œuvres pour la Syrie», créée pour l’occasion (voir encadré), a mis en œuvre – en partenariat avec la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) – le projet de cette vente aux enchères, organisée par la prestigieuse maison de vente Pierre Bergé & Associés, le 21 janvier 2013, dans la salle du Haut Conseil de l’Institut du monde arabe et précédée, du 17 au 20 janvier, de trois jours d’exposition des œuvres.

Une œuvre de Fouad Maazouz.Soixante et un artistes ont ainsi fait don d’une peinture, d’une photo ou d’une vidéo qui sera exposée puis vendue au profit des victimes civiles de la répression en Syrie.

Les plasticiens sont tous originaires du monde arabe et des diasporas. José Garçon, l’une des oragnisatrices de l’événement, souligne qu’il s’agit là d’un parti pris doublement symbolique: «Il illustre de manière spectaculaire, à travers ceux qui ont accepté d’offrir une de leurs œuvres pour les Syriens, la solidarité des sociétés civiles de la région. D’autant que, souvent confrontées aux difficiles et complexes transitions postrévoltes arabes, ces sociétés se sont jusqu’ici assez peu exprimées sur le conflit en Syrie.» Et d’ajouter: «Ce choix renvoie à un autre parti pris: mettre en valeur l’immense créativité des artistes originaires du Proche-Orient, du Golfe et du Maghreb. Ces plasticiens émergent de plus en plus sur la scène internationale, nourris par la dynamique sans précédent qui reflète la transition tumultueuse de leur univers, ayant eux-mêmes été confrontés à la violence de la guerre, la déconstruction, l’éclatement. Leurs œuvres, radicalement expérimentales ou remodelant des racines profondes, donnent du sens au refus du repli identitaire et à la quête d’universel et de modernité de leur société.»

Garçon précise qu’avant de lancer cette opération, le premier souci a été d’identifier les ONG indépendantes bénéficiaires des fonds générés par la vente aux enchères. Ont été retenues trois ONG syriennes, œuvrant notamment dans le domaine des secours médicaux, auxquelles seront versées 60% des sommes recueillies, et la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) qui recevra 40% des sommes pour ses actions en Syrie.

«L’aventure SyriArt n’est pas sans écueils», reconnaissent les organisateurs. «Force est de constater que le sentiment d’abandon nourri par les Syriens, leur désespoir face à l’absence de toute issue politique au conflit permettent à des groupes minoritaires et radicaux de gagner du terrain. Mais on ne saurait oublier que cette guerre, comme le choix des armes ont été imposés à un peuple qui, pendant des mois et des mois, a manifesté les mains nues. Pour autant, nous sommes convaincus que l’aventure SyriArt en vaut la peine. Car il est indispensable de multiplier les initiatives affirmant au peuple syrien qu’il n’est ni seul ni oublié de tous.» Aussi modeste soit-il, c’est l’objectif de SyriArt, 101 œuvres d’art pour la Syrie.

L’équipe
José Garçon : journaliste indépendante après avoir travaillé depuis sa création au quotidien Libération, notamment sur le Proche-Orient. Spécialiste du Maghreb et de l’Algérie.
Agnès Levallois: journaliste spécialiste du Proche-Orient, arabisante, elle a vécu en Syrie et a été directrice de la chaîne arabe de France 24. Elle est consultante et chargée de cours à Sciences Po et à l’ENA.
Nathalie Duhamel : responsable du service de presse auprès de François Mitterrand, président de la République, elle a été directrice général de l’Action contre la faim (ACF) et secrétaire générale de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS).
Isabelle Chebat : directrice de la communication de la FIDH.
Hélène Michalak : diplômée de Sciences Po, arabisante, elle a vécu à Damas.
Responsable de la communication de l’événement sur les réseaux sociaux
Gabriella Zalapi, et Sébastien Wolf, conception et montage de l’exposition.
Bertrand Epaud : consultant en art et spécialiste du Golfe.

Curriculum...
«101 œuvres pour la Syrie» sise au 17, rue Henri Monnier, 75 009 Paris.
Elle recueille les fonds qui seront intégralement reversés à des associations humanitaires en Syrie et aux Actions
Syrie de la FIDH.
Source de l’article l’Orient le Jour

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