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dimanche 21 février 2016

« L’Europe doit agir »

Compte tenu des menaces communes pour la sécurité et des transformations complexes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, l’Allemagne et l’Europe devront davantage assumer leurs responsabilités dans cette région, selon M. Roderich Kiesewetter, membre du Parlement allemand. 

Pour cela, il faut une coopération étroite avec les partenaires de la région même, á l’instar de la Tunisie.
Assumer la responsabilité ensemble : M. Roderich Kiesewetter, membre
 du Bundestag, parle de la politique étrangère allemande et européenne
Lors d’une table ronde organisée le 5 février 2016 à Tunis par la Konrad-Adenauer-Stiftung (KAS) et l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES), M. Kiesewetter, le porte-parole pour la politique étrangère et de sécurité du groupe parlementaire de la CDU/CSU au Bundestag, s’est entretenu avec des experts tunisiens.

En guise d’introduction, M. Hatem Ben Salem, le directeur de l’ITES, a évoqué les relations tuniso-allemandes en géneral qu’il a qualifié de « plus qu’amicales ». Selon M. Ben Salem, l’intérêt allemand pour la Tunisie a fortement augmenté après la révolution en 2011 et les Tunisiens en sont reconnaissants. A son tour, le Représentant Résident de la Konrad-Adenauer-Stiftung en Tunisie, M. Hardy Ostry, a affirmé l’engagement, d’une manière durable, de la Fondation en Tunisie dans une perspective durable. « Il y 70 ans, notre pays a été un champ de ruines. » Par ces mots, M. Kiesewetter a commencé son discours dans lequel il a présenté la politique extérieure de l’Allemagne comme conséquence de l’histoire de son pays. Cette politique de la République fédérale fait passer la coopération et des négociations avant la confrontation. Les crises des dernières années, surtout celles ayant lieu dans le voisinage direct de l’UE, ont cependant montré qu’il ne suffisait plus de se borner au rôle d’un « commentateur international ». Pour davantage assumer sa responsabilité, l’Allemagne est en train d’adapter sa politique extérieure qui prend en compte les interdépendances et les risques d’aujourd’hui. Dans cette perspective, un nouveau livre blanc pour la politique de sécurité sera rédigé cette année.

Nonobstant ces adaptations, l’Allemagne restera fidèle à sa tradition d’une politique extérieure prudente et coopérative. Selon M. Kiesewetter, cette approche se manifeste, entre autre, dans la position allemande concernant des interventions militaires. Pour l’Allemagne, celles-ci ne sont envisageable que si trois conditions sont remplies. Premièrement, il faut agir sur la base d’une résolution de l’ONU ou d’une légitimation comparable fournie par la communauté internationale. Deuxièmement, une intervention militaire allemande ne se produit que dans le contexte d’une coalition internationale (par exemple OTAN, OSCE). Troisièmement, les actions militaires doivent être accompagnées par un concept politique qui tient compte de la reconstruction et de la réconciliation des parties concernées après l’intervention respective. L’Iraq en 2003 et la Libye 2011 sont, selon M. Kiesewetter des exemples d’un manque d’un tel concept politique.

Dans la suite de son discours, le député a abordé trois développements, qu’il considère actuellement comme étant les plus grands défis pour l’Allemagne et l’Union européenne. D’abord, il faut trouver un comportement convenable face à la Russie qui affiche une politique problématique dans plusieurs conflits dans le voisinage européen. Ensuite, l’UE doit trouver des solutions aux menaces terroristes et aux crises qui bousculent le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Enfin, il faut gérer la crise des réfugiés en trouvant des stratégies à tous les niveaux, y compris dans la coopération internationale. A la fin de son discours, M. Kiesewetter a rappelé « l’espace culturel commun » qui relie l’Europe et les pays de la Méditerranée du Sud. Il a renvoyé au fait que, auparavant, l’Empire romain s’est étendu d’Allemagne jusqu’à la Tunisie. Pour M. Kiesewetter, il est important de soutenir un échange des jeunes de deux côtés de la Méditerranée pour favoriser la compréhension mutuelle. Sur cette base, la multitude de problèmes auxquels nous faisons face pourra mieux être résolue ensemble.

Par Edmund Ratka - Source de l'article KAS

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