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samedi 16 janvier 2016

"Tunisie 2045", le court-métrage qui fait de la Tunisie, une terre d'accueil pour les réfugiés européens

La scène pourrait paraître surprenante. Devant un bâtiment portant le drapeau tunisien, une longue file d'attente.

TUNISIE 2045

À l'intérieur, un jeune papa et sa fille attendent un tampon déterminant pour leur vie: Celui qui leur permettra d'accéder à la Tunisie en tant que réfugiés.

Ils se voient refuser l'accès, "les quotas des réfugiés européens sont déjà dépassés, je suis désolée", dit l'employée tunisienne assise en face du père.

Quelques secondes plus tard, un autre réfugié allemand vient attaquer l'employée tunisienne, qui est aussitôt défendue par le jeune papa à qui elle a refusé le visa.

Tunisie 2045, court-métrage de Ted Hardy-Carnac, dessine une inversion des scènes, certainement vues ou vécues auparavant. Si 2015 a été une année mouvementée par la vague de réfugiés vers les frontières européénnes, Tunisie 2045 renverse la situation. Ce ne sont plus les "populations du Tiers-monde" qui cherchent refuge en Europe, mais le contraire.

"Nous sommes eux, ils sont nous"

Contacté par le HuffPost Tunisie, Ted Hardy-Carnac, réalisateur du court-métrage, explique que ce court-métrage de moins de trois minutes est "l'histoire d'une prise de conscience."

"L'employée tunisienne fait son travail, et peu à peu, sa carapace se fissure, elle commence à regarder vraiment l'homme qu'elle a en face d'elle. La suite du film l'oblige à sortir de derrière son bureau, et donc à quitter son rôle et sa fonction. Elle devient alors un être humain en face d'autres êtres humains. Comment refuser d'aider d'autres êtres humains en détresse ?", dit le réalisateur.

Pour Ted Hardy-Carnac, "Tunisie 2045" tente de répondre à cette question, en effet, "des êtres humains qui ont besoin d'être aidés et d'autres êtres humains dont l'humanité ne pourra que gagner à les aider." précise le réalisateur.

Le court-métrage apporte également une réflexion sur l'altérité:"Nous sommes eux et ils sont nous". La détresse des réfugiés est due avant tout à la volonté du hasard.

Pourquoi la Tunisie?

Selon Ted Hardy-Carnac, le choix de la Tunisie n'est pas aléatoire.

"S'il y avait une catastrophe en Europe qui poussait les européens à émigrer, ils iraient naturellement dans un des pays les plus proches où les choses se passent bien", explique-t-il.

La Tunisie est "le seul pays du Printemps arabe à se trouver dans une situation positive. C'est un pays qui pour moi représente l'espoir d'une transition démocratique réussie" affirme t-il.

Mais le choix a également été guidé par des raisons plus personnelles, la mère de Ted Hardy-Carnac est "juive tunisienne, elle est née à Tunis et y a passé les 13 premières années de sa vie. C'est un pays pour lequel j'ai ,sans pourtant le connaître vraiment, un attachement tout particulier."

Le court-métrage Tunisie 2045, participe à la sixième édition du Festival Nikon, qui a cette année pour thème "Un geste".


Par Maha Smati - Source de l'article Huffpostmaghreb

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